ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Blague 9 Le capitaine du Titanic ?

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 « On dit que Christophe Colomb était le premier économiste keynésien. Quand il est parti, il ne savait pas où il allait. Quand il est arrivé, il ne savait pas où il était. Et tout ceci était fait grâce à des subventions publiques. »

On a vu (cf blague7) que la crise de 29 avait porté un rude coup aux thèses libérales, alors dominantes. La théorie économique comme la nature ayant horreur du vide, un nouveau courant a connu un spectaculaire succès.

JM Keynes (1883 – 1946) a fortement influencé les politiques économiques de l’après-guerre ; on a  parlé de « révolution keynésienne ». Attention, il défendait le capitalisme, mais estimait que spontanément ce système n’arrivait pas à l’équilibre optimal, et risquait même de connaître à nouveau une sévère dépression comme en 29. Autrement dit, puisque la main invisible ne donne pas de bons résultats, il faut qu’un agent économique intervienne pour améliorer le fonctionnement de l’Etat.

Cette vision de l’économie explique le développement de l’intervention de l’Etat. Les pro-keynésiens  estiment que cette action explique la formidable croissance de l’après-guerre, et les anti-keynésiens nettement plus nombreux depuis que les pays développés peinent à retrouver la prospérité d’antan, résument l’intervention croissante de l’Etat par :croissance des impôts, augmentation des déficits et des dettes.

Ils ne rejettent sûrement pas cette blague. Si l’économie est comparée à un bateau, on comprend qu’il faut un capitaine, mais ce capitaine qui parle fort sait-il où il va ?

 Pour un libéral, la réponse est non. L’économie est trop complexe pour être canalisée efficacement. L’économie résulte d’une telle quantité de micro décisions d’agents économiques. Quand l’Etat veut les diriger, au pire, il fera couler le bateau comme l’ont fait les communistes dans les ex -pays de l’Est, ou dans nos économies, il le fera échouer sur le premier banc de sable.

Pour un libéral, l’économiste keynésien ne sait guère où il va vraiment, et comme il n’a pas d’argent pour financer ses projets, il creusera le déficits et l’endettement. Le bateau économique sera difficilement renfloué et quand la brise favorable sera revenue le bateau dirigé par les keynésiens peinera, sera à la traîne derrière les bateaux (comme celui des Etats-Unis) ayant fait confiance aux capitaines libéraux.

 

La conclusion libérale est la suivante : l’économie peut connaître des turbulences, du mauvais temps, des voies d’eau, mais on retrouve leur profonde croyance dans la capacité de cette économie à retrouver les vents porteurs et à se diriger vers la prospérité. La croyance de bon sens qu’il faut vraiment un capitaine se heurte à leur confiance dans la main invisible à laquelle il faut se fier. A leurs yeux, le capitaine keynésien met en danger son navire en ne comprenant pas qu’il  lui faut de la souplesse pour trouver son chemin. La crise débutée en 2008 a rappelé néanmoins, qu’au minimum un Etat remorqueur pour ramener le bateau ivre au port est sûrement utile.

La tempête passée, il faudrait le laisser seul regagner le large, sans s’inquiéter des nombreux écueils et récifs qui pourraient lui causer à nouveau de sérieux dommages. Et comme pour le Titanic, on sait que ce n’est pas parmi les premières classes qu’on trouve le plus de victimes.

 

 

 

 


Publié le 30 août 2009 par maule64 dans Blagues commentées

Le crocodile, le capitaliste et le scorpion

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La question qui est l’intrus entre un crocodile, un banquier et un scorpion est en fait une question piège… Il n’y en a aucun !

 

Iturria dans son dessin prolonge la fable de la grenouille et du scorpion. Les deux animaux sont en danger sur une rive. La grenouille propose au scorpion de ne pas l’attaquer et en échange, elle le fera traverser sur son dos, la rivière. Pourtant à mi chemin, il la pique. Incrédule, la grenouille interroge son agresseur qui va périr avec elle. Pourquoi as-tu fait ça ? Parce que c’est dans ma nature, fut la seule réponse du scorpion.

 

De la même manière, croire que le capitalisme peut se moraliser grâce à ses acteurs, relève de la naïveté ou si on est plus sévère, de l’escroquerie intellectuelle. Face à  la tempête provoquée par la crise, il fallait par des mots (« la moralisation du capitalisme »), chercher à faire accepter le mal ainsi déclenché. Mots qui restent démagos quand ils ne sont pas suivis d’effets, de mesures concrètes ce dont  banquiers et autres profiteurs du système ne voulaient pas. Depuis, on a vu refleurir sans vergogne, juteuses primes et récompenses que ce soit aux Etats-Unis ou en France, par exemple avec la B.N.P

 

Si les Etats ne s’entendent pas non pas pour moraliser le capitalisme (ce n’est pas dans sa nature d’être moral) mais pour le réguler au niveau national et entre nations, en luttant contre les paradis fiscaux, en imposant des règles de gestion plus prudentes, la rechute demeure d’actualité.

 

Les crocodiles au  moins quand ils sont repus, peuvent rester plusieurs jours sans manger. Un capitaliste ne peut jamais résister à l’attrait du profit, en particulier à court terme. Son appétit est illimité, et tant pis si cela réduit la pitance des moins favorisés. Que les politiques freinent leurs ardeurs et les mettent à la diète ; la décence les invite à faire preuve de courage.


Publié le 27 août 2009 par maule64 dans Dessin et Dessein