Des enfants “stressĂ©s”…

La classe en direct, Parole d'instit', Paru dans la presse, la parole aux parents, vidéo 1 commentaire

C’est l’enquĂŞte du mois dernier proposĂ©e par le magazine Famille et Ă©ducation avec un petit encart spĂ©cial p 26 …on y parle d’un petit exercice que mes Ă©lèves ont très vite reconnu! “MaĂ®tresse, on parle de nous dans le journal!”

Pour illustrer ces propos, je vous propose une petite vidĂ©o (une autre…fin d’annĂ©e oblige, je vide mon stock!) tournĂ©e la veille de la rentrĂ©e 2008 avec l’Ă©quipe du Web pĂ©dagogique.

Quelques ouvrages sur ce sujet:

1/ J’suis pas motivĂ©, je fais exprès! Brigitte Prot, psychopĂ©dagogue, enseignante, formatrice  Ă©d. Albin Michel, 2003.

Ces enfants malades du stress. Gisèle George, Anne Carrière éd. 2002.

2/ L’enfant et l’adolescent: un enjeu de sociĂ©tĂ©, une prioritĂ© du système de santĂ©. Danièle Sommelet, rapport de mission Octobre 2006.

3/ Phobie scolaire, comment aider les enfants et adolescents en mal d’Ă©cole. Josette Lyon, 2008

4/ Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur? Olivier Galland, sociologue. Armand Colin Ă©d. 2009.

Le site “Oser changer” nous donne quelques pistes

Si vous avez d’autres conseils, d’autres lectures et des expĂ©riences Ă  partager, n’hĂ©sitez pas Ă  nous en faire part …juste lĂ , dans la boĂ®te Ă  commentaires!

Tags : , , , , ,

Repenser la relation parents-enseignants

La classe autrement, Parole d'instit', Paru dans la presse, actualité, la parole aux parents 19 commentaires

A Paraître le 15 avril prochain!

Mon tout premier livre!

Oui, je sais… cela veut dire qu’il vous faudra attendre 1 mois…

Mais quand on aime…l’attente fait partie du plaisir!

Disponible dès à présent sur Amazon.fr

Cette collection, dirigĂ©e par GĂ©rard De Vecchi aborde les questions d’Ă©ducation de façon transversale ou bien par thème. Outre les nĂ©cessaires rĂ©flexions thĂ©oriques sur le sujet, vous trouverez Ă©galement dans cet ouvrage des pistes pratiques et des outils concrets. En marge du texte, des remarques guident l’utilisateur pour se repĂ©rer facilement. De plus, le niveau d’adaptation au cycle de l’Ă©cole ou du collège est toujours prĂ©cisĂ©.


Par d’autres auteurs et dĂ©jĂ  parus dans la mĂŞme collection “Un projet pour…”

Philosopher Ă  l’Ă©cole

Favoriser la relation maître-élèves

Enseigner le travail de groupe

Éduquer à la citoyenneté

Faire vivre des démarches expérimentales

Articuler production d’Ă©crit et grammaire

Enseigner par situations-problèmes

Traiter les programmes avec plus de sérénité

Rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages

Mettre les TICE eu service des apprentissages

Travailler l’image et les mĂ©dias

Éduquer au développement durable

Aborder “le socle commun de connaissances et de compĂ©tences”

Enseigner intelligemment l’orthographe

Enseigner le calcul mental

Une collection colorée, vivante, et pratique dont chaque ouvrage fait une petite centaine de pages. Lisible en une soirée!

Plus qu’une collection, un Ă©tat d’esprit…

J’ai pour ma part eu beaucoup de plaisir Ă  travailler avec GĂ©rard De Vecchi.

Merci Gérard!

Tags : , , , , , , , , , , ,

Paroles, paroles…

humour, morceaux choisis 3 commentaires

En salle de cours, niveau Lycée: (1)

” On va Ă©tudier Candide de Voltaire M’sieur? Et il va falloir le lire??

- Oui, Ă  moins que tu ne le trouves en album Ă  colorier chez ton libraire.”

” Je vous rends vos commentaires de texte. Un conseil pour la prochaine fois: Ă©vitez les citations de Mylène Farmer, Platon n’a pas pu la connaĂ®tre.”

” Je vous souhaite d’ĂŞtre plus habiles dans vos relations amoureuses, parce que dans vos dissertations, vous avez du mal Ă  conclure!”

En salle de classe, niveau Collège:

” Lundi prochain, photo de classe. Surtout ne vous entraĂ®nez pas Ă  sourire pendant le week-end, faut qu’on vous reconnaisse!”

” On va faire une expĂ©rience physique inĂ©dite: mettez-vous bien droit au fond de votre chaise, les bras dĂ©tendus le long du corps. Serrez fortement votre mâchoire infĂ©rieure contre votre mâchoire supĂ©rieure…Vous entendez? C’est formidable, vous avez tous rĂ©ussi Ă  vous taire pendant trente secondes!”

Dans les cahiers de liaisons, niveau maternelle:

” N’a jamais ses crayons, n’a jamais son goĂ»ter, n’a jamais son tablier, mais a des circonstances attĂ©nuantes: n’a jamais son cartable!”

” Vient en cours un jour sur deux. N’a rien compris aux nouveaux rythmes scolaires.”

Entre les lignes, niveau CM (2)

Sujet 1: Vous passez l’après-midi avec votre grand-mère. Racontez.

“Devoir correctement rĂ©digĂ© malgrĂ© quelques oublis de ponctuation, quelques rĂ©pĂ©titions et l’emploi de termes trop vagues. Il faut agrandir ton champ lexical sans lequel les confusions sont multiples. Mais surtout, et c’est le plus grave, tu es hors sujet puisque tu n’as pas passĂ© l’après-midi avec ta grand-mère! Je suis obligĂ©e de baisser ta note de 4 points. Tu lui diras que c’est de sa faute, elle n’avait qu’Ă  arriver Ă  l’heure!”

Sujet 2: Vous partez faire le tour du monde. Imaginez.

” Hector! je n’aurai qu’une question: quand redescendras-tu sur Terre!?”

D’après deux ouvrages reçus cette annĂ©e en guise de cadeaux de NoĂ«l…Faut-il y voir un message dĂ©guisĂ©?

(1) Extraits de Vache de profs! Jean Noël LEBLANC, Ed. Horay

(2) Extraits de Qui a piqué les contrôles de français? Nicolas de HIRSCHING et Fanny JOLY, Ed. Casterman

Tags : , , ,

Rythmes scolaires

actualité, débat, la parole aux parents 4 commentaires

1 pas en avant, deux pas en arrière

Trois pas sur l’cĂ´tĂ©

Trois pas d’l'aut’ cĂ´tĂ©…

C’est la nouvelle rengaine Ă  la mode, Ă  la mode!

Et oui, in fine, la semaine de 4 jours…c’est pĂ´ top..

Les enfants sont fatiguĂ©s?…ben oui, fallait s’y attendre…

Tous en parlent:

Les parents

Le ministre

Alors on fait marche arrière…et on rĂ©intègre ici et lĂ  le mercredi matin?

