Mon Wise 2011

4 11 2011

 « Alors Ostiane, Goha, raconte-moi! C’était comment, ce devait être quelque-chose, non?

- Euh, que veux-tu dire?

- Et bien Goha, LE sommet, tu y étais non? Tu y étais ou tu n’y étais pas à Doha, au Wise sommet 2011? »

Comment vous dire…cette question, qui m’a été posée à plusieurs reprises ces dernières heures par différentes personnes en différents lieux, vaut à mon avis la peine qu’on s’y attarde, non pas que la réponse oui/non soit d’un grand intérêt pour le commun des mortels, mais davantage parce la question ainsi formulée interroge directement les nouveaux enjeux éducatifs qui nous attendent et nous défient en cette aube du XXI ème siècle.

Etais-je au Qatar les 1, 2 et 3 novembre dernier?

Voilà une interrogation qui reflète exactement les bouleversements phénoménaux qui s’opèrent dans nos vies actuelles, via les multiples fonctionnalités qu’internet nous offre; usages et pratiques numériques qui de fait, transforment radicalement notre relation au temps, à l’espace, au monde, au savoir.

Laissez-moi vous raconter mon WISE 2011, vous en déduirez par vous-même  la réponse que vous souhaiterez apporter ;-)

Nous sommes le 28 octobre; via le statut d’un contact et ami facebook, je lis pour la première le mot WISE et découvre ainsi l’existence de cet événement mondial. Intéressée par l’annonce de cet ami, je clique sur le lien qu’il avait inséré à son statut et arrive sur une page web dont le titre « Changing Societies, Changing Education » m’interpelle.

Innovation, éducation, rencontres internationales, futur, défi planétaire, autant d’invitations au voyage…Un clic m’aura donc suffit à prendre mon billet pour Doha.

Image de prévisualisation YouTube

Comme tout touriste qui se respecte, je décidai de faire ma petite enquête, histoire de me saisir de quelques balises et repères indispensables au bon déroulement du voyage. De clics en liens et de liens en clics, je surfai ici et là, tantôt sur une carte du monde, tantôt sur une vidéo, tantôt sur les réseaux sociaux. Dès que je repérais une information intéressante, je l’enregistrais comme « favori » dans mon menu de navigation, histoire de retrouver sa trace plus facilement en cas de besoin. Vous savez, les petits cailloux blanc du Petit Poucet…

28-29-30-31 octobre. 4 jours de préparation pour 3 jours de pérégrination, c’était un peu court mais avais-le choix? Nous étions la veille du grand départ et si je ne voulais pas louper l’embarquement, il fallait bien me rendre au rendez-vous.

Nous sommes le 1 novembre au matin, me voilà installée dans mon cockpit, assise à Paris, la tête au Qatar…les yeux rivés sur mon écran de contrôle : une fenêtre ouverte en plongée directe sur l’amphithéâtre magistral de la Cité de l’éducation de Goha, une autre sur la balise #Wise2011 de mon fil twitter à lire, traduire et décoder les centaines de retours des 1200 participants qu’à mon tour je rediffusais sous forme de RT (re-twitt) ou de statuts Facebook. Messages pluriculturels et enthousiastes d’inconnus qui partageaient avec le monde entier, avec moi, les inspirants échanges qui avaient lieu, là-bas-tout près, au Sommet Mondial pour l’Innovation dans l’Education.

C’était incroyable de recevoir en direct et via divers canaux de connexion les échos, les images, les voix, les interactions, les applaudissements. Superposition d’espaces-temps. Expérience pluri-sensorielle. Je venais d’entrer dans la 4ème dimension. Je pouvais tout à la fois suivre les passionnants débats sur le plateau central, capter et commenter en direct les questions et impressions de l’assemblée, informer mes propres amis et contacts de ce qui se déroulait là-bas sous mes yeux et engager simultanément sur mon mur facebook plusieurs discussions en parallèle.

1, 2 et 3 novembre 2011

Voyage au centre du World Wide Web

3 jours intenses, intellectuellement, physiquement, socialement, émotionnellement.

 Traitement de l’information en instantané, ressentis et émotions en grandeur réelle.

Oui, une drôle d’expérience dans la 4ème dimension. J’étais assise chez moi ici à Paris, mais j’étais au Qatar ; et pourtant là-bas sans y être, j’ai eu l’étrange sentiment de vivre un moment hors du temps, ou plutôt en connexion totale avec cet incroyable temps numérique qu’internet seul est capable de nous offrir.

WISE 2011, 3 jours riches, généreux, ambitieux auxquels j’ai eu la grande chance de participer. 3 jours où experts, gouvernants, professeurs et étudiants, assis à une même table ont réussi cet incroyable exploit de dessiner l’avenir d’un projet mondial : la création d’un Fonds Global pour l’Education dans le monde.

Alors, étais-je à Doha? 

Que signifie aujourd’hui être en un lieu?

Qu’est-ce qu’explorer les chemins de la connaissance à l’heure des nouvelles technologies?

Comment définir le virtuel du réel?

