La seule urgence, c’est l’amour

21 03 2012

Montauban, Toulouse

A côté du besoin de comprendre, l’urgence, la seule urgence, c’est d’aimer. Aimer sans distinction, sans limite, sans frontière, sans contrepartie, pour qu’une résilience soit possible.

C’est notre folle condition d’homme. Aimer toujours plus au-delà de ce qui nous semble possible, au delà de ce qu’on nous a appris à croire possible.

Accueillir aussi l’intensité de la douleur et du désespoir quand l’un et l’autre s’immiscent dans nos vies avec toute la brutalité dont l’homme est capable. L’intensité de la violence et de la douleur qui nous submerge, lui faire toute sa place, la reconnaître, l’entourer, la crier, la faire vivre, ne pas en nier l’extrême violence. Cette reconnaissance là est indispensable. Elle autorise alors le chemin du deuil sans ouvrir celui de la vengeance.

Face à tant d’incompréhension, face à l’horreur des actes perpétués, la seule urgence, c’est l’amour. Voilà ce à quoi pourrait être destinée quotidiennement une minute de silence dans nos vies, dans nos écoles. Pour qu’une résilience soit possible. A-t-on d’autre choix? Je ne le crois pas. Et si nous avons un choix, c’est celui-là que je choisis parce que c’est le seul que je crois capable de nous permettre de gagner en humanité. La non violence ne suffit pas. L’amour doit être déclaré partout et à chacun. Parce que, c’est le seul antidote contre la haine. L’amour inconditionnel c’est celui qui nous permettrait, malgré la barbarie de certains actes, d’espérer allumer une lueur d’humanité chez celui qui nous a blessés dans notre chair et dans notre cœur.

Ça semble  impossible, est-ce pour cela qu’on ne doit pas essayer?

Pendant cette minute de silence, de laquelle je n’arrive pas à m’extraire, voilà ce à quoi j’ai pensé. Et voilà à qui j’ai pensé: à ces jeunes soldats, à ces jeunes enfants, à ce jeune père, à ce tueur, à la mère de ce tueur, à ces familles décimées, à notre humanité endeuillée. Oui, j’ai politiquement pêché par amour en associant dans une même déclaration d’amour les victimes et leur bourreau; je l’ai fait intentionnellement parce que sans intention d’amour il n’y a pas de restauration d’amour. Nous avons besoin de restaurer notre humanité, seul l’amour nous y aidera.

Chaque jour, tentons humblement de devenir un peu plus humain, c’est notre folle condition d’homme. Soyons donc fous d’amour.

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Une chose et son contraire

26 10 2011

Peut-on…

Apprendre une chose et son contraire?

Oui, l’annonce d’une naissance sera toujours suivie d’un faire-part de décès…

Aimer une chose et son contraire?

Oui, le doux et l’amer…

Désirer une chose et son contraire?

Oui, décrocher les étoiles en restant les deux pieds sur Terre…

Penser une chose et son contraire?

Si vous avez besoin de quelque chose, appelez-moi, je vous dirai comment vous en passer. (Coluche)

Dire une chose et son contraire?

Oui, lorsqu’on n’en pense pas un mot…

Faire une chose et son contraire?

Oui, pour la paix, faire la guerre…

Démontrer une chose et son contraire?

La mort est un état de non existence. Ce qui n’est pas n’existe pas. Donc la mort n’existe pas. (Woody Allen)

Être une chose et son contraire?

Oui, être soi-même son mon meilleur ennemi!

Démonstration faite, il ne me reste qu’à poser une dernière question…

Mais alors…Peut-on également enseigner une chose et son contraire?

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Projet d’alphabétisation en Côte d’Ivoire

20 10 2011

Le taux d’analphabétisme en Côte d’Ivoire avoisine les 52%. Les couches sociales les plus atteintes par ce fléau sont les femmes avec 67%. Or, la pauvreté ne peut être efficacement combattue si le taux d’analphabétisme est élevé.

