Des chiffres et des lettres

30 06 2010

Mathématique, lecture et écriture

Avis aux amateurs de casse-tête!

Voici une nouvelle énigme proposée tout dernièrement en commentaire:


+

=

+


Pourquoi peut-on dire que cette égalité est doublement vraie?

A vos gommes, à vos crayons…

A vous de jouer

😉


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Une, deux…trois!

24 06 2010

Continuons donc sur notre lancée!

Suite à l’article d ‘hier et aux échanges qu’il a générés, je vous transmets une petite devinette fort stimulante laissée comme une invitation à poursuivre nos amusements mathématiques

U N E

+   D E U X

…………………….

T R  O  I  S

Consigne: Résoudre l’opération ci-dessus sachant que chaque lettre remplace un chiffre

A vous de jouer 😉


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Parler Math, ça sert à qui, à quoi?

23 06 2010

 » Quand t’étais petite, t’as appris à parler Math?

– Parler Math?

– Oui, parler Math!

– Ben je sais pas, j’crois pas, t’as pas un exemple pour voir?

– Ok, je vais te poser une colle, une énigme quoi, à toi de la résoudre.


Parmi ces propositions, trois sont fausses

2 + 2 = 4
3 x 6 = 17
8 / 4 = 2
13 – 6 = 5
5 + 4 = 9

– Alors? As-tu la solution?

– Oui, j’y suis presque… »

Une demi-heure plus tard


« Alors? T’en est où?

– Ben, y a un truc qui va pas dans ton énigme, il manque forcément une proposition!

– Non, tout est là, devant toi. Il ne manque rien. Mais moi, en revanche, j’ai la réponse à ma question, on ne t’a jamais appris à parler Math!

– Oui, bon, heu…ça va hein! Tu vois ce que je veux dire!

– Non, je ne vois pas ce que tu veux dire mais c’est normal, on ne parle pas le même langage! « 


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« Les maths à la Grecque »

penser

raisonner

conceptualiser

abstraire

argumenter

poser des hypothèses

prouver

convaincre

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Apprendre en histoire, c’est chercher

19 06 2010

Hier sur le tableau noir de la classe

Vendredi 18 Juin 2010

Histoire


CHARLES DE GAULLE

….


  • Une heure plus tard, après un travail collectif et interactif ou chacun proposait des éléments de réponse, émettait  des hypothèses, échangeait ses sources d’information, argumentait à propos d’une date ou d’un événement, interprétait, réfléchissait,  justifiait, revenait en arrière, effaçait, validait plus ou moins partiellement…voilà à quoi ressemblait notre tableau noir devenu tout coloré, tout fléché, tout dessiné, tout annoté…

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  • Après ce premier braimstorming, j’ai effacé le tableau, tout en ayant pris soin d’en garder une trace, puis nous avons fait une pause de 20 minutes.
  • De retour en classe, je leur ai distribué une feuille de classeur et leur ai demandé le travail individuel suivant:

A partir de la séance précédente, vous allez lister:

1/ Ce que vous pensiez savoir sur Charles de Gaulle

2/ Ce que vous avez appris sur Charles de Gaulle

3/ Les questions que vous vous posez encore

  • Une fois collectées les dernières questions qui restaient en suspend, nous sommes partis en salle informatique où, en équipe les élèves étaient chargés de rechercher de nouvelles informations, de les sélectionner, de citer leurs sources et de répondre sur une feuille de route aux dernières questions posées…Ainsi nous avons pu éliminer et valider certaines hypothèses restées sans réponse.

Il me semble qu’enseigner lhistoire, c’est partir des représentations de l’enfant et le placer dans des situations de communications et de recherches actives pour l’emmener à déplacer ses représentations, à les dépasser pour ainsi construire de nouveaux concepts historiques, de nouvelles échelles, de nouveaux repères spatio-temporels; c’est permettre au jeune, en partant de ce qu’il pense ou croit connaître, d’acquérir de nouveaux savoirs; c’est lui donner l’occasion de mener et d’expérimenter des démarches d’appropriation de ce savoir.  C’est ce que m’ont appris des auteurs comme Giordan ou De Vecchi. C’est également ce que m’enseignent mes élèves depuis 20 ans.

En focalisant l’enseignement sur le développement d’attitudes et d’aptitudes, on fait le pari d’une éducation durable qui prend alors appui sur l’acquisition de compétences transférables et mobilisables à tout moment par l’élève dans d’autres contextes, sur d’autres domaines d’apprentissage.

Apprendre, en histoire, tout comme en sciences, c’est donc avant tout adopter une démarche d’investigation. Dans ce contexte, c’est se saisir de cette histoire, la prendre en charge intellectuellement, la questionner, la revisiter, la réécrire pour mieux la comprendre et… l’apprendre.

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Du nomadisme en formation

17 06 2010

Envie, dans ce billet, de partager avec vous une face cachée de l’enseignant-formateur, celle de l’enseignant-nomade, enseignant explorateur, enseignant découvreur.

C’était hier. Ça se passait quelque part en France à 6h du matin.

