Des outils pour mieux apprendre

26 09 2011

« A partir de travaux et d’expériences développés en Europe de l’Est puis aux Etats-Unis et en Australie, le « mieux-apprendre » propose une approche théorique et pratique en cohérence avec la personnalité de celui qui apprend et la personnalité de celui qui transmet.
Cette approche s’appuie autant sur un bon sens parfois oublié que sur les travaux de chercheurs et de pédagogues. Elle fait découvrir qu’apprendre n’est pas forcément une question de mémoire, de prédispositions ou d’intelligence. Il s’agit surtout de mieux utiliser nos facultés naturelles à travers un processus et un environnement adaptés.
A travers des outils simples, cette approche plus naturelle du fait d’apprendre permet de (re)trouver plaisir, confiance en soi, et une meilleure relation à soi-même et aux autres. » Source: Mieux-apprendre.com

Dans le cadre de ma formation au titre universitaire de formateur, entamé début 2009, et en parallèle des actions de formation que je mets en place à la demande d’équipes d’école ici ou là, il m’est demandé de suivre un certain nombre de modules obligatoires délivrés par les organismes institutionnels comme le CEPEC de Lyon, l’ISP-Faculté d’éducation de Paris et son homologue, l’IFUCOM d’Angers.

Ainsi, formation et pérégrination sont deux mots que je vis et expérimente depuis quelques mois déjà. Je dirais même plus, l’un ne va plus sans l’autre, ils sont devenus indissociables, ce qui n’est pas pour me déplaire, je l’avoue.

Pour autant, le monde de la formation ne s’arrêtant pas aux frontières de l’éducation nationale ni à celui des instituts missionnés, j’ai décidé cette année d’opter également pour un parcours professionnel élargi, en marge des chemins traditionnels. C’est ainsi que depuis quelques temps, je me suis penchée sur les travaux de Bruno Hourst et de son équipe du Mieux Apprendre.

 

 

S’intéresser à l’étude des intelligences multiples, à l’approche des techniques de lecture active ou encore à celle des stratégies de mémorisation, c’est s’intéresser d’un peu plus près à tout ce qui touche à l’apprentissage, et donc à l’enseignement, dans une optique d’ouverture, de mobilisation et de développement des ressources et des compétences propres à chacun; ressources souvent mal exploitées car ignorées.

Chaque apprenant est doté de circuits cognitifs qui lui sont personnels. Mieux les connaître et mieux se connaître, c’est faire le pari d’une optimisation des savoirs-faire de chacun en vue de la mise en place d’une pédagogie différenciée qui optera, non pas sur la démultiplication des « niveaux » d’apprentissage, mais plutôt sur un apport diversifié d’approches facilitant une meilleure prise en compte des particularités et des parcours de chacun. Tirer le meilleur parti de la diversité dans une démarche pédagogique, tel est l’enjeu.

C’est ainsi que jeudi et vendredi prochain, j’ai la grande chance de participer aux ateliers proposés par Bruno Hourst et son équipe. Deux jours entiers consacrés aux techniques du Mieux apprendre, ce serait dommage de passer à côté, vous ne trouvez pas ;-)

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès ;-)

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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De l’art d’enseigner!

1 04 2011

Carême pédagogique

Jour 22

Pensée 22

La tradition du poisson d’avril, une bien belle invitation à la créativité!

Je vous laisse savourer la prouesse technique associée au talent d’acteur de ce prof de math.

Comme quoi on eut être prof, être heureux et rendre les élèves heureux…même en mathématiques ;-)

http://www.dailymotion.com/video/xcveim

Bon, maintenant je file en classe…

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Mieux vaut prévenir que…

19 01 2011

Vous ai-je déjà présenté mon autre autre blog?

- Encore un autre blog!? Avec celui de vos élèves et le vôtre, plus tout le reste, vous n’en n’avez donc pas assez? »

- Si, bien sûr, j’en avais déjà largement assez…et puis, voilà, une rencontre, une sollicitation, un projet….et hop! En juillet dernier, paraissaient les premiers articles de ce nouveau web-log.

Je m’explique:

4 raisons principales m’ont poussée à créer ce blog sous l’égide de la MAE :

  • Une rencontre professionnelle et amicale avec l’une de ses responsables impliquée dans le secteur des actions de prévention
  • L’envie de valoriser un patrimoine pédagogique riche et encore trop peu connu des responsables éducatifs (parents et enseignants)
  • Le désir de soutenir les actions de prévention menées sur le terrain par des équipes de bénévoles en lien avec la sécurité des enfants et celle des adolescents
  • L’opportunité de travailler en lien avec un partenaire

Depuis l’été dernier donc, chaque lundi, j’y publie un article relevant d’un thème précis de prévention en lien avec une ressource pédagogique ciblée.

  • Les thèmes abordés:
  1. La sécurité domestique
  2. Éducation à la santé
  3. Les premiers secours
  4. La sécurité routière
  • Les niveaux concernés:
  1. La maternelle
  2. L’élémentaire
  3. Le collège
  4. Le lycée
  • Les types d’outils (toujours gratuits):
  1. Kit pédagogique
  2. Cédérom
  3. Fiches téléchargeables
  4. Expositions, actions et ateliers itinérants
  • Les publics concernés:
  1. Les parents
  2. Les enseignants
  3. Les associations
  4. Les collectivités territoriales

Alors, on s’y retrouve dès lundi prochain?

