Formation des enseignants

Parole d'instit', actualité, débat 3 commentaires

Ces dernières semaines, l’actualité éducative porte sérieusement atteinte à l’avenir de la profession, mais surtout à celui de nos élèves, de nos enfants.

Un APPEL de Bernard Collot, hier, pour penser et concevoir “une autre école”.

Aujourd’hui, sur le site l’écume des heures, de Daniel Calin, un APPEL pour la mise en place d’une formation des enseignants de haut niveau au sein d’IUFM rénovés.

Il m’appartient en tant que citoyenne responsable, en tant que mère, en tant qu’enseignante, de défendre et réclamer haut et fort une formation digne de ce nom pour un métier “à nul autre pareil”.

En 18 ans d’exercice, je n’ai jamais éprouvé, comme je l’éprouve aujourd’hui, ce besoin ardent de défendre les valeurs d’un éducation que l’on voudrait solder au rabais sous prétexte de je ne sais quel argument faussement économique, tout en faisant croire au plus grand nombre que BAC+5 serait le garant d’une reconnaissance de statut et le gage d’une technicité méritoire.

Grave erreur de diagnostic de la part de nos dirigeants. Si le savoir savant délivré à l’université reste nécessaire, il n’est en rien suffisant! Le plus haut degré universitaire ne permettra jamais à quiconque d’enseigner dans une classe, de la petite section de maternelle au CM2.

C’est d’un manque cruel de FORMATION PEDAGOGIQUE CONTINUE dont nous souffrons depuis plusieurs décennies. Oui, je réclame, je supplie notre hiérarchie de nous fournir une formation de haut niveau en aval ET en amont de l’obtention de notre diplôme.

Les IUFM présentaient de larges insuffisances car les STRUCTURES SCOLAIRES en marche actuellement sont restées les mêmes qu’il y a 50 ans! La rénovation a voulu se faire au sein des instituts de formation des maîtres, mais cet effort n’a jamais été suivi ”intra muros”. On peut comprendre alors les déceptions d’un grand nombre de jeunes enseignants qui récupéraient, à la sortie de leur formation, des postes à 10 000 lieux de ce pour quoi ils avaient été formés.

Mais ne nous trompons pas…C’est à l’école de se mettre enfin à la mesure de la modernité et des enjeux du XXIème siècle. C’est à ses murs, à ses rythmes, à ses structures internes, sans oublier à ses équipes éducatives en place d’enfin accepter, non plus l’évolution (nous sommes restés trop longtemps sur place), mais sa nécessaire métamorphose.

Pour y faire face, nous avons besoin, plus que jamais, d’une solide formation pédagogique portée par l’engagement sans faille des instances structurelles.

Que cette formation soit rendue obligatoire. Que cette formation soit multiple. Que cette formation soit gratuite. Que cette formation soit inclue dans nos horaires ou payée s’il s’agit de stages hors temps scolaire. Que cette formation soit au service d’une autre école, une école plus humaine et plus exigeante, plus moderne, capable de faire face à la formidable attente de nos élèves, de nos enfants.

Je vous laisse juge…à chacun de se positionner sans perdre de vue l’essentiel: la formation de l’enfant qui dépend en grande partie de celle de son enseignant.

Lire l’APPEL

                

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Appel pour “une autre école”

action, actualité, débat, la parole aux parents 2 commentaires

Hier, dans ma boîte mail, un message de Bernard Collot que je m’empresse de communiquer. Il s’agit d’un appel pour “une autre école”. Que l’on soit concerné directement ou non, que l’on se retrouve totalement ou partiellement dans cette lettre, il me semble que chacun, père, mère, enseignant, éducateur en somme, doit prendre le temps de lire cet appel et d’en profiter pour se poser un certain nombre de questions relatives à l’école, et surtout aux finalités auxquelles est doit ou devrait se vouer.

L’école n’est-elle que ce maillon utilitaire au service de la société? Maillon essentiellement économique et financier? Dans ce cas alors, résultats, productivité et compétitivité sont les maîtres mots en matière éducative. Une école pour former des futurs consommateurs et selectionner les purs esprits capables de concevoir les futurs produits marchands?

Ou bien peut-on imaginer l’école comme un espace de vie, de découvertes, de coopération, d’échanges en vue de l’épanouissement intellectuel, social et humain. Une école pour révéler les talents de nos élèves et les aider à prendre part aux formidables et multiples défis qui leur tendent les bras?  Travail et réflexion, travail et humanisme, travail et entraide sont alors des binômes qu’il serait urgent de mettre en place dans nos écoles. Ce sont nos enfants, les vôtres qui la côtoient, quotidiennement.