Debout dès l’aube, ma lourde valise rouge à la main, je me suis rendue Gare du Nord à Paris, pour rejoindre le train du quai n°16 chargé de m’embarquer et de me déposer une heure plus tard à Gouvieux, près de Chantilly. Je ne connais pas Chantilly; j’ai le vague souvenir pourtant d’y être allée une fois, lorsque j’étais petite. Je monte dans le wagon. Vide. La fermeture des portes est annoncée. La machine se met en marche. Voilà, c’est parti. Insaisissables images brouillées de verdure et de clochers défilent par la fenêtre de ma mémoire. L’esprit humain est ainsi fait qu’il cherche partout un semblant de déjà vu, quelque chose à quoi se raccrocher pour faire face à l’inconnu. Ces fragments  de souvenirs d’enfance me rassurent. Je recrée du connu. Je retrouve un point d’appui émotionnel. Malgré cette appréhension chaque fois présente et prégnante, et peut-être même grâce à elle, j’aime bien ces départs matinaux et embrumés. Le jour se lève et une nouvelle aventure m’attend, totalement déconnectée de mon quotidien. Je pars à la rencontre de nouveaux territoires, de nouvelles histoires. Je ne sais pas grand chose de ce qui m’attend ni de qui m’attend mais je sais que je vais à cette rencontre.

Pénétrer l’univers inconnu d’un établissement scolaire c’est comme débarquer dans un livre, par un chapitre, une page, une ligne, un mot qui n’est pourtant ni le début ni la fin de l’histoire. Oui, on débarque. Certes, on frappe à la porte, on y a même été convié. Pour autant on ne connaît rien de l’histoire collective qui se joue ici. Chaque école porte en elle ses gloires, ses défaites, ses non-dits, ses tabous, ses joies, ses peines, ses espoirs, ses projets, ses rancunes. Oui, on débarque et comble d’orgueil et de naïveté, on fait pourtant ce pari totalement fou que sans connaître ni les personnages, ni le décors, ni l’intrigue, ni les ressorts profonds de cette histoire cachée entre les murs d’une école, il va se passer quelque chose dans cet intervalle de temps dérisoire d’une journée et qu’on va écrire ensemble un petit bout du grand livre dont on ne connaîtra jamais le dénouement…Oui, je vais à cette rencontre.

8h41.

Grande dame brune a rendez-vous sur le parking de la gare avec petite dame au cheveux grisonnants.

C’est le signe de reconnaissance. Grande dame brune avec valise rouge. Voilà, c’est ici. J’y suis. Maintenant tout va aller très vite. Les premiers signes échangés, les premiers regards, les premiers mots sont d’une importance capitale pour le reste de la journée. Il faut écouter. Il faut se concentrer. Il faut être entièrement là, présent à l’autre, aux autres, présent dans un lieu inconnu qu’il va falloir apprivoiser en temps réel.

9h

Il me reste une demi-heure avant l’arrivée du reste de l’équipe. Agir vite, posément et méthodiquement. Penser au matériel, à l’organisation spatiale, photographier la topologie des lieux pour se repérer et se donner l’impression que tout va bien, que tout est sous contrôle. Capter le maximum d’informations lisibles sur les visages, sur les murs des couloirs, sur les portes des classes et des bureaux. Sentir une atmosphère, en absorber l’essence vitale, entendre les cris des enfants dans la cour vide. S’imaginer et se voir enseignante dans cette école afin de créer, le plus vite possible et plus authentiquement possible un contact positif avec l’équipe.

Une équipe d’une quinzaine d’enseignantes que je découvre par intervalles irréguliers et qui a exprimé, suite à la récente visite d’un inspecteur, le besoin de travailler sur les questions de préparation de la classe, d’animation et de gestion du groupe ainsi que sur la prise en compte de l’hétérogénéité des profils d’élèves dans le domaine de la langue française. C’est mon unique connaissance du passé de cette équipe. C’est mon unique lien avec ces femmes que je ne connais pas. C’est la mission qui m’a été confiée. Une équipe en demande, en attente. Serais-je à la hauteur? L’impertinence de la question me renvoie à mes propres failles, mes propres questions.

9h25

Plus que quelques minutes avant le top départ. Je m’affaire encore à la photocopieuse. Ne rien oublier. Trier et agrafer dans le bon ordre. Se concentrer toujours tout en répondant aux aimables bonjours lancés par la porte. Il fait bon, l’air est doux. C’est un signal engageant Voilà, tout est prêt. Elles m’attendent. Je les entends discuter dans la classe d’à côté.

9h30

6 heures à vivre ensemble.

6 heures, c’est à la fois très précieux mais ce peut n’être également que poussière.

Hier ce fut précieux. Enfin, je parle pour moi.

Il est toujours très délicat pour le formateur de s’engager sur l’efficacité réelle et durable d’une intervention. On débarque avec sa valise, on repart avec sa valise. Et après? Cet après ne nous appartient pas.  C’est à eux, à elles, de le construire entre elles, avec leurs élèves et qui sait, avec les quelques pierres qu’on espère avoir apportées.