Blogueuse, un métier passionnant ;-)

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Un blog pour quoi faire? (Partie 2)

19 12 2010
  • Utiliser l’outil numérique en situation

Avec un portfolio numérique on utilise l’outil comme média pédagogique et formatif. Les élèves valident ainsi le B2I avec derrière un véritable enjeu d’apprentissages variés. Il ne s’agit pas d’une utilité purement technicienne mais d’une pratique sociale visant des apprentissages fondamentaux comme la lecture, la communication, la production d’écrit, etc.

  • Se servir de la langue française dans sa fonction de communication

Écrire un texte pour la seule maîtresse, ne jamais avoir d’autre retour qu’une correction, aussi précise soit-elle, est-ce là une démarche sensée lorsqu’il s’agit d’écriture? Publier sur un blog, c’est écrire pour une multitude de lecteurs potentiels. Cela change considérablement la donne.

  • Partager ses lectures et ses passions

Apprendre et partager; partager pour avoir envie d’apprendre davantage encore, tel est le cercle vertueux initié grâce au blog de classe.

  • Rédiger des articles sur des sujets variés

Les enfants étant invités à rédiger de petits textes en relation avec de nombreux types de lectures ou domaines d’intérêt, le blog devient ainsi une véritable plateforme multi-culturelle. Blog et cyberculture!

  •  Jouer et interagir entre pairs

Sur le blog, les élèves se retrouvent, ils se lisent, rebondissent sur les articles écrits par leurs pairs. Ils n’écrivent et ne lisent plus plus pour le seul compte du maître mais pour être lus et se commenter eux-mêmes et entre eux.

  • Être auteur, acteur, rédacteur, commentateur, administrateur

Plusieurs attitudes, capacités et compétences sont ici sollicitées en situation. Auteurs, ils rédigent. Acteurs, ils agissent. Rédacteurs, ils publient. Commentateurs, ils réagissent. Administrateurs, ils apprennent à gérer l’administration du blog.

  • Ecrire, lire, écrire, lire….

Image de prévisualisation YouTube

 

Références utiles et citées:

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Un blog de classe pour quoi faire? (partie 1)

17 11 2010

Un blog de classe pour quoi faire? La question peut paraître saugrenue pour les uns, impertinente pour d’autres, sans intérêt pour certains. Travaillant depuis tout  juste trois ans avec ce type de support numérique, j’avais envie d’en donner un feed-back non exhaustif mais ancré dans ma réalité quotidienne de vie de classe.

Alors, notre Cuturo-blog de classe, que permet-il d’autre qui ne soit pas possible sans lui? Qu’offre-t-il de différent de ce qu’offre déjà la classe? Voici quelques éléments de réflexion que je soumets volontiers à vos propres réflexions, analyses et expérimentations.

  • s’exprimer dans et hors de la classe,

Qu’il s’agisse de relation pédagogique, de relations entre pairs ou de relations aux savoirs, la dimension relationnelle se révèle essentielle et incontournable dans une vie de classe. On parle beaucoup d’individualisation dans le milieu de la formation; j »aime de moins en moins ce mot, je l’avoue bien volontiers. Il efface la personne et contourne le collectif. Au terme d’individualisation je préfère nettement celui de personnalisation. On y reconnaît davantage l’existence de la personne en lien avec l’existence du groupe auquel elle appartient. On apprend toujours seul mais jamais sans les autres est un des leitmotivs de Philippe Carré. Je l’expérimente pour ma part chaque jour en classe avec mes élèves. Le blog de classe permet à cette personnalisation de la relation de se poursuivre dans un espace-temps autre que celui de la classe. La relation ainsi que l’expression de cette relation sont au cœur du dispositif d’apprentissage; elles sont au cœur même de l’acte d’apprendre.  Qu’elle soit orale ou écrite, l’expression est un des modes relationnels qui favorise la mise en place d’un apprentissage dynamique, évolutif, vivant, incarné. Développer et organiser cette expression au sein de la classe est une des choses les plus délicates à  gérer pour un enseignant. Qui questionne? Qui répond? Qui propose? Qui exprime et s’exprime? Bien souvent…ce sont toujours les mêmes, avec en exergue la parole de l’enseignant trônant sur l’estrade.

Lorsque la première année j’ai mis en ligne notre premier blog de classe, j’ai progressivement vu s’établir de nouveaux flux de communication, de nouvelles formes d’interaction, de nouveaux espaces d’expression plus propices pour certains à l’expression de soi. Soi et les autres. Soi au sein d’un collectif numérique, mais non moins réel pour autant. Un collectif moins intimidant, moins impressionnant sans doute pour certains enfants plus timides, plus inhibés, moins confiants. Quelle que soit l’importance de l’enjeu éducatif, on ne peut forcer un enfant ni à apprendre, ni à entrer en relation, ni à s’exprimer. On ne peut que l’y inviter, lui tendre chaque jour la main, lui exprimer notre présence et lui signifier son existence. Et puis, peut-être, sans doute, sans aucun doute, un jour, on le verra entrer dans la danse. C’est ce que j’ai pu en effet constater et expérimenter via le blog de classe. J’y ai vu, lu et entendu des enfants qui peinaient à s’exprimer en tant qu’élève et qui peu à peu, à leur rythme, via un espace autre que celui de la classe, de l’école, du cadre institutionnel, se sont autorisés à se construire une identité d’élève . Le blog de classe a cette particularité de représenter la classe sans pour autant en imposer le cadre. Ni obligation de lieu, ni obligation d’horaire, ni obligation de contenu, ni obligation de résultat, ni obligation de présence. Et pourtant…ils sont là, ils y reviennent, ils en redemandent. Intéressant je trouve…

  • établir un lien entre l’école et la maison

Véritable portfolio numérique, le blog de classe, est une porte ouverte sur ce qui se vit et se fait en classe. Les parents, les amis, la famille peuvent ainsi prendre part à un espace-temps généralement clos et mystérieux qui leur est de fait interdit par des contraintes tant exogènes qu’endogènes: disponibilité des uns, emploi du temps des autres, règlement intérieur des établissements, architecture spatiale limitée, sont autant d’obstacles à la mise en place de lieux ouverts propices aux échanges entre les familles et l‘institution. Le blog de classe, lui,  permet cet autre lieu, il permet une relative perméabilité entre deux sphères généralement considérées par l’une comme par l’autre comme territoires infranchissables, inatteignables, voire non autorisés.

