Quel chemin?
5 04 2011Carême pédagogique
Jour 26
Pensée 26
Photo Erik Johannson
De là où je suis, je n’ai pas forcément le même angle de vue que de là où tu es.
Et toi, de là où tu te trouves, y vois-tu suffisamment pour avancer sans te perdre?
Tags : Apprentissage









Ci-dessous, un petit conte qui nous vient de l’Inde et qui permet aux enfants de comprendre un peu ce que sont la “vérité” et la tolérance. Nous ne percevons pas une réalité objective, mais une image qui dépend de notre subjectivité faite de nos capacités propres de représentation et d’interprétation du réel. La vérité est un compromis provisoire et évolutif, issu d’une synthèse de nos différentes perceptions confrontées sereinement. Le jaïnisme a récupéré ce récit, mais on le trouve sous différentes formes dans tous les pays du monde. Cette récupération est en contradiction totale avec l’histoire car elle en fait une “vérité” moralisatrice, alors qu’elle ne doit être que le support et le départ d’une réflexion collective. Pour chacun, elle sera une pierre dans la construction d’une éthique qui lui est propre.
Cette prise de conscience doit nous amener à la modestie, mais pas à un scepticisme relativiste. La noblesse de l’homme est de toujours perfectionner ensemble une image du monde, toujours remodelée à la lumière d’expériences et d ‘intelligences multiples. Bien ridicule est celui qui prétend connaître une “vérité” dogmatique et définitive !
Voilà l’histoire :
Une fois, six aveugles vivaient dans un village. Un jour, ses habitants leur dirent ” Hé ! il y a un éléphant dans le village, aujourd’hui ”
Ils n’avaient aucune idée de ce qu’était un éléphant. Ils décidèrent que, même s’ils n’étaient pas capables de le voir, ils allaient essayer de le sentir. Tous allèrent donc là où l’éléphant se trouvait et. chacun le toucha.
” Hé ! L’éléphant est un pilier ” dit le premier, en touchant sa jambe.
” Oh, non ! C’est comme une corde, dit le second, en touchant sa queue.
” Oh, non ! C’est comme la branche épaisse d’un arbre ” dit le troisième, en touchant sa trompe.
” C’est comme un grand éventail ” dit le quatrième, en touchant son oreille.
” C’est comme un mur énorme ” dit le cinquième, en touchant son ventre.
” C’est comme une grosse pipe ” dit le sixième, en touchant sa défense.
Ils commençaient à discuter, chacun d’eux insistait sur ce qu’il croyait exact. Ils semblaient ne pas s’entendre, lorsqu’un sage, qui passait par-là, les vit. Il s’arrêta et leur demanda ” De quoi s’agit-il ? ” Ils dirent ” Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord pour dire à quoi ressemble l’éléphant” Chacun d’eux dit ce qu’il pensait à ce sujet. Le sage leur expliqua, calmement ” Vous avez tous dit vrai. La raison pour laquelle ce que chacun de vous affirme est différent, c’est parce que chacun a touché une partie différente de l’animal. Oui, l’éléphant à réellement les traits que vous avez tous décrits ”
” Oh ! ” dit chacun. Il n’y eut plus de discussion entre eux et ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité.
La morale de cette histoire, c’est qu’il peut y avoir une part de vérité dans ce que quelqu’un dit. Parfois, nous pouvons voir cette vérité, et parfois non, parce qu’il peut, aussi, y avoir différentes perspectives sur lesquelles nous ne pouvons pas être d’accord. Plutôt que de discuter comme ces aveugles, nous devons dire ” Peut- être que vous avez vos raisons ? “. De cette façon, nous ne nous perdrons pas en argumentations.
Dans le Jaïnisme, il est expliqué que la vérité peut être affirmée de sept façons différentes. Vous pouvez ainsi voir combien notre religion est riche. Elle nous enseigne à être tolérants envers les autres concernant leurs points de vues. Ceci nous permet de vivre en harmonie avec les gens qui pensent différemment de nous. On appelle cela ” syādvāda ”, “ anekāntavāda ” ou la théorie des affirmations multiples.
Joli conte que celui-ci Christian. Merci pour ce partage