7 juillet, 2009
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La question de l’utilisation des langues en Haïti a été posée dès la naissance de cet Etat en 1804. Rappelons-le, l’indépendance d’Haiti était le résultat d’une soi-disant union d’anciens esclaves noirs, illettrés, unilingues créolophones et de mulâtres lettrés dont la grande majorité était bilingue. Ainsi, dans quelle langue fallait-il rédiger l’acte fondateur ou le premier texte officiel de la nouvelle nation? Serait-ce en créole, idiome né dans l’ancienne colonie et parlé par toute la population, ou en français, langue du colonisateur et parlée par une élite (les affranchis ou les mulâtres)?
Des lors, la question de la politique ou de l’aménagement linguistique était déjà posée, si nous entendons par là, « toute politique conduite par un État à propos d’une ou plusieurs langues parlées dans les territoires relevant de sa souveraineté pour en modifier le corpus ou le statut, généralement pour en conforter l’usage, parfois pour en limiter l’expansion, ou même œuvrer à son éradication»
Malgré toutes les objections auxquelles on pouvait lui attribuer, le français allait être retenu comme étant la langue officielle du pays et le créole sera à son tour employé comme un simple patois ou dialecte.
De 1804 à 1987, le français - langue dominante et minoritaire- a toujours eu le dessus sur le créole -considéré comme une langue vernaculaire- dans toutes les constitutions haïtiennes hormis quelques rares fois où il est fait mention de la question. Soit par exemple l’article 35 de la constitution de 1964 qui stipule:« l’usage du créole est permis et recommandé pour la sauvegarde des intérêts matériels et moraux des citoyens qui ne connaissent pas suffisamment la langue française», ainsi que l’article 24 de la constitution de 1983 qui confère au créole un statut de langue co-nationale avec le français. Par ailleurs, bien que la dernière constitution en date (celle de 1987) élève le créole au rang de langue co-officielle avec le français nous notons une inadéquation entre ce que stipule la loi mère haïtienne et ce qui se fait dans la réalité. Prenons par exemple cette même constitution 1987 qui officialise le créole, elle n’était rédigée qu’en français; la version créole n’est toujours pas officielle car elle a été l’oeuvre de quelques militants. De plus dans la majorité des institutions publiques le français domine au niveau de l’écrit. De nos jours, malgré quelques efforts réalisés par certains créolistes et/ou sociolinguistes, la situation demeure inchangée. Et le créole, longtemps considéré comme un simple vernaculaire continue encore à être victime, puisque inférieur au français. Réfléchissant sur la question de l’utilisation du créole et du français dans les tribunaux haïtiens par exemple, Heidi Fortuné fait remarquer que:
« Il nous est donné de constater un sérieux problème de traduction au niveau de la justice en Haïti. Les procès se tiennent généralement en français. Les jugements sont rendus également dans la langue des blancs venus de l’Hexagone…au nom de la république. Le juge, le Ministère Public, les avocats s’expriment fièrement dans la dialectique de Voltaire. Mais on n’a jamais vu un de ces messieurs plaider ou rendre une décision dans la langue de nos ancêtres. Honte ou complexe ? Ce qui est certain, le pauvre bougre qui est assis sur le banc de l’accusé ne comprend rien de la mascarade qui se fait. Il est là, sur la sellette, à regarder son avocat et le représentant de la société faire de belles envolées juridiques, dire des formules consacrées et des choses qui lui échappent, en se demandant désespérément à quoi jouent ces diables en noir ? On est en train de le sacrifier dans un patois qu’il ne comprend même pas. Le comble de la démagogie, on lui pose des questions en français par l’entremise du magistrat de siège qui, en grand manitou, les lui traduit dans sa langue maternelle”.