Le blog de classe établit ce que j’appelle une passerelle virtuelle. C‘est sans doute mon petit côté claustrophobe, je n’ai jamais aimé les portes fermées, mais c’est davantage évidemment. Derrière cette idée de passerelle, il y a la conviction, là encore, qu’une meilleure communication entre l’école et la famille ne peut que favoriser la confiance réciproque, première pierre d’un pacte éducatif à double entrée. Triple entrée devrais-je dire car l’enfant-élève est un des co-signataires de ce contrat éducatif. Le blog de classe permet ainsi non seulement d’éclairer les contours de la boîte noire que représente la classe, en y laissant entrer un peu de transparence et de couleur mais également il permet aux enfants d’être eux-mêmes au carrefour de ce lieu de transition et de transfert des savoirs. Ce sont eux les passeurs, les transmetteurs; ce sont eux qui gèrent, en fonction de leurs souhaits, le débit et le contenu de ce qu’ils considèrent comme utile, lisible, audible et recevable. Rien n’est imposé. C’est un principe de base et qui fonde de plus en plus, là encore je l’avoue bien volontiers, l’essence de ma pédagogie.

  • créer une identité de classe

Le blog de classe, tel que nous le pratiquons depuis trois ans, peut être assimilé à ce que l’on nomme également un portfolio de présentation. Notre blog, c’est nous, c’est notre classe toute entière et c’est chacun de ses éléments en particulier, lié entre eux dans une entreprise collective. C’est une galerie numérique et permanente de travaux et d’échanges incarnant à la fois le travail de chacun mais aussi la réalisation d’un projet collectif co-construit tout au long de l’année. Chaque année, les groupes-classe se font et se défont au gré des répartitions, des déménagements, des nouvelles inscriptions. Chaque année, il faut reconstituer une nouvelle dynamique de groupe, retrouver un nouvel élan propre à chaque profil de classe, chercher et trouver un projet particulier qui fera sens pour les élèves et donnera du sens à leur quotidien.  Sans  ce sens, il est bien difficile de trouver la motivation et l’appétence nécessaires à l’engagement scolaire.

Le blog de classe, de ce point de vue a largement dépassé mes espérances. Non seulement il génère l’adhésion de tous, mais il va bien au-delà puisque les années passant, les anciens élèves continuent de s’y sentir chez eux même lorsqu’ils ont changé d’établissement! Certes d’une année sur l’autre le blog évolue, en lien avec les besoins particuliers et le caractère propre à la classe, caractère qui chaque année diffère de la précédente. C’est ce qui fait la saveur de ce métier. Rien n’est jamais pareil. Le blog de notre classe, c’est notre travail, c’est notre fierté, c’est notre identité commune. Cette identité de classe est fondamentale pour envisager la mise en place des apprentissages. La classe est d’abord un lieu de vie et c’est parce qu’elle est un lieu de vie qu’elle peut devenir un lieu d’apprentissage. De cela, je reste convaincue.

  • valoriser le travail des élèves

Sur un blog de classe, on ne publie pas n’importe quoi, n’importe comment. En amont, un travail personnel de lecture, de rédaction, de présentation, de choix et de sélection des travaux est co-constitué par les enfants et l’enseignant. A l’heure où l’on parle de développement des compétences autant que des savoirs, à l’heure où l’échec scolaire est quotidiennement affiché aux yeux des élèves qui eux, tentent avec ardeur de donner le meilleur de ce qu’ils peuvent, la valorisation de leur travail et de leur réussite me semble la moindre des choses. Croire en ses élèves, en leurs capacités de progrès, en leurs facultés encore toute naissantes n’est-ce pas une posture fondamentale pour tout enseignant, pour tout éducateur? C’est une question de respect, d’éthique et de solidarité envers eux. La motivation entraîne l’envie; le goût entraîne le plaisir; la reconnaissance entraîne l’engagement, la réussite entraîne la réussite…Le blog de classe, parce qu’il donne à voir le fruit de leur travail permet ce cercle vertueux, pourquoi s’en priver?

Dans un très prochain article, j’aborderai d’autres aspects qui font la particularité du blog de classe. J’y évoquerai, entre autre, la validation du B2I en situation, les activités en lien avec la maîtrise de la langue française, le rapport incontournable aujourd’hui entre les apprentissages et l’usage du numérique. Nous savions déjà que les intelligences étaient multiples. Nous découvrons aujourd’hui, avec l’apparition du numérique qui nous condamne à être intelligent pour reprendre les mots de Michel Serre, que nos rapports à la connaissance et aux modes d’apprentissage s’en trouvent complexifiés et sans aucun doute démultipliés. L’école peut-elle restée sourde, aveugle, muette?

@ suivre ;-)

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Une école pour les enfants…impensable? Vraiment?

27 05 2010

Une école faite pour les enfants? Un rythme adapté à leurs besoins? Des apprentissages favorisant la responsabilité et l’engagement?

