C’est quoi encore le problème?!

27 09 2011

A vos agendas! Ou plutôt, devrais-je dire: à vos télécommandes!

Ce soir, sur Arte, sera diffusé un documentaire inédit sur la relation école-famille. L’ironie du calendrier a voulu que ce film soit programmé le soir même du jour de la première grande mobilisation du monde enseignant en cette rentrée scolaire 2011-2012…Les enseignants dans la rue: effet communication de masse assuré mais effet communication dialoguée assez restreint.

Pied de nez ou acte manqué? Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut nier que cette délicate relation se construit également par le biais de cette réalité concrète vécue par les familles lors de ce genre de situation. D’où ce petit billet du jour.

« Bon, et ce matin, je fais quoi, moi?

Et surtout je fais comment avec mon fils sur les bras, avec ma fille en vadrouille?

Et puis, c’est quoi encore le problème?

Et oui…C’est quoi le problème?

Entre ce que l’on croit, ce que l’on présuppose, ce que l’on a entendu dire sur le trottoir de l’école d’en face et ce que l’on ignore totalement par manque d’information et abus de désinformation, l’espace laissé aux familles au libre vagabondage d’un imaginaire fantasmagorique très fécond est bien souvent la première source d’incompréhension, de quiproquo voire de conflits potentiels.

Nous, professionnels de l’éducation sommes bien au fait des réalités qui nous contraignent au quotidien, mais les parents, qui vivent d’autres réalités dans d’autres espaces ne sont pas susceptibles de connaître et donc de comprendre le pourquoi du comment d’un mouvement de grève et de protestation. Ce n’est pas parce qu’ils déposent tous les jours leurs enfants au portail de l’école ou qu’ils signent les cahiers de correspondance de leur collégien qu’ils sont censés savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur de cette école, de ce collège, de ce lycée, de cette boite noire qu’est encore bien trop souvent l’établissement scolaire. D’où représentations, fantasmes, impatience, exaspération, colère…

« C’est quoi encore le problème »

Alors voilà, en vrac et dans le désordre, voici donc quelques éléments problématiques:

1/ Les problèmes vus du côté des élèves:

  • rythmes scolaires inappropriés = fatigue
  • classes surchargées = écoute personnelle refusée
  • accueil inadéquat des enfants à besoins particuliers = violence psychique et physique
  • disparition progressive du personnel spécialisé = aide spécifique impossible
  • locaux et matériel inadaptés = climat de vie scolaire perturbé
  • incohérence des évaluations en général et des évaluations nationales en particulier = rupture de confiance
  • inadéquation des programmes = incompréhension
  • mise en concurrence face à l’idée de réussite scolaire = stress

Bref, un non respect des spécificités physiologiques, psychologiques et cognitives de l’enfant et un manque de prise en compte des différentes étapes liées à son bon développement entrainant de fait un sentiment de solitude, d’exclusion et d’abandon d’un grand nombre d’entre eux qui se sentent au quotidien, blessés dans leur intégrité physique et intellectuelle et rejetés par l’ensemble des adultes et des quelques camarades, plus normés qu’eux.

2/ Les problèmes vus du côté des enseignants:

  • suppression de la formation initiale = violence faite aux jeunes néo-titulaires
  • injonctions paradoxales à tout va = confusion
  • réformettes successives au petit bonheur la chance = exaspération
  • déficit d’accompagnement des équipes éducatives = sentiment d’abandon
  • inexistence de gestion des ressources humaines = démotivation
  • manque de stabilité des équipes en place = désengagement
  • pression de plus en plus forte face à la notion de réussite scolaire = stress

Bref, un non-respect tant de la personne que du professionnel, un manque de soutien au niveau des équipes d’établissement entrainant de fait, là aussi, un sentiment de solitude, d’impuissance et de culpabilité des enseignants face à l’exclusion d’un nombre de plus en plus conséquent de jeunes considérés par le système comme inaptes au système. Car oui, pour la grande majorité d’entre nous, faut-il le rappeler,  nous avons choisi ce métier, cette fonction, cet engagement humain non pour exclure, cloisonner, sectoriser, niveler, formater, dresser des futurs lauréats mais pour ouvrir des chemins, soutenir des passions, élargir l’accès aux savoirs, rendre  belle l’expérience de l’apprentissage, aider au surpassement de soi et non des autres, faire grandir la personne qu’est l’élève, dans toutes ses dimensions et pas seulement dans sa dimension de futur rouage économique au service du marché économique.


Notre grand malheur en fin de compte -c’est ainsi que je le ressens, et c’est ainsi me semble-t-il qu’une grande partie d’entre nous le ressent également- notre problème donc, c’est que nous sommes partie intégrante du problème; plus que de simples maillons, nous incarnons ce système, nous le servons, nous l’exploitons même. Au lieu de servir l’enfant, oui, nous servons le système. Et c’est ce qui à mon sens devient le plus insupportable. C’est la cause de nombreuses démissions, de nombreuses dépressions, de nombreuses démobilisations. D’où la mobilisation de ce jour. Les enseignants se mobilisent pour éviter la démobilisation générale.

Il me semblait important aujourd’hui, d’exprimer cela aux familles, pour qu’elles comprennent, pour qu’elles soutiennent ou au contraire pour leur laisser le choix de ne pas être d’accord, en connaissance de cause.

Mais revenons-en au point de départ de cet article. La relation parents-profs…

Petit retour en arrière: en juin dernier, Isabelle Cottenceau, journaliste et réalisatrice pour Arte, me contacte en vue de me rencontrer. En effet,  à l’occasion de la préparation de cette émission, et en marge du film lui-même, elle souhaitait recueillir le témoignage de plusieurs acteurs de terrain. Une manière de mener l’enquête au plus près du réel. A la fois enseignante, maman d’élève et formatrice sur ce thème délicat, j’ai en effet quelques idées sur la question. Modeste contribution, certes, mais contribution de terrain. Ainsi, nous avons longuement échangé au soleil autour d’un petit café. Et je l’avoue, ce soir, je suis impatiente de voir et d’écouter le résultat de son reportage.

Je constate en passant, que l’affichette humoristique (voir ci dessus) que je lui avais laissée en souvenir de notre café-rencontre a fait mouche puisqu’elle est en parti reprise dans le titre d’une des séquences de l’émission.

Ce soir il sera question, entre autre chose, du projet de l’école Pajol que j’ai eu par ailleurs l’occasion de rencontrer lors de mes pérégrinations formatives. Une équipe éducative située dans le quartier de la goutte d’or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Cet établissement, de par son projet innovant en matière d’accompagnement éducatif fait partie des établissements qui entrent dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école promulguée en 2005. Ce statut particulier donne le droit à l’école d’expérimenter et de mettre en place une organisation particulière au plus proche de ses besoins, c’est à dire au plus proche des besoins des familles qui lui ont donné leur confiance et confié leurs enfants, nos élèves.

Au cours de l’émission, nous voyagerons également en Allemagne. Et pour finir, en fin de soirée, Philippe Meirieu débattra sur le sujet de la relation parents-profs avec un autre invité d’honneur venu d’Allemagne, Christan Füller

En guise de conclusion et d’invitation pour aller plus loin:


Alors, à ce soir 😉

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Quelle(s) place(s) pour les parents à l’école?

13 10 2010

Introduction

Des parents à la rencontre d’autres parents pour parler de l’école et chercher ensemble comment y trouver un espace reconnu au service d’une écoute réciproque et d’une parole légitime.

