Sur le chemin de l’école…

29 11 2008

Hier après-midi, grand moment de doute. Voilà trois semaines que j’ai quitté la classe. Trois semaines seulement? Trois semaines déjà…Et pourtant à l’heure du retour, sur le chemin de l’école, je sens comme un doute m’envahir. Difficile à expliquer. Trois semaines de réflexion, de réactualisation de mes connaissances, de mise en projet, d’échanges d’adulte à adulte…et voilà, dans quelques minutes, la porte va s’ouvrir et la réalité du terrain va me saisir, m’engloutir. Je ne veux pas retourner à la case départ. Trois semaines de grand large, c’est comme un long voyage. Mais, et eux? Vers quels horizons ont-ils navigué?

Il est 14h30. Personne sur le trottoir. Ouf. Je respire une grande bouffée d’air vif, il fait un froid d’hiver aujourd’hui…Je sonne…

Patchwork de cris dans la cour, blessés de guerre dans le couloir, escaliers qui débordent, c’est l’heure de la récré…Voilà, tout est là, tous sont là, et moi aussi!

                                                 




Des mots de papier

27 11 2008

GAINSBOURG le magnifique!

Plusieurs versions des P’tits papiers. Ce matin, c’est celle-ci que je choisis.

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Sciences et passion

25 11 2008

ANDRE BRAHIC, sur Curiosphèrenous parle de son métier…le plus beau métier du monde…

http://www.dailymotion.com/video/x62ms0

 

Des mots magiques:

univers, astres, aventure, curiosité, plaisir, passion, enthousiasme, intuition, éducation, culture, recherche…




Dicton de saison

22 11 2008

« Terre retournée et blés semés, le ciel peut neiger »




Si j’étais…

21 11 2008

Si j’étais un loisir,

               je serais la lecture

Si j’étais un livre,

               je serais un livre de contes

Si j’étais une peur,

              ce serait la peur du noir

Si j’étais un cauchemar,

              je serais le loup

Si j’étais un trait de caractère,

             je serais la timidité

Si j’avais une soeur jumelle,

             elle s’appellerait Grétel

QUI SUIS-JE?

Un personnage, mais qui donc?

 




Le jardinier pédagogue (Chap.5)

18 11 2008

Le monde technique

« L’homme qui veut dominer ses semblables suscite la machine androïde.

Il abdique alors devant elle et lui délègue son humanité.

Il cherche à construire la machine à penser,

rêvant de pouvoir construire la machine à vouloir, la machine à vivre. »

Gilbert Simondon,

Du mode d’existence des objets techniques (1958)


Le travail manuel a très mauvaise presse dans notre école et dans notre société. Les orientations vers le technique sont considérées comme un pis-aller, une voie de secours pour les cancres. Ce mépris s’est aggravé avec la parcellisation tayloriste du travail qui ôte à ce dernier la presque totalité de sa dignité et de son intérêt. On a bien tenté de lutter contre cette tendance en créant des filières technologiques nobles, mais il faut bien dire que la rémunération du travail manuel est sans commune mesure avec celle du travail intellectuel. Et pourtant, le travail manuel a tout autant de noblesse que son rival, ne demande pas moins de compétences même si elles sont autres pour partie d’entre elles. L’habileté à imaginer la tâche à accomplir, l’intelligence du geste économique et efficace, la ruse pour résoudre toutes les difficultés qui se dressent inévitablement au cours de l’accomplissement de la tâche. Le travail de l’ouvrier ou du technicien ne joue par sur des mots mais sur une réalité impitoyable qui sanctionne immédiatement toutes les erreurs.

