Manifeste pour Le plaisir d’apprendre par Philippe Meirieu et ses invités

12 03 2014

1959314_784137648281662_1555672176_nC’est aujourd’hui que sort en librairie ce très joli Manifeste en l’honneur du plaisir d’apprendre. L’occasion pour moi de partager avec vous quelques impressions de lectrice.

 

 

Pourquoi faut-il lire ce livre?

Sans doute et tout simplement avant tout, parce que c’est un bel ouvrage, coloré, généreux, richement illustré, un objet qu’on a plaisir à feuilleter, à la manière d’un gamin devant un album qui s’attarde à chaque illustration. Oh, regarde maître la belle image!

Balade impressionniste…

Une photo en noir et blanc à la page 105, et mes yeux se posent; qu’il est beau cet artisan ébéniste, penché sur son œuvre, le regard et le corps entièrement dévoués au geste, à sa précision, à la promesse qui se lit déjà dans le travail en cours.

Et puis juste à côté, ces mots d’André Malicot, directeur de la formation, des études et de la recherche chez les Compagnons du devoir et du tour de France: « Apprendre, chez les compagnons du devoir, ce n’est pas comme à l’école, écouter passivement un maître; c’est aller vers lui pour s’emparer de son savoir. » Et puis un peu plus loin: « Pourquoi ne pourrait-on pas être plus sensible à une forme d’enseignement partant du geste pour aller vers l’idée, du concret vers l’abstraction? Pourquoi ne pas suivre le philosophe grec Anaxagore, qui ne voyait, lui, aucun paradoxe à dire: « L’homme est intelligent parce qu’il a une main » ? »

Oui, c’est vrai ça, quelle place pour le chef-d’œuvre dans nos écoles?

Je continue d’égrener les pages, un peu à la hâte, curieuse d’en découvrir plus, et page 78, mon regard à nouveau se laisse attraper par le beau sourire d’Isabelle Pelloux, à la fois tendre et malicieux, un sourire qui semble inviter au bonheur d’enseigner. Isabelle est professeur des écoles, et fondatrice de l’école des Amanins dans la Drôme et dans sa classe, voilà comment s’expriment les enfants: « On a du plaisir à apprendre quand on est maîtresse, car les enfants leur apprennent encore des choses. Elles devaient aimer apprendre quand elles étaient petites les maîtresses. » Je lis son chapitre « De l’étonnement à la coopération, et j’ai subitement envie d’avoir neuf ans, et comme Clémence, d’être dans sa classe. Oui, redevenir petite et (re)découvrir avec elle la joie du plaisir d’apprendre…

Pour le plaisir, je relis deux fois ce passage, et puis, boostée par cette idée que oui, le plaisir et l’étonnement contribuent à la joie de mieux apprendre, je poursuis mon effeuillage jusqu’à ce poème, page 25 de Paul Valéry extrait du recueil « Charmes »: Lire la suite »




L’école entre Autorité et Zizanie

22 10 2011

Fiche de lecture:

 

Titre: L’école entre Autorité et Zizanie

Rédaction: collectif d’auteurs-chercheurs au Laboratoire Innovation, Formation, Éducation (LIFE) de l’Université de Genève: Michèle Bolsterli, Danielle Bonneton, Andreea Capitanescu, Monica Gather Thurler, Olivier Maulini, Alain Muller,Philippe Perrenoud, Lorraine Savoie-Zajc, Etiennette Vellas.

Illustrations: De nombreux et savoureux dessins de Barrigue et de Mix et Remix viennent illustrer la réflexion et émaillent avec un humour à la fois  fin et percutant les propos des différents auteurs.

Démarche générale de l’ouvrage: L’école, tout le monde en parle. Chacun de ceux qui s’y sont assis ou qui y ont enseigné, y a vécu une expérience singulière. De cette expérience particulière va naître toute sorte de représentations, de « vérités personnelles » que l’on est tenté de brandir comme autant de slogans ayant valeur de vérités universelles. De cette hétérogénéité d’expériences dont chacune se revendique comme modélisante, naissent de nombreux conflits, de récurrents affrontements idéologiques, d’inefficaces tiraillements structurels, de multiples incompréhensions menant à la peur, au blocage et inexorablement à un immobilisme pernicieux dont tout le monde se plaint mais que chacun alimente à sa façon. Cet ouvrage tente de dépasser les clivages habituels en œuvrant collectivement pour une meilleure compréhension de la complexité des choses autour d’un outil simple, un abécédaire s’organisant autour de 26 mots-clefs illustrant les controverses et les enjeux éducatifs du monde actuel.

