ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

La taxe carbone guillotinée

 Qui a dit:  « La taxe carbone, je l’ai signée, je la fais, c’est une question d’honnêteté» (1) ?

Réponse : Nicolas Sarkozy, en septembre 2009 à Artemare (Ain).

Se pourrait-il que la même personne ait affirmé que cette décision était un « événement historique » comparable à la décolonisation ou encore à l’abolition de la peine de mort?

On retrouve la fâcheuse tendance de notre président à survendre ses projets. Résultat quand ils sont abandonnés, c’est un coup dur pour leur promoteur pour celui qui lui a porté le coup …de grâce.

Sur le fond, l’idée d’une fiscalité verte semblait aller dans le bon sens. Au-delà du débat sur l’ampleur du réchauffement, il semble souhaitable de freiner l’émission de gaz à effet de serre. Néanmoins, il était clair que le dispositif retenu ne changerait pas les comportements rapidement. A 17 € euros la tonne, il ne pouvait en être autrement (la commission Rocard avait proposé 32€ la tonne pour arriver progressivement à 100€). Et comme en plus, le système retenu pour limiter les gaz était lui même une usine à… gaz, exonérant beaucoup de pollueurs, le conseil constitutionnel ne pouvait que logiquement retoquer cette loi fin Décembre 2009.

De nouvelles promesses nous garantissaient qu’une nouvelle loi entrerait en vigueur le 1 Juillet 2010, mais les élections régionales ont malmené l’UMP. Le président a donc été poussé par sa majorité à se recentrer sur les fondammentaux de la droite. Inutile pour elle, de trop s’aventurer sur le terrain de l’écologie qui lui a peu ou pas rapporté de voix.

Finalement, à défaut de lui faire perdre la tête, la taxe lui ayant fait perdre trop de voix d’agriculteurs, de patrons etc…, le président a trucidé, guillotiné sa mesure dont il nous assurait qu’elle  était aussi importante que l’abolition de la peine de mort. Elle a surtout eu droit à un enterrement de première classe.

Vous trouverez ici le premier billet consacré à cette taxe.

http://lewebpedagogique.com/maule64/2009/09/16/la-taxe-cartonne/

 

 (1) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=4&ved=0CBIQFjAD&url=http%3A%2F%2Fwww.liberation.fr%2Fpolitiques%2F0101590073-sarkozy-precise-les-contours-de-la-taxe-carbone&rct=j&q=taxe+carbone%2Bhistorique%2Bsarkozy&ei=chypS8PUOonR4ga00q2YAQ&usg=AFQjCNFlhMI45-MLqDcVar9Z-_xF0v5CnQ


Publié le 25 mars 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue
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Episode 23 Comment continuer à servir des retraites à tous ?

-          Il paraît que vous voulez parler des retraites ?

-          Bien sûr, tant qu’on te tient, on ne va pas te lâcher. Bien entendu, c’est pas bien ce qu’ a fait le gouvernement Raffarin en 2003, et que Fillon et Sarkozy veulent entreprendre en 2010 ?

-          Raffarin a eu au moins le mérite de faire quelque chose alors que depuis une quinzaine d’années, les gouvernements se contentaient de retarder les échéances.

-          Sauf en 1993, avec Balladur. Il faut bien la droite pour agir.

-          Il y a quand même une différence entre reconnaître du mérite à ceux qui décident de réformer et affirmer que leur réforme est juste et inévitable.

-          Attends, on sait bien qu’il n’y avait pas d’autres alternatives.

-          Il y a toujours des alternatives…

-          Crédibles ?

-          Plus ou moins.

-          Arrête ! Tous les experts et même des gens de gauche, ainsi que la CFDT ont approuvé cette réforme en 2003.

-          Certes, mais le zèle mis par certains m’a surpris. C’est quand même une forte régression sociale. Pourquoi cette centrale a-t-elle brisé l’unité syndicale qui était apparue ? Pourquoi des hommes politiques sur le déclin ont-ils soutenu des projets réclamés par le MEDEF ?

-          Peut-être parce que ce sont des personnes responsables, et même s’il y a eu des arrière-pensées, cela est anecdotique au regard des évolutions démographiques bien connues.

-          C’est vrai qu’on a donné beaucoup d’informations aux français. Ceci dit, à partir de constats assez proches par exemple sur le vieillissement de la population, les analyses divergeaient. Il est vrai que certains voulaient défendre coûte que coûte leurs acquis sociaux, alors que d’autres voulaient des mesures satisfaisant leur électorat.

-          Soyons concret Bastien. Par exemple, fallait-il augmenter la durée de cotisations des fonctionnaires ?

-          Beaucoup dans la rue, dans les manifs, affirmaient que ce n’était pas une fatalité.

-          Mouille-toi et réponds. Allez réponds.

-          D’accord, mais ne me parle pas sur ce ton, cela me rappelle  quelqu’un qui m’a agacé  à midi. Et puis, avant de répondre je veux qu’on situe bien le problème.

-          Ok, comme tu dis. Par quoi vas-tu commencer ?

-          Vous savez tous que nous sommes dans un système par répartition.

-          Oui, il y a ceux qui cotisent…

-          Les actifs. Ils cotisent pour payer la pension de retraite des anciens actifs. En espérant que le jour venu quand ils seront à la retraite, il y aura assez d’actifs pour financer leur propre retraite.

-          Donc si la population vieillit, il y aura moins de ressources pour financer plus de retraités. Que fait-on alors Bastien, à part descendre dans la rue ?

-          D’abord, il y a un levier en partie sous-estimé. Je fais allusion à la croissance créatrice d’emplois. Si on sait redynamiser l’économie, si elle est plus prospère, il y aura plus de cotisants et moins de problèmes de financement. La gauche estime qu’une autre politique économique est possible pour soutenir la croissance et l’emploi.

-          Je suis pas très convaincu,et les français n’ont plus qui ont redonné les pleins pouvoirs à la droite en 2007. La droite elle-même me semble faire des prévisions assez optimistes dans ce domaine. Pas de nouveaux efforts , alors ?

-          C’est vrai que ce n’est pas la solution miracle. On peut demander davantage aux actifs.

-          On l’a souvent fait.

-          Exact, il paraît donc difficile d’aller beaucoup plus loin dans cette voie., tout bonnement parce que les actifs refuseraient de consentir de gros efforts financiers pour payer les retraites. Il faut chercher d’autres pistes. On peut donner moins aux retraités. C’est d’ailleurs ce qu’on a commencé à faire avec Balladur en 93 ; le mode de calcul des pensions est moins avantageux que par le passé. On peut aussi coupler les deux : demander un peu plus et donner un peu moins.

-          J’aurai dû m’en douter, mais explique moi.

-          En faisant passer la durée de cotisations de 37,5 annuités à 40, puis à 41 en 2008 et ensuite à 42 ou plus, on conduit les actifs à le rester plus longtemps, à cotiser plus longtemps, d’autant que s’il leur manque des annuités, ils seront pénalisés par un système de décote plus contraignant qu’avant.

-          C’est le secteur privé qui jusqu’à présent a été plus pénalisé que le secteur public.

-          Je ne le conteste pas Maurice. Avec ces nouvelles dispositions, on peut imaginer que pas mal d’actifs, usés par leur travail prendront leur retraite même sans avoir les annuités requises puisqu’on peut toujours partir à la retraite à partir de 60 ans. De ce fait, ils auront cotisé plus longtemps que leurs prédécesseurs, mais ils recevront moins. Et je ne parle pas  de ceux qui pour différentes raisons seront loin des annuités demandées ; je pense aux chômeurs, aux femmes ayant élevé leurs enfants, etc.. Pour toutes ces personnes, les pensions seront bien faibles.

-          N’empêche qu’ainsi, on sauve le système par répartition auquel tu dois être très attaché.


Publié le 21 mars 2010 par maule64 dans Un feuilleton économique

La retraite un sujet épineux

RETRAITE

Raphaëlle (1) nous montre avec talent que la question des retraites est un sujet épineux.

Pendant longtemps, c’est avec une canne blanche que nous l’avons abordée. Nous ne voulions pas voir que les difficultés de financement seraient redoutables alors qu’au début des années 80 la France du président Mitterrand, a abaissé l’âge de la retraite de 65 à 60 ans.

Pourtant, on sait bien que l’espérance de vie a considérablement augmenté:  de 60 à 80 ans entre 1950 et aujourd’hui; l’INSEE estime qu’en 2050, un français sur 3 pourrait avoir plus de 60 ans contre un sur cinq aujourd’hui.

La Gauche est bien prudente sur le sujet. Rocard premier ministre de 1988 à 1991, avait prévenu que ce dossier explosif pourrait faire sauter plusieurs gouvernements.

La droite a elle, été plus aventureuse sur la question. Balladur a rallongé la durée de cotisation pour le privé dès 1993  (elle est passée de 37,5 à 40 annuités)et Raffarin l’a fait pour le public en 2003.  La droite affirme qu’elle a sauvé le régime français de retraite, mais elle doit reprendre une nouvelle fois le dossier en 2010. Notre régime de retraite n’est pas guéri et ce sont plutôt des béquilles qu’on lui donne ; les usagers modestes notamment voyant leur situation se dégrader.

Le sujet est très complexe. On peut imaginer  trois types de scénario; d’abord celui du conservatisme idéologique:

La gauche espère que par une politique volontariste, elle crééra plus de richesses qui permettront de financer la retraite, mais que ferons -nous si les européens ne nous suivent pas? Et d’autre part, beaucoup d’experts inquiets pour le développement durable, ne voient pas d’un bon oeil une solution passant toujours par plus de croissance (2).

La droite, elle voudrait minimiser la solidarité collective et encourager les futurs retraités à préparer individuellement leur retraite, grâce à leur épargne. Ce sera compliqué et en fait injuste, pour ceux qui ont connu le chômage et ont perçu ou perçoivent de faibles revenus.

Un scénario de sortie par le haut tenant compte de la pénibilté du travail, d’une croissance moins matérielle, et d’une répartition des efforts n’est pas impossible, mais est à inventer: gros chantier!

On peut craindre alors que ne s’impose le scénario du statu quo.

La gauche ne faisant pas grand chose et espérant sans le dire que la droite prenne les mesures les plus impopulaires. La droite elle, laisserait se creuser les déficits rendant incontournable sa vision de retraites à la carte creusant les inégalités. Et puis, si on laisse trop longtemps la gangrène s’installer, on sait que l’amputation sévère, sera difficilement évitable.

Les vieux jours des français seront-il symbolisés par une canne laissant une réelle autonomie ou par un fauteuil roulant laissant peu de latitude à ceux qui auront le plus souffert sur le marché du travail?

Pour aller plus loin, je vous invite à lire les trois épisodes du » FEUILLETON ECONOMIQUE » consacré à la question des retraites: vous y trouverez la présentation du système par répartition, les solutions envisageables; les blocages etc…

(1) http://raphaelle.blogs.liberation.fr/info-graphiste/ Blog que je vous invite fortement à découvrir

(2) http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/03/08/retraites-et-societe-soutenable/


Publié le 16 mars 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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La main visible de l’Europe

ITURRIA 10 MARS.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a beaucoup reproché à l’union Européenne d’avoir priviligié une approche libérale de son économie. l’Euro impliquait un pacte de stabilité: chaque pays devait limiter ses déficits et son endettement. Il n’y avait pas grand place pour le volontarisme politique et d’ailleurs le budget européen fllirtait péniblement avec la barre des 1% des richesses produites dans l’UE.

Autrement dit, l’action européenne était faible et subordonnée à l’idée que laisser fonctionner le marché sans trop d’entrave était bien. Ce qu’on résume souvent par faisons confiance au marché, laissons faire la main invisible qui guiderait les acteurs économiques et les pousserait à faire les bons choix.

Les conséquences de la crise des subprimes se poursuivent et se poursuivront en 2010. Si on ne peut tout leur imputer et en particulier les mécomptes publics grecs, on voit bien qu’en période de faible croissance économique , les marges de manoeuvre des Etats sont limitées.

La tentation a été de … rester les bras croisés et de laissser les grecs se débrouiller seuls. Les allemands notamment, qui ont fait beacoup d’efforts étaient peu enclins à les aider. La France elle, a plus tôt pris la mesure du risque de contagion qui pouvait gagner d’autres pays en difficultés avec leurs finances (Portugal, Espagne etc…) ce qui risquait de mettre à mal l’Euro et carrément la construction européenne. On sent que de plus en plus,  dans les grandes capitales européennes, il faudra …tendre la main aujourd’hui aux grecs et plus tard à d’autres.

Le problème, c’est que nos institutions européennes n’avaient pas prévu ce scénario. Il faut donc imaginer de nouveaux dispositifs, simples prothèses suggérées par le dessin ou organisation sensiblement différente pour se serrer …les coudes?

On entend de plus en plus parler d’un gouvernement européen économique pour essayer de limiter le pouvoir de nuisance d’une finance trop débridée. Ce sont pour l’instant des mots, des intentions qui vont dans le bon sens. Peut-être qu’elles vont se concrétiser avec la création d’un FME ( fonds monétaire européen) [1] s’inspirant du FMI et qui aurait pour mission d’aider les pays en difficulté et d’assurer les investisseurs internationaux que l’Euro est solide et ne s’effondrera pas comme un château de cartes.

Finalement les derniers événements ont eu le mérite de montrer les limites de la main invisible et l’intérêt de voir émerger sinon une main de fer européenne en tout cas une volonté politique commune.

 

(1) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/en-quelques-semaines-la-crise-grecque-a-contraint-lallemagne-%C3%A0-abandonner-ses-tabous-les-plus-solidement-ancr%C3%A9s-ainsi.html


Publié le 13 mars 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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La patate (OGM) chaude

 

La décision de Bruxelles (1) d’autoriser la mise en culture de la pomme de terre OGM de BASF répondant au doux  (et vénéneux?) nom d’Amflora a suscité de nombreux commentaires et stimulé les journalistes dans leur recherche de titres accrocheurs.

- C’est donc une « pomme de discorde » puisque les écologistes avec notamment Greenpeace veulent qu’on l’interdise.

- « Patate chaude » aussi qu’on se repasse puisque la commission européenne a de suite précisé que chaque Etat était libre d’autoriser ou pas sa culture. On se défausse donc sur les gouvernements respectifs.

Sur le fond, il est difficile de trancher quand on n’est pas un expert sur le sujet, et quand on l’est, cela ne suffit pas pour qu’il y ait unanimité.

La logique du profit conduit à innover et l’innovation est à la source de notre prospérité et …des pollutions auxquelles nous devons faire face.

Faut-il se réjouir de patates destinées non pas aux humains, mais à l’industrie? On a envie de s’exclamer « purée! » quand on apprend qu’elle résisterait à certains antibiotiques et que je cite «  des sous-produits pourront être utilisés pour l’alimentation animale ».

On se souvient que c’est en broyant des carcasses animales pour nourrir du bétail à des températures trop basses qu’on a …inventé la vache folle (2).

Si l’avenir, c’est steack à la vache folle avec frites OGM mutantes, plus toutes les autres saletés qui trainent dans l’alimentation, il faudra reconsidérer le problème des retraites sous un autre angle, celui d’une diminution de l’espérance de vie qui limitera les difficultés de financement. Enfin, une nouvelle qui donne une sacrée patate (3).

 

(1) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CAoQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.sudouest.com%2Faccueil%2Factualite%2Ffrance%2Farticle%2F884682%2Fmil%2F5779549.html&rct=j&q=patates%2Bogm%2Bsud-ouest&ei=D82TS_qLIoG74gbZ1_muDQ&usg=AFQjCNFFEpvv1Kl2lU2oIuR4GZPlr3eb5Q

(2) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=3&ved=0CBEQFjAC&url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FCrise_de_la_vache_folle&rct=j&q=vache+folle&ei=Oc2TS4qCH4rI4gbniJSwDQ&usg=AFQjCNHKLF3egGhN2nQ6jebIlNEAF4xx-w

(3) Bientôt 3 épisodes dans « le feuilleton économique » sur les retraites


Publié le 7 mars 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue