Le poème du jour
Jeudi 24 mai
ELOGE BLEU D’UNE MAITRESSE
Ses mains sont feuilles persistantes
d’un arbre venu de si loin
que l’écriture aux cent chemins
lui doit d’être forêt d’enfance.
Elle sait déchiffrer les sources,
calculer le poids des saisons,
lire les traces des prénoms
des sept petits de la Grande Ourse.
Son coeur est un coquelicot
apprenant, dans le blé qui lève,
à trier le grain des poètes
pour l’héritage des oiseaux
et le pollen de sa parole
transforme en ruche son école.
Daniel Reynaud, poète né en 1936
Mercredi 23 mai
cours de Français
Ma professeur de Français aujourd’hui m’a dit
que les poèmes nous avions étudié
bien sûr en écrire avec ce que nous avions appris
était proche de l’improbabilité
mais moi je vais y arriver
en utilisant les termes scientifiques
oui cette science c’est la métrique
vous ne le saviez pas
moi non plus avant ce matin là
et pourtant des poèmes on en a écrit
mais voila il faut toujours se compliquer la vie !
la métrique m’a dit qu’un vers d’une syllabe
s’appelle un mono syllabe
un vers de douze syllabes
un alexandrin
et le milieu de celui-ci est un hémistiche
super comme leçon à apprendre pour demain
et lorsque le poète le coupe en deux c’est une césure à l’hémistiche
Poème barbant je ne vous le fais pas dire
Mais c’est mon cours de français, vous comprenez pourquoi j’ai manqué de m’endormir …
Mais il n’y a pas que cela
On connaît les rimes faibles , suffisantes et embrassées
On vous a évidement parlé
A
A
B
B
Ou
A
B
A
B
Ou encore
A
B
B
A
Et bien voila la preuve que l’on peu faire un poème avec tout et n’importe quoi
Il suffit simplement de s’en donner la peine
Sans trop réfléchir on peut faire des choses comme cela
Alors pourquoi envers le français tant de haine ^^
@me@
BIEN PLACES….
Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit
en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrême
un poème
Raymond Queneau (1903-1976)
Mardi 22 mai
LE PIGEON VOYAGEUR
Je connais la géographie
sans l’avoir apprise au collège
les veines bleues des pays
des grands fleuves des rivières
Comme l’homme j’ai fait la guerre
mais c’est la paix qui me réjouit
et les beaux matins de lumière
sur le colombier des amis.
Daniel Reynaud, né en 1936
Lundi 21 mai
FANTAISIE
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets !
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit…
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !
Gérard de Nerval (1808-1855)
jeudi 26 avril
NE DITES PAS
Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.
Riez comme au printemps s’agitent les rameaux,
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c’est beaucoup et c’est l’ombre d’un rêve.
Jean Moréas (1856-1910)
Vendredi 20 avril
LE BOUQUET DE TES REVES
Le bouquet de tes rêves
La nuit le met en mes mains
Il suffit de mes lèvres
Pour briser tes songes
je suis rive
Je te serre et tu fuis
Et voici le calme coude
De ton sommeil en mes bras
Je tiens dans ma nuit
La brassée de la tienne
Tu es le galet poli
Que l’eau ne possède pas
Comme elle je te tiens
Et tu ne m’appartiens pas
Je vais dans la nuit
Chargé de tes songes
Il y aura toujours une aile
La dureté de l’eau qui danse
Et tu t’en vas loin de moi
Qui vais fidèle au long de toi
Max-Pol FOUCHET (1913-1980)
Mardi 16 avril Zoziaux
Amez bin li tortorelle, Ce sont di zoziaux Qui rocoulent por l’oreille Di ronrons si biaux. Tout zoulis de la purnelle, Ce sont di zoziaux Amoreux du bec, de l’aile, Du flanc, du mousiau. Rouketou, rouketoukou Tourtourou torelle Amez bin li roucoulou De la tortorelle. On dirou quand on l’ascoute Au soulel d’aoûte Que le bonhor, que l’amor Vont dorer tozor. Géo Norge (1898-1989)
Vendredi 30 mars Je dis douceur
