ECONOMIE et HUMOUR
Un blog qui s\'adresse à à tous ceux qui veulent mieux comprendre les questions économiques, mais de manière ludique, en s’appuyant sur l’humour.

Lagarde: Une économie de titre?

 

Avant de revenir à Ch Lagarde, un mot sur le remaniement ministériel de fin Juin. On passera sur les cafouillages liés aux ego des ministres et ministrables, largement commentés par la presse. Par contre, essayons de répondre à l’interrogation d’un voisin: « Alors un ministre peut changer de poste comme ça, ils savent tout faire? ».

Interrogation à laquelle D Seux répond ainsi (voir ici). Les ministres s’appuient sur des techniciens compétents (enfin, en général) dont les fameux énarques. D’autre part, pas besoin d’être général pour être ministre de la défense, ceci dit, choisir un médecin ministre de la santé n’est pas forcément une mauvaise idée. Et puis, si le ministre est motivé et étudie vraiment ses dossiers ce qui implique de ne pas le changer d’affectation tous les 6 mois, il peut être compétent.

Intéressons-nous au domaine économique. F Baroin n’a pas eu de formation économique particulière et certains s’inquiètent de le voir arriver à l’économie après un bref passage au budget et on dit qu’en plus il ne serait pas très à l’aise en anglais. V Pécresse elle, arrive au budget sans préparation spéciale. Les mauvaises langues expliquent que les décisions principales sont prises à l’Elysée et de toutes façons à quelques mois de l’élection présidentielle, on demandera surtout à ces ministres d’être discrets pour ne pas trop indisposer le contribuable électeur.

Et Mme Lagarde? Il y a un consensus dans la presse pour dire qu’elle a été un très bon ministre de l’économie. On ne tranchera pas ici le débat, mais on peut s’étonner que personne ne s’étonne du fait qu’elle n’ait pas eu une vraie formation économique, par contre, on s’enthousiasme sur sa très bonne maîtrise de l’anglais, ….mais elle a fait des études de langues.

Cette femme indéniablement intelligente servira-t-elle surtout, à vendre les décisions des conseillers du FMI ou aura-t-elle une vision personnelle, pragmatique et pas dogmatique sur les choix économiques et politiques à faire pour limiter les risques de grave récession?

Plantu nous dit qu’à défaut de titres, de diplômes économiques, elle est arrivée première dans un concours… de circonstances (déboires de DSK sûrement compétent, mais trop obnubilé par les bourses), et puisqu’elle parle bien anglais,….. elle peut faire de l’économie.


Publié le 2 juillet 2011 par maule64 dans Dessin et Dessein
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Episode 33 : Le courant (libéral) continue…de dominer

Bastien aurait pu apporter des nuances en particulier sur la formule du laisser faire, mais déjà heureux qu’il y ait eu échanges entre les élèves, il allait se contenter de poursuivre ses questions ; pourtant Claire intervint dans son style habituel.

-          Eh Monsieur, c’est quoi cette « pensée unique » ?

-          Je ne pensais pas l’avoir mise dans le tableau, fit Bastien un peu agacé par son propre zèle.

-          Ben si ! Juste au fond de la première colonne. Faut pas en tenir compte ?

-          Disons que ce n’est pas essentiel pour nous, mais puisque je l’ai mis et que vous l’avez remarquée, on peut en dire deux mots. La théorie libérale est indispensable, incontournable quand on étudie l’économie…

-          Et pas les autres ? Interrogea Claire qui manifestement cherchait à repérer les connaissances superflues.

-          Si, les autres aussi ! Mais la théorie libérale structure l’enseignement de l’économie dans le supérieur ce qui ne veut pas dire que tous les enseignants adhèrent aux conclusions du discours libéral, c’est-à-dire en schématisant qu’il faut accepter le système capitaliste et que la trop grande intervention de l’Etat nuit au bon fonctionnement de l’économie.

-          Où est le problème ?

-          C’est que certains trouvent que surtout depuis les années 80, trop de dirigeants politiques, trop d’experts qui conseillent les institutions qui orientent le fonctionnement de l’économie (FMI, OCDE, BCE..) défendent sans sourciller la logique libérale.

-          Si elle est logique, ce n’est pas un problème.

