Retard scolaire

12:21 La classe, débat, la parole aux parents
Retard scolaire :Respectons le développement de l’enfant  
Pour un tiers des élèves, l’école commence trop tôt et progresse trop vite. Les enseignements doivent s’adapter à leur divers niveaux de maturité, sous peine de les faire courir à l’échec. C’est ce qu’explique le pédiatre Guy Vermeil qui travaille, depuis longtemps, avec des enfants en maternelle et en primaire, dans son ouvrage Le retard scolaire. Retard vrai ou maturité décalée (Ed. Ellipses).

Pour tous, un entretien à (re)lire.

Pour les enseignants, un sujet à approfondir.

Pour les écoles, un projet concret à imaginer.

Pour les parents, des pistes à suivre.

Pour les élèves, un espoir de mieux grandir!

De la théorie, à la pratique, il n’y a qu’un pas.

La fin d’année approche…conseil de classe, concertation, passage, maintient…et si on se posait la question autrement?

Éclairez-nous de vos expériences, de ce que vous et/ou votre enfant avez vécu entre le moment de l’annonce, la concrétisation du redoublement, et le résultat in fine un an plus tard.

Pour vous, une année de plus dans le même niveau, ce fut une bonne ou une mauvaise décision?

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7 commentaires
  1. montelle :

    Date: 19 mai 2008 à

    Je pense que l’école crée l’échec scolaire quand elle veut “forcer” les enfants, comme on force une plante. C’est un forçage que de vouloir enseigner trop tôt les formes écrites de la langue. Trop tôt ? J’entends par là avant qu’une langue orale suffisante soit acquise et appréciée.
    Je développe cette autre approche de l’échec par exemple sur cette page :
    http://www.meirieu.com/FORUM/montelle2.pdf
    Quand ces dégâts sont faits sur les très jeunes enfants, toutes les tentatives ultérieures de remédiation sont de peu d’effet.

  2. Julos :

    Date: 19 mai 2008 à

    “C’est le processus éducatif qui doit s’adapter à l’enfant et pas l’inverse…”

    ******************

    Ça paraît tomber sous le sens et nombre de chercheurs, d’experts de diverses disciplines le disent depuis de nombreuses années…

    “L’élève au centre”, principe actif de la loi d’orientation de 1989, n’était-il pas une véritable prise en compte de cette évidence ?
    Il semblerait que non, puisqu’après avoir été consciencieusement empêchée, pour ne pas dire sabotée, dans sa mise en oeuvre concrète et durable, cette idée passe aujourd’hui aux yeux de beaucoup, enseignants ou parents, pour une hérésie.

    So, what else ?

    ;-(

  3. ostiane mathon :

    Date: 19 mai 2008 à

    Bonsoir Julos

    “L’élève au centre”
    Encore une formule maladroite…comme tant d’autres!

    Un slogan qui, s’il signifie une chose pour les pédagogues, en signifie une toute autre pour les parents!

    Encore une fois, le choix des mots et l’explication consciencieuse qu’on en donne doivent accompagner la mise en oeuvre réelle et effective. Et ces trois données ont manqué à la loi d’orientation de 89.

    Placer l’enfant au centre…qu’est-ce que cela veut dire en termes pédagogiques?

    Je vois là un vrai sujet d’article, qu’il sera intéressant de proposer ultérieurement.

    Pour être concise et claire auprès des parents qui viennent ici pour essayer de comprendre, je dirais qu’il s’agit de sortir d’un enseignement ou seul le maître sait et l’enfant ne sait rien; où le maître déverse son savoir sans se demander si l’embouchure, le débit, et le breuvage correspondent bien à ce que l’élève est en mesure d’ingurgiter.

    Placer l’élève au centre, c’est le considérer comme moteur dans ses propres apprentissages; c’est le mettre en situation d’agir sur sa position d’”apprenant”. (l’utilisation d’un nom-participe présent est choisi et voulu car évocateur de l’idée d’action/réaction)

    Placer l’élève au centre, c’est lui permettre de s’exprimer, c’est lui donner un espace de réflexion et de présence pleine et entière.

