L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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Une école pour les enfants?

13 04 2011

Carême pédagogique

Jour 34

Pensée 34

Faire passer l’intérêt des enfants avant celui des adultes.

La minute Montaigne

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Une école pour les enfants?

Il faudrait alors repenser:

les « programmes »

les rythmes hebdomadaires

les rythmes annuels

les rythmes biologiques

les rythmes d’apprentissage

l’organisation des groupes d’âge

le système d’évaluation

l’organisation des espaces

la place du corps

la notion de co-éducation en lien avec les familles et l’environnement

le principe d’obligation scolaire

l’implication des enfants dans les propositions à faire

Sommes-nous, nous autres adultes, prêts à tout cela?

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Provoquer l’impossible

12 04 2011

Carême pédagogique

Jour 33

Pensée 33

« Oser demander l’impossible, l’incroyable, l’inouï, c’est ouvrir l’autre à toutes ses ressources. »

Jacques Salomé, Bonjour Tendresse, 1992

Que savons-nous de nos élèves, de leurs rêves cachés, de leurs ressources intimes, de leur potentiel i-révélé?

Pas grand-chose en définitive. Un point de grammaire à approfondir? Une notion de mathématique à acquérir? Un savoir-faire à développer? Certes, et c’est déjà beaucoup.

Mais à trop vouloir attendre de l’enfant une réponse attendue, ne risquons-nous pas de le contenir dans un espace restreint de connaissances? restreint parce que trop limité à notre champ de vision, restreint parce que soumis à une prévisibilité qui ne laisse guère de chance à l’incroyable d’advenir?

Oser demander l’impossible à un enfant, n’est-ce pas lui faire preuve d’une confiance absolue en sa capacité à se révéler, à s’imaginer, à s’inventer au-delà de ce que lui-même pensait possible?

Quelle place laissons-nous dans nos classes à cet inouï et à cet improbable?

Quel chemin ouvrons-nous pour permettre à nos élèves d’accéder à leur

excellence propre?

Telle est la question que je me pose en lisant cette si jolie pensée de

Jacques Salomé.

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De la nécessité de l’extériorité

11 04 2011

Carême pédagogique

Jour 32

Pensée 32

« Si l’on veut philosopher, il faut aller à l’extériorité même du champ philosophique. »

François Dagognet

De la même manière, il me paraît incontournable d’envisager l’enseignement au-delà des seules grilles de références liées aux compétences professionnelles, aux programmes et aux différents cadres règlementaires émis par et pour le système et qui trop souvent nous enferment et nous engrillagent. La fragmentation des disciplines, de l’emploi du temps, des tranches d’âges ne sont-elles pas en parfaite inéquation avec ce qu’est la vraie vie, c’est à dire la vie hors du cadre scolaire?

Enseigner se résume-t-il à assimiler puis mettre en place un nombre pré-établis de techniques professionnelles spécialisées?

Enseigner se résume-t-il à dérouler le tout dernier programme officiel?

Enseigner se résume-t-il à transmettre des objets de savoir savamment sélectionnés?

Enfin, question insolente s’il en est, enseigner est-il le monopole de l’enseignant? Et l’enseignant n’est-il qu’un professionnel agent du service public d’éducation?

Enseigner, n’est-ce pas aussi et même surtout s’inviter soi-même et inviter l’enfant et l’adolescent à aller au-delà de ce qui est prévisible, tangible, transmissible, programmé, programmable, raisonné, raisonnable, enseignable?

Enseigner, n’est-ce pas finalement faire du hors-sujet un sujet véritable d’intérêt, d’émerveillement, de découverte inédite et donc d’apprentissage?

De ce point de vue, enseigner la curiosité n’est-il pas un enjeu essentiel? Mais la curiosité s’enseigne-t-elle? ou bien est-elle le fruit d’une posture, indéfinissable et indomptable?

