La beauté dans les Métamorphoses
Publié le 25 novembre 2006 par emmanuelle dans Comprendre, RéviserLorsque l'on approfondit la lecture des Métamorphoses, on s'aperçoit que la beauté y est très présente, et ce, sous diverses formes.
La beauté plastique est souvent mise en évidence dans le texte. Ainsi, peut-on relever que Adonis, Atalante, Chioné sont beaux (hommes ou femmes). Le centaure Cyllare qui n'est autre qu'un monstre est lui aussi considéré comme beau. Pour la grotte qu'habite Thétis, il en va de même puisqu'elle est comparée à une œuvre d'art. Enfin, là où il est le plus question de beauté, c'est dans la description de la statue de Pygmalion. La beauté se retrouve aussi dans l'art à travers la musique d'Orphée ou d'Apollon ou bien la sculpture de Pygmalion.
Enfin, la beauté peut être morale à travers les valeurs du mos maiorum dont on a déjà parlé.
La beauté parcourt donc bien l'œuvre d'Ovide. Mais quelles fonctions lui attribuer ?
On peut remarquer que la beauté suscite l'admiration d'une part et l'amour d'autre part. En effet, après la contemplation de l'objet qualifié de beau, c'est le sentiment qui prend le dessus. Bien sûr, comme je l'ai déjà mentionné, cet amour revêt différentes facettes allant de la plus noble à la simple pulsion du désir (cf. article sur l'amour). Pour ce qui est de l'admiration, on peut noter les effets de la musique d'Orphée.
Cependant, la beauté semble aussi revêtir des fonctions plus externes à l'œuvre. Ainsi, Ovide établit-il un fort lien entre la beauté et les arts : l'art est beau et le beau est décrit par le biais de l'art – la beauté est indicible et seul ce rapprochement avec l'art permet d'en donner une idée. Par exemple, les femmes ont des épaules d'un blanc ivoire comme pour rappeler la statuaire. Quant à Cyllare, sa description relève plus de l'artificiel, de la composition, que du naturel tant les couleurs opposées noire et blanche semblent être distribuées harmonieusement. L'équilibre qui ressort de la description a tout des règles artistiques.
Enfin, Ovide tend vers l'idéal de la beauté en agençant son récit de la façon la plus parfaite qui soit : le « carmen perpetuum » annoncé au départ dans le livre I trouve un écho dans le passage sur Pythagore au livre XV. On peut aussi mentionner le travail de iunctura et la variété inscrite dans son récit (narrateurs, registres, genres…).
On peut donc en conclure que, loin d'être un thème secondaire, la beauté semble plutôt un moteur dans la construction de l'œuvre.
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27 novembre 2006 à 11:50
[...] Lire cet article sur le blog “Fiat Lux” [...]
14 décembre 2006 à 11:09
[...] Dans son blog Littérature/Latin, Emmanuelle Colas a publié un article sur la beauté dans les Métamorphoses d’Ovide. Vous pouvez le lire en cliquant içi. [...]