Je suis partie en tant que volontaire pendant 3 mois sur une mission de solidarité internationale qui débuta en septembre 2010. Sur place j’ai travaillé sur une mission d’alphabétisation avec une organisation locale

Aujourd’hui, j’ai besoin de vous pour cette aventure; réussissons ensemble à agrandir ce centre d’alphabétisation et à le rendre autonome.

Oriane, 24 ans

En soutenant le projet d’Oriane, c’est un village entier que vous soutenez. Je la soutiens parce que c’est un beau projet, parce que c’est une femme au service des femmes, parce que c’est ma nièce aussi…Ne sommes-nous pas tous responsables de l’humanisation du peuple des hommes? Prenez quelques secondes pour découvrir son projet d’alphabétisation au cœur de la Côte d’Ivoire.

Merci pour elle(s)

  • Pour en savoir plus, je vous invite en un clic, à vous rendre directement  sur le site
  • N’hésitez pas à diffuser largement autour de vous, auprès de vos proches, sur vos réseaux sociaux …

Il faut tout un village pour éduquer un enfant (proverbe africain)

Make it happen 🙂

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Rire, une hygiène de vie

20 04 2011

Carême pédagogique

Jour 41

Pensée 41

Le rire est le propre de l’homme

Rabelais

Une pensée plus légère qu’hier mais tout aussi sérieuse qui m’est revenue en mémoire en savourant pour la nième fois les aventures de Mary Poppins…

Pensée du jour donc, consacrée au rire, à la fantaisie, à l’imagination, à l‘enfance, à la puissance créatrice du rêve et à son combat initiatique contre la représentation qu’ont les adultes de la réalité.

Attention, adultes trop sérieux,  s’abstenir 😉

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Dieu ou Mystère?

19 04 2011

Carême pédagogique

Jour 40

Pensée 40

« Mon souhait est d’aller au plus proche de ce qui ne peut pas s’exprimer et qui nous enveloppe. Les uns peuvent appeler cela Dieu, moi je trouve que c’est un concept rétréci : je dis le Mystère, avec un M majuscule. »

Edgar Morin, pour le journal la Croix du 15 avril 2011 dans un article intitulé l’appétit vorace de connaître

Qu’on l’appelle Dieu, ou Mystère, ou encore autrement, cette approche de l’indicible et de l’invisible, cette reconnaissance de notre passage éphémère sur Terre et du sens qu’on lui confère ici, maintenant et pour certains au-delà, cette question qu’il existeraît par delà nos pouvoirs temporaires et limités une Essence Suprême qui nous échappe depuis la nuit des temps me semble une bien belle question à évoquer sans peur et sans honte avec nos enfants. D’ailleurs, il n’est pas tant question de l’évoquer, les enfants l’évoquant tout naturellement, ou d’y répondre, la réponse appartenant à l’intime de chacun, que d’entendre ce questionnement et avec beaucoup d’humilité et de délicatesse, d’accompagner le jeune vers l’émergence d’une pensée libre, symbolique, existentielle ou métaphysique. Là où il n’existe aucun doute, là où il n’y a de part pour aucune réflexion sur ce qu’Edgar Morin appelle Mystère, s’érigent bien souvent toutes sortes de supers-héros profitant du vide intérieur du coeur des hommes pour y propager leurs soit-disant super pouvoirs.

Un billet ce matin aux couleurs de cette dernière semaine de Carême pédagogique…

A débattre et à  

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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De la nécessité de l’extériorité

11 04 2011

Carême pédagogique

Jour 32

Pensée 32

« Si l’on veut philosopher, il faut aller à l’extériorité même du champ philosophique. »

François Dagognet

De la même manière, il me paraît incontournable d’envisager l’enseignement au-delà des seules grilles de références liées aux compétences professionnelles, aux programmes et aux différents cadres règlementaires émis par et pour le système et qui trop souvent nous enferment et nous engrillagent. La fragmentation des disciplines, de l’emploi du temps, des tranches d’âges ne sont-elles pas en parfaite inéquation avec ce qu’est la vraie vie, c’est à dire la vie hors du cadre scolaire?