D’autres penseurs comme Jean Raspail, dans Punch Caraïbes exagèrent énormément en minimisant le créole en ces termes:
« La langue créole ne sortira jamais de l’enfance, qui marque à la fois son charme et ses limites. La simplification de ses mots, sa simili grammaire, en soulignant l’infantilisme. La simplification, les raccourcis, l’absence des genres et des nombres, la suppression des prépositions et des conjonctions sont le propre du créole…et sont le propre d’un enfant qui commence à parler. »
Pourtant, dans son Dictionnaire de la linguistique Georges Mounin semble prendre le contre-pied de Jean Raspail quand il définit la langue en ces termes: «Tout système de signes vocaux doublement articulés, propre à une communauté humaine donnée. En linguistique, l’allemand littéraire, l’allemande de Souabe, l’alsacien, le breton, le créole de la Guadeloupe sont des langues au même titre.»
De plus malgré tout, cet argument nous paraît intenabe dans la mesure où plusieurs démarches politiques tentent de conférer un vrai statut aux langues créoles; l’on peut citer par exemple l ‘article 213 de la Constitution de 1987 qui a prévu une Académie haïtienne afin de normaliser la langue créole; ou encore récemment en 2001, la mise en place du CAPES créole par le gouvernement français. Dans le cas du créole haitien- ce que traite particulièrement notre article-, il est à souligner que d’importantes recherches se sont déjà effectuées la-dessus, notamment sa standardisation et également son utilisation massive dans l’enseignement/apprentissage, résultat de l’application du décret du 19 Novembre 1979 stipulant en son article 1er: «L’usage du Créole, en tant que langue commune parlée par les 90% de la population haitienne, est permis dans les Ecoles comme langue-instrument et objet d’Enseignement». En revanche, la Réforme Bernard qui optait pour un bilinguisme équilibré n’a jamais été appliqué.
Somme toute, de 1804 à nos jours la situation sociolinguistique d’Haïti se caractérise par l’emploi de deux langues par certains individus d’une même communauté. Au niveau éducatif, certains pensent que c’est l’une des causes des échecs des apprenants, alors que d’autres retorquent que le problème se trouve au niveau des méthodes d’enseignement. Mais peu importe l’argument avancé pour défendre sa thèse il demeure évident que que le français continue à dominer sur le créole dans presque toutes les sphères importantes de la vie sociale. Ainsi, sommes-nous en droit de conclure qu’une situation diglossique – français vs créole- règne en Haiti
Bibliographie
- Dany Bebel-Gisler in La langue Créole Force Jugulée, L’Harmattan, Paris p110
Georges Mounin, de la linguistique, Quadrige PUF,1993, 346p
H. Boyer (dir), Sociolinguistique, territoires et objets, delachaux et Niestlé, Lausanne Suisse, 1996
NUMA, Wander, Le recours à la langue maternelle par des apprenants haïtiens en milieu urbain: le cas de la commune de Carrefour, mémoire de DEA soutenu à l’UAG, octobre 2006
Vertus Saint-Louis, Langues, savoir et gouvernance : Le créole haïtien face au français, in Actes du Colloque : La créolisation linguistique et les sciences humaines, P-au-P 21 et 22 Juin 2006, PUHA, Paris France 2007
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13 juillet, 2008
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Avantages et inconvénients d’une éducation bilingue
L’éducation bilingue peut-elle représenter un atout ou un handicap pour les apprenants ? Plusieurs arguments sont avancés en faveur ou contre cette entreprise. Nous allons mentionner quelques-uns dans les lignes suivantes :
Quelques arguments avancés pour défendre le bilinguisme :
Plusieurs auteurs ont centrés depuis plusieurs décennies leurs recherches autour de la thématique du bilinguisme et/ou de l’éducation bilingue. En voici quelques arguments qui sont pour ce modèle d’éducation, en tant qu’il serait un atout pour les apprenants :
1- Les enfants bilingues sont supérieurs aux enfants monolingues en ce qui à trait les significations linguistiques et leur façon de penser (Cummins).
2- Les enfants bilingues réussissent mieux les tests d’intelligence verbale et non verbale (Peal et Lambert).
3- Meilleure Sensibilité à l’erreur dans l’énoncé et à sa correction chez les bilingues.
4- Le développement sémantique des enfants bilingues se fait quelques ans plus tôt que celui des monolingues.