Ben non! justement, c’est le moment de prĂ©senter une vraie rĂ©forme du temps scolaire!

RĂ©duire la journĂ©e scolaire, mieux rĂ©partir le temps de classe sur la semaine, rééquilibrer sur l’annĂ©e les pĂ©riodes de congĂ©s…

Suggestions:

- sur 5 jours mais avec une journée moins lourde?

9H-15H les L/M/J/V

mercredi 9H 12H

- un temps de déjeuner moins long?

1 heure avec possibilité de panier repas pour les non demi-pensionnaires?

- des ateliers périscolaires au sein ou hors des établissements à partir de 8h et après 15H ainsi que le mercredi après midi et le samedi matin?

sport, arts, théâtre, parcours personnalisés

- des temps de vacances réorganisés?

6 semaines l’Ă©tĂ© et un dĂ©coupage annuel rĂ©amĂ©nagĂ©…

- et bien d’autres possibilitĂ©s Ă  envisager, Ă  dĂ©cliner…

Bon, pour ceux qui frĂ©quentent ce blog depuis une petite annĂ©e, vous aurez remarquĂ© que je ne suis pas très copine avec les chiffres… La comptabilitĂ© des heures ou des annuitĂ©s, ce n’est pas vraiment mon fort et je laisse volontiers ce dĂ©compte subtil, lĂ©gitime, rigoureux et indispensable Ă  d’autres experts budgĂ©taires incontournables. Ce petit panorama n’est qu’un cadre gĂ©nĂ©ral. De nombreux spĂ©cialistes se sont penchĂ©s sur cette question car elle demeure centrale Ă  toute proposition de rĂ©forme, Ă  partir du moment oĂą l’on parle de vraie rĂ©forme. Une rĂ©forme qui servirait avant toute chose les intĂ©rĂŞts de l’enfant. (Et oui, c’est mon job que voulez-vous, je suis indĂ©crottable…) Une rĂ©forme qui aurait pour principale finalitĂ© de replacer l’enfant dans un espace temps conçu avant tout pour lui.

Alors inĂ©vitablement, ça dĂ©plaira Ă  d’autres! Bien sĂ»r et je le comprends, mais notre petit confort d’adulte ne passe-t-il pas juste après les besoins fondamentaux pour ne pas dire vitaux des enfants? C’est en terme de besoins essentiels qu’il faut rĂ©flĂ©chir et agir non en terme de privilèges, de confort, d’habitudes, de rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques qui ne sont en fin de compte rĂ©elles que parce qu’on les a crĂ©e parfois -souvent- artificiellement.

Le besoin, lui, est innĂ©, qu’il soit d’ordre psychologique, physiologique, biologique.

Ne pas respecter ces besoins spĂ©cifiques, c’est nier la personne de l’enfant et maltraiter l’adulte qu’il deviendra…

Maintenant il est vrai, pour que tout cela soit possible, une répartition des tâches entre tous les acteurs de la petite enfance est nécessaire: institution scolaire évidemment mais également, services municipaux, collectivités locales, associations de quartiers, les parents, etc

Bon, maintenant je vais vite me cacher…avant de me faire luncher!

Non d’ailleurs, je ne vais pas me cacher, j’attends plutĂ´t vos rĂ©actions, vos contributions, vos propositions, vos rĂ©flexions, vos expĂ©riences dans ce domaine. Peut-ĂŞtre avez-vous dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© ici ou Ă  l’Ă©tranger diffĂ©rentes situations qui peuvent favoriser l’Ă©laboration d’un projet concertĂ©?

Pour en savoir, voici quelques lectures sur un sujet de société:

Un collectif de scientifiques: Etudes Inserm

Un rappel des cas possibles et le tĂ©moigage d’une directrice de Maternelle

Un regard de l’OCDE sur ce qui ce fait ailleurs

Ce qu’en Hubert Montagner, spĂ©cialiste en la matière

L’avis du Professeur François Testu

Une désynchronisation risquée annonce le Pr Yvan Touitou

 

Tags : , ,

Salle des profs, un jour de “rave” gĂ©nĂ©rale!

La classe autrement, humour, vidéo 3 commentaires

Etre heureux Ă  l’Ă©cole, c’est possible!

La preuve en est dans cette vidĂ©o tournĂ©e façon camĂ©ra cachĂ©e…

Ben quoi, on a bien le droit de “raver”, nous les profs…Le rĂŞve minimum dont on puisse user sans modĂ©ration, c’est le droit au bonheur. C’est bĂŞte Ă  dire, mais pas si facile Ă  obtenir. Il faut de l’entraĂ®nement, de la coopĂ©ration et beaucoup de solidaritĂ©!

Allez, aujourd’hui, “ravons” ensemble! Nous ne savons pas de quoi demain sera fait? Et bien profitons d’aujourd’hui!

Une vidĂ©o dĂ©nichĂ©e via le blog de Bruno Sentier, sur celui d’Anthony Lozac’h Le Spoutnik illustrĂ©

A dĂ©couvrir d’urgence!

Tags : ,

Micro trottoir…

actualité, la parole aux parents 9 commentaires

- Bon, et ta fille alors, elle a classe ou pas?

- Non, enfin je sais pas, j’verrai bien.

- Mon fils lui ira au collège en trottinette, il a une heure de cours ce matin, et puis une autre l’après-midi. Pas de service de cantine mais je lui prĂ©pare un sandwich.

- L’Ă©cole de ma fille? Pas de problème, elle est dans le privĂ©.

- Et alors? C’est pas une histoire de privĂ© pas privĂ©! ça concerne tout le monde!

- C’est vrai Ă  l’Ă©cole Saint Martin, certains font grève d’autres pas, mais tous ont signĂ© une lettre de solidaritĂ© et de soutien Ă  ce grand mouvement.

- C’est bizarre ça, soit on soutient, soit on soutient pas. La demi-mesure c’est du 100% bidon.

- Oui t’as raison, enfin non, bon, c’est pas si simple, Ă  leur place, honnĂŞtement, je ne sais pas ce que je ferai.

- Pour nous, c’est diffĂ©rent, l’Ă©cole est ouverte mais y’a pas de ramassage scolaire. Donc, pas de moyen pour les y envoyer!

- Moi, j’ai pris ma journĂ©e comme ça, je gère au coup par coup.

- Prendre ma journée, tiens, je vais expliquer ça à mon boss, y va en faire une tronche!

- Je pensais aller au bureau en “vĂ©lib” mais finalement tous les bus et les mĂ©tros circulent, c’est bizarre !

- Au fait, tu connais les raisons de cette grève? On entend tellement de trucs et tout le monde s’en mĂŞle!

- Les enseignants nous ont expliquĂ© vaguement. Mais tu sais, y a qu’Ă  lire les infos, c’est vraiment pas folichon ce qui se prĂ©pare dans l’Ă©ducation.

- Oui, enfin, les profs, ils dĂ©fendent l’Ă©ducation ou l’Education Nationale?

- C’est quoi cette question?

- Tu sais les syndicats, le pouvoir, les réformes, le contre-pouvoir, finalement rien ne bouge quoi!