La finalité de l’ouvrage: faire du lecteur un acteur averti, un maillon fort au sein d’un système complexe, un professionnel responsable de l’organisation apprenante dont il est lui-même un élément central et moteur.


26 chapitres donc, dont j’ai extrait 26 citations. Le choix de ces dernières n’est pas neutre; comme tout choix, il reflète quelque-chose de soi-même. Dans le cas présent, j’ai souhaité extraire de cet ouvrage des éléments de réflexion qui d’une part, font écho à des pratiques professionnelles mise en œuvre dans le cadre de mes actions de formation, et d’autre part alimentent et structurent la rédaction de mon mémoire professionnel. De nombreux éléments de sociologie des organisations s’y trouvent impliqués et rejoignent ainsi le cadre théorique dans lequel je situe ma réflexion actuelle.

Voici donc un abécédaire-restreint de l’ouvrage cité ci-dessus.

  • AUTORITÉ: « De l’argument d’autorité (soumission), à l’autorité de l’argument (raison), il y a plus qu’un renversement: un projet pédagogique au cœur du projet démocratique. » Olivier Maulini p23
  • BUREAUCRAIE: « Débureaucratiser à bon escient, c’est notamment cesser de penser que les solutions trouvées au centre sont bonnes pour tous les établissements et une fois pour toutes. C’est gérer le système scolaire sans feindre de croire que toutes les écoles sont semblables, c’est prendre en compte leur différences, identifier ce que chacune sait bien faire. Il importe aussi de n’imposer que des principes généraux, un programme-cadre, des objectifs, puis de laisser chaque établissement faire au mieux, en acceptant de rendre compte de son autonomie. » Andreea Capitanescu, p25
  • CONSTRUCTIVISME: « …l’éducateur doit pouvoir trouver chez l’enfant son premier allié. » Etiennette Vellas, p 27
  • DIDACTIQUE: « Le temps de l’enseignement s’écoule alors tranquillement, sans que le temps d’apprentissage ait même commencé. » Alain Muller, p32
  • ENFANT-AU-CENTRE : « … ce n’est ni l’élève, ni le savoir, ni le maître qu’il convient de mettre au centre, mais bien les apprentissages, les obstacles rencontrés et la recherche de la meilleure manière de les surmonter. » Andreea Capitanescu, p35
  • FATIGUE: « La fatigue résulte souvent d’un divorce entre le projet et le mandat, le travail réel et sa reconnaissance explicite, la pratique des professionnels et le discours de l’institution. » Philippe Perrenoud, p 37
  • GALÈRE: « L’antithèse d’une école galère c’est une école qui sait naviguer sur les eaux tumultueuses de l’éducation. C’est une école qui a su identifier, avec ses acteurs, le port que cette équipe souhaite atteindre. L’école n’est plus une galère lorsque les acteurs retrouvent du sens dans leurs actions et prennent plaisir à apprendre et à aider à apprendre. » Lorraine Savoie-Zajc, p39
  • HONTE:  « C’est de cela que l’école, collectivement, pourrait et devrait avoir honte: ne pas savoir, ne pas vouloir, ne pas oser s’organiser, se réorganiser pour que tous apprennent pendant qu’il est temps, laisser se développer des processus d’exclusion au vu et au su de tous, sans prendre le taureau par les cornes. » Philippe Perrenoud, p43
  • ILLETTRISME: « Insistons sur le fait qu’apprendre à lire et à écrire, ce n’est pas seulement acquérir un ensemble de techniques, mais changer son rapport à la culture écrite, au langage, et, plus largement, au monde, le langage étant une voie d’accès à celui-ci. » Alain Muller, p46
  • JEU: « L’étymologie en témoigne: en grec, le mot skholê signifia d’abord loisir, puis loisir consacré à l’étude; en latin, ludus (qui a donné le mot français ludique) avait pour sens à la fois amusement enfantin, jeu, plaisanterie et…école. Platon disait déjà: Laissez les leçons prendre la forme du jeu. » Michèle Bolsterli, p47
  • KRACH: « Le krach économique ne tombe pas du ciel. Il résulte du jeu incohérent des acteurs, il sanctionne ceux qui ont joué avec le feu. Dans l’école, l’effondrement serait du même ordre: personne ne le veut, mais tous y contribuent, en rejetant bien entendu la faute sur les autres… » Philippe Perrenoud, p 51
  • LAXISME: « Dans l’école nouvelle, disait Claparède, les enfants ne font pas ce qu’ils veulent, ils veulent ce qu’ils font. Quand il a du sens, leur travail est intense. Il sollicite la créativité, l’inventivité, la rigueur, la précision, le sérieux, la discipline, bref, l’engagement de chacun dans les activités auxquelles la classe doit s’atteler. » Olivier Maulini, p 53
  • MESURE: « En regard des enjeux éducatifs, la note scolaire paraît un outil bien dérisoire. L’affirmation qu’elle est « démocratique » parce que tous les parents la comprennent est sans fondement. Toutes les expériences de scolarité sans note montrent que les parents peuvent être informés de façon plus nuancée, interactive, bref plus intelligente et moins traumatisante pour ceux dont les enfants sont en difficulté. » Danielle Bonneton, p57
  • Niveau: « Ce que montrent les enquêtes internationales, c’est qu’il faut sortir des fausses contradiction. Les pays qui font l’effort d’intégrer et de former tous les élèves ne nivellent pas par le bas. Ils progressent sur chaque plan, y compris celui de l’élite. » Olivier Maulini, p 60
  • OBJECTIFS: « Cette année, mon objectif est d’atteindre mon objectif »

