Mon voilier

9 09 2010

Le  voilier

Mon   voilier

Il est de neige, mon voilier
Vogue, vogue mon joli rêve
Il est de neige, mon voilier
Parmi les oiseaux en allés

Vous le verrez si vous rêvez
Vogue, vogue, joli voilier
Vous le verrez  si vous rêvez
La tête au chaud sur l’oreiller

Au ciel vous le verrez passer
Vogue, vogue, rêve étoilé
Au ciel, vous le verrez passer
Avec la lune à son hunier

Maurice Carême

Musique: Charles Scharrès

Interprète: Geneviève Schneider

CD Paprika, enfance et musique

Pour écouter un extrait, cliquez sur ce lien

;-)


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Les sciences à l’école par André GIORDAN

29 07 2010

André GIORDAN, instituteur, professeur de collège et de lycée, directeur de recherche à l’INRP et au CNRS en France, chargé de cours à Paris VII, est élu Professeur extraordinaire à l’université de Genève en 1980. Il y crée le Laboratoire de didactique et épistémologie des sciences (LDES) qu’il dirige depuis. Il devient Professeur ordinaire (Professeur avec chaire) en 1983, puis Président de la Section des Sciences de l’Education (1992-94).

Ce scientifique passionné s’est particulièrement penché sur les questions relatives à la manière dont chaque personne apprend et construit ses savoirs scientifiques. Il a notamment développé un nouveau modèle pour comprendre l’apprendre, le modèle allostérique

Pourquoi enseigner la science? et surtout comment aider nos élèves à apprendre?

Quels obstacles?

Quelle démarche emprunter? Quelles entrées utiliser? Quels objectifs viser? Quelle évaluation proposer?

Voici, pour résumer  sa pensée, une série de 9 clips rapides à visionner, clairs, synthétiques, engageants.

Des vidéos signées Laurent DUBOIS que vous pouvez retrouver sur le site Enseigner les sciences

1/ Quels savoirs à l’école primaire?

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2/ Contradictions entre savoirs et savoir-faire

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3/ Évaluer les démarches plutôt que les connaissances

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4/ Tenir compte des conceptions

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5/ Vers un apprentissage de l’élaboration d’hypothèses

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6/ Apprendre les fondements des démarches scientifiques

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7/ Quels points de départ?

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8/ Récolter et traiter les données

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9/ Recherche d’informations:

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Alors promis, dès la rentrée, on s’y met?

D’ici là…profitons des vacances pour expérimenter, découvrir, récolter faits et objets de questionnement. Une manière utile et  agréable de confectionner notre propre kit pédagogique et scientifique. Pour le reste, les élèves nous guideront pour peu qu’on soit attentif à leurs attitudes…car avec le temps, s’il y a un enseignement que j’ai pu tirer de ma pratique de classe, c’est que l’observation de nos élèves constitue notre premier outil de compréhension et de différentiation.

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Le temps des vacances!

12 07 2010

Le temps des vacances, un temps idéal pour renouer avec nos besoins vitaux, nos instincts sauvages et primaires si souvent niés et exclus de nos vies domestiquées…

Bonnes vacances donc ;-)

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La vie sauvage des animaux domestiques

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Press-book!

9 05 2010

Gloriole du jour…

Le CULTURO-blog de mes élèves est inscrit ce mois-ci au sommaire du magazine

« La Classe »

Extraits en direct de ce bel article de deux doubles pages intitulé:

« Concilier lecture, rédaction et pratique de l’internet« 

« Afin d’initier ses élèves, sans viser le B2i pour le B2i, Ostiane Mathon a donc conçu un blog de classe, sur lequel ses élèves de CM1 rendent compte de leurs lectures »

« Lancé en 2008, ce projet s’est développé [...]et à l’unanimité, ils (les élèves) ont souhaité poursuivre l’aventure en CM2. Pour l’année 2009-2010 le blog a été l’œuvre de plusieurs classes de cycle 3. »

« Ce type de réalisation croise plusieurs domaines d’apprentissages, ce qui décuple la motivation des élèves. La lecture se trouve investie de nouveaux enjeux. »

« Plusieurs étapes précèdent la publication des textes sur le CULTURO-Blog.« 

« Tous les articles postés sur le blog résulte donc du travail des élèves, supervisé par leur professeur. »

« Ce projet ménage une progression personnelle [...] autour d’une création commune [...] et d’une identité de classe. »

« Ce blog, sorte de  portfolio numérique [...] donne aux parents un aperçu du travail de leur enfant et de la classe en général. »

« Ce projet a été l’occasion d’une réflexion sur les usages d’internet« 

Un dossier réalisé par Aurélie DJAVADI

Je n’ai plus qu’à conclure ce billet du jour en félicitant mes élèves pour leur énergie, leur travail et leur engagement contagieux

et en leur souhaitant « bonne chance » pour le tout prochain concours InterTICE 2010 auquel ils participent cette année et pour lequel ils viennent d’être nominés par le jury pour figurer parmi les finalistes sélectionnés!

