ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Meilleurs en addition qu’en soustraction

ITURRIA 25 NOV 09.jpgLe Président Sarkozy a obtenu l’autorisation de l’UE qu’on puisse baisser la TVA dans la restauration. C’est donc une promesse de son prédécesseur J. Chirac qui a été tenue.

Les restaurateurs eux tenaient à ce qu’elle se concrétise, et ils avaient pris l’engagement grâce à cette ristourne fiscale de moderniser leurs établissements et/ou d’embaucher du personnel et /ou d’augmenter le salaire de ceux qui travaillent dans la restauration et /ou de baisser les prix.

L’homme politique qui est suspecté de ne pas toujours (souvent?) tenir ses promesses a été dupé, roulé dans la farine par les restaurateurs. Ils ont multiplié les promesses à défaut de pratiquer la soustraction sur les additions.

Le Sénat agacé par le comportement de cette profession, a tiré un simple coup de semonce, il ne faudrait quand même pas blesser des électeurs traditionnellement classés à droite, et qui s’en souviendraient aux prochaines élections.

Les restaurateurs au passage se montrent de bons praticiens de l’économie. Leur réaction dément les théories simplistes qui trop souvent inspirent nos décideurs. Si les prix baissent, le chiffre d’affaires devrait augmenter ainsi que l’emploi, nous dit la théorie standard. En réalité, quand il s’agit d’un secteur non exposé à la concurrence, on ne va pas manger à New York ou Brasilia si le petit salé est trop cher à Paris, et si tout le monde a tendance à augmenter les prix, le restaurateur fait comme les autres, il augmente ses marges bénéficiaires sans pénaliser sa compétitivité (a).

Résultat les prix qui devaient baisser de près de 10% ont à peine reculé, et cette mesure qui va coûter de 2 à 3 milliards d’euros n’arrive pas à un moment opportun compte-tenu de nos déficits publics.

Chiche, et si le gouvernement remontait la TVA de 5,5 à 19,6%,  les restaurateurs nous confirmeraient qu’ils savent protéger leur gagne pain (en augmetant leurs tarifs) et que décidément, ils sont bien meilleurs en addition qu’en soustraction.

(a) Un économiste dirait que dans le cas présent l’élasticité prix est faible, et la concurrence pourtant nombreuse (on dit, atomisée) ne garantit pas la baisse des prix.


Publié le 29 novembre 2009 par maule64 dans Dessin et Dessein

Episode 20 Une petite place à table pour tout le monde ?

-          Coupe le !

-         Attends, c’est peut-être…

-          Qui ?

Bastien sans donner de précisions, quitta la table pour répondre. Il revint bien dépité à sa place. Il n’avait pas eu une prof d’anglais, mais un collègue de Maths qui lui rappelait qu’une réunion syndicale était prévue le lendemain, et qu’on comptait absolument sur lui.

Il s’était contenté d’un bien prudent « on verra ».  A voir les petits sourires autour de la table, il pensa qu’on avait dû gloser sur ce coup de fil. Mais peut-être imaginait-il des choses ? La première remarque de Ginette lui ôta ses faibles illusions.

-          Pauvre petit, reprend un peu de daube après ce dur week-end.

-          Non merci, se contenta-t-il de répondre, tout en jetant un regard furibard à sa mère.

Son père revint à la charge sans avoir l’air d’y toucher :

-          Qui nous a dérangé durant le repas ?

-          Un collègue pour une réunion.

La brièveté du coup de fil, rendait la réponse crédible. Ginette enchaîna en revenant au sujet initial :

-          Je vais me faire l’avocate du diable.

-          C’est Maurice le diable ?

-          Non, c’est un gentil diablotin. Je reprends donc, tu nous proposes le statu quo. Il n’y a rien à faire, rien à changer ?

-          Je n’ai pas dit cela.

-          Et tous les abus qu’on connaît ?

-          Le diablotin sort de sa boîte, mais précise Maurice.

-          Tous les gaspillages…

-          Tu penses aux immigrés ?

-          Pas du tout, et tu m’énerves avec les immigrés. Non, je pense par exemple à un « bon français » connu comme le loup blanc dans le quartier et qui affirme qu’il ne travaillera pas. Il lui suffit de faire des enfants à sa femme pour toucher les « allocs » comme il dit. Il a déjà 8 ou 9 enfants.

-          Si je comprends bien, il vide ses bourses pour la remplir.

-          Oh Bastien ! Tu n’as pas honte, dit sa mère visiblement réprobatrice.

-          J’avoue que non. Bien sûr qu’il y a des abus. On connaît tous des « « pondeurs ». On trouvera bien ici ou là un Rmiste qui roule dans une belle voiture ; un paresseux qui ne veut pas travailler…

-          Un, c’est un minimum. J’aime t’entendre le reconnaître, car les belles âmes, souvent de gauche, faut bien le dire, ont du mal à admettre ce genre d’évidence.

-          C’est vrai, mais là n’est pas l’essentiel. C’est souvent un prétexte pour culpabiliser les pauvres, les malchanceux de la vie et leur donner le minimum. Cela me fait penser à un célèbre libéral R. Malthus qui au début du XIX ème  disait en utilisant la métaphore du banquet de la nature, que seuls ceux qui pouvaient nourrir leurs enfants pouvaient en avoir, et donc s’attabler (a). Les autres ne devaient pas compter sur des aides. Tant pis si pour retrouver un équilibre entre croissance démographique et croissance des ressources alimentaires, il fallait en passer par des famines et l’élévation de la mortalité d’enfants mal nourris par des parents trop pauvres.

-          Tu nous prends pour des gens sans cœur ? Tu sais pourtant que Maurice et moi savons tendre la main aux plus démunis y compris dans la rue.

-          Je ne vous fais pas de procès d’intention. Toutefois vous qui pouvez aider des personnes plus ou moins anonymes, vous avez l’impression qu’il y a une masse de profiteurs qui détroussent légalement les honnêtes gens comme vous.

-          Il y a de ça.

-          Encore une fois, je ne nie pas les abus mais il ne faut pas s’arrêter à eux. C’est comme « les gens comme il faut » qui pensent que les aides servent à acheter de quoi picoler. On se donne bonne conscience pour pas cher. C’est plus compliqué et plus coûteux quand on est bien intégré dans la société de faire le pari de la générosité et chercher à construire une société plus juste plus égalitaire.

-          Comme dans les pays communistes ?

-          Surtout pas, ne me caricature pas. Il est normal et probablement assez efficace économiquement qu’il y ait des différences et même importantes, mais il est choquant que les inégalités soient si considérables et que la naissance conditionne si fortement l’avenir social des individus.

-          Hou là ! Tu vas nous proposer la révolution.

-          Ce genre de constat a pu surtout dans le passé, mais peut-être encore aujourd’hui  conduire certains à penser que cette extrémité était souhaitable. Personnellement, je ne suis qu’un réformiste ; Chercher à améliorer la société, tel est mon credo.

-          C’est commode pour s’attirer la sympathie des élèves, dit avec perfidie, Maurice.

-          Tu sais pour un élève, un prof réformiste, c’est avant tout un prof. Quant aux autres, ils te taxent à droite de doux rêveur, et la gauche qui flirte avec l’extrême-gauche te qualifie de mou ou de collabo du capitalisme.

-          Mon pauvre chéri.

-          T’en fait pas Maman, j’ai le cuir bien tanné.

-          Tu devrais voter à droite, tu te ferais des amis moins compliqués que tes « gauchos ».

-          Merci Maurice ! C’est vrai qu’à droite on a moins d’états d’âme, mais je vais attendre.

(a) http://www.alternatives-economiques.fr/essai-sur-le-principe-de-population-thomas-robert-malthus_fr_art_222_25313.html


Publié le 25 novembre 2009 par maule64 dans Un feuilleton économique

Grand ou petit emprunt?

Emprunt historique ou emprunt hystérique?

Notre président adore qualifier ses actions d’historiques. Il n’avait pas lésiné sur les moyens en annonçant son idée devant le congrès réuni pour la première fois devant un président de la 5èmeRépublique, son désir de lancer un grand emprunt.

Il avait nommé une commission présidée par 2 anciens premiers ministres pour réfléchir aux investissements qu’il fallait choisir en priorité (voir post précédent 1).

Au total, la grande pompe du président à talonnettes débouche sur un emprunt qui avoisinerait sulement les 35 milliards d’euros (alors que chaque année, l’Etat emprunte des sommes plus importantes), et les priorités définies concernent bien sûr l’éducation, la recherche dont les nanotechnologies.

Tout ça pour ça? a-ton envie de dire , mais le président et ses conseillers qui doivent pester contre le manque d’enthousiasme des commentateurs devant cette opération économique qui est aussi (ou avant tout?) une opération politique, ont trouvé un autre sujet pour faire l’agenda médiatique. Puisque nous pestons, ils ont dû se dire, allons jusqu’au bout, et proposons de transférer au Panthéon les cendres d’A. Camus, l’auteur entre autres de la …peste.

(1) http://lewebpedagogique.com/maule64/2009/07/12/quils-sont-empruntes/


Publié le 22 novembre 2009 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue

Blagues 11 et 12 La liberté fait le mur

Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme et le communisme, c’est exactement le contraire. Blague popularisée par Coluche

On a beaucoup analysé la chute du mur de Berlin à l’occasion de l’anniversaire des 20 ans. On ne prétend pas qu’il n’y a qu’une cause pour l’expliquer, mais revenons sur sa cause économique…russe.

Gorbatchev savait que son économie était à bout  de souffle. Il lui falllait la réformer, c’était la fameuse « perestroïka ». Pour imposer ces réformes mal vues par les bureaucrates de son pays et les privilégiés du régime, il lui fallait pratiquer la « glasnot », la transparence. Autrement dit, libéraliser le régime soviétique, et expliquer que l’URSS n’avait plus les moyens de soutenir les pays satellites (RDA, Hongrie, Pologne etc…) et au besoin  d’intervenir militairement comme à Budapest en 1956 ou à Prague en 1968.

On ne pouvait pas prévoir que le mur allait tomber le 9 Novembre pas même le jeune Sarkozy, mais il y avait de grandes chances qu’il tombe comme un « fruit mûr » (cf Hubert de Védrines conseiller du président Mitterrand).

Le malheur des russes c’est que, non seulement tout ce que leur avaient dit les communistes à propos de l’économie socialiste était faux, mais qu’en plus, tout ce qu’ils leur avaient dit au sujet de l’économie capitaliste était vrai.

La chute du mur a été une étape importante dans la fin du communisme, mais son remplacement par le capitalisme, s’il a fait progresser la liberté a amené aussi le chômage, et la formidable croissance des inégalités. Constats qui ne suffisent pas à condamner ce système, mais qui expliquent aussi pourquoi les perdants de l’Est ont parfois de la nostalgie (l’ »ostalgie ») pour une époque qui nivelait les différences.


Publié le 15 novembre 2009 par maule64 dans Blagues commentées