Tutorant-tutoré (1)

16 09 2010

Elle n’a jamais enseigné, je n’ai jamais « tutoré »…

Voilà qui devrait nous relier.

Voilà 3 jours, dans le cadre du nouveau dispositif de formation des enseignants, j’ai été missionnée tutrice pour accompagner une professeur-stagiaire qui entre dans le métier sans formation professionnelle. Lauréate du concours, elle se retrouve en poste face aux élèves pour la première fois. Elle va donc apprendre son métier sur le tas et je serai en charge de la suivre tout au long de l’année. Ce mode de « compagnonnage » étant la résultante de la réforme nouvellement mise en vigueur, je vais, tout autant qu’elle, expérimenter une nouvelle approche du métier; nous sommes donc, elle et moi, dans le même bateau. Elle, ses élèves et moi liés pour le meilleur et pour le pire le temps d’une année scolaire.

Contrairement à elle, et contrairement à de nombreux collègues ici et là qui se retrouvent tuteurs du jour au lendemain, j’ai suivi, sur deux ans, une formation aux côtés d’autres maîtres d’accueil; deux années de préparation à l’accompagnement et au tutorat. Deux années à imaginer, questionner, anticiper, formaliser. Aujourd’hui, c’est différent, aujourd’hui, c’est réel. Ce n’est pas une étudiante-stagiaire qui viendra dans ma classe, comme j’en avais l’habitude auparavant; là, c’est moi qui irai  « chez elle », chaque jeudi matin pour l’observer avec ses élèves et tenter, par le biais d’entretiens d’explicitation, de l’amener à se forger une identité professionnelle, son identité professionnelle.

La réalité du terrain va ainsi nous propulser dans une relation qu’il va falloir construire au jour le jour, prendre en charge au quotidien. Cela ne va pas être simple; nous n’exerçons pas dans le même établissement…et oui, c’eut été trop facile…cela étant dit, le métier d’enseignant  est jalonné de ces fameux inattendus, impondérables impédimentas qui façonnent nos journées. Nous y sommes donc et c’est par cette voie que j’entame ma nouvelle fonction.

Je ne sais pas grand chose d’elle. Je sais qu’elle partage le même niveau d’enseignement que le mien, à savoir une classe de CM1. Je ne sais pas grand chose de ses expériences passées, de son parcours personnel, de ses motivations, de ses besoins. C’est à partir de ce « pas grand chose » que nous allons construire ensemble un chemin professionnel.

Comment vais-je m’y prendre?

Comment vais-je mettre en place un dispositif qui réponde à ses attentes?

Dans quelle disposition d’esprit est-elle?

Comment s’est passé l’accueil dans son équipe?

Y a-t-il eu un accueil?

Et puis, qu’est-ce que c’est en définitive, l’accueil?

Elle n’a jamais enseigné, je n’ai jamais « tutoré »… Du moins, pas sous cette forme. Au point où nous en sommes, deux axes me semblent prioritaires pour entamer cette nouvelle relation:

1/ Trouver des points de convergence:

  • pour réduire la distance émotionnelle
  • pour établir un contact authentique
  • pour ouvrir un questionnement commun
  • pour entrer dans une posture de co-construction

Je ne suis pas l’experte venue d’en haut, je suis une collègue, certes expérimentée, mais qui pour autant, continue également toujours et encore d’apprendre de ses élèves et de ses pairs. C’est important de le dire et de se le redire.

2/ Établir un premier contact hors institution

  • pour signifier mon existence et me présenter à elle
  • pour  permettre une approche à la fois directe et progressive
  • pour initier  la relation à venir
  • pour fixer ensemble le cadre, le lieu et l’horaire de la première rencontre

Je ne suis pas là uniquement parce qu’on me l’a demandé, je suis là car c’est un choix personnel motivé des ressorts personnels et professionnels. Être l’initiatrice de notre relation symbolise à mon sens ce projet commun que nous allons partager.

Voilà, à suivre et à poursuivre dans une prochaine chronique…

Sur le même thème voir aussi:

  1. Etablissement formateur, késako?
  2. Maître associés à la formation
  3. Accompagner, aider, soutenir, servir

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Propos sur la violence à l’école

29 08 2010

Maryse ESTHERLE-HEDIBEL est sociologue au CESDIP, laboratoire de recherche du CNRS et service d’études du Ministère de la Justice depuis le 1er janvier janvier 2006. Dans cette vidéo, Maryse Estherle-hedibel est interviewée sur les violences en milieu scolaire. Avec le recul et l’analyse d’un chercheur, elle aborde ce délicat sujet sous plusieurs aspects et lève bien des idées reçues sur ce thème qui ne cesse de faire la Une à chaque rentrée scolaire. (Lire l’article du Monde du 27 août 2010)

Devant le déchaînement des passions qui occupe généralement et régulièrement la place publique et ne fait qu’attiser la méfiance vis à vis des jeunes et de l’école, il est bon d’écouter des propos distancés, modérés et légitimés par la recherche scientifique.

Mots-clefs:

violence scolaire

imaginaire collectif

emballement médiatique

discours politique

crainte

organisation

société

échec scolaire

vivre ensemble

démarche éducative

travail d’équipe

centrage sur les apprentissages

contrat pédagogique

http://www.dailymotion.com/videoxcjcu7

D’autres sujets classés dans la même rubrique


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L’école selon François Dubet

10 06 2010

L’avis de François Dubet, sociologue, sur le temps scolaire et sur la question de la place de l‘école dans notre société.

« L’école appartient à la société, à la communauté.

