ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Blague 10 L’économie: une science inexacte?

« Rien n’est impossible dans une science aussi inexacte que l’économie »   Paul Antoine Samuelson (1)

 

La citation est d’autant plus savoureuse qu’elle provient d’un lauréat de ce prix. Samuelson sait qu’il ne s’agit pas d’un vrai prix Nobel attribué par la fondation Nobel, mais  du « prix de la banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ».

On comprend qu’on préfère  résumer, en disant prix Nobel surtout quand cette discipline cherche à se légitimer. L’économie est  une discipline honorable et utile pour éclairer citoyens et décideurs politiques, elle devient plus dangereuse et contestable quand elle prétend dire la vérité, et laisse croire à TINA (there is no alternative). Autrement dit, quand elle veut ériger en prinicipe indépassable le marché et la conception libérale de l’économie, comme le rappelle J Galbraith dans une interview à Libé (2).

Il est à noter que la banque de Suède dans le contexte de crise des subprimes et pour éviter qu’on ne pende à ses certitudes un défenseur de l’idéologie libérale dominante, a réorienté ses choix. Krugman  en 2008, comme les deux derniers élus montrent en partie les limites d’une excessive confiance dans l’autorégulation des marchés.

Dans les blagues 2 et 3, on avait montré les limites des modèles trop coupés de la réalité. On se félicite que des nobélisés comme Krugman ou le talentueuex et médiatisé Stiglitz critiquent les errements de leurs collègues, mais on n’oublie pas qu’ils ont eu leur reconnaissance académique en produisant des travaux ne malmenant pas la mathématisation exagérée de l’économie et en n’étant pas si favorable à la régulation de l’Etat.

On se félicite alors que des étudiants, aujourd’hui pour la plupart enseignants, rappellent qu’ils avaient initié un mouvement, « stop à l’autisme en économie « (3), pour demander  une plus grande diversité dans les réflexions théoriques, en intégrant l’apport d’autres sciences sociales, et en exigeant une évolution de l’enseignement de l’économie.

En résumé, l’économie n’est pas une science inexacte, c’est une science humaine, ce qui est déjà très bien, mais saura-telle évoluer et sortir de son dogmatisme? les intérêts catégoriels dans la profession et le lobbying des dominants, le permettront-ils? Rien n’est moins sûr et aucun modèle ..mathématique n’est capable de l’affirmer.

 

 

 (1) Cité par B Maris dans sa chronique sur France Inter http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lautreeconomie/index.php?id=84177

(2)  http://www.liberation.fr/economie/0101598998-contre-la-crise-financiere-et-ecologique-la-planification

(3)  http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2009/10/19/la-crise-de-lenseignement-de-leconomie/


Publié le 25 octobre 2009 par maule64 dans Blagues commentées

Episode 19 On charge….les charges

 

-          O.K

-          Pourquoi dis-tu toujours OK ou GO maintenant ?

-          Je t’expliquerai une autre fois Papa. Reprenons depuis le début. D’abord, je suis agacé quand on parle de charges sociales.

-          Pourtant, je t’ai souvent entendu utiliser cette expression.

-          Tu as raison Ginette, mais j’ai tort. Je me laisse aller. Les libéraux, les anti Etat, manoeuvrent habilement en présentant l’Etat comme un prédateur fiscal ; un acteur qui étoufferait notre dynamisme en nous imposant des charges déraisonnables. On finit par reprendre un vocabulaire largement diffusé par les medias, même si on n’adhère pas du tout aux idées qui s’y rattachent.

-          Mais tu te rends compte, 40 ou 42% de prélèvements obligatoires. Sur 100 francs, je parle encore en francs, il nous pique 42 francs.

-          C’est totalement faux ! On ne peut pas dire une telle chose. Le 42% correspond à l’ensemble des prélèvements que nous subissons…

-          C’est toi qui l’as dit, fit remarquer Maurice avec jubilation.

-          O.k passons. Je veux dire que pour obtenir ce chiffre, on ajoute les impôts directs, indirects, les prélèvements des collectivités territoriales (taxes foncières, d’habitation), mais aussi ce qu’on reverse à l’Union Européenne, et enfin ce que tu appelles comme beaucoup les charges sociales et qui sont en fait des cotisations sociales.

-          Admettons, mais ça fait beaucoup affirma son cousin qui n’entendait pas baisser pavillon.

