Corrigé du bac blanc
Publié le 14 février 2007 par emmanuelle dans RéviserLes questions que je vous avais proposées étaient assez classiques (mais elles correspondaient plutôt bien à l’esprit du bac et à ce que l’on est en droit d’attendre d’un élève). Le corrigé que je me propose de donner n’a pas la prétention d’être exhaustif mais rappelle bien les exigences de l’exercice. Attention aussi à ne pas le considérer comme un modèle: les consignes données au correcteur ne sont pas un plan mais se divisent en « ce que l’on attend »; « ce que l’on valorise » et « ce que l’on pénalise » (cf. correction de la deuxième question). Ainsi, le candidat a-t-il toute liberté pour composer sa réponse.
Analyse de la première question:
Ce qu’il convient de remarquer avant tout est l’emploi de l’adverbe « bien » dans la question. De fait, ce dernier suppose qu’il convient d’accepter dans un premier temps la fonction illustrative des moralités pour ensuite la remettre en cause: autrement dit, une fonction illustrative certes mais correcte, cela reste à voir. Encore une fois, ne cherchez pas l’originalité mais montrez que vous êtes capables de fournir une analyse critique.
A partir de là, posez vous les questions suivantes:
- dans quelle mesure peut-on penser que les moralités illustrent les contes?
- pourquoi cette seule fonction semble-t-elle insuffisante pour caractériser les moralités?
chaque élément de réponse pourra faire l’objet d’une sous-partie.
Maintenant, il convient de chercher des exemples pour pouvoir justifier votre approche. De deux choses l’une: soit vous avez une idée précise de ce que vous allez mettre et dans ce cas vous trouvez les exemples en fonction de votre plan (situation idéale mais pas toujours facile à réaliser), soit vous pataugez un peu et ce sont justement les exemples qui vont vous permettre de structurer votre pensée. Dans ce dernier cas, dressez rapidement la liste des contes étudiés, définissez pour chacun d’eux la ou les moralité(s) qui semble(nt) en découler. En face, rappelez quel enseignement on doit tirer des moralités qui accompagnent le conte, indépendemment de ce dernier. Enfin, voyez si les deux correspondent. S’il y a des échos entre les deux, ces exemples pourront être utilisés dans la première partie, si non, ils serviront dans la seconde.
Dernière consigne: certaines moralités sont clairement isolées (pour les contes en prose), les autres moins (notamment dans les contes en vers). Ne vous contentez pas pour autant des premiers car votre approche paraîtrait partielle.
Voici une proposition de plan pour traiter cette première question (afin de l’approfondir, je proposerai cette semaine un article sur les moralités en général).
Dans l’introduction, partez de la préface de Perrault, celle de 1695 dans laquelle il affirme cette fonction.
I- Certes, les moralités prétendent illustrer les contes
1- elles y renvoient explicitement et invitent le lecteur à relire le conte à la lueur de cette explication (ex: Peau d’âne « Il n’est pas malaisé de voir que le but de ce conte… »
2- elles ont une fonction didactique au même titre que les contes. De fait, elles prônent des vertus et visent des défauts ( exs: Les fées « L’honnêteté coûte des soins,[...]/Mais tôt ou tard elle a sa récompense« ; La barbe bleue « La curiosité [...]/Coûte souvent bien des regrets).
A chaque fois, n’oubliez pas de parler du conte et de bien montrer la réciprocité entre la moralité telle qu’elle est énoncée et le récit.
II- Mais les moralités sont souvent en décalage
1- elles dépassent le simple récit en étant soit partielles, soit complètement contradictoires (ex. Le Maître chat » Aux jeunes gens [...] / L’industrie et le savoir-faire/Valent mieux que des biens acquis » : ici, valorisation du travail alors que le « marquis de Carabas » n’a rien fait!)
2- elles ont une fonction critique en dehors du conte: critique des femmes et de leur impatience dans « la Belle au bois dormant », critique de la société dans laquelle l’hypocrite gagne dans « Le petit chaperon rouge ».
Pour la conclusion, vous pouvez rapprocher ces moralités de ce que l’on trouve chez d’autres moralistes du XVIIème siècle: une forme versifiée qui permet une mémorisation aisée au même titre que les Maximes de la Rochefoucault par exemple..
La seconde question était: comment le conte de Perrault et les illustrations de Doré contribuent-ils à donner une image de héros au petit Poucet?
Cette question, même si elle ne concerne qu’un seul conte, peut apparaître comme plus complexe que la première. De fait, autant vous aurez traité dans votre cours des moralités, autant il n’est pas sûr que vous étudiez particulièrement ce conte, son approche étant éclatée dans tous les cours.Elle nécessite donc de votre part un esprit de synthèse. De plus le sujet vous demande d’étudier aussi les illustrations de Doré, nombreuses dans ce conte et dont il faudra vous souvenir.
Attention, comme pour tout sujet s’appuyant sur deux supports différents, il convient de croiser leur étude et non pas de traiter de Perrault dans une première partie et de Doré dans une seconde! Cette façon de faire serait fortement pénalisée.