Ce que j’ai vu n’était pas virtuel, ce que j’ai entendu n’était pas virtuel, ce que j’ai vécu n’était pas virtuel. C’était bien réel. Et c’est bien avec cette réalité nouvelle que nous devons nous saisir du formidable enjeu qui s’offre à nous : faire de notre monde, un monde où chaque enfant, chaque famille, chaque petite fille, puisse, non pas seulement accéder mais participer à ce que nous nommons par ce mot simple: l’éducation. L’innovation pourra nous y aider, mais ne nous laissons pas charmer par les sirènes ensorceleuses, l’innovation sans le cœur, sans l’âme, sans le tissage des cultures et le métissage des hommes ne restera qu’un vœu pieu ; pire encore, ce serait un odieux mensonge et une trahison pour l’humanité toute entière à commencer par les plus faibles d’entre nous que de laisser penser que l’outil se substitue aux actes.

C’est ainsi que Gordon Brown a conclu son magnifique discours. No more speeches, let’s walk the talk, let’s march to do it

Non, ce n’était pas virtuel, c’était bien réel.

  • Un second qui vous en fera vivre la clôture  (le chapitre 6 vous conduira directement au discours de Gordon Brown.)

Et pour terminer ce billet, quelques phrases-clés glanées au fil du web et qui ont ponctuées ces 3 journées.

« Dans le futur, plutôt que des écoles, créons des holistic learning village »

Parole de proviseur: « Chez nous la voix des enfants est entendue: avant d’être institué, j’ai passé un entretien avec mes élèves. » ça se passe au…Danemark

« Notre plus grand problème reste notre incapacité à insuffler à la génération future l’idée qu’elle est capable de changer le monde » Richard Noble

« Productivity in learning is what it takes to transfer efforts in to results. » Agree?

‘ »Accéder à l’éducation n’est pas une fin en soi, pouvoir y contribuer en est une. »

« Horizon pour 2030: favoriser l’émergence de communautés autonomes d’apprenants.’

« Nous avons besoin d’un Printemps de l’éducation. »

« Ce n’est pas parce qu’un gouvernement est responsable de l’éducation qu’il a le monopole de cette responsabilité. » Burt

« L’enjeu de l’apprentissage par les compétences n’est pas tant de préparer nos enfants à l’économie de marché mais plutôt de leur apprendre à penser résolution de problèmes. »

« Depuis 2 jours, expérimente l’exercice du RT branchée sur les balises @diversifier et #wise2011 en direct du sommet international de Goha »

« Un « prix Nobel » de l’éducation attribué pour la première fois http://t.co/j4HtgtHV »

« Pour suivre en direct de #Wise2011 l’arbre de l’innovation de François Muller http://t.co/h6REY5RM »

« Les enfants habitent dans des maisons, pas dans les écoles, les parents font partie du dispositif d’apprentissage, l’apprendre n’appartient pas à l’école. »

« Too many holy cows in education. » Agree but…who are they?…

« Gordon Brown lance un appel pour la création d’un fonds mondial dédié à l’éducation. »

Parole d’étudiant: « L’espace classe n’est plus suffisant, nous avons besoin de nouveaux espaces nomades pour continuer d’apprendre par nous-mêmes et entre nous. »

« En face du toujours plus de technologie il n’y a pas forcément du mieux apprendre. La techno présente dans mon téléphone portable peut bien m’envoyer sur la lune, mais il faut bien que quelqu’un (moi? un tuteur? un professeur? un ami?) allume l’étincelle qui mette le feu aux poudres. »

« WISE is an eminent forum to listen and exchange ideas. It is also a community of different visions on the future of education. »Luc Chatel

« Pour accompagner la persévérance des enseignants et encourager la prise de risque que peut comporter la posture innovante, il faut leur donner les moyens personnels et collectifs de développer leur compétences professionnelles. »

Even without being there, I could feel the WISESpirit. Thank for all the tweets I received from #Wise2011

Open space, open mind, open thinking, open learning, etc. Certains termes parlent mieux dans certaines langues et sont difficilement traduisibles ;-)

let’s march to do it!

Partager sur Facebook

 




Projet d’alphabétisation en Côte d’Ivoire

20 10 2011

Le taux d’analphabétisme en Côte d’Ivoire avoisine les 52%. Les couches sociales les plus atteintes par ce fléau sont les femmes avec 67%. Or, la pauvreté ne peut être efficacement combattue si le taux d’analphabétisme est élevé.

Je suis partie en tant que volontaire pendant 3 mois sur une mission de solidarité internationale qui débuta en septembre 2010. Sur place j’ai travaillé sur une mission d’alphabétisation avec une organisation locale

Aujourd’hui, j’ai besoin de vous pour cette aventure; réussissons ensemble à agrandir ce centre d’alphabétisation et à le rendre autonome.

