Corps à corps

actualité, morceaux choisis, vidéo 0 commentaire

Grand corps malade ou “corps français traditionnel”?

Mon cÅ“ur lui bat plutôt au rythme de ces mots…

A faire passer à Gérard Longuet…

Tags : , ,

Dis maman…

En famille, la parole aux parents 0 commentaire

Conversation dans le métro…entre fille et mère…

http://emodecoco.e.m.pic.centerblog.net/2ihgsruy.gif

“Dis maman, est-ce que deux femmes peuvent se marier?

- Oui, c’est possible.

- Et comme ça, elles peuvent avoir 2 fois plus de bébés!

- Pourquoi?

- Ben, elles ont deux ventres!

- Pour “faire” un bébé, il faut toujours un homme et une femme.

- Même si les deux femmes font l’amour?

- Oui, même si elles s’aiment. Deux femmes peuvent vivre en couple mais ensemble, elles ne peuvent pas avoir d’enfant.Un bébé vient de la rencontre d’un spermatozoïde “homme” et d’un ovule “femme”.

- Alors elles peuvent trouver un bébé abandonné?

- Oui, l’une des deux femmes peut adopter un enfant qui n’a plus de mère ou de père et toutes les deux décident de l’aimer et l’élever, comme leur propre enfant.

- Mais alors, l’une des deux femmes, c’est comme le papa?

- Non, elles sont toutes les deux des femmes donc des mamans, elles ne peuvent pas être “papa”. Un papa, c’est forcément un homme.

- Comme papa?

- Oui, comme papa, ou comme ton oncle, ou comme ton grand-père…Allez, on est arrivé, on descend là!”

Tags : , ,

Oh la vache!

En famille, Enquêtes pédagogiques, actualité 2 commentaires

http://www.coloriages-enfants.com/rubrique-animaux/images/gifs-animes/vaches/vaches-13.gif

Cliquez sur l’image pour avoir le son!

Et pour les petits curieux qui souhaitent réviser avant de se rendre au salon de l’agriculture, suivez le guide! Pascal Pick historien paléontologue nous raconte l’évolution de la biodiversité, du premier chien domestiqué à notre amie la vache! Sur mon autre blog…

Séquences pédagogiques

;-)

Tags : ,

Après le désordre…

Action, En famille, la parole aux parents 1 commentaire

Après le désordre…

http://leroiprof.fr/wp-content/uploads/2009/08/classe-vide-surcharge-300x225.jpg

Bonnes vacances!

Profitez

Lambinez

Rêvez

Rêvasser

Sortez

Dansez

Chantez

Aimez

Marchez

Respirez

Découvrez

Savourez

Dégustez

Languissez

d’autres idées en commentaires?

;-)

Tags :

La violence et le bonheur

Parole d'instit', actualité, débat 0 commentaire

Plus un enfant souffre et plus il faut l’aimer

Plus la violence est là et plus il faut l’accueillir.

Qui n’a jamais souffert?

Qui n’a jamais senti cette vague de violence le submerger?

La violence appartient à chacun de nous, elle est en chacun de nous, tapie, muette ou vive et irrépressible. La violence est un cri, un symptôme, une ultime pulsion de vie, un dernier rempart contre l’inhumanité.

Lutter “contre” la violence c’est détruire ce dernier rempart, c’est nier la maigre part de vie qui est à sauver, c’est bâillonner l’espoir de re-naissance et d’éducabilité, c’est refuser d’aimer celui qui tant besoin qu’on l’aime.

Alors quoi, on laisse faire? On applaudit? On se berce d’illusions? On fait comme si de rien n’était? On donne raison à la violence et on oublie les victimes de cette violence?

Comme chaque enseignant, comme chaque parent, comme chaque citoyen, je vis avec cette violence, je la subis ou je l’exerce, je la contourne ou je l’affronte. Je tente de faire avec. Faire avec, c’est accepter sans passivité, sans sentimentalisme, sans mollesse et sans démagogisme. C’est être capable de dire Non, tu vois, là, tu as fais du mal et tu te fais du mal. Je ne peux pas te laisser agir ainsi. Mais je suis là et je t’entends.

Il ne faut pas nier la violence, il faut la nommer chaque fois qu’elle se présente, la reconnaître chaque fois qu’elle s’immisce dans nos vies, il faut l’entendre et la voir en face. Il faut être là, à côté d’elle, avec elle et surtout pas contre elle.

Être là.

Ne pas juger l’enfant mais lui ouvrir d’autres voies d’expression. La violence ne s’extrait pas comme une dent. Elle s’approche avec douceur, elle s’apprivoise avec tendresse, elle se confie avec empathie. Il faut enseigner le bonheur à ceux qui souffrent et font souffrir.Enseigner le bonheur et enseigner avec bonheur.

Oui, le bonheur.

Des cours de bonheur à l’école, voilà ce que je proposerais comme piste de travail si je devais participer aux futurs états généraux sur la violence.

D’autres articles sur le même thème:

http://www.gifsanimes.net/fleches/web160.gif

  1. L’école pour vivre ensemble
  2. La violence sans tabou
  3. Médiations éducatives (1)
  4. Médiations éducatives (2)
  5. De l’acte violence à l’acte d’écriture
Tags : , , ,

Mano solo, je ne t’oublie pas

Hors sujet, actualité, morceaux choisis, tribune libre, vidéo 0 commentaire

Lu (et approuvé)  hier dans le Nouvel Obs:


“Une colonne! Une seule colonne pour annoncer le décès de Mano Solo! Quelle plaisanterie, et macabre! Un grand chanteur français vient de mourir, et voilà la place que le Nouvel Obs lui consacre! A côté de ça, il y a quelques temps, des tartines sur Johnny Hallyday! Je sais bien qu’on ne peut les situer sur le même plan: Johnny dit quelque chose de la société française, alors que pour Mano Solo il s’agit de poésie. Et je sais que la poésie n’est pas -pour reprendre une expression journalistique- un sujet “très sexy” C’est bien là tout le malheur de n’avoir qu’une colonne réservée à Mano Sol!

J-A Mazaud (internet)”


Je n’ai rien contre Johnny, je suis même assez fan, mais le fait est que le silence qui entoure la disparition de Mano Solo est troublant et révèle lui aussi, d’une certaine manière, un je ne sais quelque chose évocateur de la société française…

Mano, joue encore pour nous, chante pour nous, moi je te trouve très sexy!


Tags : , , , ,

Correspondance autour de la lecture…

En famille, La chronique de Laurent Carle, la parole aux parents 3 commentaires

Ce matin, dans ma boite mail, un courrier envoyé par Laurent Carle faisant état d’une lettre qu’ une maman déboussolée vient de lui adresser. Avec son autorisation je souhaite aujourd’hui vous faire part de cette correspondance tant elle illustre bien des inquiétudes et soulève bien des questions liées à l’apprentissage de la lecture et aux enjeux qui en découlent…Je leur laisse donc la parole et la reprendrait en fin d’article sous forme d’une petite vidéo tournée en collaboration avec l’équipe du Web pédagogique.

Et maintenant…bonne lecture ;-)


Mercredi, 3 février,

Bonsoir,

Je me permets de vous adresser ce mail car je suis une maman désemparée. J’ai une petite fille 4 ans. Là, elle vient d’avoir son « carnet ». Il est noté qu’elle a sans cesse besoin d’être rassurée et qu’elle n’est pas assez active à l’oral. Je pense qu’elle est stressée à l’idée de décevoir si elle se trompe (elle est très sensible). Comment faire pour l’aider ? De plus, aujourd’hui on a joué à la maitresse. J’ai essayé de lui apprendre des lettres (elle en connait déjà) et lui ai expliqué qu’en les « mélangeant » ça faisait des mots. Je lui ai fait un B et lui ai nommé la lettre 5 ou 6 fois.

http://corigif.free.fr/alphabet/alphadanserouge2/img/alpha_002.gif

source

Elle m’a écouté et quand je lui ai demandé le nom de la lettre, elle m a regardé comme si je venais de mars et n’a pas su me répondre (je lui avais dit 30 sec avant). Même quand elle arrive à retenir, 10 minutes après elle ne sait plus.

Est ce normal ? Est ce que je lui en demande trop ?

J’ai vraiment besoin d’un avis car en plus quand ça se passe comme ça, je m’énerve et après je culpabilise.

Merci de votre réponse.

Cordialement.

Isabelle

Jeudi, 4 février,

Bonjour Isabelle,

Vous vous interrogez fort à propos, au bon moment, et vous vous posez les bonnes questions à propos de l’effarement de votre fille, quand elle est confrontée à l’enseignement des lettres de l’alphabet. Elle est à l’âge où se décide le style de rapport que la future écolière établira prochainement avec l’écrit. Les premiers contacts déterminent si, plus tard, elle aimera ou détestera lire. Quand elle vous écoute nommer les lettres (vous lui présenteriez des syllabes, ce serait pareil,) et vous regarde comme une martienne, elle se trouve en état de surcharge cognitive devant une information non pertinente, « extraterrestre ». Les fusibles de protection, heureusement, coupent le courant. Ce qui n’a pas de sens ne peut pas être compris. On ne peut pas apprendre quelque chose qu’on ne comprend pas parce que ça n’a aucun sens.

