Les journées de l’innovation des 28 & 29 mars 2012 à l’Unesco #eduinov
3 04 2012 Commentaires : Pas de Commentaires »Ostiane
Catégories : Action, actualité, Evénement, Groupe d'Analyse de Pratiques
Carême pédagogique
Jour 23
Pensée 23
Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi- et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?
En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?
A débattre…et à
Carême pédagogique
Jour 19
Pensée 19
Si c’est en sortant du ventre maternel qu’on vient au monde, n’est-ce pas en sortant de soi qu’on fonde notre véritable humanité?
Et cette sortie de soi, ne se situe-t-elle pas toujours en relation avec l‘Autre?
Cet autre que je ne connais pas et qui ne me connaît pas mais qui pourtant fera de moi un être doué de cœur et de raison comme je ferai de lui un être doué de cœur et de raison, cet autre donc est celui par lequel mon existence prendra une saveur, une couleur, une tournure, un sens particulier. Il me fera devenir moi au sein des hommes…
Provoquer cette rencontre n’est-elle pas au cœur des enjeux de l’école?
Et, si au centre de cette rencontre, nous y placions le savoir?
Et si le fruit de cette rencontre était la connaissance?
Et si le lieu de cette rencontre était cet espace inconnu à construire ensemble…
Comment l’école peut-elle se saisir de cette question là?
Comment peut-elle imaginer un tel lieu qui n’existe pas encore?
Un arbre à palabre…
Un atelier philosophique…
Un groupe de chercheurs en herbe…
Une équipe de reporters…
Une chorale…
Carême pédagogique
Jour 18
Pensée 18
Il en va de l’indignation comme du libre arbitre.
Comment puis-je t’enseigner à t’indigner de toutes ces choses qui m’indignent si je ne tolère pas que tu t’indignes contre mon propre indignement?
«Il est deux manières de s’éveiller à la vie et de s’ouvrir au monde: par l’étonnement devant les choses qui nous adviennent, certes, sur le fond d’indifférence quotidienne, dans cette nuit où tous les chats sont gris. Mais aussi par l’indignation devant les actions des hommes, sur le fond de la soumission aux faits. Le premier éveil, celui de la vérité de l’être, donne prise à ce qui portera plus tard le nom d’ontologie; il ouvre tout grand le chemin de la liberté. Le second éveil, celui de la dignité du bien, donnera naissance à ce que Levinas entend par le terme «d’éthique»; il explore les voies plus étroites de la justice.»
Jean-François Mattéi
Comment susciter chez nos élèves et nos enfants ce sentiment précieux de justice, de claire-voyance et d’empathie?
Comment les amener à ne pas confondre indignation avec apitoiement de circonstance, stérile et larmoyant?
Comment les mettre en garde contre une indignation mal dosée qui risquerait de les mener tout droit au rejet de l’homme et au scepticisme si dévastateur?
Comment leur enseigner la différence entre indignation gratuite et revendication pour la préservation d’intérêts personnels?
Comment les aider à ne pas se perdre et se diluer dans une indignation de politesse, à tout va comme il faut, mais bien à développer un sentiment fort issu d’un élan du cœur de soi vers l’autre et incarné dans des actions concrètes et porteuses de sens pour le bien de l’humanité parce que révélatrice d’une conscience intime et naissante prenant part à une conscience collective?
Des questions qui questionnent notre propre rapport à la liberté, au monde, à l’homme et à la justice auxquelles les éducateurs que nous sommes ne pouvons nous soustraire, me semble-t-il…
Carême pédagogique
Jour 14
Pensée 14
De la persévérance et de bien d’autres choses encore

« Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance. »
H. Jackson Brown
Depuis cette année, sur les murs de ma classe, j’ai punaisé un certain nombre d’affichettes correspondant aux différentes compétences travaillées. Des affichettes mobiles qui reprennent en couleur, en dessin, en mot ou encore sous forme de logos, les compétences mais aussi les attitudes attendues lors des séances de travail et sur lesquelles l’effort et l’attention des élèves devront porter plus particulièrement.
