Serment de Socrate

22 04 2011

Carême pédagogique

Jour 43

Pensée 43

Arrivés au terme de cette chronique un peu particulière aux accents éthiques, philosophiques et parfois même métaphysiques, il me vient une dernière pensée empruntée à nos amis belges. Une pensée que certains chanteront comme une prière, d’autres comme une promesse, d’autres enfin comme un serment engageant out à la fois notre sens éthique, notre devoir de questionnement professionnel, notre implication tant physique, qu’intellectuelle et  morale.

Un serment porté haut et fort, devant soi et devant tous, par lequel le futur professionnel proclame solennellement, à l’instar du médecin et de son serment Hippocrate, faire vœu d’intégrité, d’humanisme et de professionnalisme vis-à-vis des jeunes qui lui seront confiés. Un serment comme premier acte et premier geste professionnel et inaugural.

« Je m’engage à mettre,

toutes mes forces et toute

ma compétence au service de

l’éducation de chacun des

élèves qui me sera confié. »

A méditer et à

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Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir ;-)

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Dieu ou Mystère?

19 04 2011

Carême pédagogique

Jour 40

Pensée 40

« Mon souhait est d’aller au plus proche de ce qui ne peut pas s’exprimer et qui nous enveloppe. Les uns peuvent appeler cela Dieu, moi je trouve que c’est un concept rétréci : je dis le Mystère, avec un M majuscule. »

Edgar Morin, pour le journal la Croix du 15 avril 2011 dans un article intitulé l’appétit vorace de connaître

Qu’on l’appelle Dieu, ou Mystère, ou encore autrement, cette approche de l’indicible et de l’invisible, cette reconnaissance de notre passage éphémère sur Terre et du sens qu’on lui confère ici, maintenant et pour certains au-delà, cette question qu’il existeraît par delà nos pouvoirs temporaires et limités une Essence Suprême qui nous échappe depuis la nuit des temps me semble une bien belle question à évoquer sans peur et sans honte avec nos enfants. D’ailleurs, il n’est pas tant question de l’évoquer, les enfants l’évoquant tout naturellement, ou d’y répondre, la réponse appartenant à l’intime de chacun, que d’entendre ce questionnement et avec beaucoup d’humilité et de délicatesse, d’accompagner le jeune vers l’émergence d’une pensée libre, symbolique, existentielle ou métaphysique. Là où il n’existe aucun doute, là où il n’y a de part pour aucune réflexion sur ce qu’Edgar Morin appelle Mystère, s’érigent bien souvent toutes sortes de supers-héros profitant du vide intérieur du coeur des hommes pour y propager leurs soit-disant super pouvoirs.

Un billet ce matin aux couleurs de cette dernière semaine de Carême pédagogique…

A débattre et à  

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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Une école pour les enfants?

13 04 2011

Carême pédagogique

Jour 34

Pensée 34

Faire passer l’intérêt des enfants avant celui des adultes.

La minute Montaigne

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Une école pour les enfants?

Il faudrait alors repenser:

les « programmes »

les rythmes hebdomadaires

les rythmes annuels

les rythmes biologiques

les rythmes d’apprentissage

l’organisation des groupes d’âge

le système d’évaluation

l’organisation des espaces

la place du corps

la notion de co-éducation en lien avec les familles et l’environnement

le principe d’obligation scolaire

l’implication des enfants dans les propositions à faire

Sommes-nous, nous autres adultes, prêts à tout cela?

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Provoquer l’impossible

12 04 2011

Carême pédagogique

Jour 33

Pensée 33

« Oser demander l’impossible, l’incroyable, l’inouï, c’est ouvrir l’autre à toutes ses ressources. »

Jacques Salomé, Bonjour Tendresse, 1992

Que savons-nous de nos élèves, de leurs rêves cachés, de leurs ressources intimes, de leur potentiel i-révélé?

Pas grand-chose en définitive. Un point de grammaire à approfondir? Une notion de mathématique à acquérir? Un savoir-faire à développer? Certes, et c’est déjà beaucoup.

Mais à trop vouloir attendre de l’enfant une réponse attendue, ne risquons-nous pas de le contenir dans un espace restreint de connaissances? restreint parce que trop limité à notre champ de vision, restreint parce que soumis à une prévisibilité qui ne laisse guère de chance à l’incroyable d’advenir?

Oser demander l’impossible à un enfant, n’est-ce pas lui faire preuve d’une confiance absolue en sa capacité à se révéler, à s’imaginer, à s’inventer au-delà de ce que lui-même pensait possible?

Quelle place laissons-nous dans nos classes à cet inouï et à cet improbable?

Quel chemin ouvrons-nous pour permettre à nos élèves d’accéder à leur

excellence propre?

Telle est la question que je me pose en lisant cette si jolie pensée de

Jacques Salomé.