- En tous cas, aujourd’hui, il fait un froid de canard! Allez Ă  plus, je rejoins le cortège, après tout, papa, prof ou pas, je me sens concernĂ©!

- C’est vrai ça, on se gèle! Bon, ben bonne manif’, moi, j’vais bosser, tu me raconteras?!

-….

Tags : , , ,

Petit dîner en ville

En famille, Parole d'instit', débat 21 commentaires

Entre carnet intime, tĂ©moignage et droit de rĂ©ponse, voilĂ  il y a une semaine, ce que j’Ă©crivais Ă  l’un de mes cousins, suite Ă  un tranquille petit dĂ®ner entre amis. Pourquoi aujourd’hui rendre publique une discussion d’ordre privĂ©? Parce qu’elle est rĂ©vĂ©latrice d’une tension gĂ©nĂ©rale, parce qu’elle reflète l’ambiance dĂ©lĂ©tère qui règne, parce qu’elle traduit les mĂ©faits d’une campagne de maltraitance envers le monde enseignant mais plus grave encore, parce qu’elle diffuse une image mĂ©prisante de l’Ă©cole et porte atteinte Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ© dont nos Ă©lèves, petits et grands, ont plus que jamais besoin pour apprendre, pour prendre confiance et faire leurs premiers pas.

Salut cousin !

La nuit Ă©tant passĂ©e…et les problèmes de connexion enfin rĂ©solus, je vais essayer de rĂ©pondre calmement. La violence de tes propos d’hier m’a laissĂ©e muette, et mĂŞme si la provocation et les effets de manche font partie du piquant d’une bonne discussion entre amis j’avoue m’être sentie un peu agressĂ©e. En disant, « vous » Ă  chacune de tes nombreuses condamnations, tu jettes le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain et tu participes ainsi Ă  la diffusion malsaine d’un amalgame un peu trop facile entre les rĂ©els problèmes d’un système (que personne ne nie) et les compĂ©tences particulières de chacun de ses Ă©lĂ©ments, Ă  savoir un grand nombre de profs (la majoritĂ© sans doute) dĂ©vouĂ©s et acharnĂ©s dans leur tache. Surprise par l’envolĂ©e subite et sans appel de ton rĂ©quisitoire, je n’ai pas su trouver les mots justes et j’ai prĂ©fĂ©rĂ© me taire. LâchetĂ© de ma part car par mon silence je me suis rendue coupable Ă  la fois de complicitĂ© en diffamation et de trahison. Il Ă©tait tard, la journĂ©e de classe Ă©tait passĂ©e et il est vrai, je n’ai ni les talents oratoires d’un avocat, ni l’habiletĂ© rhĂ©torique d’un procureur gĂ©nĂ©ral. A chacun selon ses compĂ©tences…Alors ce matin, je souhaite, si tu me le permets, rĂ©agir Ă  certaines de tes accusations et les mettre en ligne, tant elles sont le miroir du climat dans lequel nous vivons quotidiennement.

En vrac…

Lorsque tu dis « vous vous engraissez sur le dos des élèves et des contribuables » j’ai bien envie de te répondre que ce n’est vraisemblablement pas le surpoids qui guette les enseignants mais plutôt la famine et la mendicité. C’est d’ailleurs certainement cette dernière qui pousse autant d’enseignants dans la rue. Ils mendient un peu de reconnaissance, de respect et de beurre dans les pâtes, les haricots étant denrées de luxe. Travailleurs pauvres, oui, voilà ce que nous sommes devenus.

Lorsque tu dis « vous êtes responsables de la faillite des jeunes générations », je t’expliquerais bien volontiers que dès la maternelle, notre grand malheur est de découvrir AVANT tout le monde et donc de révéler au grand jour les vices cachés d’une société de surconsommation, de caprice et de gavage télévisuel, qui, en amont, fabrique et dérègle les comportements des tout petits qui nous arrivent et que nous tentons tant bien que mal d’insérer dans un projet d’éducation et d’enseignement. Si cela fonctionne, la famille s’enorgueillit des résultats de sa progéniture ; si cela échoue, la faute en revient évidemment à l’école, à la fois responsable et coupable de n’avoir pas redressé la barre !

Lorsque tu dis plus loin « vous êtes fossilisés, accrochés à vos acquis et à vos privilèges », là c’est moi qui te demande…de quels acquis parles-tu ? De quels privilèges ? Celui, par exemple, de s’en prendre plein la tronche à longueur de temps par les parents, les médias, les politiques et les ignorants, en passant par les copains et les tendres cousins? Celui de regarder les autres partir en vacances en s’offrant, une fois tous les deux ans, une semaine de paradis au camping des flots bleus (un enseignant étant très souvent en couple avec un autre enseignant) ? Celui de manger des salsifis à la cantine chaque jour de l’année dans le bruit incessant d’un réfectoire surchargé ? Celui de se retrouver coincé entre deux portes de classe, à choisir entre les coups de fouet à donner ou les coups de couteaux à recevoir ?

Lorsque tu dis encore « vous n’êtes que des fonctionnaires, des petits soldats et vous n’avez qu’à obĂ©ir docilement aux ordres en baissant les yeux », tu me rappelles avec effroi les pires atrocitĂ©s que l’excès de zèle a produit et continue malheureusement de produire ! Cher cousin, si la maĂ®tresse de ton fils appliquait Ă  la lettre le programme ou les injonctions mĂ©diatiques venues “d’en haut”, je peux te garantir qu’il serait loin d’être l’Ă©lève et l’enfant qu’il est aujourd’hui. Petit dĂ©tail, pour Ă©clairer le grand juriste que tu es, les programmes n’ont pas valeur de loi. Ils n’ont aucun caractère obligatoire. Le dernier texte de loi relatif Ă  l’école que l’enseignant DOIT respecter et appliquer date de 2005. C’est celui du socle commun de connaissances et de compĂ©tences que je t’invite Ă  dĂ©couvrir, Ă  lire, Ă  dĂ©crypter, Ă  comprendre…tu le trouveras facilement sur internet.

Lorsque toujours tu dis « vous ĂŞtes Ă  l’origine des rĂ©sultats dĂ©plorables de l’école et du lamentable classement mondial des universitĂ©s »…tu omets plusieurs choses. D’une part, mentionner un fait non nĂ©gligeable : le chĂ´mage (et aujourd’hui la crise), accompagnĂ© du dĂ©mantèlement croissant des familles, a traversĂ© et bouleversĂ© la sociĂ©tĂ©. L’école Ă©tant le rĂ©ceptacle de l’humanitĂ©, elle porte en elle un dĂ©règlement dont on ne peut honnĂŞtement la rendre responsable! D’autre part, tu oublies de prendre en compte les particularitĂ©s de la composition socioculturelle et donc scolaire des enfants de nos Ă©coles, qui n’ont rien Ă  voir, par exemple, avec ceux de la population scolaire scandinave, pour reprendre un exemple maintes fois citĂ© dans les mĂ©dias ces derniers temps. LĂ -bas, moins d’effectif, pas ou peu d’immigration, une sociĂ©tĂ© Ă©galitaire, un niveau de vie plus Ă©levĂ©, un enseignement basĂ© avant tout sur la langue orale et non sur l’écrit…Tu vois bien que si les raccourcis sont parfois tentants, il est difficile de comparer l’incomparable, mĂŞme s’il est utile d’observer ce qui se passe ailleurs ! Je t’apprendrai par exemple qu’un enfant finlandais n’entendra pas avant l’âge de ses douze ans cette petite phrase que nos enfants entendent chaque jour dès leur retour Ă  la maison:” Tu as eu de bonnes notes aujourd’hui Ă  l’Ă©cole?”