Et lire, c’est comprendre, seulement comprendre, c’est tout.

On peut commencer à apprendre à lire à tout âge. Par contre, on ne doit pas commencer à enseigner la lecture prématurément. Apprendre, ne signifie pas recevoir un enseignement. Il convient de bien distinguer enseigner et apprendre. On peut être enseigné et ne pas apprendre, comme les élèves « en échec scolaire ». On peut apprendre sans être enseigné, comme les autodidactes. On peut être enseigné et apprendre à lire en dehors des leçons de lecture. Les « méthodes de lecture » sont très utiles aux maîtres pour enseigner la syllabation. Elles ne sont pas nécessaires aux élèves pour apprendre à lire. La plupart des adultes bons lecteurs sont d’anciens écoliers, autodidactes en lecture, qui se sont appris à lire malgré l’enseignement reçu. Pour être un maître de lecture efficace, mieux vaut être lecteur soi-même, un lecteur qui aime lire. D’ailleurs, l’un va avec l’autre.

Ceux qui aiment lire, lisent vite et facilement, prennent plaisir à aider et accompagner les enfants dans leur conquête de la lecture. Ceux qui n’aiment pas lire, lisent lentement et difficilement, parce qu’ils portent les séquelles de la syllabation enseignée par une « méthode ». Ils dispensent un enseignement de lecture fastidieux et rebutant. Dans ce cas, il est préférable de passer la main. Sinon, on croit transmettre la lecture et on ne transmet que le dégout qu’on en a. Le premier critère pour être un « bon prof » est d’aimer lire.

Pour comprendre ce qui arrive aujourd’hui à votre fille, essayons d’imaginer une situation semblable chez un adulte.

Supposons que, à ce jour, pour des raisons qui tiennent à votre histoire et à votre parcours personnels, vous n’ayez jamais vu personne rouler à bicyclette, ni même vu, de près ou de  loin, une vraie bicyclette, sauf en illustration sur du papier. Un parent proche ou un ami, sincère et dévoué, s’attellerait à la tâche de combler cette lacune et entreprendrait de vous apprendre. Il vous présenterait au fur et à mesure, à l’occasion et peu à la fois, par précaution, le guidon, la selle, un rayon, un maillon de chaine, une dent de pignon, un câble, une valve, une chambre à air, bref, la liste complète des pièces, vous expliquant, pour chacune, sa nature et sa fonction mécanique. Il vous les nommerait et vous demanderait de les répéter sur-le-champ, plusieurs fois, vérifierait, ensuite, que vous les avez bien gardées en mémoire, quelques minutes plus tard.

C’est d’ailleurs ainsi qu’on procède dans les leçons de lecture « méthodiques », jour après jour, unité après unité, parce que la théorie pédagogique dominante postule que lorsque toutes les unités élémentaires du catalogue des sons et toutes les règles de correspondance auront été acquises, mémorisées une à une, il ne restera plus à l’élève qu’à faire la synthèse de ces éléments séparés. Enfantin, mon cher Watson ! Mais peu pertinent, incongru et franchement anti-pédagogique ! Est pédagogique, ce qui est profitable à l’enfant et à lui seul, ce qui a du sens, une réalité fonctionnelle, ce qui apprend à faire en faisant, « en situation », ce qui est en harmonie avec l’intérêt et les intérêts de l’enfant, ici et maintenant. Comme dit Philippe Meirieu, « apprendre, c’est faire ce qu’on ne sait pas encore faire, pour apprendre à le faire ».

Est pédagogique ce qui permet à l’enfant de conquérir son autonomie pour se soustraire à la tutelle de l’adulte, d’abord, du « marché », par la suite. Les méthodes de « lecture » ne sont pas des armes pour la conquête de cette autonomie. La lecture, la vraie, permet au lecteur d’entrer dans le monde de la pensée libre, dans le jeu social démocratique, d’y trouver place et d’y prendre sa part. Le chemin de la démocratie passe par l’autonomie et la liberté de pensée.

Un déchiffreur dressé à « décoder », par une méthode – toutes dressent, aucune n’est libératrice -, n’est ni penseur, ni lecteur libre. Il n’est même pas lecteur. [...]

Voici ce que disait Alain, en 1930 :

« Quand je suis dans l’autobus, je m’amuse, comme chacun fait, à lire les réclames collées sur le verre et qui se montrent à l’envers ; je suis alors semblable à un illettré ; car je reconnais aisément chaque lettre, mais l’ensemble du mot m’est tout à fait étranger. J’épelle, mais je n’ai jamais cette perception instantanée qui me permet de reconnaître un mot comme on reconnaît un visage. Et si j’avais coutume d’examiner un visage par parties, le menton, le nez, les yeux, jamais je ne reconnaîtrais un visage. Au reste, si la règle de nos pensées était d’aller du détail à l’ensemble, nous ne penserions jamais rien, car tout détail se divise, et cela sans fin. L’esprit d’ensemble, c’est l’esprit. Ainsi, il se peut bien qu’épeler soit un très mauvais départ… »

La pièce, détachée de la bicyclette et de son contexte, hors de son emploi, abstraite, bien que tangible, peut-elle avoir du sens, vous dire quelque chose, vous parler ? Si, bien que cela ne vous apporte aucune satisfaction personnelle, par un immense effort de mémorisation, heureuse de faire plaisir à votre instructeur, vous parveniez, à peu près, à retenir la nomenclature, sauriez-vous rouler à bicyclette ? *

Le rôle des parents n’est pas d’enseigner les composants linguistiques de la langue écrite. D’ailleurs, ce n’est pas non plus en procédant de cette manière que les enseignants, professionnels de la lecture, peuvent enseigner efficacement la lecture à l’école. Le rôle des parents est simplement de donner le gout de la lecture, entre autres, en montrant comment ils s’y prennent pour lire. C’est aussi ce que devraient faire les enseignants en école maternelle, plutôt que s’occuper à « mettre en place les pré-requis ».Lire, à haute voix, pour l’enfant, des histoires qui font rêver, dans les albums et livres pour enfants de cet âge, lire pour soi, en silence, pour qu’elle voit, sans entendre, ce que c’est que lire, adulte, des livres, des romans, ainsi que les écrits usuels de la vie quotidienne.

Autrement dit, il s’agit d’accompagner l’enfant sur ce chemin, dans la réalité de l’écrit authentique, – non dans de l’écrit scolaire, simulé, fictif, exclusivement destiné à enseigner des unités de langue décomposées – comme on l’accompagne sur les trottoirs du quartier, pour apprendre la ville, en lui montrant, en faisant, en lui donnant la main, sans la soumettre à des impératifs, qui ne sont pas compréhensibles à son âge. Les unités de langue élémentaires, abstraites, ne peuvent être assimilées et retenues que par quelqu’un qui sait déjà lire et écrire. Car, elles ne sont pas des unités de lecture, contrairement à ce que disent les méthodes. L’enseignement de la lecture à l’unité est une énorme tromperie, un abus didactique sur mineur.

Ce n’est pas parce qu’on est à l’école, par devoir et par gratitude pour l’école, qu’il faut apprendre à lire. C’est dans le but d’apprendre à lire pour soi, en collectivité, que l’école existe et qu’on y va. Sans la nécessité sociale de s’instruire et de se former, point d’école. Comme la bicyclette, la lecture est une activité sociale, une pratique « de terrain », un mode d’échange, un média, un savoir-faire, non une connaissance scolaire abstraite. Imaginez-vous apprenant à rouler à bicyclette, à l’unité, roue après roue ! Ça roulerait ? Les premiers rapports entre l’enfant et la lecture ne peuvent qu’être ludiques, comme pour la bicyclette. D’ailleurs, il en est de même pour nous. Nous ne lisons pas un roman qui ne nous plait pas. Voyez le bouquin « Comme un roman » de Daniel Pennac.

On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on fait.

Ne lui enseignez plus la lettre, ni la syllabe, allumez le feu, soufflez sur la braise, transmettez l’esprit, lisez avec ! Mieux, lisez pour elle !

Bon courage et bonne lecture à deux, sans leçon.

