Les oies du Capitole

Publié le 26 décembre 2007 par emmanuelle dans latin

Quelquefois, on se dit que la tradition latine se perd!

Effectivement, en ces périodes de fêtes, il n’est pas rare de voir sur nos tables de l’oie, transformée en foie gras ou pas. Et là, même pas une petite pensée émue pour les oies qui sauvèrent par leurs cris et leurs battements d’ailes les romains réfugiés sur le Capitole.

Alors, si dans les jours à venir on vous propose de l’oie, en guise de consécration, racontez leur histoire que vous trouverez chez Tite-Live au livre V, chapitre 47:

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/V.html (cette adresse vous permettra d’accéder à la traduction de toute l’histoire romaine)

Et pour ceux qui n’auraient pas le temps de faire de telles recherches, voici le fameux texte: 

(1) Tandis que ces choses se passaient à Véies, à Rome la citadelle et le Capitole furent en grand danger. (2) En effet, les Gaulois, soit qu’ils eussent remarqué des traces d’homme à l’endroit où avait passé le messager de Véies, soit qu’ils eussent découvert d’eux-mêmes que près du temple de Carmentis la roche était d’accès facile, profilant d’une nuit assez claire, et se faisant précéder d’un homme non armé pour reconnaître le chemin, ils s’avancèrent en lui tendant leurs armes dans les endroits difficiles; et s’appuyant, se soulevant, se tirant l’un l’autre, suivant que les lieux l’exigeaient, ils parvinrent jusqu’au sommet. (3) Ils gardaient d’ailleurs un si profond silence, qu’ils trompèrent non seulement les sentinelles, mais même les chiens, animal qu’éveille le moindre bruit nocturne. (4) Mais ils ne purent échapper aux oies sacrées de Junon, que, malgré la plus cruelle disette, on avait épargnées; ce qui sauva Rome.

Car, éveillé par leurs cris et par le battement de leurs ailes, Marcus Manlius, qui trois ans auparavant avait été consul, et qui s’était fort distingué dans la guerre, s’arme aussitôt, et s’élance en appelant aux armes ses compagnons : et, tandis qu’ils s’empressent au hasard, lui, du choc de son bouclier, renverse un Gaulois qui déjà était parvenu tout en haut. (5) La chute de celui-ci entraîne ceux qui le suivaient de plus près; et pendant que les autres, troublés, et jetant leurs armes, se cramponnent avec les mains aux rochers contre lesquels ils s’appuient, Manlius les égorge. Bientôt, les Romains réunis accablent l’ennemi de traits et de pierres qui écrasent et précipitent jusqu’en bas le détachement tout entier.

Bon appétit et JOYEUSES FETES! 

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