Autant de questions qui nous poussent à aller voir ailleurs, à laisser venir ce qui vient d’ailleurs, à revisiter nos pratiques et nos postures en vue d’une extériorité formatrice et régénératrice…

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie ;-)

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Pensée, abstraction et apprentissage

7 04 2011

Carême pédagogique

Jour 28

Pensée 28

Pensée, abstraction et apprentissage

  • L’avis d’un médecin psychologue:

« En opérant exclusivement avec des représentations concrètes et évidentes, nous freinons et entravons le développement de la pensée abstraite dont la fonction dans le comportement enfantin ne peut être remplacée par aucun procédé « concret » » L.Vygotsky (1896-1934)

  • L’avis d’un peintre et sculpteur:

« Les vers, qui sont bizarrement ordonnés, qui ne répondent à aucun besoin, si ce n’est au besoin qu’ils doivent créer eux-mêmes ; qui ne parlent jamais que de choses absentes ou de choses profondément et secrètement ressenties ; étranges discours, qui semblent faits par un autre personnage que celui qui les dit, et s’adresser à un autre que celui qui les écoute. En somme, c’est un langage dans un langage. » Edgar Degas (1834-1917)

  • L’avis d’un poète, essayiste et philosophe:

« Entre tous les arts, le nôtre est peut être celui qui coordonne le plus de parties ou de facteurs indépendants : le son, le sens, le réel et l’imaginaire, la logique, la syntaxe et la double invention du fond et de la forme…et tout ceci au moyen de ce moyen essentiellement pratique, perpétuellement altéré, souillé, faisant tous les métiers, le langage commun, dont il s’agit pour nous de tirer une Voix pure, idéale, capable de communiquer sans faiblesse, sans effort apparent, sans faute contre l’oreille et sans rompre la sphère instantanée de l’univers poétique, une idée de quelque moi merveilleusement supérieur à Moi. » Paul Valéry (1871-1945)

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Evocation libre

6 04 2011

Carême pédagogique

Jour 27

Pensée 27

photo Erik Johannson

Que vous dit cette photo?

Que ne vous dit-elle pas?

Que vous inspire-t-elle?

A qui ou à quoi vous fait-elle penser?

Une histoire vécue? un voyage? un rêve?

Une citation? un auteur? un poème?

Autre-chose encore?

A vous la parole ;-)

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Quel chemin?

5 04 2011

Carême pédagogique

Jour 26

Pensée 26

Photo Erik Johannson

De là où je suis, je n’ai pas forcément le même angle de vue que de là où tu es.

Et toi, de là où tu te trouves, y vois-tu suffisamment pour avancer sans te perdre?

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Vivre, c’est apprendre

4 04 2011

Carême pédagogique

Jour 25

Pensée 25

photo d’Erik Johannson

Va, vis, deviens et si tu ne sais plus où tu vas, regarde d’où tu viens!

;-)

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La transgression, un enjeu éducatif?

2 04 2011

Carême pédagogique

Jour 23

Pensée 23

Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi-  et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?

En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?

A débattre…et à

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De l’art d’enseigner!

1 04 2011

Carême pédagogique

Jour 22

Pensée 22

La tradition du poisson d’avril, une bien belle invitation à la créativité!

Je vous laisse savourer la prouesse technique associée au talent d’acteur de ce prof de math.

Comme quoi on eut être prof, être heureux et rendre les élèves heureux…même en mathématiques ;-)

http://www.dailymotion.com/videoxcveim

Bon, maintenant je file en classe…

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La fête des fous

31 03 2011

Carême pédagogique

Jour 21

Pensée 21

Trêve de mi-Carême!

Le Roi des fous (Quasimodo) à notre-Dame de Paris

Gravure Louis Boulanger et W. Finden, 1878

Au Moyen Âge, la fête des fous était célébrée à Noël. Depuis, la tradition s’est transformée et a bien évolué…

Pour en savoir plus sur cette étrange fête de la plus belle grimace, je vous invite à vous rendre sur le site suivant à qui j’ai emprunté l’illustration ci-dessus.

Bonne journée à tous!

Et surtout, si vous croisez aujourd’hui un enfant qui vous fait la grimace

n’en prenez pas ombrage pas et rendez-la lui de plus belle ;-)


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Handicap et 6ème sens

30 03 2011

Carême pédagogique

Jour 20

Pensée 20

« Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l’énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.

Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation,
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre.« 

Grand Corps Malade

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La cordée qui rassure, la main qui guide, la parole qui encourage, le geste qui précède, le faire avec et à côté, le regard qui valorise…

N’est-ce pas là l’essentiel d’une posture d’accompagnement qui personnalise la relation et adapte ses  exigences autant qu’elle s’adapte aux exigences de l’autre?  N’est-ce pas ainsi que nous pourrons inviter chacun de nos élèves à la conquête de son propre sommet, vers la recherche de l’excellence de lui-même?

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Besoin de toi pour devenir moi

29 03 2011

Carême pédagogique

Jour 19

Pensée 19

Si c’est en sortant du ventre maternel qu’on vient au monde, n’est-ce pas en sortant de soi qu’on fonde notre véritable humanité?

Et cette sortie de soi, ne se situe-t-elle pas toujours en relation avec l‘Autre?

Cet autre que je ne connais pas et qui ne me connaît pas mais qui pourtant fera de moi un être doué de cœur et de raison comme je ferai de lui un être doué de cœur et de raison, cet autre donc est celui par lequel mon existence prendra une saveur, une couleur, une tournure, un sens particulier. Il me fera devenir moi au sein des hommes…

Provoquer cette rencontre n’est-elle pas au cœur des enjeux de l’école?

Et, si au centre de cette rencontre, nous y placions le savoir?

Et si le fruit de cette rencontre était la connaissance?

Et si le lieu de cette rencontre était cet espace inconnu à construire ensemble…

Comment l’école peut-elle se saisir de cette question là?

Comment peut-elle imaginer un tel lieu qui n’existe pas encore?

Un arbre à palabre…

Un atelier philosophique…

Un groupe de chercheurs en herbe…

Une équipe de reporters…

Une chorale…

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De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être

28 03 2011

Carême pédagogique

Jour 18

Pensée 18

Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.

Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?

«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice

Jean-François Mattéi

Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?

Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?

Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?

Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?

Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience  collective?

Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…

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De la créativité à l’école

26 03 2011

Carême pédagogique

Jour 16

Pensée 16

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D’après certaines études, il apparaîtrait que 95 % des personnes les plus créatives auraient en dessous de 5 ans…

Pourquoi 5 ans?

Cela donne à réfléchir tout de mêmeL’école serait-elle passée par là?

Il se trouve qu’hier, en vue de notre prochaine commande,  j’ai reçu le tout dernier ouvrage scolaire édité concernant l‘étude de la langue

pour le cycle 3, niveau CM1.

Et bien savez-vous ce que j’y ai trouvé?

  • Plus de mille exercices d’application. (Si si, c’est même l’accroche du livre!)
  • Un magnifique Cédérom avec tout plein d’autres exercices pour la mise en place de la différentiation. ( C’est bien connu, différencier, c’est refaire à l’identique en passant par un autre support, ici l’ordinateur…)
  • Des centaines de fiches-synthèses. Comme ça ni les profs, ni les élèves n’auront plus à se poser de questions ni sur le fond, ni sur la forme. (Les questions, ça dérange, ça désorganise, et puis, ça fait perdre du temps au groupe!)
  • Un catalogue lexical reprenant les multiples sous-items des tout derniers programmes 2008 (…qui entre nous devraient bientôt changer…chhhut).
  • Des programmations toutes faites et balisées jour par jour et semaine par semaine, histoire de ne pas se perdre en chemin. (Sait-on jamais? si un enfant rebelle était amené à  proposer une autre voie, ou un enseignant sauvageon à imaginer d’autres détours…)
  • Une banque dévaluations livrées clés en main à l’efficacité prouvée! (nous assure la quatrième de couverture…)
  • Des rubriques classées par couleur (Oh chouette un peu d’art!): bleu pour orthographe, vert pour grammaire, rouge pour conjugaison, orange pour vocabulaire.

Et pas un seul poème! (oui, vous avez bien lu, pas un seul!)

Pas une seule illustration digne de ce nom. (mais tout plein de logos façon dessin animé)

Pas une seule situation d’apprentissage concrète, ni de référence à quelque objectif ou compétence que ce soit (mais des entêtes de chapitres bien claires: j’apprends, j’applique, je révise…)

Pas une seule allusion à la trans- ou l‘interdisciplinarité.

