Manifeste pour Le plaisir d’apprendre par Philippe Meirieu et ses invités

12 03 2014

1959314_784137648281662_1555672176_nC’est aujourd’hui que sort en librairie ce très joli Manifeste en l’honneur du plaisir d’apprendre. L’occasion pour moi de partager avec vous quelques impressions de lectrice.

 

 

Pourquoi faut-il lire ce livre?

Sans doute et tout simplement avant tout, parce que c’est un bel ouvrage, coloré, généreux, richement illustré, un objet qu’on a plaisir à feuilleter, à la manière d’un gamin devant un album qui s’attarde à chaque illustration. Oh, regarde maître la belle image!

Balade impressionniste…

Une photo en noir et blanc à la page 105, et mes yeux se posent; qu’il est beau cet artisan ébéniste, penché sur son œuvre, le regard et le corps entièrement dévoués au geste, à sa précision, à la promesse qui se lit déjà dans le travail en cours.

Et puis juste à côté, ces mots d’André Malicot, directeur de la formation, des études et de la recherche chez les Compagnons du devoir et du tour de France: « Apprendre, chez les compagnons du devoir, ce n’est pas comme à l’école, écouter passivement un maître; c’est aller vers lui pour s’emparer de son savoir. » Et puis un peu plus loin: « Pourquoi ne pourrait-on pas être plus sensible à une forme d’enseignement partant du geste pour aller vers l’idée, du concret vers l’abstraction? Pourquoi ne pas suivre le philosophe grec Anaxagore, qui ne voyait, lui, aucun paradoxe à dire: « L’homme est intelligent parce qu’il a une main » ? »

Oui, c’est vrai ça, quelle place pour le chef-d’œuvre dans nos écoles?

Je continue d’égrener les pages, un peu à la hâte, curieuse d’en découvrir plus, et page 78, mon regard à nouveau se laisse attraper par le beau sourire d’Isabelle Pelloux, à la fois tendre et malicieux, un sourire qui semble inviter au bonheur d’enseigner. Isabelle est professeur des écoles, et fondatrice de l’école des Amanins dans la Drôme et dans sa classe, voilà comment s’expriment les enfants: « On a du plaisir à apprendre quand on est maîtresse, car les enfants leur apprennent encore des choses. Elles devaient aimer apprendre quand elles étaient petites les maîtresses. » Je lis son chapitre « De l’étonnement à la coopération, et j’ai subitement envie d’avoir neuf ans, et comme Clémence, d’être dans sa classe. Oui, redevenir petite et (re)découvrir avec elle la joie du plaisir d’apprendre…

Pour le plaisir, je relis deux fois ce passage, et puis, boostée par cette idée que oui, le plaisir et l’étonnement contribuent à la joie de mieux apprendre, je poursuis mon effeuillage jusqu’à ce poème, page 25 de Paul Valéry extrait du recueil « Charmes »: Lire la suite »




L’école entre Autorité et Zizanie

22 10 2011

Fiche de lecture:

 

Titre: L’école entre Autorité et Zizanie

Rédaction: collectif d’auteurs-chercheurs au Laboratoire Innovation, Formation, Éducation (LIFE) de l’Université de Genève: Michèle Bolsterli, Danielle Bonneton, Andreea Capitanescu, Monica Gather Thurler, Olivier Maulini, Alain Muller,Philippe Perrenoud, Lorraine Savoie-Zajc, Etiennette Vellas.

Illustrations: De nombreux et savoureux dessins de Barrigue et de Mix et Remix viennent illustrer la réflexion et émaillent avec un humour à la fois  fin et percutant les propos des différents auteurs.

