2 / Les besoins humains sont-ils illimités ?
Existe-t-il une limite à l’appétit, aux besoins humains ? C’est ce qu’ont prétendu certains économistes comme Keynes (« Perspectives économiques pour nos petits enfants », 1930), qui distinguait cependant des besoins absolus (les besoins essentiels, comme manger, se vêtir, se loger) qui seraient à terme totalement satisfaits en quelques heures de travail, et les besoins relatifs qui naissent du regard des autres et du regard sur les autres. Voir le cours de 1ES sur la valeur marchande et la valeur symbolique des consommations (les “signes” qu’envoient aux autres nos consommations).
Jean Fourastié (célèbre économiste français de le 2nde moitié du XXe siècle) soutient également cette thèse des limites de l’appétit humain dans son ouvrage classique Les Trente Glorieuses paru en 1979, et y voie une des raisons de la fin de cette période de croissance exceptionnelle. Voir Document 1, Croissance et satisfaction des besoins humains dans la feuille distribuée limitesbesoinshumains
Dans la préface à l’édition de 2005 de l’ouvrage de Fourastié, Daniel Cohen (tout aussi célèbre économiste français, mais contemporain !) critique l’idée qu’il y ait des limites à l’appétit humain, ce que soutient Fourastié, mais lui donne raison sur le fait que cet appétit illimité se heurte à des ressources naturelles limitées, ce qui rendait prévisible le choc pétrolier … [Nota Bene : mais les chocs des années 70 sont des chocs de l’offre, dûs à des raisons politiques ; le choc de la demande croissante de pays du sud, c’est l’augmentation actuelle du cours du pétrole, beaucoup plus durable …]. Voir Document 2, Des besoins humains sans limites ? dans la feuille distribuée limitesbesoinshumains
La croissance semble donc repousser en permanence ses limites, tant du côté de l’offre que de celui de la demande. Pour autant, cette augmentation des richesses produites s’accompagne-t-elle d’une élévation du bien-être des populations ? Et quelles conséquences ce processus infini peut-il avoir sur notre planète, notre environnement, par nature fini ?
B / La croissance rend-elle heureux ?
L’augmentation des richesses produites s’accompagne-t-elle d’une élévation du bien-être des populations concernées ?
Cela pose la question des liens réciproques entre croissance et développement.
1 / Définir et mesurer le développement
Définition :
Document 7 page 18, Distinguer croissance et développement
Le développement est une notion polysémique. Une définition assez générale :
Développement : Ensemble des changements structurels économiques, sociaux, et politiques, qui permettent aux habitants d’un pays de mieux satisfaire leurs besoins.
Mesure :
La Banque Mondiale mesure le développement par le niveau de vie moyen, ou revenu moyen par habitant : le PIB par habitant. Limites de cet indicateur : simple moyenne qui ne prend pas en compte les inégalités dans la répartition des richesses ; centré sur une grandeur monétaire, alors que d’autres critères non strictement mesurables en termes monétaires ont une importance au moins aussi grande que le revenu pour le développement (exemples : éducation, espérance de vie, mais aussi accès à l’eau potable, réduction des inégalités hommes-femmes, démocratie etc.).
D’où la mise au point d’un Indice de Développement Humain (IDH) par le PNUD en 1990 : Document 8 page 18, Une mesure du développement humain : l’IDH
Développement humain : « élargissement de l’éventail des possibilités offertes à l’homme ». Idée inspirée des travaux d’Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998 : le sous-développement contraint, tandis que le développement libère, ouvre à chacun un grand nombre de choix dans la manière de mener sa vie.
Chaque année depuis, le PNUD fait paraître une Rapport sur le DH dans lequel il mesure ce dernier par l’IDH, indice composite calculé en faisant la moyenne de trois indices :
- indice de longévité (espérance de vie) ;
- de savoir (taux d’alphabétisation des adultes et taux de scolarisation) ;
- et de niveau de vie (PIB/hab).
2 / Les liens réciproques entre croissance et développement
Document 10 page 19, Les liens réciproques entre croissance et développement
Synthèse :

Pour lundi 28 septembre [RAPPEL] : terminer le parcours interactif ; rédiger au propre le travail préparatoire et me le rendre ; en deux heures sur table, vous rédigerez la question de synthèse avec comme seuls supports le sujet, votre travail préparatoire rédigé, et vos connaissances bien sûr.
Pour mardi 29 septembre : Document 18 page 23