Voilà pourquoi le travail concret sur la matière a – ou devrait avoir – autant de valeur, autant de noblesse que le travail intellectuel. Certains enfants montrent un goût et une habileté indéniables dans ces domaines mais il n’en est pas suffisamment tenu compte dans l’appréciation que l’école porte sur eux. La technique est l’enfant pauvre, remplacée par la « technologie » bien différente. Après la seconde guerre mondiale, dans le cadre du plan Langevin-Wallon, des classes expérimentales avaient été mises en place dans certains lycées classiques. En plus des programmes de français, de latin ou de mathématiques, les élèves allaient quatre heures par semaine dans une école technique avec de vrais maîtres de travail manuel pour réaliser de vrais objets industriels sur de vraies machines. Ils apprenaient à scier, dégauchir, raboter, tourner, assembler, polir le bois ; à dresser, percer, tourner, fraiser, forger le fer. Hélas, ces classes dites Nouvelles, puis Pilotes, ont été abandonnées, laissant la place à des travaux manuels ou ménagers, abandonné à leur tour. Et pourtant, elles enseignaient à certains de ces fils de professeurs, de notaires ou de médecins qui fréquentaient les lycées de cette époque qu’il est plus facile de dire que de faire, que les choses résistent et sanctionnent, qu’il faut beaucoup de soin et d’habileté pour réaliser un objet irréprochable, qu’il peut y avoir une grande dignité et beaucoup de satisfaction dans la réalisation d’un camion, d’un séchoir, d’un support de fer à repasser.

Je pense qu’il est nécessaire d’être en contact direct avec la matière avant de passer à l’abstraction de la technique moderne. Si beaucoup d’enfants se détournent du monde scientifique et technique, c’est peut-être parce que maintenant on ne voit plus rien de ce qui se passe dans un moteur ou un poste de radio. Il est intéressant de repasser par les mêmes étapes que la science et la technique dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres : l’ontogénèse suit le chemin de la phylogénèse. Les exercices proposés par Charpak sont tout à fait pertinents, à condition qu’ils ne se limitent pas au bricolage et visent l’abstraction généralisante, qui seule est scientifique. Dans ce cas, la technique est le marchepied de la science.

La technique est un bon moyen pour récupérer des enfants en difficulté scolaire, non pas en leur permettant d’accéder immédiatement à des robots, mais en leur demandant de limer, de raboter, d’être en contact physique avec le bois, le fer, le plastique et aussi de tisser, coudre, cuisiner, jardiner. En exigeant des normes de précision et de soin très sévères. Quand l’objet fabriqué est réussi, quand le projet est réalisé, on en est fier et cette fierté donne l’élan de vivre, d’entreprendre, établit la confiance.

Prochain chapitre…Les arts

Christian MONTELLE

Ornans, Août 2008

Diffusion libre

 




Quiz « Que savez-vous des blogs? »

17 11 2008

Je blogue, tu blogues, nous bloguons, et vous…que savez-vous des blogs?

            10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…Partez!

Allez, encore un petit?

Et maintenant, si vous souhaitez découvrir d’autres quiz, n’hésitez pas, rendez-vous ici!

De nombreux domaines, pour tous les niveaux de classe, pour les parents et pour les profs!

Merci qui?

Merci le Web pédagogique!




La démarche « portfolio »

15 11 2008

Une démarche d’apprentissage qui doit…

« permettre à chaque apprenant d’accéder à son excellence propre »

Une démarche qui amène l’enseignant à se poser deux questions majeures…

1 qui travaille en classe…les élèves ou le maître?

2 évaluer…qui, quoi quand et comment?

Une démarche qui propose à l’élève de construire et de prendre conscience de sa progression.

– j’ai des points faibles et des points d’appui

– je choisis mes priorités en fonction de besoins incontournables

– je me fixe des défis mesurables

– je collecte des outils et des éléments utiles en fonction de mes objectifs

– je sélectionne les plus pertinents

– je mets en place

– je présente

– je co-évalue avec l’adulte

– je compare mes points faibles et mes points d’appui à ceux de départ

….et soit je reprense mon défi, soit je passe à un autre défi…quant à mes réussites, elles sont visibles, point besoin de note pour les mesurer!

Bon, vive la formation…Et maintenant…Je fais quoi avec tout ça?…la révolution à l’école? Chouette! Non, plus sérieusement, je commence par le commencement.

Première étape, je construis mon propre portfolio … »numérique »… je m’y colle, je joue le jeu de l’élève-enseignant…sur une année scolaire, cela me semble raisonnable. Après, nous verrons bien…Rien ne sert d’aller trop vite, même si l’on est pressé d’arriver! Mieux vaut vivre de l’expérience de l’intérieur. En se mettant soi-même en situation, il est plus facile d’appréhender les possibilités et les limites d’une telle pédagogie. C’est également une façon de précéder l’élève dans la démarche pour mieux le seconder par la suite.