Oriane, 24 ans

En soutenant le projet d’Oriane, c’est un village entier que vous soutenez. Je la soutiens parce que c’est un beau projet, parce que c’est une femme au service des femmes, parce que c’est ma nièce aussi…Ne sommes-nous pas tous responsables de l’humanisation du peuple des hommes? Prenez quelques secondes pour découvrir son projet d’alphabétisation au cœur de la Côte d’Ivoire.

Merci pour elle(s)

  • Pour en savoir plus, je vous invite en un clic, à vous rendre directement  sur le site
  • N’hésitez pas à diffuser largement autour de vous, auprès de vos proches, sur vos réseaux sociaux …

Il faut tout un village pour éduquer un enfant (proverbe africain)

Make it happen :-)

Partager sur Facebook

 




Question de rythmes

30 08 2011

Chi va piano, va sano

Et pourtant, à quelques jours de la rentrée…

Plannings, emplois du temps, rythmes scolaires…

Gestion des agendas, des activités, des rendez-vous…

La rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle, ou « simplement » familiale, est toujours un moment délicat…

Et si nous commencions par un petit sketch de remise à niveau?

Bonne rentrée à tous :-)

Image de prévisualisation YouTube

Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait.
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant !
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

À un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur.
Je lui dis :
— Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
— Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ?
— Si, Si, des bruits ont couru !
— Ils courent toujours !
— Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
— Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
— Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
— Mais où courent-ils ?
— À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
— Et le reste du temps ?
— Ils courent faire leurs courses… au marché !
— Pourquoi font-ils leurs courses en courant.
— Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
— Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
— On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord le fou n’aime pas la marche…
— Pourquoi ?
— Parce qu’il la rate !
— Pourtant, j’en vois un qui marche !
— Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !
— Il n’a pas l’air d’être suivi ?
— Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
— Et vous, peut-on savoir ce que vous faîtes dans cette ville ?
— Oui ! Moi j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
— Et où courez-vous là ?
— Je cours à la banque !
— Ah !… Pour y déposer votre argent ?
— Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !
— Mais si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
— Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !…

Raymond DEVOS

D’autres articles sur le web et sur le même thème:

Partager sur Facebook




Vacances imaginaires

3 07 2011

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux »

Marcel Proust

Une image, comme un timbre sur un dernier post’,

comme une invitation à poursuivre sur d’autres rivages,

à la recherche d’un temps perdu qu’on cherche à retrouver.

C’est dans cet esprit que pour clore cette année,

je vous souhaite à tous de merveilleux voyages!

Bonnes vacances :-)


Partager




Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir ;-)

Image de prévisualisation YouTube 

 

Partager




Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie ;-)

Image de prévisualisation YouTube


Partager




La fête des fous

31 03 2011

Carême pédagogique

Jour 21

Pensée 21

Trêve de mi-Carême!

Le Roi des fous (Quasimodo) à notre-Dame de Paris

Gravure Louis Boulanger et W. Finden, 1878

Au Moyen Âge, la fête des fous était célébrée à Noël. Depuis, la tradition s’est transformée et a bien évolué…

Pour en savoir plus sur cette étrange fête de la plus belle grimace, je vous invite à vous rendre sur le site suivant à qui j’ai emprunté l’illustration ci-dessus.

Bonne journée à tous!

Et surtout, si vous croisez aujourd’hui un enfant qui vous fait la grimace

n’en prenez pas ombrage pas et rendez-la lui de plus belle ;-)


Partager




Haïku pour Hatsuharu

21 03 2011

Carême pédagogique

Jour 11

Pensée 11

Certains sujets sont difficiles à envisager avec une classe de jeunes élèves. Non pas qu’ils ne soient pas en capacité de les appréhender, mais plutôt qu’il reste très délicat pour un enseignant de se mettre à la portée de leurs attentes, de leurs besoins, de leurs peurs, de leurs représentations, de leurs questions,  sans risquer de les brusquer, de les heurter, de les plonger un peu plus dans le chaos qui envahit les ondes et les écrans. Pour autant, on ne peut rester muet, impassible, faire comme si de rien n’était. Ainsi j’ai choisi de partir avec ma classe à la découverte du patrimoine poétique japonais et de leur proposer de rédiger à l’intention d’un enfant, incarné par un prénom, un court poème sur le modèle des Haïkus.

Le haïku est une forme classique de la poésie japonaise, à forte composante symbolique, qui contient environ 17 syllabes et  fait référence à un élément de la nature, nature qui porte en elle la beauté et l‘éphémère.

Au Japon, chaque prénom est porteur d’un sens, d’une signification. Ici, en choisissant de mêler deux prénoms féminins Hatsu et Haru, j’obtiens un prénom composé Hatsuharu qui signifie Premier Printemps. Hommage au printemps bien sûr, mais surtout hommage à cette petite fille, à ce nouveau-né qui vit le jour au pays du Soleil Levant, à l’aube d’un tsunami dévastateur.

Haïstu pour Hatsuharu

Les eaux noires de tes grands yeux

vaporeux

s’éveillent au Soleil Couchant

Partager




Enquête philosophique sur le bonheur

14 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 6

Pensée 6

Le bonheur est -il un état d’esprit, une qualité, une vertu, un don?

