Archive for octobre, 2014

Le prix de l’information

mercredi, octobre 15th, 2014

IMG_3659Des hommes et des femmes partent chaque année dans des zones à risque. Certains sont revenus de Syrie, de Jordanie, d’Ukraine, du Nigéria et de Centrafrique où ils ont suivi les combats. Ils sont allés sur le front, accompagnant les soldats lors des affrontements. Durant quelques semaines, ils ont vécu l’enfer des barricades, les prises d’otages et vu la mort…
D’autres femmes et d’autres hommes sont partis à la rencontre des civils. Ces âmes perdues entre deux mondes, perdues entre la dure réalité, la violence et la haine et les espoirs de chacun, les désirs et les rêves d’une paix durable.

Hier, le lundi 6 octobre, ces hommes et ces femmes ont achevé leur travail : ils ont réalisé un reportage sur l’actualité de ces pays afin de nous informer de la situation.
Concourant pour le prix Bayeux, ces images ont été diffusées dans la salle Mandela du lycée Marguerite de Navarre à l’intention des élèves.
Ces reportages ont ouvert les yeux de tous : nous réalisons alors qu’à des milliers de kilomètres, certains vivent un véritable cauchemar. Les jeunes enfants ne connaissent que la misère. Les plus âgés se désespèrent de voir leur famille et leur foyer anéantis.
Et nous, nous sommes assis là. A regarder ces horreurs, impuissants.
Le prix Bayeux n’est pas qu’un concours dans lequel nous devons voter. La venue d’Edith Bouvier, célèbre reporter de guerre, ayant survécu à une grave blessure en Syrie, insiste sur l’évènement.
Pour elle, c’est l’occasion de faire connaître son métier, les risques et les moments forts. L’occasion d’éveiller les esprits des nouvelles générations sur la situation humaine.
Et surtout, c’est l’occasion de garder en mémoire ces hommes et ces femmes qui ne sont pas
revenus. Ceux qui sont morts pour leur passion, et pour la vérité : les reporters de guerre.

GORGET Auriane, 2nde H. Lycée Marguerite de Navarre, Alencon

Prix Bayeux à Margot

mercredi, octobre 15th, 2014

Le Lundi 6 octobre 2014 , au lycée Marguerite de Navarre dans la salle Mandela , Edith Bouvier est venue discuter avec 200 lycéens dans le cadre du prix Bayeux . Cette reporter de guerre passionnée par son métier n’est bonne à rien d’autre selon elle. Le prix de vente des reportages n’entrave pas son amour du métier, « on ne devient pas journalise pour devenir riche. On ne gagne que 50 euros pour une photo ». Au cours de l’après midi, elle a pu raconter ses voyages et ses aventures au sein des différents conflits notamment en Syrie. En allant dans des pays en guerre elle est consciente des risques encourus, elle s’impose donc des règles de sécurité comme : ne jamais être séparée de son collègue et ami photographe qui l’accompagne, ne jamais dormir dans un étage ou près d’une fenêtre .
Elle prend toujours plus de risques en tant que journaliste free-lance. A force de voyager, elle a acquis de l’expérience, dont elle se sert maintenant. Elle nous a expliqué également que dans sa valise elle emmène toujours des dès, une toupie et un tube à bulles, pour réussir à nouer un lien avec les enfants, elle travaille avec des locaux en qui elle a toute confiance, qu’elle d’écrit comme étant sa deuxième famille.
Elle a décrit plusieurs situations où elle était en stress, comme lors de son dernier voyage où les bombardements n’ont pas cessé elle nous a raconté que les syriens, habitués, regardaient un match de football, ils lui ont donné de la glace pour la calmer. Elle nous a expliqué qu’en rentrant d’un pays en guerre elle était susceptible, en mode « Ado rebelle » et aurait certainement besoin d’un sas de décompression d’environ deux jours, comme il en existe pour les militaires.
Le fait d’être une femme ne lui a pas posé beaucoup de problèmes, ça lui permet même d’avoir une complicité particulière avec les femmes. Dans sa vie personnelle, elle nous a dit « avoir un compagnon compréhensif, lui-même journaliste sportif ».