illustration par Mix et Remix, Philippe Perrenoud, p 61

  • PÉDAGOGIE: « Éduquer et instruire, c’est mettre en présence un sujet singulier, ses croyances et ses représentations culturellement ancrées, avec un savoir et des règles de vie relevant d’une certaine universalité. Ici, encore, le pédagogue refusera de jouer l’un contre l’autre, mais tentera d’articuler leur opposition, car il sait qu’un savoir ou une règle de vie, aussi universels soient-ils, même s’ils se dressent en fin de compte contre des croyances et représentations initiales d’un sujet singulier, se construisent d’abord à partir d’elles. » Alain Muller, p 65
  • QUALITÉ: « On peut parier que seuls parviendront à élever durablement la qualité de leur enseignement les systèmes qui en feront l’expression d’une préoccupation et d’une vision collectives plutôt qu’une arme utilisée par la bureaucratie contre les acteurs. » Monica Gather Thurler, p70
  • REDOUBLEMENT: « L’impuissance de l’école à construire des réponses positives au problème de l’échec ne contrarie pas, au contraire, ceux pour qui l’échec des uns paraît la condition de la réussite des autres. » Danielle Bonneton, p 73
  • SAVOIR: « Nos sociétés sont, de plus en plus, des sociétés du savoir. Le travail, la recherche, la technologie, la formation, tout contribue au développement presque exponentiel des connaissances. La sphère du connu grandit, et à sa surface grandit ce qu’il nous reste à connaître. » Olivier Maulini, p74
  • TRANSMISSION: « La nature se transmet naturellement, mais la culture se transmet culturellement. C’est à dire qu’elle ne s’inocule pas, on ne l’inculque pas. La transmission des savoirs est une visée, mais elle n’est pas spontanée.  » Olivier Maulini, p 78
  • UTOPIE: « Conserver le souffle de l’utopie sans cesser de plier l’action aux conditions de réel, tel est le défi des pédagogues! » Etiennette Vellas, p82
  • VERBIAGE: « La formation initiale et continue des enseignants cherche aujourd’hui, presque partout, à former des praticiens réflexifs. pour développer les possibilités de réfléchir sur ses actions pédagogiques, l’enseignant doit pouvoir mettre des mots sur ce qu’il fait, sur les questions qu’il se pose, sur ses raisonnement s et ses gestes professionnels. Les moyens qu’il se donne relèvent de la didactique, de la psychologie cognitive, de la psychanalyse, de la sociologie, autant de disciplines dont il faut en partie assimiler le langage. » Michèle Bolsterli, p 84
  • WEB: « Aucune activité humaine ne se réduit à la technologie, mais toutes l’intègrent. » Olivier Maulini, p 86
  • X-FILES: « Le véritable changement ne peut être conduit à partir de connaissances et de procédures existantes, il ne peut être décidé et garanti par décret. Il ne se réalise qu’au prix d’une véritable expérimentation, de nouvelles découvertes, de multiples ajustements des manières de penser au sein des organisations et des communautés scolaires. » Monica Gather Thurler, p91
  • YAKA: « Entre pensée magique et obsession de tout maîtriser d’avance, il importe de trouver un moyen terme. Pour qu’une action collective visant à changer les pratiques puisse faire la différence, faire progresser les uns et les autres, contribuer à améliorer sensiblement les apprentissages des élèves, il faut qu’elle s’inscrive dans la zone proche de développement des principaux acteurs concernés. »  Monica Gather Thurler, p94
  • ZIZANIE: « En fin de compte, ne sèment la zizanie que les acteurs durablement exclus du processus de décision et dont le seul recours est donc de troubler le jeu. Le pilotage négocié, au centre et dans les établissements, vise à transformer les conflits en débats et le chacun pour soi en recherche méthodique de compromis acceptables [...] Apprendre à écouter, à argumenter, à négocier, à chercher des accords équitables, à vivre et à décider ensemble n’est donc pas un programme réservé aux enfants… » Philippe Perrenoud, p97