Est-il une simple vue de l’esprit que l‘homme aurait inventée pour supporter l’inexorable fin de son existence?

Peut-on le chercher, et si par bonheur, on le trouve, est-il possible de le garder comme on protège un bien précieux?

Est-il d’ailleurs un bien? Peut-on veiller sur lui et le préserver tel l’homme, depuis qu’il l’a découvert, a su entretenir le feu?

Le bonheur tient-il davantage de l’avoir, de l’être, de l’agir?

Le bonheur peut-il continuer de se vivre sitôt qu’il disparaît par le seul fait que la mémoire le rend encore tangible?

Est-il évaluable? quantifiable?

S’il est une vertu, comment s’acquiert-elle?

S’il est un don, certains sont-ils plus dotés et doués que d’autres?

S’il est un bien, comment le partager?

S’il n’est que pure illusion, par quoi le remplacer?

Et puis d’ailleurs, le bonheur est-il obligatoire? Est-il une condition inconditionnelle de la réussite d’une vie d’homme?

Ne sont-ce pas là des questions fondamentales à évoquer en classe avec nos élèves, à l’heure où les vrais faux marchands de faux vrai bonheur ont partout envahi nos espaces de vie?

A débattre et à

Partager




â côté d’un rêve…

11 03 2011

Carême pédagogique

Jour 3

Pensée 3

« C’est une chose souvent éprouvée : cet abîme entre un savoir lourd, embaumé dans les livres ou les morales, et l’humeur aérienne de la vie qui va. On peut ainsi être instruit de tout, et passer sa vie dans l’ignorance absolue de la vie. Ce ne sont pas les livres qui sont en cause, mais la parcimonie d’un désir, l’étroitesse d’un rêve. »

(« Le huitième jour de la semaine » C. Bobin)

lundi: je rêverai je rêverai je rêverai je rêverai…

Mardi: tu rêvas tu rêvas tu rêvas tu rêvas…

Mercredi: il rêvait il rêvait il rêvait il rêvait…

Jeudi: nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé…

Vendredi: vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé…

Samedi: ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé…

Dimanche: elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé…

  • Le huitième jour de la semaine : Il est trop tard pour rêver au présent de l’indicatif! Le temps s’en est allé :-(

Lorsqu’à l’école on apprend certains verbes

apprenons d’abord à les vivre

avant de les conjuguer

pour éviter de passer

à côté d’un rêve

Bonne journée donc!

Partager




Le courage s’apprend-il?

10 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 2

Pensée 2:

 » Le courage aboutit à son propre commencement…les courageux sont ceux qui ont l’art de commencer…on n’apprend pas à commencer, pour commencer, il faut simplement du courage. »

Vladimir Jankélévitch

Ce courage là peut-il s’enseigner? se transmettre? le vouloir précède-t-il le pouvoir? ou bien est-ce dans l’agir que le courage prend vie?

Question philosophique de premier ordre me semble-t-il tant elle se pose à nous, chaque jour, qu’on soit adulte, qu’on soit enfant, qu’on soit enseignant, qu’on soit parent et tant elle prépare à la vie, à ses heurts, aux choix qu’elle nous offrira ou que nous provoquerons, à la mort qui nous attend, inévitablement.

Si apprendre le courage, c’est accepter d’éprouver au quotidien la frustration des petits renoncements, enseigner le courage, consisterait-il, par un effet de mise en abime, à accepter, sans pour autant ne jamais renoncer, de n’être pas pleinement en capacité de conduire comme nous le souhaiterions, notre enseignement auprès des enfants qui nous sont confiés, dans un temps donné et dans un cadre requis?

Enseigner, c’est être confronté chaque jour à nos limites, à notre petitesse d’homme, à notre ignorance professionnelle, et malgré tout, revenir chaque lendemain, recommencer inexorablement, croire passionnément en la capacité de l’autre, en son courage.

Provoquer le courage, reconnaître le courage de l’enfant, dans la moindre petite activité apparemment insignifiante à nos yeux, ne sont-elles pas des attitudes  éducatives fondamentales dans un monde où l’immédiateté, l’efficacité, le plaisir et le culte du résultat sont vantés comme autant de récompense et de mérite?

Apprendre, c’est prendre le risque de ne pas comprendre; il faut du courage pour cela.

Enseigner, c’est oser prendre le risque de n’être pas compris, de se tromper; il faut aussi du courage pour cela, non?

A débattre, de manière éthique et responsable ;-)


Partager




Carême pédagogique 2011 (J1)

9 03 2011

Petit clin d’œil pédagogique à notre calendrier du jour, en ce mercredi d’ouverture du Carême 2011, je vous propose une nouvelle chronique intitulée Carême pédagogique. Il s’agira, jour après jour, de nous retrouver ici même, de nous poser quelques instants de manière à partager ensemble une pensée personnelle, un précepte, une règle de conduite professionnelle, une citation, un proverbe, un dicton, une réflexion, un aphorisme, un adage, bref, un extrait de notre substantifique moelle pédagogique nous tenant particulièrement à cœur mais qui n’en demeure pas moins si difficile et parois même impossible à incarner au quotidien.