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Partie 1

« Quand on parle des parents c’est souvent en négatif… »

Changer de discours pour changer de regard

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Partie 2

« Quand on parle des parents on entend souvent dire que ce sont toujours les mêmes que l’on voit à l’école… »

Reconnaître les compétences des parents pour valoriser les personnes et susciter une dynamique constructive

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Partie 3

« Quand on parle des parents on entend souvent dire qu’ils ne s’intéressent qu’à leur enfants. »

Impliquer les parents dans les décisions et la communication interne pour développer les savoir-faire collectifs

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Partie 4

« Quand on parle des parents on entend souvent dire qu’ils sont insouciants. »

Créer un cadre et un espace privilégié pour réduire l’isolement de certains parents dans l’intérêt de tous les élèves

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Conclusion

A chacun de trouver sa place et de donner une place à chacun

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Réunion de parents

18 09 2010

AgendaTraditionnel rendez-vous de début d’année, la réunion de parents constitue un deuxième élan pour consolider la bonne mise en route de la vie de classe.

Réunion d’information certes,  mais également point d’ancrage d’un partenariat éducatif essentiel à la réussite des élèves et à la cohésion du groupe. Il s’agira d’aborder les points suivants:

  • présentation personnelle et professionnelle
  • composition de la classe et accueil des nouvelles familles
  • retour général sur la première prise de température du groupe-classe
  • emploi du temps hebdomadaire et organisation d’une journée type
  • premiers rituels mis en place
  • consignes d’ordre méthodologique
  • explicitation des règles de vie
  • aperçu du panorama des points de programme
  • projets particuliers et sorties envisagées
  • type de pédagogie utilisé
  • mode d’évaluation
  • espaces réservés à l’accompagnement personnalisé des élèves
  • disponibilités pour les entretiens individuels avec les familles
  • conseils relatifs à l’aide attendue des parents
  • autres, divers, questions…

Des mots-clés: soutien, confiance, contrat, travail, groupe, apprentissage, autonomie, régularité, rythme, ambiance, exigence, respect, partenariat.

Pour ce qui me concerne, ma réunion aura lieu mardi soir et l’essentiel des échanges portera sur le nouveau mode d’évaluation des élèves; en effet, nous passons d’un bulletin scolaire assorti de moyennes chiffrées à un guide de suivi des acquis des élèves. Plus de notes donc mais un repérage précis des différentes compétences à acquérir au cours de l’année. Ce nouvel outil de lecture du parcours scolaire de l’enfant devrait permettre à chacun (enseignant-parent-enfant) de mieux suivre et comprendre les progrès réalisés et les difficultés persistantes dans une logique de construction progressive des savoirs.

Sur ce sujet, lire également l’article « Évaluer, un mot à la mode »

Et vous, votre réunion de début d’année, vous l’envisagez de quelle manière?

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Devoirs du soir pour parents « zens »

15 09 2010

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, il y a comme un air de déjà vu déjà vécu

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Bon, c’est pas tout, mais nous sommes mercredi et les devoirs m’appellent…

😉


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Fenêtre ouverte sur salle de classe

18 08 2010

Les parents à l’honneur

Comment associer la première communauté éducative que sont les parents au projet éducatif et pédagogique des enseignants ? Comment donner du sens au projet de vie de l’enfant-élève en intégrant dans nos structures scolaires des échanges authentiques entre les familles et les enseignants ? Comment préparer l’orientation des jeunes en étroite collaboration avec leurs histoires personnelles et la multiplicité des réalités professionnelles ? Comment faire travailler ensemble parents, enseignants et jeunes avec le souci de favoriser le développement des compétences collectives ?

Voici un ensemble de questions qui posent à nouveau la question du sens de la coopération entre l’école et les familles. Enseignante au cycle 3 de l’école primaire, et mère de 4 enfants scolarisés en élémentaire, au collège, au lycée et à l’université, je me suis toujours interrogée sur les modalités et les dispositifs à mettre en place au sein des établissements du premier comme du second degré pour favoriser ce nécessaire partenariat éducatif. En ce presque début d’année scolaire, je souhaitais, une nouvelle fois, témoigner d’une expérience mise en place dans ma classe il y a de cela deux ans et qui ne demande qu’à être pérennisée et renouvelée au primaire comme au secondaire. Des parents m’en ont refait la demande, des élèves m’ont sollicitée, des collègues souhaitent s’y associer. De quoi s’agit-il exactement ? D’un forum des métiers entièrement géré par les parents volontaires.

  • Comment ça marche:

Sur la base d’un calendrier à remplir par les parents, j’ai proposé à chaque famille la possibilité de venir témoigner en classe de leur métier, d’une activité, d’une passion ou d’une expérience de vie particulière.

  • Objectifs de cette démarche :

– Associer le parent, non comme « parentdélève » mais comme adulte témoin, acteur et passeur de savoirs et de compétences

– Ouvrir le champ des connaissances en matière de réalités externes à l’institution scolaire

– Favoriser une coopération active entre parents et enseignants

– Ouvrir l’école sur son environnement proche

– Responsabiliser les adultes dans une démarche de co-éducation

– Mettre en projet des jeunes en fin d’école primaire

  • Dispositif proposé :

– Périodicité d’une présentation hebdomadaire entre mars et juin

– Créneau moyen d’une heure trente pour chaque intervention

– Possibilité de grouper deux ou trois parents dont les activités professionnelles sont complémentaires

  • Cahier des charges à respecter :

Associer présentation du métier et mise en activité des enfants (avec aide de la maîtresse si besoin !)

  • Nombres de participants : 11 volontaires sur un total de 32 familles

  • Métiers présentés :

– Chef d’orchestre

– Scénariste

– Comédien

– Machiniste

– Constructeur ferroviaire

– Inspecteur des douanes

-Brocanteur

– Responsable de Marketing

– Publiciste

– Dentiste et orthodontiste

  • Effets produits chez les élèves :

Curieusement, de nombreux enfants n’ont pas idée de l’activité professionnelle de leurs parents. Papa est au bureau, maman est au travail…Les jeunes n’ont pas conscience des réalités concrètes qui se cachent derrière cet espace-temps qu’ils ne partagent pas et dont ils n’ont aucune vision précise. Où disparait maman après m’avoir déposé au portail ? Où va papa lorsqu’il part en voyage ?

Le fait d’entendre, de partager et de vivre des études de cas précis en classe leur aura permis de découvrir non seulement des facettes de la vie professionnelle en général mais plus encore de nouvelles facettes identitaires de leurs parents. Découverte et fierté entremêlées…Et pour certains, invitation au rêve et au voyage…Quand je serai grand, je serai…

  • Retour des parents :

– Plutôt favorables à l’idée de participer à ce moment de vie authentique

– Heureux de voir la classe de l’intérieur

– Surpris de découvrir leur enfant sous un angle différent

– Satisfaits d’être pris au sérieux pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’on attend qu’ils soient…

  • Témoignage en direct : Paroles de papa

Il y a 2 ans Mme Mathon, institutrice de ma fille Eva, a exprimé la demande suivante :

« Souhaitez-vous présenter votre métier à la classe de votre enfant ? ».

Je dois avouer que j’ai été tout d’abord un peu réticent, ne voyant pas d’emblée l’intérêt que comporterait la présentation de mon métier.

A la réflexion, et après avoir discuté avec ma fille, il m’a paru intéressant pour des jeunes écoliers de découvrir la panoplie des différents métiers existant et surtout de les leur présenter, sous toutes leurs facettes, et pas seulement la 1ère perception qu’ils pourraient en avoir.

Afin de me préparer, je me suis rapproché d’un collègue qui effectue ce type de présentations aux écoliers, collégiens et lycéens de quartier difficiles et je l’ai invité à y participer.

Le jour de la rencontre avec la classe de ma fille, j’appréhendais cette présentation comme un écolier qui passe un examen. Bien que préparé, au moment venu, saurais-je répondre à toutes les questions, de façon complète et compréhensible ? Ne vais-je pas les ennuyer ? Et très vite les « pourquoi-comment » ont démarré. Un peu surpris au départ par la précision des demandes, cette demi-journée s’est finalement très bien passée, j’ai été impressionné de l’intérêt qu’ont porté les écoliers sur mon métier et mon entreprise. Quant au collègue qui m’accompagnait, il n’a trouvé que des éloges à faire pour la classe. Il était lui aussi impressionné par la discipline, l’écoute, le respect et la sincérité de ces écoliers.