Démarche générale de l’ouvrage: L’école, tout le monde en parle. Chacun de ceux qui s’y sont assis ou qui y ont enseigné, y a vécu une expérience singulière. De cette expérience particulière va naître toute sorte de représentations, de « vérités personnelles » que l’on est tenté de brandir comme autant de slogans ayant valeur de vérités universelles. De cette hétérogénéité d’expériences dont chacune se revendique comme modélisante, naissent de nombreux conflits, de récurrents affrontements idéologiques, d’inefficaces tiraillements structurels, de multiples incompréhensions menant à la peur, au blocage et inexorablement à un immobilisme pernicieux dont tout le monde se plaint mais que chacun alimente à sa façon. Cet ouvrage tente de dépasser les clivages habituels en œuvrant collectivement pour une meilleure compréhension de la complexité des choses autour d’un outil simple, un abécédaire s’organisant autour de 26 mots-clefs illustrant les controverses et les enjeux éducatifs du monde actuel.

La finalité de l’ouvrage: faire du lecteur un acteur averti, un maillon fort au sein d’un système complexe, un professionnel responsable de l’organisation apprenante dont il est lui-même un élément central et moteur.


26 chapitres donc, dont j’ai extrait 26 citations. Le choix de ces dernières n’est pas neutre; comme tout choix, il reflète quelque-chose de soi-même. Dans le cas présent, j’ai souhaité extraire de cet ouvrage des éléments de réflexion qui d’une part, font écho à des pratiques professionnelles mise en œuvre dans le cadre de mes actions de formation, et d’autre part alimentent et structurent la rédaction de mon mémoire professionnel. De nombreux éléments de sociologie des organisations s’y trouvent impliqués et rejoignent ainsi le cadre théorique dans lequel je situe ma réflexion actuelle.

Voici donc un abécédaire-restreint de l’ouvrage cité ci-dessus.