La pédagogie Montessori apporte depuis bien longtemps des éléments de réponse dont l’école aurait bien avantage aujourd’hui à s’inspirer. A l’heure des réformes et des états généraux en tout sens, à la lecture des rapports d’études comme celui de la Cour des Comptes ou de l’Institut Montaigne, au moment de la remise en question par notre Ministre, Luc Chatel des rythmes scolaires, oser aller voir ailleurs comment cela se passe relève de la responsabilité de chacun: enseignants, formateurs, inspecteurs, recteurs et autres responsables de programmes. Ailleurs, ce n’est pas seulement en dehors du territoire, en Allemagne, en Scandinavie ou en Grande Bretagne; ailleurs, c’est aussi chez nous mais au delà des structures de l’Éducation nationale. Bien des écoles Hors contrat mettent en place des pédagogies nouvelles qui font leur preuve mais restent pourtant inaccessible à la majorité des élèves tant les établissements qui les pratiquent proposent des coûts de  scolarité inabordables pour les familles.

Freinet, instituteur novateur a dû démissionner de l’Éducation nationale et fonder sa propre école. Maria Montessori, également novatrice, a fait bien des émules, mais là encore hors de l’Éducation nationale…Serait-ce donc notre propre système et les acteurs qui y participent qui s’entêteraient à promouvoir des cadres d’apprentissage et des programmes d’enseignement entraînant élitisme d’un côté et échec scolaire de l’autre? Le système travaillerait-il pour lui même pour reprendre le titre du dernier billet d’Eric Le Boucher dans les Echos ? Telle est la question qu’on est en droit de se poser…et que je pose aujourd’hui.

apprentissage

activité

rythme

mobilité

sens

motivation

dévolution

autonomie

Image de prévisualisation YouTube

confiance

temps

curiosité

écoute

observation

organisation

responsabilité

Alors…une école pour les enfants, impensable? Vraiment?


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Press-book!

9 05 2010

Gloriole du jour…

Le CULTURO-blog de mes élèves est inscrit ce mois-ci au sommaire du magazine

« La Classe »

Extraits en direct de ce bel article de deux doubles pages intitulé:

« Concilier lecture, rédaction et pratique de l’internet« 

« Afin d’initier ses élèves, sans viser le B2i pour le B2i, Ostiane Mathon a donc conçu un blog de classe, sur lequel ses élèves de CM1 rendent compte de leurs lectures »

« Lancé en 2008, ce projet s’est développé [...]et à l’unanimité, ils (les élèves) ont souhaité poursuivre l’aventure en CM2. Pour l’année 2009-2010 le blog a été l’œuvre de plusieurs classes de cycle 3. »

« Ce type de réalisation croise plusieurs domaines d’apprentissages, ce qui décuple la motivation des élèves. La lecture se trouve investie de nouveaux enjeux. »

« Plusieurs étapes précèdent la publication des textes sur le CULTURO-Blog.« 

« Tous les articles postés sur le blog résulte donc du travail des élèves, supervisé par leur professeur. »

« Ce projet ménage une progression personnelle [...] autour d’une création commune [...] et d’une identité de classe. »

« Ce blog, sorte de  portfolio numérique [...] donne aux parents un aperçu du travail de leur enfant et de la classe en général. »

« Ce projet a été l’occasion d’une réflexion sur les usages d’internet« 

Un dossier réalisé par Aurélie DJAVADI

Je n’ai plus qu’à conclure ce billet du jour en félicitant mes élèves pour leur énergie, leur travail et leur engagement contagieux

et en leur souhaitant « bonne chance » pour le tout prochain concours InterTICE 2010 auquel ils participent cette année et pour lequel ils viennent d’être nominés par le jury pour figurer parmi les finalistes sélectionnés!

Derniers votes en cours…(si le cœur vous en dit) et remise des résultats mardi soir prochain au CNIT de la Défense


;-)


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Ecrire, lire écrire…un journal d’école

30 04 2010

« Ecrilire »

Lire pour écrire…écrire pour lire

Faut-il choisir?

Écrire pour raconter

Lire pour découvrir

Écrire pour organiser

Lire pour se repérer

Écrire pour s’exprimer

Lire pour écouter

Écrire pour être lu

Lire pour se relire

Écrire pour interagir

Lire pour jouer

Écrire pour informer

Lire pour s’informer

Écrire pour partager

Lire pour s’enrichir

Écrire pour fixer

Lire pour se souvenir

Écrire pour apprendre

Lire pour comprendre

Écrire pour grandir

Lire pour se voir grandir


http://video.google.com/videoplay?docid=-4744064430849936694

Lire pour écrire

Écrire pour lire

Faut-il vraiment choisir?


Petit rappel extrait du

Pilier 1 du socle commun

« Savoir lire, écrire et parler le français conditionne l’accès à tous les domaines du savoir et l’acquisition de toutes les compétences. »

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De l’imprimerie à l’usage du blog scolaire

14 04 2010

« Quand les enfants écrivent pour être lus, par d’autres enfants, mais aussi par leurs parents et par tous ceux qui accèdent au journal scolaire, ils ne rechignent pas à travailler longuement et patiemment. Ils savent qu’ils s’inscrivent dans une grande chaîne et que leurs textes participent à la construction du monde. Le journal devient ainsi le moteur d’une activité intellectuelle et collective. Toutes les autres tâches scolaires s’en trouvent vivifiées. »

Célestin FREINET, L’imprimerie à l’école

Dans la citation suivante il suffirait de remplacer le mot journal par le mot blog…et nous redonnerions vie à cet illustre instituteur…C’est sûr, si Célestin avait enseigné au XXI ème siècle ce novateur anti -conformiste se serait certainement emparé bien avant tout le monde de l’usage du blog scolaire!