J’ai trouvé cette expérience intéressante et enrichissante, non seulement pour les enfants dans leur connaissance du monde du travail, mais encore pour moi-même, pour prendre conscience de leurs attentes ou de leurs perceptions parfois erronées.

Je pense que ce type d’expérience mérite d’être renouvelée et espère que de nouveaux parents, dans des professions très diverses, accepteront d’y participer.

Monsieur Guillermo LOPEZ

Ce que ne dit pas Monsieur Guillermo dans ce beau retour d’expérience, c’est la nature de ce fameux métier qu’il est venu nous présenter et l’aventure extraordinaire qu’il nous a fait partager. Machiniste à la RATP, non seulement Monsieur Guillermo nous a magnifiquement exposé son entreprise mais pour aller plus loin encore, il nous a embarqué au fil des rues de Paris dans un bus spécialement réservé pour la classe jusqu’au Terminus d’Aubervilliers. Là, nous avons visité les ateliers de remise en état, les entrepôts de matériel et les bureaux. Nous avons vu les bus par-dessous et par-dessus, en pièces détachées et en rénovation. Nous avons pénétré dans l’envers du décor…Oui, c’était un moment rare, exceptionnel. Pour sa fille, pour tous les enfants et pour moi-même. Merci Monsieur Guillermo. Merci pour cette passionnante et instructive demi-journée.

  • Bilan personnel de cette expérience:

Il est apparu, durant ce troisième trimestre, période de ce forum des métiers, une nouvelle cohésion de classe, une nouvelle ambiance, une nouvelle dynamique. Les vendredis, d’habitude si redoutés, sont devenus des points de rendez-vous attendus et appréciés de tous, et sur les trottoirs de l’école, on entendait des parents échanger sur leur expérience vécue en classe. Pour eux, comme pour moi, une autre manière d’envisager l’école et le partenariat éducatif venait d’émerger. Un partenariat fondé sur le partage des savoirs et des pouvoirs, sur la complémentarité des différents acteurs, sur la coopération entre les personnes, sur la base d’un co-apprentissage.

Parallèlement à cette initiative, ici même sur Blog Bleu Primaire, je donnais à voir les différentes expériences vécues en classe au fil du temps. Une façon pour moi de prolonger les échanges hors du cadre scolaire et de valoriser les interventions des parents. Investis d’un nouveau pouvoir d’agir, les parents et les enfants se sont associés à ce nouveau projet…qui demeure encore d’actualité.

J’ai été impressionnée de voir à quel point les parents se sont engagés dans leurs actions. Chaque intervention était ponctuée d’activités riches, diverses, concrètes et actives. Travail en petits groupes, mise en situation, jeux de rôles, activités créatrices…J’ai découvert des parents pédagogues…Et j’ai appris une foule de choses ! Tant de métiers, tant de talents, tant de compétences

  • Quelques exemples d’activités proposées, gérées et assumées par les parents :

Le forum des métiers s’est ouvert en la majeur…Avec le papa de Paul, chef d’orchestre nous avons parcouru les lignes d’une partition manuscrite géante, tenu la baguette et battu la mesure. Rythme et tempo se sont invités en classe et chaque enfant a pu s’essayer à l’exercice de ce métier « social » pour reprendre les termes de Monsieur Pellivani. Ecoute musicale bien sûr mais aussi et surtout discussion autour du métier de « chef ». Être chef, c’est accorder les yeux, les gestes, les oreilles et les cœurs de chacun pour offrir la plus belle interprétation possible. Belle leçon d’éducation musicale certes, mais plus encore, magnifique témoignage du vivre ensemble. Paul était fier et heureux de la présence de son père parmi nous. Très souvent en tournée autour du monde, ce matin là, il était en tournée à l’école, dans son école, dans sa classe. Un beau cadeau.

D’autres actions sont à découvrir en suivant ce lien: Forum des parents.

  • Limites de l’expérience :

De nombreux parents vivent des situations personnelles et professionnelles très complexes, certains sont au chômage ou ont décroché depuis plus ou moins longtemps de la sphère sociale et professionnelle. D’autres enfin ne maîtrisent pas suffisamment le français pour oser franchir la frontière scolaire et venir témoigner. Il est de la responsabilité de l’institution de trouver et d’inventer des passerelles qui leur permettront, eux aussi, de prendre la parole, d’exister, de valoriser ce qu’ils sont. En leur redonnant ce « pouvoir-être », on leur permettra à nouveau de se saisir de leur autorité éducative, de leur légitimité à éduquer, à accompagner leurs enfants, à jouer pleinement leur rôle de parent. Les parents n’ont pas déserté la sphère éducative. C’est l’image négative et dépréciative qu’on leur renvoie d’eux-mêmes qui les en éloigne peu à peu et pour certains les en exclue totalement. Un père sans activité professionnelle, une mère célibataire, une famille immigrée s’interdisent bien souvent d’exercer leur droit, leur devoir, leur pouvoir parental sous prétexte qu’ils se perçoivent comme illégitimes au regard des normes sociales, culturelles, scolaires…Ils pratiquent alors bien involontairement ce que je qualifierais  l’inconsciente autocensure éducative . En associant ces familles à des actions de co-éducation, en cessant de les exclure ou de les infantiliser, on travaille à resserrer les liens entre parents, enfants et enseignants et on offre aux jeunes un exemple de cohésion adulte et constructive, condition essentielle pour la confiance, le bien-être et la réussite des élèves…

  • Conclusion :

Avant même de parler d’orientation au second degré, il paraît incontournable de mener dès les petites classes des actions de découvertes, d’invitation, d’incitation. On apprécie souvent la saveur des choses après les avoir goûtées plusieurs fois…Comment peut-on imaginer choisir une voie professionnelle du jour au lendemain, sous prétexte qu’il est l’heure, qu’on a 16 ans et que l’institution a décidé pour vous que c’était  le moment? La vie professionnelle est une course au long court. Si elle se construit sur le tas chaque jour davantage, elle se prépare bien avant  l’âge limite requis . Attention, il n’est pas question ici de s’agiter dès le primaire autour de l’idée d’une pré-orientation précoce, ce serait se tromper à la fois d’objectif et de stratégie et faire fi de ce qu’est un enfant. Plutôt, il faut considérer cette période  primaire , comme une période privilégiée car propice à l’émerveillement et au questionnement ouvert et sans limite et s’en saisir ainsi pour multiplier les occasions d’éveil à l’environnement et d’incitation au rêve. La capacité d’ouverture du jeune enfant âgé de 7 à 11 ans est bien supérieure à celui de l’adolescent, focalisé quant à lui sur d’autres centres d’intérêt qui lui réclament alors toute son énergie…

Enfin, pour conclure ce témoignage j’insisterais à nouveau sur cette idée qu’on ne peut, qu’il s’agisse de la simple découverte des métiers au primaire et plus tard, de l’orientation au collège et au lycée, faire l’impasse ni sur la mutualisation des compétences collectives ni sur l’histoire personnelle de chacune des familles. C’est pourquoi il m’a paru utile de témoigner de ce type de dispositif impliquant les parents eux-mêmes. Dispositif très simple à mettre en place et fort éclairant dans de nombreux domaines. On y apprend des enfants, on y apprend des parents, on y apprend des autres et de soi-même.

