ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Blague 8 Du Dieu marché à l’enfer

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« Quel est le point commun entre le Paradis et le libre-échange ?

 -  Tout le monde veut y aller, mais pas trop vite. »

 

On poursuit notre présentation du courant libéral. Les défenseurs du capitalisme défendent le libre échange. Le système capitaliste a besoin de croître, de conquérir de nouveaux marchés, il faut donc commercer, échanger avec l’étranger. les libéraux combattent le protectionnisme et sont favorables au libre échange. Encore faut-il convaincre les pays partenaires que cette option vaut le coup , est presque paradisiaque ou synonyme d’Eden économique.

Ricardo grand défenseur du libre échange (on dit aussi de la DIT division internationale du travail) voulait que les pays se spécialisent dans leurs points forts. Le célèbre et malin  exemple du Portugal et de L’Angleterrre cherchait à le démontrer. Le Portugal pourtant moins développé qu’aujourd’hui était plus fort dans l’exemple de Ricardo que l’Angleterre pour produire du vin et des draps. Comme par hasard, il fallait qu’il opte pour le vin , et l’Angleterre moins brillante au départ, devrait se spécialiser dans la production de draps. Exemple malin (presque diabolique) puisque l’Angleterre serait presque obligée d’opter pour le secteur où son retard était le moins grand et qui comme par hasard était l’industrie, autrement dit le moteur de la croissance économique pendant de nombreuses décennies.

En réalité on sait que les pays en avance sont pour le libre-échange et veulent que les autres y participent. Pourtant dès que les choses se gâtent ils n’ont pas peur de recourir au protectionnisme, c’est un paradis qu’on n’a pas hâte de rejoindre définitivement: les Etats-Unis l’ont souvent démontré. Le défenseur acharné du capitalisme préfère lui fréquenter les paradis fiscaux.

N’en concluons pas que le protectionnisme est la solution miracle. On peut le défendre pour permettre à des industries naissantes (cf List au 19 ème siècle) de grandir et d’enter dans le jeu. De même, il peut donner du temps à des secteurs pour se restructurer, mais on sait aussi qu’il a contribué au repli sur soi des pays durant l’entre deux guerres favorisant la montée des extrêmismes. C’est pourquoi il faut être prudent quand certains le proposent pour faire face à la crise actuelle. Il n’est pas à écarter a priori, mais l’ampleur du problème est telle qu’il ne peut être qu’un élément parmi d’autres, des solutions à mettre en place. Attention, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.

 


Publié le 29 mars 2009 par maule64 dans Blagues commentées

Profits de Total et profiteurs

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Il est souhaitable dans une économie capitaliste que les entreprises fassent des profits. Elles pourront ainsi investir, innover et pérenniser leur activité. Les profits doivent pouvoir protéger l’emploi et soyons positifs, ils peuvent permettre des hausses de salaire.

C’est en tout cas le beau scénario que relaie le Medef et sa présidente Mme Parisot. Elle fait confiance à ses collègues chefs d’entreprise. Ce sont des gens raisonnables,  responsables nous dit-elle. La puissance publique ne doit pas les contraindre.

Pourtant l’opinion publique comprend de plus en plus mal qu’une entreprise qui fait de tels bénéfices comme Total manque d’élégance et de sens du timing en licenciant dans une période si difficile alors que sa survie n’est guère menacée. Total en bonne entreprise sait faire les additions, mais a du mal à diviser et à partager avec ses salariés.

On sent bien que les profits nécessaires attirent aussi les profiteurs. Il serait naïf de croire qu’il peut en être autrement. Les dirigeants d’AIG ou de la société générale veulent continuer à prospérer alors que leur gestion a été calamiteuse. Il faut bien que l’Etat par la redistribution mette un peu de morale mais aussi d’efficacité dans l’économie capitaliste. En somme, on ne peut sommer Total d’accorder la priorité à l’éthique, c’est l’Etat qui ne doit pas se soustraire à ses responsabilités..et tant pis s’il doit multiplier des prélèvements pour le bien commun car c’est lui au Total qui doit faire la bonne opération.