Ce n’est pas un temple… »

Elle doit être ouverte aux jeunes, aux familles, aux collectivités…

Image de prévisualisation YouTube

Sur ces questions et sur de très nombreux sujets d’actualité et de société, retrouvez les études et les propositions élaborées par

l’Institut Montaigne.


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Budget et éducation

4 06 2010

Il m’a fallu quelques heures de digestion, de veille et de cauchemar avant de réagir aux dernières mesures budgétaires rendues visibles un peu partout dans la presse suite à la diffusion indiscrète des toutes dernières feuilles de route que le Ministère venait d’ adresser aux différentes inspections académiques dans le plus grand secret. Hélas…à l’ère numérique les nouvelles sortent souvent au grand jour avant même d’être lues par les destinataires…

Voir les détails sur l’article du Café pédagogique.

La soupe à la grimace

La recette est épicée…

Il fallait y penser!

Dans les cuisines ministérielles

Chapeautées par Chef Chatel

Depuis quelques temps on s’agite

On s’affaire autour de la marmite

On calcule, on mesure, on soustrait

On divise, on réduit, on extrait

On supprime, on allège, on passe au tamis

Chaque ingrédient est savamment choisi

Ou plutôt, devrait-on dire, judicieusement proscrit

A vue d’œil ou la louche

On en enlève encore une couche

Surtout ne rien laisser au hasard

Chacun n’aura pas droit à une part

Et si certains toucheront double portion

D’autres devront se satisfaire d’une bien maigre ration

C’est ainsi, c’est inscrit, c’est la vie

C’est la vie, c’est inscrit, c’est ainsi

C’est mathématique, politique, économique

Peu importe que ce soit anti-démocratique

C’est la faute à la crise, la faute à pas d’chance

Éducation ne rime ni avec enfance ni avec conscience

Éducation rime davantage avec injonction, suppression, restriction


Quelques ingrédients

De ce super plan?

Par quoi commencer?

Comment vous l’annoncer?

Sans plus polémiquer, voici donc les faits

Qui ce matin m’ont sinistrement inspirée


Suite aux États généraux pour lutter contre la violence et l’échec scolaire,

voici donc les mesures d’urgence éducative assimilées à d’efficaces mesures d’urgence budgétaire…


Il s’agira au niveau du primaire:


- d’augmenter au maximum les effectifs des classes

Allez, allez, on se tasse, au fond il reste encore quelques places!

- de mettre un terme définitif aux réseaux d’aides spécialisés pour les élèves en grande difficulté

Allez, allez, dehors Maîtres E et Maître G, vos bons et loyaux services n’ont pas atteint les 100% de réussite espérés, vous êtes virés!

- de supprimer progressivement les postes de psychologues scolaires

Allez, allez, assez de bla-bla, de soutien, d’accompagnement. L’école tu l’aimes ou tu la quittes! L’école, c’est pas fait pour s’y plaire!

- de dissoudre les petits établissements et de les rattacher aux super-structures existantes

Allez, allez, du balai les jolies petites cour de récré, regroupons et rationalisons les postes plutôt que de miser sur une école vivante!

- d’alléger la formation continue des enseignants de manière à éviter les remplacements. Rappelons au passage que la formation initiale venant d’être réformée,  la question de la formation tout court est une question résolue…

Allez allez, prof, c’est pas bien compliqué! Vous faîtes l’appel le matin, vous signalez les élèves absentéistes, vous prenez les nouveaux anciens programmes et vous en faites un copié-collé pour vos élèves, et voilà le tour est joué. Franchement, y’a pas de quoi en faire tout un tohubohu !

- de recruter chaque fois qu’il est possible des non-titulaires:

Allez allez, qui veut tenter l’aventure éducative du XXIème siècle? étudiants, parents, grands-parents volontaires?

Alors, elle n’est pas bonne la soupe à la grimace?

Allez, pour ne pas terminer ce billet sur une funeste note, une fois n’est pas coutume, je vous laisse en compagnie de Stéphane Guillon

http://www.dailymotion.com/videoxdix73



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Une école pour les enfants…impensable? Vraiment?

27 05 2010

Une école faite pour les enfants? Un rythme adapté à leurs besoins? Des apprentissages favorisant la responsabilité et l’engagement?

La pédagogie Montessori apporte depuis bien longtemps des éléments de réponse dont l’école aurait bien avantage aujourd’hui à s’inspirer. A l’heure des réformes et des états généraux en tout sens, à la lecture des rapports d’études comme celui de la Cour des Comptes ou de l’Institut Montaigne, au moment de la remise en question par notre Ministre, Luc Chatel des rythmes scolaires, oser aller voir ailleurs comment cela se passe relève de la responsabilité de chacun: enseignants, formateurs, inspecteurs, recteurs et autres responsables de programmes. Ailleurs, ce n’est pas seulement en dehors du territoire, en Allemagne, en Scandinavie ou en Grande Bretagne; ailleurs, c’est aussi chez nous mais au delà des structures de l’Éducation nationale. Bien des écoles Hors contrat mettent en place des pédagogies nouvelles qui font leur preuve mais restent pourtant inaccessible à la majorité des élèves tant les établissements qui les pratiquent proposent des coûts de  scolarité inabordables pour les familles.