J’ai bien entendu une foule de questions en tête. Des doutes, des peurs.

– Et mon rôle dans tout ça?

– Et comment gérer dans toutes « les matières » le suivi individualisé de 30 élèves?

– Et quid du collectif et des fameuses leçons?

– Et comment intégrer cette pédagogie dans un vrai projet d’école?

– Et comment les parents vont-ils réagir?

– Et les collègues du collège, vont-ils s’y retrouver?

D’ailleurs, cette nuit, grosse insomnie…

Maintenant, pour ne rien vous cacher, je compte bien sur mes gentils et fidèles lecteurs pour me faire part, le cas échéant, de leurs aventures (abouties ou non) dans ce domaine! Vous savez, le fameux label du webpédagogique…parce que la connaissance…ça se partage!

Enseignants ayant pratiqué cette pédagogie, parents l’ayant vécue à l’école ou en milieu professionnel, j’attends vos témoignages, vos remarques, vos éclairages!

Je terminerai en remerciant chaleureusement Lofi pour sa longue intervention sur le forum hier, en réponse à mon appel à témoins! MERCI.




Enseignants d’ailleurs

14 11 2008

                                         

« Je m’engage à mettre toutes mes forces et toute ma compétence au service de l’éducation de chacun des élèves qui me sera confié. « 

Tel est le « Serment de Socrate » que nos jeunes collègues belges proclament solennellement en entrant dans la profession.

C’est François Muller qui me l’a appris. Premier jour de formation…recadrage…

Pour ce qui me concerne, je trouve l’idée et les fondements de cette déclaration tout à fait d’actualité. Plus que jamais, dans l’incertitude du devenir de notre formation initiale, nous portons cette responsabilité de nous interroger et de nous engager devant les autres et devant la « loi ».

                                        

Nous le faisons de manière plus ou moins consciente et individuelle…Mais le proclamer haut et fort devant tous…c’est une autre affaire…

QU’EN PENSEZ-VOUS?




Tableau de présence

13 11 2008

Tous les matins, depuis lundi, je me rends au centre de formation. Là, chaque matin, de table en table, un tableau de présence circule. Je le signe. Oui, je suis bien en formation. Oui, je suis bien là, avec mes collègues. Et pourtant cette présence déclarée et signée me rappelle insidieusement mon autre absence, celle qu’elle entraîne inévitablement….Je ne suis pas avec eux, là-bas. Je ne suis pas auprès d’eux, en classe. Evidemment, pour eux, rien n’est vraiment différent, ils sont en classe avec un autre professeur. Mais pour moi, curieusement, c’est différent…Il y a comme un manque…comme un soupçon de mauvais conscience…

Il est 13 heures, la cloche sonne…Bon après-midi chers élèves!




Repérer les leaders d’opinion

11 11 2008

Monsieur le Ministre,

Vous l’avez donc remarqué, les enseignants sont concernés par…l’éducation.

De ce fait, nous nous intéressons de près à ce que vous dites et à ce que vous faites. Nous réagissons. Tantôt en accord, souvent en désaccord. Que voulez-vous, entre nous, nous avons déjà bien du mal à nous entendre…

L’enseignant d’aujourd’hui, je ne vous l’apprends pas, n’est plus l’enseignant d’hier. Le monde bouge. Il s’est donc adapté, tel un mutant, aux nouvelles exigences, aux nouveaux défis, en essayant de jamais perdre de vue l’essentiel, son élève, ses élèves, les élèves.

Cette adaptation l’a tout naturellement amené à se saisir d’un mode de communication qui, depuis quelques années a pris un essor relativement important, et qui n’en est qu’à ses débuts, le blogging.

Des blogs de profs, des sites d’instits, des forums de professionnels ont vu le jour un peu partout. Peu à peu ils ont tissé un véritable réseau d’échanges, formidable vivier d’énergies, de propositions, de contre-propositions. Via Internet, les enseignants se sont donc emparés d’un concept directement lié à celui de la démocratie participative, le dialogue en direct.

Il semble que vous soyez intrigué par ce nouveau phénomène.

Des enseignants qui discutent, s’empoignent parfois, en dehors des heures de présence dans l’institution, en dehors des partis ou des groupements syndicaux. La nuit, les jours fériés, les week-end.