Lors de la mis en place d’une activité, je sélectionne les points précis que les élèves vont devoir travailler et je les rassemble sur le coin du tableau. Ainsi, les enfants savent ce qui est en jeu dans la situation proposée ainsi que les compétences qu’ils auront à mobiliser. Depuis quelque temps, et je trouve ce fait assez intéressant pour être souligné, certains élèves, de leur propre initiative suggèrent des affichettes qui leur semblent manquer à ma sélection.
Et là maîtresse, on pourrait ajouter aussi le logo
« Je sais…travailler seul » ou » « Je sais…travailler à plusieurs » ou « Je sais…travailler en temps limité » ou « Je sais…lire les consignes sans l’aide de l’adulte » ou « Je sais…m’organiser et anticiper » ou…etc
Parmi ce lot d’affichettes, voici celle qui illustre d’une autre manière la citation ci-dessus.
Je sais…
m’engager dans un travail à long terme

Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un des jeux d’affichettes à télécharger en version PDF Icônes Je sais…
Parallèlement à celui-ci, j’ai confectionné un autre ensemble d’affiches centrées sur les compétences requises pour la bonne assimilation des connaissances dans des domaines plus ciblés comme la lecture, la conjugaison, le grammaire, le vocabulaire et le langage oral.
Carême pédagogique
Jour 13
Pensée 13
« Comment pouvons-nous nous comprendre, monsieur, si je donne au mots que je prononce le sens et la valeur de ces choses telles qu’elles sont en moi; alors que celui qui les écoute les prend inévitablement dans les sens et avec la valeur qu’ils ont pour lui, le sens et la valeur de ce monde qu’il a en lui? On croit se comprendre; on ne se comprend jamais! »
Luigi Pirandello
Alors quoi, communiquer serait-elle une action vaine? une illusion langagière? une démarche dépourvue de sens puisque entièrement soumise à la subjectivité de l’autre et de soi-même?
Si les mots que j’emploie ou les mots que j’ignore expriment si cruellement les limites de mon propre entendement; si les mots reçus par cet étrange étranger restent vains puisque déshabillés, dénaturés, déformés, transformés; si quoi que je dise et de quelque manière que je le dise, mon propos ne sera pas compris tel que je souhaite qu’il le soit; alors à quoi donc le langage me sert-il?
Luigi Pirandello nous convierait-il ici et si subtilement à envisager le langage comme une manière de nous hisser hors de nous même? comme une façon d’apprendre à faire le deuil et d’une partie de soi et de la représentation qu’on a de l’autre?
Et si le langage n’était qu’un prétexte pour inventer un espace commun entre chacun d’entre nous, un espace différent de soi, différent de l’autre? un espace à convoquer, à invoquer, à imaginer?
N’y a-t-il pas là, un réel sujet à travailler dans nos classes et par souci d’isomorphisme et de cohérence, dans nos pratiques mêmes d’enseignement?
Carême pédagogique
Jour 10
Pensée 10
Autour du mot discipline
Qu’en est-il aujourd’hui?
Les piliers 6 et 7 du socle commun-texte de Loi de 2005 , faut-il le rappeler- invitent les enseignants à construire et développer chez les élèves leurs compétences sociales et civiques, leur esprit d’initiative et l’accès à leur l’autonomie; compétences transversales propices à ce travail d’ordre intérieur en étroite relation avec les règles nécessaires à la survie de cette mini-organisation apprenante et démocratique qu’est la classe. Une condition néanmoins: mettre en place de véritables situations d’apprentissages qui font sens pour l’enfant comme pour l’adulte (oui, ça me semble important également) et permettront ainsi la mobilisation d‘attitudes et de connaissances transférables d’un contexte à un autre. Sinon, à quoi bon?
A débattre et à
Carême pédagogique
Jour 9
Pensée 9
J’ai tant de questions et si peu de réponses…
Chaque réponse est un aveu d’impuissance; derrière chacune d’entre elle se cache un nouvel abime d’ignorance.
Et pourtant l’homme est ainsi fait qu’il ne peut se résoudre à cesser de chercher. Son esprit le voudrait-il qu’il n’y parviendrait pas. Vivre, c’est déjà apprendre, apprendre c’est chercher, ainsi nous voilà contraints à souffrir de notre ignorance.
La partager la rendrait-elle moins cruelle?