Le plus de l’ouvrage: A la fin de chacun des chapitres, les auteurs nous invitent à nous engager plus loin dans la réflexion en citant 3 ou 4 auteurs et ouvrages ciblés en fonction de la problématique traitée. Précieuses sources documentaires à explorer personnellement et collectivement dans une démarche d’apprentissage transformationnel (pléonasme?)… ;-)

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La joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner

11 10 2011

Envie ce matin de partager avec vous cet extrait d’un texte d‘Isabelle Bochet, tiré de l’ouvrage « Les cahiers de l’éducation ». Des mots qui font sens me semble-t-il, et redonnent sens à notre posture éducative. Des mots qui résonnent comme un appel lancé à notre vigilance enseignante. Des mots qui nous engagent dans une réflexion d’une urgente actualité…A l’heure de la mise en œuvre des livrets de compétences et du risque de plus en plus avéré de la marchandisation des savoirs, à l’heure de l’évaluationnite aiguë et du  mal-être de nos élèves et de nos enseignants, ce texte apparaît comme une belle invitation au discernement. Retrouver le sens des choses essentielles: retrouver la joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner.

« On peut se demander ce qu’est, au plan de l‘enseignement, une éducation par pression, ou encore par dressage.

J’y verrais volontiers un enseignement qui donnerait la priorité à l’acquisition de savoir-faire et au montage d’automatisme: ceux-ci permettent de réussir tel ou tel exercice sans même vraiment réfléchir et semblent une sécurité, mais c’est au prix du risque de la pensée! La nécessité incontestable de ces savoir-faire ne doit donc pas masquer leur caractère relatif: tout automatisme, dans l’existence humaine, a pour fonction de libérer l’esprit pour autre chose, non de l’étouffer ou de l’anesthésier.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas trop de ces savoir-faire une fin, alors qu’ils ne sont que des moyens. Les élèves eux-mêmes nous y incitent en cherchant des recettes, des moyens de réussir à tout coup. Mais si les élèves privilégient la sécurité, n’est-ce pas parce que nous ne leur avons pas assez donné le goût d’un certain risque, d’une invention au plan de la pensée? N’est-ce pas aussi parce qu’ils sont victimes de la pression sociale? L’importance donnée aux notes tue par avance toute forme d‘initiative qui risquerait d’être moins payante.

Il serait bon de les libérer, ne serait-ce qu’un peu de ce souci, et de ne pas perdre de vue que la finalité de notre enseignement va bien au-delà de la réussite du baccalauréat. [...]

Bien des questions pourraient être posées ici. Laissons-nous, par exemple, suffisamment d’espaces de silence pour permettre l’appropriation personnelle (y compris pendant nos cours) ? Ne nous laissons-nous pas entraîner parfois, en, raison même des programmes, par la boulimie des connaissances? Discerner l’essentiel du secondaire s’avère une priorité, si nous voulons ménager des espaces pour la réflexion personnelle.