Freinet, instituteur novateur a dû démissionner de l’Éducation nationale et fonder sa propre école. Maria Montessori, également novatrice, a fait bien des émules, mais là encore hors de l’Éducation nationale…Serait-ce donc notre propre système et les acteurs qui y participent qui s’entêteraient à promouvoir des cadres d’apprentissage et des programmes d’enseignement entraînant élitisme d’un côté et échec scolaire de l’autre? Le système travaillerait-il pour lui même pour reprendre le titre du dernier billet d’Eric Le Boucher dans les Echos ? Telle est la question qu’on est en droit de se poser…et que je pose aujourd’hui.

apprentissage

activité

rythme

mobilité

sens

motivation

dévolution

autonomie

Image de prévisualisation YouTube

confiance

temps

curiosité

écoute

observation

organisation

responsabilité

Alors…une école pour les enfants, impensable? Vraiment?


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Evaluations nationales

9 05 2010

A trop vouloir enseigner on perd de vue l’essentiel, l’apprentissage.
A trop vouloir contrôler on perd de vue l’essentiel, le temps de l’apprentissage.
Demain commencent les évaluations nationales pour tous les écoliers de France inscrits en CE1.

Je pense à eux, à leurs familles, à leurs enseignants…

En PDF les questionnaires de mai 2009


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L’apprentissage des règles scolaires 1

16 04 2010

Le règlement scolaire ou l’histoire d’un grand malentendu

Lorsqu’ils découvrent un nouvel établissement, une nouvelle classe ou tout simplement un nouveau professeur, les élèves découvrent également de nouvelles règles de vie. De ce postulat qui relève de l’évidence, deux axes de réflexion bien souvent trop vite écartés me semblent pourtant incontournables. C’est pourquoi j’ouvre aujourd’hui une petite chronique consacrée à ce thème d’une actualité brûlante qu’est celui de l’autorité.

Le premier axe que nous  tenterons d’aborder aujourd’hui, concerne la manière dont l’adulte (enseignant ou responsable légal de l’enfant) va permettre au jeune de se saisir de ces règles qui pré-existent; règles inconditionnelles qui font figure de loi et qui fondent la pérennité de toute vie en collectivité. Le second axe privilégiera la façon dont le professeur peut engager les élèves dans la prescription de nouvelles règles auto-proclamées d’ordre public. Cette seconde voie donnera lieu à la mise en place de règles secondaires mais tout aussi essentielles tant pour le bon fonctionnement du groupe-classe au quotidien que pour l’éducation à la citoyenneté et l’exercice de la démocratie.

1/ Comment connaître la loi, comment la rendre accessible, lisible et compréhensible?

Curieusement, et sans doute justement parce qu’il s’agit d’une évidence pour eux-mêmes, les adultes ont tendance à considérer un peu trop vite et naïvement que la loi, parce qu’elle est cette chose si essentielle et incontournable pour vivre en société, relèverait de ces fameux pré-requis connus d’office par les jeunes. De la formule consacrée « Nul n’est sensé ignorer la loi » on arrive, un peu trop vite là encore, à cette croyance que l’enfant au contact de la collectivité, convoquerait de manière intuitive et innée les attitudes de respect, d’ordre et d’obéissance qui expriment l’acceptation et la reconnaissance des règles.

Mais pour ne point l’ignorer, encore faut-il à un moment ou à un autre en avoir pris connaissance et plus encore en avoir conscientisé les enjeux. Alors très vite et parce qu’on a autre chose à faire en classe et que le programme lui, n’attend pas, on se rassure et on répond à la question par un évitement tout légitime…On se dit qu’après tout, quelqu’un leur en a déjà certainement parlé, la maîtresse de l’année dernière ou les parents, premiers éducateurs; oui, quelqu’un s’en est forcément déjà chargé…D’ailleurs, pour pallier cet obstacle et mieux se décharger tout à fait de toute responsabilité, un règlement intérieur propre à chaque établissement est systématiquement distribué en début d’année à chaque famille qui le lit et le signe ou le signe sans le lire, ou le lit sans le lire à l’enfant, ou le lit et le signe sans le comprendre…

C’est vrai après tout, tant de papiers à lire et à signer en début d’année, multipliés par le nombre d’enfants…Ajoutez à cela un vocabulaire parfois obscur, même pour des parents lecteurs et francophones (et au fait..et les autres?) Additionnez également ici le nombre de paragraphes et de sous-paragraphes…Il faut l’avouer, ce document très officiel n’engage pas à une lecture très approfondie en famille. D’ailleurs, à la maison aussi on a autre chose à faire qu’à déchiffrer et décoder les interminables interdits prescrits dans la charte de bonne conduite…Et puis, on connaît la chanson par cœur, on nous distribue la même enveloppe garnie tous les ans! Le maître ou le directeur en reparlera bien avec eux en classe puisque finalement c’est de l’école qu’il s’agit! C’est leur affaire tout de même!

Bref, on comprendra ici très vite que cet outil sensé fixer le cadre de référence commun à chaque membre de la collectivité éducative (enseignant-élève-parent) se trouve malheureusement trop souvent à la source même des premiers quiproquos, des premières incompréhensions entraînant dans leurs sillages les premières situations conflictuelles. 

« Mais vous n’avez donc pas lu le règlement distribué en début d’année? Vous le copierez 10 fois! Cela vous permettra de l’apprendre jeune homme. « 

Punition…action-réaction…« C’est incroyable, l’institutrice de mon fils l’a cloîtré tout un mercredi après-midi pour recopier les 5 pages du règlement: 5X10=50″...et encore le résultat ne tient pas compte de l’écart entre un texte dactylographié et un texte manuscrit…

Cette petite introduction qui ne répond pas encore à la question soulevée en 1/ pose néanmoins, me semble-t-il,  le décors de fond. Et si le ton, vous l’aurez noté, se veut volontairement décalé, c’est pour mieux laisser à l’humour une chance d’engager une vraie réflexion autour d’un sujet très sérieux.