Que voulons-nous faire de nos enfants?

Il est temps de nous pencher ensemble sur ces questions, et non, chacun de son côté, à la seule lumière de son petit quant à soi.

Je laisse maintenant la parole à Bernard Collot, et je vous invite une nouvelle fois à découvrir le riche sommaire de son site.

“Faire croiser des parents et des enseignants qui ont des aspirations d’une autre école pour leurs enfants. Faire connaître aux uns et aux autres la réalité à laquelle les uns et les autres se heurtent. De cette confrontation, celle des faits, de cette recherche de compréhension, peut-être faire naître ce qui pourrait être commun… pour une autre école. Tel est l’objectif de ce groupe de recherche en constitution.

Pouvez-vous diffuser cette information dans vos réseaux ? Merci. Bernard COLLOT.

Une nouvelle liste de diffusion pour “une autre école” vient d’être lancée par les CREPSC. Elle s’adresse aux parents et aux enseignants. Vous trouverez sa définition ci-dessous. Pour vous y abonner, aller à :

http://listes.marelle.org/sympa/info/pourune.autreecole

Dans le bandeau de gauche, cliquez sur “abonnement”

Dans la partie centrale indiquez votre adresse de messagerie et validez.

Sans quitter le site, allez voir dans votre messagerie, le robot vient de vous envoyer un message avec un mot de passe. Copiez-le, retournez dans le site, collez-le et cliquez sur “abonnement”. C’est fait.

Définition de la liste :

- Vous êtes parents, futurs parents, anciens parents.

Dans l’école actuelle*, telle qu’elle est conçue, vous trouvez:

que les enfants ont du mal à s’épanouir,

qu’elle constitue un ghetto dont vous êtes exclus,

qu’elle provoque des dégâts, de la violence, des comportements face auxquels vous êtes impuissants,

qu’elle ne conduit pas les enfants et les ados à devenir des citoyens actifs.

Bref, vous aspirez pour vos enfants, pour les enfants, pour toute la société, à “une autre école”.

* Il s’agit de l’école en général, peut-être vos enfants ont la chance d’être dans une classe qui dénote. Votre apport est alors tout aussi intéressant.

- Vous êtes enseignants.

Sur le terrain, vous vous débattez aussi,:

pour atténuer les conséquences du vieux cadre scolaire,

pour tenter d’y faire autrement malgré les pressions, les contraintes, la coercition hiérarchique,

pour permettre aux enfants de quand même s’y épanouir, de s’y construire comme futurs citoyens,

pour travailler dans une autre approche,

vous avez aussi des envies, des idées, d’une “autre école”.

- Cette liste est faite pour en parler, échanger, évoquer ce sui se passe pour les enfants, les adolescents, les difficultés rencontrées, les obstacles sur lesquels vous buttez les uns et les autres, les pressions voire les mesures de rétorsion subies, les essais, les tâtonnements faits par les uns et les autres, la réalité quotidienne des uns et des autres, qu’est-ce qu’on peut faire dans l’immédiat,…. vers quelle autre école vous voudriez aller.

- Connaître, faire connaître, comprendre, se comprendre, résister, construire. “

MERCI BERNARD!

Et maintenant…à vous!

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L’autorité…une histoire d’équilibres

Parole d'instit', débat, la parole aux parents 4 commentaires

Joli mot ou vilain tabou?

Ce soir, pas envie de disserter en bonne et due forme.

Juste le plaisir de susciter des pistes via un petit dialogue sans prétention fait de bric et de broc à partir de petites phrases que tout le monde a entendues ou prononcées au moins une fois…

- Oui, mais toi, tu as l’autorité naturelle.

- Ah, tiens donc la fée bleue se serait-elle penchée sur mon berceau? Et hop! une maîtresse, une!

- Aujourd’hui, l’autorité n’est plus à la mode à l’école, il vaut mieux être un prof sympa, ça passe mieux aux yeux des élèves.

- C’est drôle, les miens me trouvent plutôt sévère et les parents me disent exigeante. Et ils ont certainement raison. Ce qui me dérangerait c’est qu’ils me trouvent injuste ou inabordable.

- L’autorité, c’est comme les règles d’orthographe, ça ne se discute pas.

- Parfois oui, souvent non…Ca dépend de mon degré de fatigue ou de mon niveau d’incompétence. Le “taisez-vous” ou le “c’est comme ça” sont directement reliés à ces deux facteurs.

- Faire autorité ou être autoritaire, deux formules pour le prix d’une.