  • AUTORITÉ: « De l’argument d’autorité (soumission), à l’autorité de l’argument (raison), il y a plus qu’un renversement: un projet pédagogique au cœur du projet démocratique. » Olivier Maulini p23
  • BUREAUCRAIE: « Débureaucratiser à bon escient, c’est notamment cesser de penser que les solutions trouvées au centre sont bonnes pour tous les établissements et une fois pour toutes. C’est gérer le système scolaire sans feindre de croire que toutes les écoles sont semblables, c’est prendre en compte leur différences, identifier ce que chacune sait bien faire. Il importe aussi de n’imposer que des principes généraux, un programme-cadre, des objectifs, puis de laisser chaque établissement faire au mieux, en acceptant de rendre compte de son autonomie. » Andreea Capitanescu, p25
  • CONSTRUCTIVISME: « …l’éducateur doit pouvoir trouver chez l’enfant son premier allié. » Etiennette Vellas, p 27
  • DIDACTIQUE: « Le temps de l’enseignement s’écoule alors tranquillement, sans que le temps d’apprentissage ait même commencé. » Alain Muller, p32
  • ENFANT-AU-CENTRE : « … ce n’est ni l’élève, ni le savoir, ni le maître qu’il convient de mettre au centre, mais bien les apprentissages, les obstacles rencontrés et la recherche de la meilleure manière de les surmonter. » Andreea Capitanescu, p35
  • FATIGUE: « La fatigue résulte souvent d’un divorce entre le projet et le mandat, le travail réel et sa reconnaissance explicite, la pratique des professionnels et le discours de l’institution. » Philippe Perrenoud, p 37
  • GALÈRE: « L’antithèse d’une école galère c’est une école qui sait naviguer sur les eaux tumultueuses de l’éducation. C’est une école qui a su identifier, avec ses acteurs, le port que cette équipe souhaite atteindre. L’école n’est plus une galère lorsque les acteurs retrouvent du sens dans leurs actions et prennent plaisir à apprendre et à aider à apprendre. » Lorraine Savoie-Zajc, p39
  • HONTE:  « C’est de cela que l’école, collectivement, pourrait et devrait avoir honte: ne pas savoir, ne pas vouloir, ne pas oser s’organiser, se réorganiser pour que tous apprennent pendant qu’il est temps, laisser se développer des processus d’exclusion au vu et au su de tous, sans prendre le taureau par les cornes. » Philippe Perrenoud, p43
  • ILLETTRISME: « Insistons sur le fait qu’apprendre à lire et à écrire, ce n’est pas seulement acquérir un ensemble de techniques, mais changer son rapport à la culture écrite, au langage, et, plus largement, au monde, le langage étant une voie d’accès à celui-ci. » Alain Muller, p46
  • JEU: « L’étymologie en témoigne: en grec, le mot skholê signifia d’abord loisir, puis loisir consacré à l’étude; en latin, ludus (qui a donné le mot français ludique) avait pour sens à la fois amusement enfantin, jeu, plaisanterie et…école. Platon disait déjà: Laissez les leçons prendre la forme du jeu. » Michèle Bolsterli, p47
  • KRACH: « Le krach économique ne tombe pas du ciel. Il résulte du jeu incohérent des acteurs, il sanctionne ceux qui ont joué avec le feu. Dans l’école, l’effondrement serait du même ordre: personne ne le veut, mais tous y contribuent, en rejetant bien entendu la faute sur les autres… » Philippe Perrenoud, p 51
  • LAXISME: « Dans l’école nouvelle, disait Claparède, les enfants ne font pas ce qu’ils veulent, ils veulent ce qu’ils font. Quand il a du sens, leur travail est intense. Il sollicite la créativité, l’inventivité, la rigueur, la précision, le sérieux, la discipline, bref, l’engagement de chacun dans les activités auxquelles la classe doit s’atteler. » Olivier Maulini, p 53
  • MESURE: « En regard des enjeux éducatifs, la note scolaire paraît un outil bien dérisoire. L’affirmation qu’elle est « démocratique » parce que tous les parents la comprennent est sans fondement. Toutes les expériences de scolarité sans note montrent que les parents peuvent être informés de façon plus nuancée, interactive, bref plus intelligente et moins traumatisante pour ceux dont les enfants sont en difficulté. » Danielle Bonneton, p57
  • Niveau: « Ce que montrent les enquêtes internationales, c’est qu’il faut sortir des fausses contradiction. Les pays qui font l’effort d’intégrer et de former tous les élèves ne nivellent pas par le bas. Ils progressent sur chaque plan, y compris celui de l’élite. » Olivier Maulini, p 60
  • OBJECTIFS: « Cette année, mon objectif est d’atteindre mon objectif »