Pas une seule invitation à la créativité.

La quoi?? La créativité? C’est français ce mot là?

J’enrage…

Et après on s’étonne que « les enfants s’emmerdent à l’école« , mais et les enseignants? vous croyez quoi? qu’ils puisent dans ce genre d’outil et de ressource de quoi développer leur propre créativité? leur propre sens de l’initiative? leur propre capacité à faire vivre la culture et le savoir?

Oui, ce matin, j’enrage, excusez-moi.

Ce doit être le fruit de la tentation,

nous sommes au jour 16 de notre Carême…

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Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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La roche et le ruisseau

24 03 2011

Carême pédagogique

Jour 14

Pensée 14

De la persévérance et de bien d’autres choses encore

« Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance. »

H. Jackson Brown

Depuis cette année, sur les murs de ma classe, j’ai punaisé un certain nombre d’affichettes correspondant aux différentes compétences travaillées. Des affichettes mobiles qui reprennent en couleur, en dessin, en mot ou encore sous forme de logos, les compétences mais aussi les attitudes attendues lors des séances de travail et sur lesquelles l’effort et l’attention des élèves devront porter plus particulièrement.

Lors de la mis en place d’une activité, je sélectionne les points précis que les élèves vont devoir travailler et je les rassemble sur le coin du tableau. Ainsi, les enfants savent ce qui est en jeu dans la situation proposée ainsi que les compétences qu’ils auront à mobiliser. Depuis quelque temps, et je trouve ce fait assez intéressant pour être souligné, certains élèves, de leur propre initiative suggèrent des affichettes qui leur semblent manquer à ma sélection.

Et là maîtresse, on pourrait ajouter aussi le logo

« Je sais…travailler seul » ou » « Je sais…travailler à plusieurs » ou « Je sais…travailler en temps limité » ou « Je sais…lire les consignes sans l’aide de l’adulte » ou « Je sais…m’organiser et anticiper » ou…etc

Parmi ce lot d’affichettes, voici celle qui illustre d’une autre manière la citation ci-dessus.

Je sais…

m’engager dans un travail à long terme


Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un des jeux d’affichettes à télécharger en version PDF Icônes Je sais…

Parallèlement à celui-ci, j’ai confectionné un autre ensemble d’affiches centrées sur les compétences requises pour la bonne assimilation des connaissances dans des domaines plus ciblés comme la lecture, la conjugaison, le grammaire, le vocabulaire et le langage oral.

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Communication: réalité, illusion ou bien prétexte ?

23 03 2011

Carême pédagogique

Jour 13

Pensée 13

« Comment pouvons-nous nous comprendre, monsieur, si je donne au mots que je prononce le sens et la valeur de ces choses telles qu’elles sont en moi; alors que celui qui les écoute les prend inévitablement dans les sens et avec la valeur qu’ils ont pour lui, le sens et la valeur de ce monde qu’il a en lui? On croit se comprendre; on ne se comprend jamais! »

Luigi Pirandello

Alors quoi, communiquer serait-elle une action vaine? une illusion langagière? une démarche dépourvue de sens puisque entièrement soumise à la subjectivité de l’autre et de soi-même?

Si les mots que j’emploie ou les mots que j’ignore expriment si cruellement les limites de mon propre entendement; si les mots reçus par cet étrange étranger restent vains puisque déshabillés, dénaturés, déformés, transformés; si quoi que je dise et de quelque manière que je le dise, mon propos ne sera pas compris tel que je souhaite qu’il le soit; alors à quoi donc le langage me sert-il?

Luigi Pirandello nous convierait-il ici  et si subtilement à envisager le langage comme une manière de nous hisser hors de nous même? comme une façon d’apprendre à faire le deuil et d’une partie de soi et de la représentation qu’on a de l’autre?

Et si le langage n’était qu’un prétexte pour inventer un espace commun entre chacun d’entre nous, un espace différent de soi, différent de l’autre? un espace à convoquer, à invoquer, à imaginer?

N’y a-t-il pas là, un réel sujet à travailler dans nos classes et par souci d’isomorphisme et de cohérence, dans nos pratiques mêmes d’enseignement?

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