ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Faut pas « Poucet »

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Les chiffres du chômage (1) en ce début d’année 2010 sont mauvais et ne devraient pas s’amèliorer avant quelques mois. Le taux de chômage avoisine les 10% de la population active et il y a plus de 2,6 millions de chômeurs; estimation basse puisqu’elle ne repose que sur une catégorie (catégorie A) des demandeurs d’emplois, inscrits au pôle emploi (ex ANPE qui a fusionné avec les ASSEDIC) [4].

 Tout le monde est touché, mais c’est particulièrement vrai des + de 50 ans  et des jeunes. G Matthieu exagère bien sûr en nous disant qu’il ne reste plus qu’à perdre en forêt les jeunes chômeurs. Faut quand même pas pousser et rejouer le petit Poucet, encore que bien des chômeurs sont qualifiés sans ménagement dans la terminologie administrative de « fin de droits »… pas de vivre, mais de toucher des indemnités. On annonce un million de « fin de droit » dont 400000 n’auraient plus d’aide publique, mais l’Etat souhaite débloquer des fonds pour eux (2).

Il est sûrement temps de s’interroger sur nos capacités de solidarité avec tous les précaires et les chômeurs. On voit mal comment on pourra échapper à des prélèvements plus importants.

N’oublions pas que durant l’année 2010, gouvernement et partenaires sociaux doivent revenir sur le financement des retraites (3). Question qui s’engage mal pour tous ceux qui peinent sur le marché du travail car comment peuvent-ils espérer un jour une retraite décente si pendant de longs trimestres, ils n’ont pas ou quasiment pas cotisé?

 

Enfin, si on file la métaphore du petit Poucet, on se souvient que l’histoire finit bien, mais qu’il a fallu faire des misères à l’ogre et le dépouiller de son argent. Mais qui dans notre comparaison est l’ogre?

A chacun de faire preuve d’imagination…….

(1) http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41851956@7-37,0.html

 (2) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=3&ved=0CA4QFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.clicanoo.com%2Findex.php%3Fid_article%3D237741%26page%3Darticle&rct=j&q=fin+de+droits+en+france&ei=SCeKS4iVH9WJ4QbR1aCeDw&usg=AFQjCNFNZQh_KNHlwqrBSGDEJ76T0HRSRA

(3) Les retraites feront l’objet des 3 prochains épisodes du « feuilleton économique »http://lewebpedagogique.com/maule64/un-feuilleton-economique/

(4)  Iturria inspiré par les JO de Vancouver

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Publié le 28 février 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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Déficits publics : le tonneau des Danaïdes(1) ?

 

 

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La mythologie grecque a le vent en poupe. Au cinéma, « Percy Jackson, le voleur de foudre » fait découvrir ou redécouvrir aux spectateurs quelques uns des personnages et mythes grecs. Les observateurs du FMI ou de l’UE quant à eux, sont confrontés à une réalité (financière) grecque qui les surprend. La Grèce a des difficultés financières comme beaucoup de pays, mais alors qu’on pensait que le déficit public avoisinait les 3% du PIB, il a bondi spectaculairement à 12%, quand le gouvernement récemment élu de M. Papandréou a établi le véritable déficit.

L’expert du dessin découvre que la comptabilité grecque a dû garder le charme du temps jadis, où dans les contes et poèmes, on rencontre de drôles de créatures bien éloignées de la réalité. Les responsables cette fois-ci des… comptes, donc des finances publiques eux aussi ont pris des libertés avec la réalité… économique.

 

Il ne faut pas encourager ces pratiques qui risquent si elles se généralisaient de fragiliser l’euro et l’Europe. Néanmoins, si Iturria s’amuse à représenter un centaure, un satyre, un minotaure, et même s’il est réprobateur, il n’ira pas jusqu’à assimiler ce pays à un porc, un « PIG », contrairement à des commentateurs anglo-saxons (cf post précédent [a]).

 

Revenons sur ces déficits publics qui touchent tous les pays, et la France en particulier. On pourrait être tenté de l’assimiler au tonneau des danaïdes (b). c’est-à-dire un tonneau sans fond que les contribuables seraient condamnés à remplir sans espoir d’y parvenir.