Lorsqu’enfin tu dis « vous ĂŞtes l’état dans l’état, vous bloquez tout un pays en rĂ©clamant toujours plus alors que le budget de l’éducation nationale est le premier budget de l’Ă©tat”, je pourrais te rĂ©torquer, avec une pointe de provocation et de malice, qu’il est lĂ©gitime qu’une nation dĂ©mocratique digne de ce qualificatif se prĂ©occupe en tout premier lieu de ses enfants et de son futur plutĂ´t que de collectionner sous-marins, montres bling-bling ou autres portefeuilles d’actions. Mais je ne tomberai pas dans la caricature du propos ; je te confierai avec sincĂ©ritĂ© que les premiers Ă  faire les frais avec douleur de la lourdeur du système archaĂŻque dont tu parles, de cet Ă©tat dans l’état, ce sont ces mĂŞmes enseignants que tu qualifies de fossilisĂ©s et qui chaque jour se rendent sur le terrain, Ĺ“uvrent avec acharnement, seuls dans leur classe, seuls face Ă  toutes ces demandes suppliantes, seuls face Ă  la sociĂ©tĂ© qui part en vrille , seuls face au temps qui file alors que les apprentissages, eux, nĂ©cessitent du temps, seuls…oui, très seuls…Alors c’est vrai, on a appris Ă  se dĂ©fendre pour dĂ©fendre nos valeurs Ă©ducatives ; on s’est mobilisĂ© non pas « contre », mais « pour ». Pour nos Ă©lèves, pour leurs familles, pour la connaissance, pour la dĂ©mocratie, pour le partage, pour…

….Nous ne sommes pas contre l’excellence, contre la réussite, contre l’économie de marché, contre la société moderne, contre le mouvement. Nous ne sommes pas contre tout cela, mais nous sommes pour un juste équilibre et pour la prise en compte de celui de l’enfant, de l’élève, de tous les élèves…Malheureusement, chahuté par les excès et les ruptures de la vie, cet équilibre est si rarement tangible, si rarement respecté qu’il est nécessaire, vital de trouver un bouc émissaire pour se dédouaner et décharger sa colère…L’école et donc les profs ! Alors oui, nous avons développé une certaine forme de solidarité professionnelle que tu appelleras sans doute corporatisme mais qui en réalité reflète le désarroi dans lequel nous nous trouvons. Désarroi d’autant plus implacable quand on aime profondément son métier et qu’il nous est impossible d’en changer.

Cher cousin, je ne puis, malgré toutes tes condamnations arbitraires, t’en vouloir de parler ainsi car je t’accorde bien volontiers les circonstances atténuantes dues à la forte désinformation et à la manipulation généralisée des idées qui gravitent autour de l’école, des élèves, des profs. Aussi, dans la grande clémence qui est la mienne, je t’accorde un sursis : viens de temps en temps, mais le plus régulièrement possible, lire mes chroniques « bleu primaire » et faire un petit stage de réadaptation scolaire. Même si nous ne partageons pas les mêmes idées, tu y apprendras beaucoup sur la réalité du métier! Car enfin il est une chose remarquable : contrairement à TOUS les autres métiers du monde, n’importe quel individu, sous prétexte qu’il a des enfants scolarisés ou qu’il est allé lui-même à l’école se permet de donner des leçons de professionnalisme aux professionnels concernés! Dis-moi un peu, les victimes, les témoins, les condamnés, les jurés, les journalistes, sous prétexte qu’ils ont assisté à un ou plusieurs procès, sont-ils en mesure de te donner des cours de droit civil ou pénal ? Tolèrerais-tu un tel abus d’autorité ? Et bien vois-tu, enseigner est un métier, un véritable métier. Un métier particulier, je te l’accorde, mais un métier. Et les enseignants sont des professionnels de l’enseignement, pas des répétiteurs, ni des programmateurs, ni des transmetteurs…DES PROFESSIONNELS.

Pour conclure, et avec toute ma tendresse, je t’affirme que ne suis pas fâchĂ©e contre toi ; je suis en colère qu’un homme comme toi puisse colporter des propos aussi vifs et droit sortis de coupures de journaux d’une seule et mĂŞme presse. Un peu de recul cousin et de pondĂ©ration et je serais alors, dans la mesure de mes capacitĂ©s et fort modestement, tout Ă  fait disposĂ©e Ă  discuter avec toi des nombreux problèmes prĂ©sents, rĂ©els et rĂ©currents du système Ă©ducatif Ă  la française, en prenant cependant garde de ne pas cĂ©der aux idĂ©es simplistes et aux raccourcis mĂ©diatiques. Encore une fois ne jetons pas le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain.

Affection,

Tianette

VoilĂ . Confidence pour confidence, oui, c’est fatigant d’avoir sans cesse Ă  se justifier et d’ĂŞtre toujours dans la position du coupable. Mais une chose est certaine, une fois dans la classe, une fois ce petit monde rassemblĂ©, oui, une fois que chacun est lĂ  et que le cours des apprentissages reprend son fil, je peux vous garantir que maĂ®tresse d’Ă©cole reste le plus beau mĂ©tier du monde! Et moi, j’ai ce privilège lĂ ! Na na na nère!

Tags : , , ,

Sur le chemin de l’Ă©cole…

Formation continue, La classe en direct 3 commentaires

Hier après-midi, grand moment de doute. VoilĂ  trois semaines que j’ai quittĂ© la classe. Trois semaines seulement? Trois semaines dĂ©jĂ …Et pourtant Ă  l’heure du retour, sur le chemin de l’Ă©cole, je sens comme un doute m’envahir. Difficile Ă  expliquer. Trois semaines de rĂ©flexion, de rĂ©actualisation de mes connaissances, de mise en projet, d’Ă©changes d’adulte Ă  adulte…et voilĂ , dans quelques minutes, la porte va s’ouvrir et la rĂ©alitĂ© du terrain va me saisir, m’engloutir. Je ne veux pas retourner Ă  la case dĂ©part. Trois semaines de grand large, c’est comme un long voyage. Mais, et eux? Vers quels horizons ont-ils naviguĂ©?

Il est 14h30. Personne sur le trottoir. Ouf. Je respire une grande bouffĂ©e d’air vif, il fait un froid d’hiver aujourd’hui…Je sonne…

Patchwork de cris dans la cour, blessĂ©s de guerre dans le couloir, escaliers qui dĂ©bordent, c’est l’heure de la rĂ©crĂ©…VoilĂ , tout est lĂ , tous sont lĂ , et moi aussi!

                                                 

Tags : ,

Quelle école pour mes enfants?

