ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Episode 7 : L’inflation : l’ennemie numéro 1, mise à prix

 

 

 

 Chap 3

 11h 00                         Cours de Première :

 

 

 

DE LA MONNAIE A LA LUTTE CONTRE L’INFLATION

 

                                                                       (2ème partie)

 

 

 

Mon passage dans la salle des professeurs a été une réussite,se dit Bastien. Pas un prof d’anglais et cinq minutes de retard à cause du collègue expert en horaires SNCF et points pour les mutations. Il voulait qu’en quelques minutes on réorganise le Ministère de l’Education nationale, alors que je veux juste finir cette matinée. Pas de surprise, en sortant nous sommes passés devant le Proviseur qui a ostensiblement regardé sa montre.

 

II) La lutte contre l’inflation : objectifs / moyens et limites

 

-         Inutile de faire preuve d’originalité, commençons par …

-         La définition.

-         Exact ! Disons simplement qu’elle se traduit par une hausse généralisée et cumulative des prix. Il ne s’agit pas de quelques hausses isolées mais d’un phénomène qui touche l’ensemble de prix de manière continue.

-         Le dictionnaire dit qu’il ne faut pas confondre inflation rampante et galopante. Ca veut dire quoi Monsieur ?

-         Bonne remarque Rachid. Insistons bien sur ce  point. S’il y a inflation rampante, disons de 0 à à  peu près 3%, ce n’est pas un problème économique. Il y a même des chances que ce soit le signe d’une économie saine ou en tout cas d’une économie dont plusieurs indicateurs sont satisfaisants.

-         C’est pas le cas du chômage en France.

-         C’est vrai, mais je poursuis mon propos. A l’opposé, si l’inflation est importante de plusieurs dizaines de % à pourquoi pas des centaines de % ou plus, on parlera d’inflation galopante  qui peut dégénérer en hyper-inflation. L’économie est là au bord de l’effondrement (c’est l’exemple de l’Allemagne en 1923). Dans ce cas précis, c’est plus qu’un problème économique. Les difficultés économiques rejaillissent sur la situation sociale ce qui favorise l’arrivée au pouvoir des démagogues comme on l’a  vu avec Hitler. Nous, dans les 70, nous avons connu l’inflation déclarée (dès qu’elle est supérieure à 4/ 5 %). En fait, au début des années 80 elle avoisinait les 14 %. Les gouvernements occidentaux décidèrent qu’il fallait lutter en priorité contre elle, d’où le premier point :

1)        Les dangers de l’inflation

-         Pourtant le prof d’histoire, il a dit qu’elle favorisait la croissance.

-         Le prof d’éco va-t-il contredire celui d’histoire ?  Je risque de vous décevoir. C’est vrai qu’on a dit que l’inflation peut avoir des vertus. D’abord, elle allège les dettes. En effet, l’inflation a permis des augmentations de salaires pour maintenir le pouvoir d’achat. Les revenus ont augmenté alors que le montant des remboursements était constant. De ce fait, l’endettement est devenu moins lourd et a permis, notamment dans les années 60, aux particuliers (même à des ménages assez modestes) et entreprises de pouvoir continuer à consommer et investir malgré des emprunts déjà contractés, ce qui a soutenu la croissance économique. D’autre part, elle a pu faciliter le partage des richesses créées entre salariés et entreprises. Pour qu’il y ait croissance il faut trouver un équilibre entre la part du gâteau distribué (le PIB) alimentant la consommation et celle finançant l’investissement. Dans les négociations, il était plus facile de lâcher du lest en particulier sur les augmentations des salaires, sachant que l’inflation grignoterait une partie des concessions acceptées.

-         C’est donc une bonne chose l’inflation ?

-         Attention, je n’ai pas dit cela. N’oublions pas que le contexte de l’époque (les 30 glorieuses) était favorable et que l’inflation était assez modérée. Certains sont plus sévères et disent que l’inflation dès le départ, a été une sorte de drogue, d’abord douce. Elle semblait donner des effets positifs au début (croissance et paix sociale), mais elle aurait conduit à une accoutumance bien préjudiciable pour l’économie. Il a fallu augmenter les doses sans que les résultats, surtout en matière de chômage, s’améliorent. Conclusion : une sévère cure de désintoxication dans les années 80.

