Serment de Socrate

22 04 2011

Carême pédagogique

Jour 43

Pensée 43

Arrivés au terme de cette chronique un peu particulière aux accents éthiques, philosophiques et parfois même métaphysiques, il me vient une dernière pensée empruntée à nos amis belges. Une pensée que certains chanteront comme une prière, d’autres comme une promesse, d’autres enfin comme un serment engageant out à la fois notre sens éthique, notre devoir de questionnement professionnel, notre implication tant physique, qu’intellectuelle et  morale.

Un serment porté haut et fort, devant soi et devant tous, par lequel le futur professionnel proclame solennellement, à l’instar du médecin et de son serment Hippocrate, faire vœu d’intégrité, d’humanisme et de professionnalisme vis-à-vis des jeunes qui lui seront confiés. Un serment comme premier acte et premier geste professionnel et inaugural.

« Je m’engage à mettre,

toutes mes forces et toute

ma compétence au service de

l’éducation de chacun des

élèves qui me sera confié. »

A méditer et à

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Dieu ou Mystère?

19 04 2011

Carême pédagogique

Jour 40

Pensée 40

« Mon souhait est d’aller au plus proche de ce qui ne peut pas s’exprimer et qui nous enveloppe. Les uns peuvent appeler cela Dieu, moi je trouve que c’est un concept rétréci : je dis le Mystère, avec un M majuscule. »

Edgar Morin, pour le journal la Croix du 15 avril 2011 dans un article intitulé l’appétit vorace de connaître

Qu’on l’appelle Dieu, ou Mystère, ou encore autrement, cette approche de l’indicible et de l’invisible, cette reconnaissance de notre passage éphémère sur Terre et du sens qu’on lui confère ici, maintenant et pour certains au-delà, cette question qu’il existeraît par delà nos pouvoirs temporaires et limités une Essence Suprême qui nous échappe depuis la nuit des temps me semble une bien belle question à évoquer sans peur et sans honte avec nos enfants. D’ailleurs, il n’est pas tant question de l’évoquer, les enfants l’évoquant tout naturellement, ou d’y répondre, la réponse appartenant à l’intime de chacun, que d’entendre ce questionnement et avec beaucoup d’humilité et de délicatesse, d’accompagner le jeune vers l’émergence d’une pensée libre, symbolique, existentielle ou métaphysique. Là où il n’existe aucun doute, là où il n’y a de part pour aucune réflexion sur ce qu’Edgar Morin appelle Mystère, s’érigent bien souvent toutes sortes de supers-héros profitant du vide intérieur du coeur des hommes pour y propager leurs soit-disant super pouvoirs.

Un billet ce matin aux couleurs de cette dernière semaine de Carême pédagogique…

A débattre et à  

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L’ennui crée le rêve et le rêve, la réalité

18 04 2011

Carême pédagogique

Jour 39

Pensée 39

«Donnez le même esprit aux hommes, vous otez tout sel de la société. L’ennui naquit un jour de l’uniformité.»
Antoine Houdar de la Motte

Heureusement, l’enfant étant cet être incroyablement doué pour toute forme de pensée, il saura, pour peu qu’on lui laisse un espace disponible et réservé pour transformer son ennui en rêve, faire de cet ennui un terrain de jeu, de vagabondage, d’expérimentation. Laissons nos enfants s’ennuyer et nous les verrons s’inventer artistes, explorateurs, inventeurs, poètes.

A quand une semaine de l’ennui dans nos établissements?

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Provoquer l’impossible

12 04 2011

Carême pédagogique

Jour 33

Pensée 33

« Oser demander l’impossible, l’incroyable, l’inouï, c’est ouvrir l’autre à toutes ses ressources. »

Jacques Salomé, Bonjour Tendresse, 1992

Que savons-nous de nos élèves, de leurs rêves cachés, de leurs ressources intimes, de leur potentiel i-révélé?

Pas grand-chose en définitive. Un point de grammaire à approfondir? Une notion de mathématique à acquérir? Un savoir-faire à développer? Certes, et c’est déjà beaucoup.