La suite de cette chronique à paraître très bientôt.

Pour le moment j’ai assez parlé, je vous laisse la parole ;-)

Quel temps prenons-nous avec nos élèves et avec les familles pour aborder ce fameux règlement?

Et avec nos enfants, comment nous y prenons-nous pour mettre en évidence les points clés d’un contrat d’autorité?

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Etats généraux du bonheur à l’école

7 04 2010

Les États généraux de la violence s’ouvrent donc aujourd’hui sous la direction d’Eric Debarbieux, spécialiste de la question. Jeunes, adultes, élèves, psychologues, force de l’ordre, juristes, enseignants et parents vont durant 2 jours explorer la question du passage à l’acte, en interroger les causes, analyser les manifestations de cette violence, soumettre des réponses, avec comme postulat cette nécessaire mise en garde « Pas de schémas simplistes pour aborder un phénomène complexe. Une dramatisation souvent excessive entrave une action à long terme. » E.Debarbieux

Cette violence, si l’on en croit les études chiffrées, toucherait environ 10% des établissements. 10% c’est bien évidemment déjà trop car derrière la froideur et la limite des chiffres se cachent des réalités humaines.

Pour autant il me parait intéressant et sait-on jamais utile de considérer également les 90% restants; les établissements qu’on appellerait donc par opposition non-violents, quoique ce terme mériterait qu’on s’y attarde…

Et sans doute, à l’intérieur de ces 90% de non-violents trouverait-on un certain pourcentage d’établissements qui ont choisi délibérément d’intégrer le bien-être et le bonheur à l’école comme facteur d’efficacité et de productivité…Non pas un bonheur béât et satisfait, non pas un bien-être individualiste et superficiel, mais un bien-être et un bonheur indispensables et indissociables de toute activité humaine.

Curieux pari que celui de considérer le bonheur comme véritable stratégie, comme incontournable prérequis, comme enjeu vital. Et pourtant, tel est le parti pris au quotidien d’un grand nombre d’équipes et d’enseignants. Pour illustration, en février dernier un colloque organisé par l’académie de Paris, auquel j’ai eu la chance de participer, a même été réservé à ce sujet. Forum de discussions, échanges de pratiques, bilans d’expérimentations et synthèses de recherches sur ce thème à découvrir sur le site de l’académie.

Le sujet du bien-être est donc un sujet très sérieux, un cas d’étude, un domaine expérimental…

Est-il possible de dresser une typologie des établissements en question?

Est-il imaginable de parler d’ethnologie du bonheur en éducation?

Comment ces équipes ou ces enseignants s’y prennent-ils?

Quels projets éducatifs mettent-ils en place?

Quels types de coopération entretiennent-ils au sein de l’équipe éducative?

Quelles structures d’accueil ont-ils imaginé?

Quel travail d’équipe au service de quelles valeurs?

Quelles pratiques, quels rituels?

Le bonheur est un concept qui me semble intéressant tant il ouvre l’univers des possibles. Une des caractéristiques du bonheur est qu’il n’impose pas de modèle unique puisque chacun de nous a sa propre définition du bonheur, sa propre interprétation elle-même forgée à partir de ses propres expériences…Ces États généraux du bonheur à l’école, en plus d’être un clin d’œil impertinent à l’actualité du jour, se veulent être un lieu très sérieux d’échanges de pratiques éducatives fondées sur l’idée que le bonheur (vécu ou recherché) est indissociable de toute activité humaine; qu’il est à la fois moteur, enjeu et stratège…et que l’école, puisqu’elle est obligatoire, puisqu’elle est un lieu de vie, puisqu’elle est un lieu d’apprentissages et d’activités ne peut faire l’impasse sur cette question du bonheur…

J’ouvre donc ici très officiellement et très sérieusement ;-) les États généraux du bonheur à l’école, non par esprit de contradiction mais par souci de complémentarité. Prendre le sujet de la violence par un autre biais que celui de la violence…et tenter de mettre en évidence les facteurs de bien-être à l’école et leurs impacts sur le climat et les apprentissages solaires…Voir les autres sujets sur le même thème


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L’or-tôt-graff

27 03 2010

http://www.grandpalais.fr/upload/m_file/440_590_vignette_GDP_Logo_Mardis.jpg

Tous les mardis, le Grand Palais vous propose, en partenariat avec les Presses universitaires de France, d’assister à des conférences-débats pour des confrontations stimulantes d’opinions et d’analyses autour d’un modérateur. Les débats portent sur des thèmes liés à l’actualité culturelle et sont organisés en cycles de trois à quatre séances. Ils réunissent artistes, universitaires, ou spécialistes réputés, et sont suivis d’un échange avec le public. Lire la suite et accéder au programme par ici

Mardi 30 mars prochain, débute un cycle sur l’écriture qui s’ouvrira sur la question de l’orthographe…J’ai bien envie d’y faire un tour…et vous? Et si nous nous y retrouvions?

Les horaires? de 18h30 à 20h

Du blog au Grand Palais, il n’y a qu’un pas à faire…les parisiens n’auront pas d’excuse! Ci-joint le plan pour y accéder…

Eh s’y ont si à sauciait an semble…

A mardi ;-)

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Au printemps, que c’est beau la vie

20 03 2010

Hommage au Printemps, hommage à la vie, hommage au poète disparu…

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Corps à corps

11 03 2010

Grand corps malade ou « corps français traditionnel »?