-         Mais que lui reprochait-on exactement ?

-         Sur le plan interne, d’aboutir à une spirale inflationniste. Les prix augmentent donc les salaires, ce qui provoque une hausse des coûts de production compensée par une hausse des prix, puis des salaires pour maintenir le pouvoir d’achat. Ce cercle vicieux finit par pervertir le fonctionnement de l’économie de marché. D’autant que les hausses des prix handicapent les exportations et favorisent les importations. Le déficit de la balance commerciale se creuse entraînant généralement une dévaluation renchérissant le coût de la vie ce qui alimente encore l’inflation. On entre donc dans un processus cumulatif qui, pour être brisé, nécessite une politique économique énergique et coûteuse socialement. J’y reviendrai.

          

                   Prochain épisode :  le 06 NOVEMBRE 2008

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié le 30 octobre 2008 par maule64 dans Un feuilleton économique

Bon appétit messieurs!

 

 

 

L’actu cinématographique nous propose « l’histoire d’un mec » Coluche et les aventures du petit Nicolas. Iturria nous offre lui un télescopage saisissant. Nico Sarko s’est mué en Coluche pour aider nos banquiers. On n’osera pas demander qui sont les « enfoirés » ?

Manifestement, Nico sait trouver de l’argent pour les banques. Au passage, on se rend compte que les contraintes qu’il leur impose sont moins fortes  que celles exigées par G. Brown. Les banquiers grands pourfendeurs de l’action de l’Etat savent faire taire leurs scrupules. A la manière de Victor Hugo dans « Ruy Blas » ou de Montand dans « la folie des grandeurs » (à chacun ses références culturelles), on peut leur dire : bon appétit messieurs ! Le mauvais esprit qui n’est pas absent de cette rubrique peut nous inciter à penser que certains ont même tendance à se goinfrer. Chez Alcatel, on ne veut pas rendre les parachutes dorés (1), malgré la pression des syndicats, et « Capital » nous apprend que la crise n’a pas touché les patrons des grandes entreprises : qui perçoivent en moyenne 310 fois le SMIC…par mois bien sûr (2).

 

(1)     http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2008/10/tchuruk-et-russ.html

      (2)  http://www.liberation.fr/economie/0101165721-qui-a-percu-310-fois-le-smic-chaque-mois-en-2007


Publié le 30 octobre 2008 par maule64 dans Dessin et Dessein

Greenspan : Le Virenque du capitalisme ?

 

Lisons quelques déclarations d’Alan Greenspan, citées par le blog « les cordons de la bourse » (1). Il reconnaît qu’il ne faut pas toujours faire confiance à son banquier : « Ceux d’entre nous qui comptaient sur l’intérêt des établissements de crédit pour protéger les actionnaires (en particulier moi-même) sont dans un état de choc et d’incrédulité ».

Celui dont les qualités ont été tant vantées doit faire preuve d’humilité :

« La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j’avais imaginé ».

Mais le bon Alan ne va pas jusqu’à plaider coupable, tel Virenque qui se dopait à l’insu de son plein gré, on lui aurait menti. « J’ai trouvé une faille dans l’idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m’a plongé dans un grand désarroi. ». Autrement dit, il vient de découvrir que le capitalisme n’est pas un modèle parfait, il aurait besoin de régulation. L’ex vénéré patron de la FED et toujours vénérable (?)vient d’inventer l’eau tiède. Ce n’est guère rassurant…

 

 

(1)   http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2008/10/alan-greenspan.html

 


Publié le 27 octobre 2008 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue

Blague(s) 4 à 6 Un mini florilège pour réconforter les économistes.

 

 

Avant d’aborder des blagues sur les grands courants économiques, on va clore  cette petite série sur les critiques de l’économie,  par des blagues qui montrent que pour se rassurer, on peut toujours critiquer son voisin (scientifique).