Action, Paru dans la presse, actualité 9 commentaires

DARCOS et la Maternelle. Zéro de conduite !

1/ Des propos mensongers

2/Des préannonces déguisées

3/ Un mépris scandaleux

1/ Notre Ministre n’est pas un ignorant.

Il connaît le métier.

Il sait parfaitement qu’on accepte les très jeunes enfants, Ă  l’Ă©cole maternelle, uniquement sous rĂ©serve d’ĂŞtre propres.

Point de couche donc, en toute petite section, contrairement à la crèche.

Alors pourquoi cette provocation?

Juste pour provoquer ? Pas seulement…

Nous somme ici face Ă  une forme de discours très stratĂ©gique en politique: couvrir un mensonge par une rĂ©alitĂ©…et hop ! L’opinion, docile et non avertie, finira par se laisser bercer et berner :

C’est vrai, finalement, payer des changeurs de couches Ă  surveiller la sieste, vraiment pas besoin d’ĂŞtre diplĂ´mĂ© pour cela !

Car oui, les petits se reposent après le dĂ©jeuner. Oui, l’Ă©cole respecte encore ses rythmes biologiques essentiels.

« Pipi, caca, dodo » ça fait partie de la vie Monsieur le Ministre ! Un peu d’honnĂŞtetĂ©, s’il vous plaĂ®t…

Entre nous, vous ne vous sentez pas plus disposé au travail après un petit instant de récupération, porte du bureau fermée et paupières abaissées ?

Un petit tour aux « wawas » avant de prononcer un discours, cela ne vous soulage-t-il pas?

Le repos, c’est essentiel, c’est mĂŞme un droit lĂ©gitime, tout comme l’envie d’uriner et le passage aux toilettes, avec ou sans « petit train » !

Ces deux droits sont tout aussi fondamentaux que ceux d’apprendre que « b et a font ba »  ou « 1+1=2 » !

Nos enfants se lèvent tĂ´t, sont accueillis dans un cadre diffĂ©rent de celui de la maison. Leurs repères familiers sont brouillĂ©s. Ils apprennent d’autres codes.

LĂ  est l’enjeu majeur de l’Ecole maternelle. L’enfant entre Ă  la petite Ecole mais comprend vite qu’il intègre ainsi, peu Ă  peu sa longue aventure sociale, culturelle, intellectuelle.

Dans la cour, il voit les grands. Sur le trottoir le matin et le soir, il voit les « encore » plus grands. Oui, ça y est, il fait partie de la grande ronde des humains. C’est important, non ?

Et c’est en maternelle, durant cette  Ecole Premièresi justement renommĂ©e par Philippe Meirieu, que le jeune enfant revĂŞt tranquillement son costume d’Ă©colier. Il a deux ou trois  ans pour habiter ce rĂ´le que la sociĂ©tĂ© a choisi pour lui. Et ce n’est pas n’importe quel rĂ´le, le bâcler ferait de lui un « non-conforme »,  tout prĂŞt Ă  errer de stage de remise Ă  niveau en heure de soutien…

2/ Alors pourquoi lancer cette polémique, quelles préannonces déguisées sous ces propos ?

Petit exercice d’anticipation, mais si rĂ©aliste qu’il en devient quasi rĂ©el…

- 1ère Ă©tape: rendre l’Ă©cole obligatoire Ă  partir de 5 ans.

Voyez, nous effectuons un grand pas pour pallier les inégalités, nous donnons un an de formation de plus aux enfants de notre pays! Mais un an de qualité !

- 2ème palier: supprimer peu à peu les petites et moyennes sections.

L’Education nationale ne peut garantir de budgets pour ce qui ne relève pas de sa mission…et la petite enfance ne nous regarde plus!

- Suite logique et prĂ©visible: renvoyer aux parents, aux collectivitĂ©s locales, aux financements privĂ©s, la prise en charge des enfants jusqu’Ă  l’entrĂ©e en Grande section.

Cela se fait dans d’autres pays, alors pourquoi pas chez nous ?

- Dernière marche: entĂ©riner l’inadaptation de la formation des enseignants.

L’Ă©cole n’est plus ce qu’elle Ă©tait, il faut supprimer la formation telle qu’elle existe pour la rendre plus performante et rĂ©aliste. Nos Ă©lèves mĂ©ritent mieux!

3/ VoilĂ  l’habile manipulation, Ă  laquelle il faut malheureusement ajouter une dernière dimension, la plus inacceptable de la part d’un Ministre de l’Education nationale : le mĂ©pris.

Mépris pour le travail incommensurable et méconnu des enseignants de Maternelle.

D’un point de vue pĂ©dagogique et humain, il n’y a pas de plus grande responsabilitĂ© que celle d’enseigner en Maternelle. Et c’est bien ce qui la diffĂ©rencie des autres structures collectives. C’est une Ecole.

Les enfants y apprennent car les maĂ®tres sont formĂ©s pour cela. L’enseignant construit tout au long de l’annĂ©e des projets spĂ©cifiques qui permettent Ă  l’enfant de grandir physiquement, psychiquement, intellectuellement, personnellement, collectivement. Il met en place des ateliers, des progressions, des Ă©valuations qu’il rĂ©gule en fonction des apprentissages attendus et des enfants qui lui sont confiĂ©s.

Alors, lorsque ces compĂ©tences professionnelles sont rĂ©duites Ă  l’image mentale d’une couche qui dĂ©borde, on comprend mieux pourquoi ces mĂŞmes enseignants, poussĂ©s jusquâ€aux limites de l’inacceptable, sortent dans la rue, crient et rĂ©clament le minimum vital, la reconnaissance de leur METIER et de leur professionnalisme.

Mépris vis-à-vis des efforts consentis et des acquisitions effectuées par les élèves les deux premières années de scolarisation.

Regarde papa le beau tableau que j’ai peindu, t’as vu mon cravail comme il est dur, Ă©coute maman la poĂ©sie que ze te chante, venez tous les deux au  pestacle de NoĂ«l.

Bien sĂ»r, le langage se construit, Ă©videmment les apprentissages n’en sont qu’Ă  leurs dĂ©buts.

Mais Ă  ces âges, TOUT est apprentissage, du tout petit geste quotidien Ă  la moindre situation nouvelle. Imaginons, adultes que nous sommes devenus, repartir de lĂ …Nous aurions TOUT Ă  rĂ©apprendre…Alors, dĂ©crĂ©ter que ces annĂ©es d’Ecole ne comptent pas…C’est un peu dire Ă  nos enfants « Pauvres de vous, depuis trois ans, vous n’avez rien fait, rien appris, vous ĂŞtes restĂ©s des bĂ©bĂ©s, reprenez vos tĂ©tines et vos doudous et rentrez chez vous ! »

MĂ©pris enfin vis-Ă -vis des familles qui pour certaines d’entre elles n’ont aujourd’hui pas d’autres moyens d’insertion que cette Ecole. Que vont-ils devenir tous ces enfants, coupĂ©s du lien social et culturel que reprĂ©sente l’Ecole maternelle ? Des oubliĂ©s, des retranchĂ©s, des marginaux, des laisser pour compte, des parasites. Mais bon sang, ce sont des enfants. Ce sont nos enfants ! Quel parent, quel Ă©ducateur honnĂŞte peut se dĂ©tourner de ce devoir d’accompagnement Ă©ducatif et humain que notre Ecole Maternelle française doit prĂ©server Ă  tout prix !