La questionner la rendrait-elle plus familière?
La chanter, la clamer, la rendrait-elle plus douce?
Parfois -souvent- le poète sera celui qui mieux qu’un autre saura trouvé les mots, les mots justes, ceux qui, loin de nous apporter de vraies réponses, nous conduiront juste à mieux questionner le monde, les hommes, la vie afin, non pas de tout comprendre, mais déjà d’apprendre à mieux regarder notre ignorance comme une partie de nous-même, reflet vibrant dans un miroir sans tain.
« Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,
plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne.
Tout ce que j’ai, c’est un espace tour à tour
enneigé ou brillant, mais jamais habité. »
Philippe Jaccottet, L’ignorant, 1957
Carême pédagogique 2011
Jour 7
Pensée 7
« Une vie est une œuvre d’art. Il n’y a de plus beau poème que de vivre pleinement.
Échouer, même est enviable, pour avoir tenté. »
Georges Clémenceau
Dans nos classes, quelle place pour l‘erreur?
Dans nos parcours professionnels, quelle place pour l’audace?
Dans nos vies, quelle place pour l’échec?
Apprendre à oser, apprendre à échouer, n’est-ce pas apprendre à vivre ce « pleinement »?
L’école apprend-elle suffisamment à nos enfants à réussir à échouer?
L‘école invite-t-elle nos enfants à cet élan créateur qu’est l’expérience féconde? féconde car incertaine…
Carême pédagogique 2011
Jour 7
Pensée 7
Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on a toujours tort.
A moins qu’on ait raison d’avoir tort
et tort de croire qu’il ne faut pas oser.
Oser dire, croire et faire contre l’opinion.
Il était une fois…
Un conte vaut parfois mieux que cent discours
Carême pédagogique 2011
Jour 6
Pensée 6
Le bonheur est -il un état d’esprit, une qualité, une vertu, un don?
Est-il une simple vue de l’esprit que l‘homme aurait inventée pour supporter l’inexorable fin de son existence?
Peut-on le chercher, et si par bonheur, on le trouve, est-il possible de le garder comme on protège un bien précieux?
Est-il d’ailleurs un bien? Peut-on veiller sur lui et le préserver tel l’homme, depuis qu’il l’a découvert, a su entretenir le feu?
Le bonheur tient-il davantage de l’avoir, de l’être, de l’agir?
Le bonheur peut-il continuer de se vivre sitôt qu’il disparaît par le seul fait que la mémoire le rend encore tangible?
Est-il évaluable? quantifiable?
S’il est une vertu, comment s’acquiert-elle?
S’il est un don, certains sont-ils plus dotés et doués que d’autres?
S’il est un bien, comment le partager?
S’il n’est que pure illusion, par quoi le remplacer?
Et puis d’ailleurs, le bonheur est-il obligatoire? Est-il une condition inconditionnelle de la réussite d’une vie d’homme?
Ne sont-ce pas là des questions fondamentales à évoquer en classe avec nos élèves, à l’heure où les vrais faux marchands de faux vrai bonheur ont partout envahi nos espaces de vie?
A débattre et à
Carême pédagogique
Jour 3
Pensée 3
« C’est une chose souvent éprouvée : cet abîme entre un savoir lourd, embaumé dans les livres ou les morales, et l’humeur aérienne de la vie qui va. On peut ainsi être instruit de tout, et passer sa vie dans l’ignorance absolue de la vie. Ce ne sont pas les livres qui sont en cause, mais la parcimonie d’un désir, l’étroitesse d’un rêve. »
(« Le huitième jour de la semaine » C. Bobin)
lundi: je rêverai je rêverai je rêverai je rêverai…
Mardi: tu rêvas tu rêvas tu rêvas tu rêvas…
Mercredi: il rêvait il rêvait il rêvait il rêvait…
Jeudi: nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé…
Vendredi: vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé…
Samedi: ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé…
Dimanche: elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé…
Lorsqu’à l’école on apprend certains verbes
apprenons d’abord à les vivre
avant de les conjuguer
pour éviter de passer
…à côté d’un rêve
Bonne journée donc!