Mais à trop vouloir attendre de l’enfant une réponse attendue, ne risquons-nous pas de le contenir dans un espace restreint de connaissances? restreint parce que trop limité à notre champ de vision, restreint parce que soumis à une prévisibilité qui ne laisse guère de chance à l’incroyable d’advenir?

Oser demander l’impossible à un enfant, n’est-ce pas lui faire preuve d’une confiance absolue en sa capacité à se révéler, à s’imaginer, à s’inventer au-delà de ce que lui-même pensait possible?

Quelle place laissons-nous dans nos classes à cet inouï et à cet improbable?

Quel chemin ouvrons-nous pour permettre à nos élèves d’accéder à leur

excellence propre?

Telle est la question que je me pose en lisant cette si jolie pensée de

Jacques Salomé.

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L’imaginaire des vacances

9 04 2011

Carême pédagogique

Jour 30

Pensée 30

Croire en des jours meilleurs et les attendre, c’est redoubler le présent d’une temporalité tendue vers un à-venir et un à-être permettant, au moins temporairement, de s’affranchir en pensée de sa condition, ou, comme le signalait Barthes à propos des mythes, « d’évacuer le réel ». La puissance symbolique des mythes, qui leur confère quelque efficacité sociale, consiste en cette faculté de lier, dans une structure permanente, des éléments du passé, du présent et de l’avenir. (Lévi-Strauss, 1985). En ce sens, penser le bonheur ou se projeter en lui remplit des fonctions indépendantes de la possibilité de son avènement.

Ethnologie des gens heureux, page 52, cahier 23, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009


Ainsi donc, j’attends avec impatience le temps des vacances pour terminer la lecture de cet ouvrage passionnant!

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Sage est le repos

8 04 2011

Carême pédagogique

Jour 29

Pensée 29

Pour certains commence le temps du repos et des vacances. Une pensée spéciale pour un temps essentiel,

celui de la vie 😉

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Evocation libre

6 04 2011

Carême pédagogique

Jour 27

Pensée 27

photo Erik Johannson

Que vous dit cette photo?

Que ne vous dit-elle pas?

Que vous inspire-t-elle?

A qui ou à quoi vous fait-elle penser?

Une histoire vécue? un voyage? un rêve?

Une citation? un auteur? un poème?

Autre-chose encore?

A vous la parole 😉

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La transgression, un enjeu éducatif?

2 04 2011

Carême pédagogique

Jour 23

Pensée 23

Si l’on part du principe qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans contrainte -contrainte physique due à l’espace, au temps, et à l’environnement, contrainte cognitive dues aux objets d’apprentissage, contrainte affective due aux relations aux autres et à soi-  et dès lors qu’on admet qu’il ne peut y avoir d’éducation sans cadre -cadre qui sécurise, cadre qui délimite, cadre qui protège- enfin, si l’on considère le rapport à l’autorité comme fondement et garant de ce cadre et de ces limites, alors il devient impossible, incohérent et in-envisageable de penser et concevoir son enseignement sans donner à la transgression une place plus que de choix, une place centrale.

Comment puis-je t’enseigner le dépassement de toi, si je ne te permets pas d’aller au delà des limites que j’ai imaginées pour toi? Comment, sans te mettre en péril, puis-je t’inviter à dépasser ces limites, tant intellectuelles que corporelles ou « morales » si je ne les ai pas moi-même pensées comme enjeu d’apprentissage plutôt que comme point de non-retour?

En introduisant l’obligation d‘apprendre dans un système clos tel qu’il existe aujourd’hui, l’institution et les adultes qui la composent peuvent-ils faire l’économie d’une réflexion sur les finalités de cet enseignement, sur ses enjeux et sur le statut tout particulier de la transgression que l’éducateur, le pédagogue, l’enseignant doit penser, intégrer et mettre en scène dans une dynamique d’apprentissage reliéé à l’idée même de dépassement de soi?

A débattre…et à

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Handicap et 6ème sens

30 03 2011

Carême pédagogique

Jour 20

Pensée 20

« Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l’énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.

Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation,
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre.« 

Grand Corps Malade

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La cordée qui rassure, la main qui guide, la parole qui encourage, le geste qui précède, le faire avec et à côté, le regard qui valorise…

N’est-ce pas là l’essentiel d’une posture d’accompagnement qui personnalise la relation et adapte ses  exigences autant qu’elle s’adapte aux exigences de l’autre?  N’est-ce pas ainsi que nous pourrons inviter chacun de nos élèves à la conquête de son propre sommet, vers la recherche de l’excellence de lui-même?

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Besoin de toi pour devenir moi

29 03 2011

Carême pédagogique

Jour 19

Pensée 19

Si c’est en sortant du ventre maternel qu’on vient au monde, n’est-ce pas en sortant de soi qu’on fonde notre véritable humanité?

Et cette sortie de soi, ne se situe-t-elle pas toujours en relation avec l‘Autre?

Cet autre que je ne connais pas et qui ne me connaît pas mais qui pourtant fera de moi un être doué de cœur et de raison comme je ferai de lui un être doué de cœur et de raison, cet autre donc est celui par lequel mon existence prendra une saveur, une couleur, une tournure, un sens particulier. Il me fera devenir moi au sein des hommes…

Provoquer cette rencontre n’est-elle pas au cœur des enjeux de l’école?

Et, si au centre de cette rencontre, nous y placions le savoir?

Et si le fruit de cette rencontre était la connaissance?

Et si le lieu de cette rencontre était cet espace inconnu à construire ensemble…

Comment l’école peut-elle se saisir de cette question là?

Comment peut-elle imaginer un tel lieu qui n’existe pas encore?

Un arbre à palabre…

Un atelier philosophique…

Un groupe de chercheurs en herbe…

Une équipe de reporters…

Une chorale…

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De la créativité à l’école

26 03 2011

Carême pédagogique

Jour 16

Pensée 16

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D’après certaines études, il apparaîtrait que 95 % des personnes les plus créatives auraient en dessous de 5 ans…

Pourquoi 5 ans?

Cela donne à réfléchir tout de mêmeL’école serait-elle passée par là?

Il se trouve qu’hier, en vue de notre prochaine commande,  j’ai reçu le tout dernier ouvrage scolaire édité concernant l‘étude de la langue

pour le cycle 3, niveau CM1.

Et bien savez-vous ce que j’y ai trouvé?

  • Plus de mille exercices d’application. (Si si, c’est même l’accroche du livre!)
  • Un magnifique Cédérom avec tout plein d’autres exercices pour la mise en place de la différentiation. ( C’est bien connu, différencier, c’est refaire à l’identique en passant par un autre support, ici l’ordinateur…)
  • Des centaines de fiches-synthèses. Comme ça ni les profs, ni les élèves n’auront plus à se poser de questions ni sur le fond, ni sur la forme. (Les questions, ça dérange, ça désorganise, et puis, ça fait perdre du temps au groupe!)
  • Un catalogue lexical reprenant les multiples sous-items des tout derniers programmes 2008 (…qui entre nous devraient bientôt changer…chhhut).
  • Des programmations toutes faites et balisées jour par jour et semaine par semaine, histoire de ne pas se perdre en chemin. (Sait-on jamais? si un enfant rebelle était amené à  proposer une autre voie, ou un enseignant sauvageon à imaginer d’autres détours…)
  • Une banque dévaluations livrées clés en main à l’efficacité prouvée! (nous assure la quatrième de couverture…)
  • Des rubriques classées par couleur (Oh chouette un peu d’art!): bleu pour orthographe, vert pour grammaire, rouge pour conjugaison, orange pour vocabulaire.

Et pas un seul poème! (oui, vous avez bien lu, pas un seul!)

Pas une seule illustration digne de ce nom. (mais tout plein de logos façon dessin animé)

Pas une seule situation d’apprentissage concrète, ni de référence à quelque objectif ou compétence que ce soit (mais des entêtes de chapitres bien claires: j’apprends, j’applique, je révise…)

Pas une seule allusion à la trans- ou l‘interdisciplinarité.

Pas une seule invitation à la créativité.

La quoi?? La créativité? C’est français ce mot là?