Derniers votes en cours…(si le cœur vous en dit) et remise des résultats mardi soir prochain au CNIT de la Défense


;-)


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Astronomie en ligne

10 04 2010

http://www.decitre.fr/images/genere-miniature.aspx?ndispo=/gi/grande-image-non-disponible.jpg&img=/gi/68/9782745906168FS.gif&wmax=155&hmax=239&loupe=true

 » Ce livre documentaire publié chez MILAN Jeunesse explique l’univers. Il parle du Soleil, de la Terre, de la Lune notre satellite et du système solaire. Il parle des autres planètes: Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et des planètes lointaines Uranus, Neptune, Pluton. « 

Si vous voulez en savoir plus à propos de chacune des planètes de notre système solaire, rendez-vous sur le CULTURO-blog des CM1-CM2 pour découvrir la suite de l’article de Paul, passionné d’astronomie ;-)


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Au printemps, que c’est beau la vie

20 03 2010

Hommage au Printemps, hommage à la vie, hommage au poète disparu…

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Corps à corps

11 03 2010

Grand corps malade ou « corps français traditionnel »?

Mon cœur lui bat plutôt au rythme de ces mots…

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A faire passer à Gérard Longuet…

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Le sentiment amoureux

13 02 2010
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Un article à consulter en ces jours amoureux sur le blog de mes Séquences pédagogiques…l’amour à l’école, drôle d’idée?

Et pourquoi pas ;-)

http://lewebpedagogique.com/images/ostiane3.jpg




Mano solo, je ne t’oublie pas

8 02 2010

Lu (et approuvé)  hier dans le Nouvel Obs:


« Une colonne! Une seule colonne pour annoncer le décès de Mano Solo! Quelle plaisanterie, et macabre! Un grand chanteur français vient de mourir, et voilà la place que le Nouvel Obs lui consacre! A côté de ça, il y a quelques temps, des tartines sur Johnny Hallyday! Je sais bien qu’on ne peut les situer sur le même plan: Johnny dit quelque chose de la société française, alors que pour Mano Solo il s’agit de poésie. Et je sais que la poésie n’est pas -pour reprendre une expression journalistique- un sujet « très sexy » C’est bien là tout le malheur de n’avoir qu’une colonne réservée à Mano Sol!

J-A Mazaud (internet) »


Je n’ai rien contre Johnny, je suis même assez fan, mais le fait est que le silence qui entoure la disparition de Mano Solo est troublant et révèle lui aussi, d’une certaine manière, un je ne sais quelque chose évocateur de la société française…

Mano, joue encore pour nous, chante pour nous, moi je te trouve très sexy!

http://www.dailymotion.com/videoxpdea





Dictée « Les 2 font la paire »

3 02 2010

Ce matin, atelier pédagogique en réseau pour les enseignants du cycle 3

Thème de travail…l’orthographe…

Je pensais introduire la matinée en leur proposant cette petite dictée..

« Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.
De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*.

Monsieur est le père, Madame est la mère et bien sûr ces deux là font la paire.

Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère.

Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.

Aucun des deux n’est maire. N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère.

Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.

Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.

Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd ! »

(*pers = de couleur indéfinissable)

Souhaitez-moi bonne chance!

;-)




Dicton du Mois

1 02 2010

http://www.gifsmaniac.com/gifs-animes/meteo/pluies/meteo-pluies-15.gif

Si l’hiver est chargé d’eau l’été n’en sera que plus beau!

http://www.gifsmaniac.com/gifs-animes/meteo/soleil/meteo-soleil-10.gif

En attendant l’été et pour profiter de la situation…chantons donc en Anglais, en cœur et en famille…

« Rain, rain, go away! »

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And now…

Repeat again

;-)





Conte d’ici et d’ailleurs

12 01 2010

Suite au billet précédent sur la philosophie à l’école, Christian Montelle, très attaché au récit et au mythe fondateur m’a fait parvenir ce conte venu d’ailleurs dont il nous offre plusieurs lectures…dont une philosophique. Je lui laisse la parole…

Qui est le plus grand ? est un conte esquimau du Nord de la Sibérie. Il a été raconté par le conteur Yuit Kivagme, « vieux chasseur aux pieds gelés ».  Il a été recueilli entre 1933 et 1943 par la première institutrice de Tchoukotka, Katerina Semienova Sergeeva.

Voici le texte tel qu’il a été traduit :


La lune au rond visage parcourait le ciel en traîneau et se vantait :

- Je suis plus gaie et plus grande que le soleil lui-même !

Un minuscule lac, au milieu de la toundra, l’entendit et dit :

- Tu n’es qu’une vantarde ! Regarde-moi et tu verras que je suis le plus grand !

La lune se pencha sur le lac et y découvrit son reflet. Le lac poursuivit :

- Vois, je suis plus grand que toi puisque tu peux te loger chez moi !

Les deux antagonistes se disputèrent tant qu’ils réveillèrent le lemming, Sikiq, qui sortit de son terrier Il s’étira, bâilla en ouvrant si largement la bouche que son œil gauche se ferma. Il regarda d’un œil le lac, puis la lune et constata :

- En fait, le plus grand de tous est mon œil droit puisqu’ils y entrent ensemble, le lac et la lune !