Carême pédagogique 2011
Jour 2
Pensée 2:
» Le courage aboutit à son propre commencement…les courageux sont ceux qui ont l’art de commencer…on n’apprend pas à commencer, pour commencer, il faut simplement du courage. »
Vladimir Jankélévitch
Ce courage là peut-il s’enseigner? se transmettre? le vouloir précède-t-il le pouvoir? ou bien est-ce dans l’agir que le courage prend vie?
Question philosophique de premier ordre me semble-t-il tant elle se pose à nous, chaque jour, qu’on soit adulte, qu’on soit enfant, qu’on soit enseignant, qu’on soit parent et tant elle prépare à la vie, à ses heurts, aux choix qu’elle nous offrira ou que nous provoquerons, à la mort qui nous attend, inévitablement.
Si apprendre le courage, c’est accepter d’éprouver au quotidien la frustration des petits renoncements, enseigner le courage, consisterait-il, par un effet de mise en abime, à accepter, sans pour autant ne jamais renoncer, de n’être pas pleinement en capacité de conduire comme nous le souhaiterions, notre enseignement auprès des enfants qui nous sont confiés, dans un temps donné et dans un cadre requis?
Enseigner, c’est être confronté chaque jour à nos limites, à notre petitesse d’homme, à notre ignorance professionnelle, et malgré tout, revenir chaque lendemain, recommencer inexorablement, croire passionnément en la capacité de l’autre, en son courage.
Provoquer le courage, reconnaître le courage de l’enfant, dans la moindre petite activité apparemment insignifiante à nos yeux, ne sont-elles pas des attitudes éducatives fondamentales dans un monde où l’immédiateté, l’efficacité, le plaisir et le culte du résultat sont vantés comme autant de récompense et de mérite?
Apprendre, c’est prendre le risque de ne pas comprendre; il faut du courage pour cela.
Enseigner, c’est oser prendre le risque de n’être pas compris, de se tromper; il faut aussi du courage pour cela, non?
A débattre, de manière éthique et responsable ![]()
Petit clin d’œil pédagogique à notre calendrier du jour, en ce mercredi d’ouverture du Carême 2011, je vous propose une nouvelle chronique intitulée Carême pédagogique. Il s’agira, jour après jour, de nous retrouver ici même, de nous poser quelques instants de manière à partager ensemble une pensée personnelle, un précepte, une règle de conduite professionnelle, une citation, un proverbe, un dicton, une réflexion, un aphorisme, un adage, bref, un extrait de notre substantifique moelle pédagogique nous tenant particulièrement à cœur mais qui n’en demeure pas moins si difficile et parois même impossible à incarner au quotidien.
Entre ce que l’on croit, ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce vers quoi on tend, les écarts et les paradoxes sont malgré tout inévitables. Le manque de temps, l’usure du quotidien, la part des affects, la tentation de la routine, la surcharge de travail, etc sont autant de bonnes mauvaises raisons de mettre de côté les valeurs humaines et éducatives auxquelles nous sommes pourtant profondément attachés, et ce, quels que soient notre religion, notre athéisme, notre appartenance politique, culturelle ou sociale, car ce dont il est question bien avant tout, c’est de notre référence commune à des valeurs humanistes qui transcendent, elles, nos différences humaines.
Ainsi, de manière à nous rappeler à notre sens éthique et professionnel, je vous inviterai chaque jour, le temps d’une courte pause numérique, non pas à une célébration de pénitence collective (
) mais plutôt à ce que j’appellerai une brève analyse de nos pratiques éthiques.
Qu’en pensez-vous?
Jour 1:
Pensée 1:
Éduquer, c’est renoncer à nos propres rêves d’excellence pour permettre à l‘enfant d’accéder à son excellence propre.
Dans le cadre de la mise en œuvre prochaine de la réforme des enseignants, nous serons amenés, dans nos établissements et en équipe à accompagner, accueillir, aider, soutenir, informer, conseiller nos jeunes collègues dans une logique de co-formation mutuelle et collective.
C’est une question de responsabilité collective et de solidarité professionnelle.
Pour cela il me semble indispensable de penser cet accompagnement comme un défi tout à la fois professionnel et humain, une occasion de nous fédérer les uns les autres autour d’un enjeu commun, celui de l’avenir de nos établissements scolaires et de leur développement futur.