Des enseignants qui partagent entre eux leurs aventures pédagogiques, témoignent sans détour de leurs expériences sur le terrain.

Des enseignants qui mettent gratuitement à la disposition de leurs collègues ou de leurs élèves, du contenu personnel, des fiches, des cours, des outils, du temps!

Des enseignants qui s’adressent aux parents, qui expliquent, qui entrent en contact, qui n’ont pas peur.

Des enseignants qui sortent de leur réserve, qui n’ont rien à cacher, qui osent exprimer leurs doutes et leurs réussites, sans gloire ni honte.

Ces enseignants blogueurs semblent vous surprendre.

Qui sont-ils? Que disent-ils? Où sont-ils?

Mais Monsieur le Ministre, nous sommes là! Il suffirait d’un ou deux clics pour que vous entriez dans notre blogosphère, nul besoin d’embaucher des chasseurs, nul besoin de dépenser 200 000 euros, nul besoin d’une équipe de veille. NOUS SOMMES LA!

Vous voulez comprendre? Et bien venez, participez, entrez dans la ronde, vous y êtes invité! Nous ne serons pas toujours d’accord, et alors? Vous ne serez pas forcément accueilli avec les usages du politiquement correct, et alors? C’est le risque à prendre. Mais derrière ce risque, et comme en résonance immédiate, le mot « ensemble » trouve toute sa puissance. Ensemble, même différents. Ensemble même sans être d’accord. C’est cela la force d’Internet. Etre ensemble malgré la distance et en dépit des idées qui nous séparent.

Je puis en témoigner aujourd’hui, après quelques mois de blogging, j’ai tant appris, j’ai découvert tant de talents. Vous cherchez des leaders d’opinion? Si je puis me permettre, Monsieur le Ministre, cherchez juste des enseignants, vous trouverez des femmes et des hommes passionnés, inventifs, acharnés.

Alors voilà, je vous invite à nous rejoindre, je vous invite à tenter l’expérience. Ici et dès à présent. Ici ou ailleurs. Nous sommes des milliers. Si vous vous considérez comme un parmi nous, votre place est avec nous.

Alors, le voulez-vous?

Certains disent WE CAN DO IT!

D’autres N’AYEZ PAS PEUR!

Ce soir j’ai l’audace de vous le demander en direct:

LE VOULEZ-VOUS?




L’Arc de trionfle

11 11 2008

Compte-rendu de sortie

« Tu sais maman, sous l’Arc de trionfle, il y a un un poilu enterré! Il est inconnu, mais on a allumé une petite flamme pour lui! Et tu sais pourquoi on les appelle « les poilus » ? En fait, ils ne se rasaient jamais et ils avaient des poils partout! « 

Ma fille, CP

VUE DE DEHORS

LES 284 MARCHES

VUE D’EN HAUT




Motiver, oui mais comment?

9 11 2008

Motiver, un enjeu capital pour l’enseignant.

Être motivé, une condition déterminante pour l’élève.

En guise d’introduction, n’oublions pas ce préalable: si l’enseignant est en classe, il s’agit là, a priori, de son choix, de son désir. Pour l’élève, comme pour sa famille d’ailleurs, il n’en est rien; s’ils répondent présents à l’appel, c’est que l’école est tout simplement obligatoire. Il ne s’agit pas pour l’enfant d’une volonté fondée sur le désir ou le besoin, il ne s’agit pas pour lui d’une démarche naturelle ou individuelle. Sauf rares exceptions.

Il me semble intéressant de rappeler ce paradoxe initial et de ne jamais le perdre de vue. L’état d’esprit de l’enseignant est bien éloigné de celui de son « public » et de ce décalage, le maître doit être conscient afin de mieux appréhender la distance qui sépare ses attentes propres des signaux extérieurs qui lui parviendront, ou non, en retour; des attentes personnelles et motivées, des retours parfois positifs, souvent invisibles, toujours longs à venir.