- Il y a pourtant ces 2 verbes bien  distincts ”faire” et “être”. L’un suggère l’action et le consensus, le second évoque plutôt l’auto-proclamation et l’injonction. Pour moi, ce sont bien deux concepts éducatifs radicalement différents, voire opposés. A la maison ou en classe, je peux passer mon temps à crier “je suis la référence”, “je suis l’autorité”, “je suis ta mère”…si je ne convaincs pas en actes, mes paroles risquent de se perdre en échos de plus en plus lointains. 

- L’autorité, une histoire d’expérience.

- Comme tout dans la vie, je crois. On a des prédispositions dans tel ou tel domaine, et puis à force de questions, de recherches, d’erreurs surtout, on avance, on met en place des rituels, des trucs, des savoirs-faire…L’éducateur, maître ou parent n’échappe pas à ce corps à corps avec les réalités de l’existence. L’enfant ou l’élève évolue lui aussi, d’un groupe à l’autre, d’un âge à l’autre. Il serait vain de penser que l’autorité, une fois acquise, n’est jamais remise en question…

- Un maître qui sait ce qu’il dit est mieux respecté. Sans savoir, pas de respect. 

- Ce qui me paraît incontournable c’est la reconnaissance de part et d’autre d’une espèce de partenariat autour de l’idée de compétences. Mon élève ou mon enfant possède des talents, un potentiel plus ou moins révélé, je le lui reconnais et je lui permets de l’accroître ou de le développer. Il peut l’accepter ou le refuser, c’est alors que l’adulte doit faire preuve de distance.

- Savoir dire “stop”. Imposer le “non” inconditionnel, c’est aussi cela l’autorité.

- Là aussi, combien de fois ai-je proféré ce “non” sans appel et non négociable. Et puis, derrière ce non, un autre se profilait immédiatement, et de non en non, on passe son temps à contenir, à exiger, à refuser. L’autorité passe par le jugement. Savoir choisir les “oui” légitimes fera passer les “non” tout aussi légitimes. J’essaie toujours de comprendre mes motivations personnelles et les enjeux éducatifs auxquels je ne peux me soustraire. C’est un peu l’explication du titre de cet article, “L’autorité…une histoire d’équilibres”.

Pour terminer, quelques concepts synonymes: travail accompagé, auto-régulation, respect mutuel, autonomie, bienveillance exigeante, réciprocité, mise en évidence du sens, complémentarité éducative…

Bon, ça suffit pour aujourd’hui, à vous de livrer vos trucs, astuces, préceptes, idées, expériences…les commentaires sont ouverts!

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Droit de réponse à Natacha Polony

Parole d'instit', actualité, débat 22 commentaires

Si Natacha Polony m’avait interviewée…aux côtés de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcément répondu comme elle eût souhaité que je l’eusse fait…

Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, à improviser un dialogue dont les répliques de A sont toutes directement issues de “l’enquête” du Marianne de cette semaine, intitulé “Les instits sont-ils encore les hussards de la République?”

Pour vous l’école aujourd’hui c’est quoi?

A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

B: Le reflet de la vie quotidienne.

Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

A: Un monde étrange qui ne ressemble pas à ce que j’avais espéré.

B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

Selon vous, quelle est la mission de l’école primaire?

A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la République. Ils étaient le pilier sur lequel reposait l’édifice social et politique. Aujourd’hui l’école primaire est en crise, la société est bouleversée, l’école déstabilisée.

B: “Nos” écoliers sont nés à l’aube du XXIème siècle. Eux seuls détiennent les clés du futur. Il me semble alors que la mission de l’Ecole est de les aider à vivre pleinement leur présent d’écolier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, côte à côte et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un défi car cela signifie qu’on regarde enfin les écoliers comme des enfants d’aujourd’hui éducables et respectables.

Pour vous, c’est plutôt “instituteur” ou “professeur des écoles”?

A: Il y avait de la beauté dans ce titre: instituteur. “Professeur des écoles” est un titre prétentieux, boursoufflé. Pétris de sciences de l’éducation, ils ne sont plus ces missionnaires vénérés pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les auréolait.

B: Mon métier ne se résume ni à un titre ni à un statut, encore moins à l’allégorie statufiée d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passé plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pédagogue mais dans mes dîners entre amis je dis volontiers maîtresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

Justement, les parents, quels rôles jouent-ils dans l’éducation?