C’est quoi enseigner?

C’est quoi apprendre?

C’est quoi une activité d’apprentissage?

C’est quoi la différentiation?

Des questions complexes, d’ordre éthique et professionnel ont été abordées avec implication, sans détours, sans faux semblants et ont ainsi permis la mobilisation d’une compétence collective qui semble s’être mise en marche. La réflexion proposée et le travail entamé ont installé l’équipe dans une dimension de recherche et d’action commune et collective. Le groupe s’est saisi d’une problématique et l’authenticité des échanges et des prises de parole me laisse à penser et à croire que cette journée était une belle journée.

Une belle journée, ensoleillée, conviviale et constructive!

C’est ce que je me suis dit à 17h40 en m’asseyant dans le train qui me ramenait chez moi.

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L’école selon François Dubet

10 06 2010

L’avis de François Dubet, sociologue, sur le temps scolaire et sur la question de la place de l‘école dans notre société.

« L’école appartient à la société, à la communauté.

Ce n’est pas un temple… »

Elle doit être ouverte aux jeunes, aux familles, aux collectivités…

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Sur ces questions et sur de très nombreux sujets d’actualité et de société, retrouvez les études et les propositions élaborées par

l’Institut Montaigne.


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Budget et éducation

4 06 2010

Il m’a fallu quelques heures de digestion, de veille et de cauchemar avant de réagir aux dernières mesures budgétaires rendues visibles un peu partout dans la presse suite à la diffusion indiscrète des toutes dernières feuilles de route que le Ministère venait d’ adresser aux différentes inspections académiques dans le plus grand secret. Hélas…à l’ère numérique les nouvelles sortent souvent au grand jour avant même d’être lues par les destinataires…

Voir les détails sur l’article du Café pédagogique.

La soupe à la grimace

La recette est épicée…

Il fallait y penser!

Dans les cuisines ministérielles

Chapeautées par Chef Chatel

Depuis quelques temps on s’agite

On s’affaire autour de la marmite

On calcule, on mesure, on soustrait

On divise, on réduit, on extrait

On supprime, on allège, on passe au tamis

Chaque ingrédient est savamment choisi

Ou plutôt, devrait-on dire, judicieusement proscrit

A vue d’œil ou la louche

On en enlève encore une couche

Surtout ne rien laisser au hasard

Chacun n’aura pas droit à une part

Et si certains toucheront double portion

D’autres devront se satisfaire d’une bien maigre ration

C’est ainsi, c’est inscrit, c’est la vie

C’est la vie, c’est inscrit, c’est ainsi

C’est mathématique, politique, économique

Peu importe que ce soit anti-démocratique

C’est la faute à la crise, la faute à pas d’chance

Éducation ne rime ni avec enfance ni avec conscience

Éducation rime davantage avec injonction, suppression, restriction


Quelques ingrédients

De ce super plan?

Par quoi commencer?

Comment vous l’annoncer?

Sans plus polémiquer, voici donc les faits

Qui ce matin m’ont sinistrement inspirée


Suite aux États généraux pour lutter contre la violence et l’échec scolaire,

voici donc les mesures d’urgence éducative assimilées à d’efficaces mesures d’urgence budgétaire…


Il s’agira au niveau du primaire:


d’augmenter au maximum les effectifs des classes

Allez, allez, on se tasse, au fond il reste encore quelques places!

– de mettre un terme définitif aux réseaux d’aides spécialisés pour les élèves en grande difficulté

Allez, allez, dehors Maîtres E et Maître G, vos bons et loyaux services n’ont pas atteint les 100% de réussite espérés, vous êtes virés!

de supprimer progressivement les postes de psychologues scolaires

Allez, allez, assez de bla-bla, de soutien, d’accompagnement. L’école tu l’aimes ou tu la quittes! L’école, c’est pas fait pour s’y plaire!

– de dissoudre les petits établissements et de les rattacher aux super-structures existantes

Allez, allez, du balai les jolies petites cour de récré, regroupons et rationalisons les postes plutôt que de miser sur une école vivante!

d’alléger la formation continue des enseignants de manière à éviter les remplacements. Rappelons au passage que la formation initiale venant d’être réformée,  la question de la formation tout court est une question résolue…

Allez allez, prof, c’est pas bien compliqué! Vous faîtes l’appel le matin, vous signalez les élèves absentéistes, vous prenez les nouveaux anciens programmes et vous en faites un copié-collé pour vos élèves, et voilà le tour est joué. Franchement, y’a pas de quoi en faire tout un tohubohu !

– de recruter chaque fois qu’il est possible des non-titulaires:

Allez allez, qui veut tenter l’aventure éducative du XXIème siècle? étudiants, parents, grands-parents volontaires?

Alors, elle n’est pas bonne la soupe à la grimace?

Allez, pour ne pas terminer ce billet sur une funeste note, une fois n’est pas coutume, je vous laisse en compagnie de Stéphane Guillon

http://www.dailymotion.com/video/xdix73



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