Entre ce que l’on croit, ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce vers quoi on tend, les écarts et les paradoxes sont malgré tout inévitables. Le manque de temps, l’usure du quotidien, la part des affects, la tentation de la routine, la surcharge de travail, etc sont autant de bonnes mauvaises raisons de mettre de côté les valeurs humaines et éducatives auxquelles nous sommes pourtant profondément attachés, et ce, quels que soient notre religion, notre athéisme, notre appartenance politique, culturelle ou sociale, car ce dont il est question bien avant tout, c’est de notre référence commune à des valeurs humanistes qui transcendent, elles, nos différences humaines.

Ainsi, de manière à nous rappeler à notre sens éthique et professionnel, je vous inviterai chaque jour, le temps d’une courte pause numérique, non pas à une célébration de pénitence collective (  :-(   ) mais plutôt à ce que j’appellerai une brève analyse de nos pratiques éthiques.

Qu’en pensez-vous?

Jour 1:

Pensée 1:

Éduquer, c’est renoncer à nos propres rêves d’excellence pour permettre à l‘enfant d’accéder à son excellence propre.


Partager




On ne naît pas femme, on le devient…

8 03 2011

« On ne naît pas homme on le devient ». disait Érasme

Naître puis grandir petite fille, devenir jeune fille, choisir sa vie de femme, un long parcours que toutes, loin de là, n’ont pas le droit de vivre.

En cette journée de la femme, rendons-leur hommage à l’instar de Simone de Beauvoir.

Image de prévisualisation YouTube

Partager




Pour faire l’autoportrait d’un enfant

7 02 2011

Autoportrait

Prenez la main d’un jeune enfant

Un peu avant sept ans.

Placez tout à côté

Une craie, une toile, un écran

Ni trop petit ni trop grand.

Mettez face à l’enfant

Un rêve à dessiner

Comme un nuage blanc.

Laissez-le faire.

Regardez-le.

C’est étonnant…


D’après le titre de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau

et le texte Recette du poète Guillevic

Un article poétique en hommage au magnifique travail réalisé par le photographe et réalisateur Gilles Porte dont le film « Dessine-toi… » vient de paraître dans les salles.

Pour en savoir plus sur l’auteur et voir la bande annonce


Partager




Mieux vaut prévenir que…

19 01 2011

Vous ai-je déjà présenté mon autre autre blog?

- Encore un autre blog!? Avec celui de vos élèves et le vôtre, plus tout le reste, vous n’en n’avez donc pas assez? »

- Si, bien sûr, j’en avais déjà largement assez…et puis, voilà, une rencontre, une sollicitation, un projet….et hop! En juillet dernier, paraissaient les premiers articles de ce nouveau web-log.

Je m’explique:

4 raisons principales m’ont poussée à créer ce blog sous l’égide de la MAE :

  • Une rencontre professionnelle et amicale avec l’une de ses responsables impliquée dans le secteur des actions de prévention
  • L’envie de valoriser un patrimoine pédagogique riche et encore trop peu connu des responsables éducatifs (parents et enseignants)
  • Le désir de soutenir les actions de prévention menées sur le terrain par des équipes de bénévoles en lien avec la sécurité des enfants et celle des adolescents
  • L’opportunité de travailler en lien avec un partenaire

Depuis l’été dernier donc, chaque lundi, j’y publie un article relevant d’un thème précis de prévention en lien avec une ressource pédagogique ciblée.

  • Les thèmes abordés:
  1. La sécurité domestique
  2. Éducation à la santé
  3. Les premiers secours
  4. La sécurité routière
  • Les niveaux concernés:
  1. La maternelle
  2. L’élémentaire
  3. Le collège
  4. Le lycée
  • Les types d’outils (toujours gratuits):
  1. Kit pédagogique
  2. Cédérom
  3. Fiches téléchargeables
  4. Expositions, actions et ateliers itinérants
  • Les publics concernés:
  1. Les parents
  2. Les enseignants
  3. Les associations
  4. Les collectivités territoriales

Alors, on s’y retrouve dès lundi prochain?

Blogueuse, un métier passionnant ;-)

Partager




Digital Christmas

27 12 2010

Les temps changent ;-)

Image de prévisualisation YouTube

Partager




Quelle heure est-il?

31 10 2010

Au fait! quelle heure est-il?

Image de prévisualisation YouTube

Il est toujours la bonne heure lorsqu’il s’agit de rire, non?

Très bonne fin de semaine à tous

;-)

Partager




Des outils numériques au service de l’école

4 10 2010

AGENDA d’octobre



L’atelier Voix Haute dirigé par  Christian Jacomino, linguiste, pédagogue et docteur en science du langage, nous donne rendez-vous ce mercredi 6 octobre, pour sa journée de rencontre et formation sur le thème: « Des outils numériques au service de l’école ».