A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières à leurs enfants. Ils nous menacent quand les résultats sont mauvais et exigent, pour des élèves de maternelle de connaître le programme de mathématiques et de français. C’est à nous de les éduquer. Les gamins passent leur journée devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

B: Les parents sont les premiers déstabilisés par une société qui les harcèle. Soumis aux intempéries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’école n’est certes pas un centre d’écoute familiale mais elle doit prendre en considération certaines données sociétales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide à la parentalité, c’est fermer la porte à l’éducation d’une grande partie de nos élèves.

Enseignant, une mission ou une profession?

A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un métier qu’ils savent un peu à part, certains l’acceptent, s’en font un étendard, d’autres le refusent au nom de la “professionnalisation.”

B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’éducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers “attributs”, tant ils sont liés les uns aux autres et surtout liés au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux régner fut une stratégie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles méthodes. A commencer par apprendre à lire. N’est-ce pas une évidence?

A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de liberté. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sûr, évidemment, énormément, passionnément. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de là à croire que déchiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de Rubempré ou de Lolotte, il y a là un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre à beaucoup bien des illusions!

L’échec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frémir?

A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur métier et le refus d’assumer les échecs du système, qu’ils préfèrent attribuer aux inégalités sociales et à des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir émancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dévaloriser eux-mêmes l’école en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rôle majeure de l’éducation. Le reste doit être dicté par le pragmatisme et l’évaluation des résultats.

B: Et si on arrêtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par là, oui il y d’immenses progrès à faire en terme d’éducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturité et d’un manque total du sens des réalités et des responsabilités. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des élèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une école ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls résultats chiffrés. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se réduit pas à une somme de notes. La part humaine de l’écolier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

Et la maternelle, fleuron de l’école française ou débâcle annoncée du système?

A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intégrer aux enfants des repères temporels, de les préparer à devenir des élèves, c’est à dire à contrôler leurs pulsions et à se tenir silencieux et concentrés. Il m’arrive d’inspecter des écoles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilée dans la classe. Activités de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’écouter. L’enjeu est clair, pour défendre cet outil formidable qu’est la maternelle, à la française, il faut le repenser, le réformer dans le sens de l’exigence.

B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent.

Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des écoles jouent un rôle fondamental dans le processus d’émancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral noué il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

B: Je propose 5 entrées en matière pour une réflexion en profondeur sur ce pacte d’éducation: l’Ecole pour tous, l’Ecole de tous, l’Ecole comme rempart contre l’exclusion, l’Ecole comme vecteur d’accès au monde, l’Ecole comme moyen de partage. Les programmes et les réformes doivent être pensés en fonction des élèves et non pour coller à une société qui ne sera de toute façon pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rêves, pas les nôtres.

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Une bonne leçon!

La classe autrement, débat, humour, vidéo 7 commentaires

“L’école de la République est celle de tous les enfants sans aucune discrimination, quelle que soit leur déficience ou la maladie qui les atteint” : tel est le premier article de la charte Handiscol…

  

L’humour au service des vraies questions.

Le rire pour désamorcer les peurs…

Les peurs de l’enseignant:

Serai-je soutenu ?

Faut-il que je change ma pédagogie ?

Quel regard porter sur cet élève ?

Existe-t-il des formations ?

Autant de questions pour l’enseignant chargé d’accueillir dans sa classe un ou plusieurs enfants handicapés et auxquelles ce guide tente de répondre.

Et vous parents…si votre enfant est enfin scolarisé…vos peurs ne sont jamais très loin…

Quelles étapes aurai-je encore à franchir?

Quels seront mes nouveaux interlocuteurs?

Comment accompagner mon enfant?

Comment construire une relation de confiance avec son enseignant?

Pour tous, quand handicap et quotidien partagent les bancs d’école, quelques pistes à suivre sur ce magazine.

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Digital natives

cuture, débat, vidéo 11 commentaires

Pour poursuivre une discussion commencée cette semaine sur BLOG BLEU PRIMAIRE

“L’école peut-elle faire l’économie de la révolution numérique ? Jusqu’à ce jour, elle a résisté, contre vents et marées, se positionnant comme gardienne de la tradition plutôt que comme laboratoire du troisième millénaire. Mais désormais, la génération des enfants du Net a envahi les bancs de l’école, du collège et du lycée, trouvant au tableau noir et à la craie un petit air bien désuet..”

Extrait de l’édito sur les digital natives paru dans le Monde de l’Education, avril 2008.