 

Blague 4 et 4 bis

 

« J’ai demandé à une économètre son numéro de téléphone. Elle m’en a donné une estimation… » ou encore

Vous connaissez l’histoire de l’économètre qui s’est cassé une jambe en sautant dans sa piscine vide au début de l’été dernier ?
Il avait oublié l’ajustement saisonnier…

 

L’économétrie est une discipline qui s’est développée pour aider les économistes. On utilise des techniques mathématiques et statistiques pour analyser des phénomènes économiques. On ne peut nier son intérêt pour tester des hypothèses économiques, pour faire de la prévision, mais on lui reproche parfois derrière une sophistication de plus en plus grande de faire reposer ses travaux sur des hypothèses parfois cruellement démenties par les faits. Du coup, il peut leur arriver de prolonger des tendances en passant à côté de la crise de 73 ou de celle de 2008. Ces retentissants échecs ne suffisent pas à la discréditer, mais à l’évidence, l’économètre doit comme l’économiste rester humble et prudent.

 

 

 Mais l’économiste peut être encore plus vachard :

Blague 5

 

 « Un professeur d’économie indien racontait à ses élèves sa façon de voir la réincarnation : « Si vous êtes de bons économistes, vous serez réincarnés en physiciens. Si vous êtes de mauvais économistes, vous serez réincarnés en sociologues… ».

 

On retrouve ici le désir d’économistes de se rapprocher de la rigueur des sciences dites exactes ou dures (cf épisode 1 du feuilleton). Ils veulent par les chiffres, les modèles mathématiques prouver la scientificité de leurs analyses. Certains économistes (un peu obtus, et rien ne me permet d’affirmer qu’ils sont nombreux) ne souhaitent pas qu’on les assimile à des chercheurs de sciences humaines tels que les sociologues dont leurs conclusions ne présenteraient pas à leurs yeux les garanties suffisantes. Si on en croit cette blague, en devenant sociologues  ils seraient dans cette réincarnation, relégués dans la deuxième division des sciences.

 

 

  Il ne faudrait pas que notre économiste redevienne trop euphorique en lisant ces lignes. Ne doit-il pas s’interroger sur l’affirmation suivante :

Blague  6

 

« Un économiste est quelqu’un qui n’avait pas assez de charisme pour devenir comptable ».

 

Il est vrai que quand on voit la photo d’Alan Greenspan ex gouverneur de la FED, on est peut être inquiet et s’interroger. L’économiste vieillit-il mal, ou alors est-il condamné à avoir si peu de charisme ?

 On peut trouver peu élégant de s’attaquer à un vieillard, mais n’oublions pas que l’ex gouverneur de la FED était encensé, il y a peu. Il semblait maîtriser parfaitement le système monétaire. Aujourd’hui beaucoup pensent que sa politque de bas taux d’intérêt est une des causes de la crise débutée avec le problème des subprimes. Retenons la leçon suivante: il ne suffit pas d’être économiste, d’avoir l’air austère pour avoir raison.


Publié le 21 octobre 2008 par maule64 dans Blagues commentées

Episode 6 : Le créationnisme monétaire

 

4)  La création monétaire

-         Monsieur, dans le livre ils disent qu’on peut créer de la monnaie à partir de rien, c’est vrai ?

-         C’est pas faux, mais dit ainsi c’est trompeur. Si vous commandez un meuble à un ébéniste, il ne le fabriquera pas à partir de rien, mais à partir de planches de clous, vernis etc… (ce sont les consommations intermédiaires). En revanche, un banquier n’a pas besoin d’avoir, a priori, quelque chose pour créer de la monnaie. En fait, il la crée en accordant un crédit. Vous lui empruntez 1000€, il crée 1000€  de monnaie scripturale.

-         Mais c’est très dangereux alors, on peut faire n’importe quoi.

-         En réalité, il y a au moins deux garde-fous.

L’expression semblait amuser les élèves, mais leur prof se disait qu’il n’en avait cure. Il n’insista pas se doutant que son jeu de mots ne serait pas compris.

-         Il faut bien préciser qu’un banquier n’est pas un irresponsable. Il ne crée pas de la monnaie pour le plaisir. S’il le fait, c’est qu’en contrepartie, il sait qu’il sera remboursé et que le service rendu aux prêteurs lui sera payé sous forme d’intérêts.

-         C’est pour gagner de l’argent qu’il en prête ?

-         Désolé de vous décevoir, mais les banquiers dans leur quotidien ne sont pas des philanthropes.

-         Et s’ils sont très gourmands et qu’ils fassent plein de prêts pour gagner de l’argent ?