illustration par Mix et Remix, Philippe Perrenoud, p 61

  • PÉDAGOGIE: « Éduquer et instruire, c’est mettre en présence un sujet singulier, ses croyances et ses représentations culturellement ancrées, avec un savoir et des règles de vie relevant d’une certaine universalité. Ici, encore, le pédagogue refusera de jouer l’un contre l’autre, mais tentera d’articuler leur opposition, car il sait qu’un savoir ou une règle de vie, aussi universels soient-ils, même s’ils se dressent en fin de compte contre des croyances et représentations initiales d’un sujet singulier, se construisent d’abord à partir d’elles. » Alain Muller, p 65
  • QUALITÉ: « On peut parier que seuls parviendront à élever durablement la qualité de leur enseignement les systèmes qui en feront l’expression d’une préoccupation et d’une vision collectives plutôt qu’une arme utilisée par la bureaucratie contre les acteurs. » Monica Gather Thurler, p70
  • REDOUBLEMENT: « L’impuissance de l’école à construire des réponses positives au problème de l’échec ne contrarie pas, au contraire, ceux pour qui l’échec des uns paraît la condition de la réussite des autres. » Danielle Bonneton, p 73
  • SAVOIR: « Nos sociétés sont, de plus en plus, des sociétés du savoir. Le travail, la recherche, la technologie, la formation, tout contribue au développement presque exponentiel des connaissances. La sphère du connu grandit, et à sa surface grandit ce qu’il nous reste à connaître. » Olivier Maulini, p74
  • TRANSMISSION: « La nature se transmet naturellement, mais la culture se transmet culturellement. C’est à dire qu’elle ne s’inocule pas, on ne l’inculque pas. La transmission des savoirs est une visée, mais elle n’est pas spontanée.  » Olivier Maulini, p 78
  • UTOPIE: « Conserver le souffle de l’utopie sans cesser de plier l’action aux conditions de réel, tel est le défi des pédagogues! » Etiennette Vellas, p82
  • VERBIAGE: « La formation initiale et continue des enseignants cherche aujourd’hui, presque partout, à former des praticiens réflexifs. pour développer les possibilités de réfléchir sur ses actions pédagogiques, l’enseignant doit pouvoir mettre des mots sur ce qu’il fait, sur les questions qu’il se pose, sur ses raisonnement s et ses gestes professionnels. Les moyens qu’il se donne relèvent de la didactique, de la psychologie cognitive, de la psychanalyse, de la sociologie, autant de disciplines dont il faut en partie assimiler le langage. » Michèle Bolsterli, p 84
  • WEB: « Aucune activité humaine ne se réduit à la technologie, mais toutes l’intègrent. » Olivier Maulini, p 86
  • X-FILES: « Le véritable changement ne peut être conduit à partir de connaissances et de procédures existantes, il ne peut être décidé et garanti par décret. Il ne se réalise qu’au prix d’une véritable expérimentation, de nouvelles découvertes, de multiples ajustements des manières de penser au sein des organisations et des communautés scolaires. » Monica Gather Thurler, p91
  • YAKA: « Entre pensée magique et obsession de tout maîtriser d’avance, il importe de trouver un moyen terme. Pour qu’une action collective visant à changer les pratiques puisse faire la différence, faire progresser les uns et les autres, contribuer à améliorer sensiblement les apprentissages des élèves, il faut qu’elle s’inscrive dans la zone proche de développement des principaux acteurs concernés. »  Monica Gather Thurler, p94
  • ZIZANIE: « En fin de compte, ne sèment la zizanie que les acteurs durablement exclus du processus de décision et dont le seul recours est donc de troubler le jeu. Le pilotage négocié, au centre et dans les établissements, vise à transformer les conflits en débats et le chacun pour soi en recherche méthodique de compromis acceptables […] Apprendre à écouter, à argumenter, à négocier, à chercher des accords équitables, à vivre et à décider ensemble n’est donc pas un programme réservé aux enfants… » Philippe Perrenoud, p97

Le plus de l’ouvrage: A la fin de chacun des chapitres, les auteurs nous invitent à nous engager plus loin dans la réflexion en citant 3 ou 4 auteurs et ouvrages ciblés en fonction de la problématique traitée. Précieuses sources documentaires à explorer personnellement et collectivement dans une démarche d’apprentissage transformationnel (pléonasme?)… 😉

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La joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner

11 10 2011

Envie ce matin de partager avec vous cet extrait d’un texte d‘Isabelle Bochet, tiré de l’ouvrage « Les cahiers de l’éducation ». Des mots qui font sens me semble-t-il, et redonnent sens à notre posture éducative. Des mots qui résonnent comme un appel lancé à notre vigilance enseignante. Des mots qui nous engagent dans une réflexion d’une urgente actualité…A l’heure de la mise en œuvre des livrets de compétences et du risque de plus en plus avéré de la marchandisation des savoirs, à l’heure de l’évaluationnite aiguë et du  mal-être de nos élèves et de nos enseignants, ce texte apparaît comme une belle invitation au discernement. Retrouver le sens des choses essentielles: retrouver la joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner.

« On peut se demander ce qu’est, au plan de l‘enseignement, une éducation par pression, ou encore par dressage.