La chouette qui volait par-là ricana. Elle s’empara du lemming, l’engloutit et dit :

- Heureusement que mon cou supporte une tête très intelligente. La lune a pris place dans le lac, le lac et la lune se sont installés dans l’œil du lemming et celui-ci habite désormais dans mon estomac !

à votre avis, lequel d’entre eux est le plus grand ?

1 Lecture structurale:

Dans la classification internationale ce conte porte le numéro 2031. Il peut être décomposé suivant les séquences suivantes :

  • Situation initiale : La lune parcourt le ciel.
  • Déclencheur : La lune se vante d’être plus grande que le soleil lui-même. Elle chante.
  • Chaîne : Soleil — Lune — Lac — Lemming — Harfang.
  • Chant en randonnée suivant une structure en échelle.
  • Question finale : Qui est le plus grand ?

Une première écoute fera apparaître l’égocentrisme de tout être. Chacun se croit le plus grand de l’univers et juge le monde extérieur à son aune. Cette lecture, que l’on pourrait appeler moraliste, est celle que certains scripteurs comme Charles Perrault et Jean de La Fontaine ont proposée pour les contes populaires. À leur suite, les pédagogues réduisent souvent leur approche des textes de la tradition orale populaire à une interprétation* moralisante.

2/ Lecture scientifique:

  • À la question qui clôt le conte, un enfant de moins de cinq ans répond :
  • - C’est la chouette, puisqu’elle mange tout le monde !
  • Le scientifique, possédant des connaissances rationnelles, répond :
  • - Le soleil est le plus grand, bien sûr !
  • ou alors :
  • - Ces éléments ne sont pas du même ordre ; on ne peut les comparer.

Chacun d’eux a perçu le conte sous l’angle de la science, selon son propre niveau. Chacun a avancé son interprétation* en tenant compte de son expérience de la réalité. C’est ce travail et ce point de vue qui sont importants, non la validité de la réponse.

Une première écoute fera apparaître l’égocentrisme de tout être. Chacun se croit le plus grand de l’univers et juge le monde extérieur à son aune.

Cette lecture, que l’on pourrait appeler moraliste, est celle que certains scripteurs comme Charles Perrault et jean de La Fontaine ont proposée des contes populaires. A leur suite, les pédagogues réduisent souvent leu rapproche des textes de la tradition orale populaire à une interprétation moralisante.

3 /Lecture géographique ou documentaire:

Cette randonnée possède un caractère documentaire qui peut orienter une autre lecture.

La toundra est un milieu de vie difficile, en Sibérie, à l’extrême nord de la Scandinavie et au nord du Canada. C’est un endroit semé de lacs où la végétation est essentiellement constituée de mousses, de lichens, d’airelles et de bouleaux nains.

Là vivent d’innombrables lemmings, petits écureuils rayés à queue touffue, à tête de marmotte, avec des bajoues et de petites oreilles cachées dans leur fourrure.

Ces petits rongeurs sont la nourriture du harfang, grande chouette à plumage blanc tâché de sombre, qui les suit dans leur migration à travers la toundra.

Nous voyons vivre ici tout un écosystème très cohérent qui constitue une introduction au biotope arctique.

4/ Lecture du temps:

Et voilà qu’une réponse nouvelle apparaît : les cinq éléments sont des marqueurs de temps :

  • Le soleil marque la belle saison et le déroulement de l’année.
  • La lune marque les mois. Elle est plus stable en zone arctique que le soleil
  • Le lac dont les eaux sont solides ou liquides marque les saisons.
  • Les migrations de lemmings, très impressionnantes, constituent pour les habitants du Grand Nord des signes très clairs, sur l’approche du grand hiver.
  • Quant au harfang, il change de plumage avec les saisons : de blanc tacheté de brun en hiver il devient beige en été.

5/ Lecture mythographique:

Un adulte esquimau, qui connaît bien la mythologie de son peuple, répond à la même énigme :

- Tous ces éléments sont équivalents !

En effet, le soleil est la femme bénéfique, qui amène la fécondité. La lune est un être masculin, frère incestueux du soleil, marqué au visage par sa sœur, condamné à régler la fécondation des plantes, des animaux et des femmes de la terre. Le lac est le garant de la fécondité de la terre. Le lemming est l’équivalent de notre lapin, symbole de féminité et de fécondité. La chouette harfang est le symbole de la sorcière, femme à l’intelligence féconde.

Nous avons bien là cinq facettes complémentaires de la fécondité.

6/ Lecture philosophique:

Les Anciens Sages discutent de la signification du miroir et du reflet : la lune, reflet du soleil, se mire dans le lac, œil de la terre, qui est réfléchi à son tour par l’œil de l’écureuil ; le harfang réfléchit avec sa grande intelligence, qui est reflet du monde.

Le reflet pris pour la réalité est l’un des grands thèmes du questionnement philosophique. La parabole de la caverne de Platon en est l’expression la plus connue. Nombreux sont les contes à rire dont le héros confond la lune reflétée dans l’eau avec un fromage.