-         Il y a la Banque Centrale pour veiller au grain. Elle contrôle le système, non pas en créant l’essentiel de la monnaie (bien au contraire) mais en émettant la monnaie centrale qui sert de dénominateur commun au système bancaire. Les banques ordinaires créent certes la monnaie scripturale, mais pour les relations entre banques qui garantissent le fonctionnement du système, elles ont un besoin impératif de monnaie centrale. On le voit bien avec les difficultés que rencontrent les banques en cet automne 2008. Il faut qu’elles se procurent (par emprunt le plus souvent) de la monnaie centrale qui leur coûte cher ; de ce fait elles doivent se montrer raisonnables et au pire la Banque Centrale pourrait leur retirer leur pouvoir d’exercer leur métier.

-         Ca sonne !

-         Je savais Laëtitia que j’entendrais au moins une fois dans l’heure votre voix. Cinq minutes de pause.

-         Je vais faire un petit saut dans la salle des professeurs.

 

 

Tout en rangeant ses affaires, Bastien amateur des métaphores et des formules chocs regrettait à moitié de leur avoir proposé un titre bien sage « la création monétaire », alors qu’il était tenté par une formule plus rentre dedans : le créationnisme monétaire. Il pensait au parallèle avec les créationnistes américains qui croient que Dieu a tout inventé sur terre : hommes, animaux et flore, tout créé, et à partir de rien. Le banquier ne crée-t-il pas de la monnaie à partir de rien ?  Il décide d’accorder un crédit et de fait, il crée de la monnaie scripturale. N’est-ce pas à sa manière un Deus ex-machina ? La comparaison le tentait, histoire de faire un bon mot, mais Bastien savait que le parallèle avait ses limites. Si au moment, d’accorder un crédit, il crée bien de la monnaie à partir de rien, il le fait parce qu’il y a une contrepartie. C’est la créance de celui qui s’est vu accorder un crédit et s’engage à le rembourser avec des intérêts.. C’est justement parce que le banquier dispose de quelque chose (des créances) qu’il a une crédibilité qui fera qu’il obtiendra des liquidités sur le marché interbancaire. Les autres banques prêteront à ce banquier des liquidités parce qu’il inspire confiance et que donc ses créances ne sont pas douteuses. Si elles le deviennent, il ne bénéficiera pas des prêts de ses collègues banquiers, et si la défiance touche toutes les banques, c’est tout le marché de la liquidité entre banques qui se bloque comme durant l’automne 2008.

 

Désenchanté, Bastien avait fini de ranger ses affaires. Il savait que sa comparaison avec Dieu ne tenait pas la route puisque lui contrairement à une banque, n’était jamais déclaré en faillite. Un bref instant, il avait cru son idée géniale, mais il devait en convenir, c’était une mauvaise idée.

Il espérait que quelqu’un ou plutôt quelqu’une le réconforterait dans la salle des professeurs.

 

Ce qu’on peut retenir du chapitre  2 (et donc des épisodes 4 / 5 / 6):
 
Le troc a été utile, mais il a été logiquement supplanté par la monnaie qui permet de compter, d’échanger, et de mettre en réserve nos richesses, bref elle a fortement contribué au développement de nos économies.
La monnaie au sens strict (monnaie centrale: pièces et billets + la monnaie scripturale, celle de nos comptes bancaires) fait partie de la masse monétaire qui comprend aussi nos réserves sur des livrets comme le livret A (c’est de la quasi monnaie).
Les banques dites ordinaires créent principalement la monnaie. On a longtemps pensé que ce pouvoir esentiel était confié à des gens raisonnables, responsables. Les derniers soubresauts de la crise financière rendent plus circonspects.

Enfin, Bastien commence à sentir que cette journée  ne sera pas de tout repos, et il se demande pourquoi des élèves sont capables de fournir des réponses si précises.

Prochain épisode :  le 25 OCTOBRE 2008

 

 

 

 

 

 


Publié le 12 octobre 2008 par maule64 dans Un feuilleton économique

Episode 5: La monnaie est toujours en forme

3)  Les différentes formes de monnaie

-  Nous allons commencer par un bref historique. Je vous avais demandé de faire des recherches sur ce sujet. A qui allons-nous donner la parole ? A quelqu’un qui ne la demande pas. Antoine, nous vous écoutons.

-   Ben au départ il y avait des monnaies marchandises (ex : on payait en boeuf ou mouton) puis la monnaie basée sur des métaux précieux (or, argent) puis les billets, puis il y a eu le chèque, puis la carte bancaire, voilà.

