Ca y est, je prends un peu de temps pour faire un petit bilan de ma pré-rentrée et de ma rentrée …
Alors, d’abord la pré-rentrée. Elle a eu lieu les lundi 30 et mardi 31 aout … et non mercredi 1er comme tout le monde, ce qui a valu une petite remontrance de l’inspectrice au directeur le matin de sa réunion. Le lundi matin, donc, j’ai fait la connaissance des collègues de l’école et de l’ATSEM de ma classe … C’était surtout elle qui m’interessait
J’avoue que cette première journée, j’étais un peu désoeuvrée, ne sachant trop ce qu’il fallait que je fasse. Je pensais qu’on se réunirait, j’avais plein de questions mais la réunion etait prévue pour le lendemain après-midi (pour que le directeur nous rapporte les recommandations de l’IEN). En fait, chacun était très affairé dans sa classe : faire le point sur les fournitures, préparer les cahiers ou autre, installer sa classe. J’ai laissé l’ATSEM réinstallé la classe comme l’année dernière … n’ayant absolument aucune exigence sur le moment. Difficile de se rendre compte de que ce que donnera la classe une fois installée quand on voit un tas de jouets et de tables entassées ! Elle a du me trouver très peu efficace … quand j’y repense !
J’attendais impatiemment la liste de mes élèves, mais voilà … durant l’été, la classe des petites sections avait gonflé en effectif … du coup à 17h au moment de partir, je me suis vue attribuer 4 nouveaux petits élèves, les plus jeunes de la classe des petits. Me voilà donc avec 22 enfants inscrits : 18 « Tout petit » et 4 « Petit ». Quand je suis rentrée chez moi, j’étais en panique, comme à chaque fois qu’un petit truc vient bousculer le film que je me fais dans la tête. Me voilà avec des objectifs de fin d’année, des parents qui risquent de comparer les avancés avec la classe d’à côté, et surtout des groupes plus conséquents si je veux garder 4 groupes à faire tourner dans la semaine. Et ajouter à ça, je pensais qu’il y avait une rentrée échelonnée … que nenni … Les 22 d’un coup ! Allez hop ! Résultat je n’ai pas dormi dans la nuit de lundi à mardi. Et tourne et vire jusqu’à 4h30 du mat’. Je devais avoir une tête de déterrée le lendemain car tous les collègues m’ont demandé si ça allait … Eh ben non, ça va PAS !!! bouffée d’angoisse, spasmophilie, en colère d’être si peu en forme pour la rentrée, et surtout de me mettre dans un état pareil pour si peu. Le mardi soir je suis passée à la pharmacie pour acheter des cachetons pour dormir … la première fois de ma vie. Heureusement que j’ai pu dormir un minimum dans la nuit de mardi à mercredi car la veille de la rentrée, c’était rebelotte …. Et tourne et vire jusqu’à 4h30 … Pfffffff !!!!!
… La rentrée …. Quand je pense que la veille, je me suis évertuée jusqu’à minuit à faire un emploi du temps détaillé de la journée, à essayer de trouver sur internet des activités pour la première journée (d’ailleurs, franchement … y en a qui m’épate … sur des blogs, à faire des ateliers dès le premier jour …). En tout cas, ça m’a servi de leçon, car j’ai arrêté de me prendre la tête, au moins pour les 10 jours suivants !