-          Attention, l’Etat ne met pas cet argent dans une caisse secrète ou même il ne s’en sert pas juste pour payer des fonctionnaires privilégiés. Il réutilise cet argent pour assurer l’éducation, la sécurité, pour préparer l’avenir de notre pays. Les villes, les départements, les régions ont besoin de fonds pour améliorer notre environnement quotidien. Enfin, et je veux insister sur ce point, les cotisations sociales permettent de verser des allocations chômage, de rembourser les frais médicaux, de payer les retraites etc… C’est cette protection sociale qui crée du lien social, elle renforce la cohésion dans notre pays. Alors…. Fit Bastien satisfait de sa petite démonstration.

-          Tu ne m’as pas cloué le bec, petit. 42%, c’est trop dit avec autorité Maurice.

       Bastien qui guettait un regard approbateur de sa mère en fut pour ses frais ; elle était trop occupée à servir « sa recette ». Il comprit aussi que puisqu’il avait commencé à ferrailler, il ne pouvait se retirer de la joute sous prétexte que son interlocuteur était prêt à en découdre. Il lui fallait trouver un angle d’attaque pour faire vaciller un Maurice peu sujet au doute.

-          Qui te l’as dit ?

-          Tout le monde ou presque le dit, et souvent parmi eux, il y a des gens de gauche.

-          Il faut se méfier des chiffres qui circulent, des prétendues évidences. Je pourrais te montrer des tableaux comparatifs qui relativiseraient tes certitudes.

  Maurice ne se laissa pas impressionner.

-          On peut tout faire dire aux chiffres, tu me l’as souvent démontré.

-          C’est vrai, mais alors n’entrons pas dans la querelle de chiffres, et réfléchissons au mode de calcul. Supposons qu’on limite les cotisations obligatoires au niveau par exemple des Etats-Unis. Que vont faire les gens ?

-          Ils vont prendre des assurances privées…

-          Qui ne seront pas comptabilisées mon cher Maurice, dans les prélèvements obligatoires. Imagine de même qu’on réduise les impôts, il faudra réduire les dépenses par exemple d’éducation…

-          Je sens venir le piège dit Ginette, un peu désabusée.

-          N’aie crainte Ginette. Je veux simplement dire que si des cours hier gratuits deviennent payants, la richesse produite (le PIB) va augmenter, car certes les impôts de certains vont baisser, mais le français moyen verra-t-il son sort amélioré ? Inutile de préciser que j’en doute fortement.

-          Il a marqué un point mon fils, non ?

-          Je l’admets, lâcha Maurice dans un souffle. De manière plus autoritaire, il ajouta : Poursuis Bastien.

-          La baisse des prélèvements obligatoires risque de profiter surtout aux plus aisés, et conduire à une société moins solidaire qu’on qualifie souvent de type Nord-américain.

-          Il ne faut rien faire alors ?

-          J’ai pas dit ça Maurice. Je comprends qu’intellectuellement, au nom de théories économiques en l’occurrence libérales ou qu’au nom d’intérêts plus catégoriels, on veuille baisser les impôts, mais je combats l’idée que ce serait la panacée. Derrière le choix économique qui semble banal voire de simple bon sens, on sous-estime par habileté tactique pour les libéraux (Medef, partis et électeurs de droite) ou par naïveté, les conséquences sociales de ce qui est un pari économique qui peut marcher…

-          J’aime te l’entendre dire, dit avec ironie son cousin, qui s’empressa d’ajouter : Mais j’imagine que tu n’y crois pas trop.

Bastien voulut se montrer mesuré :

-          Les expériences du passé ne prouvent pas que ce soit si efficace, mais même si on admet que cela puisse stimuler la croissance, il faut toujours se demander quel type de société veut-on pour notre pays ? Doit-on faire confiance à l’économie ou faut-il essayer d’en dessiner les contours ?

-          Ah ! Un portable qui sonne. J’ai horreur de ça, surtout à table…

-          Excuse-moi, Papa.


Publié le 20 octobre 2009 par maule64 dans Un feuilleton économique

Votation, « piège à cons »?

 

Ceiturria 6 oct 09.jpg titre…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

….. est bien sûr une allusion au slogan de Mai 68. qui dénonçait les limites du vote qui pouvait selon les soixante huitards, laisser croire aux citoyens qu’ils choisissaient leur destin. Malgré tout en démocratie comment rejeter le vote?