On apprend à l’école, oui, mais on n’apprend pas qu’à l’école et surtout il est grand temps que l’école accepte, elle aussi, d’apprendre des autres…

C’est ce que j’ai tenté de faire vivre dans mon ouvrage

« Un projet pour repenser les relation parents-enseignants »

D’autres ressources sur le thème des relations parents-profs

1/ Le site de Jacques Nimier:

2/ Le réseau d’échanges de pratiques pédagogiques E.P.P.E.E

3/ Le magazine Psychologie.com

4/ Une vidéo de Philippe Meirieu sur Curiosphère

5/ Une interview de Jean-Louis AUDUC

6/ Un dossier complet sur le site EduScol

7/ Le site « Mieux vivre ensemble à l’école »

8/ Des liens sur EducaSource

9/ …A vous de nous signaler vos pratiques, vos questions et vos ressources

😉

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Evaluations nationales

9 05 2010

A trop vouloir enseigner on perd de vue l’essentiel, l’apprentissage.
A trop vouloir contrôler on perd de vue l’essentiel, le temps de l’apprentissage.
Demain commencent les évaluations nationales pour tous les écoliers de France inscrits en CE1.

Je pense à eux, à leurs familles, à leurs enseignants…

En PDF les questionnaires de mai 2009


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L’apprentissage des règles scolaires 1

16 04 2010

Le règlement scolaire ou l’histoire d’un grand malentendu

Lorsqu’ils découvrent un nouvel établissement, une nouvelle classe ou tout simplement un nouveau professeur, les élèves découvrent également de nouvelles règles de vie. De ce postulat qui relève de l’évidence, deux axes de réflexion bien souvent trop vite écartés me semblent pourtant incontournables. C’est pourquoi j’ouvre aujourd’hui une petite chronique consacrée à ce thème d’une actualité brûlante qu’est celui de l’autorité.

Le premier axe que nous  tenterons d’aborder aujourd’hui, concerne la manière dont l’adulte (enseignant ou responsable légal de l’enfant) va permettre au jeune de se saisir de ces règles qui pré-existent; règles inconditionnelles qui font figure de loi et qui fondent la pérennité de toute vie en collectivité. Le second axe privilégiera la façon dont le professeur peut engager les élèves dans la prescription de nouvelles règles auto-proclamées d’ordre public. Cette seconde voie donnera lieu à la mise en place de règles secondaires mais tout aussi essentielles tant pour le bon fonctionnement du groupe-classe au quotidien que pour l’éducation à la citoyenneté et l’exercice de la démocratie.

1/ Comment connaître la loi, comment la rendre accessible, lisible et compréhensible?

Curieusement, et sans doute justement parce qu’il s’agit d’une évidence pour eux-mêmes, les adultes ont tendance à considérer un peu trop vite et naïvement que la loi, parce qu’elle est cette chose si essentielle et incontournable pour vivre en société, relèverait de ces fameux pré-requis connus d’office par les jeunes. De la formule consacrée « Nul n’est sensé ignorer la loi » on arrive, un peu trop vite là encore, à cette croyance que l’enfant au contact de la collectivité, convoquerait de manière intuitive et innée les attitudes de respect, d’ordre et d’obéissance qui expriment l’acceptation et la reconnaissance des règles.

Mais pour ne point l’ignorer, encore faut-il à un moment ou à un autre en avoir pris connaissance et plus encore en avoir conscientisé les enjeux. Alors très vite et parce qu’on a autre chose à faire en classe et que le programme lui, n’attend pas, on se rassure et on répond à la question par un évitement tout légitime…On se dit qu’après tout, quelqu’un leur en a déjà certainement parlé, la maîtresse de l’année dernière ou les parents, premiers éducateurs; oui, quelqu’un s’en est forcément déjà chargé…D’ailleurs, pour pallier cet obstacle et mieux se décharger tout à fait de toute responsabilité, un règlement intérieur propre à chaque établissement est systématiquement distribué en début d’année à chaque famille qui le lit et le signe ou le signe sans le lire, ou le lit sans le lire à l’enfant, ou le lit et le signe sans le comprendre…

C’est vrai après tout, tant de papiers à lire et à signer en début d’année, multipliés par le nombre d’enfants…Ajoutez à cela un vocabulaire parfois obscur, même pour des parents lecteurs et francophones (et au fait..et les autres?) Additionnez également ici le nombre de paragraphes et de sous-paragraphes…Il faut l’avouer, ce document très officiel n’engage pas à une lecture très approfondie en famille. D’ailleurs, à la maison aussi on a autre chose à faire qu’à déchiffrer et décoder les interminables interdits prescrits dans la charte de bonne conduite…Et puis, on connaît la chanson par cœur, on nous distribue la même enveloppe garnie tous les ans! Le maître ou le directeur en reparlera bien avec eux en classe puisque finalement c’est de l’école qu’il s’agit! C’est leur affaire tout de même!

Bref, on comprendra ici très vite que cet outil sensé fixer le cadre de référence commun à chaque membre de la collectivité éducative (enseignant-élève-parent) se trouve malheureusement trop souvent à la source même des premiers quiproquos, des premières incompréhensions entraînant dans leurs sillages les premières situations conflictuelles. 

« Mais vous n’avez donc pas lu le règlement distribué en début d’année? Vous le copierez 10 fois! Cela vous permettra de l’apprendre jeune homme. « 

Punition…action-réaction…« C’est incroyable, l’institutrice de mon fils l’a cloîtré tout un mercredi après-midi pour recopier les 5 pages du règlement: 5X10=50 »...et encore le résultat ne tient pas compte de l’écart entre un texte dactylographié et un texte manuscrit…

Cette petite introduction qui ne répond pas encore à la question soulevée en 1/ pose néanmoins, me semble-t-il,  le décors de fond. Et si le ton, vous l’aurez noté, se veut volontairement décalé, c’est pour mieux laisser à l’humour une chance d’engager une vraie réflexion autour d’un sujet très sérieux.

La suite de cette chronique à paraître très bientôt.

Pour le moment j’ai assez parlé, je vous laisse la parole 😉

Quel temps prenons-nous avec nos élèves et avec les familles pour aborder ce fameux règlement?

Et avec nos enfants, comment nous y prenons-nous pour mettre en évidence les points clés d’un contrat d’autorité?

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L’accueil

8 04 2010

Pour les lecteurs du blog qui ne sont pas pour autant des adeptes de Facebook, je livre ici un des sujets de réflexion et de discussion qui s’est ouvert hier au sein du groupe lancé avec l’ouverture des Etats généraux du bonheur à l’école. (cf l’article du 7 avril)

Se dire « bonjour » le matin, c’est se dire mutuellement qu’on existe.
Un rituel apprécié et attendu…

Chaque matin donc, nous nous disons « Bonjour » en nous regardant, en nous nommant. Ce bonjour s’accompagne toujours d’un contact physique: un regard prononcé, une poignée de main, un baiser, une accolade, une main sur l’épaule. C’est le signal que nous sommes là, que nous allons entamer une journée ensemble.

Ce bonjour est suivi d’un espace de silence. Transition nécessaire pour entrer dans cet espace-classe (ici) et ce temps (l’instant). Transition nécessaire pour prendre conscience de notre présence et de nos présences respectives. C’est aussi le moment où nous allons nous rendre compte de l’absence d’un élève ou d’un camarade. Nous allons prendre en charge cette absence. Nous allons la faire exister…

Cet accueil est une des portes d’entrée qui scelle ce que j’appelle le contrat d’autorité légitime. L’autorité n’est pas un mot qui doit faire peur. Il faut s’autoriser l’autorité. Elle est, une fois de plus, appréciée et attendue des jeunes en quête de repères et de reconnaissance. Reconnaissance que cette autorité permet d’exprimer. L’autorité mène à l’altérité. Elle permet à chacun d’exister dans un cadre clair, défini, sécurisant. Ce Bonjour, cet accueil en est la clé de voûte.