Cette lecture à préoccupation philosophique me semble, au contraire de la lecture mythologique, tout à fait accessible aux enfants. Leurs réponses seront souvent inattendues, mais, en y réfléchissant bien, on les trouvera parfois d’une sagesse étonnante. L’important est qu’ils aient réfléchi sur un des aspects fondamentaux de l’organisation du monde, qu’ils ne perçoivent que les apparences, le reflet de la réalité. Ils renonceront définitivement à tout dogmatisme .

Voilà une approche intuitive de la parabole de la grotte chez Platon et une ouverture sur la relativité et le relativisme. Premières pierres de sagesse

7/ Lecture symbolique:

  • Le soleil est le symbole de l’intelligence cosmique. Pour les Samoyèdes, il est l’un des deux yeux de Num, le Ciel. Il est l’œil droit, correspondant à l’activité et au futur.
  • Un autre œil est la lune. Il correspond au passé et à la mémoire. La lune, astre des nuits, évoque métaphoriquement la beauté et aussi la lumière dans l’immensité ténébreuse. Mais cette lumière n’étant qu’un reflet de celle du soleil, la lune est le symbole de la connaissance par reflet, c’est-à-dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle.
  • Le lac est l’œil de la terre (en arabe, en slovaque, le même mot désigne l’œil et le lac ou la source : aïn, oziero).
  • Le lemming, comme le lapin, est lié au symbolisme de la lune et des eaux fécondantes et régénératrices, au symbolisme du renouvellement perpétuel de la vie sous toutes ses formes. Ce monde lunaire est celui du grand mystère où la vie se refait à travers la mort. C’est dans son œil que l’écureuil du conte saisit lune et lac.
  • La chouette, oiseau nocturne en relation avec la lune, est le symbole de la connaissance rationnelle, perception de la lumière par reflet, s’opposant à la connaissance intuitive, perception directe de la lumière solaire. Elle symbolise la réflexion qui domine les ténèbres et qui est souvent représentée par ses yeux.

Cette lecture fait ressortir la permanence du motif de l’œil, qui souligne chaque élément du conte. Or, celui qui a des yeux désigne expressément, chez les Esquimaux, le chaman, le clairvoyant.

Ce petit conte, si anodin en apparence, aura donc une autre signification pour le Grand Initié qui répondra à la question :

- Qui est le plus grand ?

- Personne, car chacun constitue une facette de la Connaissance suprême.

Bien sûr, un jeune enfant ne peut pas atteindre ces sommets de la connaissance. Mais on peut attirer son attention sur les détails comme l’œil. Cela aura deux avantages :

  • - l’introduire dans le monde du langage poétique et métaphorique ;
  • - lui faire deviner le monde si important des symboles et du langage symbolique.

8/Autres lectures:

On pourrait également effectuer des lectures sémiotiques*, des lectures psychanalytiques (à partir des travaux de Sigmund Freud, d’Alfred Adler ou de Gustav Jung, par exemple), des lectures comparatives avec des versions de ce conte issues d’autres cultures, et bien d’autres encore.

Ce que j’ai voulu montrer ici, c’est la richesse des contes populaires, Les conteurs qui transmettent une randonnée ne passent pas seulement un bon moment avec eux, mais font découvrir à leurs auditeurs toute une connaissance précieuse.

Dans une situation normale d’écoute de contes, celle où le conteur est entouré de représentants de toutes les classes d’âge, cette lecture se réalise aussitôt par les commentaires qui suivent le conte. L’enfant a le droit de proposer sa propre interprétation*. En écoutant celles des adultes, il apprend que la vérité est multiple et acquiert ainsi une écoute critique. Il faut essayer au maximum de retrouver ces conditions si on raconte dans un milieu scolaire.

Avec des jeunes enfants, l’adulte doit faire découvrir les sens naturellement, intuitivement, par de multiples répétitions de l’histoire et des compléments documentaires bien choisis, et non en imposant sa propre interprétation.

La lecture verticale est très proche du travail de l’archéologue qui, à chaque strate, découvre une nouvelle phase du passé du monde. À chaque écoute, le conte livre de nouveaux sens, aussi bien à celui qui le dit qu’à celui qui l’écoute.

Découvrez également Paroles de conteuse par Edith MONTELLE




Poème des mois

4 01 2010

Pour commencer cette nouvelle année, voici un poème écrit par un drôle de papa. Un papa poète, un papa interprète, le papa de Carmen!
Je vous laisse savourer ce petit texte taquin, plein d’humour de trouvailles et de poésie…

POÈME DES MOIS

Janvier…ton sort

Février…tes yeux dans les miens

Mars…moi pas sur les pieds!

Avril…toi sous mon parapluie

Mai…pas ta main dans mon slip!

Juin…l’utile à l’agréable

Juillet…dit:

Août…toi de là que j’m'y metee!

Septembre…sur l’herbe

Octobr’iquet marche mal!

Novembre pas sous la peau de l’ours avant de l’avoir tué!