Celle-ci réunira- et si ce n’est pas la première fois- vous avouerez que ce n’est pas courant:

  • des professeurs de l’école élémentaire avec ceux du collège
  • des représentants de l’enseignement public avec ceux de l’enseignement privé
  • des animateurs associatifs avec des étudiants et parents d’élèves
  • tous ceux que l’école et son devenir intéressent

Toutes les précisions nécessaires sur ce rendez-vous et sur le détail du programme des interventions sont accessibles ici:

http://voixhaute.com/spip/spip.php?article184

Deux articles enfin à découvrir, qui dessinent le contour de ce projet:

C’est ainsi avec beaucoup de plaisir que j’irai mercredi témoigner des pratiques d’écriture et de l’outil blog que je manipule maintenant depuis 3 ans avec des élèves de cycle 3. Mon témoignage portera essentiellement sur le portfolio numérique mis en place avec mes élèves, à savoir leur Culturo-Blog des CM1-CM2.

Alors si vous êtes du côté de Nice ce jour là, n’hésitez pas à vous joindre à nous! L’amphithéâtre de la place  Garibaldi est là pour ça!

Place Garibaldi

Partager




Devoirs du soir pour parents « zens »

15 09 2010

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il y a comme un air de déjà vu déjà vécu

Image de prévisualisation YouTube

Bon, c’est pas tout, mais nous sommes mercredi et les devoirs m’appellent…

;-)


Partager




Fenêtre ouverte sur salle de classe

18 08 2010

Les parents à l’honneur

Comment associer la première communauté éducative que sont les parents au projet éducatif et pédagogique des enseignants ? Comment donner du sens au projet de vie de l’enfant-élève en intégrant dans nos structures scolaires des échanges authentiques entre les familles et les enseignants ? Comment préparer l’orientation des jeunes en étroite collaboration avec leurs histoires personnelles et la multiplicité des réalités professionnelles ? Comment faire travailler ensemble parents, enseignants et jeunes avec le souci de favoriser le développement des compétences collectives ?

Voici un ensemble de questions qui posent à nouveau la question du sens de la coopération entre l’école et les familles. Enseignante au cycle 3 de l’école primaire, et mère de 4 enfants scolarisés en élémentaire, au collège, au lycée et à l’université, je me suis toujours interrogée sur les modalités et les dispositifs à mettre en place au sein des établissements du premier comme du second degré pour favoriser ce nécessaire partenariat éducatif. En ce presque début d’année scolaire, je souhaitais, une nouvelle fois, témoigner d’une expérience mise en place dans ma classe il y a de cela deux ans et qui ne demande qu’à être pérennisée et renouvelée au primaire comme au secondaire. Des parents m’en ont refait la demande, des élèves m’ont sollicitée, des collègues souhaitent s’y associer. De quoi s’agit-il exactement ? D’un forum des métiers entièrement géré par les parents volontaires.

  • Comment ça marche:

Sur la base d’un calendrier à remplir par les parents, j’ai proposé à chaque famille la possibilité de venir témoigner en classe de leur métier, d’une activité, d’une passion ou d’une expérience de vie particulière.

  • Objectifs de cette démarche :

– Associer le parent, non comme « parentdélève » mais comme adulte témoin, acteur et passeur de savoirs et de compétences

- Ouvrir le champ des connaissances en matière de réalités externes à l’institution scolaire

- Favoriser une coopération active entre parents et enseignants

- Ouvrir l’école sur son environnement proche

- Responsabiliser les adultes dans une démarche de co-éducation

- Mettre en projet des jeunes en fin d’école primaire

  • Dispositif proposé :

- Périodicité d’une présentation hebdomadaire entre mars et juin

- Créneau moyen d’une heure trente pour chaque intervention

- Possibilité de grouper deux ou trois parents dont les activités professionnelles sont complémentaires

  • Cahier des charges à respecter :

Associer présentation du métier et mise en activité des enfants (avec aide de la maîtresse si besoin !)

  • Nombres de participants : 11 volontaires sur un total de 32 familles

  • Métiers présentés :

- Chef d’orchestre

- Scénariste

- Comédien

- Machiniste

– Constructeur ferroviaire

- Inspecteur des douanes

-Brocanteur

- Responsable de Marketing

- Publiciste

- Dentiste et orthodontiste

  • Effets produits chez les élèves :

Curieusement, de nombreux enfants n’ont pas idée de l’activité professionnelle de leurs parents. Papa est au bureau, maman est au travail…Les jeunes n’ont pas conscience des réalités concrètes qui se cachent derrière cet espace-temps qu’ils ne partagent pas et dont ils n’ont aucune vision précise. Où disparait maman après m’avoir déposé au portail ? Où va papa lorsqu’il part en voyage ?