Trouvé chez Mario Asselin

Une vidéo de Théo Bondolfi

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Parents enseignants…un contact délicat

débat, la parole aux parents 23 commentaires

Parents – enseignants : améliorer le contact

Un entretien à lire sur le site du Café Pédagogique

Ma petite contribution sur leur forum…

Cette thématique de la relation Ecole Famille me paraît, plus encore aujourd’hui qu’hier, fondamentale et incontournable. Merci à vous d’ouvrir ici un espace de réflexion sur ce sujet. Pourtant, je suis surprise de constater le peu, pour ne pas dire l’absence totale de réaction à votre entretien. 

Est-ce là le reflet du malaise que cette problématique génère? Et pourquoi cette timidité? J’ose proposer quelques axes de réflexion. 

1 / De très nombreux discours négatifs sur l’école et le rôle des enseignants circulent depuis quelques années dans TOUS les médias et diffusent au quotidien, auprès des parents et des élèves, un message pessimiste et destructeur. A force de lire et d’entendre: TOUT VA MAL A L’ECOLE…on finit par y croire…puisque tout le monde le dit! Premier paradoxe: on croit ce que l’on entend plus facilement que ce que l’on vit réellement.  Les enseignants, par instinct de survie, se raidissent donc et n’ont plus qu’à bien se tenir: moins ils font de bruits, mieux tout le monde se porte…La politique de l’autruche…

 2/ Les enseignants, peu habitués à la relation à l’adulte, reçoivent mal cet appel au dialogue avec les familles. Notre formation ne nous a pas ouverts à cette dimension relationnelle HORS CLASSE. On nous a appris à gérer le groupe classe, on nous a informé sur la relation pédagogique maître- élève. On nous a appris à réfléchir sur les pratiques et les théories des auteurs et des penseurs. On nous a enseigné les grands courants pédagogiques. Bref, on nous a appris à rester EN classe, au sein de l’institution. SURTOUT ne pas en sortir, ni ne laisser ENTRER personne. Alors, du jour au lendemain, vous imaginez, “affronter” les parents d’élèves…c’est un peu s’affronter soi-même…Et cela est loin d’être facile. Je dirais même plus, cela s’apprend.  

3/ Les seuls contacts existants à l’heure actuelle, entre l’école et les familles, sont essentiellement d’ordre administratif ou “répressif”. Règlements scolaires, conseils d’établissement, rendez-vous de mauvais augures, mots à l’encre rouge sur les cahiers de correspondance, etc… Comment, dans un contexte pareil de suspicion d’une part et de formalisation à l’extrême de l’autre, comment donc est-il imaginable de construire les prémices d’un début d’un envisageable vrai PARTENARIAT? 

Pourtant… 

1 / Partout où les écoles et les familles élaborent de VRAIS PROJETS éducatifs avec au centre, l’enfant-élève, on voit les tensions disparaître, et les premiers bénéficiaires en sont forcément les élèves, les enfants donc. Puis, par effet de dominos, les parents et les enseignants. La chaîne est bouclée et chacun est entré dans la danse. La communication passe par la coopération. PARLER pour FAIRE. DIRE pour AGIR. Ces expériences restent pourtant limitées pour tout un tas de raisons, dont la plus simple à évoquer ici, reste celle des horaires. Pendant que les élèves sont à l’école, bien souvent, les parents travaillent. 

2/ Un deuxième axe peut alors être exploité, celui des TICE. L’Internet au service de la relation école-famille. Par le biais de Site Web d’école ou par celui de blog d’enseignant ou de parent, nous voyons là émerger un nouveau mode de communication sur lequel il me semble très intéressant de réfléchir. Pas de contraintes d’horaire, pas de délocalisation, pas d’angoisse du face à face direct. Un moyen rapide et efficace donc mais qui ne doit pas se substituer à la relation “physique” entre l’école et les familles. C’est un outil de plus à la communication. Il ne doit pas devenir un ECRAN de plus entre les uns et les autres. Et cela s’apprend également… 

Pour terminer je dirais que l’école ne peut plus faire l’impasse d’une réflexion en profondeur sur cette dimension relationnelle et contractuelle.  A l’heure où de nombreuses familles se trouvent légitimement en attente d’éducation et d’enseignement, où les discours démagogiques et ”catastrophistes” débordent de tous médias, où la société peine à trouver des valeurs communes, où les individualismes prônent sur les projets coopératifs; il me paraît incontournable d’envisager autour de l’enfant, de l’élève un véritable PARTENARIAT d’EDUCATION. Un partenariat positif, concret, citoyen, réaliste et porteur de vraies promesses pour les élèves. A chacun de le définir en fonction des attentes et des besoins qu’il rencontre dans son quartier et son école. A nous, enseignants de saisir à bras le corps ce formidable défi. Je pense que tous, nous y gagnerions, en reconnaissance et en confiance réciproque. 