5- Pour certains, le bilingue possède une compétence communicative équivalente à celle du monolingue, même si la forme linguistique est parfois très différente[1].
6- Les bilingues ont une double approche linguistique et de ce fait ils ont un certain avantage sociolinguistique et comportemental par rapport aux monolingues de par leur capacité d’avoir une ouverture d’esprit plus large vers d’autres cultures et d’autres modes de pensée.
Georges Lüdi[2], dans son article intitulé : L’enfant Bilingue : Chance ou surcharge ?, résume ces arguments en ces termes :
« Les enfants bilingues disposent d’une faculté à la pensée créative accrue (Baker 1988, Ricciardelli 1992). Leurs facultés métalinguistiques sont plus avancées que celle de leurs pairs unilingues (Bialystok 1987). Ils disposent d’une meilleure sensibilité communicative dans la mesure où ils perçoivent mieux des facteurs situationnels et y réagissent plus rapidement pour corriger des erreurs de schématisation et de comportement (Ben-Zev, 1977). Dans des tests de perception spatiale, ils obtiennent de meilleures performances ».
Toutefois, pour que ces potentialités de l’enfant bilingues puissent être mises en exergue il faudra qu’ils appartiennent à un milieu familial stimulant ce qui pourra les mettre dans une ambiance ou encore un bain linguistique, car cela peut avoir des influences sur eux.
Nous devons ajouter également que l’éducation bilingue est l’une des démarches qui sont en train d’être entreprises et expérimentées par beaucoup de sociétés bi-pluri-lingues, notamment le Mali[3], la vallée d’Aoste[4]. Et les résultats sont dans la plupart des cas satisfaisants.
Inconvénients de l’éducation bilingue
Cependant l’éducation bilingue est loin de ne pas avoir des problèmes, comme l’a mentionné Louise Dabène(1994) ; d’ailleurs d’un contexte à l’autre il peut y avoir des modifications et donc il n’est pas si sur que l’on peut transposer tel ou tel modèle éducatif d’un pays a l’autre. Selon Dabène, l’éducation bilingue peut poser des problèmes d’ordre linguistique, social et culturel ; sans oublier ceux qui sont d’ordre général. Toutefois, souligne-t-elle « ceci ne veut évidemment pas dire qu’aucune solution n’est valable, mais simplement qu’il importe d’adopter un point de vue souple, en étant bien persuadée qu’aucune d’entre elles n’est facilement transposable d’un contexte à un autre et qu’il est impossible de déboucher sur une théorie globale de l’éducation bilingue »p116
L’autre inconvénient majeur que ce bilinguisme pourrait engendrer est le semilinguisme qui surgit généralement chez les familles défavorisées. Par semilinguisme nous entendons une compétence insuffisante de l’enfant dans les deux ou plusieurs langues qu’il utilise ; à comprendre et dans la majorité des cas, ils ne la comprennent pas du tout.[5]
Isabelle Homberger dans son Travail de maturité 2006 fait remarquer que :
« Un autre inconvénient du bilinguisme est la double incompétence linguistique qui ressemble fort au semilinguisme. Mais il y a quand même des différences. On utilise la notion de la double incompétence si les enfants sont exposés aux deux périls de la ségrégation et du déracinement. Ils sont ainsi aussi menacés de devenir doublement marginaux. On peut éviter ce fait. Si un maître par exemple se donne vraiment la peine d’apprendre le français à un enfant migrant, il pourrait avoir du succès et donner l’impression à l’enfant de connaître une langue vraiment bien. Mais ce succès signifie en même temps le déracinement parce qu’ainsi l’enfant perd la langue de ses premières années, la langue de sa mère, la langue de la tendresse. Cela donne de profondes fractures. Alors il faut se poser la question si cette situation est plus enviable que la double incompétence. »[6]
Conclusion
Au terme de tout ce qui vient d’être dit, force est de conclure qu’aucun système n’est parfait en soi. Ainsi l’éducation bilingue est loin d’être l’exception à la règle. Néanmoins nous sommes convaincus que des solutions peuvent être étudiées afin de garantir leur applicabilité car, souligne Christiane Luc[7], bien que les conclusions d’études diverses souvent marquées historiquement et scientifiquement aient parfois été contradictoires, il importe de mentionner le consensus qui se dégage des nombreuses études récentes visant a évaluer les effets du bilinguisme sur l’intelligence : Etre bilingue peut procurer des avantages énormes, non seulement en termes de capacités langagières mais aussi en ce qui concerne le développement cognitif et social ( Lambert 1990)[8]
Pour aller plus loin
GROSJEAN, F., Life with Two Languages, Cambridge, Harvard University Press, 1982.
