ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Le coup du chapeau

A l’évidence la majorité se réjouit à l’approche des régionales que H. Proglio ait renoncé à cumuler les rémunérations de PDG d’EDF et de Véolia. Il renonce à 450000€, mais il lui reste 1,6 million d’euros. Cela évitera au porte parole du gouvernement et Ministre de l’Education Nationale (ne doit pas à ce poste  incarner l’honnêteté intellectuelle pour être un bon exemple pour les jeunes?) de faire des contorsions pour essayer de justifier l’injustifiable (a).

 Le Premier Ministre a lui salué cette décision. Chapeau bas alors Mister Proglio? En fait, tel un footballeur, il est  adepte du « hat-trick » ou coup du chapeau. Il a bien sûr un salaire très confortable, il bénéficie ou a dû bénéficier de stock options et on apprend que Véolia a provisionné une substancielle retraite chapeau pour 13 millions d’euros soit 700000€ chaque année quand il le voudra

. Tous ces grands patrons qui reprochent aux salariés et au marché du travail de manquer de flexibilité ne donnent pas l’exemple en se faisant octroyer par leurs conseils d’administrations de hauts salaires, divers avantages et en plus d’indécentes retraites comme si leur avenir était menacé.

Avoir plusieurs casquettes, vous met à l’abri du besoin. Qui porte le chapeau? le précaire, le mal loti dans notre implacable économie. On connaît le RSA, mais il faudrait peut-être réfléchir au RMA (revenu maximum admissible) (b) ?

Le peuple français par le passé a coupé des têtes. Dans une démocratie adulte, on se contenterait d’ étêter les hauts revenus!

  (a)  http://www.liberation.fr/politiques/0101614997-salaire-de-proglio-quand-chatel-cumulait-les-bobards

 (b) http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/01/18/et-si-on-prenait-un-peu-aux-riches%e2%80%a6-suite/


Publié le 24 janvier 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue

Micro crédit, macro espoir ou défi?

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 Esther Duflo jeune économiste en vue, elle a pu faire un cours au prestigieux au Collège de France (chaire « savoirs contre pauvreté »), nous explique dans une très intéressante tribune dans le Monde (1) qu’il faut éviter les jugements péremptoires et les enthousiasmes excessifs sur ce sujet comme sur d’autres (par exemple la flexicurité).

Le micro crédit  défendu par M Yunus qui a reçu un « prix Nobel » en 2006 (2) est une idée intéressante; elle aide des ménages et des micro entrpreneurs à obtenir de petits crédits. L’éco..nnerie consisterait à dire que cette idée originale leur permet de sortir de la misère.  Ce n’est pas l’assurance tout risque pour sortir de la misère, c’est au moins un coin de parapluie offert à ceux qui souffrent.

E. Duflo ne nie pas que des effets pervers puissent exister. Prêts courts, taux parfois assez élevés, dépendance vis à vis de prêteurs, mais une autre éco…nerie consisterait à affirmer que le micro crédit serait presque pire que le mal. Dans un article de Télérama, elle explique qu’elle fait partie de ces chercheurs qui expérimentent, veulent tester sur le terrain des solutions, et ne se contentent pas de modèles théoriques , formels, séduisants intellectuellement mais décevants quand on les applique (cf son interview dans Télérama du 16 au 22 Janvier 2010).

l’ONG qu’elle a créée J-Pal, grâce au MIT, défend une conception très pragmatique de l’économie. Elle ne croit pas au grand soir, elle veut aider à ce que les populations soient mieux nourries, mieux éduquées, et en meilleure santé.

Le micro crédit n’apportera pas un soleil radieux sur la tête de ceux qui en bénéficient, ce n’est pas le parapluie miraculeux, mais une protection qui peut être utile couplée avec l’aide des ONG, et des poltiques publiques efficaces.

 

(1)http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/11/microcredit-miracle-ou-desastre-par-esther-duflo_1290110_3232.html

(2) L’activité de microcrédit consiste généralement en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Le microcrédit se développe surtout dans les pays en développement, où il permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l’activité et la création de richesse mais se pratique aussi bien dans les pays développés ou en transition.