Publié le 21 mars 2009 par maule64 dans Dessin et Dessein

Le mauvais sktech de Gad Elmaleh

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Le talentueux Gad semble manquer d’humour quand il s’agit d’argent, enfin du sien.  Il confirme un vieil adage: les français ont le coeur à gauche, mais le portefeuille à droite.

Il a déclaré sérieusement (et la vidéo en atteste) qu’il était favorable au bouclier fiscal.  On sait que la mesure phare du nouveau président est de moins en moins acceptée. Il peut y avoir des cas limites où de faibles revenus étaient trop taxés, mais on nous dit que les 800 foyers les plus fortunés vont recevoir en moyenne plus de 300000 euros chacun. Dans le même temps, F Le maître (1) nous apprend que les patrons ne veulent pas qu’on touche à leur bonus et certains se distribuent de généreuses stock options.

Ces infos devraient faire réfléchir le citoyen Gad, manifestement “Coco” n’est pas prêt de devenir un coco!

 

 

(1)http://lemaitre.blog.lemonde.fr/2009/03/19/remunerations-les-patrons-favorisent-la-mobilisation/


Publié le 19 mars 2009 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue

Episode 12 : A-t-on mal appris des allemands?

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-         Et vous riez à cette astuce éculée de Jérôme ? Vous avez été moins indulgents avec ma blague de banquier.

-         Mais ça veut dire quoi ?

-         Eh bien, que la France devait sûrement s’inspirer de la politique économique allemande. L’Allemagne était prospère malgré un Mark puissant.

-         Pourquoi malgré ?

-         Parce qu’en général on dit que si une monnaie est forte, cela handicape les exportations. En effet quand on convertit le prix allemand en une monnaie plus faible, cela pourrait décourager les acheteurs étrangers. En fait, la compétitivité d’un pays dépend certes de ses prix (d’où l’intérêt d’avoir une faible inflation), mais aussi de la qualité de ses produits, de leur originalité (on parle de compétitivité hors prix ou structurelle). Tout ceci explique une certaine fascination pour le voisin allemand. Habituellement on pensait que la dévaluation artificiellement et provisoirement (car causée par l’inflation, elle en génère souvent à son tour) donnerait un peu de compétitivité à nos produits. La triple  dévaluation du franc entre Octobre 81 et Mars 83 a montré cruellement les limites de cette politique. La France, encouragée par ses partenaires européens dont l’Allemagne, a alors opté (et depuis aucun gouvernement n’a renié ce choix) pour la désinflation.

-         Et ça a marché ?

-         Même réponse que tout à l’heure. Il fallait certainement en passer par là, mais c’est loin d’être la panacée …

-         Surtout, pour lutter contre le chômage.

-         Oui Jérôme, lâcha Bastien, un peu lassé devant l’assurance dont faisait preuve cet élève qu’il connaissait bien. Il reprit.

-         En fait, les gouvernements français n’ont pas seulement voulu maîtriser l’inflation, avec une faible inflation (dite rampante), ils ont voulu qu’elle soit plus faible que chez nos partenaires. C’est pourquoi on parle de désinflation compétitive. On espérait que nos prix contenus, favoriseraient les exportations ce qui créerait de la croissance et de l’emploi.

-         Et ça marche Monsieur, suppliait presque Rachid qui aurait voulu des certitudes pour finir l’heure.

        Un peu gêné Bastien poursuivit.

      - Ben, dans ce contexte de désinflation, avec des taux d’intérêt élevés, une consommation faible, des entreprises prudentes, la croissance est faible et le chômage n’a pas reculé à court terme malgré les succès sur l’inflation.

-         C’est pourquoi le gouvernement Jospin a cherché une autre solution avec les 35 heures….

-         Justement cet après-midi, je vais..

-         Monsieur, on peut pas venir, on vous l’a déjà dit.

-         Monsieur, ça sonne.

-         Merci Laëtitia ! Elle veillait à ce que le cours ne s’éternise pas.

-          Vous pouvez sortir, sauf Jérôme à qui j’ai un mot à dire.

-         Un problème M’sieur ?

-         Je sais, vous savez, vos camarades savent que vous êtes un redoublant.

-         Il n’y a pas de honte à ça.