-          Il faut entendre logique ici, comme une approche cohérente mais discutable. Ceux qui la contestent disent que  ce système produit trop d’effets nocifs comme l’exploitation, les inégalités, les dégâts environnementaux…

-          C’est un discours de gauchiste, dit faiblement mais quand même de manière audible, François, un fils d’huissier.

Bastien se sentit visé :

-          Attention, je ne dis pas que c’est la vérité. Il faudrait faire un bilan objectif et complexe de l’impact de cette politique. Disons pour conclure momentanément (du moins Bastien l’espérait) que par pensée unique, on veut signifier qu’alors que certains après Mai 68 voulaient changer de société, beaucoup aujourd’hui, y compris à gauche chez ceux qui ont gouverné ou pourraient gouverner, on accepte assez volontiers que les contraintes imposées par l’économie capitaliste réduisent sensiblement les marges de manœuvre des décideurs. Le social ne pourrait découler que de la prospérité économique qui elle-même serait conditionnée par le bon fonctionnement de l’économie capitaliste qui lui-même imposerait un désengagement de l’Etat sous forme de privatisations ; il faudrait aussi réduire  les déficits, l’endettement, les impôts et au préalable le nombre de fonctionnaires.

Bastien pensa : « ouf ! Ma tirade les a assommés ». François lui voulait qu’on établisse que derrière les « ceux qui dénonçaient la pensée libérale » se cachaient à peine, les gauchistes. Il demanda :

-          Qui critique la pensée unique, comme vous dites ?

Bastien n’apprécia guère ce « comme vous dîtes ». Il répondit cependant comme si de rien n’était.

-          Il y a bien sûr l’extrême-gauche, les communistes, beaucoup de verts, certains socialistes qui estiment que désormais leurs dirigeants comprennent trop bien la logique capitaliste, les altermondialistes…

 -          Alter ou anti-mondialistes Monsieur ?

-          Ce sont les mêmes sauf qu’au départ, ils s’appelaient les anti-mondialistes pour montrer qu’ils étaient farouchement hostiles à la mondialisation qu’ils qualifiaient de libérale.

-          Et alter, c’est mieux ?

-          Ca veut dire quoi, demanda Bastien ?

-          Autre.

-          Bien ! Donc si on est pour une autre mondialisation, c’est plus positif que d’être contre. On a un projet alternatif. Et qui symbolise ce courant ?

-          Bové ! Dirent en chœur les quatre cinquièmes de la classe.

Bastien désabusé,  pensa : Démonter ou plutôt saccager un Mc Do, c’est symboliquement fort, et plus parlant qu’un livre de 400 pages sur le sujet. Ca parle bien aux lycéens, question de références, de culture. Il observait aussi François qui semblait satisfait d’avoir pu mettre au clair sa petite liste de gauchistes invétérés dans la quelle il devait y faire figurer bon nombre de professeurs.


Publié le 12 mai 2011 par maule64 dans Un feuilleton économique
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Niches fiscales et morsures électorales

«  Dans chaque niche fiscale, il y a un molosse »:

Phrase entendue  à la radio. En fait, le journaliste rappelait avec bon sens, que raboter des niches fiscales (objectif gouvernemental) fera des électeurs mécontents qui pourraient se venger au moment des élections.

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Dans cette période préoccupante de forts déficits publics, on sait qu’il y a 4 grands moyens d’aborder le problème (voir ici). Notre gouvernement en privilégie 2. Il essaie de réduire les dépenses publiques (par exemple en ne remplaçant qu’un départ sur deux de fonctionnaires à la retraite) et il a du mal à trouver de nouvelles recettes, donc à augmenter les impôts, d’autant qu’il a plutôt promis le contraire. D’où l’idée de réduire les niches fiscales. Wikipédia en propose la définition suivante:

« Une niche fiscale peut être, soit une dérogation fiscale qui permet de payer moins d’impôts lorsque certaines conditions sont réunies, soit une lacune ou un vide législatif permettant d’échapper à l’impôt sans être en infraction. »

[Les remarques 1 et 2 ci-dessous présentent les niches fiscales les plus coûteuses et les plus inattendues]

 

Afficher l'image en taille réelleEn les rabotant,on n’augmente pas directement les impôts, mais on augmente la pression fiscale. Faut-il y voir un os à ronger donné au FMI, aux marchés financiers? On espère les rassurer en montrant qu’on fait quelques efforts,et on n’excite pas ce chien d’électeur qui pourrait  renvoyer queue basse, les ministres dans leurs foyers.