Les Nations unies ont décrété 2005 l’Année internationale du microcrédit. Le microcrédit s’inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d’autres outils financiers tels que l’épargne, la micro-assurance et d’autres produits qui forment la microfinance.

Le 13 octobre 2006, la mise en place et le développement à grande échelle de ce système ont été récompensés par le prix Nobel de la paix attribué conjointement au Bangladeshi Muhammad Yunus et à la banque qu’il a créée, la Grameen Bank.   source Wikipedia


Publié le 17 janvier 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue

Prime et déprime

ITURRIA vend 5 dece 08

Le marché automobile français a connu une année exceptionnelle malgré la crise. Il faut y voir là  le résultat des offres promotionnelles des constructeurs cumulables bien sûr, avec la prime à la casse (1).

Cette prime en 2009 était certainement utile dans le contexte de crise que nous connaissions. Prime, mais petite déprime quand on constate que bien des voitures vendues sont de « petits »modèles fabriqués dans des pays à bas coûts de production. L’emploi français n’aura que très partiellement bénéficié de cette aide gouvernementale. Beaucoup d’experts avancent qu’il y a des capacités de surproduction automobile en Europe et que cette aide temporaire (la prime devient dégressive, désormais 700€) ne prépare guère l’évolution de notre production automobile qui devrait s’orienter vers des modèles moins incompatibles avec l’écologie.

La déprime est plus grande si on se souvient de ce qu’on nous disait de cette crise, « inadmissible », elle ne devait plus se reproduire; « les banques devaient être contrôlées » etc….. Iturria a pris  nos gouvernants au pied de la lettre, en Décembre 2008, en montrant qu’il était temps non pas de mettre un terme au capitalisme, mais de se débarasser de ce capitalisme financier qui a provoqué le choc de la crise des subprimes. Que constate-t-on aujourd’hui? Les banques ont renoué avec les profits, mais grâce surtout à leurs activités sur les marchés financiers (140 sur 180milliards de profits), alors que leur activité normale (prêts aux particuliers et entreprises) leur rapporte peu, parce qu’il est vrai aussi qu’elles accordent avec parcimonie des crédits (ce que dénonce régulièrement l’AFUB 2).

La moralisation du capitalisme, fait sourire jaune, on n’ ycroyait guère (3), mais on espérait au moins qu’on avancerait dans l’encadrement de l’action des banques (cf règles prudentielles plus exigeantes) et que la lutte contre les paradis fiscaux serait plus énergique. Manifestement, si on avance, c’est à  bien petits pas.

Le capitalisme financier est un véhicule fortement cabossé en 2008, mais qui a su faire payer ses réparations à la collectivité (via les fonds public), et qui ne supporte pas que les Etats se mettent au volant ou à côté pour lui indiquer une conduite moins risquée pour la collectivité. Ses chauds partisans doivent même penser que ce véhicule « extraordinaire » n’a pas besoin de conducteur et que la fameuse main invisible est plus souhaitable….ce qui nous conduira à de nouvelles embardées ou carrément à de sévères sorties de route.

 

 

 

(1) http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/12/28/2009-une-bonne-annee-pour-le-marche-automobile-francais_1285546_3234.htmln

(2) http://www.afub.org/

(3) http://lewebpedagogique.com/maule64/2009/04/08/la-refondation-du-capitalisme-tout-changer-pour-ne-rien-changer/


Publié le 10 janvier 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein

Auto ne rime toujours pas avec géo

Le post du 25 Janvier 2009 reste toujours d’actualité.   

 

 Qui n’a pas été surpris de constater que le PARIS DAKAR arrivait en Argentine? Sûrement pas ce lecteur de Télérama, consterné par cette liberté prise avec la géo. Le lecteur de Télérama se consterne vite quand on malmène la culture qu’il défend. Il  craignait également  que bientôt on associe Beethoven à un chien, et Donatello à une tortue Ninja.

Il est vrai que la géo n’a pas pesé bien lourd devant l’éco. La marque, le logo sont désormais les plus importants sous nos latitudes mercantiles.