Au début, ça partait pas trop mal. Les petits et leur parents sont arrivés motivés. Ils se sont installés aux ateliers prévus : pâte à modeler, dessin libre, jeux … Rapidement, les parents ne se sont plus trop occupés de leur chérubin, mais sont quand même restés dans la classe … histoire de papoter entre voisins, copains, ou simplement pour regarder … angoissés de les laisser … Puis, le premier parent est parti … ont suivi les premières pleurs, puis les secondes, troisièmes, quatrièmes … jusqu’à quinze …. Quinze sur 20 en larmes (2 enfants ne se sont pas présentés) dont deux qui se sont échappés de la classe au moment du départ des parents (euh … messieurs dames, je vais vous demander de partir pour qu’on puisse essayer de les faire arrêter de pleurer …). Les 2 en question ont fait une belle crise de nerf, s’étant retrouvés au milieu du hall quelques instants (bonjour l’angoisse). Ils sont restés inconsolables toute la matinée. Au départ des parents, on a mis tous les enfants dehors dans la cour (j’ai un accès direct de ma classe). Ca les a à peu près calmés. Heureusement que la rentrée n’a pas lieu en plein hiver
Inutile de dire, que je n’ai pu rien faire comme activités. J’ai passé mon temps à faire des calins, à porter ou à faire le clown pour empécher de pleurer les 13 enfants (les 15 qui pleuraient moins les deux inconsolables). Evidemment, les 5 qui ne pleuraient pas … ben, ils tapaient tout le monde, sinon c’est pas drôle ! On a découvert qu’un des enfants avait encore la couche (car il avait fait dedans). J’avais hâte que ça se termine ! Au moins la matinée. A midi , j’ai largué presque tout le monde. Une des mamans des inconsolables a pleuré devant son enfant en apprenant qu’il avait pleuré … puis elle est repassée à 17h pour venir me dire qu’elle avait appris qu’il s’était retrouvé dans le hall … tout ça en pleurant … Et là, je me suis dit … Oups … Je sens que ça va être dur ! J’ai signalé à la maman de celui qui avait la couche qu’on ne pouvait pas le prendre … Plus que 19 !
Après cette journée en enfer, les autres m’ont paru beaucoup plus simples. En tout cas, pendant ces 15 jours, j’ai pu apprécier les progrès de ces petits bouts. Le mardi suivant, soit après 4 jours d’école, je n’avais plus de pleurs au delà de l’accueil (et surtout plus de crise de nerf !). Pour le reste, c’était toujours très dur : pas de regroupement (impossible de les faire venir sur les bancs, malgré la mascotte, les comptines, la musique, les grelots …), des jouets de partout dans la classe (en particulier la pâte à modeler … Supprimer à l’accueil depuis), pas d’ateliers, une très mauvaise organisation de ma part, ne sachant jamais combien d’enfants j’allais avoir, ni s’ils allaient être motivés par les activités proposées. Une tentative de lecture d’un album « spot va à l’école » qui a fait un flop, des passages aux toilettes apocalyptiques : baisser le slip, le pantalon, assoir les enfants, vérifier qu’ils aient bien fait pipi, les essuyer, les relever (tellement ils étaient angoissés), remonter le slip, le pantalon, pousser la chasse, remonter les manches, pousser le distributeur de savon , leur faire se frotter les mains, pousser le robinet automatique, leur couper un bout de papier … tout ça 19 fois à deux !!!! ARGGGGGGGGHHHH Le plus dur, c’est de se rappeler qui est passé ! J’ai abandonné l’idée des ateliers en autonomie du type : lego, clippo sur une table … à part les jeter par terre (ou se les jeter au visage), ils ne savaient pas trop quoi faire avec. J’ai donc adopté les coins jeux, point bar !
Depuis jeudi, ça se passe beaucoup mieux : j’ai réussi à faire un regroupement en début de matinée (jeudi et vendredi) avec jeux de doigts : Monsieur pouce, Tape, tape, petites mains. J’ai même pu leur présenter le cahier de vie et ce qu’il y avait dedans … J’ai réussi à garder mon groupe assis à un atelier avec moi (ça parait simple mais dès que tu as le dos tourné, ils se lèvent et qu’est ce qu’ils sont rapides!). On commence à se déplacer par deux en se tenant la main (enfin, surtout eux lol !). J’en ai toujours 2 ou 3 qui ne veulent pas toucher les copains mais, c’est déjà pas mal. Quand je frappe des mains dans la cour, ils reviennent presque tous (à part mon rebelle … Y en faut toujours un dans une classe!). Ils ont pris l’habitude de mettre leur étiquette avec photo et prénoms sur le tableau des présents (bon, y en a qui ne se reconnaissent pas encore même sur la photo, mais les copains sont très coopératifs). Et ma fois, finalement, en quinze jours d’école, je trouve ça pas mal. Ils sont encore très petits. La plus jeune a eu 2 ans le 14 aout et le plus vieux aura 3 ans le 7 décembre … On ne peut pas leur demander la lune non plus !
Je vais essayer de penser à prendre en photo les réalisations qu’on a déjà faites … Ils adorent la peinture ces coquins ! Je vous montrerai ça dans la semaine. Là, je vais DORMIR !!!!!