Le fait d’entendre, de partager et de vivre des études de cas précis en classe leur aura permis de découvrir non seulement des facettes de la vie professionnelle en général mais plus encore de nouvelles facettes identitaires de leurs parents. Découverte et fierté entremêlées…Et pour certains, invitation au rêve et au voyage…Quand je serai grand, je serai…

  • Retour des parents :

- Plutôt favorables à l’idée de participer à ce moment de vie authentique

- Heureux de voir la classe de l’intérieur

- Surpris de découvrir leur enfant sous un angle différent

- Satisfaits d’être pris au sérieux pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’on attend qu’ils soient…

  • Témoignage en direct : Paroles de papa

Il y a 2 ans Mme Mathon, institutrice de ma fille Eva, a exprimé la demande suivante :

« Souhaitez-vous présenter votre métier à la classe de votre enfant ? ».

Je dois avouer que j’ai été tout d’abord un peu réticent, ne voyant pas d’emblée l’intérêt que comporterait la présentation de mon métier.

A la réflexion, et après avoir discuté avec ma fille, il m’a paru intéressant pour des jeunes écoliers de découvrir la panoplie des différents métiers existant et surtout de les leur présenter, sous toutes leurs facettes, et pas seulement la 1ère perception qu’ils pourraient en avoir.

Afin de me préparer, je me suis rapproché d’un collègue qui effectue ce type de présentations aux écoliers, collégiens et lycéens de quartier difficiles et je l’ai invité à y participer.

Le jour de la rencontre avec la classe de ma fille, j’appréhendais cette présentation comme un écolier qui passe un examen. Bien que préparé, au moment venu, saurais-je répondre à toutes les questions, de façon complète et compréhensible ? Ne vais-je pas les ennuyer ? Et très vite les « pourquoi-comment » ont démarré. Un peu surpris au départ par la précision des demandes, cette demi-journée s’est finalement très bien passée, j’ai été impressionné de l’intérêt qu’ont porté les écoliers sur mon métier et mon entreprise. Quant au collègue qui m’accompagnait, il n’a trouvé que des éloges à faire pour la classe. Il était lui aussi impressionné par la discipline, l’écoute, le respect et la sincérité de ces écoliers.

J’ai trouvé cette expérience intéressante et enrichissante, non seulement pour les enfants dans leur connaissance du monde du travail, mais encore pour moi-même, pour prendre conscience de leurs attentes ou de leurs perceptions parfois erronées.

Je pense que ce type d’expérience mérite d’être renouvelée et espère que de nouveaux parents, dans des professions très diverses, accepteront d’y participer.

Monsieur Guillermo LOPEZ

Ce que ne dit pas Monsieur Guillermo dans ce beau retour d’expérience, c’est la nature de ce fameux métier qu’il est venu nous présenter et l’aventure extraordinaire qu’il nous a fait partager. Machiniste à la RATP, non seulement Monsieur Guillermo nous a magnifiquement exposé son entreprise mais pour aller plus loin encore, il nous a embarqué au fil des rues de Paris dans un bus spécialement réservé pour la classe jusqu’au Terminus d’Aubervilliers. Là, nous avons visité les ateliers de remise en état, les entrepôts de matériel et les bureaux. Nous avons vu les bus par-dessous et par-dessus, en pièces détachées et en rénovation. Nous avons pénétré dans l’envers du décor…Oui, c’était un moment rare, exceptionnel. Pour sa fille, pour tous les enfants et pour moi-même. Merci Monsieur Guillermo. Merci pour cette passionnante et instructive demi-journée.

  • Bilan personnel de cette expérience:

Il est apparu, durant ce troisième trimestre, période de ce forum des métiers, une nouvelle cohésion de classe, une nouvelle ambiance, une nouvelle dynamique. Les vendredis, d’habitude si redoutés, sont devenus des points de rendez-vous attendus et appréciés de tous, et sur les trottoirs de l’école, on entendait des parents échanger sur leur expérience vécue en classe. Pour eux, comme pour moi, une autre manière d’envisager l’école et le partenariat éducatif venait d’émerger. Un partenariat fondé sur le partage des savoirs et des pouvoirs, sur la complémentarité des différents acteurs, sur la coopération entre les personnes, sur la base d’un co-apprentissage.

Parallèlement à cette initiative, ici même sur Blog Bleu Primaire, je donnais à voir les différentes expériences vécues en classe au fil du temps. Une façon pour moi de prolonger les échanges hors du cadre scolaire et de valoriser les interventions des parents. Investis d’un nouveau pouvoir d’agir, les parents et les enfants se sont associés à ce nouveau projet…qui demeure encore d’actualité.

J’ai été impressionnée de voir à quel point les parents se sont engagés dans leurs actions. Chaque intervention était ponctuée d’activités riches, diverses, concrètes et actives. Travail en petits groupes, mise en situation, jeux de rôles, activités créatrices…J’ai découvert des parents pédagogues…Et j’ai appris une foule de choses ! Tant de métiers, tant de talents, tant de compétences

  • Quelques exemples d’activités proposées, gérées et assumées par les parents :

Le forum des métiers s’est ouvert en la majeur…Avec le papa de Paul, chef d’orchestre nous avons parcouru les lignes d’une partition manuscrite géante, tenu la baguette et battu la mesure. Rythme et tempo se sont invités en classe et chaque enfant a pu s’essayer à l’exercice de ce métier « social » pour reprendre les termes de Monsieur Pellivani. Ecoute musicale bien sûr mais aussi et surtout discussion autour du métier de « chef ». Être chef, c’est accorder les yeux, les gestes, les oreilles et les cœurs de chacun pour offrir la plus belle interprétation possible. Belle leçon d’éducation musicale certes, mais plus encore, magnifique témoignage du vivre ensemble. Paul était fier et heureux de la présence de son père parmi nous. Très souvent en tournée autour du monde, ce matin là, il était en tournée à l’école, dans son école, dans sa classe. Un beau cadeau.