 Pourtant Itturia brocarde deux exemples troublants. Quand le peuple ne vote pas comme les dirigeants (ici irlandais) le veulent on les fait revoter (il est vrai que la crise a  affaibli l’Irlande et qu’elle a eu des aménagements rassurants pour elle), ou bien, on ne fait pas revoter le peuple français qui avait dit non au traité constitutionnel en 2005; on a préféré faire voter les parlementaires pour le traité de Lisbonne.

Pour la Poste, c’est un peu différent. Ce n’est pas une consultation légale. Ses promoteurs l’ont habilement appelée votation. Ca fait plus chic et cela a fait mouche auprès des medias. C’était plus une sorte de grande pétition pour peut-être obtenir un référendum légal, et en tout cas, permettre aux français de dire leur attachement à ce service public.

Quel lien alors avec l’économie, thème central de ce blog?

Simplement, on sait que les économistes ont beaucoup de certitudes (souvent opposées) sur ce qu’il faut faire. Ils conseillent gouvernements et instituttions internationales qui nous ont indiqué une direction (faite de recul de l’Etat souhaité, de déréglementations,  d’exhortations à ouvrir nos frontières…), mais sans prévoir outre la crise des subprimes, les effets déstabilisateurs de la mondialisation, la désindustrialisation préoccuapante…

Puisque plus que jamais, il faut être convaincu que l’économie n’est pas une science exacte, il faudrait trouver les moyens d’impliquer davantage les citoyens pour qu’ils donnent vraiment leur avis sur les choix collectifs que nous aurons à faire pour maintenir un bon niveau de protection sociale ou encore pour protéger notre planète.

Ils (les économistes) savent et le citoyen est ignorant, est un discours qui n’est plus acceptable. Encore faut-il que le citoyen soit mieux informé (par un enseignement d’économie à l’école?  par des medias plus indépendants du pouvoir économique?  je n’ose écrire par ce type de blogs), car espérons que si le peuple ne comprend pas ce que veulent les décideurs, on ne changera pas le peuple mais les décideurs et leurs logiciels de politique économique. Les mauvaises pratiques financières qui réapparaisent invitent plus à la vigilance qu’à l’optimisme.


Publié le 18 octobre 2009 par maule64 dans Dessin et Dessein

Peut-on tout acheter?

img_0003L’idée de donner de l’argent à des élèves pour qu’ils ne soient pas absents va générer une belle polémique.

Ses promoteurs  nous disent qu’eux au moins veulent dépasser les simples discours, et s’attaquent de manière concrète au problème de l’absentéisme. Ils ajoutent pour faire accepter leur idée que ces sommes ne seront pas versées individuellement, mais qu’elles serviront à financer des projets collectifs (permis de conduire, voyages..).

Passons sur les dérives possibles (comment va-t-on financer? comment va-t-on ramener à la raison les élèves récalcitrants, le groupe va-t-il les éliminer?) pour réfléchir à la vision que sous-tend cette initiative. Finalement, ce qu’on nous dit c’est que tout est achetable y compris la présence des élèves.

On sait que l’économie ne s’intéresse qu’aux besoins solvables autrement dit, qui pourront être satisfaits parce que la personne intéressée peut payer. Nos économies savent commercialiser de la nourriture pour animaux, sauront développer le clonage du toutou des mamies, mais ont du mal à financer des vaccins pour lutter contre la malaria. L’obésité gagne du terrain, mais une bonne partie de la population mondiale souffre de malnutrition.

Il serait regrettable que le système éducatif censé promouvoir des valeurs autres que marchandes, s’engage dans cette voie.

Et puis, dans cette période de creusement des déficits, est-il heureux de retenir ce principe? Les dépenses pourraient se multiplier. Quels seront les tarifs ou récompenses pour celui qui n’aura pas brûlé un feu rouge? Le non fraudeur fiscal aura-t-il  un 10%, non pas de pénalité mais de ristourne fiscale?  A combien aura droit l’assassin potentiel? Encore faudra-t-il qu’il convainque que son intention était de tuer; peut-être pourra-t-il commettre un petit assasinat pour crédibiliser sa requête?

La pédagogie a de réelles limites, mais « marchandiser » les relations scolaires n’est sûrement pas une bonne idée.iturria 7 octobre 09.jpg


Publié le 4 octobre 2009 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue