Musée de la mine : les photos
11 04 2009Catégories : histoire, histoire 2008-2009
Devoir de 4°A : quelle énergie, que de boulot pour avoir des exercices différents par groupe ! Paranoïa ou triste constat? Dès qu’un élève peut regarder sur la copie du voisin, il le fait. C’est une question d’âge, mais aussi de type d’exercice proposé : plus il y a de tableau à compléter, de mots à inscrire, de cartes à compléter par des couleurs, plus il est tentant de s’inspirer de la copie du voisin. Alors il ne faudrait que des questions de synthèse, des dissertations. D’ailleurs c’est bien plus rapide à corriger. Alors pourquoi je me prends la tête? controle-rf-tableau
Télécharger directement le plan de la 3ème partie
Voici le commentaire et les questions d’une élève de cinquième à propos de l’exercice sur la guerre de Cent Ans. Les questions sont si pertinentes que je dois donner des réponses approfondies qui peuvent intéresser tous les apprentis historiens :
« Madame j’ai encore une question !!
sur la deuxième page, avec la carte, il faut colorier la partie du royaume dominée par les anglais et la partie du royaume sous l’autorité de Charles IV
mais, avec le document en couleur on voit très bien que Paris se situe dans la zone anglaise mais ce n’est pas possible la capitale française n’a jamais été prise (en tout cas par les anglais).
je voulais savoir si la carte du blog était « vrai » ? et si nous devions nous aider de cette carte ou faire l’exercice avec d’autres sources ? merci d’avance… »
Reprenons point par point !
Question d’histoire : Paris a-t elle été prise par les Anglais? Effectivement elle n’a pas été prise militairement, après un long siège, comme Calais par exemple. Mais elle est dans une « zone contrôlée par les Anglais ». Il y a une excellente carte sur le site de Wikipédia, qu’il faut prendre le temps de laisser s’animer, et on voit bien que les zones de contrôle s’étendent, se font et se défont. Voici le lien http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Hundred_years_war.gif
Maintenant il y a une autre excellente question que pose cette jeune fille : une carte est-elle plus « vraie » qu’une autre? Une carte mise directement en ligne par LE professeur est-elle plus fiable qu’une autre? Nous sommes là au cœur de ce qu’est l’histoire, et l’enseignement de l’histoire. Qu’est-ce que l’histoire? C’est une reconstitution et même une reconstruction du passé : nous n’avons pas été des témoins et encore moins des acteurs de la guerre de Cent Ans, donc une carte (par exemple) est construite par des historiens à partir des témoignages écrits de l’époque (il faut plusieurs témoignages pour confronter les sources, les comparer les unes aux autres pour les critiquer), éventuellement des fouilles archéologiques. Elle peut s’approcher le plus possible de la vérité, elle doit être la plus objective (une carte ne doit pas avantager les Anglais ou les Français en les présentant comme étant les plus forts par exemple!) mais elle ne sera jamais LA réalité, ni LA vérité. Ceci est d’autant plus vrai pour les périodes anciennes que nos seules sources sont des sources écrites, or bien peu de gens savent écrire, donc nous ne possédons de témoignages que de gens d’une certaine catégorie sociale. Pour la période plus récente, les sources sont plus variées, mais chacun peut donner sa version d’un événement. L’historien doit donc sans cesse confronter, comparer, critiquer ses sources, avec impartialité ! Donc les guillemets encadrant le « vrai » sont vraiment extraordinaires de la part de cette jeune fille de 13 ans
Maintenant la question de savoir si la carte du prof est meilleure qu’une autre. Là, la réponse est simple et catégorique : la carte proposée par le prof n’est pas meilleure qu’une autre. Parce que moi je ne suis pas chercheuse en histoire, je suis enseignante ! Si j’avais passé 15 ou 20 ans de ma vie à étudier cette période (ou une autre), à fouiller dans les archives, à lire tous les textes, faire des fouilles archéologiques, je pourrais affirmer : la carte que vous avez sous les yeux est la meilleure, la plus proche de la réalité. Mais ce n’est pas le cas. C’est un choix. Moi depuis 20 ans, je lis ce qu’ont publié des chercheurs, et je sélectionne, et surtout je simplifie pour que des élèves puissent comprendre et surtout adopter un raisonnement et une démarche d’historien. Alors je pioche chez les uns , chez les autres, dans tel livre, et même dans des cahiers d’exercice déjà tout préparés ! Entre simplification, caricature, et erreur : la marge est étroite. Je vous avais parlé de la pyramide féodale, qui est enseignée à tous les élèves depuis 50 ans. Et bien maintenant, à la relecture des sources, les chercheurs pensent qu’il faudrait décrire la société féodale comme une toile d’araignée, plutôt que comme une pyramide.
Ainsi avance l’histoire, et l’enseignement de l’histoire ! Vous êtes déçus que votre professeur ne détienne pas LA vérité? Qu’il ne vous enseigne pas LA vérité? Dépassez cette déception, et admettez intellectuellement que LA vérité n’existe pas en histoire.
Voici le sujet, en couleurs !l’année 1789
Pour retrouver les sites interactifs qui permettent de mieux analyser le tableau de Goya « le Tres de Mayo », voici deux adresses :
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/histgeo/pedago/goya/shema.htm : prenez le temps de passer la souris sur le tableau en page d’accueil et sur la page suivante vous trouverez le croquis vierge.
http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/Sallet/Tresdemayo.html : très intéressant pour ceux qui veulent faire un retour en arrière sur la diffusion des idées révolutionnaires en Europe, que nous avons peu développée…frustration, frustration,… mais le « programme à finir » impose de faire des choix ! Question bonus : quelle est la problématique proposée par l’auteur de ce site pour ce chapitre? La trouvez-vous intéressante?
Et pour un cours d’histoire de l’art sur l’influence de tableau dans les courants artistiques du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui , rendez-vous sur la page de Mme Oulad.
Après la visite au musée du Louvre sur la baroque et le classicisme, vos croquis sont en ligne ici. Attention le fichier est assez lourd à télécharger.
Le sujet en couleurs paragraphe argumenté
et en pdf paragraphe argumenté
Donc la séparation des pouvoirs : il faut d’abord l’étudier dans une perspective historique. Le principe de l’absolutisme réside dans le fait qu’un homme prend seul les décisions qui concernent le pays, fait enregistrer des lois (des édits) par un Parlement composé de nobles dociles, punit ceux qui lui déplaisent et décide seul de la sanction (les lettres de cachet). En fait c’est simplifié et caricaturé pour les élèves de quatrième : dans la réalité les Parlements se sont parfois rebellés, les décisions se discutent en Conseil Royal, et il y a des procès avant les condamnations. Tout cela dépend des époques, des rois, des régences, du contexte économique et international. Nous n’avons pas le temps de rentrer dans ces détails en 4ème.
L’innovation c’est bien sûr Montesquieu (1689-1755), pour qui la théorie de la séparation des pouvoirs vise à séparer les différentes fonctions de l’Etat, afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice du pouvoir.
Pour la suite, je vous copie un article que j’ai trouvé sur le site « vie publique », site public qui donne plein d’informations sur les institutions (voici le lien http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/approfondissements/separation-pouvoirs.html)
1. La théorie classique
La théorie classique de la séparation des pouvoirs distingue trois fonctions principales au sein des différents régimes politiques : la fonction d’édiction des règles générales constitue la fonction législative ; la fonction d’exécution de ces règles relève de la fonction exécutive ; la fonction de règlement des litiges constitue la fonction juridictionnelle. Partant du constat que dans le régime de la monarchie absolue, ces trois fonctions sont le plus souvent confondues et détenues par une seule et même personne, la théorie de séparation des pouvoirs plaide pour que chacune d’entre elles soit exercée par des organes distincts, indépendants les uns des autres, tant par leur mode de désignation que par leur fonctionnement. Chacun de ces organes devient ainsi l’un des trois pouvoirs : le pouvoir législatif est exercé par des assemblées représentatives, le pouvoir exécutif est détenu par le chef de l’Etat et par les membres du gouvernement, le pouvoir judiciaire, enfin, revient aux juridictions. L’objectif assigné par Montesquieu à cette théorie est d’aboutir à l’équilibre des différents pouvoirs : « Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 se réfère également à cette théorie en disposant que « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». La séparation des pouvoirs apparaît ainsi comme le corollaire indispensable de la protection des droits naturels de l’homme : le contrôle mutuel qu’exercent les trois pouvoirs les uns envers les autres préserve l’individu des atteintes à ses droits fondamentaux. Dans le même temps, la séparation des pouvoirs constitue un obstacle au despotisme et à la tentation du pouvoir personnel, puisqu’aucune personne ne peut concentrer entre ses mains la totalité des attributs de la Souveraineté.
Toutefois, cette théorie n’a pas toujours été strictement mise en oeuvre par les différents régimes démocratiques. En effet, une séparation trop stricte des différents pouvoirs peut aboutir à la paralysie des institutions : tel fut le cas en France sous le Directoire (1795-1799) et sous la IIe République (1848-1852), où le conflit entre l’Exécutif et le Législatif s’est à chaque fois soldé par un coup d’Etat. Aussi de nombreux régimes privilégient-ils le principe de la collaboration des différents pouvoirs, à celui de leur stricte séparation : la distinction entre le Législatif, l’Exécutif et le Judiciaire demeure, mais ces différents pouvoirs disposent de moyens d’action les uns à l’égard des autres. La faculté pour le chef de l’Etat de dissoudre l’une des chambres composant le Parlement, la possibilité pour le pouvoir législatif de renverser le Gouvernement, la soumission des magistrats du parquet à l’autorité hiérarchique du Gouvernement en sont autant d’exemples.
Voilà. Est-ce un peu plus clair?
Petite mise au point : il est important de bien maitriser cette notion de séparation des pouvoirs pour comprendre le programme de 4ème, mais aussi celui de 3ème. Mais au-delà, j’ai une double ambition (soyons modeste !) : vous aider à devenir des citoyens-électeurs éclairés d’une part, et d’autre part vous aider à décrypter la presse qui fait souvent allusion au conflit entre les pouvoirs, au non respect de l’indépendance de l’un par rapport à l’autre par exemple.
Le développement étant assez long, il faut ouvrir une nouvelle fenêtre en cliquant ici !