Laurent CARLE

* « En segmentant les savoirs pour les rendre progressifs et accessibles, on risque de leur faire perdre toute attractivité : autant un problème complexe peut stimuler la curiosité et déclencher une recherche, autant l’acquisition, palier par palier, de « bases », dont on n’entrevoit aucune utilisation future peut décourager, voire dissuader durablement… Autant la joie de comprendre « comment ça marche »  peut réconcilier avec les savoirs, autant l’acharnement sur des procédures abstraites peut écarter pour longtemps tout espoir de trouver un plaisir intellectuel à l’école… »

Philippe Meirieu, Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui, Rue du monde, 2009

Tags : ,

Etre pédagogue, être libre…

La chronique de Laurent Carle 0 commentaire

A l’heure où nos établissements, nos fonctions, nos rôles et nos missions sont bouleversés par de nouvelles dispositions et organisations, la question que soulève Laurent Carle dans ce texte me semble assez centrale non seulement pour les enseignants mais pour tous les cadres d’éducation qui s’interrogent sur la compatibilité entre liberté pédagogique et responsabilité éthique et professionnelle. Je lui laisse donc bien volontiers la parole…une parole qui interpelle nos pratiques, nos postures et nos gestes.

Être pédagogue suppose anticonformisme et insoumission.

Je ne parle pas d’insoumission à la hiérarchie ou aux lois, mais à la règle individualiste du chacun pour soi, aux préjugés, aux idées reçues de la tradition, aux rituels sacrés du groupe, à la vénération pour les objets du culte scolaire, aux croyances sans examen, aux habitudes de pensée et de faire acquises pendant les années de scolarité obligatoire au contact de professeurs conformes. Je parle de libération intellectuelle.

Il n’y a pas de pédagogie sans liberté. Un éducateur professionnel doit être un acteur penseur libre. On l’est rarement au départ. Il faut le devenir. C’est parfois douloureux, c’est toujours difficile.

Être libre, c’est penser différemment et faire autrement.

Pour les professionnels de l’éducation (enseignants et encadrement compris), la liberté pédagogique, ce n’est pas la possibilité de choisir sa méthode sur le plateau présenté par l’offre commerciale. C’est la capacité de discerner les actes didactiques concordants avec l’intérêt de l’enfance, de prendre en compte la diversité et les intérêts des enfants présents dans la classe, de connaître la psychologie des apprentissages et la volonté de placer l’enfant au centre du dispositif éducatif.

Pour réussir cette œuvre d’émancipation de soi, il ne suffit pas de se délivrer de l’emprise des dogmes de la doctrine dominante, il faut parfois aussi mener bataille contre ses propres croyances. Double sacrilège, double conflit cognitif, double révolution, institutionnelle et personnelle !

LAURENT CARLE

Je reprends bien volontiers ces termes: “Un éducateur professionnel doit être un acteur penseur libre. C’est parfois douloureux, c’est toujours difficile”…

Tags : , , , ,

Albert Camus, une certaine idée de l’école

Cluture, Enquêtes pédagogiques, actualité, citation, vidéo 1 commentaire

Le 4 janvier dernier marquait le cinquantième anniversaire de la disparition d’Albert Camus, homme de lettres, homme d’idées, homme engagé, homme révolté, homme avant tout et par dessus tout. Ce billet est un hommage à son humanité et son humilité et à une certaine idée qu’il se faisait de l’école, de l’éducation, du savoir. Voici la lettre qu’il adressa à son instituteur au lendemain de son prix Nobel: (discours en lien)

19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,

J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cÅ“ur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé.
Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cÅ“ur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces.

ALBERT CAMUS

Dans son roman posthume “Le Premier homme” auquel travaillait Albert Camus au moment de mourir, l’auteur évoque avec tendresse et émotion ses souvenirs d’enfance, comme s’il n’avait encore que 6 ans ou 11 ans…Ce n’est qu’en 1994 que le texte sera publié sous sa forme initiale de brouillon inachevé rendant ainsi encore plus palpables les accents autobiographiques.

Morceaux choisis:

(…) Ensuite c’était la classe. Avec M. Bernard, cette classe était constamment intéressante pour la simple raison qu’il aimait passionnément son métier. Au-dehors, le soleil pouvait hurler sur les murs fauves pendant que la chaleur crépitait dans la salle elle-même pourtant plongée dans l’ombre des stores à grosses rayures jaunes et blanches. La pluie pouvait aussi bien tomber comme elle le fait en Algérie, en cataractes interminables, faisant de la rue un puits sombre et humide, la classe était à peine distraite. Seules les mouches par temps d’orage détournaient parfois l’attention des enfants. Elles étaient capturées et atterrissaient dans les encriers, où elles commençaient une mort hideuse, noyées dans les boues violettes qui emplissaient les petits encriers de porcelaine à tronc conique qu’on fichait dans les trous de la table. Mais la méthode de M. Bernard, qui consistait à ne rien céder sur la conduite et à rendre au contraire vivant et amusant son enseignement, triomphait même des mouches. Il savait toujours tirer au bon moment de son armoire aux trésors la collection de minéraux, l’herbier, les papillons et les insectes naturalisés, les cartes, qui réveillaient l’intérêt fléchissant de ses élèves. Il était le seul dans l’école à avoir obtenu une lanterne magique et, deux fois par mois, il faisait des projections sur des sujets d’histoire naturelle ou de géographie. En arithmétique, il avait institué un concours de calcul mental qui forçait l’élève à la rapidité d’esprit. Il lançait à la classe, où tous devaient avoir les bras croisés, les termes d’une division, d’une multiplication ou parfois d’une addition un peu compliquée. Combien font 1267 + 691. Le premier qui donnait le résultat juste était crédité d’un bon point à valoir sur le classement mensuel. Pour le reste, il utilisait les manuels avec compétence et précision… Les manuels étaient toujours ceux qui étaient en usage dans la métropole. Et ces enfants qui ne connaissaient que le sirocco, la poussière, les averses prodigieuses et brèves, le sable des plages et la mer en flammes sous le soleil, lisaient avec application, faisant sonner les virgules et les points, des récits pour eux mythiques où des enfants à bonnet et cache-nez de laine, les pieds chaussés de sabots, rentraient chez eux dans le froid glacé en traînant des fagots sur des chemins couverts de neige, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent le toit enneigé de la maison où la cheminée qui fumait leur faisait savoir que la soupe aux pois cuisait dans l’âtre. Pour Jacques, ces récits étaient l’exotisme même. Il en rêvait, peuplait ses rédactions de descriptions d’un monde qu’il n’avait jamais vu, et ne cessait de questionner sa grand-mère sur une chute de neige qui avait eu lieu pendant une heure vingt ans auparavant sur la région d’Alger.


(…) Seule l’école donnait à Jacques et à Pierre ces joies. Et sans doute ce qu’ils aimaient si passionnément en elle, c’est ce qu’ils ne trouvaient pas chez eux, où la pauvreté et l’ignorance rendaient la vie plus dure, plus morne, comme refermée sur elle-même; la misère est une forteresse sans pont-levis.


(…) Non, l’école ne leur fournissait pas seulement une évasion à la vie de famille. Dans la classe de M. Bernard du moins, elle nourrissait en eux une faim plus essentielle encore à l’enfant qu’à l’homme et qui est la faim de la découverte. Dans les autres classes, on leur apprenait sans doute beaucoup de choses, mais un peu comme on gave les oies. On leur présentait une nourriture toute faite en les priant de vouloir bien l’avaler. Dans la classe de M. Germain , pour la première fois ils sentaient qu’ils existaient et qu’ils étaient l’objet de la plus haute considération: on les jugeait dignes de découvrir le monde. Et même leur maître ne se vouait pas seulement à leur apprendre ce qu’il était payé pour leur enseigner, il les accueillait avec simplicité dans sa vie personnelle, il la vivait avec eux, leur racontant son enfance et l’histoire d’enfants qu’il avait connus, leur exposait ses points de vue, non point ses idées, car il était par exemple anticlérical comme beaucoup de ses confrères et n’avait jamais en classe un seul mot contre la religion, ni contre rien de ce qui pouvait être l’objet d’un choix ou d’une conviction, mais il n’en condamnait qu’avec plus de force ce qui ne souffrait pas de discussion, le vol, la délation, l’indélicatesse, la malpropreté (…)

D’autres extraits:

Tags : , , , ,

Parents partenaires

En famille, la parole aux parents, vidéo 0 commentaire
  • Une jolie maison à visiter…Rencontre avec Anne Buisson


Le site de l’association

Sur les bancs de l’école

  • Je profite de cet article pour mettre également en avant une autre association qui Å“uvre pour le lien avec les familles. Il s’agit du Café des parents. De nombreuses rencontres et conférences y sont organisées. A noter dans vos agendas…la soirée du mardi 26 janvier pour mieux cerner les troubles d’apprentissage et le rôle de l’école. Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à visiter leur site.