Lorsque, chaque matin, j’arrive à l’école, je sais pourquoi je suis là et ce que je viens y faire; j’ai conscience du POURQUOI et du COMMENT de ma journée, de mon trimestre, de mon année. Je sais où je vais, et même si l’itinéraire est jalonné d’imprévus, même si les étapes cachent des détours insoupçonnés, je puise mon énergie dans cette motivation première, celle qui m’a fait choisir l’enseignement. Et que les choses soient claires, au risque de choquer, mes objectifs, mon carburant ne sont en rien calqués sur le programme à boucler…Et c’est bien mieux ainsi, car le cas échéant, il y a belle lurette que j’aurais décroché physiquement, démissionné moralement, sombré psychologiquement.

Le programme, il fait partie de mon cahier des charges bien entendu! Je suis responsable d’un groupe classe, d’un niveau scolaire, d’une classe d’âge. Le programme est présent du début du mois de septembre à la fin du mois de juin. C’est autour de ce programme que vont se construire les différents apprentissages. MAIS…un programme ne suffit pas, loin de là, à motiver l’enseignant, encore moins un enfant de 5 ou 10 ans! Un programme ne légitime pas 8 heures par jour à enseigner, encore moins 8 heures par jour à recevoir ce que l’adulte nomme enseignement mais ce que l’enfant subit souvent comme une torture, au mieux comme un passage obligé…

Les élèves qui partagent avec moi une année entière, ces mêmes élèves passent toute leur enfance sur les bancs de l’école. Savent-ils pourquoi ils y viennent? Connaissent-ils les enjeux de cette aventure? Ont-ils conscience de l’impact que cela peut avoir sur leur avenir? Non. Pas vraiment. Et d’ailleurs, faut-il nécessairement impliquer l’enfant dans un avenir si lointain pour lui qu’il en perd toute sa substantifique moelle? Je ne sais pas. Parfois je me dis qu’il est nécessaire de visualiser l’horizon, parfois je me dis qu’à force de regarder l’avenir dans une boule de cristal, on finit par perdre de vue l’essentiel, le présent, premier temps de l’existence de l’enfant, temps indispensable à l’être.

« Ici, maintenant, avec vous »

Bien, alors comment faire? Puisque l’école est obligatoire, puisque les hommes, avec raison, ont jugé nécessaire et indispensable cette éducation et cet enseignement, puisque nos élèves n’ont pas le choix et que nous y sommes confrontés quotidiennement, comment faire pour réduire la distance qui sépare l’enseignant de « l’enseigné »? On entend souvent la formule « placer l’élève au centre ». Mais que signifie-t-elle au juste?

S’agit-il d’imaginer l’apprentissage comme un amusement? de transformer l’école en un lieu de divertissement? de pourvoir à tous les désirs de l’enfant? de remplacer la contrainte par le plaisir? de fuir la difficulté et de céder à la facilité?

Réduire cette distance entre l’enseignant et l’élève signifie-t-elle baisser le niveau d’exigence attendu? Non…bien évidemment…Tout au contraire. A mon sens, le niveau d’exigence reflète le respect que l’on porte à l’élève. Exiger c’est affirmer à l’autre qu’il est capable. Capable de grandir intellectuellement, physiquement, moralement, individuellement. Il faut donc que cette exigence soit en rapport avec celui qui y fait face. Il faut donc que cette exigence ouvre les yeux de celui qui doit y parvenir. Il faut donc que cette exigence fasse écho chez l’élève.

L’enfant interagit dans l’action, il vit dans l’immédiateté, il se construit dans le moment présent. Il est alors nécessaire de faire appel à des situations d’apprentissage qui l’ancrent dans sa réalité et lui permettent de mieux comprendre les enjeux à venir dont il est porteur.

Quels « critères actifs » prendre en compte dans ces situations d’apprentissage? Comment passer d’une situation subie à une situation non pas choisie mais active? Voici une ébauche suggestive, quelques pistes envisageables, à décliner bien entendu selon les appétences et les compétences de chacun….chaque enseignant est unique et chaque groupe d’élèves l’est également. Je tenterai juste d’exprimer des possibles mises en œuvre…en fonction de quelques paramètres qui m’apparaissent utiles et selon les principes définis par Rolland Viau.

1/ Révéler un besoin authentique à combler, ce qui permettra aux activités ultérieurement proposées d’être signifiantes aux yeux de l’élève: « Voilà pourquoi je fais cela. »

Ex. pour le cycle 3: Partir des productions écrites des élèves en début d’année et établir avec eux un diagnostic des principales erreurs référencées auxquelles les différents points du programme apporteront des éléments de réponses. On peut alors imaginer des parcours personnalisés, des ateliers communs et des regroupements collectifs.