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Philosopher à l’école

6 04 2010

Ce soir, envie de partager avec vous l’expérience philosophique à l’école selon Oscar Brennifer, Docteur en philosophie et philosophe praticien.

Depuis quelques semaines, suite à un billet intitulé Osons philosopher rédigé sur mon autre blog « Enquêtes pédagogiques » , et m’interrogeant sur les modalités et les enjeux de la pratique philosophique avec les jeunes enfants, j’ai décidé de l’expérimenter moi-même…pour voir, pour comprendre et qui sait…pour apprendre.

Apprendre quoi? Apprendre à penser mieux? Apprendre à écouter mieux? Apprendre à l’autre à se penser et penser l’autre

« Chercher à raisonner plutôt qu’à avoir raison » O. Brennifer

Toujours est-il que pour trouver un début de réponse à un prochain possible projet de classe, je me suis inscrite à un cycle d’ateliers dont vous trouverez le descriptif en lien sur le site de l’institut de pratiques Philosophiques.

Entre mars et juin donc, 8 méthodes seront abordées autour de 8 auteurs et de 8 textes. Je viens de vivre les 3 premières rencontres. Expériences pour le moins enrichissantes tant d’un point de vue personnel que professionnel. C’est pourquoi dans ce billet, je vous propose une petite mise en bouche façon formation initiale et continue puisque je vous présente aujourd’hui la première partie d’une série de 5 épisodes retraçant une conférence d’Oscar Brennifer en personne en IUFM il y a de cela deux ans.

A raison d’une par semaine, nous aurons le temps  d’ici la fin de l’année scolaire, d’aborder un certain nombre de points d’ordre méthodologique et de soulever quelques-uns des problèmes issus d’une telle pratique…Alors prêts pour l’ouverture de la session? N’hésitez pas à rebondir sur ce que vous aurez entendu ou à partager vos propres pratiques via les commentaires…

http://video.google.com/videoplay?docid=-613787090980124894

Séduits?

A paraître très prochainement sur BLOG BLEU PRIMAIRE

l’épisode 2!

;-)


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Blog du jour

21 03 2010

Le blog de Daniel Gostain

http://fdata.over-blog.net/2/54/14/50/avatar-blog-1078524511-tmpphpZAAU5i.jpeg

Sa devise:

Oui à la liberté d’apprentissage!

Non à l’acharnement pédagogique!

A lire en avant-propos et en guise d’apéritif, l’ensemble de ses choix pédagogiques

regroupé sous l’appellation

« compilation pédagogique »

dans un

livre numérique

Bonne lecture et bon dimanche!

;-)

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La philo à l’école…une drôle d’idée?

8 01 2010

L’enfant, intuitivement et ce dès le plus jeune âge, se pose les premières questions métaphysiques qui fonderont son rapport à la vie, à la mort, à autrui, à lui-même… Le fameux âge des “pourquoi” en témoigne : “Dis maîtresse, pourquoi la jalousie ? Dis maman, pourquoi la séparation ? Dis papa, pourquoi grandir ?” Dis… pourquoi et non comment… telle est la question philosophique !

Pour lire la suite de ce billet hebdo consacré cette semaine aux ateliers philo et écouter Gérard Philippe déclamer cette liberté si chère à Eluard…rendez-vous sur mon autre blog…en cliquant sur l’image ci-dessous!

Bonne fin de semaine ;-)




Voeux pédagogiques!

1 01 2010

« A la poursuite du trésor pédagogique de l’innovation. Une invitation au voyage pour tout enseignant , proposée par la Mission Académique Innovation et Expérimentation de l’académie de Paris. »

Merci à François Muller , responsable de la MAIE, pour cette initiative incitative, inventive et récréative!

En double-cliquant sur la vidéo vous pourrez l’agrandir au format écran. Et n’oubliez pas d’allumer vos enceintes!

A mon tour, je vous souhaite une année 2010 riche en découvertes et en redécouvertes! Innover, ce n’est pas forcément partir très loin, ce n’est pas non plus qu’une question de moyen ou d’arsenal technologique! Innover, c’est d’abord une histoire d’attitude et d’état d’esprit. Parfois, en changeant de quelques petits degrés notre angle de vue, l’horizon épouse de nouvelles perspectives. Juste quelques petits degrés…en longitude ou en latitude…libre à chacun d’orienter son regard, d’expérimenter de nouvelles voies et de conquérir de nouveaux espaces. Un seul verbe peut-être sans lequel rien n’est vraiment possible: le verbe OSER

Pour cette nouvelle année, osons!

Osons transmettre le goût de l’audace!

Osons voir ce qui est à portée de vue mais qu’il nous est parfois confortable d’occulter…

A chacun donc, je souhaite une audacieuse année 2010!




Il neige sur le blog!

10 12 2009

Oui, c’est vrai, il neige sur le blog!

http://lewebpedagogique.com/sequence-pedagogique/wp-content/themes/gmf/scripts/timthumb.php?src=/http://lewebpedagogique.com/images/noel.gif&w=200&h=225&zc=1&q=100

Entendez-vous ces pas lointains, pas feutrés, pas cotonneux ? Les pas du Père Noël à l’approche ? Mais le père Noël alors, il existe ou il existe pas ?! Éternel refrain pour une question qui se passe de réponse. L’essentiel n’est-il pas invisible pour les yeux…Lire la suite de ce billet sur mes…

« Séquences pédagogiques »

;-)




To blog or not to blog…

16 09 2009

Telle sera la délicate question abordée ce matin en concertation.