Mon cœur lui bat plutôt au rythme de ces mots…

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A faire passer à Gérard Longuet…

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Oh la vache!

26 02 2010

http://www.coloriages-enfants.com/rubrique-animaux/images/gifs-animes/vaches/vaches-13.gif

Cliquez sur l’image pour avoir le son!

Et pour les petits curieux qui souhaitent réviser avant de se rendre au salon de l’agriculture, suivez le guide! Pascal Pick historien paléontologue nous raconte l’évolution de la biodiversité, du premier chien domestiqué à notre amie la vache! Sur mon autre blog…

Séquences pédagogiques

;-)




La violence et le bonheur

17 02 2010

Plus un enfant souffre et plus il faut l’aimer

Plus la violence est là et plus il faut l’accueillir.

Qui n’a jamais souffert?

Qui n’a jamais senti cette vague de violence le submerger?

La violence appartient à chacun de nous, elle est en chacun de nous, tapie, muette ou vive et irrépressible. La violence est un cri, un symptôme, une ultime pulsion de vie, un dernier rempart contre l’inhumanité.

Lutter « contre » la violence c’est détruire ce dernier rempart, c’est nier la maigre part de vie qui est à sauver, c’est bâillonner l’espoir de re-naissance et d’éducabilité, c’est refuser d’aimer celui qui tant besoin qu’on l’aime.

Alors quoi, on laisse faire? On applaudit? On se berce d’illusions? On fait comme si de rien n’était? On donne raison à la violence et on oublie les victimes de cette violence?

Comme chaque enseignant, comme chaque parent, comme chaque citoyen, je vis avec cette violence, je la subis ou je l’exerce, je la contourne ou je l’affronte. Je tente de faire avec. Faire avec, c’est accepter sans passivité, sans sentimentalisme, sans mollesse et sans démagogie. C’est être capable de dire Non, tu vois, là, tu as fais du mal et tu te fais du mal. Je ne peux pas te laisser agir ainsi. Mais je suis là et je t’entends.

Il ne faut pas nier la violence, il faut la nommer chaque fois qu’elle se présente, la reconnaître chaque fois qu’elle s’immisce dans nos vies, il faut l’entendre et la voir en face. Il faut être là, à côté d’elle, avec elle et surtout pas contre elle.

Être là.

Ne pas juger l’enfant mais lui ouvrir d’autres voies d’expression. La violence ne s’extrait pas comme une dent. Elle s’approche avec douceur, elle s’apprivoise avec tendresse, elle se confie avec empathie. Il faut enseigner le bonheur à ceux qui souffrent et font souffrir.Enseigner le bonheur et enseigner avec bonheur.

Oui, le bonheur.

Des cours de bonheur à l’école, voilà ce que je proposerais comme piste de travail si je devais participer aux futurs États généraux sur la violence.

D’autres articles sur le même thème:

  1. L’école pour vivre ensemble
  2. La violence sans tabou
  3. Médiations éducatives (1)
  4. Médiations éducatives (2)
  5. De l’acte violence à l’acte d’écriture

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Mano solo, je ne t’oublie pas

8 02 2010

Lu (et approuvé)  hier dans le Nouvel Obs:


« Une colonne! Une seule colonne pour annoncer le décès de Mano Solo! Quelle plaisanterie, et macabre! Un grand chanteur français vient de mourir, et voilà la place que le Nouvel Obs lui consacre! A côté de ça, il y a quelques temps, des tartines sur Johnny Hallyday! Je sais bien qu’on ne peut les situer sur le même plan: Johnny dit quelque chose de la société française, alors que pour Mano Solo il s’agit de poésie. Et je sais que la poésie n’est pas -pour reprendre une expression journalistique- un sujet « très sexy » C’est bien là tout le malheur de n’avoir qu’une colonne réservée à Mano Sol!

J-A Mazaud (internet) »


Je n’ai rien contre Johnny, je suis même assez fan, mais le fait est que le silence qui entoure la disparition de Mano Solo est troublant et révèle lui aussi, d’une certaine manière, un je ne sais quelque chose évocateur de la société française…

Mano, joue encore pour nous, chante pour nous, moi je te trouve très sexy!

http://www.dailymotion.com/videoxpdea





Albert Camus, une certaine idée de l’école

19 01 2010

Le 4 janvier dernier marquait le cinquantième anniversaire de la disparition d’Albert Camus, homme de lettres, homme d’idées, homme engagé, homme révolté, homme avant tout et par dessus tout. Ce billet est un hommage à son humanité et son humilité et à une certaine idée qu’il se faisait de l’école, de l’éducation, du savoir. Voici la lettre qu’il adressa à son instituteur au lendemain de son prix Nobel: (discours en lien)

19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,

J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé.
Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces.

ALBERT CAMUS

Dans son roman posthume « Le Premier homme » auquel travaillait Albert Camus au moment de mourir, l’auteur évoque avec tendresse et émotion ses souvenirs d’enfance, comme s’il n’avait encore que 6 ans ou 11 ans…Ce n’est qu’en 1994 que le texte sera publié sous sa forme initiale de brouillon inachevé rendant ainsi encore plus palpables les accents autobiographiques.