Douceur, Je dis : douceur. Je dis : douceur des mots Quand tu rentres le soir du travail harassant Et que les mots t’accueillent Qui te donnent du temps. Car on tue dans le monde Et tout massacre nous vieillit. Je dis : douceur, Pensant aussi A des feuilles en voie de sortir du bourgeon, A des cieux, à de l’eau dans les journées d’été, A des poignées de main. Je dis : douceur, pensant aux heures d’amitié, A ces moments qui disent Le temps de la douceur venant pour tout de bon, Cet air tout neuf, Qui pour durer s’installera. Guillevic
Lundi 26 mars
Il y a des rencontres qui éclipsent les matins d’ivoire Des amitiés se lèvent se tissent sur la trame de la lumière Alors l’avenir est un espace unique et libre comme le ciel dans la mer. Alain Boudet, Poète contemporain, Comme le ciel dans la mer
Vendredi 23 mars 2007
Je méditais; soudain le jardin se révèle Et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle. Je le regarde avec un plaisir éclaté; Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été ! Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie, Je m’avance et je m’arrête; il semble que la joie Etait sur cet arbuste et saute dans mon coeur ! Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur, Et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame Qu’il semble brusquement, à mon regard surpris, Que ce n’est pas ce pré, mais mon oeil qui fleurit Et que, si je voulais, sous ma paupière close Je pourrais voir encor le soleil et la rose. Anna de Noailles (1876-1933) Les éblouissements
Compteur
14 février 2010 à 18:28
Ah le cirque
Ah, quand je te revois
Dans ta robe fleurie,
Tes chaussettes à pois,
Et ton veston gris.
Toute belle et parfumée,
Soigneusement poudrée.
Les lourds bijoux de ta mère
Dont tu as maintenant hérité
Et que tu portes, toute fière
D’avoir à ton cou le passé.
Ah, j’arrive à te revoir !
Payant de quelques pièces
La belle dame au comptoir
Qui me regarde et qui acquiesce
En disant tout doucement :
< < Ah ! Le bel enfant ! >>
Alors tu me serres la paume avec amour
Moi je te fais un grand sourire
Et toi, entre deux soupirs
Tu m‘colles un bisou qui me rend sourd !
Ah, je me souviens
Il n’y avait que toi,
Pour remercier comme ça
La dame au regard lointain
Qui pleurait doucement en disant :
< < On dirait maman ! >>
Alors tu la consolais
Et elle se reprenait.
Elle s’essuyait les yeux
Et nous disait adieu.
Ah, on se souvient
De nous, dans les gradins
Moi te prenant la main
De ce geste enfantin
Qui plaisait tant
A cette ancienne maman.
Tu trouvais maternel
De me prendre dans tes bras,
Et les gens disaient tout bas :
< < Elle a de la chance, elle ! >>
Ah je te revois
Regardant les jongleurs
Qui jettent les couleurs.
Et tous ces gros chats
Qui sont dressés à la perfection,
Et sur la piste tournent en rond.
Moi je préférais l’Auguste
avec ses ballons arc en ciel.
Le clown blanc est trop juste,
Droit comme la Tour Eiffel !
Ah, j’ai changé, j’ai mûri
Je préfère toute cette poésie
Que tu voyais bien en les trapézistes.
Et tous ces contorsionnistes
Qui font jouer leur corps
Et nous épatent de leur souplesse.
Pas toute cette simplicité, lors,
Des numéros d’Auguste de cette maladresse
Qui me font toujours sourire
Quand je vais au cirque.
Ah, ce n’est plus avec toi
Que je vais les admirer
Ces personnes entraînées,
Mais avec Antonio et Maria,
Et ma femme adorée.
Oui, tu l’as remarqué !
C’est bien à ma fille que j’ai donné
Ce nom tellement aimé.
Maria, Grand mère !!
Quant tu es définitivement partie que j’ai souffert !!
Ah, Grand mère, tu dois savoir
Des moments avec toi les plus appréciés
Le cirque est mon préféré !
Dans mon esprit il reste un phare
Qui restera toujours allumé.
14 février 2010 à 18:31
c’est moi qui qui l’ai fait !!
23 septembre 2010 à 15:21
Evidament je suis la meilleure!