Décembre…à la cave

Jean MALIGNON

Je vous souhaite un mois de janvier 2010 à l’image de ce texte..

rieur, mutin,

joueur, calin

plein de petits bonheurs

et de très gais matins!

;-)




Différenciation, mais encore…

4 12 2009
  • « Le premier des moyens (pour la prise en charge des élèves en difficulté) est la différenciation pédagogique dans la classe pendant les 24 heures d’enseignement dues à tous les élèves. » Circulaire « aménagement du temps scolaire »BO du 19/06/08
  • « La différenciation, c’est un effort de diversification méthodologique susceptible de répondre à la diversité des élèves ». Louis Legrand
  • « Il n’y a pas de méthode unique, il doit y avoir une variété de réponses au moins égale à la variété des attentes. » André de Peretti
  • «Différencier, c’est rompre avec la pédagogie frontale, la même leçon, les mêmes exercices pour tous; c’est surtout mettre en place une organisation du travail et des dispositifs didactiques qui placent régulièrement chacun dans une situation optimale. La pédagogie différenciée pose le problème d’amener les élèves non pas à un point déterminé (comme nous le faisons en fonction de nos programmes actuels) mais chacun à son plus haut niveau de compétence.» Philippe Perrenoud
  • « C’est une philosophie de l’élève comme sujet, une pédagogie de l’autonomie comme capacité de piloter soit même progressivement ses propres apprentissages, une conception de rapport sociaux comme devant être à la fois reconnaissance de la diversité et recherche de solidarité». Philippe Meirieu

Petite synthèse bleu primaire

Etant donné que…

  1. le modèle d’intelligence unique et universel n’existe pas,
  2. l’intelligence ne peut en aucun cas se confondre avec une somme de connaissances,
  3. nos classes sont le reflet de cette hétérogénéité naturelle
  4. le développement des compétences semble désormais reconnues légalement comme essentiel dans le processus d’apprentissage,
  5. l’objectif de l’école obligatoire telle qu’elle existe aujourd’hui reste pourtant de fournir un programme unique, national et commun à chacune des tranches d’âge…

alors l’enseignant avisé n’a bien qu’une seule possibilité d’action s’il veut faire face à ces contradictions…

la diversification et la différentiation...

Une fois qu’on a dit cela, qu’on pense cela, que l’on croit à cela, la tâche reste pourtant ardue. Quand on veut on peut?

Je ne sais pas…parfois oui, parfois non…L’important étant sans doute le plus souvent possible de faire coïncider valeurs personnelles et éthique professionnelle en lien étroit avec le respect de ce qu’est UN enfant…

CET enfant là, à ce moment là.

Pas plus qu’un autre je n’ai de recette, pas mieux qu’un autre je ne fais face aux difficultés de gestion de groupe. Ce que je sais c’est que seuls une solide formation initiale et continue, de réguliers apports théoriques eux-même questionnés par des échanges de praticiens  en poste fournissent à l’enseignant novice ou déjà chevronné un accompagnement qui lui permet de ne pas complètement lâcher prise…

Alors, soit dit en passant…et en guise de mise en débat…deux ou trois questions en relation avec la réforme annoncée de la formation des maîtres…

Comment les enseignants de demain, formés en Master universitaire  mono (ou bi)-disciplinaire vont-ils être en mesure d’affronter cette complexité due à la réalité du terrain?

La pédagogie, la psychologie, la sociologie, la formation professionnelle ne sont-elles donc plus l’affaire de l’enseignement?

Et comble de la situation, on apprendrait donc à nos élèves qu’à l’école il faut apprendre pour réussir tout assumant ce drôle de paradoxe que le métier d’enseignant, lui, ne s’apprendrait pas et qu’il semblerait donc inutile pour ce même enseignant d’apprendre à apprendre?!

Bizarrerie du système, vous ne trouvez pas…




Etablissement formateur…késako?

24 11 2009

Qu’est-ce qu’un établissement formateur ou une organisation apprenante? Un petit tour d’horizon en quelques citations.

« …les élèves apprennent mieux si l’enseignant lui-même est en démarche d’apprentissage et de recherche , si l’établissement est un établissement apprenant »
André Blandin, interview pour Projecture

« …tout, dans un établissement, est formateur. Absolument tout : de la manière dont les élèves sont accueillis le matin à la porte jusqu’à la façon dont est organisé le self, en passant, bien sûr, par le règlement intérieur, le rapport avec les personnels de service, l’accueil des parents, les relations avec l’environnement, etc. L’éducation des élèves ne se réduit pas à la juxtaposition d’enseignements : elle se construit dans un établissement où le moindre geste fait sens, où l’ensemble de ce qui se fait est mis en cohérence, ressaisi dans un projet (…) C’est là où se jouent, à la fois, le sort de chaque élève et notre destinée commune. » Philippe Meirieu, postface à Diriger autrement un établissement scolaire

