Elie Ernest Hanriot

9 11 2011

Élie Ernest HANRIOT

(1850 – 1928)

       Né le 8 septembre 1850 à Bercenay-en-Othe (Aube), Élie Ernest Hanriot commence sa carrière dans l’enseignement secondaire comme répétiteur aux lycées de Troyes puis de Grenoble entre 1870 et 1873 tout en poursuivant des études de lettres à l’université. Sa licence obtenue, il enseigne entre 1874 et 1878 à Avallon puis Auxerre, il continue sa carrière dans l’instruction publique en devenant inspecteur de l’enseignement primaire à Avallon puis Auxerre entre 1878 et 1880. Après des responsabilités équivalentes à Clermont-Ferrand, Melun puis Boulogne-sur-mer, il termine sa carrière comme directeur d’école normale à Saint-Lô puis Orléans et enfin Rouen de 1895 à 1910 comme noté dans son dossier de Légion d’Honneur. En 1897, paraît la première édition de son dernier manuel pour l’enseignement primaire Choix de maximes, de pensées et de préceptes pour aider à l’enseignement de la morale.  Il décède le 7 mai 1928 à Héry (Yonne).

          Son ouvrage Vive la France ! paru en 1885 est destiné à entretenir un esprit de Revanche contre l’Allemagne qui passe par un culte envers la Patrie. Outre Cours régulier de langue française édité en 1896 qu’il cosigne avec Emmanuel Huleux, on lui doit De l’Explication des noms géographiques et des noms de lieux qui en 1887 vulgarise auprès d’un public d’adultes les bases de la toponymie mais aussi une carte géographique de l’Yonne paru en 1882 et gravée par l’habile Georges Erhard Schièlbe peu avant sa mort.

                      L’épouse d’Ernest Hanriot est originaire d’Héry dans l’Yonne, ce qui explique le choix de ce département lors de ses premiers postes d’enseignant et son retour à Héry après sa cessation d’activité. Hanriot bénéficie de jugements curieusement nuancés de la part de ses supérieurs : « Professeur laborieux, il a beaucoup gagné et est aujourd’hui à peu près à la hauteur de sa classe. Sa conduite et sa tenue sont irréprochables. » (1876)

« M. Hanriot est sensé et instruit, c’est à dire curieux d’information et au courant de détail géographique et économique, mais il est froid, son enseignement n’a rien de personnel, aucun point de vue de critique ou de morale ; ce n’est en histoire que la substance du précis et pour la description du pays le relevé de tableaux statistiques. Sa parole assez nette, mais d’un accent vulgaire est dépourvue d’animation et d’originalité. Il obtient du travail de ses élèves et des succès dans les concours et examens. C’est un estimable professeur de collège, nous douterions de son succès dans un lycée. » (1876)

 « N’est nullement à la hauteur de cet enseignement – manque de savoir et de jugement – il ne parle pas, il lit et dicte. Les fausses appréciations, les anachronismes, les fautes de goût et de mesure abondent dans cette dictée. Ne peut rester professeur d’histoire à Auxerre. Il vaut mieux le charger d’un cours de grammaire, même dans un lycée ou plutôt dans quelque grand collège communal puisqu’il est licencié. » (1877)

            Comme ses inspecteurs l’y invitent, Hanriot va abandonner l’enseignement en lycée pour lequel ceux-ci ne le jugent pas à la hauteur [?!], mais il ne les suivra pas lorsqu’ils le poussent vers les collèges : il s’oriente vers l’école normale. C’est ainsi qu’on le retrouve directeur de l’École normale de Rouen, ville où au moins un de ses enfants va se fixer pendant que lui-même va revenir finir ses jours dans le pays de son épouse, à Héry, dans l’Yonne.

Sources Dossier AJ 16/ 1131 et F 17/ 22905 des archives nationales. [Alain Chiron]

Il publie Choix de maximes, de pensées et de préceptes pour aider à l’enseignement de la morale, lib. A. Picard & Kaan, Paris, 1897, 70 pages,  pour lequel nous ne pouvons fournir d’illustration.

Par ailleurs, nous connaissons, sous la seule signature d’Hanriot, un manuel d’éducation civique « Vive la France ! », recueil de lectures, récitations et chants patriotiques, ainsi que deux manuels de français co-signés par Hanriot & Huleux (Hanriot semble donc montrer plus de penchant pour l’enseignement de la langue française que pour celui de l’histoire-géographie qu’il enseignait au lycée d’Auxerre en 1875  :

– E. Hanriot, E. Huleux, Cours régulier de langue française, cours préparatoire et élémentaire, lib. A. Picard & Kaan, Paris, vers 1890, 168 pages

– E. Hanriot, E. Huleux, Cours régulier de langue française, cours intermédiaire, lib. d’Éducation nationale (A. Picard & Kaan), Paris, vers 1896, 256 pages

Un examen sommaire du contenu de ses ouvrages conduit à s’interroger sur les jugements émis dans un rapport d’inspection à propos de d’Hanriot au début de sa carrière et notamment l’absence de jugement moral dans ses cours. En effet, la seule morale qui puisse s’exprimer est la morale normée : 

 

Toute déviance avec la morale en usage conduit à l’affrontement avec les autorités de tutelle, comme on pourra le voir un peu plus tard avec Hervé et Clémendot, ou à une censure de la part de l’éditeur.

Sans transgresser aucune norme, Hanriot et Huleux font montre d’humour :

Dans leur Cours intermédiaire, Hanriot et Huleux ont fait le choix éditorial de proposer deux sujets de rédaction en parallèle. Le parallèle est souvent de pure forme :

Parfois, le parallèle des illustrations laisse au lecteur tout loisir à former son propre jugement et fournit matière à des comparaisons hardies :

 


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