Ostiane Mathon

Et si nous continuions ce petit débat ici…avec vous…entre partenaires bleu primaire!

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Allô maman bobo!

Parole d'instit', débat, la parole aux parents 1 commentaire

Quand récréation

rime avec hospitalisation…

Qui n’a pas connu ce coup de fil en pleine réunion…allô, bonjour Madame, alors ne vous affolez pas, ici l’école de votre fils, avez-vous une bonne mutuelle?

Non, je blogue, enfin je blague, enfin pas vraiment!

Cette année…et c’est la maman qui parle…mâchoire supérieure, petit doigt de pied, clavicule…ça commence toujours de la même manière…Ostiane, c’est pour toi, téléphone! Tu prends sur la ligne 0? Oui, merci, tu peux m’appeler un taxi en urgence? Aujourd’hui, 1 bus sur 3….Et je crois que je vais en avoir besoin…

L’école: la cour de récré, les couloirs, les portes, les escaliers, les jeux de cache-cache, la course poursuite…etc

Accidents de la vie, petits et gros bobos.

Comment vivre ces moments avec l’enfant, avec l’école, avec le camarade responsable ou non. Tiens, le voilà le mot: RES-PON-SA-BI-LI-TE

Dans un monde où la faute n’est plus acceptable, où l’erreur est mal vécue, où l’imprévu est rayé du vocabulaire, où la responsabilité est légalement engagée à tous les échelons de la vie, où la législation régie toutes les situations  quotidiennes, etc…comment faire accepter chez les jeunes et les moins jeunes, cette notion de risque pourtant tellement nécessaire, tellement formatrice, tellement vitale.

C’est la faute à…

Qui est le coupable?

Qui est le responsable?

A l’école, et là c’est l’instit’ qui reprend la parole, nous vivons directement et de plein fouet cette généralisation du législatif dans la vie scolaire.

Organiser une sortie devient parcours du combattant, proposer un voyage scolaire relève de mission impossible, proposer l’intervention d’un professionnel non labellisé éducation nationale est un acte illégal, laisser aller les enfants aux toilettes, sans surveillance est passible de pénalité, partager un goûter peut dégénérer en psychose allergisante….etc

Alors pour en revenir à mon sujet de départ…”Qui surveillait la cour? A quel endroit précis a eu lieu l’impact entre les deux enfants? Où se trouvait très exactement le référent adulte? A quelle heure a-t-il pris son service? Combien d’enfants jouaient dans le même espace au moment du sinistre….”

L’école, lieu de vie, de collectivité, d’énergies contradictoires avec ce que cela engendre comme risques encourus?

Ou bien espace aseptisé, lisse, hyper formaté, du type école sur papier glacé…

Qu’en pensez-vous?

Quelle place dans nos vies pour la prise de risque et l’acceptation de la non maîtrise des événements?  Quel équilibre entre nécessaire sécurité et absolu contrôle? Et surtout quelle incidence sur nos comportements, nos réactions et nos mentalités?

Bon, ce sera tout pour aujourd’hui…Je vous laisse la parole…Qui se risquera à s’exprimer en premier?

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Retard scolaire

La classe, débat, la parole aux parents 7 commentaires
Retard scolaire :Respectons le développement de l’enfant  
Pour un tiers des élèves, l’école commence trop tôt et progresse trop vite. Les enseignements doivent s’adapter à leur divers niveaux de maturité, sous peine de les faire courir à l’échec. C’est ce qu’explique le pédiatre Guy Vermeil qui travaille, depuis longtemps, avec des enfants en maternelle et en primaire, dans son ouvrage Le retard scolaire. Retard vrai ou maturité décalée (Ed. Ellipses).

Pour tous, un entretien à (re)lire.

Pour les enseignants, un sujet à approfondir.

Pour les écoles, un projet concret à imaginer.

Pour les parents, des pistes à suivre.

Pour les élèves, un espoir de mieux grandir!

De la théorie, à la pratique, il n’y a qu’un pas.

La fin d’année approche…conseil de classe, concertation, passage, maintient…et si on se posait la question autrement?

Éclairez-nous de vos expériences, de ce que vous et/ou votre enfant avez vécu entre le moment de l’annonce, la concrétisation du redoublement, et le résultat in fine un an plus tard.

Pour vous, une année de plus dans le même niveau, ce fut une bonne ou une mauvaise décision?

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Grève ou pas grève?

actualité, débat, la parole aux parents 10 commentaires

L’actualité me donne mon sujet du jour.

Un sujet qui concerne bien des enseignants et de nombreux parents.