« L’établissement formateur met constamment tout en œuvre pour que tous ses collaborateurs puissent bénéficier d’une facilitation de l’émergence, de la reconnaissance et de la valorisation de leurs compétences et d’une facilitation du développement et de l’accroissement de celles-ci. » Odile Brouet

« l’organisation du travail doit être une ressource pour développer le pouvoir d’agir de ceux qui sont en première ligne »
Yves Clot, CNAM

Les organisations apprenantes … sont des « organisations à l’intérieur desquelles les divers acteurs élargissent continuellement leur compétence à produire les effets qu’ils souhaitent » Monica Gather Thurler

« une organisation apprenante est un système d’action, de conduite de l’action et d’apprentissage collectif, qui apprend en permanence, capitalise ses connaissances, ses savoir-faire et ses compétences pour les transmettre et se transformer volontairement pour atteindre ses objectifs, en fonction des évolutions de son environnement, de ses ressources, de la culture et des représentations des groupes d’acteurs » Alain Bouvier

Merci à Nicole Priou pour ces interventions à la fois riches et porteuses de projets à bâtir…

Et pour terminer 7 verbes qui interrogent nos structures actuelles

accueillir

informer

accompagner

observer

conseiller

former

évaluer


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Rosée poétique

2 11 2009

De la représentation enfantine à l’explication scientifique, il ne faut négliger aucune étape…

En direct …

Maman tu savais que la rosée du matin, c’est comme un nuage composé d’une multitude de gouttelettes d’eau qui vole la nuit à travers l’univers et vient se reposer chaque matin dans les jardins.





Rayons d’Octobre I

1 10 2009

http://www.pch.gc.ca/images/lffl.gif

Octobre glorieux sourit à la nature.
On dirait que l’été ranime les buissons.
Un vent frais, que l’odeur des bois fanés sature,
Sur l’herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.

Le nuage a semé les horizons moroses,
De ses flocons d’argent. Sur la marge des prés,
Les derniers fruits d’automne, aux reflets verts et roses,
Reluisent à travers les rameaux diaprés.


Forêt verte qui passe aux tons chauds de l’orange ;
Ruisseaux où tremble un ciel pareil au ciel vernal ;
Monts aux gradins baignés d’une lumière étrange.
Quel tableau ! quel brillant paysage automnal !


À mi-côte, là-bas, la ferme ensoleillée,
Avec son toit pointu festonné de houblons,
Paraît toute rieuse et comme émerveillée
De ses éteules roux et de ses chaumes blonds.

Aux rayons dont sa vue oblique est éblouie,
L’aïeul sur le perron familier vient s’asseoir :
D’un regain de chaleur sa chair est réjouie,
Dans l’hiver du vieillard, il fait moins froid, moins noir.

Calme et doux, soupirant vers un lointain automne,
Il boit la vie avec l’air des champs et des bois,
Et cet étincelant renouveau qui l’étonne
Lui souffle au coeur l’amour des tendres autrefois.

De ses pieds délicats pressant l’escarpolette,
Un jeune enfant s’enivre au bercement rythmé,
Semblable en gentillesse à la fleur violette
Que l’arbuste balance au tiède vent de mai.

Près d’un vieux pont de bois écroulé sur la berge,
Une troupe enfantine au rire pur et clair,
Guette, sur les galets qu’un flot dormant submerge,
La sarcelle stridente et preste qui fend l’air.

Vers les puits dont la mousse a verdi la margelle,
Les lavandières vont avec les moissonneurs ;
Sous ce firmament pâle éclate de plus belle
Le charme printanier des couples ricaneurs.


Et tandis que bruit leur babillage tendre,
On les voit déroulant la chaîne de métal
Des treuils mouillés, descendre et monter et descendre
La seille d’où ruisselle une onde de cristal.

canada_mw.gif (7546 bytes) Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931)

http://pagesperso-orange.fr/alain.perron/canada.gif

Recueil : Les Floraisons matutinales





Automne…mon bel Automne…

23 09 2009

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L’AUTOMNE

On voit tout le temps, en automne,

Quelque chose qui vous étonne,

C’est une branche tout à coup,

Qui s’effeuille dans votre cou.


C’est un petit arbre tout rouge,

Un, d’une autre couleur encore,

Et puis partout ces feuilles d’or,

Qui tombe sans que rien ne bouge.


Nous aimons bien cette saison,

Mais la nuit si tôt va descendre!

Retournons vite à la maison

Rôtir nos marrons dans la cendre.

http://www.afleurdepau.com/Cadeaux/gifs-animes/arbres-saisons/019.gifLucie DELARUE-MARDRUS




Enfants d’hier et de demain

21 09 2009

Aujourd’hui, dans cette « tribune libre », nouvelle catégorie du blog, je laisse la parole à Pierre Frackowiak qui nous fait part de sa dernière lecture…

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui


Note de lecture

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui

Philippe Meirieu

Editions Rue du Monde. Août 2009. 312 pages. 19,80 euros

Quels enfants allons-nous laisser au monde ?

Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’éducation auront au moins deux bonnes raisons d’aimer ce « Meirieu nouveau ».