-         C’est vrai, mais vous m’aviez déjà comme prof l’an dernier. Vous avez donc mes cours de l’an passé. Je trouve normal que vous cherchiez à améliorer votre note de participation, mais je ne veux pas que vous jouiez le souffleur comme au théâtre, avec sous les yeux, le texte écrit.

-         Mais si personne ne répond ?

-         Soit, mais vous devez prendre le cours de cette année et ne pas vous contenter de celui de l’an dernier. On pourrait croire que c’est exactement le même, c’est fort déplaisant.

-         C’est bon, je peux y aller ?

-         Une chose encore, ne répondez qu’aux questions que je pose, pas à celles que je pourrais poser, ou à celles que j’ai posées l’an dernier. Pourquoi vous gigotez comme ça ?

-         J’ai faim, et il va y avoir la queue à la cantine.

-         C’est bon, allez y.

Décidément cette matinée a été plus compliquée que je ne le pensais, se dit Bastien. On va voir ce qui se passe dans la salle des profs.

 

Ce qu’on peut retenir du chapitre  3 (et donc des épisodes 7 à 12):

On a défini l’inflation, montré ses avantages et surtout les inconvénients d’une inflation déclarée (et pas rampante). On a insisté sur la politique de désinflation ou rigueur adoptée en 1983. La France s’est alignée sur la politique de ses partenaires. Ce consensus n’a pas été remis en cause en Europe jusqu’à la crise des subprime ; c’est pourquoi on a parlé de « pensée unique ».

ll fallait sûrement casser l’inflation des années 80, mais du coup on a opté pour des politiques libérales misant sur la compétition internationale, le recul de l’Etat avec des résultats présentés longtemps positifs avant qu’on paie les effets de la crise d’une économie ayant trop fait confiance à l’autorégulation des marchés.

 

De son côté, Bastien aime bien quand les élèves répondent à ses questions, mai c’est moins flatteur quand il s’agit de redoublants qui se contentent de reprendre le cours de l’année passée. Et puis parviendra-t-il à rencontrer sa prof préférée et à faire avancer ses projets ?


Publié le 15 mars 2009 par maule64 dans Un feuilleton économique

“Con” ou “connerie”?

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Que le lecteur sourcilleux se rassure, ce titre reprend deux citations. Pour Iturria, l’affaire est entendue : il sait comment qualifier Jacques Séguéla. J’avoue que j’ai beaucoup de mal à contredire le spirituel et sagace Iturria. Séguéla a lui entrepris sa défense en reconnaissant qu’il avait dit , je cite « une connerie ».

En même temps, si on prend un peu de recul, il faut resituer cette phrase choquante faisant de la possession ou pas d’une Rolex un bon indicateur de la réussite. Séguéla a cherché à être spirituel sur un plateau télé. Ce n’est pas un imbécile et il a pratiqué un humour de droite ou en tout cas de riche qui évidemment choque d’abord ceux qui auront du mal à se payer une Rolex même bas de gamme. En fait,  ce qui se voulait un trait d’esprit est très révélateur d’un certain état d’esprit qui s’est épanoui avec les débuts de la présidence bling bling de N. sarkozy.

Ne lui reprochons pas d’avoir trahi ceux qui pensent comme lui et considèrent que dans notre démocratie tous les citoyens ne sont pas égaux. Il y a les laborieux (qui se lèvent tôt et n’ont besoin que d’un réveil) et les méritants  ceux qui ont droit à des récompenses y compris ostentatoires, comme des montres bijoux. Remercions le d’agacer. Les inégalités qui s’accroissent, les écarts vertigineux de revenus qui choquaient moins quand l’économie paraissait prospère deviennent insupportables devant les dérives d’un système cupide défendu par ceux qui en profitaient sans vergogne et se pensaient en avance sur le commun des mortels.

 On entend de plus en plus d’experts prôner une inflexion de notre mode de croissance et déjà cela passe par une fiscalité bien plus redistributrice. Certains veulent limiter les hauts salaires ou au moins taxer fortement les revenus élevés comme T. Piketty qui rappelle que Roosevelt  les avait taxés à près de 80% après la crise de 29.

On ne demande pas la confiscation des Rolex mais il est sûrement temps par une fiscalité exigeante de remettre les pendules à l’heure.


Publié le 7 mars 2009 par maule64 dans Dessin et Dessein

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