Ce texte de Kierkegaard, philosophe danois, nous y invite avec prudence, avec pudeur, avec honnêteté, avec courage, de manière éthique et responsable.
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» Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis je dois le chercher là où il est et commencer là, justement là.
Celui qui ne sait pas faire cela se trompe lui-même quand il pense pouvoir aider les autres. Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui, mais d’abord comprendre ce qu’il comprend.
Si je n’y parviens pas, il ne sert à rien que je sois plus capable et plus savant que lui. Si je désire avant tout montrer ce que je sais, c’est parce que je suis orgueilleux et cherche à être admiré de l’autre plutôt que l’aider.
Tout soutien commence avec humilité devant celui que je veux accompagner; et c’est pourquoi je dois comprendre qu’aider n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre. »
Dans l’actualité éducative lire également:
La lettre à un tuteur ou accompagnateur par André de Peretti et François Muller parue ce matin sur le site du Café pédagogique
Les 12 clefs du tutorat, par Jacques NIMIER sur son excellent site Pédagopsy
La toute première des 10 compétences du référentiel de l’enseignant exprime clairement le devoir de l’enseignant d’ AGIR de façon éthique et responsable
Interrogeons-nous un instant sur la nature et la fonction de cet « Agir » avant de le coordonner à ses deux adjectifs, éthique et responsable. Procédé purement énonciatif et explicatif puisque dans la vie, il paraît essentiel, autant que faire se peut, de ne jamais dissocier nos actes d’une éthique et d’une responsabilité à la fois professionnelle et personnelle…
Agir donc…définition du Petit Larousse illustré version 2006:
1- Entrer ou être en action.
2- Produire un effet, exercer une influence
3- Adopter une attitude, se comporter, se conduire
D’entrée de jeu on sent bien que l’action ne peut se détacher d’une attitude et d’une influence présente donc dans chacun de nos choix d’enseignement et d’éducation.
L’agir suppose des actes visibles, des paroles explicites, des visées finalisées, des positionnements clairs, des choix énoncés…et j’oserai ajouter des renoncements aussi. Renoncements assumés et éclairés à la lumière des choix effectués. Mais cet agir, puisqu’il s’exerce dans le cadre d’un établissement, d’une école, d’une équipe, d’une classe, ne peut se résumer à un agir solitaire, individuel, personnel. Il se décline au sein d’une institution, d’une histoire, d’une culture, d’une unité qui fait corps et qui donne et construit du sens…Nous touchons ici à une valeur fondamentale qui rejoint une question d’ordre philosophique. Comment faire le lien entre l’individuel et le collectif, comment se montrer garant de l’un et de l’autre, comment agir les uns avec et en fonction des autres… Une tension délicate et néanmoins essentielle avec laquelle il faudra sans cesse composer. Trop de collectif nuit au respect de l’unicité de la personne. Trop d’individuel écarte toute possibilité de projet et donc d’humanité.
Essayons de dresser une typologie des actions directement reliées à cette compétence 1 du référentiel de l’enseignant: Agir de façon éthique et responsable.