J’enrage…

Et après on s’étonne que « les enfants s’emmerdent à l’école« , mais et les enseignants? vous croyez quoi? qu’ils puisent dans ce genre d’outil et de ressource de quoi développer leur propre créativité? leur propre sens de l’initiative? leur propre capacité à faire vivre la culture et le savoir?

Oui, ce matin, j’enrage, excusez-moi.

Ce doit être le fruit de la tentation,

nous sommes au jour 16 de notre Carême…

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Du bel usage de l’influence

25 03 2011

Carême pédagogique

Jour 15

Pensée 15

Combien de gens se ferment pour ne pas être influencés! Voilà la véritable peur! Peur, non des autres, mais de soi-même. Peur de perdre son « moi ». Je crois humblement qu’ils se trompent.

L’influence, c’est une rencontre. On ne peut être influencé que par ce qu’on possède déjà en soi. Mieux qu’une rencontre, une reconnaissance. C’est la révélation accélérée de notre propre personnalité grâce à l’expérience d’un autre.

Nous ne pourrions être influencés par quelque chose qui nous est étranger. Les influences sont les effets du hasard qui nous révèlent à nous-mêmes. Nous portions la chose en nous mais à l’état embryonnaire. Nous la rencontrons aboutie. Quel bond en avant! Il faut être bien prétentieux pour ne pas en profiter. Nos aînés ne procédaient pas autrement: Rabelais, La Fontaine, Molière; tous trois cependant étaient des libertaires.

La vie? c’est trente mille jours, avec beaucoup de chance. La vie est courte et la connaissance est l’infini. Il n’y a donc pas de temps à perdre et si quelqu’un m’aide à rencontrer ce que je pressentais vaguement, je gagne du temps pour autre chose que je désire. Ne manquons pas les raccourcis.

Les influences précisent nos contours. Elles ne sont jamais que le résultat de notre choix et de nos capacités.

Jean-Louis Barrault

Enseignant

Passeur de sens?

Éveilleur de conscience?

Accélérateur de talent?

Transmetteur de savoir?

Influenceur?

Mais alors, jusqu’où influencer?

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La roche et le ruisseau

24 03 2011

Carême pédagogique

Jour 14

Pensée 14

De la persévérance et de bien d’autres choses encore

« Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance. »

H. Jackson Brown

Depuis cette année, sur les murs de ma classe, j’ai punaisé un certain nombre d’affichettes correspondant aux différentes compétences travaillées. Des affichettes mobiles qui reprennent en couleur, en dessin, en mot ou encore sous forme de logos, les compétences mais aussi les attitudes attendues lors des séances de travail et sur lesquelles l’effort et l’attention des élèves devront porter plus particulièrement.

Lors de la mis en place d’une activité, je sélectionne les points précis que les élèves vont devoir travailler et je les rassemble sur le coin du tableau. Ainsi, les enfants savent ce qui est en jeu dans la situation proposée ainsi que les compétences qu’ils auront à mobiliser. Depuis quelque temps, et je trouve ce fait assez intéressant pour être souligné, certains élèves, de leur propre initiative suggèrent des affichettes qui leur semblent manquer à ma sélection.

Et là maîtresse, on pourrait ajouter aussi le logo

« Je sais…travailler seul » ou » « Je sais…travailler à plusieurs » ou « Je sais…travailler en temps limité » ou « Je sais…lire les consignes sans l’aide de l’adulte » ou « Je sais…m’organiser et anticiper » ou…etc

Parmi ce lot d’affichettes, voici celle qui illustre d’une autre manière la citation ci-dessus.

Je sais…

m’engager dans un travail à long terme


Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici un des jeux d’affichettes à télécharger en version PDF Icônes Je sais…

Parallèlement à celui-ci, j’ai confectionné un autre ensemble d’affiches centrées sur les compétences requises pour la bonne assimilation des connaissances dans des domaines plus ciblés comme la lecture, la conjugaison, le grammaire, le vocabulaire et le langage oral.