Allez, la salle informatique chers collègues…

c’est par ici!

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Nous avons travaillé d’après le dossier  » De l’usage d’un blog » que je suis tpute prête à vous faire parvenir en Power Point sur simple demande…dans la boîte à commentaires!




Un blog de classe…pour quoi faire?

7 09 2009

En cette rentrée scolaire, certains enseignants voudront peut-être tenter l’aventure numérique et créer leur blog de classe. Mais se lancer n’est pas chose aisée…Il se trouve qu’en juin dernier, j’ai eu la joie de témoigner face aux futurs professeurs des écoles  de ce qu’est un blog de classe et de l’usage pédagogique que l’on peut en extraire. J’ai été très agréablement surprise de l’intérêt suscité et de l’accueil réservé à cette intervention qui s’inscrivait pourtant en toute fin de formation initiale. De nombreux professeurs stagiaires se sont spontanément inscrits à ce module professionnel, alors même qu’ils venaient de franchir le cap des oraux; malgré la fatigue, la curiosité et le désir d’apprendre semblaient l’emporter. Jolie démonstration de l’implication de ces jeunes professionnels appelés néo-titulaires que je salue ici au passage!

Depuis la mise en ligne de BLOG BLEU PRIMAIRE je me suis très vite intéressée à l’univers numérique des enseignants, à leurs pratiques et à l’ensemble de ce que l’on nomme la blogosphère éducative. Que de ressources et de preuves d’inventivité! Malgré tout, en échangeant avec de nombreux professeurs de premier et de second degré, je me suis également rendue compte de la réelle attente en formation continue et des besoins évidents de co-formation au sein des établissements.

Il se trouve que cet été, le Web pédagogique qui m’héberge depuis 1 an et demi sur cet espace virtuel m’a demandé de rédiger un petit dossier sur ce même thème et l’a publié la semaine dernière sur leur page d’accueil en guise de dossier de pré-rentrée. Un dossier que je compte également présenter à l’ensemble de mes collègues, la semaine prochaine en salle informatique, lors de la première concertation…je crois même que certains profs de collèges sont intéressés!

Voici donc aujourd’hui, pour celles et ceux qui s’intéressent aux pratiques numériques d’enseignement, le contenu intégral de ce dossier. J’ai souhaité autant que possible intégrer les liens utiles que j’avais préalablement repérés sur la toile. Néanmoins, la liste des ressources citées est loin d’être exhaustive…je m’en excuse et je compte sur vous, via les commentaires, pour l’agrémenter en fonction de vos propres expériences et rencontres numériques!

Bonne lecture…

Évidemment, n’hésitez pas à me poser ici et en direct vos questions; je me ferai un plaisir d’y répondre…ou de tenter quelques éclaircissements dans la limite de mes compétences…

Et maintenant…

Cliquez sur l’image!

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Illustration

Delfine




Une rentrée sous « haute surveillance »

20 08 2009

Une rentrée sans école…Saison 1

Nouvelle réforme ?

Dispositif avant-gardiste ?

Expérimentation pour une éducation du futur ?

ou

Scénario catastrophe du tout prochain Reality Show télévisuel ?

Chers élèves, Charlemagne est mort ! Oui, vous le saviez déjà, c’est vrai. Mais là, je veux dire qu’il est définitivement mort, assassiné, rayé des livres d’école. Notre ancêtre à la barbe fleurie avait selon la légende inventé l’école ? Aujourd’hui, l’école ne veut plus de lui, ni de personne d’ailleurs. L’école est fermée. Ses portes seront bientôt closes, par décret, officiellement. Légalement. Il en va de la santé d’une nation, d’un continent, voire de la planète toute entière.  La pandémie nous guette.  Il nous faut réagir. Le compte à rebours est-il lancé ?

Oh…chers enfants, camouflés derrière la panique des hommes, je devine déjà vos sourires espiègles s’épanouir à mesure que l’automne approche. Je sens d’ici le battement surexcité de vos petits cœurs croître alors même que le temps semble échapper aux grands de ce monde. L’automne arrive… Oui, j’entends vos soupirs de soulagement et vos chants  de victoire se mêler à ceux de notre désespoir.  L’automne est là ! Et derrière lui, dit-on, son cortège de toux, de fièvre et de miasmes morbides.

Alors, ça y est…ce rêve honteux dont  chacun de nous, au creux d’un lit encore ensommeillé, s’est fait un jour l’écho silencieux, ce désir inavouable  inscrit au plus profond de nos peurs de cancre et de nos colères de gosse, cette vaine espérance d’un réveil sans cartable, d’une matinée sans note, d’une  semaine sans  tricherie, d’une saison buissonnière, d’une année sans école, ce jour là, ce rêve là, est-il  donc arrivé ? Papa ! Maman ! Il n’y a plus d’école, plus de contrôle, plus de bulletin, plus d’orientation ! Maman ! Papa, vous pouvez  dormir tranquilles, demain sera le plus beau jour de ma vie, enfin je veux dire…de ma vie d’élève ! Une ère nouvelle s’annonce.

Yvan Illich, réveille-toi, ton heure de gloire est là. Tu l’avais souhaité, théorisé, argumenté, écrit… Le tome 2 de ta société sans école est en passe de voir le jour.  Du concept au réel, ses premières lignes s’écrivent à cette heure précise où sur mon clavier court cette rumeur folle d’une rentrée sans école.  Son titre ? De l’école obligatoire à l’interdiction d’école….Rêve ou cauchemar ?