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De la nécessité de l’extériorité

11 04 2011

Carême pédagogique

Jour 32

Pensée 32

« Si l’on veut philosopher, il faut aller à l’extériorité même du champ philosophique. »

François Dagognet

De la même manière, il me paraît incontournable d’envisager l’enseignement au-delà des seules grilles de références liées aux compétences professionnelles, aux programmes et aux différents cadres règlementaires émis par et pour le système et qui trop souvent nous enferment et nous engrillagent. La fragmentation des disciplines, de l’emploi du temps, des tranches d’âges ne sont-elles pas en parfaite inéquation avec ce qu’est la vraie vie, c’est à dire la vie hors du cadre scolaire?

Enseigner se résume-t-il à assimiler puis mettre en place un nombre pré-établis de techniques professionnelles spécialisées?

Enseigner se résume-t-il à dérouler le tout dernier programme officiel?

Enseigner se résume-t-il à transmettre des objets de savoir savamment sélectionnés?

Enfin, question insolente s’il en est, enseigner est-il le monopole de l’enseignant? Et l’enseignant n’est-il qu’un professionnel agent du service public d’éducation?

Enseigner, n’est-ce pas aussi et même surtout s’inviter soi-même et inviter l’enfant et l’adolescent à aller au-delà de ce qui est prévisible, tangible, transmissible, programmé, programmable, raisonné, raisonnable, enseignable?

Enseigner, n’est-ce pas finalement faire du hors-sujet un sujet véritable d’intérêt, d’émerveillement, de découverte inédite et donc d’apprentissage?

De ce point de vue, enseigner la curiosité n’est-il pas un enjeu essentiel? Mais la curiosité s’enseigne-t-elle? ou bien est-elle le fruit d’une posture, indéfinissable et indomptable?

Autant de questions qui nous poussent à aller voir ailleurs, à laisser venir ce qui vient d’ailleurs, à revisiter nos pratiques et nos postures en vue d’une extériorité formatrice et régénératrice…

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie ;-)

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Pensée, abstraction et apprentissage

7 04 2011

Carême pédagogique

Jour 28

Pensée 28

Pensée, abstraction et apprentissage

  • L’avis d’un médecin psychologue:

« En opérant exclusivement avec des représentations concrètes et évidentes, nous freinons et entravons le développement de la pensée abstraite dont la fonction dans le comportement enfantin ne peut être remplacée par aucun procédé « concret » » L.Vygotsky (1896-1934)

  • L’avis d’un peintre et sculpteur:

« Les vers, qui sont bizarrement ordonnés, qui ne répondent à aucun besoin, si ce n’est au besoin qu’ils doivent créer eux-mêmes ; qui ne parlent jamais que de choses absentes ou de choses profondément et secrètement ressenties ; étranges discours, qui semblent faits par un autre personnage que celui qui les dit, et s’adresser à un autre que celui qui les écoute. En somme, c’est un langage dans un langage. » Edgar Degas (1834-1917)

  • L’avis d’un poète, essayiste et philosophe:

« Entre tous les arts, le nôtre est peut être celui qui coordonne le plus de parties ou de facteurs indépendants : le son, le sens, le réel et l’imaginaire, la logique, la syntaxe et la double invention du fond et de la forme…et tout ceci au moyen de ce moyen essentiellement pratique, perpétuellement altéré, souillé, faisant tous les métiers, le langage commun, dont il s’agit pour nous de tirer une Voix pure, idéale, capable de communiquer sans faiblesse, sans effort apparent, sans faute contre l’oreille et sans rompre la sphère instantanée de l’univers poétique, une idée de quelque moi merveilleusement supérieur à Moi. » Paul Valéry (1871-1945)

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Evocation libre

6 04 2011

Carême pédagogique

Jour 27

Pensée 27

photo Erik Johannson

Que vous dit cette photo?

Que ne vous dit-elle pas?

Que vous inspire-t-elle?

A qui ou à quoi vous fait-elle penser?

Une histoire vécue? un voyage? un rêve?

Une citation? un auteur? un poème?

Autre-chose encore?

A vous la parole ;-)

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Quel chemin?

5 04 2011

Carême pédagogique

Jour 26

Pensée 26

Photo Erik Johannson

De là où je suis, je n’ai pas forcément le même angle de vue que de là où tu es.

Et toi, de là où tu te trouves, y vois-tu suffisamment pour avancer sans te perdre?

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Vivre, c’est apprendre

4 04 2011

Carême pédagogique

Jour 25

Pensée 25

photo d’Erik Johannson

Va, vis, deviens et si tu ne sais plus où tu vas, regarde d’où tu viens!

;-)

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La transgression, un enjeu éducatif?

2 04 2011

Carême pédagogique

Jour 23

Pensée 23

Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi-  et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?

En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?

A débattre…et à

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De l’art d’enseigner!

1 04 2011

Carême pédagogique

Jour 22

Pensée 22

La tradition du poisson d’avril, une bien belle invitation à la créativité!

Je vous laisse savourer la prouesse technique associée au talent d’acteur de ce prof de math.

Comme quoi on eut être prof, être heureux et rendre les élèves heureux…même en mathématiques ;-)

http://www.dailymotion.com/video/xcveim

Bon, maintenant je file en classe…

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