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Discipline, connaissance et conscience

19 03 2011

Carême pédagogique

Jour 10

Pensée 10

Autour du mot discipline

  • « La discipline purement répressive n’a pas droit de cité dans nos maisons d’éducation. La discipline libérale cherche, au contraire, à améliorer l’enfant plutôt qu’à le contenir, à la gagner plutôt qu’à le soumettre. Elle veut toucher le fond, la conscience, et obtenir non cette tranquillité de surface qui ne dure pas mais l’ordre intérieur, c’est-à-dire le consentement de l’enfant à une règle reconnue nécessaire, elle veut lui apprendre à se gouverner lui-même. Pour cela, elle lui accorde quelque crédit, fait appel à sa bonne volonté plutôt qu’à la peur du châtiment, elle conseille, avertit, réprimande plutôt qu’elle ne punit. » Extrait d’un texte officiel, circulaire du 15 juiller 1890
  • « La discipline nouvelle, que nous nous garderons bien d’appeler discipline libérale ou même discipline par la liberté, est basée sur la connaissance des besoins et des désirs des enfants, ainsi que sur cette affirmation de la pédagogie moderne que l’éducation ne peut être exclusivement extérieure mais élévation intérieure des individus eux-mêmes ». Freinet, 1928
  • « L’éducation est devenue l’une des questions devant lesquelles les sociétés démocratiques trébuchent, ne sachant comment conjuguer la nécessaire dénivellation impliquée par le rapport pédagogique et l’exigence postulée par le fait démocratique. Si l’enfant l’égal des adultes qui l’élèvent et l’éduquent, il est cet être paradoxal qui a besoin d’eux pour devenir ce qu’il est. » Alain Renaut, La libération des enfants, 2002

Qu’en est-il aujourd’hui?

Les piliers 6 et 7 du socle commun-texte de Loi de 2005 , faut-il le rappeler invitent les enseignants à construire et développer chez les élèves leurs compétences sociales et civiques, leur esprit d’initiative et l’accès à leur l’autonomie; compétences transversales propices à ce travail d’ordre intérieur en étroite relation avec les règles nécessaires à la survie de cette mini-organisation apprenante et démocratique qu’est la classe. Une condition néanmoins: mettre en place de véritables situations d’apprentissages qui font sens pour l’enfant comme pour l’adulte (oui, ça me semble important également) et permettront ainsi la mobilisation d‘attitudes et de connaissances transférables d’un contexte à un autre. Sinon, à quoi bon?

A débattre et à


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Questionner ou répondre, faut-il choisir?

18 03 2011

Carême pédagogique

Jour 9

Pensée 9

J’ai tant de questions et si peu de réponses

Chaque réponse est un aveu d’impuissance; derrière chacune d’entre elle se cache un nouvel abime d’ignorance.

Et pourtant l’homme est ainsi fait qu’il ne peut se résoudre à cesser de chercher. Son esprit le voudrait-il qu’il n’y parviendrait pas. Vivre, c’est déjà apprendre, apprendre c’est chercher, ainsi nous voilà contraints à souffrir de notre ignorance.

La partager la rendrait-elle moins cruelle?

La questionner la rendrait-elle plus familière?

La chanter, la clamer, la rendrait-elle plus douce?

Parfois -souvent- le poète sera celui qui mieux qu’un autre saura trouvé les mots, les mots justes, ceux qui, loin de nous apporter de vraies réponses, nous conduiront juste à mieux questionner le monde, les hommes, la vie afin, non pas de tout comprendre, mais déjà d’apprendre à mieux regarder notre ignorance comme une partie de nous-même, reflet vibrant dans un miroir sans tain.

« Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,

plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne.

Tout ce que j’ai, c’est un espace tour à tour

enneigé ou brillant, mais jamais habité. »

Philippe Jaccottet, L’ignorant, 1957

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L’horloge

17 03 2011

Carême pédagogique

Jour 8

Pensée 8


Pour vous j’ai capturé sur la toile,

une fraction d’instant,

un fragment de temps.

Il est à vous, là, ici, maintenant,

l’instant d’un moment,

d’une pause, d’une pensée, d’un recueillement.

