web, apprentissage et architecture
1 28 novembre 2009, 16:10
Dans un précédent billet je me posais la question suivante, en forme de provocation – « les salles d’informatiques sont-elles mortes ? » . Je vais poursuivre cette réflexion. Quoiqu’en dise la recherche l’outil est incontournable (je suis par ailleurs convaincu qu’il faut analyser la fonctionnalité de l’artefact)
Mon travail d’enseignant de terrain intègre la dimension numérique mais j’ai le sentiment que je suis encore largement dans le concept et pas suffisamment dans l’usage. Aveu d’échec à peine dissimulé ? Certainement pas mais une interrogation forte sur l’aspect global des apprentissages à connotation numérique et une interpellation sur la question de l’architecture scolaire.
Je pense être à un stade de ma carrière ou je suis en capacité de formaliser, de conceptualiser mes pratiques. J’ai produit des scénarios, j’essaye de les expliquer, de les mutualiser auprès de communautés de pratique (j’ai même participé à l’acte de recherche) mais …
Paradoxalement j’ai le sentiment de revenir à des préoccupations de début de carrière, gérer des problèmes techniques. Alors que les formalisations didactique et pédagogique se précisent, je lutte au quotidien pour orchestrer mes outils. Je me retrouve vingt ans en arrière au moment ou la question de la gestion du tableau pendant une heure de cours me donnait des sueurs.
Suis je entrain de régresser, ou le paradigme d’apprentissage s’est-il modifié ?
Concevoir une séance de cours nécessite de prévoir une infrastructure technique lourde et je dois l’avouer parfois je baisse les bras et je renonce à mettre en œuvre des scénarios longuement construits parce que la pesanteur technique m’y pousse. Et pourtant … mon établissement est largement doté de vidéoprojecteurs et salle d’informatique.
Alors caprice d’enfant gâté ? Je ne le pense pas, s’il m’arrive de renoncer c’est qu’en construisant d’autres alternatives pédagogiques j’ai complexifié le processus. L’environnement structurel ne me propose qu’une solution centrée sur l’aspect technologique, fournir des vidéoprojecteurs, des salles infos, des TBI). L’outil n’est pas pensé dans son environnement.
J’ai le sentiment, à l’aune de ma pratique, que l’achat d’équipement ne peut se concevoir, pour être efficace, qu’en les pensant dans leur configuration architecturale. Quel est le sens de la salle informatique dans un univers d’informatique nomade ? L’informatique ne se conçoit plus uniquement comme un exercice indépendant demandant le transport sur site dédié. Ne faut-il pas repenser la classe, une classe 2.0 ?
Une question large, qui me fait comprendre au quotidien que mon établissement a été conçu dans un temps pré numérique, organisé sur des schémas d’une informatique pédagogique balbutiante. Aujourd’hui il est résolument inscrit dans un temps du web 2.0, de l’informatique nomade, de l’ordinateur portable, de l’Iphone … La pédagogie qui veut se marier avec l’informatique et les réseaux numériques c’est mettre dans le panier de la future épouse une réflexion sur la conception des locaux, qu’est ce qu’un mur en 2009 ?
En attendant cette réflexion (mais certainement existe t-elle), pour construire un cours, je conçois à la maison, je réserve préalablement un vidéo projecteur, j’arrive 40 minutes avant le début du cours, je monte trois étages arnaché de mon cartable, de mon portable, de la housse du vidéo, j’installe, je sors mon cable RJ 45, ma rallonge, je préviens les élèves de ne pas se prendre les pieds dans les câbles pour ne rien casser et enfin j’enseigne, à ce moment je suis heureux, je n’ai pas renoncé
Lorsque l’on jette une bouteille à la mer, c’est que l’on a la certitude que quelqu’un va lire le message, y répondre.
Bien le bonjour de mon île 2.o
Robinson 2.0
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