Pour ma part, je ne veux Ă©duquer mes enfants ni faire classe Ă  mes Ă©lèves dans une sociĂ©tĂ© ou une Ă©cole qui relèguerait Ă  l’arrière plan cette dimension primaire, existentielle et fondamentale qu’est l’humanitĂ©.

Parents que nous sommes, ne nous endormons pas !

L’Ecole, leurs maĂ®tres et leurs professeurs ont besoin de notre soutien ferme et proactif !

Une maman d’Ă©lèves inquiète.

Une maĂ®tresse d’Ă©cole concernĂ©e.

Article paru dans la magazine parental Côté Mômes

C’est pourquoi dimanche 19 octobre j’irai Place d’Italie. J’irai parce que je suis une maman concernĂ©e. Oui, j’irai dĂ©fendre une Ă©cole digne. J’irai exprimer ma solidaritĂ© Ă  ces enseignants qui jour après jour, annĂ©e après annĂ©e partagent le quotidien de mes enfants. J’irai marcher Ă  leurs cĂ´tĂ©s. Dimanche, c’est un beau jour pour manifester.

L’itinĂ©raire et les infos ici

Tags : , , , , , ,

Question de maman

Parole d'instit', débat, la parole aux parents 7 commentaires

Je dĂ®nais l’autre soir avec une jeune maman dont le fils aĂ®nĂ© est en maternelle, dans une Ă©cole que je ne connais pas.

Une maman super active avec des horaires très compliqués.

Une maman véritablement concernée par la scolarité de son fils.

Une maman soucieuse de trouver un juste équilibre entre boulôt et maison.

Une maman d’Ă©lève dĂ©butante, hĂ©sitante, ne sachant pas très bien quels sont ses droits et ne connaissant que très peu les us et coutumes d’usage Ă  l’Ă©cole.

Bref, une maman comme des milliers d’autres qui, mĂŞme “invisible” aux yeux de l’Ă©cole, existe bel et bien.

Mais une maman Ă  qui on n’a mĂŞme pas pris la peine de dire que oui, elle peut Ă  tout moment demander Ă  ĂŞtre reçue par la maĂ®tresse. Le b et a ba du premier pas totalement Ă©clipsĂ©!

Cela nous paraĂ®t Ă©vident, Ă  nous autres enseignants, que les parents peuvent solliciter un rendez-vous s’ils le souhaitent. Mais cette Ă©vidence est loin d’ĂŞtre Ă©vidente pour certains parents qui, au quotidien, n’ont pas la possibilitĂ© d’ĂŞtre lĂ  Ă  8h20 ou Ă  16h30, leur emploi du temps imposant un rythme dĂ©callĂ© par rapport au rythme scolaire.

                                       

Pour ces parents, comment Ă©tablir le contact si l’enseignant lui-mĂŞme ne vient pas au devant?

Comment s’y prendre? Vers qui se tourner? A qui s’adresser? Quel jour et Ă  quelle heure?                             

Sans cahier de liaison, c’est sĂ»r, il n’est pas Ă©vident de correspondre! Sans explication claire sur ce sujet lors de la rĂ©union de dĂ©but d’annĂ©e, c’est certain, on peut mĂŞme en dĂ©duire que le sujet n’est pas d’actualitĂ©…

VRAIMENT, l’Ă©cole, vis Ă  vis des parents a encore de vraies questions Ă  se poser et de sĂ©rieuses rĂ©ponses Ă  trouver. ( Une belle occasion d’Ă©changes entre les deux parties sur les besoins des uns et des autres, les insuffisances existantes, les amĂ©liorations Ă  suggĂ©rer…)

Comment accueillons-nous nos familles?

Qu’attendons-nous d’elles?

Quel type de relation cherchons-nous à établir?

Comment les intègrons-nous au projet d’Ă©cole?

Quelle place leur accordons-nous dans la vie de classe?

Je suggère une piste pour les prochaines formations des enseignants…mettre en place un module spĂ©cial “dialogue et communication entre l’Ă©cole et les familles pour repenser la relation enseignants-parents”

Tags : , , , ,

Devenir un E-expert

En famille, La classe 3 commentaires

                                  E-parent

                                                                     E-enseignant

    E-élève

                       E-école

                                                   E-citoyen

Nous vivons tous dans l’E-univers!      

Sommes-nous pour autant de bons E-ternautes??

Un module pour tout savoir sur l’E-attitude !

Un site d’utilitĂ© publique…un tutoriel Ă©ditĂ© par le “RĂ©seau Education MĂ©dias”

DĂ©cidĂ©ment, ces Canadiens…toujours aussi bons communiquants…

Interactif et pratique, en un clic! ICI!

 

Tags : , , ,

L’Ă©chec scolaire, les familles et l’Ă©cole

Action, actualité 29 commentaires

DEMAIN MERCREDI 24 SEPTEMBRE 2008

Le site pour toutes les infos

Refonder l’Ecole pour G. de Vecchi

“Ce n’est pas en recherchant la culpabilitĂ© de chacun que nous règlerons le problème de l’échec scolaire ! Et celui-ci n’est pas une fatalitĂ©. Mais ce ne sont pas les aides ponctuelles qui allongent encore un peu plus le temps scolaire journalier, dĂ©jĂ  bien rempli, qui vont rĂ©gler le problème. Cela implique non pas une adaptation mais une refondation de tout le système scolaire”. GĂ©rard de Vecchi nous y appelle et montre des pistes sur le blog de la 1ère JournĂ©e du refus de l’Ă©chec scolaire.

Rappelons que cette journée de mobilisation nationale se tient à Paris le 24 septembre. Il reste encore quelques places!

Pour participer à la journée: Entrée gratuite. cliquez ici.

Attention ! nombre de places limité.

Et si on s’y retrouvait?!

 

 

Tags : , , , , ,

Le jardinier pédagogue (Intro Bis)

La chronique de Christian Montelle, débat 22 commentaires

Ce n’est pas en tirant sur la queue d’un tĂŞtard

qu’on le fait devenir grenouille plus vite.

Édouard Claparède (1873-1940)

 

 

L’échec scolaire est un problème qui préoccupe grandement les sociétés dites développées. Alors que toutes les conditions de réussite dont les enseignants rêvaient naguère sont apparemment réalisées, un grand nombre d’enfants fréquentent l’école à reculons “parce qu’il le faut bien” et un nombre considérable d’élèves ne profitent que peu ou pas du tout des cours qui leur sont dispensés. En France, on parle de 150 000 (1) laissés-pour-compte, qui sortent du cursus scolaire en sachant à peine parler, lire et écrire, ou même penser de façon rationnelle, ce qui provoque des difficultés humaines et des coûts sociaux exorbitants. D’autre part, beaucoup d’enfants de milieux dits privilégiés se réfugient dans une bulle de gadgets technologiques ou de “paradis” dangereux, et sabotent leur cursus scolaire.