HAGEGE, Claude (1996) : L’enfant aux deux langues, Paris.
HAMERS J. 1997, “Contact de langues”, Sociolinguistique. Concepts de base, Belgique, Mardaga, pp.94-100.
KROLL, J. F. & DE GROOT, A. M. B. (éds), Handbook of Bilingualism : Psycholinguistic Approaches, Oxford, Oxford University Press, 2005.
LI WEI (ed.), The Bilingualism Reader, London, Routledge, 2000.
LÜDI, Georges / PY, Bernard (1986): Etre bilingue. Série : Cours et contributions pour les sciences de l’éducation.
LÜDI, Georges (1984) : Devenir bilingue – parler bilingue. Linguistische Arbeiten.
PERREGAUX, Christiane (1994) : Les enfants à deux voix. Des effets du bilinguisme sur l’apprentissage de la lecture.
RONJAT, J. (1913) : Le développement du langage observé chez l’enfant bilingue, Paris, Champion, in : HAGEGE, Claude (1996) : L’enfant aux deux langues, p.242.
MACKEY W. F. 1997, “Bilinguisme”, Sociolinguistique. Concepts de base, Belgique, Mardaga, pp. 61-64.
MACKEY W. F. 1976, Bilinguisme et contact des langues, Paris, Problèmes et méthodes 5, Klincksieck linguistiques, 534 p.” Enseignements bilingues ” : Revue internationale d’éducation n°7, p27-150
* Aspects de l’enseignement bilingue : Etudes de linguistique appliquée n°96
[1] Ici nous sommes très prudent en nous gardant de ne pas avancer comme argument à savoir que le bilingue serait la somme des bilingues, car comme d’autres études plus récentes l’ont montré cela est très rare.
[2] Article disponible a l’adresse suivante: www.tenorjaeger.ch/aprachenkonzept/Annexe_8.html consultée le 29 Juin 2008
[3] Cf. : www.unesdoc.unesco.org/images/0014/001496/149633f.pdf et http://www.recherches-africaines.net/document.php?id=363 pages consultées le 2 juillet 2008
[4] Cf. : http://www.hyperbul.org/numero8/Liens/li08_bilin.htm et aussi l’ouvrage de Marisa Cavalli (http://www.irre-vda.org/nuovairre/comunicazione/pubblicazioni/loi_reg2004.cfm)
[5] La notion de semilinguisme doit être employée avec prudence car on ne sait pas trop ce que les tenants de ce concept entendent par compétence insuffisante. Serait-ce un vocabulaire réduit? Ou une incapacité à pouvoir formuler des énoncés corrects? Que faut-il entendre par compétence linguistique? Beaucoup d’objections pourraient être soulevées. Mais pour la commodité de notre étude nous nous limiterons à l’évoquer de façon très brève.
[6] Voir: http://www.kanti.ch/Aktuell/maturaarbeiten/Grandirbilingue3.pdf page consultée le 20 Juin 2008
[7]Bilinguisme, in Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation, 3e édition, Retz, paris, 2005.
[8] Lambert W.E., “Persistent issues in bilinguation”, in Harley B., Allan P., Commins F., Swain M., the development of second language, Cambridge, University Press, Coll.,Cambridge Applied Linguistics”, NICOL, J. L. (ed.), One Mind, Two Languages : Bilingual Language Processing, Oxford, Blackwell, 2002.