-   C’est très laconique comme toujours Antoine. En tout cas, on ne peut pas dire qu’on a eu des puis sans fond(s). Pas de réaction, bon enchaînons. Pourquoi parle-t-on de dématérialisation de la monnaie ?

-    Parce qu’au départ la monnaie avait une valeur intrinsèque, par exemple la quantité d’or contenue dans la pièce alors qu’aujourd’hui  elle a une valeur faciale (affichée) mais qui ne correspond en rien à la valeur de la pièce ou d’un billet, dit dans une deuxième salve Antoine, agacé par la réflexion de son prof.

-     Merci Antoine,dit Bastien étonné en se demandant d’où tient-il ça?. C’est une monnaie fiduciaire, c’est-à-dire qui repose sur la confiance qu’on lui accorde. Peut-on mettre sur un même plan les billets et les chèques ?

-     J’ai lu  que le chèque n’est qu’un vecteur de la monnaie, mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

-     Vous allez comprendre Aurélie à partir d’une expérience que je ne vous demande pas de reproduire d’ailleurs. Vous demandez à votre père ou à votre mère de faire un chèque de 50€ puis, théâtralement vous le brûlez. Quelle sera leur réaction ?

-     Une enguelade et quelques noms d’oiseaux.

-    Maintenant, vous lui demandez un billet de 50€ que vous traitez de la même manière. Réaction ?

-   La super enguelade, une gifle et pas d’argent de poche pendant au moins un mois.

-    Pourquoi la sanction est-elle plus forte dans le deuxième cas ?

-   Parce que la deuxième fois, on a brûlé de l’argent qui est définitivement perdu, alors que le chèque n’est qu’un support, qu’un papier assez facilement remplaçable

-   Voyons maintenant les deux grandes formes de monnaie. Il y a d’abord la monnaie manuelle composée de pièces (monnaie divisionnaire) et de billets (monnaie fiduciaire à l’origine reposant sur la confiance ce qui est aujourd’hui le cas de toutes les monnaies). On appelle aussi cette monnaie centrale parce qu’elle est émise par la Banque centrale, désormais la BCE. Pour faciliter le développement économique de nouveaux moyens de paiements et de crédits se sont développés, contrôlés par ce qu’on appelle les banques ordinaires. Ces banques dites ordinaires ont quand même pour nom BNP Paribas, Société Générale etc… En simplifiant, on peut aussi ranger dans cette catégorie, le Crédit Agricole, et les Caisses d’épargne. Toutes ces banques créent la monnaie scripturale. En additionnant monnaie centrale et scripturale, on obtient la monnaie au sens strict. Sabrina, donnez-nous sa définition.

-         Je la connais pas par cœur.

-         D’accord, mais vous avez fait une recherche.

-         Ah oui. Ensemble des moyens de paiement qui permettent immédiatement, sans conversion et sans coût de régler des transactions.

-         C’est bien, mais soyons plus clairs. Prenons pour un montant de 300€ des billets, un livret de caisse d’Epargne, des actions et des CD ou des DVD. A l’évidence, les billets et le chèque sont …

-         De la monnaie.

-         Oui, et les CD ou les DVD ?

-         C’est du patrimoine.

-         Exact ! Il est difficilement convertible en moyen de paiement. Sans compter que si on les vend, on devrait être perdant dans l’opération. L’action est elle un peu plus liquide (= plus aisément convertible), mais sa vente dans l’urgence est risquée. Ce n’est donc pas de la monnaie. Le livret de Caisse d’Epargne, c’est moins pratique qu’un chèque, mais c’est quand même assez liquide, c’est donc…

-         Presque de la monnaie.

-         Tout à fait ; on parle d’ailleurs de quasi monnaie. Pour mesurer les capacités de dépenses d’un pays on ne se contente pas de la monnaie au sens strict, on évalue la masse monétaire qui comprend en plus les comptes sur livrets (A, bleu, Codevi …), mais également d’autres comptes sur les quels je ne m’étends pas aujourd’hui.

-         Quelqu’un frappe Monsieur, on lui dit d’entrer ?

Après quelques hésitations liées à un douloureux souvenir du petit matin, Bastien laissa tomber timidement : entrez.