2/ Proposer un objectif précis à atteindre, en lien avec le besoin identifié, pour que l’élève sache vers où il doit aller: « Je pars d’ici pour arriver là. »

Ex. pour le cycle 1: Fabriquer un dictionnaire de classe collectif, un herbier saisonnier, dont un prototype élaboré par le maître sera présenté à la classe.

3/ Présenter un défi pour l’élève afin de donner du sens et une légitimité aux apprentissages. « Pour que ça marche, je dois y arriver ».

Ex. pour le cycle 2: Réaliser une maquette en vue d’une exposition de fin d’année, d’une carte animée à offrir pour Noël, etc.

4/ Diversifier les activités et les intégrer les unes aux autres de manière à donner du rythme aux apprentissages et d’offrir plusieurs approches. « Pour accomplir une tâche, je dois passer par plusieurs étapes »

Ex. pour le cycle 1: Au cours de la fabrication d’un recueil de contes, suggérer des lectures, produire des créations écrites, des illustrations, participer à la mise en page, etc.

5/ Engager l’élève individuellement et collectivement « Je compte sur les autres et les autres comptent sur moi! »

Ex. pour le cycle 3: Imaginer un parcours-relais par équipe en mathématiques où chaque élève est responsable de son propre travail  dont les résultats seront ensuite comptabilisés au sein de chaque groupe.

6/ Le responsabiliser en l’invitant à effectuer des choix. « Quelle est ma priorité du moment? »

Ex pour le cycle 2: En situation d’ajustement proposer deux ateliers de conjugaison semblables mais différents et inviter l’élève à expliciter son choix en fonction de ses difficultés propres.

Je voudrais conclure cette petite réflexion par un aveu de faiblesse. Comme de nombreux collègues, les difficultés majeures auxquelles je me trouve confrontée quotidiennement sont liées en grande partie à la gestion du groupe classe, du temps et de l’hétérogénéité. De recette miracle, il n’en existe pas, je n’en réclame pas ni n’en promets aucune. Je demeure néanmoins certaine d’une chose, les échanges d’expériences et de points de vue peuvent aider à dépasser certaines réticences, certains doutes en permettant de sortir de la solitude que beaucoup d’entre nous ressentons au sein de la classe.

On ne naît pas enseignant, on le devient peu à peu et pas à pas. Tel un artisan, notre maîtrise n’est jamais totalement acquise. Mais le geste s’affine, il devient jour après jour un peu plus plus sûr. Alors rasséréné, on peut se laisser aller à l’exploration de nouvelles stratégies.

Enfin et surtout je me répète régulièrement une chose: on apprend en faisant, en défaisant, en recommençant. Regardez nos élèves, c’est ce qu’ils font tous les jours! Alors de quoi avons-nous peur?

Demain, je ne ne retourne pas en classe. Demain je me lèverai dans la peau d’une élève. Demain, et pour un mois, je ne vais plus enseigner, je vais continuer d’apprendre avec d’autres collègues, aux côtés de maîtres-passeurs comme j’aime à appeler nos maîtres-formateurs.

Je vous raconterai…

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Caractéristiques et référentiel de compétences…

8 11 2008

Portrait tiré de la parfaite instit’! ( texte inspiré d’un document discrètement glissé dans mon casier…Y aurait-il là, le message déguisé…d’un admirateur masqué?)

                                      

part bosser avec un Eastpack plein à craquer et 3 cabas qui débordent

connaît au moins 14 Dylan et 28 Léa

se ruine en stylos rouges, correcteurs et cartouches d’encre

connaît la différence entre boulet, boulard et mammouth

sait ce qu’est un mandala et un référentiel bondissant

fait une leçon de savoir-vivre dès qu’on lui coupe la parole

est la seule à souhaiter la bonne année au mois de septembre

mange du poisson pané tous les midis à 11h30

 passe son temps lors d’un diner entre amis à répéter « chut, chut, moins fort, à chacun son tour! »

