Amidou Maiga est responsable de Projets à la Direction de l’Education et responsable de la Formation de l’OIF. Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours, son rôle au sein de l’OIF, ses objectifs, etc.
LeWebPédagogique : Amidou MAIGA, pourriez-vous nous présenter vos fonctions au sein de l’OIF ?
Amidou Maiga : Je suis Responsable de Projets à la Direction de l’Education et de la Formation de l’OIF. Au sein de cette Direction, j’ai en charge le projet dénommé : « Développer et améliorer l’efficacité de l’enseignement-apprentissage du français en relation avec les contextes multilingues » qui lui-même est un sous-projet du programme « améliorer l’efficacité des politiques nationales d’éducation ».
LWP : Préalablement à ses fonctions, quel a été votre parcours professionnel ?
A. Maiga : Je suis initialement professeur d’enseignement secondaire sorti de l’Ecole Normale Supérieure de Bamako, spécialité littérature française. C’est à ce titre que j’ai été membre fondateur et premier Secrétaire Général de l’Association malienne des professeurs de français. Je me suis ensuite spécialisé en linguistique africaine à Paris V où j’ai soutenu un Doctorat sous la Direction de Louis Jean CALVET. Cette spécialisation m’a valu d’être nommé Responsable du programme de recherche linguistique de la langue songhay à la Direction Nationale de l’Alphabétisation fonctionnelle et de la linguistique Appliquée du Mali où j’ai eu la chance de travailler auprès de Wambach sur l’introduction des langues nationale à l’école à travers la méthodologie convergente. Durant cette période, j’ai également beaucoup travailler sur les projets de seconde génération de l’ACCT (Delan, Dylan, Lexis, Dimo…) et la campagne de l’alphabétisation de masse soutenue par la Banque Mondiale.
Parallèlement à ces occupations d’ordre technique, j’ai occupé des fonctions administratives de haut niveau : Directeur National des Arts et de la Culture du Mali, Conseiller technique de plusieurs Ministres, Chef de cabinet du Ministre de la Culture et enfin Directeur des Premières Rencontres de la Photographie Africaine.
Avant de prendre poste à l’OIF j’étais professeur de linguistique à la Faculté des Lettres des Arts et des Sciences Humaines de Bamako.
LWP : Le programme que vous dirigez se fonde sur l’utilisation du contexte linguistique local pour l’apprentissage du français langue seconde, qu’elle en est la philosophie ?
A. Maiga : On ne pas aujourd’hui vouloir bien enseigner le français dans les pays où il n’est pas langue maternelle en ignorant les langues locales en présence. L’élève africain qui rentre à l’école à 6 ans est soumis à un grand traumatisme psychologique provoqué par la langue étrangère. Cette pratique est de beaucoup dans la déperdition scolaires dans les pays du sud. C’est s’agit pour nous de réduire par le biais d’un enseignement convergent les échecs scolaires. Il ne s’agit pas d’instaurer, surtout dans les pays qui n’en veulent pas, un système éducatif bilingue, mais d’utiliser la didactique de la convergence pour améliorer l’enseignement du français en s’appuyant sur la langue maternelle de l’apprenant. L’intervention de l’OIF dans ce domaine, qui n’est pas investi par les autres institutions internationales,, représente une plus-value importante pour la francophonie, ce qui donne à l’OIF une forte légitimité pour y intervenir.
LWP : Le programme couvre trois zones géographiques différentes (arabophone, créolophone et l’Afrique subsaharienne). La même approche didactique peut-elle être employée dans des contextes aussi différents ?
A. Maiga : La stratégie engagée par l’OIF sur l’adaptation de la didactique du français à la diversité culturelle, dans trois aires majeures (africaphonie, arabophonie et créolophonie) est conforme à la composition de l’identité francophone d’aujourd’hui. Si la méthode pédagogique relève de la même philosophie pour toutes les zones, la didactique change selon que l’on va d’une zone à une autre. L’approche au Mali où les langues nationales sont enseignées n’est pas la même que dans la zone créolophone où le créole n’est pas officiellement enseigné à l’école.
LWP : Quelles sont les prochaines étapes du programme, quels en seront les principaux apports à la communauté éducative ?
A. Maiga : Les prochaines étapes du programme sont :
- sensibilisation
- production d’outils pédagogiques (guides du maîtres pour la convergence didactique, grammaires d’apprentissage)
- formation des maîtres