Comment susciter, d’autre part, le désir et la joie d’apprendre? Qu’inventer pour créer à nouveau un élan? Quelles initiatives laisser aux élèves pour leur permettre la joie d’une découverte personnelle?

Isabelle BOCHET, agrégée de philosophie, auteur, professeur au centre Sèvres et à la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès ;-)

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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Question de rythmes

30 08 2011

Chi va piano, va sano

Et pourtant, à quelques jours de la rentrée…

Plannings, emplois du temps, rythmes scolaires…

Gestion des agendas, des activités, des rendez-vous…

La rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle, ou « simplement » familiale, est toujours un moment délicat…

Et si nous commencions par un petit sketch de remise à niveau?

Bonne rentrée à tous :-)

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Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait.
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant !
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

À un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur.
Je lui dis :
— Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
— Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ?
— Si, Si, des bruits ont couru !
— Ils courent toujours !
— Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
— Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
— Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
— Mais où courent-ils ?
— À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
— Et le reste du temps ?
— Ils courent faire leurs courses… au marché !
— Pourquoi font-ils leurs courses en courant.
— Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
— Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
— On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord le fou n’aime pas la marche…
— Pourquoi ?
— Parce qu’il la rate !
— Pourtant, j’en vois un qui marche !
— Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !
— Il n’a pas l’air d’être suivi ?
— Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
— Et vous, peut-on savoir ce que vous faîtes dans cette ville ?
— Oui ! Moi j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
— Et où courez-vous là ?
— Je cours à la banque !
— Ah !… Pour y déposer votre argent ?
— Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !
— Mais si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
— Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !…

Raymond DEVOS

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Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir ;-)

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Handicap et 6ème sens

30 03 2011

Carême pédagogique

Jour 20

Pensée 20

« Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l’énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.

Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation,
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre.« 

Grand Corps Malade

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La cordée qui rassure, la main qui guide, la parole qui encourage, le geste qui précède, le faire avec et à côté, le regard qui valorise…

N’est-ce pas là l’essentiel d’une posture d’accompagnement qui personnalise la relation et adapte ses  exigences autant qu’elle s’adapte aux exigences de l’autre?  N’est-ce pas ainsi que nous pourrons inviter chacun de nos élèves à la conquête de son propre sommet, vers la recherche de l’excellence de lui-même?

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De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être

28 03 2011

Carême pédagogique

Jour 18

Pensée 18

Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.

Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?

«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice

Jean-François Mattéi

Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?

Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?

Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?

Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?

Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience  collective?

Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…

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Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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Il y avait un jardin…

22 03 2011

Carême pédagogique

Jour 12

Pensée 12

En attendant demain…

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Discipline, connaissance et conscience

19 03 2011

Carême pédagogique

Jour 10

Pensée 10

Autour du mot discipline

  • « La discipline purement répressive n’a pas droit de cité dans nos maisons d’éducation. La discipline libérale cherche, au contraire, à améliorer l’enfant plutôt qu’à le contenir, à la gagner plutôt qu’à le soumettre. Elle veut toucher le fond, la conscience, et obtenir non cette tranquillité de surface qui ne dure pas mais l’ordre intérieur, c’est-à-dire le consentement de l’enfant à une règle reconnue nécessaire, elle veut lui apprendre à se gouverner lui-même. Pour cela, elle lui accorde quelque crédit, fait appel à sa bonne volonté plutôt qu’à la peur du châtiment, elle conseille, avertit, réprimande plutôt qu’elle ne punit. » Extrait d’un texte officiel, circulaire du 15 juiller 1890
  • « La discipline nouvelle, que nous nous garderons bien d’appeler discipline libérale ou même discipline par la liberté, est basée sur la connaissance des besoins et des désirs des enfants, ainsi que sur cette affirmation de la pédagogie moderne que l’éducation ne peut être exclusivement extérieure mais élévation intérieure des individus eux-mêmes ». Freinet, 1928
  • « L’éducation est devenue l’une des questions devant lesquelles les sociétés démocratiques trébuchent, ne sachant comment conjuguer la nécessaire dénivellation impliquée par le rapport pédagogique et l’exigence postulée par le fait démocratique. Si l’enfant l’égal des adultes qui l’élèvent et l’éduquent, il est cet être paradoxal qui a besoin d’eux pour devenir ce qu’il est. » Alain Renaut, La libération des enfants, 2002

Qu’en est-il aujourd’hui?

Les piliers 6 et 7 du socle commun-texte de Loi de 2005 , faut-il le rappeler- invitent les enseignants à construire et développer chez les élèves leurs compétences sociales et civiques, leur esprit d’initiative et l’accès à leur l’autonomie; compétences transversales propices à ce travail d’ordre intérieur en étroite relation avec les règles nécessaires à la survie de cette mini-organisation apprenante et démocratique qu’est la classe. Une condition néanmoins: mettre en place de véritables situations d’apprentissages qui font sens pour l’enfant comme pour l’adulte (oui, ça me semble important également) et permettront ainsi la mobilisation d‘attitudes et de connaissances transférables d’un contexte à un autre. Sinon, à quoi bon?

A débattre et à


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Questionner ou répondre, faut-il choisir?

18 03 2011

Carême pédagogique

Jour 9

Pensée 9

J’ai tant de questions et si peu de réponses

Chaque réponse est un aveu d’impuissance; derrière chacune d’entre elle se cache un nouvel abime d’ignorance.

Et pourtant l’homme est ainsi fait qu’il ne peut se résoudre à cesser de chercher. Son esprit le voudrait-il qu’il n’y parviendrait pas. Vivre, c’est déjà apprendre, apprendre c’est chercher, ainsi nous voilà contraints à souffrir de notre ignorance.

La partager la rendrait-elle moins cruelle?

La questionner la rendrait-elle plus familière?

La chanter, la clamer, la rendrait-elle plus douce?

Parfois -souvent- le poète sera celui qui mieux qu’un autre saura trouvé les mots, les mots justes, ceux qui, loin de nous apporter de vraies réponses, nous conduiront juste à mieux questionner le monde, les hommes, la vie afin, non pas de tout comprendre, mais déjà d’apprendre à mieux regarder notre ignorance comme une partie de nous-même, reflet vibrant dans un miroir sans tain.

« Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,

plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne.

Tout ce que j’ai, c’est un espace tour à tour

enneigé ou brillant, mais jamais habité. »

Philippe Jaccottet, L’ignorant, 1957

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A propos du qu’en dira-t-on…

15 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 7

Pensée 7


Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on a toujours tort.

A moins qu’on ait raison d’avoir tort

et tort de croire qu’il ne faut pas oser.

Oser dire, croire et faire contre l’opinion.


Il était une fois…

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Un conte vaut parfois mieux que cent discours ;-)

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L’ouvrage d’une vie, et puis plus rien…

12 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 4

Pensée 4

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir [...]
Si tu peux conserver ton courage et ta tête;
Quand tout les autres les perdront [...]

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling, 1910

(Traduit de l’Anglais par André Maurois en 1918)

Plus qu’un poème, un chant; plus qu’un chant, une prière; plus qu’une prière, un cri d’humanité qui cette nuit m’est revenu en songe.

Ce texte a accompagné ma vie d’adolescente, je l’ai lu chaque jour, deux fois par jour, parfois trois, parfois plus encore. Il me fascinait, me terrorisait, me révoltait, m’apaisait aussi. Il était mon addiction, ma source d’inspiration, ma chapelle ardente. A cet âge si particulier qu’est l’adolescence, c’est lui qui m’a élevée, m’a portée, m’a construite. Sans lui sans doute serai-je une autre, ou ne serai-je pas.

Pour quelle raison Kipling est-il venu, cette nuit, franchir le seuil de mon sommeil?

Sait-il combien de fois ai-je pleuré en le lisant? Combien de fois me suis-je endormie à ses côtés?

Étrange chose que la mémoire tout de même.

Y aurait-il dans la vie, des épreuves que seule l’indicible beauté permettrait de surpasser?

Si tel est le cas, alors notre seule et unique raison d’être est de transmettre à notre tour ce que les hommes ont construit de plus beau;

parce que nous n’en sommes que de simples dépositaires et que de ne pas le faire nous rendrait coupables de trahison, de crime contre l’humanité.

Le texte original et ses différentes traductions

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Lombricologue, un métier passionnant

7 03 2011

Un petit article classé hors-sujet, mais pour autant tout à fait digne d’intérêt. Enfin, c’est ma vision des choses et du monde…A vous de juger!

Le saviez-vous?