 

On peut considérer qu’il y a 4 moyens de lutter contre les déficits. Passons rapidement sur l’inflation qui allège les dettes, mais elle peut devenir une drogue nécessitant des doses de plus en plus fortes ; le remède risque d’être pire que le mal. Elle a pu séduire jusqu’au début des années 80, mais on sait qu’elle a été ensuite combattue énergiquement, et on voit mal les gouvernements y recourir à court ou moyen terme (c).

 

Si on revient à notre tonneau, la solution qui paraît la plus logique est de freiner l’écoulement de l’eau, donc de limiter les fuites. Autrement dit, il s’agit de réduire les dépenses publiques. Mais comment faire ? Va-t-on réduire le nombre de fonctionnaires, et lesquels ? Peut-on diminuer les aides et les actions de l’Etat surtout quand les effets de la crise se font encore durement sentir ?

 

Il semble également logique de remplir plus énergiquement le tonneau (en haussant impôts et taxes), mais le Président et son gouvernement ont débuté leur action en réduisant les impôts notamment des plus aisés en instaurant le fameux bouclier fiscal. Ils ne souhaitent pas revenir sur un dispositif auquel tient le cœur de leur électorat.

 

La 4ème voie à laquelle s’accroche le gouvernement, c’est la croissance économique. Si elle est plus forte, mécaniquement les rentrées fiscales augmentent puisque en ne modifiant pas les taux d’imposition, on voit les recettes fiscales s’accroître (on dit que l’assiette fiscale augmente [d]). Le problème, c’est que la croissance ne se décrète pas et dans le contexte mondial actuel, rien ne garantit qu’elle soit au rendez-vous, sans compter que croissance et développement durable ne sont pas aisément compatibles.

 

En résumé, au-delà des égarements grecs, on ne peut sous-estimer les difficultés d’autres pays de la zone euro, dont la France. Le problème c’est que nous n’avons aucune solution simple, et que des sacrifices seront certainement demandés au français fin 2010 et en 2011 rare période non électorale, reste à savoir s’ils seront équitablement répartis.

 

(1)  Merci à Bastien GARCIA pour ses éclairages sur la mythologie.

 

(a) http://lewebpedagogique.com/maule64/2010/02/10/la-chasse-aux-cochons/

(b) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CAkQFjAA&url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FDana%25C3%25AFdes&rct=j&q=tonneau+des+dana%C3%AFdes&ei=nk2BS73cPM604Qa2743rBg&usg=AFQjCNHUBaRlzezfY_9W_FpEJNWpaZ6Q1A

(c)http://lewebpedagogique.com/maule64/2008/10/30/episode-7-l%e2%80%99inflation-l%e2%80%99ennemie-numero-1-mise-a-prix/ et les autres épisodes du chapitre 3 du feuilleton.

(d) Si je prélève 40% sur 10 millions, cela rapporte 4 millions. Si  la somme (ou assiette fiscale) sur laquelle je vais prélever toujours 40%, passe grâce à la croissance, à 11 millions, je vais récupérer cette fois 4, 4 millions sans modifier le taux de prélèvement.


Publié le 22 février 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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Episode 22 Comment va-t-on digérer le RSA ?

-          Honnêtement, je suis embarrassé pour répondre. D’un côté, on stimule les individus, on rassure les contribuables en leur montrant que les aidés doivent aussi faire des efforts, on aide les entreprises à trouver de la main d’œuvre pas trop chère et flexible…

-          Mais comme c’est la droite qui prend  une initiative heureuse, ça n’ira pas bien ; il y aura bien un mais.

-          Bien sûr qu’il y a un mais. De la sorte ne crée-t-on pas des trappes à pauvreté ?

-          Allons bon !  Encore une trappe. C’est une vraie chausse-trappe ton histoire.

-          Je ne te le fais pas dire Maurice. A gauche, on craint de fournir une main d’œuvre trop bon marché aux entreprises. Ces personnes peu qualifiées seraient condamnées à terme à vivoter dans une société de plus en plus duale, ou coupée en deux si vous voulez. Et au-dessus d’elle celles qui sont un peu mieux armées verraient s’exercer sur elles une pression à la baisse de leurs salaires du fait de la concurrence de ces « nouveaux » salariés.

-          Faut rien faire alors ? demanda une Ginette excédée.

-          Disons que rien n’est simple. Il y a d’un côté la droite qui comme souvent propose des mesures simples et parfois simplistes comme pour la sécurité et qui peuvent donner d’assez bons résultats à court terme, et il y a la gauche qui craint que ces mesures qui semblent relever du bon sens n’aient des conséquences négatives à moyen terme…

-          Comme quoi ?