Un sujet qui relance de nombreuses polémiques.

Et bien justement, je vous laisse la parole…

Vous êtes profs et vous faites ou non la grève, expliquez-nous pourquoi?

Voue êtes parents et vous soutenez ou non le mouvement des enseignants, dites nous comment vous vivez cette journée?

Vous n’êtes ni “de la maison” ni parent, mais vous avez un point de vue sur la question?

Vous n’habitez pas en France, donnez-nous un regard extérieur!

AUJOURD’HUI des commentaires en forme de Forum.

Faites comme Cécile hier, “lâchez vos comment’s”

Juste un petit détour par la Charte initiale, histoire d’éviter la censure…Un vrai beau débat, voilà ce que j’attends de vous aujourd’hui! Je suis certaine de trouver parmi vos réactions de nouveaux sujets à traiter sous forme d’articles à venir. Alors soyez sincères et inventifs!

A Vous!

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Pédagogie et pratique de classe

La classe, Parole d'instit', débat 41 commentaires

Ce matin, un article en forme de réponse au commentaire de JMD.

Constructivisme CONTRE behaviorisme

Cognitivisme CONTRE comportementalisme…

2 conceptions différentes de l’apprentissage ?

Découverte des principes CONTRE élaboration de l’association stimuli-réponse ?

Compréhension du concept CONTRE application du mécanisme ?

Construction de la représentation par paliers CONTRE pédagogie de la maîtrise ?

Approche abstraite de l’idée par la conceptualisation CONTRE entraînements systématiques à une règle donnée ?

Je ne vais pas ressortir ici tous mes cours de pédagogie et de sciences du comportement…Pavlof, Skinner, Piaget, Bachelard et d’autres compagnons d’infortune…

Aujourd’hui, je suis “Prof Dézécolle” et je réponds non à un grand oral de mathématiques supérieures, ni à des théoriciens en didactique des sciences. Je suis institi’ et je tente d’amener un maximum de mes élèves vers quelque chose qui ressemble à la compréhension du monde. Et dans le cadre de ma classe, je suis très opportuniste !               

Je n’ai jamais eu à choisir entre l’une ou l’autre de ces conceptions, je ne m’impose pas de choix pédagogiques qui excluraient l’une ou l’autre démarche. La question sur le terrain, au quotidien, ne se pose pas ainsi, me semble-t-il. Ni pour moi, ni pour les nombreux collègues -pédagogues, profs, instits’ ou enseignants- (à chacun de choisir sa dénomination), aux côtés de qui je travaille depuis 17 ans.

Je suis en classe, je tente comprendre comment fonctionnent le cerveau de mes petits élèves. 32 cerveaux…Vous imaginez…Et bien je suis heureuse d’avoir été, en amont, un minimum initiée à la psychologie comportementale…32 cerveaux, 32 démarches intellectuelles, 32 stratégies d’apprentissage…

Mon principe à moi : Il n’y a pas de ligne droite en matière de compréhension. Un principe donc, un autre me direz-vous, oui, mais qui ouvre, in fine, à de multiples voies et d’innombrables recours.

Donc, pas de gourou ni de grand maître prophétique. Juste de nombreux scientifiques, pédagogues, didacticiens, théoriciens à qui je rends hommage car ils me permettent au jour le jour de m’adapter à mes élèves et non de me conformer à un courant de pensée unique et par là même totalitaire.

Je remercie Skinner et j’applaudis Piaget, je ne fais pas de ma pratique de classe une exploitation idéologique et  sectaire. Je me sers de Montessori, mais je ne suis pas Maria, j’utilise Decroly, mais je ne m’appelle pas Ovide, j’écoute Meirieu, mais mon prénom n’est pas Philippe, je lis Bentolila sans faire de l’Alanisme, etc.

Et je crois pouvoir conclure en reprenant les premières lignes de cet article et en transformant le CONTRE par le ET/OU

Et pour en revenir à nos moutons… résoudre un problème en mathématique (ici, en situation d’évaluation):

1/ Il faut savoir lire, c’est à dire comprendre de quoi il est question. (travail sur l’énoncé et les consignes)

2/ Il faut anticiper la réponse attendue. (émissions d’hypothèses en référence à des contenus déjà vus en classe)

3/ Il faut trouver le concept duquel elle dépend. (réinvestissement d’un savoir précis)

4/ Il faut appliquer la règle ou le théorème dans le bon sens et au bon endroit. (transfert du mécanisme)

5/ Il faut maîtriser l’outil et le mécanisme. ( automatisation et entraînements préliminaires)

6/ Il faut vérifier le résultat en fonction du petit 2/

7/ Bien souvent, il faut tout recommencer!