Enseigner se résume-t-il à assimiler puis mettre en place un nombre pré-établis de techniques professionnelles spécialisées?

Enseigner se résume-t-il à dérouler le tout dernier programme officiel?

Enseigner se résume-t-il à transmettre des objets de savoir savamment sélectionnés?

Enfin, question insolente s’il en est, enseigner est-il le monopole de l’enseignant? Et l’enseignant n’est-il qu’un professionnel agent du service public d’éducation?

Enseigner, n’est-ce pas aussi et même surtout s’inviter soi-même et inviter l’enfant et l’adolescent à aller au-delà de ce qui est prévisible, tangible, transmissible, programmé, programmable, raisonné, raisonnable, enseignable?

Enseigner, n’est-ce pas finalement faire du hors-sujet un sujet véritable d’intérêt, d’émerveillement, de découverte inédite et donc d’apprentissage?

De ce point de vue, enseigner la curiosité n’est-il pas un enjeu essentiel? Mais la curiosité s’enseigne-t-elle? ou bien est-elle le fruit d’une posture, indéfinissable et indomptable?

Autant de questions qui nous poussent à aller voir ailleurs, à laisser venir ce qui vient d’ailleurs, à revisiter nos pratiques et nos postures en vue d’une extériorité formatrice et régénératrice…

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Evocation libre

6 04 2011

Carême pédagogique

Jour 27

Pensée 27

photo Erik Johannson

Que vous dit cette photo?

Que ne vous dit-elle pas?

Que vous inspire-t-elle?

A qui ou à quoi vous fait-elle penser?

Une histoire vécue? un voyage? un rêve?

Une citation? un auteur? un poème?

Autre-chose encore?

A vous la parole 😉

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Quel chemin?

5 04 2011

Carême pédagogique

Jour 26

Pensée 26

Photo Erik Johannson

De là où je suis, je n’ai pas forcément le même angle de vue que de là où tu es.

Et toi, de là où tu te trouves, y vois-tu suffisamment pour avancer sans te perdre?

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Vivre, c’est apprendre

4 04 2011

Carême pédagogique

Jour 25

Pensée 25

photo d’Erik Johannson

Va, vis, deviens et si tu ne sais plus où tu vas, regarde d’où tu viens!

😉

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La transgression, un enjeu éducatif?

2 04 2011

Carême pédagogique

Jour 23

Pensée 23

Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi-  et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?

En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?

A débattre…et à

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Besoin de toi pour devenir moi

29 03 2011

Carême pédagogique

Jour 19

Pensée 19

Si c’est en sortant du ventre maternel qu’on vient au monde, n’est-ce pas en sortant de soi qu’on fonde notre véritable humanité?

Et cette sortie de soi, ne se situe-t-elle pas toujours en relation avec l‘Autre?

Cet autre que je ne connais pas et qui ne me connaît pas mais qui pourtant fera de moi un être doué de cœur et de raison comme je ferai de lui un être doué de cœur et de raison, cet autre donc est celui par lequel mon existence prendra une saveur, une couleur, une tournure, un sens particulier. Il me fera devenir moi au sein des hommes…

Provoquer cette rencontre n’est-elle pas au cœur des enjeux de l’école?

Et, si au centre de cette rencontre, nous y placions le savoir?

Et si le fruit de cette rencontre était la connaissance?

Et si le lieu de cette rencontre était cet espace inconnu à construire ensemble…

Comment l’école peut-elle se saisir de cette question là?

Comment peut-elle imaginer un tel lieu qui n’existe pas encore?