Tags : , , , , , ,

Conte d’ici et d’ailleurs

Cluture, La chronique de Christian Montelle, morceaux choisis 1 commentaire

Suite au billet précédent sur la philosophie à l’école, Christian Montelle, très attaché au récit et au mythe fondateur m’a fait parvenir ce conte venu d’ailleurs dont il nous offre plusieurs lectures…dont une philosophique. Je lui laisse la parole…

Qui est le plus grand ? est un conte esquimau du Nord de la Sibérie. Il a été raconté par le conteur Yuit Kivagme, “vieux chasseur aux pieds gelés”.  Il a été recueilli entre 1933 et 1943 par la première institutrice de Tchoukotka, Katerina Semienova Sergeeva.

Voici le texte tel qu’il a été traduit :


La lune au rond visage parcourait le ciel en traîneau et se vantait :

- Je suis plus gaie et plus grande que le soleil lui-même !

Un minuscule lac, au milieu de la toundra, l’entendit et dit :

- Tu n’es qu’une vantarde ! Regarde-moi et tu verras que je suis le plus grand !

La lune se pencha sur le lac et y découvrit son reflet. Le lac poursuivit :

- Vois, je suis plus grand que toi puisque tu peux te loger chez moi !

Les deux antagonistes se disputèrent tant qu’ils réveillèrent le lemming, Sikiq, qui sortit de son terrier Il s’étira, bâilla en ouvrant si largement la bouche que son œil gauche se ferma. Il regarda d’un œil le lac, puis la lune et constata :

- En fait, le plus grand de tous est mon œil droit puisqu’ils y entrent ensemble, le lac et la lune !

La chouette qui volait par-là ricana. Elle s’empara du lemming, l’engloutit et dit :

- Heureusement que mon cou supporte une tête très intelligente. La lune a pris place dans le lac, le lac et la lune se sont installés dans l’œil du lemming et celui-ci habite désormais dans mon estomac !

à votre avis, lequel d’entre eux est le plus grand ?

1 Lecture structurale:

Dans la classification internationale ce conte porte le numéro 2031. Il peut être décomposé suivant les séquences suivantes :

  • Situation initiale : La lune parcourt le ciel.
  • Déclencheur : La lune se vante d’être plus grande que le soleil lui-même. Elle chante.
  • Chaîne : Soleil — Lune — Lac — Lemming — Harfang.
  • Chant en randonnée suivant une structure en échelle.
  • Question finale : Qui est le plus grand ?

Une première écoute fera apparaître l’égocentrisme de tout être. Chacun se croit le plus grand de l’univers et juge le monde extérieur à son aune. Cette lecture, que l’on pourrait appeler moraliste, est celle que certains scripteurs comme Charles Perrault et Jean de La Fontaine ont proposée pour les contes populaires. À leur suite, les pédagogues réduisent souvent leur approche des textes de la tradition orale populaire à une interprétation* moralisante.

2/ Lecture scientifique:

  • À la question qui clôt le conte, un enfant de moins de cinq ans répond :
  • - C’est la chouette, puisqu’elle mange tout le monde !
  • Le scientifique, possédant des connaissances rationnelles, répond :
  • - Le soleil est le plus grand, bien sûr !
  • ou alors :
  • - Ces éléments ne sont pas du même ordre ; on ne peut les comparer.

Chacun d’eux a perçu le conte sous l’angle de la science, selon son propre niveau. Chacun a avancé son interprétation* en tenant compte de son expérience de la réalité. C’est ce travail et ce point de vue qui sont importants, non la validité de la réponse.

Une première écoute fera apparaître l’égocentrisme de tout être. Chacun se croit le plus grand de l’univers et juge le monde extérieur à son aune.

Cette lecture, que l’on pourrait appeler moraliste, est celle que certains scripteurs comme Charles Perrault et jean de La Fontaine ont proposée des contes populaires. A leur suite, les pédagogues réduisent souvent leu rapproche des textes de la tradition orale populaire à une interprétation moralisante.

3 /Lecture géographique ou documentaire:

Cette randonnée possède un caractère documentaire qui peut orienter une autre lecture.

La toundra est un milieu de vie difficile, en Sibérie, à l’extrême nord de la Scandinavie et au nord du Canada. C’est un endroit semé de lacs où la végétation est essentiellement constituée de mousses, de lichens, d’airelles et de bouleaux nains.

Là vivent d’innombrables lemmings, petits écureuils rayés à queue touffue, à tête de marmotte, avec des bajoues et de petites oreilles cachées dans leur fourrure.

Ces petits rongeurs sont la nourriture du harfang, grande chouette à plumage blanc tâché de sombre, qui les suit dans leur migration à travers la toundra.

Nous voyons vivre ici tout un écosystème très cohérent qui constitue une introduction au biotope arctique.

4/ Lecture du temps:

Et voilà qu’une réponse nouvelle apparaît : les cinq éléments sont des marqueurs de temps :

  • Le soleil marque la belle saison et le déroulement de l’année.
  • La lune marque les mois. Elle est plus stable en zone arctique que le soleil
  • Le lac dont les eaux sont solides ou liquides marque les saisons.
  • Les migrations de lemmings, très impressionnantes, constituent pour les habitants du Grand Nord des signes très clairs, sur l’approche du grand hiver.
  • Quant au harfang, il change de plumage avec les saisons : de blanc tacheté de brun en hiver il devient beige en été.

5/ Lecture mythographique:

Un adulte esquimau, qui connaît bien la mythologie de son peuple, répond à la même énigme :

- Tous ces éléments sont équivalents !

En effet, le soleil est la femme bénéfique, qui amène la fécondité. La lune est un être masculin, frère incestueux du soleil, marqué au visage par sa sœur, condamné à régler la fécondation des plantes, des animaux et des femmes de la terre. Le lac est le garant de la fécondité de la terre. Le lemming est l’équivalent de notre lapin, symbole de féminité et de fécondité. La chouette harfang est le symbole de la sorcière, femme à l’intelligence féconde.

Nous avons bien là cinq facettes complémentaires de la fécondité.

6/ Lecture philosophique:

Les Anciens Sages discutent de la signification du miroir et du reflet : la lune, reflet du soleil, se mire dans le lac, œil de la terre, qui est réfléchi à son tour par l’œil de l’écureuil ; le harfang réfléchit avec sa grande intelligence, qui est reflet du monde.

Le reflet pris pour la réalité est l’un des grands thèmes du questionnement philosophique. La parabole de la caverne de Platon en est l’expression la plus connue. Nombreux sont les contes à rire dont le héros confond la lune reflétée dans l’eau avec un fromage.

Cette lecture à préoccupation philosophique me semble, au contraire de la lecture mythologique, tout à fait accessible aux enfants. Leurs réponses seront souvent inattendues, mais, en y réfléchissant bien, on les trouvera parfois d’une sagesse étonnante. L’important est qu’ils aient réfléchi sur un des aspects fondamentaux de l’organisation du monde, qu’ils ne perçoivent que les apparences, le reflet de la réalité. Ils renonceront définitivement à tout dogmatisme .

Voilà une approche intuitive de la parabole de la grotte chez Platon et une ouverture sur la relativité et le relativisme. Premières pierres de sagesse

7/ Lecture symbolique:

  • Le soleil est le symbole de l’intelligence cosmique. Pour les Samoyèdes, il est l’un des deux yeux de Num, le Ciel. Il est l’œil droit, correspondant à l’activité et au futur.
  • Un autre Å“il est la lune. Il correspond au passé et à la mémoire. La lune, astre des nuits, évoque métaphoriquement la beauté et aussi la lumière dans l’immensité ténébreuse. Mais cette lumière n’étant qu’un reflet de celle du soleil, la lune est le symbole de la connaissance par reflet, c’est-à-dire de la connaissance théorique, conceptuelle, rationnelle.
  • Le lac est l’œil de la terre (en arabe, en slovaque, le même mot désigne l’œil et le lac ou la source : aïn, oziero).
  • Le lemming, comme le lapin, est lié au symbolisme de la lune et des eaux fécondantes et régénératrices, au symbolisme du renouvellement perpétuel de la vie sous toutes ses formes. Ce monde lunaire est celui du grand mystère où la vie se refait à travers la mort. C’est dans son Å“il que l’écureuil du conte saisit lune et lac.
  • La chouette, oiseau nocturne en relation avec la lune, est le symbole de la connaissance rationnelle, perception de la lumière par reflet, s’opposant à la connaissance intuitive, perception directe de la lumière solaire. Elle symbolise la réflexion qui domine les ténèbres et qui est souvent représentée par ses yeux.

Cette lecture fait ressortir la permanence du motif de l’œil, qui souligne chaque élément du conte. Or, celui qui a des yeux désigne expressément, chez les Esquimaux, le chaman, le clairvoyant.

Ce petit conte, si anodin en apparence, aura donc une autre signification pour le Grand Initié qui répondra à la question :

- Qui est le plus grand ?

- Personne, car chacun constitue une facette de la Connaissance suprême.

Bien sûr, un jeune enfant ne peut pas atteindre ces sommets de la connaissance. Mais on peut attirer son attention sur les détails comme l’œil. Cela aura deux avantages :

  • - l’introduire dans le monde du langage poétique et métaphorique ;
  • - lui faire deviner le monde si important des symboles et du langage symbolique.

8/Autres lectures:

On pourrait également effectuer des lectures sémiotiques*, des lectures psychanalytiques (à partir des travaux de Sigmund Freud, d’Alfred Adler ou de Gustav Jung, par exemple), des lectures comparatives avec des versions de ce conte issues d’autres cultures, et bien d’autres encore.

Ce que j’ai voulu montrer ici, c’est la richesse des contes populaires, Les conteurs qui transmettent une randonnée ne passent pas seulement un bon moment avec eux, mais font découvrir à leurs auditeurs toute une connaissance précieuse.

Dans une situation normale d’écoute de contes, celle où le conteur est entouré de représentants de toutes les classes d’âge, cette lecture se réalise aussitôt par les commentaires qui suivent le conte. L’enfant a le droit de proposer sa propre interprétation*. En écoutant celles des adultes, il apprend que la vérité est multiple et acquiert ainsi une écoute critique. Il faut essayer au maximum de retrouver ces conditions si on raconte dans un milieu scolaire.

Avec des jeunes enfants, l’adulte doit faire découvrir les sens naturellement, intuitivement, par de multiples répétitions de l’histoire et des compléments documentaires bien choisis, et non en imposant sa propre interprétation.

La lecture verticale est très proche du travail de l’archéologue qui, à chaque strate, découvre une nouvelle phase du passé du monde. À chaque écoute, le conte livre de nouveaux sens, aussi bien à celui qui le dit qu’à celui qui l’écoute.

Découvrez également Paroles de conteuse par Edith MONTELLE

Tags : , , ,

Voeux pédagogiques!

Formation continue, La classe autrement, actualité, vidéo 1 commentaire

“A la poursuite du trésor pédagogique de l’innovation. Une invitation au voyage pour tout enseignant , proposée par la Mission Académique Innovation et Expérimentation de l’académie de Paris.”

Merci à François Muller , responsable de la MAIE, pour cette initiative incitative, inventive et récréative!

En double-cliquant sur la vidéo vous pourrez l’agrandir au format écran. Et n’oubliez pas d’allumer vos enceintes!

A mon tour, je vous souhaite une année 2010 riche en découvertes et en redécouvertes! Innover, ce n’est pas forcément partir très loin, ce n’est pas non plus qu’une question de moyen ou d’arsenal technologique! Innover, c’est d’abord une histoire d’attitude et d’état d’esprit. Parfois, en changeant de quelques petits degrés notre angle de vue, l’horizon épouse de nouvelles perspectives. Juste quelques petits degrés…en longitude ou en latitude…libre à chacun d’orienter son regard, d’expérimenter de nouvelles voies et de conquérir de nouveaux espaces. Un seul verbe peut-être sans lequel rien n’est vraiment possible: le verbe OSER

Pour cette nouvelle année, osons!

Osons transmettre le goût de l’audace!

Osons voir ce qui est à portée de vue mais qu’il nous est parfois confortable d’occulter…

A chacun donc, je souhaite une audacieuse année 2010!

Tags : , , , ,

Etablissement formateur…késako?

Formation continue, actualité, citation, morceaux choisis 1 commentaire

Qu’est-ce qu’un établissement formateur ou une organisation apprenante? Un petit tour d’horizon en quelques citations.

« …les élèves apprennent mieux si l’enseignant lui-même est en démarche d’apprentissage et de recherche , si l’établissement est un établissement apprenant »
André Blandin, interview pour Projecture

« …tout, dans un établissement, est formateur. Absolument tout : de la manière dont les élèves sont accueillis le matin à la porte jusqu’à la façon dont est organisé le self, en passant, bien sûr, par le règlement intérieur, le rapport avec les personnels de service, l’accueil des parents, les relations avec l’environnement, etc. L’éducation des élèves ne se réduit pas à la juxtaposition d’enseignements : elle se construit dans un établissement où le moindre geste fait sens, où l’ensemble de ce qui se fait est mis en cohérence, ressaisi dans un projet (…) C’est là où se jouent, à la fois, le sort de chaque élève et notre destinée commune. » Philippe Meirieu, postface à Diriger autrement un établissement scolaire

« L’établissement formateur met constamment tout en œuvre pour que tous ses collaborateurs puissent bénéficier d’une facilitation de l’émergence, de la reconnaissance et de la valorisation de leurs compétences et d’une facilitation du développement et de l’accroissement de celles-ci. » Odile Brouet

« l’organisation du travail doit être une ressource pour développer le pouvoir d’agir de ceux qui sont en première ligne”
Yves Clot, CNAM

Les organisations apprenantes … sont des « organisations à l’intérieur desquelles les divers acteurs élargissent continuellement leur compétence à produire les effets qu’ils souhaitent » Monica Gather Thurler

« une organisation apprenante est un système d’action, de conduite de l’action et d’apprentissage collectif, qui apprend en permanence, capitalise ses connaissances, ses savoir-faire et ses compétences pour les transmettre et se transformer volontairement pour atteindre ses objectifs, en fonction des évolutions de son environnement, de ses ressources, de la culture et des représentations des groupes d’acteurs » Alain Bouvier

Merci à Nicole Priou pour ces interventions à la fois riches et porteuses de projets à bâtir…

Et pour terminer 7 verbes qui interrogent nos structures actuelles

accueillir

informer

accompagner

observer

conseiller

former

évaluer

Tags : , ,

Maîtres Associés à la Formation

Formation continue, Groupe d'Analyse de Pratiques, La classe autrement, actualité 2 commentaires

Je vous avais promis un petit bilan synthèse de ma semaine de formation. Formation initiée l’an dernier sous l’appellation de Maître d’Accueil en charge de l’accompagnement des stagiaires et redimensionnée cette année dans la perspective de la nouvelle réforme de la formation des enseignants. Nous voilà donc, mes collègues de stage et moi-même missionnés en tant que futurs Maîtres Associés à la Formation.

De quoi s’agit-il exactement?

Les IUFM disparaissent…Les étudiants, lauréats du Master 2 se verront automatiquement attribués un poste à l’année dans nos écoles, sans autre forme de formation que celle reçu à l’université. Beaucoup de savoir savant…peu de compétences opérationnelles. Charge donc à l’établissement d’accueil ET à l’équipe en place de recevoir, accompagner ET former ces nouveaux enseignants. Une fois la polémique (essentielle et vitale) dépassée nous voilà donc face à un défi majeur dont il va bien falloir se saisir. Rester sur le bord du chemin ne ferait qu’accentuer les difficultés de chacun à commencer par celles de nos élèves!

L’objectif général de ce  stage consiste donc à réfléchir à cette nouvelle donne en appréhendant le concept d’établissement formateur appelé également organisation apprenante. De nombreuses questions se posent et s’imposent d’elles-même à la fois en terme d’organisation et de manadgment.

  • Quelles répercussions sur nos structures?
  • Quels impacts sur le type de gouvernance?
  • Quels enjeux pour les équipes en place?
  • Quels besoins de formation en intra?
  • Quelles personnes ressources sur place?
  • Quels outils d’accompagnement construire?

Bref, comment mettre en œuvre la professionnalisation de nos collègues à venir et comment les accompagner au mieux dans leurs nouvelles tâches?

Une de nos missions centrale consistera à l’observation en vue d’un tutorat constructif; vaste chantier! Je passe sur les questions organisationnelles….  du type….Qui prendra en charge ma classe lorsque je serai aux côtés du néo-titulaire? et je vous propose ici une première ébauche de support d’observation de séance. Support permettant à la fois un repérage circonstancié de faits et la mise en place d’une approche réflexive de part et d’autre, accompagnant-accompagné, partant du principe de base qu’accompagner et guider ne doit aucunement se résumer à ce type de formulation…”Là tu as fait… moi j’aurais fait…”!

Voilà donc sous forme de carte heuristique une première organisation possible d’observation de séance. N’hésitez pas à me faire parvenir vos critiques et vos suggestions. Elles seront les bienvenues!

9 entrées pour une observation constructive

en vue d’un entretien d’accompagnement

Cliquer pour agrandir l’image

Observer et accompagner

Sur ce sujet, un groupe de réflexion vient d’ouvrir ses portes sur facebook

Rejoignez-nous, vous y êtes invités!

en 1 clic sur le nuage…




Tags : , , , , , , , , ,

Les droits de l’enfant

Action, Enquêtes pédagogiques, La classe en direct, actualité 1 commentaire

Le 20 Novembre prochain, le monde entier verra célébrer le vingtième anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’enfant. Une date, une reconnaissance, un texte…une Convention qui au delà du devoir d’être lue et connue de tous exige avant tout un engagement au quotidien de chacun de nous, qu’on soit père, mère, professeur ou tout autre adulte-citoyen responsable. Il y toujours un enfant quelque part tout près de nous ou plus loin dans notre entourage; l’enfant d’un voisin, celui d’un ami, l’enfant d’à côté, celui qu’on croise le matin ou qu’on aperçoit dans la cage d’escalier…N’est-ce pas à lui prioritairement que ce texte s’adresse?

Lire la suite de l’article sur mon autre blog…

http://lewebpedagogique.com/images/ostiane3.jpg

Tags : , , ,

Faites l’appel, pas l’école!

actualité, débat 2 commentaires

Une mesure qui fait polémique…

Voici un extrait de l’article de L’Expansion daté du 02 0ctobre 2009

“Peut-on payer les élèves pour les empêcher de sécher les cours?”

L’Académie de Créteil expérimentera à partir de lundi prochain un système de rémunération pour mettre un terme à l’école buissonnière. La polémique fait rage.

Comment ça marche ?

Selon l’assiduité des élèves en effet, la tirelire gonflera de 1200 euros tous les deux mois. Une somme à laquelle viendra se rajouter les 800 euros d’une  ”note de vie de classe” satisfaisante. Si les élèves réalisent un parcours sans fautes, la mise pourra atteindre 10 000 euros à la fin de l’année. Dans tous les cas, les classes repartiront de toutes façons avec la cagnotte de départ, soit 2000 euros.

Ou ira l’argent ?

L’argent ne sera en aucun cas redistribué individuellement. C’est une expérimentation “à la fois collective et responsabilisante”, rappelle Jean-Michel Blanquer, le recteur de l’Académie de Créteil, interrogé par Le Parisien. Ainsi, la somme récoltée aidera les écoles à financer des projets de groupe onéreux comme des voyages de classes, des cours de code de la route, des créations d’associations ou d’entreprises, des actions sociales, des achats de matériels…

Pourquoi cette expérimentation fait polémique ?

Lire le reste de l’article sur le site de L’Expansion.com

Ma petite contribution version bleu primaire

Plusieurs choses me gênent dans cette mesure :

1/ Elle est plaquée du haut vers le bas. Ainsi présentée, elle retire aux élèves toute prise en charge authentique du projet. Tout au plus les jeunes vont-ils participer séduits bien naturellement par le résultat financier plutôt que motivés par un besoin exprimé. Les règles du jeu, il faut l’avouer, sont alléchantes:

Ne faites rien vous gardez la mise de départ. Ne séchez plus, vous gagnerez davantage…

Drôle de discours dans la bouche d’enseignants et curieuse conception de leur rôle d’éducateurs. Cela étant dit, nous n’auront plus à nous soucier de la valeur des activités proposées et de notre capacité à susciter l’intérêt de nos élèves…Ne confond-on pas ici stimulation et motivation ? On stimule les ânes, on motive les hommes. L’éducation engage la personne; le dressage formate l’individu.

Et l’école quelle voie choisit-elle ?

2/ Elle est pernicieuse. Avec la bénédiction de Mère Bonne Conscience et sous le déguisement de l’engagement éducatif et collectif, on se livre en réalité à une course-achat dont les vainqueurs seront récompensés par des crédits éducatifs. L’objectif étant de gagner des cagnottes pédagogiques estimées en  milliers d’euros, on place les classes en situation de compétition les unes vis-à-vis des autres. Le schéma du « que le meilleur gagne » l’emporte à nouveau sur l’idée que ce meilleur pourrait aider son voisin…Mais on garde la tête haute puis que c’est pour l’éducation ! Et tant pis pour le voisin, la voisine en l’occurrence puisqu’il s’agit de classe, si elle ne part pas en semaine-découverte puisqu’elle n’a pas gagné ce droit! La faute à qui? A celui qui ne s’est pas plié aux règles. Attention, lynchage en perspective…

Au fait, depuis quand l’éducation se mérite-t-elle ?

3/ Elle est perverse. Transformer le nombre d’heures de présence scolaire en kilos d’euros éducatifs me semble une idée totalement contradictoire avec l’idée même d’éducation à la responsabilité. On fait naître dans l’inconscient du jeune que la présence se substitue au travail et que ce soit disant travail mérite récompense. Dans la même logique, il pourra professionnellement tenir le livre de compte de ses heures de présence et ce quelle que soit l’authenticité de la tâche effectuée ou non et réclamer ainsi le salaire qui lui est dû en dehors de toute réalité actée et significative.

4/ Elle va à l’encontre du rôle d’humanisation qu’il me semble que l’école doit jouer. Plutôt que d’éveiller nos jeunes à une certaine solidarité cachée, à l’acte gratuit, à l’engagement désintéressé, on s’occupe à développer chez eux l’appât du gain publiquement glorifié. Si la famille et l’école ne trouvent pas en leur sein les ressorts et les moteurs qui permettent de développer cette culture de la responsabilité, du service donné, de l’acte gratuit, qui le fera ? L’entreprise ? Le système ? Bof…

Pour aider les jeunes à se construire et à donner un sens à leur existence, l’école doit-elle leur apporter des réponses économiques ou doit-elle développer chez eux la quête de ressources disons…plus humaines?

Le problème, et il est de taille, c’est que l’école est obligatoire, que la majorité des élèves s’y ennuie et que rien ne leur assure une sortie compensatoire…

Le questionnement reste donc ouvert!

Comment transformer cette obligation institutionnelle en obligation personnelle?

Comment passer du temps de présence aux situations d’apprentissages?

Comment les aider à donner du sens à leur histoire et de la valeur à ce sens?


Alors, on fait l’appel ou on fait l’école?

Tags : , , ,

Forum parents-profs

Action, Evénement, la parole aux parents 1 commentaire

Aujourd’hui, en guise de “convocation”,

une invitation!


- entrée libre
- cadre exceptionnel
- enfants autorisés…(c’est mercredi!)

- questions réponses encouragées!

Plus d’infos…en cliquant sur l’image ci-dessous!

Gif carte invitation

Tags : , , , , ,

Enfants d’hier et de demain

morceaux choisis, tribune libre 2 commentaires

Aujourd’hui, dans cette “tribune libre”, nouvelle catégorie du blog, je laisse la parole à Pierre Frackowiak qui nous fait part de sa dernière lecture…

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui


Note de lecture

Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui

Philippe Meirieu

Editions Rue du Monde. Août 2009. 312 pages. 19,80 euros

Quels enfants allons-nous laisser au monde ?

Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’éducation auront au moins deux bonnes raisons d’aimer ce « Meirieu nouveau ».

La première raison sera cette question cruciale et déstabilisante : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », une question neuve qui engage également parents, enseignants et la société toute entière. La question « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » est devenue banale, même si, au-delà de sa répétition sur tous les tons, les pouvoirs publics peinent à prendre les décisions que les réponses appellent. Philippe Meirieu ne la néglige pas. Il la rappelle même,  commentant les dégâts constatés sur la planète. Mais il lui adjoint une autre question qui, elle, n’est pas banale et nous interpelle fortement : « Quels enfants allons-nous laisser à notre monde ? ». Personne ne s’en préoccupe vraiment alors que l’incompréhension entre les générations s’accroît. Les conflits de générations ont fait l’objet de nombreux ouvrages psychologiques et de romans, mais le problème prend depuis quelques années une tout autre dimension. Il arrive de plus en plus souvent que les parents ne comprennent plus du tout leurs enfants, même quand ils les observent avec la plus grande indulgence dans le prisme de ce fameux conflit. Il arrive de plus en plus souvent que les enseignants soient démunis face aux attitudes des élèves, même dans des collèges huppés de centre ville, devant leur désintérêt face à la chose scolaire et devant leur contestation des pratiques, leur exigence de justice et de droit à   l’expression.

Les parents sont de plus en plus nombreux à souffrir, les enseignants sont de plus en plus nombreux à rencontrer des problèmes qui les laissent complètement démunis.

Comment réagir quand, dans une classe de 4ème de centre ville, au signal discret d’un élève, tous se mettent sous leur table ? Comment réagir quand des centaines de professeurs avouent confidentiellement qu’ils passent tout leur temps à tenter d’obtenir en vain le silence ? Comment les parents, informés, peuvent-ils réagir ? Quelle position adopter quand les récits de leur enfant tendent à les convaincre qu’ils auraient eu envie de faire la même chose dans les mêmes circonstances s’ils n’avaient été craintifs, disciplinés et obéissants comme la majorité des enfants de leur époque ?

