Hélène vient d’obtenir un poste de consultante dans un cabinet de relations publiques. Après un BTS en Communication des entreprises, elle a poursuivi ses études à la fac en faisant une licence pro, puis un master professionnel Communication des entreprises. Elle revient pour nous sur les caractéristiques de l’alternance en BTS.
A partir de quel niveau as-tu commencé tes études en alternance et pour quel diplôme ?
Je me suis orientée vers l’alternance juste après le BAC ES. En réalité, l’information au lycée est insuffisante, et il est vivement conseillé de se préoccuper de son orientation post-bac dès la première, voire dès la seconde. Pourquoi ? Car certaines écoles font leur sélection dès le mois de janvier de l’année du Bac, et il faut se préparer à passer des tests, des entretiens, etc… il faut donc être renseigné avant tout cela pour savoir vers quelle formation on souhaite se diriger. C’est pourquoi j’ai commencé à construire ma démarche dès les premiers jours de Terminale. Passionnée de communication, je souhaitais m’engager dans cette voix dès la sortie du lycée. Mais toutefois, il me semblait vraiment important de se former en envisageant la vie professionnelle. J’avais donc cette envie de lier le savoir théorique des cours, et son application professionnelle. Les études qui se prêtent à cette « alternance » sont les classes de BTS. Je me suis donc rendue dans plusieurs écoles, pour les visiter, et pour rencontrer des professeurs, afin de bien comprendre les différentes solutions possibles. J’ai finalement choisi un centre de formation plutôt proche de mon domicile, spécialisé dans les cursus en alternance et qui proposait le cursus du BTS Communication des entreprises, quasiment du sur-mesure pour moi : cours dispensés par 50% de professionnels, 50% de professeurs de l’éducation nationale, avec à la clé au bout de deux ans de formation, un diplôme d’Etat reconnu.
Comment est organisé l’emploi du temps en alternance ? Quelles relations entretiens-tu alors avec l’entreprise ?
L’aventure continue par une étape des plus difficiles. Qui dit alternance, dit 50% en cours, 50% en entreprise. Le choix du cursus et de l’école fait, il faut s’acharner pour décrocher un contrat de professionnalisation. Ce contrat permet d’une part de financer l’organisme de formation qui dispense les cours (l’étudiant ne paie pas sa formation) et pour l’étudiant d’être rémunéré. L’entreprise quant à elle bénéficie d’une déduction de charges et de subventions diverses. Ce contrat à quatre parties (l’école, l’Etat, l’étudiant et l’entreprise) est très difficile à négocier dans le secteur de la communication. Les entreprises reprochent souvent le rythme difficile de l’alternance, et l’absence d’expérience professionnelle des étudiants. L’investissement pour ces entreprises est significatif, mais pourtant, à force d’essayer toutes les solutions, j’ai enfin signé mon contrat dans une agence de publicité. Tout peut alors commencer. Il y a deux emplois du temps possibles. Soit l’alternance se fait sur le rythme 2 semaines en entreprise, 2 semaines en cours, soit elle se fait sur 2 jours par semaine en cours, 3 jours par semaine en entreprise. Pour ma part, j’ai travaillé durant 2 ans, le lundi et mardi dans mon centre de formation, et le mercredi, jeudi et vendredi dans l’agence de publicité. Bien sûr, certaines semaines l’emploi du temps peut être modifié : impératif professionnel, examens, BTS Blanc… le tout est de pouvoir justifier 1100 heures en entreprises et 1100 heures en cours. Le statut change lui aussi. J’ai donc été salariée et non pas étudiante, avec les mêmes droits et mêmes devoirs : 5 semaines de congés payés, RTT… Il faut bien avouer là encore, que le rythme est difficile à tenir, très dense, très complet. Les deux années passent très vite, et permettent à peine de boucler le dossier de 5 actions professionnelles qui seront présentées à l’examen du BTS qui sanctionne à lui seul deux années de dur travail. Ce qu’il faut aussi préciser, que l’on soit étudiant en alternance, ou en initial, l’examen est strictement le même pour tous, et qu’il n’y a pas de rattrapage…
Qu’est-ce que cela t’a apporté ? Est-ce une formation appréciée par les recruteurs ?
J’ai tout de même réussi l’examen, non sans mal. Ces deux années ont pour moi été un détonateur. J’ai été immergée dans le monde du travail, et dans un environnement particulièrement difficile, voire nocif. A la sortie du bac général, personne n’est apte à travailler. C’est pour cela que c’est une véritable expérience, d’intégrer des milieux si jeune, et en ayant tout à apprendre. Cela amène forcément à grandir, grandir très vite et gagner deux fois plus de maturité en deux fois moins de temps. Se confronter à des difficultés de travail dans sa formation permet, j’en suis sûre, de se responsabiliser, et de s’auto-discipliner. Cela permet aussi de raffermir des projets futurs, et de mieux les appréhender. C’est un petit peu comme cela que j’ai eu envie de poursuivre mes études, et d’intégrer l’université en Licence, puis en Master Professionnel et de tenir ces études jusqu’au bout, car toujours alerte sur les différentes applications professionnelles que cela peut ou pourrait me permettre dans un avenir proche. Avant tout, pour avoir finalement circulé dans des espaces différents d’études, je pense que la formation c’est ce qu’on en fait qui est important. Devant un recruteur, le fait d’avoir une expérience aussi longue (2 ans) dans une entreprise, montre la faculté de s’adapter au monde professionnel, avec ses contraintes, et de justifier de compétences que d’autres candidats n’auront pas. Si l’alternance est un bon moyen de se faire « sa carte de visite », et de valoriser son CV (ce qui plaît beaucoup aux recruteurs), ce n’est par contre pas un critère d’excellence pour réintégrer des cursus scolaires plus académiques comme l’université par exemple.
Le BTS en alternance est un défi difficile à relever. C’est une formation à la fois longue et courte, qui demande un investissement personnel très fort, et demande une grande motivation pour arriver jusqu’au bout sans trop d’encombres. Avec le recul, je ne regrette en rien cette orientation qui au-delà du diplôme et de l’expérience professionnelle, m’en a aussi beaucoup appris sur moi-même.