De nombreuses équipes déclinent cet accueil selon les particularités et les besoins de chaque établissement. Je connais par exemple une école de centre ville située dans un quartier réputé sensible appelé également Zone d’Éducation Prioritaire, et qui a fait le choix,
dès le début de chaque année, d’ouvrir pendant plusieurs jours l’école aux parents avec à l’appui d’ interprètes chargés de décoder les usages, les fonctions, les enjeux, les rôles, les attendus de chacun au sein de l’école.

Ce dispositif d’accueil qui peut sembler contraignant en temps et en organisation mais que l’équipe a elle-même décidé de mettre en œuvre, fait d’elle aujourd’hui, et ce sans qu’elle l’ait anticipé, une école recherchée par les familles mais aussi par les enseignants eux-mêmes, tant le climat scolaire y est porteur et facteur de réussite.


Voilà un accueil responsable et responsabilisant. Nul n’est sensé ignoré la loi, celle qui prévaut à l’école…nul n’est sensé rester à l’écart. L’intégration se fait dans les deux sens grâce à la mise en œuvre de vraies structures de communication. et d’échanges.


L’accueil, c’est un peu le premier visage que l’établissement offre à celui qui arrive, qui entre ou qui passe…

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L’école et les familles

29 03 2010

A vos agendas!

Conférence-débat autour du thème de la relation entre l’école et les familles

Où?

A l’Espace Brémontier

http://idata.over-blog.com/2/73/62/31/super-genial-dim.jpg

Un espace d‘accueil social, professionnel, culturel, ouvert à tous

à Paris

dans le 17è arrondissement (plan interactif joint)

http://www.google.fr/mapdata?CxXw6ekCHSkqIwAgIQwt8OnpAjUpKiMAQI4CSLkBUgJGUpABAsoBAmZy

Quand?

Mercredi prochain, 31 mars

A quelle heure?

De 20h30 à 22h…

Pour quel projet?

Pour envisager cette drôle d’alliance forcée comme

un partenariat pour dire et faire ensemble…

pour aborder des sujets qui vous touchent

pour questionner sans peur ni reproche

pour s’interroger à plusieurs

pour confronter des points de vue

pour partager des expériences

pour proposer des actions concrètes

pour se rencontrer en dehors du cadre obligatoire de l’école

pour sortir d’une relation de « parentdélève-enseignant »

et entrer dans une relation d’adulte à adulte


http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/5/9/9782206014951.jpg

Accès au Sommaire en un clic

N’hésitez pas à découvrir les autres articles parus sur le même thème

Alors…

à mercredi?

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😉




Dis maman…

10 03 2010

Conversation dans le métro…entre fille et mère…

http://emodecoco.e.m.pic.centerblog.net/2ihgsruy.gif

« Dis maman, est-ce que deux femmes peuvent se marier?

– Oui, c’est possible.

– Et comme ça, elles peuvent avoir 2 fois plus de bébés!

– Pourquoi?

– Ben, elles ont deux ventres!

– Pour « faire » un bébé, il faut toujours un homme et une femme.

– Même si les deux femmes font l’amour?

– Oui, même si elles s’aiment. Deux femmes peuvent vivre en couple mais ensemble, elles ne peuvent pas avoir d’enfant.Un bébé vient de la rencontre d’un spermatozoïde « homme » et d’un ovule « femme ».

– Alors elles peuvent trouver un bébé abandonné?

– Oui, l’une des deux femmes peut adopter un enfant qui n’a plus de mère ou de père et toutes les deux décident de l’aimer et l’élever, comme leur propre enfant.

– Mais alors, l’une des deux femmes, c’est comme le papa?

– Non, elles sont toutes les deux des femmes donc des mamans, elles ne peuvent pas être « papa ». Un papa, c’est forcément un homme.

– Comme papa?

– Oui, comme papa, ou comme ton oncle, ou comme ton grand-père…Allez, on est arrivé, on descend là! »

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Après le désordre…

19 02 2010

Après le désordre…

http://leroiprof.fr/wp-content/uploads/2009/08/classe-vide-surcharge-300x225.jpg

Bonnes vacances!

Profitez

Lambinez

Rêvez

Rêvasser

Sortez

Dansez

Chantez

Aimez

Marchez

Respirez

Découvrez

Savourez

Dégustez

Languissez

d’autres idées en commentaires?

😉




Correspondance autour de la lecture…

7 02 2010

Ce matin, dans ma boite mail, un courrier envoyé par Laurent Carle faisant état d’une lettre qu’une maman déboussolée vient de lui adresser. Avec son autorisation je souhaite aujourd’hui vous faire part de cette correspondance tant elle illustre bien des inquiétudes et soulève bien des questions liées à l’apprentissage de la lecture et aux enjeux qui en découlent…Je leur laisse donc la parole et la reprendrait en fin d’article sous forme d’une petite vidéo tournée en collaboration avec l’équipe du Web pédagogique.

Et maintenant…bonne lecture 😉


Mercredi, 3 février,

Bonsoir,

Je me permets de vous adresser ce mail car je suis une maman désemparée. J’ai une petite fille 4 ans. Là, elle vient d’avoir son « carnet ». Il est noté qu’elle a sans cesse besoin d’être rassurée et qu’elle n’est pas assez active à l’oral. Je pense qu’elle est stressée à l’idée de décevoir si elle se trompe (elle est très sensible). Comment faire pour l’aider ? De plus, aujourd’hui on a joué à la maitresse. J’ai essayé de lui apprendre des lettres (elle en connait déjà) et lui ai expliqué qu’en les « mélangeant » ça faisait des mots. Je lui ai fait un B et lui ai nommé la lettre 5 ou 6 fois.

http://corigif.free.fr/alphabet/alphadanserouge2/img/alpha_002.gif

source

Elle m’a écouté et quand je lui ai demandé le nom de la lettre, elle m a regardé comme si je venais de mars et n’a pas su me répondre (je lui avais dit 30 sec avant). Même quand elle arrive à retenir, 10 minutes après elle ne sait plus.

Est ce normal ? Est ce que je lui en demande trop ?

J’ai vraiment besoin d’un avis car en plus quand ça se passe comme ça, je m’énerve et après je culpabilise.

Merci de votre réponse.

Cordialement.

Isabelle

Jeudi, 4 février,

Bonjour Isabelle,

Vous vous interrogez fort à propos, au bon moment, et vous vous posez les bonnes questions à propos de l’effarement de votre fille, quand elle est confrontée à l’enseignement des lettres de l’alphabet. Elle est à l’âge où se décide le style de rapport que la future écolière établira prochainement avec l’écrit. Les premiers contacts déterminent si, plus tard, elle aimera ou détestera lire. Quand elle vous écoute nommer les lettres (vous lui présenteriez des syllabes, ce serait pareil,) et vous regarde comme une martienne, elle se trouve en état de surcharge cognitive devant une information non pertinente, « extraterrestre ». Les fusibles de protection, heureusement, coupent le courant. Ce qui n’a pas de sens ne peut pas être compris. On ne peut pas apprendre quelque chose qu’on ne comprend pas parce que ça n’a aucun sens.

Et lire, c’est comprendre, seulement comprendre, c’est tout.

On peut commencer à apprendre à lire à tout âge. Par contre, on ne doit pas commencer à enseigner la lecture prématurément. Apprendre, ne signifie pas recevoir un enseignement. Il convient de bien distinguer enseigner et apprendre. On peut être enseigné et ne pas apprendre, comme les élèves « en échec scolaire ». On peut apprendre sans être enseigné, comme les autodidactes. On peut être enseigné et apprendre à lire en dehors des leçons de lecture. Les « méthodes de lecture » sont très utiles aux maîtres pour enseigner la syllabation. Elles ne sont pas nécessaires aux élèves pour apprendre à lire. La plupart des adultes bons lecteurs sont d’anciens écoliers, autodidactes en lecture, qui se sont appris à lire malgré l’enseignement reçu. Pour être un maître de lecture efficace, mieux vaut être lecteur soi-même, un lecteur qui aime lire. D’ailleurs, l’un va avec l’autre.