Des actions en situation:
- accueillir chaque enfant le matin par un mot, un regard, un geste personnalisé
- proposer des activités variées et ciblées en fonction des besoins d’apprentissage de chacun
- encourager le plus possible, féliciter lorsque cela est légitime, nommer clairement les difficultés quand elles se présentent
- mettre en place des conseils d’élèves, des ateliers philo où des quarts d’heure « quoi de neuf sur la terre? » où la parole devient un lieu d’échange, d’ouverture et de co-construction de savoirs et de postures
- tenir compte des rythmes et des besoins biologiques des enfants en fonction de leur âge et de leurs particularités
- travailler en lien avec les textes officiels: référentiel, programmes et socle commun
- miser sur la méthodologie et l’apprentissage de l’autonomie
Des actions en équipe:
- élaborer un dispositif d’accompagnement et d’évaluation en lien avec les capacités de l’élève et des élèves à un moment T pour le et les mener à un instant T+1
- construire des outils, rédiger des documents explicatifs, lisibles et communicables au sein et hors de l’établissement
- rendre lisible et vivant le projet éducatif de l’établissement
- s’associer à l’accompagnement de chacun des membres de l’équipe éducative
- analyser nos pratiques et co-élaborer des savoirs-faire professionnels
- s’interroger sur l’organisation du temps de travail des élèves et des enseignants
- innover, expérimenter, se donner le droit à l’erreur
- continuer d’apprendre à enseigner
Des actions en amont
- élaborer ses progressions, ses séquences, ses séances
- anticiper les difficultés
- se mettre en veille pédagogique et institutionnelle
- réactiver en permanence ses connaissances dans un souci de clarification des contenus à enseigner *
Des actions sur le long terme
- travailler avec les familles
- construire des partenariats
- mettre en place des projets
- s’assurer de l’adéquation entre le « j’enseigne » et le « ils apprennent »
- miser sur la co-formation (entre pair) et l’auto-formation (par soi-même) *
Ce catalogue à la Prévert, loin d’être exhaustif témoigne néanmoins de choix et de priorités qui me paraissent traduire de cet engagement éthique et responsable au service d’une éducation et d’un enseignement durable…Bien évidemment, chacun des items pourrait être décliné en sous-items et en une multitude de verbes d’action. Il s’agit ici d’une sorte de préambule qui ne demande qu’à être amélioré et enrichi au regard de vos propres pratiques et choix personnels et professionnels. Les commentaires sont ouverts…au débat et à la discussion! Ainsi, dans un souci de participation active, j’ajouterai au fur et à mesure vos propositions que je rendrai visibles par une astérisque *
C’est bien là la finalité de ce blog. Partager, s’interroger, se co-former…
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Je vous avais promis un petit bilan synthèse de ma semaine de formation. Formation initiée l’an dernier sous l’appellation de Maître d’Accueil en charge de l’accompagnement des stagiaires et redimensionnée cette année dans la perspective de la nouvelle réforme de la formation des enseignants. Nous voilà donc, mes collègues de stage et moi-même missionnés en tant que futurs Maîtres Associés à la Formation.
De quoi s’agit-il exactement?
Les IUFM disparaissent… Les étudiants, lauréats d’un Master 2 se verront automatiquement attribués un poste à l’année dans nos écoles, sans autre forme de formation que celle reçu à l’université. Beaucoup de savoir savant…mais quelles compétences opérationnelles? Charge donc à l‘établissement d’accueil et à l’équipe en place de recevoir, accompagner et former ces nouveaux enseignants. Une fois la polémique (essentielle et vitale) dépassée nous voilà donc face à un défi majeur dont il va bien falloir se saisir. Rester sur le bord du chemin ne ferait qu’accentuer les difficultés de chacun à commencer par celles de nos élèves!
L’objectif général de ce stage consiste donc à réfléchir à cette nouvelle donne en appréhendant le concept d’établissement formateur appelé également organisation apprenante. De nombreuses questions se posent et s’imposent d’elles-même à la fois en terme d’organisation et de management.
Bref, comment mettre en œuvre la professionnalisation de nos collègues à venir et comment les accompagner au mieux dans leurs nouvelles tâches?
Une de nos missions centrale consistera à l’observation en vue d’un tutorat constructif. Vaste chantier! Je passe sur les questions organisationnelles…. du type….Qui prendra en charge ma classe lorsque je serai aux côtés du néo-titulaire? et je vous propose ici une première ébauche de support d’observation de séance. Support permettant à la fois un repérage circonstancié de faits et la mise en place d’une approche réflexive de part et d’autre, accompagnant-accompagné, partant du principe de base qu’accompagner et guider ne doit aucunement se résumer à ce type de formulation… »Là tu as fait… moi j’aurais fait… »!
Voilà donc sous forme de carte heuristique une première organisation possible d’observation de séance. N’hésitez pas à me faire parvenir vos critiques et vos suggestions. Elles seront les bienvenues!
9 entrées pour une observation constructive
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Sur ce sujet, un groupe de réflexion vient d’ouvrir ses portes sur facebook
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Si l’analyse de la pratique était une œuvre d’art, elle ressemblerait sans doute à cela…
Terre Labourée
MIRO

Observer, situer, nommer, mettre en relation…
La suite dans un prochain épisode…je vous laisse cogiter!
Le coin des bavards!