J’y verrais volontiers un enseignement qui donnerait la priorité à l’acquisition de savoir-faire et au montage d’automatisme: ceux-ci permettent de réussir tel ou tel exercice sans même vraiment réfléchir et semblent une sécurité, mais c’est au prix du risque de la pensée! La nécessité incontestable de ces savoir-faire ne doit donc pas masquer leur caractère relatif: tout automatisme, dans l’existence humaine, a pour fonction de libérer l’esprit pour autre chose, non de l’étouffer ou de l’anesthésier.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas trop de ces savoir-faire une fin, alors qu’ils ne sont que des moyens. Les élèves eux-mêmes nous y incitent en cherchant des recettes, des moyens de réussir à tout coup. Mais si les élèves privilégient la sécurité, n’est-ce pas parce que nous ne leur avons pas assez donné le goût d’un certain risque, d’une invention au plan de la pensée? N’est-ce pas aussi parce qu’ils sont victimes de la pression sociale? L’importance donnée aux notes tue par avance toute forme d‘initiative qui risquerait d’être moins payante.

Il serait bon de les libérer, ne serait-ce qu’un peu de ce souci, et de ne pas perdre de vue que la finalité de notre enseignement va bien au-delà de la réussite du baccalauréat. […]

Bien des questions pourraient être posées ici. Laissons-nous, par exemple, suffisamment d’espaces de silence pour permettre l’appropriation personnelle (y compris pendant nos cours) ? Ne nous laissons-nous pas entraîner parfois, en, raison même des programmes, par la boulimie des connaissances? Discerner l’essentiel du secondaire s’avère une priorité, si nous voulons ménager des espaces pour la réflexion personnelle.

Comment susciter, d’autre part, le désir et la joie d’apprendre? Qu’inventer pour créer à nouveau un élan? Quelles initiatives laisser aux élèves pour leur permettre la joie d’une découverte personnelle?

Isabelle BOCHET, agrégée de philosophie, auteur, professeur au centre Sèvres et à la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès 😉

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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Question de rythmes

30 08 2011

Chi va piano, va sano

Et pourtant, à quelques jours de la rentrée…

Plannings, emplois du temps, rythmes scolaires…

Gestion des agendas, des activités, des rendez-vous…

La rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle, ou « simplement » familiale, est toujours un moment délicat…

Et si nous commencions par un petit sketch de remise à niveau?

Bonne rentrée à tous 🙂

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Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait.
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant !
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

À un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur.
Je lui dis :
— Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
— Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ?
— Si, Si, des bruits ont couru !
— Ils courent toujours !
— Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
— Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
— Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
— Mais où courent-ils ?
— À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
— Et le reste du temps ?
— Ils courent faire leurs courses… au marché !
— Pourquoi font-ils leurs courses en courant.
— Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
— Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
— On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord le fou n’aime pas la marche…
— Pourquoi ?
— Parce qu’il la rate !
— Pourtant, j’en vois un qui marche !
— Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !
— Il n’a pas l’air d’être suivi ?
— Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
— Et vous, peut-on savoir ce que vous faîtes dans cette ville ?
— Oui ! Moi j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
— Et où courez-vous là ?
— Je cours à la banque !
— Ah !… Pour y déposer votre argent ?
— Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !
— Mais si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
— Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !…

Raymond DEVOS

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Vacances imaginaires

3 07 2011

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux »

Marcel Proust

Une image, comme un timbre sur un dernier post’,

comme une invitation à poursuivre sur d’autres rivages,

à la recherche d’un temps perdu qu’on cherche à retrouver.

C’est dans cet esprit que pour clore cette année,

je vous souhaite à tous de merveilleux voyages!

Bonnes vacances 🙂


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Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir 😉

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Dieu ou Mystère?