La première raison sera cette question cruciale et déstabilisante : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », une question neuve qui engage également parents, enseignants et la société toute entière. La question « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » est devenue banale, même si, au-delà de sa répétition sur tous les tons, les pouvoirs publics peinent à prendre les décisions que les réponses appellent. Philippe Meirieu ne la néglige pas. Il la rappelle même,  commentant les dégâts constatés sur la planète. Mais il lui adjoint une autre question qui, elle, n’est pas banale et nous interpelle fortement : « Quels enfants allons-nous laisser à notre monde ? ». Personne ne s’en préoccupe vraiment alors que l’incompréhension entre les générations s’accroît. Les conflits de générations ont fait l’objet de nombreux ouvrages psychologiques et de romans, mais le problème prend depuis quelques années une tout autre dimension. Il arrive de plus en plus souvent que les parents ne comprennent plus du tout leurs enfants, même quand ils les observent avec la plus grande indulgence dans le prisme de ce fameux conflit. Il arrive de plus en plus souvent que les enseignants soient démunis face aux attitudes des élèves, même dans des collèges huppés de centre ville, devant leur désintérêt face à la chose scolaire et devant leur contestation des pratiques, leur exigence de justice et de droit à   l’expression.

Les parents sont de plus en plus nombreux à souffrir, les enseignants sont de plus en plus nombreux à rencontrer des problèmes qui les laissent complètement démunis.

Comment réagir quand, dans une classe de 4ème de centre ville, au signal discret d’un élève, tous se mettent sous leur table ? Comment réagir quand des centaines de professeurs avouent confidentiellement qu’ils passent tout leur temps à tenter d’obtenir en vain le silence ? Comment les parents, informés, peuvent-ils réagir ? Quelle position adopter quand les récits de leur enfant tendent à les convaincre qu’ils auraient eu envie de faire la même chose dans les mêmes circonstances s’ils n’avaient été craintifs, disciplinés et obéissants comme la majorité des enfants de leur époque ?

La seconde raison est que pour la première fois peut-être dans la littérature pédagogique un expert, un pédagogue, un enseignant a le courage et la modestie de dire qu’il ne sait pas , que nous sommes les uns et les autres dans le même bateau et que nous cherchons tous les réponses et les attitudes les meilleures possible. On n’a pas encore bien compris dans le système éducatif français que l’une des raisons majeures de la difficulté à faire venir les parents à l’école et à faire se rencontrer utilement parents et enseignants, réside dans cette espèce de domination, de pouvoir, qu’exercent sans en avoir toujours conscience les enseignants sur les parents. Les enseignants expliquent, conseillent, recommandent, jugent et critiquent parfois comme s’ils savaient. Or, ils savent sans aucun doute, du moins peut-on l’espérer, enseigner aux élèves, transmettre leurs savoirs. Mais ils n’ont ni la compétence ni la légitimité pour expliquer aux parents ce qu’ils doivent et comment faire. Ils l’ont d’autant moins aujourd’hui qu’ils se heurtent aux mêmes problèmes avec leurs propres enfants et ne savent pas nécessairement mieux réagir que les parents de leurs élèves. Les injonctions ou incantations classiques (« Votre enfant ne travaille pas assez. Il faut le faire travailler. Il faut qu’il fasse ses devoirs et qu’ils apprennent ses leçons ») ne sont plus crédibles, elles sont inopérantes.

Comment réagir avec un enfant qui se moque des savoirs scolaires dont il ne voit pas le rapport avec ce qu’il sait par ailleurs, comment réagir avec un enfant conditionné par la publicité, accroché à son téléphone et à la télécommande, « scotché » à Internet, collé à la communication avec des nouveaux réseaux que nous ne connaissons pas, fasciné par la console de jeux, attiré par les expériences les plus dangereuses ? On se rend vite compte que l’autoritarisme, les menaces, les sanctions, les leçons de morale, les références au passé ne peuvent résoudre les problèmes. On commence d’ailleurs seulement à se rendre compte qu’il devient ridicule de penser qu’il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes, isoler l’école de son environnement, sanctionner.

Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir.

Philippe Meirieu nous entraîne dans une réflexion de très haut niveau et accessible à tous, y compris à des adolescents en ciblant par exemple le chapitres évoquant les modes vie actuels, leurs modes de vie, avec différentes perspectives complémentaires : historique, philosophique, juridique, pédagogique…

On ne peut parler de l’avenir sans se référer au passé et sans analyser l’évolution des conceptions et des enjeux. En moins de 100 pages, il retrace magistralement, sans concession et sans procès, l’histoire de la place de l’enfant dans la société, dans la famille, dans les apprentissages. Appuyant sa démonstration sur les travaux de Philippe Ariès, il passe en revue les grands penseurs qui ont marqué l’histoire de l’éducation. Comme il aime le faire, il évoque Coménius, Jean-Jacques Rousseau, Paulo Freire, Célestin Freinet, Ferrière, Dewey, Montessori, etc. En 66 pages, il présente et analyse la convention internationale des droits de l’enfant sous tous ses aspects et ouvre la réflexion sur le droit à connaître ses origines, la parentalité biologique et la parentalité psychologique, la justice des mineurs, la liberté d’expression des enfants… En 90 pages, il propose au débat et à la réflexion collective des pistes à explorer pour inventer. Il propose notamment une « révolution copernicienne en éducation » :