Alexiane Lelièvre, Andry Razafindrakoto, Thomas Forastiéro, 1ESA

Lors du vote des lycéens (photo. C. Thiery)

Lors du vote des lycéens (photo. C. Thiery)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Edith Bouvier, une journaliste face aux élèves.

mardi, octobre 7th, 2014

edith bouvier_alenconDeux cents lycéens ornais étaient réunis lundi 6 octobre au lycée Marguerite de Navarre à Alençon dans le cadre du prix Bayeux. L’occasion de discuter avec Edith Bouvier, journaliste reporter de guerre, de retour de Syrie. Rencontre.

Une histoire touchante.
Les premières questions résonnent dans l’auditorium. L’attaque d’Homs, son ressenti, ou son métier, les élèves s’interrogent. Les souvenirs remontent à la surface pour Edith Bouvier. « Ça a été l’horreur pour sortir de Syrie » raconte-t-elle. Victime d’un bombardement en février 2012, Edith avait été grièvement blessée, emportant avec elle une cicatrice sur sa jambe droite : « Cette cicatrice me permet de revenir à la réalité, elle me rappelle tous ces Syriens, mes confrères ». Une cicatrice en hommage à ses « copains » décédés sur place, Rémi Ochlik, photographe et Marie Colvin, journaliste. Mais aussi ceux dont elle était jalouse comme Camille Lepage, qu’elle regrette que les élèves n’aient pas connue. Elle évoque également l’écriture de son « bouquin » pour raconter tous ces événements qui sont désormais ancrés dans sa mémoire. « J’avais besoin de raconter mon histoire. […] Je ne croyais même pas ce que j’écrivais » dit-elle.

Son métier.
« La dernière fois, [sa dernière rencontre avec des lycéens], je répondais à des questions du genre : comment vous faites-pour vous laver ? Qu’est ce que vous mangez ? Aujourd’hui, c’était plus sur la Syrie, mon vécu, ma vie » annonce-t-elle à la fin de la rencontre. Edith se décrit comme une journaliste attendant « la brèche » pour retourner couvrir les conflits. C’est toujours munie de ses « gris-gris » – une simple toupie, un « truc » à bulle et quelques dès – qu’elle affronte le terrain. Elle avoue que ces derniers lui permettent de parler avec les enfants, les habitants. Puis elle détaille la composition de sa valise : des voiles, des baskets pourries, son ordinateur ou encore son gilet pare-balles qu’elle avoue ne porter que très rarement. « Il est accroché dans mon salon, des fois je le met, ça nous fait rire » plaisante-t-elle à ce sujet. Se décrivant comme assez mate, la reporter de guerre annonce pouvoir se fondre dans la population. La jeune Edith décrit également la peur du front, une peur omniprésente, mais qu’elle est obligée de gérer, pour rester professionnelle et une vie de famille compliquée à tenir : « mon copain devient un spécialiste des terrains où je ne dois pas aller » sourit-elle.

Des réponses remplies d’humour.
« J’aime bien les terrains de conflits, y a personne dans les hôtels » plaisante-t-elle suite à la question d’un élève. Les élèves sont souriants face à cette journaliste racontant son métier différemment. Elle aborde des sujets sensibles, comme la mort, avec beaucoup de légèreté : « j’espère que vous ne verrez jamais mon nom sur les stèles de Bayeux ». Depuis son retour de Syrie, elle reste informée de la situation sur place avec ses contacts. Elle dialogue toujours avec son médecin syrien l’ayant aidé en 2012 et avec les rebelles, qui l’ont aidée à sortir d’Homs. « Je leur ait dit qu’il ne prendront pas Damas, tant que je serais pas revenue » rigole-t-elle. La jeune journaliste free-lance annonce travailler avec les même personnes depuis le début de sa carrière : « c’est la famille que je me suis construite. J’aime raconter leur histoire. ».
L’entretien en tête à tête (ou presque…) avec la journaliste se termine sur des applaudissements fournis. Une manière de manifester la satisfaction des lycéens. Pour son futur professionnel, Edith Bouvier assure retourner dans les pays en guerre pour vivre sa passion, « raconter des horreurs ».

Léo PRUNIER, 1ESA

Prix Bayeux Calvados

samedi, octobre 4th, 2014

Pour la 9ème année, le lycée Marguerite de Navarre participe au Prix des lycéens, un prix remis dans le cadre du Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre. Lundi 6 octobre, Edith Bouvier, grand reporter répondra aux questions des élèves. Nous ne manquerons pas de vous faire part des échanges…