Ceux qui aiment lire, lisent vite et facilement, prennent plaisir à aider et accompagner les enfants dans leur conquête de la lecture. Ceux qui n’aiment pas lire, lisent lentement et difficilement, parce qu’ils portent les séquelles de la syllabation enseignée par une « méthode ». Ils dispensent un enseignement de lecture fastidieux et rebutant. Dans ce cas, il est préférable de passer la main. Sinon, on croit transmettre la lecture et on ne transmet que le dégout qu’on en a. Le premier critère pour être un « bon prof » est d’aimer lire.

Pour comprendre ce qui arrive aujourd’hui à votre fille, essayons d’imaginer une situation semblable chez un adulte.

Supposons que, à ce jour, pour des raisons qui tiennent à votre histoire et à votre parcours personnels, vous n’ayez jamais vu personne rouler à bicyclette, ni même vu, de près ou de  loin, une vraie bicyclette, sauf en illustration sur du papier. Un parent proche ou un ami, sincère et dévoué, s’attellerait à la tâche de combler cette lacune et entreprendrait de vous apprendre. Il vous présenterait au fur et à mesure, à l’occasion et peu à la fois, par précaution, le guidon, la selle, un rayon, un maillon de chaine, une dent de pignon, un câble, une valve, une chambre à air, bref, la liste complète des pièces, vous expliquant, pour chacune, sa nature et sa fonction mécanique. Il vous les nommerait et vous demanderait de les répéter sur-le-champ, plusieurs fois, vérifierait, ensuite, que vous les avez bien gardées en mémoire, quelques minutes plus tard.

C’est d’ailleurs ainsi qu’on procède dans les leçons de lecture « méthodiques », jour après jour, unité après unité, parce que la théorie pédagogique dominante postule que lorsque toutes les unités élémentaires du catalogue des sons et toutes les règles de correspondance auront été acquises, mémorisées une à une, il ne restera plus à l’élève qu’à faire la synthèse de ces éléments séparés. Enfantin, mon cher Watson ! Mais peu pertinent, incongru et franchement anti-pédagogique ! Est pédagogique, ce qui est profitable à l’enfant et à lui seul, ce qui a du sens, une réalité fonctionnelle, ce qui apprend à faire en faisant, « en situation », ce qui est en harmonie avec l’intérêt et les intérêts de l’enfant, ici et maintenant. Comme dit Philippe Meirieu, « apprendre, c’est faire ce qu’on ne sait pas encore faire, pour apprendre à le faire ».

Est pédagogique ce qui permet à l’enfant de conquérir son autonomie pour se soustraire à la tutelle de l’adulte, d’abord, du « marché », par la suite. Les méthodes de « lecture » ne sont pas des armes pour la conquête de cette autonomie. La lecture, la vraie, permet au lecteur d’entrer dans le monde de la pensée libre, dans le jeu social démocratique, d’y trouver place et d’y prendre sa part. Le chemin de la démocratie passe par l’autonomie et la liberté de pensée.

Un déchiffreur dressé à « décoder », par une méthode – toutes dressent, aucune n’est libératrice -, n’est ni penseur, ni lecteur libre. Il n’est même pas lecteur. […]

Voici ce que disait Alain, en 1930 :

« Quand je suis dans l’autobus, je m’amuse, comme chacun fait, à lire les réclames collées sur le verre et qui se montrent à l’envers ; je suis alors semblable à un illettré ; car je reconnais aisément chaque lettre, mais l’ensemble du mot m’est tout à fait étranger. J’épelle, mais je n’ai jamais cette perception instantanée qui me permet de reconnaître un mot comme on reconnaît un visage. Et si j’avais coutume d’examiner un visage par parties, le menton, le nez, les yeux, jamais je ne reconnaîtrais un visage. Au reste, si la règle de nos pensées était d’aller du détail à l’ensemble, nous ne penserions jamais rien, car tout détail se divise, et cela sans fin. L’esprit d’ensemble, c’est l’esprit. Ainsi, il se peut bien qu’épeler soit un très mauvais départ… »

La pièce, détachée de la bicyclette et de son contexte, hors de son emploi, abstraite, bien que tangible, peut-elle avoir du sens, vous dire quelque chose, vous parler ? Si, bien que cela ne vous apporte aucune satisfaction personnelle, par un immense effort de mémorisation, heureuse de faire plaisir à votre instructeur, vous parveniez, à peu près, à retenir la nomenclature, sauriez-vous rouler à bicyclette ? *

Le rôle des parents n’est pas d’enseigner les composants linguistiques de la langue écrite. D’ailleurs, ce n’est pas non plus en procédant de cette manière que les enseignants, professionnels de la lecture, peuvent enseigner efficacement la lecture à l’école. Le rôle des parents est simplement de donner le gout de la lecture, entre autres, en montrant comment ils s’y prennent pour lire. C’est aussi ce que devraient faire les enseignants en école maternelle, plutôt que s’occuper à « mettre en place les pré-requis ».Lire, à haute voix, pour l’enfant, des histoires qui font rêver, dans les albums et livres pour enfants de cet âge, lire pour soi, en silence, pour qu’elle voit, sans entendre, ce que c’est que lire, adulte, des livres, des romans, ainsi que les écrits usuels de la vie quotidienne.

Autrement dit, il s’agit d’accompagner l’enfant sur ce chemin, dans la réalité de l’écrit authentique, – non dans de l’écrit scolaire, simulé, fictif, exclusivement destiné à enseigner des unités de langue décomposées – comme on l’accompagne sur les trottoirs du quartier, pour apprendre la ville, en lui montrant, en faisant, en lui donnant la main, sans la soumettre à des impératifs, qui ne sont pas compréhensibles à son âge. Les unités de langue élémentaires, abstraites, ne peuvent être assimilées et retenues que par quelqu’un qui sait déjà lire et écrire. Car, elles ne sont pas des unités de lecture, contrairement à ce que disent les méthodes. L’enseignement de la lecture à l’unité est une énorme tromperie, un abus didactique sur mineur.

Ce n’est pas parce qu’on est à l’école, par devoir et par gratitude pour l’école, qu’il faut apprendre à lire. C’est dans le but d’apprendre à lire pour soi, en collectivité, que l’école existe et qu’on y va. Sans la nécessité sociale de s’instruire et de se former, point d’école. Comme la bicyclette, la lecture est une activité sociale, une pratique « de terrain », un mode d’échange, un média, un savoir-faire, non une connaissance scolaire abstraite. Imaginez-vous apprenant à rouler à bicyclette, à l’unité, roue après roue ! Ça roulerait ? Les premiers rapports entre l’enfant et la lecture ne peuvent qu’être ludiques, comme pour la bicyclette. D’ailleurs, il en est de même pour nous. Nous ne lisons pas un roman qui ne nous plait pas. Voyez le bouquin « Comme un roman » de Daniel Pennac.

On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on fait.

Ne lui enseignez plus la lettre, ni la syllabe, allumez le feu, soufflez sur la braise, transmettez l’esprit, lisez avec ! Mieux, lisez pour elle !

Bon courage et bonne lecture à deux, sans leçon.

Laurent CARLE

* « En segmentant les savoirs pour les rendre progressifs et accessibles, on risque de leur faire perdre toute attractivité : autant un problème complexe peut stimuler la curiosité et déclencher une recherche, autant l’acquisition, palier par palier, de « bases », dont on n’entrevoit aucune utilisation future peut décourager, voire dissuader durablement… Autant la joie de comprendre « comment ça marche »  peut réconcilier avec les savoirs, autant l’acharnement sur des procédures abstraites peut écarter pour longtemps tout espoir de trouver un plaisir intellectuel à l’école… »

Philippe Meirieu, Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui, Rue du monde, 2009

http://www.dailymotion.com/video/x6ir1d

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Parents partenaires

13 01 2010
  • Une jolie maison à visiter…Rencontre avec Anne Buisson
Image de prévisualisation YouTube


Le site de l’association

Sur les bancs de l’école

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  • Je profite de cet article pour mettre également en avant une autre association qui œuvre pour le lien avec les familles. Il s’agit du Café des parents. De nombreuses rencontres et conférences y sont organisées. A noter dans vos agendas…la soirée du mardi 26 janvier pour mieux cerner les troubles d’apprentissage et le rôle de l’école. Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à visiter leur site.