La seconde raison est que pour la première fois peut-être dans la littérature pédagogique un expert, un pédagogue, un enseignant a le courage et la modestie de dire qu’il ne sait pas , que nous sommes les uns et les autres dans le même bateau et que nous cherchons tous les réponses et les attitudes les meilleures possible. On n’a pas encore bien compris dans le système éducatif français que l’une des raisons majeures de la difficulté à faire venir les parents à l’école et à faire se rencontrer utilement parents et enseignants, réside dans cette espèce de domination, de pouvoir, qu’exercent sans en avoir toujours conscience les enseignants sur les parents. Les enseignants expliquent, conseillent, recommandent, jugent et critiquent parfois comme s’ils savaient. Or, ils savent sans aucun doute, du moins peut-on l’espérer, enseigner aux élèves, transmettre leurs savoirs. Mais ils n’ont ni la compétence ni la légitimité pour expliquer aux parents ce qu’ils doivent et comment faire. Ils l’ont d’autant moins aujourd’hui qu’ils se heurtent aux mêmes problèmes avec leurs propres enfants et ne savent pas nécessairement mieux réagir que les parents de leurs élèves. Les injonctions ou incantations classiques (« Votre enfant ne travaille pas assez. Il faut le faire travailler. Il faut qu’il fasse ses devoirs et qu’ils apprennent ses leçons ») ne sont plus crédibles, elles sont inopérantes.

Comment réagir avec un enfant qui se moque des savoirs scolaires dont il ne voit pas le rapport avec ce qu’il sait par ailleurs, comment réagir avec un enfant conditionné par la publicité, accroché à son téléphone et à la télécommande, « scotché » à Internet, collé à la communication avec des nouveaux réseaux que nous ne connaissons pas, fasciné par la console de jeux, attiré par les expériences les plus dangereuses ? On se rend vite compte que l’autoritarisme, les menaces, les sanctions, les leçons de morale, les références au passé ne peuvent résoudre les problèmes. On commence d’ailleurs seulement à se rendre compte qu’il devient ridicule de penser qu’il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes, isoler l’école de son environnement, sanctionner.

Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir.

Philippe Meirieu nous entraîne dans une réflexion de très haut niveau et accessible à tous, y compris à des adolescents en ciblant par exemple le chapitres évoquant les modes vie actuels, leurs modes de vie, avec différentes perspectives complémentaires : historique, philosophique, juridique, pédagogique…

On ne peut parler de l’avenir sans se référer au passé et sans analyser l’évolution des conceptions et des enjeux. En moins de 100 pages, il retrace magistralement, sans concession et sans procès, l’histoire de la place de l’enfant dans la société, dans la famille, dans les apprentissages. Appuyant sa démonstration sur les travaux de Philippe Ariès, il passe en revue les grands penseurs qui ont marqué l’histoire de l’éducation. Comme il aime le faire, il évoque Coménius, Jean-Jacques Rousseau, Paulo Freire, Célestin Freinet, Ferrière, Dewey, Montessori, etc. En 66 pages, il présente et analyse la convention internationale des droits de l’enfant sous tous ses aspects et ouvre la réflexion sur le droit à connaître ses origines, la parentalité biologique et la parentalité psychologique, la justice des mineurs, la liberté d’expression des enfants… En 90 pages, il propose au débat et à la réflexion collective des pistes à explorer pour inventer. Il propose notamment une « révolution copernicienne en éducation » :

« Les temps d’incertitude ne doivent pas être des temps de renoncement. Et c’est bien là notre problème. Ce n’est pas parce que nous ignorons de quoi demain sera fait que nous devons abdiquer toute ambition éducative. Bien au contraire ! Mais – et nous n’avons pas encore vraiment mesuré l’ampleur du changement que cela constitue – éduquer devient infiniment plus difficile dans un monde qui, selon la formule de Milan Kundera, « s’avance dans le vide ». A bien des égards, même, l’acte éducatif change de sens : alors qu’il se nourrissait traditionnellement d’un passé qu’il s’agissait de prolonger, il doit aujourd’hui s’inspirer d’un futur que nous ne sommes pas capables d’anticiper. »

Philippe Meirieu pose la question : « A quoi éduquer nos enfants ? ». Ses réflexions, ses propositions à débattre, sont aux antipodes des « nouveaux vieux programmes » de M. Darcos et des comportements traditionnels des co-éducateurs. Apprendre à différer, apprendre à entrer dans le symbolique et la culture, apprendre à parler et à pense juste, apprendre à habiter le monde, apprendre à exercer sa responsabilité individuelle et collective. Nous sommes dans la perspective d’une éducation globale émancipatrice fondée sur la liberté et la démocratie et faisant le pari de l’intelligence.

S’adressant à toutes « les grandes personnes », Philippe Meirieu rappelle que nous sommes embarqués et qu’il nous faut avancer au risque de sombrer corps et biens. Avancer. Ne pas reculer. Ne pas se réfugier dans la nostalgie du passé. Pour avancer ensemble, il nous faut un cap : « Eduquer nos enfants pour qu’ils deviennent capables de faire fonctionner, de renouveler et d’étendre nos institutions démocratiques. Il nous faut des balises… Il nous faut une détermination : celle de créer sans relâche des situations éducatives, à l’école, dans la cité, dans la famille, qui permettent à nos enfants d’avoir prise sur leur histoire, sur notre Histoire. »

Philippe Meirieu n’a pas toutes les réponses. Il est, comme nous, habité par l’inquiétude et taraudé par le doute. Mais il donne un cap. Malgré les difficultés et les tempêtes, il ne quitte pas le navire et veut associer toutes les grandes personnes au grand voyage de l’éducation du futur.

Pierre Frackowiak

Merci Pierre pour cet envoi et ce partage. Pour ma part je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Philippe MEIRIEU mais cette note de lecture m’y invite grandement!

Je retiens entre autre ces quelques lignes…

“Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir.”

Tags : , ,

Rencontre autour d’un livre…deuxième étape

Action, Evénement, débat, la parole aux parents 4 commentaires

Parents et enseignants,

débutants ou confirmés

le 30 SEPTEMBRE…

au

un rendez-vous pour vous!

De quoi s’agit-il?

- D’un LIVRE pensé et écrit comme une passerelle vivante entre l’école et son environnement.

- D’un GUIDE coopératif et pédagogique au service d’une éducation durable.

- D’une INVITATION à dialoguer, co-réfléchir et co-agir entre partenaires éducatifs.

- D’un DÉBAT citoyen en vue de mieux cerner les enjeux d’un incontournable pacte éducatif.

- D’une RENCONTRE-dédicace visant à définir les bases contractuelles d’une nécessaire charte éducative.

L’éducation n’est le monopole de personne mais la responsabilité de chacun d’entre nous y est engagée.

“Repenser la relation parents-enseignants”, un livre certes, mais plus encore…un état d’esprit qui s’inscrit dans une démarche essentielle de coopération éducative et vise à accompagner au mieux l‘enfant-élève à devenir ce qu’il cherche à être…

Et vous, qu’en pensez-vous?

Venez partager vos expériences, vos témoignages, vos attentes, vos projets,vos réflexions, vos réussites ou vos doutes. Parents et/ou enseignants, professionnels ou non, ne sommes-nous pas avant tout des éducateurs, voire même des co-éducateurs?

C’est sur cette base là que je vous invite à nous rejoindre et à rassembler nos talents. Venez nombreux, et surtout venez tels que vous êtes!

signature_mathon302

Accès au Plan

Accès au site du Palais de la découverte

Accès à l’événement sur Facebook

N’oubliez pas…

LE 30 SEPTEMBRE…
au

Tags : , , , ,

Une rentrée sous “haute surveillance”

La classe autrement, Parole d'instit', actualité, débat 9 commentaires

Une rentrée sans école…Saison 1

Nouvelle réforme ?

Dispositif avant-gardiste ?

Expérimentation pour une éducation du futur ?

ou

Scénario catastrophe du tout prochain Reality Show télévisuel ?

Chers élèves, Charlemagne est mort ! Oui, vous le saviez déjà, c’est vrai. Mais là, je veux dire qu’il est définitivement mort, assassiné, rayé des livres d’école. Notre ancêtre à la barbe fleurie avait selon la légende inventé l’école ? Aujourd’hui, l’école ne veut plus de lui, ni de personne d’ailleurs. L’école est fermée. Ses portes seront bientôt closes, par décret, officiellement. Légalement. Il en va de la santé d’une nation, d’un continent, voire de la planète toute entière.  La pandémie nous guette.  Il nous faut réagir. Le compte à rebours est-il lancé ?

Oh…chers enfants, camouflés derrière la panique des hommes, je devine déjà vos sourires espiègles s’épanouir à mesure que l’automne approche. Je sens d’ici le battement surexcité de vos petits cœurs croître alors même que le temps semble échapper aux grands de ce monde. L’automne arrive… Oui, j’entends vos soupirs de soulagement et vos chants  de victoire se mêler à ceux de notre désespoir.  L’automne est là ! Et derrière lui, dit-on, son cortège de toux, de fièvre et de miasmes morbides.

Alors, ça y est…ce rêve honteux dont  chacun de nous, au creux d’un lit encore ensommeillé, s’est fait un jour l’écho silencieux, ce désir inavouable  inscrit au plus profond de nos peurs de cancre et de nos colères de gosse, cette vaine espérance d’un réveil sans cartable, d’une matinée sans note, d’une  semaine sans  tricherie, d’une saison buissonnière, d’une année sans école, ce jour là, ce rêve là, est-il  donc arrivé ? Papa ! Maman ! Il n’y a plus d’école, plus de contrôle, plus de bulletin, plus d’orientation ! Maman ! Papa, vous pouvez  dormir tranquilles, demain sera le plus beau jour de ma vie, enfin je veux dire…de ma vie d’élève ! Une ère nouvelle s’annonce.

Yvan Illich, réveille-toi, ton heure de gloire est là. Tu l’avais souhaité, théorisé, argumenté, écrit… Le tome 2 de ta société sans école est en passe de voir le jour.  Du concept au réel, ses premières lignes s’écrivent à cette heure précise où sur mon clavier court cette rumeur folle d’une rentrée sans école.  Son titre ? De l’école obligatoire à l’interdiction d’école….Rêve ou cauchemar ?

En 1971, tu posais déjà les termes d’un nouveau contrat. Souviens-toi, pour une éducation plus juste, tu appelais de tes vœux un monde déscolarisé où chaque homme sur cette terre serait à la fois enseignant et enseigné, acteur et transmetteur et cela tout au long de sa vie d’homme. Quel était ce projet novateur  que tu nous proposais? Un crédit d’éducation illimité! Sans condition ni promesse intenables. Vivre c’est apprendre. Tu ne voulais d’aucun plan d’ensemble, d’aucune obligation scolaire, démontrant l’implacable logique d’un système qui cessait d’instruire et d’éduquer dès lors qu’il se soumettait aux règles de quelques-uns. Révélant sans concession la face obscure d’un cadre scolaire qui tuait ses propres finalités éducatives, tu nous avais mis en garde contre l’institution elle-même. Une institution qui exterminerait en son sein les valeurs qu’elle promulguait à l’extérieur.  Tu disais alors : « Il nous faut donc trouver d’autres moyens d’apprendre et d’instruire, et que toutes les institutions soient appelées à participer à cet effort en faisant réapparaître leurs qualités éducatives […] Imaginons que les hommes cessent de s’abriter derrière leurs diplômes et qu’ils aient le courage d’élever la voix et d’apporter leurs propres réponses et, par là, de s’assurer le contrôle des institutions auxquelles ils participent. Pour en arriver là, nous devons apprendre à nous rendre compte de la valeur sociale du travail et du loisir par les échanges éducatifs qu’ils permettent. Une participation véritable à « la vie politique », que ce soit dans la rue, sur le lieu de travail, dans une bibliothèque, dans un hôpital, demeure le seul étalon de comparaison qui nous permette de mesurer la valeur des différentes institutions sur le plan de l’éducation.»

Formidable utopie ?

Aujourd’hui, à la veille de cette rentrée 2009, sommes-nous prêts à relever ton incroyable défi ?  Sommes-nous prêts à mettre en place cette impensable utopie? Une éducation sans école est-ce possible ? Un enseignement sans programme, est-ce possible ? Apprendre ailleurs qu’à l’école, est-ce possible ? Pour tous et partout dans le monde ? Pour tous et selon ce libre-arbitre dont tu te faisais à la fois, le juge et l’avocat ? Tu écrivais encore : « l’échange des compétences et les rencontres de partenaires égaux se fondent sur la volonté de donner un sens véritable à l’expression : « l’éducation pour tous ». Il ne faut pas qu’elle soit le prétexte à un enrôlement dans une institution monopolistique, mais qu’elle suscite cette mobilisation générale de la société, de la population  tout entière, qui seule peut conduire à une culture populaire authentique. »

Sommes-nous donc à l’aube de cette mobilisation générale ? Mobilisation forcée, obligatoire, décrétée certes mais mobilisation générale tout de même. Qu’allons-nous en faire ? Qu’allons-nous en tirer ? Un palier de non retour a-t-il été franchi ? Vous, nous, ils… Parents, enseignants, sommes-nous prêts ?

Un dispositif de prévention sanitaire sans précédent remet définitivement en cause le système éducatif existant. Bien sûr il ne s’agit « que » d’une simulation liée au principe de précaution, d’un ultime recours au cas où, d’une mesure d’extrême urgence… Mieux vaut prévenir que guérir…ou mourir ! Cependant, penser l’école hors de l’école, c’est déjà penser au démantèlement de celle-ci  telle qu’elle existe aujourd’hui. Rien ne sera plus après comme il en a été avant. Ainsi, là où tous les pouvoirs se sont heurtés, où toutes les réformes ont avoué leur impuissance, où tous les discours politiques ont avorté, la grippe A, elle, aura vaincu. Le virus H1N1 aura eu  raison du dernier mammouth !

Fermons les écoles ou bien nous périrons tous emportés par la fièvre porcine.

Mais alors, qui s’occupera de nos enfants ? Que deviendront les enseignants ? Comment les parents répartiront-ils leurs temps professionnel ? Quid du bon fonctionnement de nos entreprises désertées ? Lesquels d’entre nous seront chargés de répondre de la bonne éducation de chacun, et de  la juste instruction de tous?

Si la question d’une mise en quarantaine se pose pour l’école, la question de la responsabilité éducative se « re »pose à chacun de nous, à chaque citoyen, salarié ou patron, à plein-temps ou non, à chaque père, mère, voisin, oncle, à chaque homme et femme. Si l’on en a fini de l’institution scolaire, qui prendra le relais ? Pourra-t-on décemment tourner le dos à cette nouvelle redistribution des tâches ? Pourrons-nous sans honte ni vergogne répondre à cet appel par ces mots trop souvent entendus…pas moi, ni moi, ni toi…débrouillez-vous, organisez-vous, mais…sans moi!  Ou bien, parviendrons-nous enfin à poser les premières pierres d’une nouvelle alliance éducative ?

Faut-il craindre le pire et se méfier de « la mise en place d’un système individualisé, empirique et non régulé » comme le prédit Alain BOUVIER, ancien recteur et membre du Haut Conseil de l’Education? Sans doute si nous n’y prenons garde. Sans doute si nous n’en profitons pas pour remettre à plat nos priorités et nos valeurs. Sans doute si nous ne nous saisissons pas de cette opportunité pour repenser nos repères, nos habitudes, et le partage de nos compétences. Sans doute si nous ne faisons plus confiance en nos propres capacités personnelles à transmettre hors d’un contexte scolaire. Sans doute si nous persistons à croire qu’il n’y a de possibilité d’apprendre qu’au travers d’un programme unique et de salut qu’à l’école…

Remplacer l’école obligatoire par la télévision obligatoire transformerait  l’éducation et l’instruction en un curieux produit de consommation. Du programme scolaire au programme télévisuel, il n’y a qu’un pas ! Des acteurs  en guise de profs, il fallait y penser ! Des élèves déscolarisés transformés en téléspectateurs à temps plein, il  fallait oser ! Il est vrai, en temps de crise, on fait face à l’urgence. Sauvons le programme avant tout ! Pour le reste, on verra bien…

Le compte à rebours a-t-il commencé ? Albert Jacquard dans son dernier ouvrage nous avertit… « Non, le pire n’est pas certain mais nous devons nous hâter. »

Hâtons-nous donc de réinventer l’espace éducatif, de re-solidariser les partenaires éducatifs pour ainsi réinjecter  de l’éducation dans chacune des cellules sociales et culturelles qui fonde notre cadre de vie.

Le savoir n’a-t-il de valeur que décliné dans la seule enceinte scolaire?

Il n’y a pas d’école aujourd’hui ? Viens je t’emmène avec moi à l’atelier, tu y découvriras des outils et des gestes séculaires. Il n’y aura pas d’école demain non plus ? Ton père te fera visiter les coulisses de son théâtre. L’école est fermée une semaine ? Une amie du voisin te propose de l’aider à vendanger. L’école ne rouvrira pas tout de suite ? Organisons un nouveau tissu éducatif, retrouvons au quotidien de nouveaux modes de transmission et d’apprentissage. Artisans, chercheurs, ouvriers, banquiers, ministres, et si le temps d’une pandémie nous ouvrions les portes du monde à nos enfants ? Nous avons tous à apprendre quelque chose les uns des autres, nous avons tous quelque chose à enseigner à notre prochain, qu’il soit notre élève, notre enfant ou celui de la voisine !

On n’apprend pas qu’à l’école.

Vivre c’est apprendre.

Profitons de cet automne pour vivre ensemble autrement.

Réapproprions-nous nos capacités intrinsèques d’apprendre et de faire apprendre.

Serions-nous à l’aube d’un vaste processus de déscolarisation de la société ?

Osons le pari d’une mutation à nulle autre pareille. Mais de grâce, ne laissons pas nos enfants s’endormir devant la télé !

Tags : , ,

« Billets précédents