Pour terminer ne soyons pas trop pessimistes. Espérons que les beaux paysages entrevus donneront envie aux télespectateurs déboussolés de mieux connaître ce continent, et faisons confiance aux enseignants pour  quand les droits télés auront été empochés,  rétablir les droits de la géo.

Prolongement:

Comme la plupart des medias, France 2 s’est lamentée devant les piètres résultats du sommet de Copenhague. La chaîne a verdi sa ligne éditoriale. N’est-il pas surprenant alors qu’elle fasse autant la promotion de ce raid dont on ne voit pas bien comment le justifier écologiquement.

Passons sur le fait qu’on continue à malmener la géographie puisque c’est bon pour le commerce. Il y a peu d’événements en Janvier. Quoi de plus exotique que ces images d’un autre continent, et en plus , cette compétition apporte son lot de souffrances et de drames humains. Bien sûr, on ne peut plus dire que la compétition a le (supposé) mérite d’apporter des capitaux à l’Afrique et d’attirer l’attention sur son sort.

Peut-être que G Holtz arrivera à se convaincre qu’alors que l’Europe a froid, il peut lui témoigner d’un certain réchauffement  dans les contrées qu’il traverse, et tant pis, si c’est l’été austral. Le commerce aura réconcilié L’écologie perdante à Copenhague et le show biz.

 


Publié le 6 janvier 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein

Episode 21 La recette du RSA

 

-          Et le RSA, qu’est-ce que tu en penses Bastien ?

-          Bonne question… qui m’embarrasse.

-          C’est quoi au fait le RSA, fiston ?

-          Eh bien Papa, c’est le revenu de solidarité active. Tu sais qu’en 1988, la gauche avec Rocard comme Premier Ministre a créé le RMI (revenu minimum d’insertion). L’originalité devait être plus le I d’insertion que le M de revenu minimum. Mais si le RMI n’a pas beaucoup aidé les bénéficiaires à se réinsérer, il leur a au moins donné un revenu minimal.

-          Ceci dit, il n’est pas facile de vivre avec le RMI ( moins de 500€) même majoré quand il y a des enfants à charge.

-          Je suis content que tu le dises Ginette. Que faire alors ?

-          Encore augmenter les impôts pour hausser son montant ?

-          C’était effectivement tentant Maurice. Pourtant la gauche ne l’a pas fait.

-          Franchement, je suis surpris. Elle a manqué de générosité, reprit avec ironie, le cousin.

-          Ta réaction prouve que c’était politiquement difficile. Les classes moyennes estiment que leur sort se dégrade, et que quand on aide les plus démunis, ce sont eux qui trinquent. Sentiment partagé par des électeurs de droite, mais aussi de gauche. D’autre part,  bien des experts ont déconseillé d’adopter une forte hausse des minima sociaux. Ils estiment qu’un dispositif trop généreux de type RMI peut conduire à une trappe à inactivité, d’autres estiment qu’il est carrément un facteur de chômage.

L’auditoire semblait un peu perdu ; finalement le père de Bastien brisa le silence par un autoritaire :

-          Explique !

-          Si un individu doit choisir entre un revenu minimum versé par la société et un emploi faiblement rémunéré auquel il doit retirer les frais de transport plus des frais de garde d’enfants, il risque de préférer rester à la maison.

-          Tu m’étonnes, dit Maurice qui pensait que cela illustrait complètement ce qu’il pensait.

Bastien reprit aussitôt la parole.

-          Attention, les études ont montré que beaucoup de « rmistes » voulaient vraiment travailler. Le travail est plus qu’une source de revenus, c’est aussi un puissant facteur d’intégration sociale. Mais je n’insiste pas cela nous amènerait vers de longs développements sociologiques.

-          J’ai loupé un épisode ? Je demandais simplement ce qu’est le RSA.

-          J’y viens Papa. Tu sais que la gauche n’a pas réussi à régler le problème du chômage malgré les 35 heures lancées par Jospin en 97.

Sans reprendre son souffle, Bastien crut bon d’ajouter :

-          Je préviens de suite, je n’ai pas le temps d’en parler maintenant…

-          Ne refuse pas de répondre aux questions qu’on ne te pose pas, et réponds à la mienne !

-          La droite est revenue au pouvoir en 2002, et comme vous le savez, vu vos mines réjouies, les élections de 2007 l’ont laissé au pouvoir…

-          Brillamment, ne put s’empêcher d’ajouter Maurice, l’électeur satisfait.

-          Depuis quelques années et a priori encore plus à l’avenir, elle préconise un traitement libéral du chômage. J’en parlerai d’ailleurs à mes terminales cet après-midi, mais vous vous en fichez.

-          Oui, mais sois objectif en le présentant.

-          Ok

-          Encore ce « OK » !

-          Papa ! Laisse moi finir où je n’y arriverai pas.

-          Vas-y.

-          La pauvreté demeure un échec de nos sociétés. Le risque des trappes à inactivité existe bel et bien. L’idée portée par des experts de différents bords, et je pense ici en particulier à l’ex-président d’Emmaüs, Martin Hirsch, est de dépasser les clivages habituels et de prendre des mesures concrètes pour améliorer le sort des plus démunis.

-          Sois plus précis !

-          J’y viens, mais on m’interrompt tout le temps. Il s’agit de permettre à des chômeurs de cumuler leurs aides sociales, comme le RMI, avec un revenu d’activité correspondant à un travail à durée déterminée. Ainsi, on sort d’une situation binaire, emploi ou chômage plus ou moins indemnisé, à aides + petit revenu pour ceux qui retrouvent partiellement le chemin du marché du travail.

-          C’est très bien comme système. N’est-ce pas mon neveu ?

A suivre : le RSA   2ème  partie


Publié le 3 janvier 2010 par maule64 dans Un feuilleton économique

Suggestions de lectures

Mise à jour le     18  Décembre   2010

       . « Rien ne va plus » Dernier recueil des dessins  de Michel ITURRIA  15€

aux éditions Sud-Ouest (dessins 2009/2010)

   Un excellent numéro du dessous des cartes sur la mesure de la richesse (PIB) sur  

 l’intérêt de l’IDH, sur les inégalités PED PMA etc…et sur la représentation du poids des pays.

 videos.arte.tv/fr/videos/le_dessous_des_cartes-3536348.html

  • Comment ne pas commencer par le recueil annuel de Michel ITURRIA, intitulé cette année « un temps de cochon » ? Dans ce blog, avec l’autorisation de l’auteur, vous avez vu commentés un certain nombre de dessins, mais suivant le vieil adage, tout est bon dans le cochon, je vous invite à vous procurer ce recueil.

 

« Un temps de cochon » Dessins 2008 / 2009     15€  http://boutique.sudouest.com/product.php?id_product=113&add=1&qty=1&domaine=http://www.sudouest.com&cle=0&returnurl=%2Faccueil%2Fle-kiosque.html

  • Plantu n’a pas besoin de ma pub, mais plusieurs dessins savoureux se trouvent dans son dernier recueil, même si j’ai la nostalgie d’un temps ou Plantu était plus en forme ; il utilisait moins la couleur, et surtout ses dessins étaient moins chargés, avec moins de texte.

 

« Bas les masques »  17 €   http://www.amazon.fr/Bas-masques-Plantu/dp/2021004112/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1262531167&sr=8-1

  • J’ai un faible aussi pour l’ouvrage de PH frémeaux, les mots de la crise. On retrouve la pédagogie et l’efficacité de l’auteur ; textes illustrés par un vieux complice d’Alter Eco, G Matthieu.

      « Les mots de la crise » 12€  http://www.alternatives-economiques.fr/petit-dictionnaire-des-mots-de-la-crise–reduction-de-5—_fr_pub_863_liv.html

       .    Un excellent dossier multimedia d’Alternatives économiques sur la crise grecque, ses liens avec l’Euro, la spéculation, l’attitude allemande etc….

http://www.alternatives-economiques.fr/dossier-multimedia—tempete-sur-la-zone-euro_fr_art_633_48799.html


Publié le 3 janvier 2010 par maule64 dans Suggestions de lectures