Pourquoi regarder « Aux champs » mardi?

Publié le 9 mars 2008 par dans Lire, Sortir-Découvrir

Sans doute avez-vous été sensibles au cycle de nouvelles adaptées de Maupassant et qui passe en ce moment sur France 2. Outre le fait que la qualité soit souvent au rendez-vous, je tiens à vous donner quelques pistes d’analyse concernant une nouvelle en particulier: « Aux champs ».

Dans son récit, Maupassant plante le décor dès le début: deux familles issues de la paysannerie passent leur vie de façon plutôt très modeste jusqu’au jour où arrivent des nobles, les d’Hubières. Ces derniers, ne pouvant avoir d’enfants, proposent à l’une puis à l’autre famille d’adopter un de leurs enfants; de fait, la première refuse, la seconde accepte après avoir négocié le tarif.

A ce point de la lecture, assez naturellement, nous penchons du côté de la famille qui n’a pas « vendu » son enfant ( après tout, leur vie n’est pas mirifique mais les enfants bénéficient de l’attention de leur mère même si les pères les confondent un peu).

Des années après, l’enfant adopté revient. Il présente bien mais n’a pas pour autant renié sa famille d’origine et c’est là que tout bascule car Charlot, l’enfant qui aurait dû au départ être adopté, en veut à ses parents…et part.

Le lecteur se retrouve donc face à un dilemme. La décision des parents de ne pas céder leur enfant était-elle la bonne? là, pas de solution, de réponse toute faite car le lecteur est à même de décider et de penser ce qu’il veut de la situation.

Pour en revenir aux intérêts de la nouvelle, nous retrouvons ici deux éléments qui me paraissent très importants; d’une part, nous nous trouvons devant ce que l’on appelle une nouvelle à chute (il serait tellement plus simple que l’on nous donne une ligne de conduite!). D’autre part, comme souvent chez Maupassant, il nous fait entrer dans un univers réaliste (il fait partie de l’école naturaliste), mettant en scène la campagne normande mais aussi le monde de l’aristocratie. C’est bien sûr stigmatisé mais on y croit, du moins l’on pense que cela aurait pu arriver.

Du coup, je regarderai cette émission, notamment  parce qu’il est toujours intéressant de mesurer la distance qui peut séparer une œuvre littéraire de son adaptation.

Laisser un commentaire

*

Compteur Compteur


420885 visiteurs