Morceaux choisis:

(…) Ensuite c’était la classe. Avec M. Bernard, cette classe était constamment intéressante pour la simple raison qu’il aimait passionnément son métier. Au-dehors, le soleil pouvait hurler sur les murs fauves pendant que la chaleur crépitait dans la salle elle-même pourtant plongée dans l’ombre des stores à grosses rayures jaunes et blanches. La pluie pouvait aussi bien tomber comme elle le fait en Algérie, en cataractes interminables, faisant de la rue un puits sombre et humide, la classe était à peine distraite. Seules les mouches par temps d’orage détournaient parfois l’attention des enfants. Elles étaient capturées et atterrissaient dans les encriers, où elles commençaient une mort hideuse, noyées dans les boues violettes qui emplissaient les petits encriers de porcelaine à tronc conique qu’on fichait dans les trous de la table. Mais la méthode de M. Bernard, qui consistait à ne rien céder sur la conduite et à rendre au contraire vivant et amusant son enseignement, triomphait même des mouches. Il savait toujours tirer au bon moment de son armoire aux trésors la collection de minéraux, l’herbier, les papillons et les insectes naturalisés, les cartes, qui réveillaient l’intérêt fléchissant de ses élèves. Il était le seul dans l’école à avoir obtenu une lanterne magique et, deux fois par mois, il faisait des projections sur des sujets d’histoire naturelle ou de géographie. En arithmétique, il avait institué un concours de calcul mental qui forçait l’élève à la rapidité d’esprit. Il lançait à la classe, où tous devaient avoir les bras croisés, les termes d’une division, d’une multiplication ou parfois d’une addition un peu compliquée. Combien font 1267 + 691. Le premier qui donnait le résultat juste était crédité d’un bon point à valoir sur le classement mensuel. Pour le reste, il utilisait les manuels avec compétence et précision… Les manuels étaient toujours ceux qui étaient en usage dans la métropole. Et ces enfants qui ne connaissaient que le sirocco, la poussière, les averses prodigieuses et brèves, le sable des plages et la mer en flammes sous le soleil, lisaient avec application, faisant sonner les virgules et les points, des récits pour eux mythiques où des enfants à bonnet et cache-nez de laine, les pieds chaussés de sabots, rentraient chez eux dans le froid glacé en traînant des fagots sur des chemins couverts de neige, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent le toit enneigé de la maison où la cheminée qui fumait leur faisait savoir que la soupe aux pois cuisait dans l’âtre. Pour Jacques, ces récits étaient l’exotisme même. Il en rêvait, peuplait ses rédactions de descriptions d’un monde qu’il n’avait jamais vu, et ne cessait de questionner sa grand-mère sur une chute de neige qui avait eu lieu pendant une heure vingt ans auparavant sur la région d’Alger.


(…) Seule l’école donnait à Jacques et à Pierre ces joies. Et sans doute ce qu’ils aimaient si passionnément en elle, c’est ce qu’ils ne trouvaient pas chez eux, où la pauvreté et l’ignorance rendaient la vie plus dure, plus morne, comme refermée sur elle-même; la misère est une forteresse sans pont-levis.


(…) Non, l’école ne leur fournissait pas seulement une évasion à la vie de famille. Dans la classe de M. Bernard du moins, elle nourrissait en eux une faim plus essentielle encore à l’enfant qu’à l’homme et qui est la faim de la découverte. Dans les autres classes, on leur apprenait sans doute beaucoup de choses, mais un peu comme on gave les oies. On leur présentait une nourriture toute faite en les priant de vouloir bien l’avaler. Dans la classe de M. Germain , pour la première fois ils sentaient qu’ils existaient et qu’ils étaient l’objet de la plus haute considération: on les jugeait dignes de découvrir le monde. Et même leur maître ne se vouait pas seulement à leur apprendre ce qu’il était payé pour leur enseigner, il les accueillait avec simplicité dans sa vie personnelle, il la vivait avec eux, leur racontant son enfance et l’histoire d’enfants qu’il avait connus, leur exposait ses points de vue, non point ses idées, car il était par exemple anticlérical comme beaucoup de ses confrères et n’avait jamais en classe un seul mot contre la religion, ni contre rien de ce qui pouvait être l’objet d’un choix ou d’une conviction, mais il n’en condamnait qu’avec plus de force ce qui ne souffrait pas de discussion, le vol, la délation, l’indélicatesse, la malpropreté (…)

D’autres extraits:




Voeux pédagogiques!

1 01 2010

« A la poursuite du trésor pédagogique de l’innovation. Une invitation au voyage pour tout enseignant , proposée par la Mission Académique Innovation et Expérimentation de l’académie de Paris. »

Merci à François Muller , responsable de la MAIE, pour cette initiative incitative, inventive et récréative!

En double-cliquant sur la vidéo vous pourrez l’agrandir au format écran. Et n’oubliez pas d’allumer vos enceintes!

A mon tour, je vous souhaite une année 2010 riche en découvertes et en redécouvertes! Innover, ce n’est pas forcément partir très loin, ce n’est pas non plus qu’une question de moyen ou d’arsenal technologique! Innover, c’est d’abord une histoire d’attitude et d’état d’esprit. Parfois, en changeant de quelques petits degrés notre angle de vue, l’horizon épouse de nouvelles perspectives. Juste quelques petits degrés…en longitude ou en latitude…libre à chacun d’orienter son regard, d’expérimenter de nouvelles voies et de conquérir de nouveaux espaces. Un seul verbe peut-être sans lequel rien n’est vraiment possible: le verbe OSER

Pour cette nouvelle année, osons!

Osons transmettre le goût de l’audace!

Osons voir ce qui est à portée de vue mais qu’il nous est parfois confortable d’occulter…

A chacun donc, je souhaite une audacieuse année 2010!




Etablissement formateur…késako?