Forum parents-profs

30 09 2009

Aujourd’hui, en guise de « convocation »,

une invitation!


– entrée libre
– cadre exceptionnel
– enfants autorisés…(c’est mercredi!)

– questions réponses encouragées!

Plus d’infos…en cliquant sur l’image ci-dessous!

Gif carte invitation




Rencontre autour d’un livre…deuxième étape

12 09 2009

Parents et enseignants,

débutants ou confirmés

le 30 SEPTEMBRE…

au

un rendez-vous pour vous!

De quoi s’agit-il?

– D’un LIVRE pensé et écrit comme une passerelle vivante entre l’école et son environnement.

– D’un GUIDE coopératif et pédagogique au service d’une éducation durable.

– D’une INVITATION à dialoguer, co-réfléchir et co-agir entre partenaires éducatifs.

– D’un DÉBAT citoyen en vue de mieux cerner les enjeux d’un incontournable pacte éducatif.

– D’une RENCONTRE-dédicace visant à définir les bases contractuelles d’une nécessaire charte éducative.

L’éducation n’est le monopole de personne mais la responsabilité de chacun d’entre nous y est engagée.

« Repenser la relation parents-enseignants », un livre certes, mais plus encore…un état d’esprit qui s’inscrit dans une démarche essentielle de coopération éducative et vise à accompagner au mieux l‘enfant-élève à devenir ce qu’il cherche à être…

Et vous, qu’en pensez-vous?

Venez partager vos expériences, vos témoignages, vos attentes, vos projets,vos réflexions, vos réussites ou vos doutes. Parents et/ou enseignants, professionnels ou non, ne sommes-nous pas avant tout des éducateurs, voire même des co-éducateurs?

C’est sur cette base là que je vous invite à nous rejoindre et à rassembler nos talents. Venez nombreux, et surtout venez tels que vous êtes!

signature_mathon302

Accès au Plan

Accès au site du Palais de la découverte

Accès à l’événement sur Facebook

N’oubliez pas…

LE 30 SEPTEMBRE…
au




Dédicaces en vue!

13 05 2009

Un peu (beaucoup…) d’angoisse mêlée à une douce excitation…telle est mon humeur du jour…

En ce mercredi 13 mai, quitteront-ils la Croisette le temps d’un détour par la rue de Courcelles? Cannes-Paris dans l’après-midi, ça s’est déjà vu, non?

Trêve de plaisanteries, j’ai passé toute la nuit à tourner et retourner dans mes rêves et mes pires cauchemars toutes sortes de dédicaces…à l’endroit, à l’envers… façon humoristique ou plutôt philosophique? Pas facile de trouver le ton juste!

Si vous avez des idées, n’hésitez pas…c’est le moment de me donner un coup de pouce!

Petit rappel…

Voici le livre en question

Et pour aujourd’hui, voici l’adresse de la rencontre et les horaires!

LIBRAIRIE VERNISSAGE

192 rue de Courcelles 75017

Entre 14h et 19h

Métro Péreire ou Porte de Champerret

Le plan ici!

A très vite!

Les autres articles parus à propos du livre

ICI




Des enfants « stressés »…

2 05 2009

C’est l’enquête du mois dernier proposée par le magazine Famille et éducation avec un petit encart spécial p 26 …on y parle d’un petit exercice que mes élèves ont très vite reconnu! « Maîtresse, on parle de nous dans le journal! »

Pour illustrer ces propos, je vous propose une petite vidéo (une autre…fin d’année oblige, je vide mon stock!) tournée la veille de la rentrée 2008 avec l’équipe du Web pédagogique.

http://www.dailymotion.com/video/x6kp63

Quelques ouvrages sur ce sujet:

1/ J’suis pas motivé, je fais exprès! Brigitte Prot, psychopédagogue, enseignante, formatrice  éd. Albin Michel, 2003.

Ces enfants malades du stress. Gisèle George, Anne Carrière éd. 2002.

2/ L’enfant et l’adolescent: un enjeu de société, une priorité du système de santé. Danièle Sommelet, rapport de mission Octobre 2006.

3/ Phobie scolaire, comment aider les enfants et adolescents en mal d’école. Josette Lyon, 2008

4/ Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur? Olivier Galland, sociologue. Armand Colin éd. 2009.

Le site « Oser changer » nous donne quelques pistes

Si vous avez d’autres conseils, d’autres lectures et des expériences à partager, n’hésitez pas à nous en faire part …juste là, dans la boîte à commentaires!




Paroles de femme

17 04 2009

Aujourd’hui, je laisse la plume à une toute nouvelle « visiteuse »…

Princesse Charmante, un beau matin, est venue frapper à ma porte, avec délicatesse. « Chère Ostiane, peut-on dire chère à quelqu’un qu’on ne connait pas? » Quelques échanges rapides hors blog et le ton est donné. Pas de doute cette Princesse là est une sacrée maman, mais une femme avant tout. C’est pourquoi j’ai l’immense plaisir ce matin de lui laisser le champ libre…

Attention….Expression!

Voilà quelques lignes d’humeur du jour….

Peu importe comment je m’appelle, je suis une femme comme vous.

Une qui n’avoue son vrai âge que sous hypnose. J’ai 25 ans d’expérience dans l’amour, 11 comme maman, et 17 en tant que directrice d’un tas de trucs qui font rêver, parfois amusants parfois sinistres.

Voila, je suis une fille comme vous. Je dis « comme vous » parce que le blog d’Ostiane est féminin d’après les statistiques. A 84%.

Parenthése : Ostiane, quel sublime prénom ! tout de même, y’en a qui partent avec des avantages dans la vie ! M’étonne pas qu’elle soit revenue à la cours d’école. Devait faire des ravages dès le premier tableau noir avec un fabuleux prénom pareil…

En ce moment, ma zone est en vacances scolaires et donc moi avec. Avec lesdits enfants et leurs copains dans les valises. D’habitude, je pars faire la pause avec une remorque de bouquins formidables ; cette fois, j’ai emporté des adresses de blogs et de sites et donc après le ski, je surfe.

Une maman du club des adorables princesses de CM1 (dont je fais crânement partie) m’a recommandé ce blog « Bleu-primaire » dont j’ai d’abord aimé la doc, l’approche, le sérieux puis, en y regardant de plus près, le ton résolument idéaliste et la sensibilité à fleur de peau de son auteur. Les mots que l’on choisit nous jouent parfois des tours… Ils disent malicieusement ce que nous sommes et c’est très bien comme ça.


Je me suis demandé comment une maman avec les 4 enfants, avec le full-time job, avec le livre, avec le blog et, j’imagine, avec l’amoureux, voyait les Femmes, les mamans que nous sommes et qui défilent dans ses classes depuis 17 ans. Ostiane m’a délicatement retourné la question bien que j’ai beaucoup moins de casseroles sur le feu …

– Ben voila, c’est que je ne sais pas trop.

– C’est bien pour ça, M’dame, que j’avais d’mandé.

A quoi ressemble notre génération de femmes très gâtées d’être nées là ou elles font jeu égal avec les mecs ?

Que faisons nous de notre liberté ?

Est ce qu’on ne fait bien la mère que si on fait bien l’amoureuse, l’amante, la pro ? ou pas du tout justement parce qu’on ne peut pas « boxer » toutes catégories ?

Côté mère, je suis de celles qui accompagnent ses enfants le matin à l’école en tentant d’être d’une humeur vaguement charmante et de dire au moins un truc qui arrachera un début de sourire à ses préados-adorés.. j’ai du assurer 10 fois maximum la sortie de 4h30… en 11 ans. Et encore, parce qu’il y avait réunion d’information.

J’ai 8 ans et la boule au ventre quand la Maîtresse me sollicite pour un RDV surprise alors même que ma fille fait la collec des 9 et 10. Quand c’est pour mon fils ainé, que l’école n’intéresse pas du tout, j’envoie courageusement son père. Seul. En le gavant de consignes. Avec une anti-sèche longue comme un roman de questions à absolument poser. « Mais t’as qu’à y aller toi même «  grogne le Père.

Dans la vie, la fille cadette réussit-tout-et-avec-le-sourire, le fils ainé veut faire « homme préhistorique » plus tard parce qu’il n’y pas trop de contraintes et que la vie au grand air, tu comprends, Maman, c’est trop ça ! non, désolée je ne vois pas bien. Je ne vois surtout pas bien comment moi et Le père avons pu faire des enfants aussi diamétralement opposés dans leur relation à la performance scolaire. J’avoue, je n’ai pas eu le courage d’en faire un troisième pour observer de quel côté pencherait la balance : scolaire ou galère ?

On  ne dit pas assez combien l’enfant scolaire est un cadeau pour l’égo et surtout combien le parent n’y est pas pour grand chose ! en duo ou célib,  wonderwoman des années 80 ou bien maman à temps plein avec la bague au doigt depuis l’année du bac, il n’y a pas de recette. Aucune statistique à mon humble connaissance ne délivre le mode d’emploi du parent d’élève scolaire qui vous fichera un paix royale pendant 15 ans et vous vaudra le sourire complice voire admiratif de générations de professeur(e)s. Pour avoir les deux modèles home-made, l’enfant fâché avec le système vous montre vite vos limites de parent qui croyait, mine de rien, avoir LE truc. A quoi ça tient ? je ne sais pas.

Côté cœur, j’ai 15 ans. allez disons, 14. Le cœur déchiré par les ruptures-crises d’un amoureux torturé. Il faut dire que je m’acharne à les choisir hermétiques, solitaires et torturés mais toujours extraordinairement intelligents. Et malheureusement, ça ne compense pas.

Je crois que plus on avance et plus on est amoureuse. Nous les filles, sommes programmées pour savoir qu’assez vite nous ne pourrons plus donner d’enfant à l’homme qu’on aime et par là-même nous l’attacher. Il me semble que ça intensifie les sentiments … et l’infinie douleur d’être quittée ou de se séparer.

j’aurais pu être cynique et détachée (comprendre célibataire avec aventures) j’ai préféré l’option romantique « princesse charmante » en décalage complet avec son époque et tant pis si ça ralentit, si ça complique. tant pis si on doit tomber parfois très mal tomber.

Quelles mères font les femmes libres ? je ne sais pas.

Côté business, un titre qui fait joli sur le CV me permet d’observer que si les femmes sont censées émarger au même tarif que le sexe fort, elles ne risquent pas de ruiner les multinationales. Vu qu’elles en sont quasi-absentes dès que ça donne dans le Directeur …  A part quelques acharnées qui dorment dans leur bureau ou quelques pistonnées dont le nom fait office de CV, les femmes désertent le haut des organigrammes.

Et de grâce, qu’on ne me dise pas que la carrière, c’est une question d’organisation ! Organisée en langage « bouleau » ça veut dire, croiser ses enfants chaque soir pour un bisou 3 minutes chrono avant de dormir. Organisée, ça veut dire louper la plupart des congés scolaires parce qu’on s’est organisée avec les grands-parents ou autre, organisée ça veut se faire croire que la qualité (comprendre très très peu de temps !) remplace avantageusement la quantité (comment des filles pourtant brillantes osent-elles tenter de nous faire croire ça ?)  Organisée ça veut dire dispo pour tout sauf les Siens.

Je passe sur le best-of « ben, t’as qu’à être  prof ou fonctionnaire » … je ne commenterai même pas ce grand classique du boss névrosé entendu 100 fois.

Ceci dit, Je comprends que le vide abyssal d’une vie amoureuse anéantie (souvent inconsciemment) engendre une inexorable fuite vers le bureau.

Quelles mères font les filles à carrière ? je ne sais pas.

Et toi ? Et vous?

A ton tour….A votre tour…




Parents-enseignants, vers un partenariat possible?

15 04 2009

Sortie officielle!

!

Sur Amazon.fr

Disponible également dans toutes les librairies

Présentation du contenu:

SOMMAIRE

PRÉAMBULE: une collection, un état d’esprit

INTRODUCTION: les problématiques en questions

1. DIALOGUER…cela s’apprend!

– L’enseignant: derrière le professionnel, un individu

– Transformer le destinataire en partenaire

– Établir des ponts de communication

– Mettre en place des outils

– Communiquer pour créer, construire et développer

2. Un partenariat pour DIRE et FAIRE ensemble

– Faire un état des lieux de la structure scolaire

– Définir conjointement les manques et les besoins

– Organiser une méthodologie commune

– Gérer les compétences et le rôle de chacun

– Accompagner et soutenir les différents partenaires

3. L’ENFANT-ÉLÈVE en association avec les PARENTS

– L’élève au cœur du système: une radio d’école

– Spécificité, complémentarité, participation autour d’un spectacle

– Autonomie et responsabilisation: un voyage scolaire

– Génération internet pour bloguer l’école et la famille

– De la semaine de la presse au journal d’école

4. TRANSVERSALITÉ, COOPÉRATION et APPRENTISSAGES SCOLAIRES

– Sortir l’école de son étau mental

– Relier les sphères affectives, sociales et cognitives

– Installer les apprentissages dans une réalité concrète

– Un grand pas vers la citoyenneté et et l’autonomie

– Inscrire la scolarité dans une dimension humaine, culturelle et intellectuelle.

CONCLUSION: 5 points d’entrée pour une nouvelle CHARTE ÉDUCATIVE

Qu’en pense le Café pédagogique?

Recommandé par Cap Canal




Repenser la relation parents-enseignants

10 03 2009

A Paraître le 15 avril prochain!

Mon tout premier livre!

Oui, je sais… cela veut dire qu’il vous faudra attendre 1 mois…

Mais quand on aime…l’attente fait partie du plaisir!

Disponible dès à présent sur Amazon.fr

Cette collection, dirigée par Gérard De Vecchi aborde les questions d’éducation de façon transversale ou bien par thème. Outre les nécessaires réflexions théoriques sur le sujet, vous trouverez également dans cet ouvrage des pistes pratiques et des outils concrets. En marge du texte, des remarques guident l’utilisateur pour se repérer facilement. De plus, le niveau d’adaptation au cycle de l’école ou du collège est toujours précisé.


Par d’autres auteurs et déjà parus dans la même collection « Un projet pour… »

Philosopher à l’école

Favoriser la relation maître-élèves

Enseigner le travail de groupe

Éduquer à la citoyenneté

Faire vivre des démarches expérimentales

Articuler production d’écrit et grammaire

Enseigner par situations-problèmes

Traiter les programmes avec plus de sérénité

Rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages

Mettre les TICE eu service des apprentissages

Travailler l’image et les médias

Éduquer au développement durable

Aborder « le socle commun de connaissances et de compétences »

Enseigner intelligemment l’orthographe

Enseigner le calcul mental

Une collection colorée, vivante, et pratique dont chaque ouvrage fait une petite centaine de pages. Lisible en une soirée!

Plus qu’une collection, un état d’esprit…

J’ai pour ma part eu beaucoup de plaisir à travailler avec Gérard De Vecchi.

Merci Gérard!