D’autres actions sont à découvrir en suivant ce lien: Forum des parents.

  • Limites de l’expérience :

De nombreux parents vivent des situations personnelles et professionnelles très complexes, certains sont au chômage ou ont décroché depuis plus ou moins longtemps de la sphère sociale et professionnelle. D’autres enfin ne maîtrisent pas suffisamment le français pour oser franchir la frontière scolaire et venir témoigner. Il est de la responsabilité de l’institution de trouver et d’inventer des passerelles qui leur permettront, eux aussi, de prendre la parole, d’exister, de valoriser ce qu’ils sont. En leur redonnant ce « pouvoir-être », on leur permettra à nouveau de se saisir de leur autorité éducative, de leur légitimité à éduquer, à accompagner leurs enfants, à jouer pleinement leur rôle de parent. Les parents n’ont pas déserté la sphère éducative. C’est l’image négative et dépréciative qu’on leur renvoie d’eux-mêmes qui les en éloigne peu à peu et pour certains les en exclue totalement. Un père sans activité professionnelle, une mère célibataire, une famille immigrée s’interdisent bien souvent d’exercer leur droit, leur devoir, leur pouvoir parental sous prétexte qu’ils se perçoivent comme illégitimes au regard des normes sociales, culturelles, scolaires…Ils pratiquent alors bien involontairement ce que je qualifierais  l’inconsciente autocensure éducative . En associant ces familles à des actions de co-éducation, en cessant de les exclure ou de les infantiliser, on travaille à resserrer les liens entre parents, enfants et enseignants et on offre aux jeunes un exemple de cohésion adulte et constructive, condition essentielle pour la confiance, le bien-être et la réussite des élèves…

  • Conclusion :

Avant même de parler d’orientation au second degré, il paraît incontournable de mener dès les petites classes des actions de découvertes, d’invitation, d’incitation. On apprécie souvent la saveur des choses après les avoir goûtées plusieurs fois…Comment peut-on imaginer choisir une voie professionnelle du jour au lendemain, sous prétexte qu’il est l’heure, qu’on a 16 ans et que l’institution a décidé pour vous que c’était  le moment? La vie professionnelle est une course au long court. Si elle se construit sur le tas chaque jour davantage, elle se prépare bien avant  l’âge limite requis . Attention, il n’est pas question ici de s’agiter dès le primaire autour de l’idée d’une pré-orientation précoce, ce serait se tromper à la fois d’objectif et de stratégie et faire fi de ce qu’est un enfant. Plutôt, il faut considérer cette période  primaire , comme une période privilégiée car propice à l’émerveillement et au questionnement ouvert et sans limite et s’en saisir ainsi pour multiplier les occasions d’éveil à l’environnement et d’incitation au rêve. La capacité d’ouverture du jeune enfant âgé de 7 à 11 ans est bien supérieure à celui de l’adolescent, focalisé quant à lui sur d’autres centres d’intérêt qui lui réclament alors toute son énergie…

Enfin, pour conclure ce témoignage j’insisterais à nouveau sur cette idée qu’on ne peut, qu’il s’agisse de la simple découverte des métiers au primaire et plus tard, de l’orientation au collège et au lycée, faire l’impasse ni sur la mutualisation des compétences collectives ni sur l’histoire personnelle de chacune des familles. C’est pourquoi il m’a paru utile de témoigner de ce type de dispositif impliquant les parents eux-mêmes. Dispositif très simple à mettre en place et fort éclairant dans de nombreux domaines. On y apprend des enfants, on y apprend des parents, on y apprend des autres et de soi-même.

On apprend à l’école, oui, mais on n’apprend pas qu’à l’école et surtout il est grand temps que l’école accepte, elle aussi, d’apprendre des autres…

C’est ce que j’ai tenté de faire vivre dans mon ouvrage

« Un projet pour repenser les relation parents-enseignants »

D’autres ressources sur le thème des relations parents-profs

1/ Le site de Jacques Nimier:

2/ Le réseau d’échanges de pratiques pédagogiques E.P.P.E.E

3/ Le magazine Psychologie.com

4/ Une vidéo de Philippe Meirieu sur Curiosphère

5/ Une interview de Jean-Louis AUDUC

6/ Un dossier complet sur le site EduScol

7/ Le site « Mieux vivre ensemble à l’école »

8/ Des liens sur EducaSource

9/ …A vous de nous signaler vos pratiques, vos questions et vos ressources

;-)

Partager