Les vers de terre sont nombreux, très nombreux.  Ça, vous le savez certainement.

Maintenant, imaginez que l’on fasse deux tas.


  • Le premier avec tous les animaux du monde entier: poissons, vaches, rats et cafards, éléphants et baleines et même tous les humains. (7 000 000 000 d’humains ! toute de même…c’est pas rien!)
  • Le second tas, avec les vers de terre, tous les vers de terre de Terre.

Eh bien, et c’est tout l’intérêt de ma découverte,  le second tas pèserait

4 fois plus lourd que le premier!

N’est-ce pas là une donnée formidablement passionnante?

Source: J’aime lire, n°409

Parce que la passion, tout comme la connaissance, ça se partage ;-)

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Pour faire l’autoportrait d’un enfant

7 02 2011

Autoportrait

Prenez la main d’un jeune enfant

Un peu avant sept ans.

Placez tout à côté

Une craie, une toile, un écran

Ni trop petit ni trop grand.

Mettez face à l’enfant

Un rêve à dessiner

Comme un nuage blanc.

Laissez-le faire.

Regardez-le.

C’est étonnant…


D’après le titre de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau

et le texte Recette du poète Guillevic

Un article poétique en hommage au magnifique travail réalisé par le photographe et réalisateur Gilles Porte dont le film « Dessine-toi… » vient de paraître dans les salles.

Pour en savoir plus sur l’auteur et voir la bande annonce


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L’opéra à l’école

22 01 2011

Mozart (1756-1791) n’a que 12 ans lorsqu’il compose cet opéra en un seul acte: Bastien et Bastienne.

  • les personnages: Bastien, Bastienne la bergère et Colas le magicien
  • les thèmes: l’amour, la magie,

  • l’histoire en quelques mots: Bastienne aime Bastien, mais Bastien semble en aimer une autre. Alors Bastienne se tourne vers Colas le magicien et lui demande de lui venir en aide…
  • le passage: l’extrait choisi ici, 10 ème Aria et 2ème air de Colas, se situe à la scène IV, au centre de l’opéra, moment pivot où le magicien entame une inquiétante incantation de formules magiques…

Diggi, Daggi, schurry, murry!

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Hier matin, sans trop savoir où je mettais les pieds, (mais avec quelques petites idées derrière la tête…) j’ai proposé à mes élèves de découvrir cette œuvre du patrimoine lyrique, œuvre de jeunesse d’un compositeur hors normes: Mozart.

Et vous savez quoi? Ils en redemandent!

dessin d’élève

Proposons du beau, de l’insolite, de l’inattendu à nos élèves et ils nous surprendront par leur curiosité, leur envie, leur intérêt, leur motivation…

@ suivre ;-)

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La chèvre de Mr Seguin en version M@P

20 01 2011

S’il est un texte de notre patrimoine littéraire que j’affectionne tout particulièrement, c’est bien celui La chèvre de Monsieur Seguin d‘Alphonse Daudet. Depuis toute petite, depuis le temps où ma grand-mère me lisait et me racontait des histoires avant de me laisser à mes rêveries nocturnes, jusqu’à aujourd’hui où à mon tour, je lis et raconte des histoires à mes élèves le jour puis à ma fille le soir, oui, depuis la toute première fois où j’ai entendu les aventures de cette incroyable petite chèvre éprise de liberté,  j’éprouve la même délectation à dire et à entendre la musicalité de cet auteur et à éprouver et ressentir toute la sensualité qui en émane.

Chaque année, depuis ma première année d’enseignement, je travaille avec le même plaisir et la même âme d’enfant cet extrait magnifique où Blanquette, fraîchement arrivée dans la montagne, s’ébroue de bonheur dans les herbes sauvages et s‘enivre de parfums subtils, tous plus capiteux les uns que les autres. Quel incroyable passage…Premiers mots…J’ai 9 ans et je suis là-haut, moi aussi avec Blanquette, la montagne autour de moi, la montagne sous moi, les fleurs, les odeurs, je me roule dans l’herbe, rien d’autre n’existe plus que cet instant de pur délice…

dessin d’élève

C’est pourquoi, lorsque Christian Jacomino a eu la gentillesse de m’inviter à participer à la réalisation d’un m@p (Moulin à Paroles) en choisissant un texte parmi son répertoire, je n’ai pas hésité une seule seconde en y voyant apparaître le texte de Daudet, mon texte fétiche, celui qui, sans nul doute m’a ouvert les portes de la magie et de l’amour de langue française.