1990
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10 juillet, 2008
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Qu’est-ce qu’une éducation bilingue ?
Dans son sens premier, il faut entendre par éducation selon le dictionnaire du TLF, « l’art de former une personne, spécialement un enfant ou un adolescent, en développant ses qualités physiques, intellectuelles et morales, de façon à lui permettre d’affronter sa vie personnelle et sociale avec une personnalité suffisamment épanouie. »[1] Si l’on attribue l’épithète de bilingue à ce vocable on pourra en déduire qu’une éducation est dite bilingue lorsque les moyens mis en place pour faciliter le développement de l’apprenant sont envisagés dans deux langues. Toutefois, il est à distinguer éducation bilingue d’enseignement bilingue, car l’éducation ne se limite pas à l’instruction (enseignement) stricto sensu. Néanmoins sachant qu’enseigner en en quelque sorte éduquer dans nos propos nous mettrons l’accent surtout sur l’enseignement bilingue.
Selon D. Coyle (2000)[2], « il y a autant de définitions de l’enseignement bilingue qu’il en existe d’interprétations et de modèles » ; mais dans son acception première nos propos peuvent s’accorder à ceux de Jean Duverger pour avancer qu’ « un enseignement est appelé bilingue lorsque les deux langues sont officiellement et structurellement présentes à l’école, parallèlement, pour communiquer et surtout pour apprendre ». Comme Jean Duverger l’a toute de suite précisé, cette définition, si simpliste soit-elle, est très bornée dans la mesure où les statuts (familial, culturel, social, économique, politique) de ces deux langues utilisées dans l’enseignement peuvent varier d’un pays à l’autre ou même d’une classe à l’autre. Par exemple, la réalité vécue dans les pays ou existent un bilinguisme équilibré est tout à fait différente de celle d’un pays diglotte, ou encore dans un contexte d’immersion. Ainsi il est difficile de transposer tel quel un modèle d’éducation bilingue d’un pays à l’autre compte tenu de l’hétérogénéité des classes ou des sociétés.
L’éducation bilingue ne date pas d’aujourd’hui, et elle est également très répandue dans le monde ; selon Uriel Weinreich[3] :
« En dépit de l’importance des situations bilingues, il y a une tendance, courante parmi les linguistes mêmes, à considérer l’unilinguisme comme la règle et le plurilinguisme comme quelque chose d’exceptionnel. Cette vision de la réalité, si fortement empreinte d’idéalisme…nous fait perdre de vue que des millions d’individus, et peut-être bien la majorité des hommes sur la terre, acquièrent le contrôle de plus d’un système linguistique pendant leur vie. »
Autrement dit, la majorité des sociétés et même celles réputées d’être monolingues, sont dites bi-plurilingues. Nous pouvons prendre comme exemple les phénomènes migratoires qui sont monnaie courante aujourd’hui. Statistiquement parlant si nous considérons le nombre approximatif de langues existant dans le monde (environ 6000) par rapport au nombre de pays (environ 226[4] ) on aura en moyenne 26 langues par pays ; bien que dans certains pays d’Afrique comme le Cameroun par exemple on recense plus d’une centaine de langues/dialectes.
En conclusion, vu le nombre de langues existant dans le monde, nous pensons que l’éducation bilingue en tant qu’elle est d’actualité mériterait d’être mieux analysée par les chercheurs (tout en identifiant ses avantages et inconvénients) afin de favoriser l’apprentissage des apprenants.
Pour aller plus loin :
ASDIFLE, Enseignement précoce des langues, enseignement bilingue, Les cahiers de l’ASDIDLE, N° 10, Actes des 21e et 22e rencontres, Paris, Limoges, 1998
BAETENS BEARDSMORE Hugo, “Les cadres institutionnels de l’éducation bilingue : quelques modèles”
Études de linguistique appliquée, n° 96, 1994/10-12, p. 45-65.
Baker Colin, Foundations of Bilingual education and Bilingualism, Multicultural matters, 1996 (3e édition), Clevedon, Angleterre
BAKER Colin, Foundations of Bilingual Education and Bilingualism, Clevedon, Multilingual Matters, 1993, 318 p.