En 1971, tu posais déjà les termes d’un nouveau contrat. Souviens-toi, pour une éducation plus juste, tu appelais de tes vœux un monde déscolarisé où chaque homme sur cette terre serait à la fois enseignant et enseigné, acteur et transmetteur et cela tout au long de sa vie d’homme. Quel était ce projet novateur  que tu nous proposais? Un crédit d’éducation illimité! Sans condition ni promesse intenables. Vivre c’est apprendre. Tu ne voulais d’aucun plan d’ensemble, d’aucune obligation scolaire, démontrant l’implacable logique d’un système qui cessait d’instruire et d’éduquer dès lors qu’il se soumettait aux règles de quelques-uns. Révélant sans concession la face obscure d’un cadre scolaire qui tuait ses propres finalités éducatives, tu nous avais mis en garde contre l’institution elle-même. Une institution qui exterminerait en son sein les valeurs qu’elle promulguait à l’extérieur.  Tu disais alors : « Il nous faut donc trouver d’autres moyens d’apprendre et d’instruire, et que toutes les institutions soient appelées à participer à cet effort en faisant réapparaître leurs qualités éducatives […] Imaginons que les hommes cessent de s’abriter derrière leurs diplômes et qu’ils aient le courage d’élever la voix et d’apporter leurs propres réponses et, par là, de s’assurer le contrôle des institutions auxquelles ils participent. Pour en arriver là, nous devons apprendre à nous rendre compte de la valeur sociale du travail et du loisir par les échanges éducatifs qu’ils permettent. Une participation véritable à « la vie politique », que ce soit dans la rue, sur le lieu de travail, dans une bibliothèque, dans un hôpital, demeure le seul étalon de comparaison qui nous permette de mesurer la valeur des différentes institutions sur le plan de l’éducation.»

Formidable utopie ?

Aujourd’hui, à la veille de cette rentrée 2009, sommes-nous prêts à relever ton incroyable défi ?  Sommes-nous prêts à mettre en place cette impensable utopie? Une éducation sans école est-ce possible ? Un enseignement sans programme, est-ce possible ? Apprendre ailleurs qu’à l’école, est-ce possible ? Pour tous et partout dans le monde ? Pour tous et selon ce libre-arbitre dont tu te faisais à la fois, le juge et l’avocat ? Tu écrivais encore : « l’échange des compétences et les rencontres de partenaires égaux se fondent sur la volonté de donner un sens véritable à l’expression : « l’éducation pour tous ». Il ne faut pas qu’elle soit le prétexte à un enrôlement dans une institution monopolistique, mais qu’elle suscite cette mobilisation générale de la société, de la population  tout entière, qui seule peut conduire à une culture populaire authentique. »

Sommes-nous donc à l’aube de cette mobilisation générale ? Mobilisation forcée, obligatoire, décrétée certes mais mobilisation générale tout de même. Qu’allons-nous en faire ? Qu’allons-nous en tirer ? Un palier de non retour a-t-il été franchi ? Vous, nous, ils… Parents, enseignants, sommes-nous prêts ?

Un dispositif de prévention sanitaire sans précédent remet définitivement en cause le système éducatif existant. Bien sûr il ne s’agit « que » d’une simulation liée au principe de précaution, d’un ultime recours au cas où, d’une mesure d’extrême urgence… Mieux vaut prévenir que guérir…ou mourir ! Cependant, penser l’école hors de l’école, c’est déjà penser au démantèlement de celle-ci  telle qu’elle existe aujourd’hui. Rien ne sera plus après comme il en a été avant. Ainsi, là où tous les pouvoirs se sont heurtés, où toutes les réformes ont avoué leur impuissance, où tous les discours politiques ont avorté, la grippe A, elle, aura vaincu. Le virus H1N1 aura eu  raison du dernier mammouth !

Fermons les écoles ou bien nous périrons tous emportés par la fièvre porcine.

Mais alors, qui s’occupera de nos enfants ? Que deviendront les enseignants ? Comment les parents répartiront-ils leurs temps professionnel ? Quid du bon fonctionnement de nos entreprises désertées ? Lesquels d’entre nous seront chargés de répondre de la bonne éducation de chacun, et de  la juste instruction de tous?

Si la question d’une mise en quarantaine se pose pour l’école, la question de la responsabilité éducative se « re »pose à chacun de nous, à chaque citoyen, salarié ou patron, à plein-temps ou non, à chaque père, mère, voisin, oncle, à chaque homme et femme. Si l’on en a fini de l’institution scolaire, qui prendra le relais ? Pourra-t-on décemment tourner le dos à cette nouvelle redistribution des tâches ? Pourrons-nous sans honte ni vergogne répondre à cet appel par ces mots trop souvent entendus…pas moi, ni moi, ni toi…débrouillez-vous, organisez-vous, mais…sans moi!  Ou bien, parviendrons-nous enfin à poser les premières pierres d’une nouvelle alliance éducative ?