Respirez-le, goûtez-le, savourez-le,

partagez-le, offrez-le,

tant qu’il est encore temps,

avant que l‘horloge ne s’éteigne

emportant avec elle,

la lune, le soleil, les étoiles

et toutes ces choses si belles

dont la vie nous fait don

à chaque inspiration.

Je n’ai que trop parlé

Il est grand temps à présent

de l’écouter vous murmurer

son mystérieux secret …

juste sur l’horloge

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Vivre pleinement

16 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 7

Pensée 7

« Une vie est une œuvre d’art. Il n’y a de plus beau poème que de vivre pleinement.

Échouer, même est enviable, pour avoir tenté. »

Georges Clémenceau

Dans nos classes, quelle place pour l‘erreur?

Dans nos parcours professionnels, quelle place pour l’audace?

Dans nos vies, quelle place pour l’échec?

Apprendre à oser, apprendre à échouer, n’est-ce pas apprendre à vivre ce « pleinement »?

L’école apprend-elle suffisamment à nos enfants à réussir à échouer?

L‘école invite-t-elle nos enfants à cet élan créateur qu’est l’expérience féconde? féconde car incertaine…


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A propos du qu’en dira-t-on…

15 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 7

Pensée 7


Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on a toujours tort.

A moins qu’on ait raison d’avoir tort

et tort de croire qu’il ne faut pas oser.

Oser dire, croire et faire contre l’opinion.


Il était une fois…

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Un conte vaut parfois mieux que cent discours 😉

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Enquête philosophique sur le bonheur

14 03 2011

Carême pédagogique 2011

Jour 6

Pensée 6

Le bonheur est -il un état d’esprit, une qualité, une vertu, un don?

Est-il une simple vue de l’esprit que l‘homme aurait inventée pour supporter l’inexorable fin de son existence?

Peut-on le chercher, et si par bonheur, on le trouve, est-il possible de le garder comme on protège un bien précieux?

Est-il d’ailleurs un bien? Peut-on veiller sur lui et le préserver tel l’homme, depuis qu’il l’a découvert, a su entretenir le feu?

Le bonheur tient-il davantage de l’avoir, de l’être, de l’agir?

Le bonheur peut-il continuer de se vivre sitôt qu’il disparaît par le seul fait que la mémoire le rend encore tangible?

Est-il évaluable? quantifiable?

S’il est une vertu, comment s’acquiert-elle?

S’il est un don, certains sont-ils plus dotés et doués que d’autres?

S’il est un bien, comment le partager?

S’il n’est que pure illusion, par quoi le remplacer?

Et puis d’ailleurs, le bonheur est-il obligatoire? Est-il une condition inconditionnelle de la réussite d’une vie d’homme?

Ne sont-ce pas là des questions fondamentales à évoquer en classe avec nos élèves, à l’heure où les vrais faux marchands de faux vrai bonheur ont partout envahi nos espaces de vie?

A débattre et à

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â côté d’un rêve…

11 03 2011

Carême pédagogique

Jour 3

Pensée 3

« C’est une chose souvent éprouvée : cet abîme entre un savoir lourd, embaumé dans les livres ou les morales, et l’humeur aérienne de la vie qui va. On peut ainsi être instruit de tout, et passer sa vie dans l’ignorance absolue de la vie. Ce ne sont pas les livres qui sont en cause, mais la parcimonie d’un désir, l’étroitesse d’un rêve. »

(« Le huitième jour de la semaine » C. Bobin)

lundi: je rêverai je rêverai je rêverai je rêverai…

Mardi: tu rêvas tu rêvas tu rêvas tu rêvas…

Mercredi: il rêvait il rêvait il rêvait il rêvait…

Jeudi: nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé nous avons rêvé…

Vendredi: vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé vous aurez rêvé…

Samedi: ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé ils avaient rêvé…

Dimanche: elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé elles eurent rêvé…

  • Le huitième jour de la semaine : Il est trop tard pour rêver au présent de l’indicatif! Le temps s’en est allé 🙁

Lorsqu’à l’école on apprend certains verbes

apprenons d’abord à les vivre

avant de les conjuguer

pour éviter de passer

à côté d’un rêve

Bonne journée donc!

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