 

L’État et la société civile ont mis en place des dispositifs innombrables pour tenter d’améliorer cette situation déplorable, mais les succès sont minces selon l’estimation des adultes engagés dans ces actions. La stratégie des structures de “remédiation” consiste le plus souvent à permettre aux enfants de bénéficier de structures allégées - fort onéreuses, au demeurant - et à tenter de leur faire absorber le programme scolaire de leur niveau d’âge. Mais ont-ils réellement les compétences nécessaires pour absorber cette potion ? Des officines à but lucratif se sont ruées sur le fromage de l’aide aux élèves en difficulté, mais leurs préoccupations clairement financières ne concernent pas le problème. On peut imaginer que leur objectif de départ fut louable, mais le fait d’être lucratives pour l’investisseur les a rendues inabordables pour un grand nombre.

 

Ce sont les familles les plus nanties, qui, persuadées que pour réussir il faut savoir avant l’école et plus qu’à l’école, se sont appropriées ces officines. En vacances, combien d’enfants au parcours irréprochable, scolarisés dans des écoles de renommée, se voient inscrits d’office dans des stages non pas de remise à niveau, mais d’anticipation sur le niveau à venir ! Ainsi, l’écart se creuse : ceux qui sont en difficulté le restent et ceux qui réussissent plutôt bien deviennent excellents ! Les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire, qu’ils soient publics, associatifs ou privés, parviennent, à force de contrainte à faire accomplir quelques progrès dans le maniement des savoirs élémentaires, appelé aussi “socle commun”. Mais ces procédures ne me semblent pas adéquates et peu rentables par rapport au capital humain (et financier) engagé. Pour tenter de mieux cerner ce qui explique ce demi, quart ou trois-quarts d’échec du soutien scolaire, je vais utiliser une comparaison avec le monde du jardinage.

 

 Voilà donc un jardinier débutant et peu avisé qui entreprend de cultiver les 2 000 m2 de la maison qu’il vient d’acquérir. En bon rurbain tout neuf, il pense que dame Nature est généreuse et qu’il suffit de lui confier quelques graines arrosées copieusement pour qu’elle donne de beaux fruits et de beaux légumes. Las ! il doit déchanter au mitan de l’été ; il y a belle lurette que ses fraises ont été dévorées par les limaces, ses choux par les piérides, ses pommes de terre ruinées par le mildiou. Les plantes épargnées sont malingres, les petits pois microscopiques, les poireaux étiques et les salades chlorotiques. Notre gaillard se lance alors dans la remédiation. La chimie agroalimentaire lui offre un éventail suffisant de poisons pour qu’il achève les rescapés du désastre.

 

Son erreur ? Ne pas avoir - bien avant de planter ou de semer, - analysé son sol, désherbé, défoncé le sol, bêché, biné, râtelé, fumé, éliminé les vers blancs et autres voraces, introduit des antiparasites naturels, installé un réseau commode d’irrigation.

 

Il me semble que notre Ă©cole commet le mĂŞme type d’erreurs, avec la complicitĂ© involontaire des parents et celle plus dĂ©terminĂ©e de certains mĂ©decins et des gĂ©ants de l’industrie pharmaceutique (2). On veut “forcer le lĂ©gume” sans trop se prĂ©occuper du terrain. On saute les Ă©tapes, on oublie totalement les exigences d’un dĂ©veloppement naturel et harmonieux. On fait appel Ă  la science et Ă  la technologie pour rĂ©parer les dĂ©gâts, en pensant que ce sont des remèdes-miracles : fatale illusion qui masque les vrais problèmes. Moins l’enfant absorbe, plus on tente de le gaver. On ne perçoit pas les erreurs qui le dĂ©traquent. On nĂ©glige le dĂ©sarroi provoquĂ© par une telle pression psychologique, par une telle exigence de rĂ©ussite dans des domaines si spĂ©cifiques.

 

Les parents et les enseignants de terrain invoquent frĂ©quemment une origine unique Ă  l’Ă©chec scolaire : les “conditions socioculturelles” que connaissent les enfants et qui expliqueraient Ă  elles seules les inĂ©galitĂ©s constatĂ©es. Ces paramètres sociaux donnent l’impression de relever d’un domaine qui Ă©chappe Ă  l’Ă©cole et la tentation est forte d’en prendre acte et d’effectuer un tri social en contradiction complète avec les objectifs que devrait se donner l’Ă©cole : offrir des chances Ă©gales de rĂ©ussite Ă  tous les enfants. Cela Ă©vite de procĂ©der Ă  une analyse plus prĂ©cise des causes de l’Ă©chec, analyse qui permettrait de pratiquer la prĂ©vention nĂ©cessaire.

 

Je vais tenter, dans les lignes qui suivent, de pointer quelques insuffisances et proposer, quand cela est en mon pouvoir, quelques pistes susceptibles d’amĂ©liorer la situation. Brièvement, car mon propos n’est pas d’écrire un ouvrage qui se voudrait exhaustif. J’aborderai quelques domaines - et il en existe d’autres - dans lesquels j’ai pu noter des oublis ou des carences causant de grands dommages. Je proposerai de travailler dans ces domaines pour aider les enfants Ă  surmonter leurs difficultĂ©s, et je suggĂ©rerai quelques pratiques issues de mon expĂ©rience.

  

La première partie évoquera la socialisation, la transmission, l’acquisition des habitus sociaux, et aussi les valeurs qui nous permettent de vivre harmonieusement avec nos semblables. Je parlerai ensuite des insuffisances linguistiques, obstacle essentiel auquel j’ai consacré un ouvrage (3) ; ce livre aborde aussi d’autres domaines qui seront évoqués ici. Une troisième partie sera consacrée à la construction des notions liées au temps et à l’espace, ces repères qui sont indispensables à tout projet d’apprendre, de faire ou de vivre. Dans une quatrième partie, je tenterai de pointer ce qui est nécessaire pour entrer dans le domaine des sciences : esprit d’observation, connaissance du milieu, accession à l’abstraction, compétences de classement et de hiérarchisation, et aussi capacité d’émerveillement, curiosité, acquisition des démarches scientifiques. Une cinquième partie parlera du monde de la technique. Viendra alors l’étude des domaines artistiques : la musique avec ses rythmes et ses mélodies, les arts graphiques qui enseignent la composition, l’harmonie des formes et des couleurs, la joie du beau (4). La dernière partie sera consacrée à tous les problèmes liés au développement corporel : alimentation, hygiène de vie, pratique de sports collectifs et d’activités sportives douces permettant de s’épanouir dans le plaisir du corps découvert.

 

Christian Montelle,

Ornans, Août 2008

Diffusion libre

                                     A SUIVRE…

 

 

 


(1)  Chiffre à prendre avec des pincettes car il a été utilisé de façon polémique. Lancé durant la campagne présidentielle de 2007, il demande à être précisé. Mais 10 000 enfants sans avenir représentent déjà un scandale.