 

 

Afficher l'image en taille réelleF.  Baroin (ministre du budget) a en plus, pris soin de faire savoir qu’il faudrait peut-être augmenter les impôts…en 2013 après les élections. La France espère ainsi convaincre ses créanciers que les potions les plus amères seront administrées aux français dans quelques mois. Néanmoins, le débat reste entier: à qui demandera-t-on le plus d’efforts (à tous, si on augmente la CRDS)? En profiterons-nous pour modifier en profondeur le système fiscal pour qu’il soit plus juste (que devient le bouclier fiscal? la progressivité sera-t-elle accentuée?)  ou demandera-t-on aux classes moyennes et populaires de faire l’essentiel de l’effort?

Après une élection, l’électeur peut grogner mais difficilement mordre.

 

Rq1: Les niches fiscales les plus coûteuses www.latribune.fr/diaporamas/vos-finances/les-niches-fiscales-les-plus-couteuses.html

Rq2: 10 « niches fiscales inattendues » www.journaldunet.com/economie/les-dix/niches-fiscales/

et on trouvera  ici, un point de vue intéressant sur les niches  appelées en fait « dépenses fiscales »:http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/24/la-fiscalite-derogatoire-traduit-la-degenerescence-de-l-etat-providence_1415566_3232.html


Publié le 3 septembre 2010 par maule64 dans Eco...nnerie lue ou entendue
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La main visible de l’Europe

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On a beaucoup reproché à l’union Européenne d’avoir priviligié une approche libérale de son économie. l’Euro impliquait un pacte de stabilité: chaque pays devait limiter ses déficits et son endettement. Il n’y avait pas grand place pour le volontarisme politique et d’ailleurs le budget européen fllirtait péniblement avec la barre des 1% des richesses produites dans l’UE.

Autrement dit, l’action européenne était faible et subordonnée à l’idée que laisser fonctionner le marché sans trop d’entrave était bien. Ce qu’on résume souvent par faisons confiance au marché, laissons faire la main invisible qui guiderait les acteurs économiques et les pousserait à faire les bons choix.

Les conséquences de la crise des subprimes se poursuivent et se poursuivront en 2010. Si on ne peut tout leur imputer et en particulier les mécomptes publics grecs, on voit bien qu’en période de faible croissance économique , les marges de manoeuvre des Etats sont limitées.

La tentation a été de … rester les bras croisés et de laissser les grecs se débrouiller seuls. Les allemands notamment, qui ont fait beacoup d’efforts étaient peu enclins à les aider. La France elle, a plus tôt pris la mesure du risque de contagion qui pouvait gagner d’autres pays en difficultés avec leurs finances (Portugal, Espagne etc…) ce qui risquait de mettre à mal l’Euro et carrément la construction européenne. On sent que de plus en plus,  dans les grandes capitales européennes, il faudra …tendre la main aujourd’hui aux grecs et plus tard à d’autres.

Le problème, c’est que nos institutions européennes n’avaient pas prévu ce scénario. Il faut donc imaginer de nouveaux dispositifs, simples prothèses suggérées par le dessin ou organisation sensiblement différente pour se serrer …les coudes?

On entend de plus en plus parler d’un gouvernement européen économique pour essayer de limiter le pouvoir de nuisance d’une finance trop débridée. Ce sont pour l’instant des mots, des intentions qui vont dans le bon sens. Peut-être qu’elles vont se concrétiser avec la création d’un FME ( fonds monétaire européen) [1] s’inspirant du FMI et qui aurait pour mission d’aider les pays en difficulté et d’assurer les investisseurs internationaux que l’Euro est solide et ne s’effondrera pas comme un château de cartes.

Finalement les derniers événements ont eu le mérite de montrer les limites de la main invisible et l’intérêt de voir émerger sinon une main de fer européenne en tout cas une volonté politique commune.

 

(1) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/en-quelques-semaines-la-crise-grecque-a-contraint-lallemagne-%C3%A0-abandonner-ses-tabous-les-plus-solidement-ancr%C3%A9s-ainsi.html


Publié le 13 mars 2010 par maule64 dans Dessin et Dessein
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