Faut-il craindre le pire et se méfier de « la mise en place d’un système individualisé, empirique et non régulé » comme le prédit Alain BOUVIER, ancien recteur et membre du Haut Conseil de l’Education? Sans doute si nous n’y prenons garde. Sans doute si nous n’en profitons pas pour remettre à plat nos priorités et nos valeurs. Sans doute si nous ne nous saisissons pas de cette opportunité pour repenser nos repères, nos habitudes, et le partage de nos compétences. Sans doute si nous ne faisons plus confiance en nos propres capacités personnelles à transmettre hors d’un contexte scolaire. Sans doute si nous persistons à croire qu’il n’y a de possibilité d’apprendre qu’au travers d’un programme unique et de salut qu’à l’école…

Remplacer l’école obligatoire par la télévision obligatoire transformerait  l’éducation et l’instruction en un curieux produit de consommation. Du programme scolaire au programme télévisuel, il n’y a qu’un pas ! Des acteurs  en guise de profs, il fallait y penser ! Des élèves déscolarisés transformés en téléspectateurs à temps plein, il  fallait oser ! Il est vrai, en temps de crise, on fait face à l’urgence. Sauvons le programme avant tout ! Pour le reste, on verra bien…

Le compte à rebours a-t-il commencé ? Albert Jacquard dans son dernier ouvrage nous avertit… « Non, le pire n’est pas certain mais nous devons nous hâter. »

Hâtons-nous donc de réinventer l’espace éducatif, de re-solidariser les partenaires éducatifs pour ainsi réinjecter  de l’éducation dans chacune des cellules sociales et culturelles qui fonde notre cadre de vie.

Le savoir n’a-t-il de valeur que décliné dans la seule enceinte scolaire?

Il n’y a pas d’école aujourd’hui ? Viens je t’emmène avec moi à l’atelier, tu y découvriras des outils et des gestes séculaires. Il n’y aura pas d’école demain non plus ? Ton père te fera visiter les coulisses de son théâtre. L’école est fermée une semaine ? Une amie du voisin te propose de l’aider à vendanger. L’école ne rouvrira pas tout de suite ? Organisons un nouveau tissu éducatif, retrouvons au quotidien de nouveaux modes de transmission et d’apprentissage. Artisans, chercheurs, ouvriers, banquiers, ministres, et si le temps d’une pandémie nous ouvrions les portes du monde à nos enfants ? Nous avons tous à apprendre quelque chose les uns des autres, nous avons tous quelque chose à enseigner à notre prochain, qu’il soit notre élève, notre enfant ou celui de la voisine !

On n’apprend pas qu’à l’école.

Vivre c’est apprendre.

Profitons de cet automne pour vivre ensemble autrement.

Réapproprions-nous nos capacités intrinsèques d’apprendre et de faire apprendre.

Serions-nous à l’aube d’un vaste processus de déscolarisation de la société ?

Osons le pari d’une mutation à nulle autre pareille. Mais de grâce, ne laissons pas nos enfants s’endormir devant la télé !




Médiation éducative 2

29 05 2009

Un petit retour en arrière. C’était à Roubaix, c’était beau, c’était chouette!

Roubaix 2009 au forum de l’innovation éducative, vous vous souvenez?

Monique, douée pour le bonheur

Voici son projet, grand vainqueur

Aujourd’hui plus que jamais à l’honneur!

Lutter contre l’exclusion c’est lutter contre la violence

Placer le jeune en situation de passeur, c’est lui accorder un vrai statut dans la société.

Combiner savoir-faire et savoir-être c’est parier sur la solidarité réciproque et le respect mutuel.

http://www.dailymotion.com/video/x4gpjj

Les rencontres inter-générationnelles sont toujours très enrichissantes, à la fois pour les jeunes et pour les anciens. Ici, dans le quartier de Recouvrance à Brest, les jeunes viennent initier les seniors aux « joies et douleurs » de l’informatique.

« Monique anime une classe relais à Brest. Elle accueille par demi journées des collégiens repérés comme en grande difficulté dans l’institution et présentant des problèmes de comportement. 10 à 15 élèves de 6e, 5e et 4e sont inscrits dans sa classe où ils viennent par groupe de 4 à 5. Dans le Finistère, le choix a été fait de ne pas les retirer du collège complètement mais de miser sur un changement progressif pour augmenter les chances d’insertion. Ces élèves ont souvent une image dégradée d’eux-mêmes, ils se considèrent comme des nuls. « Ils ne sont pas capables de construire, donc ils détruisent » analyse Monique. C’est pourquoi, le travail sur l’estime de soi est primordial. » Interview de Monique par Monique Royer, du Café Pédagogique.

Voilà un exemple de mesure pédagogique et éducative. Une question me brûle les lèvres…Nous étions 100 enseignants lors de ce forum sur l‘innovation pédagogique. Par manque de place, d’autres inscrits n’ont pu participer. Nous y avons entendu et vu tant de projets qui fonctionnent, tant d’idées à partager.

POURQUOI le gouvernement ne s’y est-il donc pas manifesté?

POURQUOI les politiques ont-ils tant peur de l’innovation éducative?

POURQUOI les médias n’ont-ils pas joué leur rôle de témoins et de transmetteurs d’informations?

POURQUOI toujours choisir d’étaler au grand jour les affres de la société et de cacher au grand public ce qui se fait au quotidien?

Tant d’énergie déployée à décrire le pire…

POURQUOI?

Si peu de respect pour ceux qui, sur le terrain, travaillent à éviter ce pire…

POURQUOI??

Un sujet sur les 100 plus grosses fortunes du monde, ça c’est intéressant!

Un reportage sur les 100 coups de couteau de l’homme de Londres, ça c’est passionnant!

Une émission consacrée aux 100 premiers jours de Président, ça c’est palpitant!

Mais franchement, relayer les expérimentations de 100 enseignants innovants…c’est perdre son temps…et le temps…c’est de l’argent!

Enfin surtout, ce serait prendre le risque de s’exprimer à contre-courant…

Et ça…c’est pas du tout dans l’air du temps!

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