fait l’appel en vacances, avant de passer à table ou en sortant du super-marché

préfère les bonnes vieilles Kickers aux escarpins branchés

fait la collec’ de pot de yaourts et de papier d’emballage

 compte et recompte, dans les transports en commun, le nombre d’enfants en cas d’évacuation intempestive

 fête ses 40 ans,  un mercredi après-midi autour d’un 4/4 et d’une bouteille de Banga

connaît tous les noms et pouvoirs des pokkémons et autres personnages mangas 

dessine soigneusemnt 3 jambes aux « m », 2 pour les « n », un joli petit pont aux p et 2 boucles bien symétriques aux « f »

sait changer le toner d’une photocopieuse, jouer de l’hamonica et tricoter des colliers de nouilles

fait la grasse mat’ tous les mercredis

utilise une lotion préventive « anti-poux » en guise d’eau de Cologne

commence l’année au sédatif PC et la termine au « Red Bull »

                                                      




Le jardinier pédagogue (Chap4.2)

6 11 2008

                               

                                   LE MONDE DES SCIENCES…(suite)

                                              

                                                       

Une autre compétence indispensable, dans la vie comme dans les sciences, est la capacité d’observation.

On connaît les jeux de Kim et autres, mais il y a un merveilleux champ naturel sur lequel exercer cette qualité, celui de la nature. Je me souviens d’un maître de maternelle de première année (deux-trois ans) qui usait et abusait du magnétoscope. Un jour, il me raconta avec fierté qu’il avait passé aux bambins dont il avait la charge un documentaire sur les fourmis. Les mioches voyaient de grosses bêtes terrifiantes grouiller sur l’écran, et toutes les explications étaient données dans un commentaire qui leur était évidemment inaccessible. Et pourtant, à quelques dizaines de mètres de la classe (on était en milieu rural), il y avait des fourmilières de fourmis noires (celles qui ne piquent pas !) qui ne demandaient qu’à être   

                   examinées, touchées, senties.

                                                                                                                                                                                               Faire découvrir les différences et les ressemblances entre les insectes ou les fleurs (préférer le petit avec les petits), faire voir, écouter, toucher, goûter, sentir pour apprendre à se servir de tous les sens, ne pas se contenter d’un survol rapide, mais rester longtemps sur le motif, quelle splendide préparation pour aborder plus tard les sciences ! La nature est une merveille absolument incroyable. Le miracle y est quotidien. La beauté omniprésente. Ces qualités du spectacle de la nature suscitent chez celui qui sait se pencher au ras du sol un émerveillement accompagné d’une curiosité intense. Cette curiosité est l’une des plus grandes qualités qu’un enfant peut posséder, car elle l’amène à s’intéresser à la vie et au monde. Cet émerveillement, que le maître doit exprimer et donner à vivre pour qu’il soit contagieux, est le début de la conscience dans la science, du respect de la vie, ce miracle immensément improbable, mais toujours renouvelé.

Pour beaucoup d’enfant, tout ce qui relève de la nature relève du concept, de l’abstraction. Aujourd’hui, la nature est devenue un « objet » d’étude plus qu’une source de vie. La nature s’étudie et se décrit là où il faudrait d’abord la goûter, l’écouter, la toucher, la sentir. L’éveil des sens permettra une meilleure approche scientifique. Les maîtres disposent de bien peu de temps en classe pour cela. C’est pourquoi les classes vertes et autres jardins potagers doivent être réimplantés dans nos écoles.