Je me suis donc prêtée, hier, au jeu de la lecture filmée. Et ce matin, c’est avec beaucoup d’émotion et de bonheur que j’ai découvert le travail de montage réalisé par Christian. Lecture partagée, mémorisation active, apprentissage linguistique, initiation littéraire, enrichissement culturel, plaisir des mots, les Moulins@Paroles constituent un véritable support de diffusion et de transmission de notre patrimoine littéraire. Une transmission généreuse, ludique, pédagogique…

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Devinettes à l’honneur

15 01 2011

Je vis si on me cherche, je meurs si on me trouve. Qui suis-je?

C. Lhainigm

C’est par cette invitation au questionnement que s’ouvre le chapitre 13 de l’ouvrage de Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, la haute langue orale; un ouvrage riche et dense (voir le sommaire en fin d’article)  consacré à l’acquisition de la langue des savoirs et de la culture, socle sur lequel s’appuiera tout le parcours scolaire de nos élèves.

Le point de vue de l’auteur sur l’usage des devinettes en classe:

L’énigme, la charade ou encore les rébus au même titre que le théâtre, la poésie, le conte ou les récits fondateurs très largement abordés dans les chapitres précédents, gagneraient à occuper une place toute particulière dans l’univers scolaire tant leurs vertus pédagogiques, encore trop mal exploitées à tous les niveaux de scolarisation, se révèlent efficaces aussi bien sur le développement cognitif et linguistique du jeune enfant que sur sa capacité à réagir et interagir avec ses pairs formant par la même occasion un réseau de communication ludique et réactif au sein duquel « chacun parle et se socialise ».

Les mérites et les vertus de la devinette:

  • favorise l’écoute et la mémorisation
  • développe les capacités en terme de compétences de classement
  • participe à l’acquisition de la fonction métalinguistique de la langue
  • sensibilise au langage poétique
  • permet d’affiner le contour sémantique des mots
  • génère les aptitudes à (se) poser des questions
  • aide à la manipulation des indices
  • développe les capacités hypothético-déductives
  • facilite la prise de risque que représente la prise de parole
  • met en place des pratiques socialisantes au sein du groupe

Quelques exemples de devinette:

Plus il est chaud, plus il est frais…

Je suis le capitaine de 25 soldats et sans moi Paris est pris. Qui suis-je?

Trente-deux demoiselles, toutes de blanc vêtues, assises sur des bancs rouges, avec une bavarde au milieu. De qui s’agit-il?

Feuilles en pales d’hélice et fruits en perles gluantes…

Même devant l’Empereur, son vieux chapeau il ne l’enlève pas…

On l’met en terre, on l’sort de terre,on l’met dans l’eau, on l’sort de l’eau, on lui casse les os pour avoir sa peau…qui donc est-il?

Long nez pointu, un trou derrière, j’avance en zigzaguant…Qui suis-je?

Jouer pour apprendre, jouer pour partager, jouer pour grandir, jouer pour ressentir, jouer pour explorer

Jouer finalement, c’ est une affaire très sérieuse!

Mon point de vue sur cet ouvrage

Je ne saurais que trop vous inviter à découvrir l’ouvrage de Christian Montelle tant il fourmille d’analyses à la fois rares et fines, toujours étayées de très nombreux exemples concrets et vivants illustrant l’art et la manière d’envisager ce qu’il appelle « la haute langue orale ».

A l’heure où la tentation est forte pour les enseignants du primaire comme du secondaire de baisser les bras face à la menace grandissante de l’échec scolaire, ce livre constitue un puissant antidote pour lutter contre l’impuissance et le défaitisme ambiant. Ainsi, par les pistes de transmission que l’auteur met à notre disposition, il nous propose de sortir de cette impasse en nous invitant, via de multiples entrées langagières à « nourrir les enfants par l’oreille.« 

  • Pour en savoir plus l’auteur et son ouvrage:


La Parole contre l’échec scolaire
(La haute langue orale),
Christian Montelle, L’Harmattan, Paris, 2005

Au fait…

Je vis si on me cherche, je meurs si on me trouve. Qui suis-je?

;-)

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