(2) Voir par exemple L.H. Diller, Coca-Cola, MacDonald’s et Ritaline : http://www.google.fr/search?hl=fr&q=diller+ritaline&btnG=Recherche+Google&meta=

(3) Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, La haute langue orale, l’Harmattan, Paris, 2005

(4) A thing of beauty is a joy for ever, John Keats - Endymion. “Rencontrer la beauté nous emplit d’une joie éternelle.” à condition que nous sachions la reconnaître, bien sûr !

 

 

Tags : , , , , , ,

A vos marques, prĂŞts…

Action, En famille, Parole d'instit', Paru dans la presse 5 commentaires

…c’est la rentrée !

Derniers prĂ©paratifs, courses en tous genres, pendules Ă  remettre Ă  l’heure…il faut faire vite pour arriver le jour J dispo, frais et prĂŞt…

Prêt ? On n’est jamais totalement prêt pour ce genre de retour à la réalité scolaire. Ni les enfants, ni les parents ! Et je sais de quoi il retourne étant à la fois enseignante et mère de 4 enfants, donc de 4 élèves scolarisés du CP au lycée. Tout au plus, me permettrai-je de donner quelques pistes.

1/ Une rentrée réussie car attendue. La belle affaire…pourtant, quand on y réfléchit, après deux mois de vacances, les enfants sont souvent heureux de retrouver leurs camarades. Un coup de téléphone à Delphine et Marinette, un rendez-vous à la piscine avec Paul et Virginie, juste avant la rentrée, voilà une manière ingénieuse de rétablir le lien social si motivant à l’école. Gentils parents que nous sommes, et si nous organisions un petit goûter préscolaire ? Une entrée en matière ludique et pédagogique, une après-midi spéciale fête de la rentrée !

2/ Une rentrée réussie car préparée. Arriver le jour J avec tout ce qu’il faut dans son cartable, c’est un bon point de gagné. Parole d’instit’ ! Là encore, on peut faire preuve de ruse, pour que le parcours du combattant ne se transforme pas en bataille familiale à la caisse enregistreuse. Il y a les sentimentaux qui veulent à tous prix garder leur vieille trousse fétiche. Qu’à cela ne tienne, s’il y a tout ce qu’il faut à l’intérieur! Bien au contraire, les bons souvenirs jalousement gardés permettent de mieux affronter l’inconnu. A l’inverse, de nombreux enfants n’échappent pas à l’effet  mode et marque. Et là, le porte-monnaie fait triste mine. Négociations obligées! « OK pour l’agenda Bidule mais pas de gomme à paillettes. » Un conseil, selon son âge, il est bon de  magasiner avec votre enfant, non pour qu’il choisisse, mais pour qu’il passe en revue son matériel, liste en main. Une première approche de la responsabilité partagée.

3/ Une rentrée réussie car pas comme les autres. Les rituels sont extrêmement structurants et rassurants pour les enfants les plus angoissés. Sans les supprimer, il est souhaitable de les faire évoluer. D’une rentrée sur l’autre, les enfants grandissent et aiment voir leurs privilèges s’accroître. « Bon, cette année, c’est du sérieux, tu entres à la grande école. Et bien aujourd’hui tu as droit à Ton Pass Biblio Perso. Je t’emmène choisir un livre, et à chaque fois que tu le décideras, nous l’échangerons. Voilà un exemple parmi des milliers. En fonction de l’âge et des goûts de chacun, il est bon de proposer un petit quelque chose de gratifiant et de valorisant, parce que « Grandir, c’est bien ! »

4/ Une rentrée réussie car apaisée. Au diable les sales notes de l’an passé, on efface l’ardoise et on se donne les moyens d’y dessiner un joli sourire d’écolier. Etre parent d’élève, pas si facile. Aujourd’hui, on attend tellement de  la réussite  de nos enfants. L’école de la réussite ou celle de l’échec ? Et si nous abordions l’école autrement ? Exigence n’exclue pas bienveillance. Dire à son enfant qu’il faut du temps pour progresser, qu’il est nécessaire de se tromper pour comprendre, que les efforts ne sont pas payants immédiatement, qu’il reste un enfant merveilleux sans obligation d’être un élève parfait, dire ces choses là permet à l’enfant d’entrer dans la peau d’un élève serein. Un petit conseil de mam’instit’: pas de carotte à la bonne note, mais plutôt des encouragements mille fois répétés.

5/ Une rentrée réussie car la vie continue! Si l’enfant et les parents vivent mal cet instant c’est qu’il signifie rupture. Finis les promenades improvisées, le farniente en famille et les repas partagés. Le temps de la rentrée sonne souvent comme le glas familial. Il faut donc veiller à ce que l’enfant continue de vivre sa vie d’enfant en partageant avec sa famille des moments particuliers, sans aucun rapport avec l’école. Il n’y a pas que l’école dans la vie ! Parole de maman ! Attention à certains emplois du temps surbookés de nos chers bambins, reflets de nos propres agendas d’adultes ! Le temps passé ne reviendra plus. Passons-le aussi avec eux, pas uniquement à côté d’eux. Une astuce amusante et réconfortante: afficher quelque part, à côté de l’emploi du temps scolaire, un petit tableau de rendez-vous. « Lundi j’aimerai déjeuner avec papa. Mercredi je voudrais aller au square avec Lulu. Jeudi je prendrais bien ma revanche au scrabble. Dimanche matin, s’il vous plaît, laissez-moi dormir… »

Alors, à vos marques, prêts, vive la rentrée !

Article paru dans le magazine parental “CĂ´tĂ© mĂ´mes”

Tags : , , , , ,

Teaser de rentrée

Action, la parole aux parents, vidéo 14 commentaires

Comme promis, une petite production artisanale sur le thème “l’Ecole expliquĂ©e aux parents”, Ă  paraĂ®tre sous forme de sĂ©rie Ă  partir du 4 septembre.

L’entrĂ©e Ă  La Grande Ecole, au Collège ou au LycĂ©e suscite bien des inquiĂ©tudes chez les enfants…mais aussi chez leurs parents. S’il peut s’avĂ©rer utile d’ĂŞtre inquiet, au sens de “en attente”, la peur elle, peut vite gĂ©nĂ©rer des angoisses voire mĂŞme dĂ©gĂ©nĂ©rer en phobies scolaires. Une fois encore, je crois aux vertus du dialogue. Il assainit les relations et ouvre la voie Ă  une meilleure comprĂ©hension des autres et de soi-mĂŞme.

Une manière directe, moderne et conviviale de nouer un lien avec les familles. Quelques enseignants triĂ©s sur le volet…(je blogue…je blague quoi!) se sont livrĂ©s Ă  l’exercice avec comme objectif de rĂ©pondre Ă  des questions pratiques sur la vie scolaire, les enjeux Ă©ducatifs, les problĂ©matiques relatives Ă  L’Ecole, au Collège, au LycĂ©e.

Aujourd’hui, un petit avant goĂ»t avec cette bande annonce tournĂ©e avec Fabien et Marc en juillet en collaboration avec:

 

Merci Vincent pour cette chouette idée!

5-4-3-2-1 Silence…ça tourne!

Tags : , , , , , , ,

« Billets précédents