Tous les adultes peuvent aider les enfants à porter leurs regards sur les merveilles de la nature ! Pour cela, il est efficace de doter les objets d’étude – quels qu’ils soient – d’une « identité narrative », d’une histoire. Dès que nous connaissons une histoire sur un individu, sur un animal, sur quoi que ce soit, cet élément devient intéressant car il éveille nos sentiments. Comme nous l’avons noté, les utilisateurs peu scrupuleux des techniques du storytelling, politiques ou publicistes, utilisent ce moyen pour se donner du pouvoir sur autrui, pour l’aliéner. Le pédagogue peut très bien l’utiliser pour attacher les enfants à un objet d’étude. Le professeur commencera son cours par une courte anecdote, un conte, une légende, une courte biographie, un document visuel et cette accroche servira de repère à l’enfant qui reconvoquera beaucoup plus facilement le théorème de Pythagore si on lui raconte brièvement des éléments de la vie de ce fameux mathématicien :    « Pythagore était un mathématicien grec de la fin du VIe siècle avant J.-C. Né dans l’île de Samos, il partit fonder une école proche d’une secte à Crotone, dans le sud de l’actuelle Italie. Pythagore y étudiait les mathématiques, la musique, ou la philosophie. Les disciples rapportaient toutes leurs découvertes scientifiques au maître, de sorte qu’on ne peut plus distinguer à ce jour les inventions de Pythagore de celles de ses disciples. L’école avait également une activité politique, en faveur du régime aristocratique, ce qui finit par déclencher une émeute populaire au cours de laquelle l’école fut détruite. On connaissait la propriété de Pythagore « Dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. » bien avant cette époque. On a en effet découvert des tablettes d’argile gravées par les Babyloniens, probablement vers 1800 av J-C, donnant les longueurs des côtés de 15 triangles rectangles différents. Ce serait du vivant de Pythagore que son nom serait associé à la fameuse relation, et la légende rapporte que Pythagore en fut si fier qu’il sacrifia aux dieux une hécatombe, c’est-à-dire 100 bœufs. L’école de Pythagore a peut-être été la première à donner une preuve du théorème. Depuis, les Chinois, les Hindous, les Arabes, les Occidentaux (parmi lesquels Léonard de Vinci) ont imaginé des centaines de démonstrations. Dans un livre, The Pythagorean proposition, Elisha Scott Loomis en a réuni 370. »

Pour les objets, il existe un type de contes, les contes des « pourquoi ? »,  ou contes étiologiques, qui attachent un récit à des plantes, des animaux, des astres, des ustensiles… On peut demander aux enfants d’en inventer si aucun n’existe et c’est un excellent exercice écrit. Des indications d’usage, des jeux, des activités de fabrication d’objet ou de modes d’emploi peuvent aussi créer ces liens affectifs qui précèdent l’étude, la motivent et permettent une bien meilleure rétention. On connaît la pédagogie de la « main à la pâte » de Charpak. Il est utile d’y adjoindre une part de récit, de symbolique, voire de poésie. Donner du sens aux choses, sans les cantonner à leur aspect technique ou purement scientifique. Après vient l’abstraction, la loi, la règle, l’algorithme.

Beaucoup de nos concitoyens, y compris les enseignants, ont perdu leur confiance dans le progrès et dans la science. Ils ne font plus la distinction entre les « bons » scientifiques, soucieux du bien commun et les ambitieux sans scrupule qui sont la honte de cette profession. Pourtant, personne ne peut nier que notre existence a été prodigieusement améliorée grâce à la science, depuis deux siècles, et il est grotesque de faire l’impasse sur ces progrès immenses. Comment se passionner pour une discipline dont les acteurs sont présentés comme des criminels en puissance et les applications susceptibles de faire disparaître l’espèce humaine de la surface du globe ? Le désamour manifesté par les nouvelles générations envers les filières scientifiques trouve peut-être là une de ses origines. Il est urgent de remotiver les enfants dans ce domaine car l’avenir de notre pays en dépend. La chute des prises de brevet français est très préoccupante. Les techniciens ne sauraient suffire ; il nous faut aussi des chercheurs et des ingénieurs.

             Prochaine parution: Chapitre 5

         Le monde de la technique

 

Christian MONTELLE

Ornans, Août 2008

Diffusion libre




De l’action et de la réflexion en politique

5 11 2008

« Whenever you find yourself on the side of the majority, it’s time to pause and reflect. »          Mark TWAIN

  chaque fois que vous vous retrouvez du côté de la majorité, il est temps de faire une pause et de réfléchir]

 

Entre blog d’Histoire, site d’analyses et chroniques d’actualité, vous trouverez heure par heure, l’incroyable scénario de cette folle « nuit américaine » sur Les échos d’une heure, le blog de Bruno Sentier.

 




Vacances en eaux profondes

4 11 2008

Une vidéo couleur bleu primaire.

Un petit clin d’oeil aux vacances qui se terminent…

Une démonstration parfaite de l’expression « coincer la bulle »!

Huuum, je ne sais pas pour vous, mais moi, ça m’inspire!

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            Je bulle

                  tu bulles

                          il bulle…