Un arbre à palabre…

Un atelier philosophique…

Un groupe de chercheurs en herbe…

Une équipe de reporters…

Une chorale…

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De l’indignation et de la liberté de ne pas l’être

28 03 2011

Carême pédagogique

Jour 18

Pensée 18

Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.

Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?

«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice

Jean-François Mattéi

Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?

Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?

Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?

Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?

Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience  collective?

Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…

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Il y avait un jardin…

22 03 2011

Carême pédagogique

Jour 12

Pensée 12

En attendant demain…

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L’horloge

17 03 2011

Carême pédagogique

Jour 8

Pensée 8


Pour vous j’ai capturé sur la toile,

une fraction d’instant,

un fragment de temps.

Il est à vous, là, ici, maintenant,

l’instant d’un moment,

d’une pause, d’une pensée, d’un recueillement.

Respirez-le, goûtez-le, savourez-le,

partagez-le, offrez-le,

tant qu’il est encore temps,

avant que l‘horloge ne s’éteigne

emportant avec elle,

la lune, le soleil, les étoiles

et toutes ces choses si belles

dont la vie nous fait don

à chaque inspiration.

Je n’ai que trop parlé

Il est grand temps à présent

de l’écouter vous murmurer

son mystérieux secret …

juste sur l’horloge

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Lombricologue, un métier passionnant

7 03 2011

Un petit article classé hors-sujet, mais pour autant tout à fait digne d’intérêt. Enfin, c’est ma vision des choses et du monde…A vous de juger!

Le saviez-vous?


Les vers de terre sont nombreux, très nombreux.  Ça, vous le savez certainement.

Maintenant, imaginez que l’on fasse deux tas.


  • Le premier avec tous les animaux du monde entier: poissons, vaches, rats et cafards, éléphants et baleines et même tous les humains. (7 000 000 000 d’humains ! toute de même…c’est pas rien!)
  • Le second tas, avec les vers de terre, tous les vers de terre de Terre.

Eh bien, et c’est tout l’intérêt de ma découverte,  le second tas pèserait

4 fois plus lourd que le premier!

N’est-ce pas là une donnée formidablement passionnante?

Source: J’aime lire, n°409

Parce que la passion, tout comme la connaissance, ça se partage 😉

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Questions d’apprentissage

1 11 2010

J’ai 10 ans, j’ai 15 ans, j’ai 35 ans, j’ai 90 ans…

Pourquoi est-ce j’apprends?

Pour qui est-ce que j’apprends?

Comment est-ce que j’apprends?

Avec qui est-ce que j’apprends?

Qu’est-ce que j’apprends?

Pour en faire quoi?

Et au final…est-ce que véritablement j’apprends?


Qui peut me dire quels ont été mes apprentissages?

Un maître? Un ami? Un parent? un collègue? Un inspecteur?

Et sur quelles grilles de lecture se fondent-ils? Sur quels critères?

Un contrôle? Une évaluation? Un certificat d’étude?

N’y a-t-il donc d’apprentissages que visibles?

N’y a-t-il donc d’évaluations que formelles?

La somme de nos apprentissages se résumerait-elle un unique diplôme?

La preuve de ces apprentissages serait-elle incarnée par le seul statut social ?

La réussite personnelle ne serait-elle que la suite logique de la réussite scolaire?

Et cette même réussite scolaire serait-elle le seul fruit de mes apprentissages scolaires?

Et si nous revenions au point de départ?

Et si nous revenions là où tout a commencé pour chacun d’entre nous?

Pour lui, pour toi, pour elles, pour vous, pour moi…

J’ai 90 ans, j’ai 35 ans, j’ai 15 ans, j’ai 10 ans…

Je viens au monde, je respire, je sens, je ressens, je vois, je goûte, je touche, je vis, j’ai peur, j’aime, je ris, je pleure…

J’apprends!