Brohy, C., L’enseignement bilingue / l’enseignement précoce des langues secondes en Suisse romande. Neuchâtel : IRDP, 1999
CANDELIER Michel, coord., «Jalons pour une Europe des langues», Lidil, n°11, 1995, p. 5-176.
CHRIST Ingeborg & COSTE Daniel, coord. par, «Aspects de l’enseignement bilingue», Études de linguistique appliquée, n°96, 1994, 126 p.
CONSEIL DE LA COOPÉRATION CULTURELLE (Strasbourg), Atelier de recherche pédagogique sur “L’éducation en faveur des minorités”, Bautzen (Saxe), 11-14 oct. 1994, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 1993-1994.
COUNCIL FOR CULTURAL COOPERATION (Strasbourg), Language Learning for European Citizenship : Report on Workshop 12 A. Bilingual Education in Secondary Schools : Learning and Teaching Non-language Subjects through a Foreign Language – Soest (Germany), 26 sept.-2 oct. 1993, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 1993, 158 p.
Dalgalian Gilbert, Problématique de l’enseignement bilingue, colloque de Saint-Vincent du CMIEB, 1981.
DUVERGER Jean, L’enseignement en classe bilingue, Hachette/Paris, 2005, 139 p.
Duverger Jean, avec la collaboration de Maillard Jean-Pierre, L’enseignement bilingue aujourd’hui, Bibliothèque Richaudeau/Albin Michel, 1996
Fitouri Chadly, Biculturalisme, bilinguisme et éducation, Delachaux et Niestlé, 1983.
GAJO Laurent, Immersion bilinguisme et interaction en classe, Didier, 2001. (LAL : Langues et apprentissage des langues)
LIETTI Anna, Pour une éducation bilingue : guide de survie à l’usage des petits Européens, Paris, Payot, 1994, 204 p.
MAILLARD Jean-Pierre, réd., «Les sections bilingues», La Lettre européenne de l’éducation, n° 22, 1994, 8 p.
O’NEIL Charmian, Les enfants et l’enseignement des langues étrangères, Paris, Hatier-Didier, 1993, chap. 3, p. 61-87.
RIOUX Jean-Pierre, BECQUELIN Geneviève, VIAL Gilles, DUVERGER Jean, JANITZA Jean, Objectifs méthodes et perspectives de l’enseignement bilingue, Ministère des affaires étrangères, Ministère de l’éducation nationale, 1998.
SIGUAN Miguel, MACKEY William F., Éducation et bilinguisme, Paris, UNESCO/Delachaux & Niestlé, 1986, 147 p.
TRUCHOT Claude, sous la dir. de, Le plurilinguisme européen : théories et pratiques en politique linguistique = European Multilingualism : Theory and Practice in Language Policies = Europäische Mehrsprachigkeit : Theorie und Praxis in der Sprach(en) Politik, Paris, H. Champion, 1994, 423 p.
TSCHOUMY Jacques-André, Parler européen demain ?, Neuchâtel, Institut romand de recherches et de documentation pédagogiques, 1994, 5 vol.
[1] Cf : http://www.cnrtl.fr/definition/education page consultée le 9 juillet 2008
[2] D. Coyle, “ Apprentissage d’une discipline non linguistique et d’une langue: une approche intégrée”, dans Une didactique des langues pour demain, Le français langue Etrangère, “Recherches et Applications” juillet 2000 cite par Jean Duverger, L’enseignement en classe bilingue, Hachette, 2005
[3] Uriel Weinreich, « Unilinguisme et multilinguisme », P648, in André Martinet, éd.,(1968) : Le langage, Paris :NRF/La pléiade, cité par Déprez Christine (1994), Les enfants bilingues : Langues et familles, collection Essais, Didier Paris, P22
[4] D’après l’Etat du monde, il y avait 226 pays dans le monde au 31 juillet 2003, y compris les territoires non souverains et les États non membres de l’ONU.
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28 mars, 2008
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