« Les temps d’incertitude ne doivent pas être des temps de renoncement. Et c’est bien là notre problème. Ce n’est pas parce que nous ignorons de quoi demain sera fait que nous devons abdiquer toute ambition éducative. Bien au contraire ! Mais – et nous n’avons pas encore vraiment mesuré l’ampleur du changement que cela constitue – éduquer devient infiniment plus difficile dans un monde qui, selon la formule de Milan Kundera, « s’avance dans le vide ». A bien des égards, même, l’acte éducatif change de sens : alors qu’il se nourrissait traditionnellement d’un passé qu’il s’agissait de prolonger, il doit aujourd’hui s’inspirer d’un futur que nous ne sommes pas capables d’anticiper. »

Philippe Meirieu pose la question : « A quoi éduquer nos enfants ? ». Ses réflexions, ses propositions à débattre, sont aux antipodes des « nouveaux vieux programmes » de M. Darcos et des comportements traditionnels des co-éducateurs. Apprendre à différer, apprendre à entrer dans le symbolique et la culture, apprendre à parler et à pense juste, apprendre à habiter le monde, apprendre à exercer sa responsabilité individuelle et collective. Nous sommes dans la perspective d’une éducation globale émancipatrice fondée sur la liberté et la démocratie et faisant le pari de l’intelligence.

S’adressant à toutes « les grandes personnes », Philippe Meirieu rappelle que nous sommes embarqués et qu’il nous faut avancer au risque de sombrer corps et biens. Avancer. Ne pas reculer. Ne pas se réfugier dans la nostalgie du passé. Pour avancer ensemble, il nous faut un cap : « Eduquer nos enfants pour qu’ils deviennent capables de faire fonctionner, de renouveler et d’étendre nos institutions démocratiques. Il nous faut des balises… Il nous faut une détermination : celle de créer sans relâche des situations éducatives, à l’école, dans la cité, dans la famille, qui permettent à nos enfants d’avoir prise sur leur histoire, sur notre Histoire. »

Philippe Meirieu n’a pas toutes les réponses. Il est, comme nous, habité par l’inquiétude et taraudé par le doute. Mais il donne un cap. Malgré les difficultés et les tempêtes, il ne quitte pas le navire et veut associer toutes les grandes personnes au grand voyage de l’éducation du futur.

Pierre Frackowiak

Merci Pierre pour cet envoi et ce partage. Pour ma part je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Philippe MEIRIEU mais cette note de lecture m’y invite grandement!

Je retiens entre autre ces quelques lignes…

« Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir. »




L’école en poésies

4 09 2009

L ‘ÉCOLE

Dans notre ville, il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue, il y a
Des autos, des gens qui s’affolent,
Un grand magasin, une école,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat,
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux chantant tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon cœur, mon cœur, mon cœur qui bat
Est là.

Jacques CHARPENTREAU (1928-…)

LE CARTABLE RÊVEUR

Pendant que tu étais
Sur la plage, cet été,
Ou bien dans la forêt,
As tu imaginé
Que ton cartable rêvait ?
Il rêvait d’avaler
Des crayons, des cahiers,
Puis d’aller comme on vole,
Sur le chemin de l’école.

Carl NORAC (1960 – … )

LITANIE DES ÉCOLIERS

Saint-Anatole,
Que légers soient les jours d’école !
Saint Amalfait,
Ah ! Que nos devoirs soient bien faits !

Sainte Cordule,
N’oubliez ni point ni virgule.
Saint Nicodème,
Donnez-nous la clef des problèmes

Sainte Tirelire,
Que Grammaire nous fasse rire !
Saint-Siméon,
Allongez les récréations !

Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points.
Sainte Clémence,
Que viennent vite les vacances !
Sainte Marie,
Faites qu’elles soient infinies !

Maurice CARÊME (1899 – 1978)

MON ÉCOLE

Mon école est pleine d’images,
Pleine de fleurs et d’animaux,
Mon école est pleine de mots
Que l’on voit s’échapper des pages,
Pleine d’avions, de paysages,
De trains qui glissent tout là-bas
Où nous attendent les visages
Des amis qu’on ne connaît pas.

Mon école est pleine de lettres,
Pleine de chiffres qui s’en vont
Grimper du plancher au plafond
Puis s’envolent par les fenêtres,
Pleine de jacinthes, d’œillets,
Pleine de haricots qu’on sème ;
Ils fleurissent chaque semaine
Dans un pot et dans nos cahiers.

Ma classe est pleine de problèmes
Gentils ou coquins quelquefois,
De chansons, de poèmes,
Dont on aime la jolie voix
Pleine de contes et de rêves,
Blancs ou rouges, jaunes ou verts,
De bateaux voguant sur la mer
Quand une brise les soulève.

Pierre GAMARRA (1919 – 2009)