24 11 2009

Qu’est-ce qu’un établissement formateur ou une organisation apprenante? Un petit tour d’horizon en quelques citations.

« …les élèves apprennent mieux si l’enseignant lui-même est en démarche d’apprentissage et de recherche , si l’établissement est un établissement apprenant »
André Blandin, interview pour Projecture

« …tout, dans un établissement, est formateur. Absolument tout : de la manière dont les élèves sont accueillis le matin à la porte jusqu’à la façon dont est organisé le self, en passant, bien sûr, par le règlement intérieur, le rapport avec les personnels de service, l’accueil des parents, les relations avec l’environnement, etc. L’éducation des élèves ne se réduit pas à la juxtaposition d’enseignements : elle se construit dans un établissement où le moindre geste fait sens, où l’ensemble de ce qui se fait est mis en cohérence, ressaisi dans un projet (…) C’est là où se jouent, à la fois, le sort de chaque élève et notre destinée commune. » Philippe Meirieu, postface à Diriger autrement un établissement scolaire

« L’établissement formateur met constamment tout en œuvre pour que tous ses collaborateurs puissent bénéficier d’une facilitation de l’émergence, de la reconnaissance et de la valorisation de leurs compétences et d’une facilitation du développement et de l’accroissement de celles-ci. » Odile Brouet

« l’organisation du travail doit être une ressource pour développer le pouvoir d’agir de ceux qui sont en première ligne »
Yves Clot, CNAM

Les organisations apprenantes … sont des « organisations à l’intérieur desquelles les divers acteurs élargissent continuellement leur compétence à produire les effets qu’ils souhaitent » Monica Gather Thurler

« une organisation apprenante est un système d’action, de conduite de l’action et d’apprentissage collectif, qui apprend en permanence, capitalise ses connaissances, ses savoir-faire et ses compétences pour les transmettre et se transformer volontairement pour atteindre ses objectifs, en fonction des évolutions de son environnement, de ses ressources, de la culture et des représentations des groupes d’acteurs » Alain Bouvier

Merci à Nicole Priou pour ces interventions à la fois riches et porteuses de projets à bâtir…

Et pour terminer 7 verbes qui interrogent nos structures actuelles

accueillir

informer

accompagner

observer

conseiller

former

évaluer


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Maîtres Associés à la Formation

22 11 2009

Je vous avais promis un petit bilan synthèse de ma semaine de formation. Formation initiée l’an dernier sous l’appellation de Maître d’Accueil en charge de l’accompagnement des stagiaires et redimensionnée cette année dans la perspective de la nouvelle réforme de la formation des enseignants. Nous voilà donc, mes collègues de stage et moi-même missionnés en tant que futurs Maîtres Associés à la Formation.

De quoi s’agit-il exactement?

Les IUFM disparaissent… Les étudiants, lauréats d’un Master 2 se verront automatiquement attribués un poste à l’année dans nos écoles, sans autre forme de formation que celle reçu à l’université. Beaucoup de savoir savant…mais quelles compétences opérationnelles? Charge donc à l‘établissement d’accueil et à l’équipe en place de recevoir, accompagner et former ces nouveaux enseignants. Une fois la polémique (essentielle et vitale) dépassée nous voilà donc face à un défi majeur dont il va bien falloir se saisir. Rester sur le bord du chemin ne ferait qu’accentuer les difficultés de chacun à commencer par celles de nos élèves!

L’objectif général de ce  stage consiste donc à réfléchir à cette nouvelle donne en appréhendant le concept d’établissement formateur appelé également organisation apprenante. De nombreuses questions se posent et s’imposent d’elles-même à la fois en terme d’organisation et de management.

  • Quelles répercussions sur nos structures?
  • Quels impacts sur le type de gouvernance?
  • Quels enjeux pour les équipes en place?
  • Quels besoins de formation en intra?
  • Quelles personnes ressources sur place?
  • Quels outils d’accompagnement construire?

Bref, comment mettre en œuvre la professionnalisation de nos collègues à venir et comment les accompagner au mieux dans leurs nouvelles tâches?

Une de nos missions centrale consistera à l’observation en vue d’un tutorat constructif. Vaste chantier! Je passe sur les questions organisationnelles….  du type….Qui prendra en charge ma classe lorsque je serai aux côtés du néo-titulaire? et je vous propose ici une première ébauche de support d’observation de séance. Support permettant à la fois un repérage circonstancié de faits et la mise en place d’une approche réflexive de part et d’autre, accompagnant-accompagné, partant du principe de base qu’accompagner et guider ne doit aucunement se résumer à ce type de formulation… »Là tu as fait… moi j’aurais fait… »!

Voilà donc sous forme de carte heuristique une première organisation possible d’observation de séance. N’hésitez pas à me faire parvenir vos critiques et vos suggestions. Elles seront les bienvenues!

9 entrées pour une observation constructive

en vue d’un entretien d’accompagnement

Cliquer pour agrandir l’image

Observer et accompagner

Sur ce sujet, un groupe de réflexion vient d’ouvrir ses portes sur facebook

Rejoignez-nous, vous y êtes invités!

en 1 clic sur le nuage…




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Les droits de l’enfant

14 11 2009

Le 20 Novembre prochain, le monde entier verra célébrer le vingtième anniversaire de la Convention internationale des Droits de l’enfant. Une date, une reconnaissance, un texte…une Convention qui au delà du devoir d’être lue et connue de tous exige avant tout un engagement au quotidien de chacun de nous, qu’on soit père, mère, professeur ou tout autre adulte-citoyen responsable. Il y toujours un enfant quelque part tout près de nous ou plus loin dans notre entourage; l’enfant d’un voisin, celui d’un ami, l’enfant d’à côté, celui qu’on croise le matin ou qu’on aperçoit dans la cage d’escalier…N’est-ce pas à lui prioritairement que ce texte s’adresse?

Lire la suite de l’article sur mon autre blog…

http://lewebpedagogique.com/images/ostiane3.jpg




Faites l’appel, pas l’école!

4 10 2009

Une mesure qui fait polémique…

Voici un extrait de l’article de L’Expansion daté du 02 0ctobre 2009

« Peut-on payer les élèves pour les empêcher de sécher les cours? »

L’Académie de Créteil expérimentera à partir de lundi prochain un système de rémunération pour mettre un terme à l’école buissonnière. La polémique fait rage.

Comment ça marche ?

Selon l’assiduité des élèves en effet, la tirelire gonflera de 1200 euros tous les deux mois. Une somme à laquelle viendra se rajouter les 800 euros d’une   »note de vie de classe » satisfaisante. Si les élèves réalisent un parcours sans fautes, la mise pourra atteindre 10 000 euros à la fin de l’année. Dans tous les cas, les classes repartiront de toutes façons avec la cagnotte de départ, soit 2000 euros.

Ou ira l’argent ?

L’argent ne sera en aucun cas redistribué individuellement. C’est une expérimentation « à la fois collective et responsabilisante », rappelle Jean-Michel Blanquer, le recteur de l’Académie de Créteil, interrogé par Le Parisien. Ainsi, la somme récoltée aidera les écoles à financer des projets de groupe onéreux comme des voyages de classes, des cours de code de la route, des créations d’associations ou d’entreprises, des actions sociales, des achats de matériels…

Pourquoi cette expérimentation fait polémique ?

Lire le reste de l’article sur le site de L’Expansion.com

Ma petite contribution version bleu primaire

Plusieurs choses me gênent dans cette mesure :

1/ Elle est plaquée du haut vers le bas. Ainsi présentée, elle retire aux élèves toute prise en charge authentique du projet. Tout au plus les jeunes vont-ils participer séduits bien naturellement par le résultat financier plutôt que motivés par un besoin exprimé. Les règles du jeu, il faut l’avouer, sont alléchantes:

Ne faites rien vous gardez la mise de départ. Ne séchez plus, vous gagnerez davantage…

Drôle de discours dans la bouche d’enseignants et curieuse conception de leur rôle d’éducateurs. Cela étant dit, nous n’auront plus à nous soucier de la valeur des activités proposées et de notre capacité à susciter l’intérêt de nos élèves…Ne confond-on pas ici stimulation et motivation ? On stimule les ânes, on motive les hommes. L’éducation engage la personne; le dressage formate l’individu.

Et l’école quelle voie choisit-elle ?

2/ Elle est pernicieuse. Avec la bénédiction de Mère Bonne Conscience et sous le déguisement de l’engagement éducatif et collectif, on se livre en réalité à une course-achat dont les vainqueurs seront récompensés par des crédits éducatifs. L’objectif étant de gagner des cagnottes pédagogiques estimées en  milliers d’euros, on place les classes en situation de compétition les unes vis-à-vis des autres. Le schéma du « que le meilleur gagne » l’emporte à nouveau sur l’idée que ce meilleur pourrait aider son voisin…Mais on garde la tête haute puis que c’est pour l’éducation ! Et tant pis pour le voisin, la voisine en l’occurrence puisqu’il s’agit de classe, si elle ne part pas en semaine-découverte puisqu’elle n’a pas gagné ce droit! La faute à qui? A celui qui ne s’est pas plié aux règles. Attention, lynchage en perspective…

Au fait, depuis quand l’éducation se mérite-t-elle ?

3/ Elle est perverse. Transformer le nombre d’heures de présence scolaire en kilos d’euros éducatifs me semble une idée totalement contradictoire avec l’idée même d’éducation à la responsabilité. On fait naître dans l’inconscient du jeune que la présence se substitue au travail et que ce soit disant travail mérite récompense. Dans la même logique, il pourra professionnellement tenir le livre de compte de ses heures de présence et ce quelle que soit l’authenticité de la tâche effectuée ou non et réclamer ainsi le salaire qui lui est dû en dehors de toute réalité actée et significative.

4/ Elle va à l’encontre du rôle d’humanisation qu’il me semble que l’école doit jouer. Plutôt que d’éveiller nos jeunes à une certaine solidarité cachée, à l’acte gratuit, à l’engagement désintéressé, on s’occupe à développer chez eux l’appât du gain publiquement glorifié. Si la famille et l’école ne trouvent pas en leur sein les ressorts et les moteurs qui permettent de développer cette culture de la responsabilité, du service donné, de l’acte gratuit, qui le fera ? L’entreprise ? Le système ? Bof…

Pour aider les jeunes à se construire et à donner un sens à leur existence, l’école doit-elle leur apporter des réponses économiques ou doit-elle développer chez eux la quête de ressources disons…plus humaines?

Le problème, et il est de taille, c’est que l’école est obligatoire, que la majorité des élèves s’y ennuie et que rien ne leur assure une sortie compensatoire…

Le questionnement reste donc ouvert!

Comment transformer cette obligation institutionnelle en obligation personnelle?

Comment passer du temps de présence aux situations d’apprentissages?

Comment les aider à donner du sens à leur histoire et de la valeur à ce sens?


Alors, on fait l’appel ou on fait l’école?