-         C’est bien la PES1 ?

-         Non, dit en cœur la PES 2.

-         Abordons un dernier aspect technique avant la pause.

 

 

 

 

        PROCHAIN EPISODE:   LE 13 OCTOBRE   2008

 


Publié le 9 octobre 2008 par maule64 dans Un feuilleton économique

Crise et cris

 

 

Le paradoxe c’est qu’à une époque où nos préoccupations sont si souvent matérielles, c’est la finance si dématérialisée et si inventive dans ses titres  qui a semé la panique.

Alors que nos angoisses sont très terre à terre (baisse du pouvoir d’achat, nos économies sont elles en sûreté ?etc..), on peut remercier  Haddad dans l’édition du Monde du week-end dernier d’associer analyse et culture.

Il nous présente un banquier symbolisant le capitalisme américain. Ceci étant, n’accablons pas trop les Etats-Unis et souvenons-nous que bien de nos dirigeants européens (Barroso, Sarkozy qui voulait développer l’endettement des ménages) trouvaient beaucoup de qualités à l’exemple américain.

On voit ici aussi un personnage qui à l’évidence est inspiré du célèbre tableau de Munch, le cri (1).

Cet expressionniste norvégien (2) n’avait pas prévu  cette crise, mais laissons vagabonder notre imagination.

Ce personnage pousse un cri de désespoir s’il est un mal loti du capitalisme car cette crise financière aura des conséquences économiques, et elle frappera le plus durement les plus fragiles.

Espérons que c’est aussi un cri d’alarme et qu’on saura tirer les conséquences de cette débâcle  et qu’on trouvera les régulations pour freiner les errements du capitalisme.

Enfin, on peut craindre qu’il s’agisse de cris d’orfraie de ceux qui ont profité de ce système et maintenant demandent à la puissance publique de rétablir la situation. Et dans quelques temps, s’ils ne sont pas canalisés ils recommettront les mêmes erreurs.

 

 

 

 

 

 (1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cri

 (2)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Edvard_Munch

 

 

 

 


Publié le 8 octobre 2008 par maule64 dans Dessin et Dessein

Crise financière : Un 11 Septembre ou un tsunami ?

 

Manifestement, cette crise financière inspire les commentateurs. La patronne du MEDEF l’a comparée à un 11 Septembre de la finance sur France inter (1). J. Attali lui  a préféré la métaphore de la tectonique des plaques. La deuxième image a un inconvénient majeur puisqu’elle pourrait laisser supposer que ce que nous vivons relève de phénomènes naturels dans lesquels l’homme n’aurait pas une responsabilité.

 Je voudrais revenir surtout sur celle de Mme Parisot. J’aurais aimé que le journaliste qui l’interviewait N. Demorand pour ne pas le citer (qui peut être plus réactif), lui demande : mais qui sont les terroristes qui ont provoqué ce désastre financier ? A l’évidence l’image avait été pensée pour convaincre par la dramatisation, les auditeurs citoyens qu’il ne faut surtout pas mettre des bâtons dans les roues des entreprises. J’aurais aimé qu’on lui demande  de nous brosser le portrait robot de ces dynamiteurs de l’équilibre financier. On nous aurait dit que c’était des gens bien comme il faut, qu’on aurait jamais imaginé leurs coupables (à défaut d’être illégales)  actions.

IL est tentant de filer l’image de Mme Parisot : Le terroriste comme le spéculateur agissent dans l’ombre et il est bien tard quand on les identifie. Espérons que nous serons aussi  exigeants en matière de sécurité financière qu’en matière de sécurité du territoire. J’imagine que tout porteur de costume et d’attaché case ne sera pas un présumé délinquant. Ce serait savoureux que les financiers de la City et d’ailleurs soient victimes du délit de sale gueule comme de vulgaires « métèques » sous nos latitudes. Enfin, pour terminer le parallèle, à une époque où pourtant nous avons des moyens considérables, je crains qu’on ne soit pas plus efficaces pour retrouver Le vrai Ben Laden que les Ben laden de la finance.

 

 

 

 

(1) http://tf1.lci.fr/infos/economie/conjoncture/0,,4102275,00-11-septembre-tsunami-pas-de-mots-trop-forts-pour-la-crise-.html

 


Publié le 2 octobre 2008 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue