Les parents dans les contes de Perrault
Publié le 24 octobre 2007 par emmanuelle dans RéviserVoici un rapide billet pour répondre à une demande concernant les parents chez Perrault.
Dans la mesure où je n’enseigne plus en terminale cette année (non par obligation mais par choix), l’étude ne sera probablement pas aussi détaillée que les précédentes. Il n’empêche que je vous livre mes impressions sur le sujet.
Lorsque l’on regarde tous les contes, on s’aperçoit que l’image des parents n’est guère florissante. Par là, ils constituent bien souvent une épreuve ou sont, du moins, à l’origine des épreuves imposées aux enfants.
Prenons quelques exemples:
Dans « Peau d’âne », les parents se résument à la seule présence du père puisque la maman meurt au début du conte. Bien que faisant tout pour s’attirer les bonnes grâces de sa fille, cela est purement intéressé puisqu’il a des désirs incestueux pour elle. Quant à sa jeunesse, on ne sait pas grand chose mais on peut penser que le père a surtout vu dans sa fille une image de sa propre femme. Vers la fin du conte, il vient au mariage mais son attitude reste cependant ambiguë.
Pour ce qui est de la Belle au bois dormant, on pourrait penser que ses parents sont exemplaires puisqu’ils organisent une grande réception pour elle afin qu’elle soit gâtée par le sort. Seulement, c’est bien leur négligence qui va condamner la jeune fille.
Chez Cendrillon, le père est absent et par conséquent, non seulement il ne participe pas à l’éducation de sa fille mais il n’est pas en mesure non plus de la défendre face à sa belle-mère.
Le petit chaperon rouge pâtit ausii d’une négligence de sa mère qui n’a pas su l’éduquer convenablement en la mettant en garde contre les loups et en ne lui inculquant pas des valeurs comme la prudence.
Riquet à la Houppe ne semble guère plus gâté, désolée qu’est sa mère de sa laideur. C’est à peine s’il elle est reconnaissante envers la fée qui le dote d’une grande intelligence. Il en va d’ailleurs de même pour les jeunes filles.
On pourrait trouver d’autres exemples (La mère dans « Barbe bleue » qui se satisfait du mariage dans la mesure où le gendre est riche, les parents du petit poucet qui abandonnent malgré toute circonstance atténuante leurs enfants, l’ogresse dans le même conte qui semble accepter assez aisément le meurtre de ses filles).
Du coup, les images positives des parents sont assez rares: la belle au bois dormant devient une bonne mère, Grisélidis est parfaite…
Pour résumer, les parents, s’ils sont démissionnaires (pour employer un terme plutôt moderne) sont responsables de la peine de leurs enfants à quelques exceptions près.
On peut donc en conclure que les contes participent autant à l’éducation des enfants que des parents auxquels revient l’obligation de bien élever leurs enfants.
Compteur
25 octobre 2007 à 2:57
C’est très intéressant! Je viens de passer un DS d’une heure sur le motif de la famille dans les contes, mais je me demandais quels rôles jouent les frères et soeurs dans les contes… Ne sont-ils que des opposants aux héros qui les poussent à aller au delà d’eux même? Voilà, simple question pour les étudiants en terminal L. Merci d’avance
15 novembre 2007 à 2:43
tout d’abord bravo pour cette idéee qui est à la fois originale pratique et trés bien conçue !! les articles sont trés interessants et donnent de bonnes pistes de réflexion . Malgré tout je dirais que cet article,notament, devrait (à mon avis) s’appuyer plus sur des exemples tirés du texte mais aprés tout il ne faut pas nous mâcher tut le travail et faire fonctionner nos méninges!!!
continuez ainsi c’est trés enrichissant .
20 novembre 2007 à 12:44
[...] littéraires passionnants, Emmanuelle Colas vient de publier sur son blog un article intitulé : Les parents dans les contes de Perrault. Un article très intéressant et riche, sur un thème relativement [...]
29 février 2008 à 9:14
does anyone knows if there is any other information about this subject in other languages?