Les mots importants dans l’intitulé sont « comment » qui vous invite à reconnaître des procédés et « héros ». En effet, il ne s’agit pas de vous apesantir sur le statut de victime du petit poucet mais bien de montrer comment ce personnage se distingue des autres. Les procédés seront donc tout logiquement ceux de la valorisation.
Sur votre feuille de brouillon, tentez de définir ce qu’est un héros pour vous. Ensuite, réfléchissez aux gravures de Doré et posez-vous les questions suivantes: le petit poucet est-il toujours représenté? l’est-il seul ou accompagné et par qui? lorsqu’il est accompagné, suis-je toujours en mesure de le distinguer des autres? Les réponses à ces questions devraient vous donner déjà quelques pistes d’analyse que vous pourrez ensuite vérifier en vous remémorant le conte.
Plutôt que de vous donner un plan ici, je préfère faire comme au bac:
Ce que l’on attend:
- le petit poucet est individualisé: il apparaît seul sur des gravures, des épisodes du conte se concentrent sur lui, il n’est pas toujours associé à ses frères ou à sa famille (seul à écouter ses parents, à ne pas dormir…). Lorsqu’il fait partie d’un groupe, il s’en distingue: dans les gravures, il est aisément reconnaissable (ne suit pas en file indienne comme les autres, apparaît au premier plan quand il est confronté à l’ogre…)
- le petit poucet est un personnage qui agit: il prend des initiatives (monte sur un arbre dans les illustrations, prend la parole pour convaincre la femme de l’ogre), il se révèle comme chef, il n’a pas peur.
Ce que l’on valorise:
- les références précises au conte et aux gravures avec, par exemple, les citations qui accompagnent les gravures.
- l’utilisation du vocabulaire lié à l’analyse de l’image
- une conclusion qui montre que le petit poucet est un personnage avec un long avenir devant lui.
Ce que l’on pénalise:
- le simple récit de l’histoire
- la juxtaposition des études de Perrault puis de Doré
Afin de clore sur cette question, voici quelques gravures de Doré avec un petit commentaire.
Sur cette gravure, on remarque que le petit poucet ose affronter l’ogre qui est démesuré par rapport à lui. Il est sur le même plan que ce dernier alors que ses frères s’échappent à l’arrière plan et ont des regards apeurés.
Sur celle-ci, il convient de voir que le petit poucet n’a pas du tout la même attitude que ses frères: eux se blotissent les uns contre les autres et déplorent leur situation, lui est calmement assis et semble plutôt réfléchir à la façon de se tirer d’affaire.
Ici, le petit poucet se trouve placé devant le groupe que forment ses frères. De plus, il lève le bras droit, ce qui laisse entendre qu’il prend la parole, alors que ses frères sont prostrés.
J’espère que cet article vous sera profitable. Au besoin, j’y apporterai quelques éclaircissements.
Compteur
14 février 2007 à 5:56
[...] L’épreuve de Littérature Révisez le bac avec Emmanuelle Colas, professeur de lettres en Terminale, sur son blog Fiat Lux. Elle vous propose un sujet et un corrigé : – Le sujet de Bac Blanc sur les contes de Perrault – Le corrigé [...]
15 février 2007 à 12:15
Bonsoir, je suis en terminale L, je voulais vous remercier pour l’aide que vous nous apporté avec se blog, j’espere que vous allez continué toute l’année, car j’ai un peu d’appréenssion pour les « Les planches courbes »… Merci
Bonne continuation
6 mars 2007 à 9:42
Bonsoir, j’ai demain un bac blanc de Litterature et notre prof nous a donné des pistes pour les sujets: relire Le Petit Poucet, La Barbe Bleue, le thême de l’Ogre et de la nourriture et un sujet de synthèse sur la famille. J’avais commencer à réviser pendant les vacances et je suis tombée sur ce site qui est tout simplement parfait ! Tous les thêmes sont très bien traités, et clairs
merci beaucoup ! Je ne sais pas si je l’aurais raté mais aviez-vous publié un article sur la famille dans les Contes de Perrault?
Bonne continuation et merci encore!!
Pour certains que ca interesserait, avant les vacances j’ai eu comme sujet en classe : Quels sentiments et reflexions le conte Le Petit Chaperon rouge de Perrault et les illustrations de Doré vous inspire t-il? Le plan était plus ou moins donné mais je n’avais ni pensé à la joie que pouvait provoquer ce conte chez l’enfant ni à l’aspect érotique du conte, ou du moins je ne pensais pas pouvoir développer assez ces thêmes.
Voila
27 mars 2007 à 8:57
bonsoir , je éleve en Terminal littéraire et je voulais vous remercier pour l’aide que vous nous apporter … Merci et Bonne continuation a tous …
3 mai 2007 à 12:42
bonjour….je suis eleve en terminale litteraire et je trouve ce site super …tout ce kil faut est dedans…le tout bien explique…bonne continuation et merci bien…
22 octobre 2007 à 6:50
merci , il y a plus d’infos que ds nos propre cours de littérature! vous faites vraiment bien votre métier!