    Placer l’élève au centre c’est le placer au coeur de l’enseignement; c’est transformer la relation maître-élève en relation pédagogique; une relation qui ne supprime en rien, loin de là, la place de l’enseignant.
    Là aussi, un article entier pourrait trouver matière.

    Il ne faudrait pas laisser imaginer, derrière la formule “placer l’enfant au centre” que l’école serait devenue un terrain de jeux où l’enfant apprend en s’amusant, décide de tout et ne fait que ce qui lui fait plaisir!

    On a bien essayé de détourner le sens premier de la formule. Certains y trouvent même des sujets entiers de débats, forum, très médiatisés.

    Facile…il suffit d’un petit discours anxiogène distillé aux parents, d’une ou deux phrases provocatrices pour diviser les enseignants, et hop, voilà l’école transformée du jour au lendemain en foire aux crétins…

    Ce n’est pas sérieux…

    Alors pour autant, ne fanfaronnons pas…il reste toujours beaucoup, oui, beaucoup à faire encore!

    So, Let’s go on!

  4. entredeux :

    Date: 20 mai 2008 à

    Bonjour à tous

    J’apprécie beaucoup l’analyse d’Ostiane sur cette notion de mettre l’élève au centre de la pédagogie. En tant que parent, c’est en tout cas comme cela que je l’entends.

    Tout comme, en tant que parent (…. et d’ancienne élève :)), j’ai difficilement accepté la notion qui consiste à exiger de l’enfant qu’il sait. Tout comme l’accusé qui doit démontrer qu’il est innocent, l’élève doit démontrer qu’il sait. Combien d’enseignants se targuent “de leur avoir tout appris”…… Sans jamais respecter, valoriser, développer, ce que l’enfant savait peut être déjà, par ailleurs, sur d’autres fronts……

    Allez, zou, je m’en vas dans mes 15 réunions de la journée

    Bon couarge à tous

    Cécile

  5. Julos :

    Date: 20 mai 2008 à

    Il me semble que l’expression “placer l’élève au centre” est apparue dans le texte de loi lui-même. Ceux qui en ont fait une formule, au lieu d’une profession de foi, une philosophie éducative ou un objectif organisationnel, ont sciemment détourné le sens et la raison d’être de ce message parfaitement explicite, au demeurant. Et je parle d’enseignants, pas de parents !
    La preuve, vous, Ostiane, l’ayant parfaitement compris, vous lui donnez ici un contenu très riche et cohérent. Tandis que ceux qui rejettaient sa philosophie implicite, se sont empressés de lui substituer un autre message : “le Savoir au centre”. Ce qui est aussi un choix, parfaitement clair.

    C’est, à mon sens, ce contre-feu polémique qui a rendu illisible, confus et inaudible, cette belle expression “l’élève au centre” aux yeux de nombreux parents et parfois même de collègues enseignants.
    C’est pourquoi je préfère parler de manipulation et non de maladresse.

    Cela dit, vous avez raison : faisons avec et avançons, malgré tout !

  6. ainhoa :

    Date: 26 mai 2008 à

    Bonjour,

    Je trouve que l’enseignement pratiqué en France, valorise la restitution, plutôt que la réelle compréhension, qui demande une plus grande maturité de l’élève.

    Ici peu de place pour la recherche et l’expérimentation, la valorisation de la créativité est pratiquement nulle. Par exemple en classe d’art, on demande aux élèves le plus souvent de copier un tableau… Les plus créatifs ne s’y trouvent pas leur compte!

  7. Ostiane Mathon :

    Date: 26 mai 2008 à

    Bonsoir Ainhoa, les premières lignes de votre commentaire synthétisent parfaitement l’ensemble, non seulement de notre structure scolaire, mais la société dans sa globalité!

    Heureusement les crétaifs sont doués d’une énergie puissante et d’un sens aigu de la survie…Nous en voyons tous les jours des exemples surprenants.

    Mais vous avez raison, l’école primaire devrait s’appuyer davantage sur la palette artistique de nos petits élèves.

    Les nouveaux programmes ne vont pas dans ce sens…

    J’enseigne, ils apprennent…et un et deux et trois!

    A bientôt Ainhoa!

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