-          L’apparition d’une société à deux vitesses; on pourrait voir une société morcelée, d’exclusion, de ghettos y compris parfois de riches, comme on le voit dans certaines villes américaines ; je fais allusion aux quartiers pour les riches avec police privée.

-          Efficacité de la droite contre bons sentiments de la gauche ! Dit avec solennité Maurice.

-          C’est bien trop réducteur, mais pas totalement faux.

-          Et tu arrives à expliquer tout ça à tes élèves ?

-          J’essaye, et parfois j’aimerais y voir un peu plus clair moi-même.

-          Tu ne regrettes pas d’avoir choisi l’éco ?

-          Et j’aurai été prof de quoi ?

-          D’anglais, peut-être ?

-          Maman, arrête, dit lassé Bastien qui ne s’attendait pas à ce coup bas. Il ajouta : Ah le portable !

-          Tiens, j’entends rien.

Sa mère avait compris le stratagème. En le rejoignant à la cuisine, elle lui demanda :

-          C’est quoi ce coup de fil bidon ?

-          J’avais besoin de souffler un peu.

-          Ca se passe bien, sinon ?

Bastien se crut obligé de concéder un petit oui. Il ajouta :

-          A ce rythme là, je n’aurai pas le temps de boire le café.

-          Ce n’est pas grave. Le café est un excitant, tous les magazines te le diront, tu as besoin de sucres lents comme les…

-          Patates.

-          Exactement ! Dépêche-toi d’y retourner, je crois qu’ils veulent te parler des retraites.

-          Rien que ça ! Soit, allons y.

Retour dans la salle à manger d’un prof d’éco qui commence à ressentir les effets d’une longue semaine qui n’a pourtant débuté que depuis quelques heures.


Publié le 12 février 2010 par maule64 dans Un feuilleton économique

La chasse aux cochons

  Les anglo-saxons ont cru bon de désigner par P.I.G.S , le Portugal, l’Irlande (aujourd’hui plutôt l’Italie), la Grèce et l’ Espagne (Spain), des pays qui ont des difficultés financières.

L’image n’est guère flatteuse, a-t-on envie de la compagnie des cochons ne sont-ils pas sales, mal élevés?

Au moins ,l’autre façon de les désigner, à savoir « le club- med, était aussi condescendante mais plus légère, plus ensoleillée.

Donner l’Euro à ces pays, était-ce donner de la confiture aux cochons?

En réalité, leurs déficits et dettes ne sont pas plus impressionnants que ceux du Roaume -Uni et des Etats-Unis.

Que se passe-t-il alors?

Les spéculateurs, encouragés (maladroitement?) par les déclarations de la BCE (banque centrale européenne qui n’est pas sûre d’aider la Grèce à se refinancer dans quelques mois) parient sur le retrait de la Grèce de l ‘Euro. La BCE a sonné l’hallali selon Daniel Cohen (1).

Retenons deux leçons de cet épisode:

- La mauvaise graisse (les bulles spéculatives) de nos économies est générée par les marchés financiers. Une nouvelle fois, les intervenants sur ces marchés (fonds spéculatifs, mais aussi banques) se fichent  bien de l’économie réelle et des  êtres humains qui la composent; leur objectif est de remplir  leur tire-lire qui n’a pas la forme d’un cochon, mais de gros comptes.

 

- Décidément, il ne suffit pas de dire qu’on va refonder le capitalisme (2), qu’on va le moraliser pour que les choses changent. La tâche n’est pas aisée, mais c’est aux hommes politiques de dépasser le stade du discours, pour commencer à faire adopter des règles contraignantes.

 Suite le 12 /02/2010

Les comparaisons se suivent et ne sont guère plus flatteuses pour nos amis grecs, désormais comparés à un poivrot…

Selon la chancellerie, on « peut imaginer différentes voies pour contourner » cet interdit. Mais le député libéral (FDP) Frank Schäffler a exhorté le gouvernement à prendre cette expertise au sérieux : « On n’aide pas un alcoolique en lui donnant encore une nouvelle bouteille d’eau-de-vie. » cité par  LE MONDE

 

(1) http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/

 

(2) http://lewebpedagogique.com/maule64/2009/04/08/la-refondation-du-capitalisme-tout-changer-pour-ne-rien-changer/


Publié le 10 février 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue