ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

La règle d’or endort?

Règle d’or, de plaqué or ou contrefaçon  attrape gogo?

Rappelons que par règle d’or, on entend des dispositions légales (par exemple inscrites dans la constitution) obligeant les gouvernements à réduire les déficits publics voire à quasiment les interdire (voir ici).

On cite l’exemple de l’Allemagne et désormais de l’Espagne. Le président Sarkozy voudrait aussi l’imposer alors que sous son mandat les déficits ont considérablement augmenté.

Que penser alors de cette règle?

Elle vise à calmer plus qu’à assoupir les marchés financiers qui doutent de la capacité de certains états à rembourser leus dettes et sont inquiets de l’avenir d l’Euro. Ce serait peut-être un signal convaincant qui leur serait envoyé.

Accesssoirement (ou principalement?), c’est aussi un piège tendu au PS par l’UMP. Mal engagé dans la campagne, le président voudrait convaincre les français que le PS serait un mauvais gestionnaire puisqu’il ne veut pas de cette règle.

D’un point de vue plus économique mais pas sans arrière-pensées partisanes, on peut dégager 2 grandes tendances:

- Les libéraux attachés à l’orthodoxie financière, soutenus par l’UMP en France, mais aussi les grandes institutions internationales sont favorables à l’application de cette règle dite d’or. Simplement, certains estiment qu’il ne faut quand même pas réduire tous en même temps les déficits qui finiraient de casser la croissance ce qui nous enfoncerait dans une crise économique encore plus sévère.

- Ceux qui sont favorables à l’intervention de l’Etat sont dubitatifs ou carrément hostiles à cette mesure. Ils disent tout d’abord qu’elle existait plus ou moins avec les critères de Maastricht ce qui n’a pas empêché les dérapages qu’on connaît. Ils trouvent regrettable de se lier les mains avec une contrainte trop forte en cas de problème économique à venir.

Au total, on a l’impression que l’UMP tente un coup puisque la règle retenue est assez souple (voir ici l’analyse de N Quint) et la gauche sait qu’elle devra faire faire des efforts d’austérité aux français après une éventuelle victoire.

Plus fondamentalement, on peut craindre qu’elle soit un gadget politique qui viserait à endormir la vigilance des électeurs qui sont en droit d’attendre des avancées en matière de coopération européennne (sur les paradis fiscaux, sur la gouvernance économique) et on aimerait voir arriver une véritable remise à plat de tout notre système fiscal. On peut craindre en effet qu’on change peu les règles du jeu et que les efforts ne soient pas beaucoup mieux répartis.

 On peut suggérer d’ici là une mise en sommeil de cette règle d’or!


Publié le 11 septembre 2011 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue
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Déficits publics : le tonneau des Danaïdes(1) ?

 

 

ITURRIA SOD 14 FEV.jpg

 

 

La mythologie grecque a le vent en poupe. Au cinéma, « Percy Jackson, le voleur de foudre » fait découvrir ou redécouvrir aux spectateurs quelques uns des personnages et mythes grecs. Les observateurs du FMI ou de l’UE quant à eux, sont confrontés à une réalité (financière) grecque qui les surprend. La Grèce a des difficultés financières comme beaucoup de pays, mais alors qu’on pensait que le déficit public avoisinait les 3% du PIB, il a bondi spectaculairement à 12%, quand le gouvernement récemment élu de M. Papandréou a établi le véritable déficit.

L’expert du dessin découvre que la comptabilité grecque a dû garder le charme du temps jadis, où dans les contes et poèmes, on rencontre de drôles de créatures bien éloignées de la réalité. Les responsables cette fois-ci des… comptes, donc des finances publiques eux aussi ont pris des libertés avec la réalité… économique.

 

Il ne faut pas encourager ces pratiques qui risquent si elles se généralisaient de fragiliser l’euro et l’Europe. Néanmoins, si Iturria s’amuse à représenter un centaure, un satyre, un minotaure, et même s’il est réprobateur, il n’ira pas jusqu’à assimiler ce pays à un porc, un « PIG », contrairement à des commentateurs anglo-saxons (cf post précédent [a]).

 

Revenons sur ces déficits publics qui touchent tous les pays, et la France en particulier. On pourrait être tenté de l’assimiler au tonneau des danaïdes (b). c’est-à-dire un tonneau sans fond que les contribuables seraient condamnés à remplir sans espoir d’y parvenir.

 

On peut considérer qu’il y a 4 moyens de lutter contre les déficits. Passons rapidement sur l’inflation qui allège les dettes, mais elle peut devenir une drogue nécessitant des doses de plus en plus fortes ; le remède risque d’être pire que le mal. Elle a pu séduire jusqu’au début des années 80, mais on sait qu’elle a été ensuite combattue énergiquement, et on voit mal les gouvernements y recourir à court ou moyen terme (c).

 

Si on revient à notre tonneau, la solution qui paraît la plus logique est de freiner l’écoulement de l’eau, donc de limiter les fuites. Autrement dit, il s’agit de réduire les dépenses publiques. Mais comment faire ? Va-t-on réduire le nombre de fonctionnaires, et lesquels ? Peut-on diminuer les aides et les actions de l’Etat surtout quand les effets de la crise se font encore durement sentir ?

 

Il semble également logique de remplir plus énergiquement le tonneau (en haussant impôts et taxes), mais le Président et son gouvernement ont débuté leur action en réduisant les impôts notamment des plus aisés en instaurant le fameux bouclier fiscal. Ils ne souhaitent pas revenir sur un dispositif auquel tient le cœur de leur électorat.

 

La 4ème voie à laquelle s’accroche le gouvernement, c’est la croissance économique. Si elle est plus forte, mécaniquement les rentrées fiscales augmentent puisque en ne modifiant pas les taux d’imposition, on voit les recettes fiscales s’accroître (on dit que l’assiette fiscale augmente [d]). Le problème, c’est que la croissance ne se décrète pas et dans le contexte mondial actuel, rien ne garantit qu’elle soit au rendez-vous, sans compter que croissance et développement durable ne sont pas aisément compatibles.

 

En résumé, au-delà des égarements grecs, on ne peut sous-estimer les difficultés d’autres pays de la zone euro, dont la France. Le problème c’est que nous n’avons aucune solution simple, et que des sacrifices seront certainement demandés au français fin 2010 et en 2011 rare période non électorale, reste à savoir s’ils seront équitablement répartis.

 

(1)  Merci à Bastien GARCIA pour ses éclairages sur la mythologie.

 

(a) http://lewebpedagogique.com/maule64/2010/02/10/la-chasse-aux-cochons/

(b) http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CAkQFjAA&url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FDana%25C3%25AFdes&rct=j&q=tonneau+des+dana%C3%AFdes&ei=nk2BS73cPM604Qa2743rBg&usg=AFQjCNHUBaRlzezfY_9W_FpEJNWpaZ6Q1A

(c)http://lewebpedagogique.com/maule64/2008/10/30/episode-7-l%e2%80%99inflation-l%e2%80%99ennemie-numero-1-mise-a-prix/ et les autres épisodes du chapitre 3 du feuilleton.

(d) Si je prélève 40% sur 10 millions, cela rapporte 4 millions. Si  la somme (ou assiette fiscale) sur laquelle je vais prélever toujours 40%, passe grâce à la croissance, à 11 millions, je vais récupérer cette fois 4, 4 millions sans modifier le taux de prélèvement.


Publié le 22 février 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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