Mais oui bien sûr j’apprends, je le sais, je l’expérimente chaque seconde, je le découvre à chaque instant, je ne peux le prouver par aucun document officiel, je ne sais encore ni lire, ni écrire ni parler mais comment serais-je là aujourd’hui si je n’avais appris par moi -même toutes ces choses qui font la vie et qu’aucun professeur ne m’a jamais ni appris, ni demandé?

Ou si rarement…

La vie n’a-t-elle donc aucun rapport avec l’apprentissage?

Et si l’école peinait tant à enseigner parce que justement elle avait perdu le sens de ce qu’apprendre signifie?

Et si elle peinait tant à transmettre parce que justement elle avait perdu de vue ce que seule  la vie est capable d’enseigner?

  • Un texte en réponse aux multiples injonctions d’évaluations quantitatives chiffrées, orthonormées, désincarnées.

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    Mano solo, je ne t’oublie pas

    8 02 2010

    Lu (et approuvé)  hier dans le Nouvel Obs:


    « Une colonne! Une seule colonne pour annoncer le décès de Mano Solo! Quelle plaisanterie, et macabre! Un grand chanteur français vient de mourir, et voilà la place que le Nouvel Obs lui consacre! A côté de ça, il y a quelques temps, des tartines sur Johnny Hallyday! Je sais bien qu’on ne peut les situer sur le même plan: Johnny dit quelque chose de la société française, alors que pour Mano Solo il s’agit de poésie. Et je sais que la poésie n’est pas -pour reprendre une expression journalistique- un sujet « très sexy » C’est bien là tout le malheur de n’avoir qu’une colonne réservée à Mano Sol!

    J-A Mazaud (internet) »


    Je n’ai rien contre Johnny, je suis même assez fan, mais le fait est que le silence qui entoure la disparition de Mano Solo est troublant et révèle lui aussi, d’une certaine manière, un je ne sais quelque chose évocateur de la société française…

    Mano, joue encore pour nous, chante pour nous, moi je te trouve très sexy!

    http://www.dailymotion.com/video/xpdea





    Enfants d’hier et de demain

    21 09 2009

    Aujourd’hui, dans cette « tribune libre », nouvelle catégorie du blog, je laisse la parole à Pierre Frackowiak qui nous fait part de sa dernière lecture…

    Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui


    Note de lecture

    Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui

    Philippe Meirieu

    Editions Rue du Monde. Août 2009. 312 pages. 19,80 euros

    Quels enfants allons-nous laisser au monde ?

    Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’éducation auront au moins deux bonnes raisons d’aimer ce « Meirieu nouveau ».

    La première raison sera cette question cruciale et déstabilisante : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? », une question neuve qui engage également parents, enseignants et la société toute entière. La question « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » est devenue banale, même si, au-delà de sa répétition sur tous les tons, les pouvoirs publics peinent à prendre les décisions que les réponses appellent. Philippe Meirieu ne la néglige pas. Il la rappelle même,  commentant les dégâts constatés sur la planète. Mais il lui adjoint une autre question qui, elle, n’est pas banale et nous interpelle fortement : « Quels enfants allons-nous laisser à notre monde ? ». Personne ne s’en préoccupe vraiment alors que l’incompréhension entre les générations s’accroît. Les conflits de générations ont fait l’objet de nombreux ouvrages psychologiques et de romans, mais le problème prend depuis quelques années une tout autre dimension. Il arrive de plus en plus souvent que les parents ne comprennent plus du tout leurs enfants, même quand ils les observent avec la plus grande indulgence dans le prisme de ce fameux conflit. Il arrive de plus en plus souvent que les enseignants soient démunis face aux attitudes des élèves, même dans des collèges huppés de centre ville, devant leur désintérêt face à la chose scolaire et devant leur contestation des pratiques, leur exigence de justice et de droit à   l’expression.

    Les parents sont de plus en plus nombreux à souffrir, les enseignants sont de plus en plus nombreux à rencontrer des problèmes qui les laissent complètement démunis.

    Comment réagir quand, dans une classe de 4ème de centre ville, au signal discret d’un élève, tous se mettent sous leur table ? Comment réagir quand des centaines de professeurs avouent confidentiellement qu’ils passent tout leur temps à tenter d’obtenir en vain le silence ? Comment les parents, informés, peuvent-ils réagir ? Quelle position adopter quand les récits de leur enfant tendent à les convaincre qu’ils auraient eu envie de faire la même chose dans les mêmes circonstances s’ils n’avaient été craintifs, disciplinés et obéissants comme la majorité des enfants de leur époque ?

    La seconde raison est que pour la première fois peut-être dans la littérature pédagogique un expert, un pédagogue, un enseignant a le courage et la modestie de dire qu’il ne sait pas , que nous sommes les uns et les autres dans le même bateau et que nous cherchons tous les réponses et les attitudes les meilleures possible. On n’a pas encore bien compris dans le système éducatif français que l’une des raisons majeures de la difficulté à faire venir les parents à l’école et à faire se rencontrer utilement parents et enseignants, réside dans cette espèce de domination, de pouvoir, qu’exercent sans en avoir toujours conscience les enseignants sur les parents. Les enseignants expliquent, conseillent, recommandent, jugent et critiquent parfois comme s’ils savaient. Or, ils savent sans aucun doute, du moins peut-on l’espérer, enseigner aux élèves, transmettre leurs savoirs. Mais ils n’ont ni la compétence ni la légitimité pour expliquer aux parents ce qu’ils doivent et comment faire. Ils l’ont d’autant moins aujourd’hui qu’ils se heurtent aux mêmes problèmes avec leurs propres enfants et ne savent pas nécessairement mieux réagir que les parents de leurs élèves. Les injonctions ou incantations classiques (« Votre enfant ne travaille pas assez. Il faut le faire travailler. Il faut qu’il fasse ses devoirs et qu’ils apprennent ses leçons ») ne sont plus crédibles, elles sont inopérantes.

    Comment réagir avec un enfant qui se moque des savoirs scolaires dont il ne voit pas le rapport avec ce qu’il sait par ailleurs, comment réagir avec un enfant conditionné par la publicité, accroché à son téléphone et à la télécommande, « scotché » à Internet, collé à la communication avec des nouveaux réseaux que nous ne connaissons pas, fasciné par la console de jeux, attiré par les expériences les plus dangereuses ? On se rend vite compte que l’autoritarisme, les menaces, les sanctions, les leçons de morale, les références au passé ne peuvent résoudre les problèmes. On commence d’ailleurs seulement à se rendre compte qu’il devient ridicule de penser qu’il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes, isoler l’école de son environnement, sanctionner.

    Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir.

    Philippe Meirieu nous entraîne dans une réflexion de très haut niveau et accessible à tous, y compris à des adolescents en ciblant par exemple le chapitres évoquant les modes vie actuels, leurs modes de vie, avec différentes perspectives complémentaires : historique, philosophique, juridique, pédagogique…

    On ne peut parler de l’avenir sans se référer au passé et sans analyser l’évolution des conceptions et des enjeux. En moins de 100 pages, il retrace magistralement, sans concession et sans procès, l’histoire de la place de l’enfant dans la société, dans la famille, dans les apprentissages. Appuyant sa démonstration sur les travaux de Philippe Ariès, il passe en revue les grands penseurs qui ont marqué l’histoire de l’éducation. Comme il aime le faire, il évoque Coménius, Jean-Jacques Rousseau, Paulo Freire, Célestin Freinet, Ferrière, Dewey, Montessori, etc. En 66 pages, il présente et analyse la convention internationale des droits de l’enfant sous tous ses aspects et ouvre la réflexion sur le droit à connaître ses origines, la parentalité biologique et la parentalité psychologique, la justice des mineurs, la liberté d’expression des enfants… En 90 pages, il propose au débat et à la réflexion collective des pistes à explorer pour inventer. Il propose notamment une « révolution copernicienne en éducation » :

    « Les temps d’incertitude ne doivent pas être des temps de renoncement. Et c’est bien là notre problème. Ce n’est pas parce que nous ignorons de quoi demain sera fait que nous devons abdiquer toute ambition éducative. Bien au contraire ! Mais – et nous n’avons pas encore vraiment mesuré l’ampleur du changement que cela constitue – éduquer devient infiniment plus difficile dans un monde qui, selon la formule de Milan Kundera, « s’avance dans le vide ». A bien des égards, même, l’acte éducatif change de sens : alors qu’il se nourrissait traditionnellement d’un passé qu’il s’agissait de prolonger, il doit aujourd’hui s’inspirer d’un futur que nous ne sommes pas capables d’anticiper. »

    Philippe Meirieu pose la question : « A quoi éduquer nos enfants ? ». Ses réflexions, ses propositions à débattre, sont aux antipodes des « nouveaux vieux programmes » de M. Darcos et des comportements traditionnels des co-éducateurs. Apprendre à différer, apprendre à entrer dans le symbolique et la culture, apprendre à parler et à pense juste, apprendre à habiter le monde, apprendre à exercer sa responsabilité individuelle et collective. Nous sommes dans la perspective d’une éducation globale émancipatrice fondée sur la liberté et la démocratie et faisant le pari de l’intelligence.

    S’adressant à toutes « les grandes personnes », Philippe Meirieu rappelle que nous sommes embarqués et qu’il nous faut avancer au risque de sombrer corps et biens. Avancer. Ne pas reculer. Ne pas se réfugier dans la nostalgie du passé. Pour avancer ensemble, il nous faut un cap : « Eduquer nos enfants pour qu’ils deviennent capables de faire fonctionner, de renouveler et d’étendre nos institutions démocratiques. Il nous faut des balises… Il nous faut une détermination : celle de créer sans relâche des situations éducatives, à l’école, dans la cité, dans la famille, qui permettent à nos enfants d’avoir prise sur leur histoire, sur notre Histoire. »

    Philippe Meirieu n’a pas toutes les réponses. Il est, comme nous, habité par l’inquiétude et taraudé par le doute. Mais il donne un cap. Malgré les difficultés et les tempêtes, il ne quitte pas le navire et veut associer toutes les grandes personnes au grand voyage de l’éducation du futur.

    Pierre Frackowiak

    Merci Pierre pour cet envoi et ce partage. Pour ma part je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Philippe MEIRIEU mais cette note de lecture m’y invite grandement!

    Je retiens entre autre ces quelques lignes…

    « Il faut donc trouver d’autres voies pour que tous ceux qui sont concernés par l’éducation des enfants : parents, grands-parents, enseignants, élèves, partenaires, communiquent entre eux, s’écoutent, se comprennent, analysent ensemble les situations, cherchent ensemble les voies et moyens de réussir. »




    Droit de réponse à Natacha Polony

    17 06 2008

    Si Natacha Polony m’avait interviewée…aux côtés de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcément répondu comme elle eût souhaité que je l’eusse fait…

    Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, à improviser un dialogue dont les répliques de A sont toutes directement issues de « l’enquête » du Marianne de cette semaine, intitulé « Les instits sont-ils encore les hussards de la République? ». Vous trouverez au travers des répliques de B comme un écho de ma propre pensée…

    • Pour vous l’école aujourd’hui c’est quoi?

    A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

    B: Le reflet de la vie quotidienne.

    • Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

    A: Un monde étrange qui ne ressemble pas à ce que j’avais espéré.

    B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

    • Selon vous, quelle est la mission de l’école primaire?

    A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la République. Ils étaient le pilier sur lequel reposait l’édifice social et politique. Aujourd’hui l’école primaire est en crise, la société est bouleversée, l’école déstabilisée.

    B: « Nos » écoliers sont nés à l’aube du XXIème siècle. Eux seuls détiennent les clés du futur. Il me semble alors que la mission de l’École est de les aider à vivre pleinement leur présent d’écolier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, côte à côte et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un défi car cela signifie qu’on regarde enfin les écoliers comme des enfants d’aujourd’hui éducables et respectables.

    • Pour vous, c’est plutôt « instituteur » ou « professeur des écoles »?

    A: Il y avait de la beauté dans ce titre: instituteur. « Professeur des écoles » est un titre prétentieux, boursoufflé. Pétris de sciences de l’éducation, ils ne sont plus ces missionnaires vénérés pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les auréolait.

    B: Mon métier ne se résume ni à un titre ni à un statut, encore moins à l’allégorie statufiée d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passé plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pédagogue mais dans mes dîners entre amis je dis volontiers maîtresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

    • Justement, les parents, quels rôles jouent-ils dans l’éducation?

    A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières à leurs enfants. Ils nous menacent quand les résultats sont mauvais et exigent, pour des élèves de maternelle de connaître le programme de mathématiques et de français. C’est à nous de les éduquer. Les gamins passent leur journée devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

    B: Les parents sont les premiers déstabilisés par une société qui les harcèle. Soumis aux intempéries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’école n’est certes pas un centre d’écoute familiale mais elle doit prendre en considération certaines données sociétales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide à la parentalité, c’est fermer la porte à l’éducation d’une grande partie de nos élèves.

    • Enseignant, une mission ou une profession?

    A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un métier qu’ils savent un peu à part, certains l’acceptent, s’en font un étendard, d’autres le refusent au nom de la « professionnalisation. »

    B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’éducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers « attributs », tant ils sont liés les uns aux autres et surtout liés au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux régner fut une stratégie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

    • On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles méthodes. A commencer par apprendre à lire. N’est-ce pas une évidence?

    A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de liberté. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

    B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sûr, évidemment, énormément, passionnément. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de là à croire que déchiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de Rubempré ou de Lolotte, il y a là un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre à beaucoup bien des illusions!

    • L’échec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frémir?

    A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur métier et le refus d’assumer les échecs du système, qu’ils préfèrent attribuer aux inégalités sociales et à des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir émancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dévaloriser eux-mêmes l’école en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rôle majeure de l’éducation. Le reste doit être dicté par le pragmatisme et l’évaluation des résultats.

    B: Et si on arrêtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par là, oui il y d’immenses progrès à faire en terme d’éducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturité et d’un manque total du sens des réalités et des responsabilités. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des élèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une école ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls résultats chiffrés. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se réduit pas à une somme de notes. La part humaine de l’écolier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

    • Et la maternelle, fleuron de l’école française ou débâcle annoncée du système?

    A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intégrer aux enfants des repères temporels, de les préparer à devenir des élèves, c’est à dire à contrôler leurs pulsions et à se tenir silencieux et concentrés. Il m’arrive d’inspecter des écoles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilée dans la classe. Activités de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’écouter. L’enjeu est clair, pour défendre cet outil formidable qu’est la maternelle, à la française, il faut le repenser, le réformer dans le sens de l’exigence.

    B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent.

    • Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

    A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des écoles jouent un rôle fondamental dans le processus d’émancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral noué il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

    B: Je propose 5 entrées en matière pour une réflexion en profondeur sur ce pacte d’éducation:

    1. l’Ecole pour tous
    2. l’Ecole de tous
    3. l’Ecole comme rempart contre l’exclusion
    4. l’Ecole comme vecteur d’accès au monde
    5. l’Ecole comme moyen de partage.

    Les programmes et les réformes doivent être pensés en fonction des élèves et non pour coller à une société qui ne sera, de toute façon, pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rêves, pas les nôtres, et de ces rêves d’imaginer leur réalité, et non pas la nôtre…

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