19 04 2011

Carême pédagogique

Jour 40

Pensée 40

« Mon souhait est d’aller au plus proche de ce qui ne peut pas s’exprimer et qui nous enveloppe. Les uns peuvent appeler cela Dieu, moi je trouve que c’est un concept rétréci : je dis le Mystère, avec un M majuscule. »

Edgar Morin, pour le journal la Croix du 15 avril 2011 dans un article intitulé l’appétit vorace de connaître

Qu’on l’appelle Dieu, ou Mystère, ou encore autrement, cette approche de l’indicible et de l’invisible, cette reconnaissance de notre passage éphémère sur Terre et du sens qu’on lui confère ici, maintenant et pour certains au-delà, cette question qu’il existeraît par delà nos pouvoirs temporaires et limités une Essence Suprême qui nous échappe depuis la nuit des temps me semble une bien belle question à évoquer sans peur et sans honte avec nos enfants. D’ailleurs, il n’est pas tant question de l’évoquer, les enfants l’évoquant tout naturellement, ou d’y répondre, la réponse appartenant à l’intime de chacun, que d’entendre ce questionnement et avec beaucoup d’humilité et de délicatesse, d’accompagner le jeune vers l’émergence d’une pensée libre, symbolique, existentielle ou métaphysique. Là où il n’existe aucun doute, là où il n’y a de part pour aucune réflexion sur ce qu’Edgar Morin appelle Mystère, s’érigent bien souvent toutes sortes de supers-héros profitant du vide intérieur du coeur des hommes pour y propager leurs soit-disant super pouvoirs.

Un billet ce matin aux couleurs de cette dernière semaine de Carême pédagogique…

A débattre et à  

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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Provoquer l’impossible

12 04 2011

Carême pédagogique

Jour 33

Pensée 33

« Oser demander l’impossible, l’incroyable, l’inouï, c’est ouvrir l’autre à toutes ses ressources. »

Jacques Salomé, Bonjour Tendresse, 1992

Que savons-nous de nos élèves, de leurs rêves cachés, de leurs ressources intimes, de leur potentiel i-révélé?

Pas grand-chose en définitive. Un point de grammaire à approfondir? Une notion de mathématique à acquérir? Un savoir-faire à développer? Certes, et c’est déjà beaucoup.

Mais à trop vouloir attendre de l’enfant une réponse attendue, ne risquons-nous pas de le contenir dans un espace restreint de connaissances? restreint parce que trop limité à notre champ de vision, restreint parce que soumis à une prévisibilité qui ne laisse guère de chance à l’incroyable d’advenir?

Oser demander l’impossible à un enfant, n’est-ce pas lui faire preuve d’une confiance absolue en sa capacité à se révéler, à s’imaginer, à s’inventer au-delà de ce que lui-même pensait possible?

Quelle place laissons-nous dans nos classes à cet inouï et à cet improbable?

Quel chemin ouvrons-nous pour permettre à nos élèves d’accéder à leur

excellence propre?

Telle est la question que je me pose en lisant cette si jolie pensée de

Jacques Salomé.

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De la nécessité de l’extériorité

11 04 2011

Carême pédagogique

Jour 32

Pensée 32

« Si l’on veut philosopher, il faut aller à l’extériorité même du champ philosophique. »

François Dagognet

De la même manière, il me paraît incontournable d’envisager l’enseignement au-delà des seules grilles de références liées aux compétences professionnelles, aux programmes et aux différents cadres règlementaires émis par et pour le système et qui trop souvent nous enferment et nous engrillagent. La fragmentation des disciplines, de l’emploi du temps, des tranches d’âges ne sont-elles pas en parfaite inéquation avec ce qu’est la vraie vie, c’est à dire la vie hors du cadre scolaire?

Enseigner se résume-t-il à assimiler puis mettre en place un nombre pré-établis de techniques professionnelles spécialisées?

Enseigner se résume-t-il à dérouler le tout dernier programme officiel?

Enseigner se résume-t-il à transmettre des objets de savoir savamment sélectionnés?

Enfin, question insolente s’il en est, enseigner est-il le monopole de l’enseignant? Et l’enseignant n’est-il qu’un professionnel agent du service public d’éducation?