COURAGE les enfants, on finira par y arriver!

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Lectures de vacances

débat, morceaux choisis 5 commentaires

Trois livres. Trois auteurs. Trois rencontres.

Trois lectures complémentaires car l’école est un espace pluriel qui se trouve à la croisée de bien des chemins!

Trois angles de vues différents. Un maître de conférence. Une psychologue clinicienne et psychothérapeute. Un sociologue et docteur en économie.

1/ Gérard  De vecchi: École: sens commun…ou bon sens? Éditions Delagrave. Lire le sommaire.

J’ai aimé:

p60: ” Qu’est-ce qui a baissé et qu’est-ce qui n’a pas baissé? Est-ce le niveau des élèves qui a changé…ou plutôt le rapport qu’entretient l’École avec la société?

Aujourd’hui l’augmentation des peurs et des frustrations débouche sur une forte demande d’exigences. Cela se comprend aisément mais n’autorise personne à affirmer n’importe quoi. N’oublions pas que ce ne sont pas les individus ou les associations criant le plus fort qui possèdent la vérité!”

p 281: “L’École est-elle faite pour l’administration et les enseignants…ou pour les élèves? Et comment se fait-il qu’elle ait pu ignorer à ce point les bases élémentaires de la psychologie?”

2/ Anne Charley-DebrayLa Psychologie de l’enfant Éditions Le Cavalier Bleu

J’ai aimé:

p10: Les journaux nous disent qu’il faut respecter nos chers bambins afin de préserver leur bonté naturelle, mais dans le même temps, certains affirment que si l’on ne sévit pas, nous allons en faire des pervers.

On apprend soudainement que tous les enfants seraient devenus hyperactifs-ce qui est statistiquement impossible! de même, les classes déborderaient de surdoués…”

p123:Les mutations de la société nous laissent à penser que l’enfant aussi a changé. Si on l’observe dans une perspective neuropsychologique, il n’en est rien. Certes il doit s’adapter aux mutations nouvelles de la famille et à un rythme de vie qui ne cesse de s’accélérer. Mais n’en a-t-il pas toujours été ainsi?”

3/ Éric Maurin: Le ghetto français, Enquête sur le séparatisme social Éditions Le Seuil

J’ai aimé:

p 25: “Plus encore que la ségrégation, c’est extraordinaire sélectivité de la mobilité résidentielle qui révèle le mieux l’anxiété des familles et l’importance quasi existentielle du lieu d’habitation.(…)La lenteur des évolutions du paysage urbain s’explique paradoxalement par l’implacable propension avec laquelle chacun, à chacune de ses mobilités, fuit ceux qui se situent immédiatement au-dessous de lui dans l’échelle supposée des réalisations, et cherchent la proximité rassurante de ceux immédiatement au-dessus.”

p 87: “Il n’y a là aucune fatalité.(…) Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société où les trajectoires se définissent de façon moins irréversible à chaque étape de la scolarité et de la vie, une société où les échecs de chacun ne soient pas autant d’atteintes destructrices à l’estime de soi. Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société plus fluide. Cela suppose des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers et retours plus fréquents et naturels (…) Alors seulement, les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l’avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l’étendue des blocages.”

Bon, c’est vrai, la Normandie sous la pluie…ça incite à la lecture!

Voilà demain, après 2 semaines, je retrouve ma classe et mes élèves pour la dernière ligne droite. Dernière ligne toujours émouvante. Le dernier chapitre d’une histoire vécue à plusieurs, dans le rire et les larmes…

A vous!

Bloguez-nous vos dernières aventures livresques!

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En Mai, dis ce qu’il te plaît…

Parole d'instit', action, débat 1 commentaire

Aujourd’hui, 1er mai, je dis ce qu’il me plaît.

Le mois s’y prête. Mois de révolution.

L’année m’y invite. Année 2008, année anniversaire.

Pas de pavés qui volent ni de barricades, mais l’envie de dire NON.

Ou plutôt de rendre hommage à 4 NON.

Des NON qui ont pesé dans notre histoire.

Des NON qui ont libéré, inspiré et fait grandir l’humanité.

1/ Le NON à la peine de mort de Victor Hugo lorsqu’il écrit, en 1828 Le Dernier Jour d’un condamné.

2/ Le NON de Lucie Aubrac qui s’engagea dans la résistance pour combattre le nazisme.

3/ Le NON de Rosa Parks qui refusa, le 1er décembre 1955 de céder sa place à un passager blanc dans un autobus.

4/ Le NON de Victor Java