Enseigner, n’est-ce pas aussi et même surtout s’inviter soi-même et inviter l’enfant et l’adolescent à aller au-delà de ce qui est prévisible, tangible, transmissible, programmé, programmable, raisonné, raisonnable, enseignable?

Enseigner, n’est-ce pas finalement faire du hors-sujet un sujet véritable d’intérêt, d’émerveillement, de découverte inédite et donc d’apprentissage?

De ce point de vue, enseigner la curiosité n’est-il pas un enjeu essentiel? Mais la curiosité s’enseigne-t-elle? ou bien est-elle le fruit d’une posture, indéfinissable et indomptable?

Autant de questions qui nous poussent à aller voir ailleurs, à laisser venir ce qui vient d’ailleurs, à revisiter nos pratiques et nos postures en vue d’une extériorité formatrice et régénératrice…

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Pensée, abstraction et apprentissage

7 04 2011

Carême pédagogique

Jour 28

Pensée 28

Pensée, abstraction et apprentissage

  • L’avis d’un médecin psychologue:

« En opérant exclusivement avec des représentations concrètes et évidentes, nous freinons et entravons le développement de la pensée abstraite dont la fonction dans le comportement enfantin ne peut être remplacée par aucun procédé « concret » » L.Vygotsky (1896-1934)

  • L’avis d’un peintre et sculpteur:

« Les vers, qui sont bizarrement ordonnés, qui ne répondent à aucun besoin, si ce n’est au besoin qu’ils doivent créer eux-mêmes ; qui ne parlent jamais que de choses absentes ou de choses profondément et secrètement ressenties ; étranges discours, qui semblent faits par un autre personnage que celui qui les dit, et s’adresser à un autre que celui qui les écoute. En somme, c’est un langage dans un langage. » Edgar Degas (1834-1917)

  • L’avis d’un poète, essayiste et philosophe:

« Entre tous les arts, le nôtre est peut être celui qui coordonne le plus de parties ou de facteurs indépendants : le son, le sens, le réel et l’imaginaire, la logique, la syntaxe et la double invention du fond et de la forme…et tout ceci au moyen de ce moyen essentiellement pratique, perpétuellement altéré, souillé, faisant tous les métiers, le langage commun, dont il s’agit pour nous de tirer une Voix pure, idéale, capable de communiquer sans faiblesse, sans effort apparent, sans faute contre l’oreille et sans rompre la sphère instantanée de l’univers poétique, une idée de quelque moi merveilleusement supérieur à Moi. » Paul Valéry (1871-1945)

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La fête des fous

31 03 2011

Carême pédagogique

Jour 21

Pensée 21

Trêve de mi-Carême!

Le Roi des fous (Quasimodo) à notre-Dame de Paris

Gravure Louis Boulanger et W. Finden, 1878

Au Moyen Âge, la fête des fous était célébrée à Noël. Depuis, la tradition s’est transformée et a bien évolué…

Pour en savoir plus sur cette étrange fête de la plus belle grimace, je vous invite à vous rendre sur le site suivant à qui j’ai emprunté l’illustration ci-dessus.

Bonne journée à tous!

Et surtout, si vous croisez aujourd’hui un enfant qui vous fait la grimace

n’en prenez pas ombrage pas et rendez-la lui de plus belle 😉


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Handicap et 6ème sens

30 03 2011

Carême pédagogique

Jour 20

Pensée 20

« Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l’énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.

Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation,
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre.« 

Grand Corps Malade

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La cordée qui rassure, la main qui guide, la parole qui encourage, le geste qui précède, le faire avec et à côté, le regard qui valorise…

N’est-ce pas là l’essentiel d’une posture d’accompagnement qui personnalise la relation et adapte ses  exigences autant qu’elle s’adapte aux exigences de l’autre?  N’est-ce pas ainsi que nous pourrons inviter chacun de nos élèves à la conquête de son propre sommet, vers la recherche de l’excellence de lui-même?

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De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être

28 03 2011

Carême pédagogique

Jour 18

Pensée 18

Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.

Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?

«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice

Jean-François Mattéi

Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?

Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?

Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?

Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?

Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience  collective?

Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…

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Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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La roche et le ruisseau

24 03 2011

Carême pédagogique

Jour 14

Pensée 14

De la persévérance et de bien d’autres choses encore

« Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance. »

H. Jackson Brown

Depuis cette année, sur les murs de ma classe, j’ai punaisé un certain nombre d’affichettes correspondant aux différentes compétences travaillées. Des affichettes mobiles qui reprennent en couleur, en dessin, en mot ou encore sous forme de logos, les compétences mais aussi les attitudes attendues lors des séances de travail et sur lesquelles l’effort et l’attention des élèves devront porter plus particulièrement.

Lors de la mis en place d’une activité, je sélectionne les points précis que les élèves vont devoir travailler et je les rassemble sur le coin du tableau. Ainsi, les enfants savent ce qui est en jeu dans la situation proposée ainsi que les compétences qu’ils auront à mobiliser. Depuis quelque temps, et je trouve ce fait assez intéressant pour être souligné, certains élèves, de leur propre initiative suggèrent des affichettes qui leur semblent manquer à ma sélection.

Et là maîtresse, on pourrait ajouter aussi le logo

« Je sais…travailler seul » ou » « Je sais…travailler à plusieurs » ou « Je sais…travailler en temps limité » ou « Je sais…lire les consignes sans l’aide de l’adulte » ou « Je sais…m’organiser et anticiper » ou…etc

Parmi ce lot d’affichettes, voici celle qui illustre d’une autre manière la citation ci-dessus.

Je sais…

m’engager dans un travail à long terme


Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un des jeux d’affichettes à télécharger en version PDF Icônes Je sais…

Parallèlement à celui-ci, j’ai confectionné un autre ensemble d’affiches centrées sur les compétences requises pour la bonne assimilation des connaissances dans des domaines plus ciblés comme la lecture, la conjugaison, le grammaire, le vocabulaire et le langage oral.

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Communication: réalité, illusion ou bien prétexte ?

23 03 2011

Carême pédagogique

Jour 13

Pensée 13

« Comment pouvons-nous nous comprendre, monsieur, si je donne au mots que je prononce le sens et la valeur de ces choses telles qu’elles sont en moi; alors que celui qui les écoute les prend inévitablement dans les sens et avec la valeur qu’ils ont pour lui, le sens et la valeur de ce monde qu’il a en lui? On croit se comprendre; on ne se comprend jamais! »

Luigi Pirandello

Alors quoi, communiquer serait-elle une action vaine? une illusion langagière? une démarche dépourvue de sens puisque entièrement soumise à la subjectivité de l’autre et de soi-même?

Si les mots que j’emploie ou les mots que j’ignore expriment si cruellement les limites de mon propre entendement; si les mots reçus par cet étrange étranger restent vains puisque déshabillés, dénaturés, déformés, transformés; si quoi que je dise et de quelque manière que je le dise, mon propos ne sera pas compris tel que je souhaite qu’il le soit; alors à quoi donc le langage me sert-il?

Luigi Pirandello nous convierait-il ici  et si subtilement à envisager le langage comme une manière de nous hisser hors de nous même? comme une façon d’apprendre à faire le deuil et d’une partie de soi et de la représentation qu’on a de l’autre?

Et si le langage n’était qu’un prétexte pour inventer un espace commun entre chacun d’entre nous, un espace différent de soi, différent de l’autre? un espace à convoquer, à invoquer, à imaginer?

N’y a-t-il pas là, un réel sujet à travailler dans nos classes et par souci d’isomorphisme et de cohérence, dans nos pratiques mêmes d’enseignement?

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Il y avait un jardin…

22 03 2011

Carême pédagogique

Jour 12

Pensée 12

En attendant demain…

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