L’enfant et son éducation, 3ème édition des journées scientifiques de l’Université de Nantes

24 08 2011

En guise de pré-rentrée, je souhaitais partager avec vous le contenu d’une table ronde…

Une table ronde, animée  par David Pouilloux, rédacteur en chef de Nantes Métropole, a conclu la 3e édition des Journées Scientifiques de l’Université de Nantes. Les deux conférenciers invités – Roger LÉCUYER et Agnès VAN ZANTEN – Jean-Christophe ROZÉ, chef du service de médecine néonatale au CHU de Nantes, Catherine CHOQUET, adjointe au Maire de Nantes en charge de la petite enfance, de la santé et des personnes handicapées et Agnès FLORIN, professeur en psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes ont ainsi pu répondre aux questions du public sur le thème de l’enfant.

Source web: les journées scientifiques de l’université de Nantes

Après écoute du lien audio (joint ci-dessous), voici déclinés, en guise de sommaire, les différents sujets évoqués lors du débat qui a fait suite à l’exposé des chercheurs, entre le public présent à ses journées scientifiques et les conférenciers en charge de la diffusion de leurs savoirs.

1. sur l’accompagnement scolaire:

  • le développement de collectifs de parents dans le domaine de l’accompagnement scolaire
  • le rôle de l’activité citoyenne et de la mise en réseau des inter-connaissances via le tissus social et environnemental
  • le dialogue entre les familles, l’école et les différentes institutions partenaires
  • la  question de la stabilité des équipes d’établissement

2. sur la fatigabilité du jeune enfant:

  • l’appétence innée du jeune enfant pour le savoir
  • les effets de la compétition scolaire et de la sur-stimulation
  • la nécessité d’identifier et de respecter les signaux d’auto-régulation, par le très jeune enfant lui-même, de sa capacité d’engagement attentionnel
  • les vertus de l’ennui et l’importance de l’imagination dans le développement cognitif de l’enfant

3. sur le lien entre le travail des chercheurs et les mises en pratiques sur le terrain:

  • le regard porté sur l’enfant semble avoir sensiblement évolué dans le domaine médical depuis 2 décennies
  • certaines contingences budgétaires et politiques rendent difficile le transfert sur le terrain des conclusions des chercheurs
  • le rôle et la position des médias dans la diffusion des rapports et des enquêtes des chercheurs
  • la quasi absence de connexion entre le domaine de la recherche et celui de la formation initiale et continue des professionnels de l’enfance

4. sur la méthodologie employée par les chercheurs auprès des très jeunes enfants:

  • l’observation des réactions faciales de l’enfant face aux stimuli extérieurs
  • la durée de fixation du bébé sur l’objet interrogé

5. sur la question du repérage du potentiel des enfants et de leur accompagnement scolaire:

  • la nécessité de prendre en compte l’évolution du contexte de scolarisation
  • la problématique de l’orientation dans un système de massification de l’enseignement
  • le défi de la double prise en compte de la massification de l’enseignement et de la personnalisation des parcours
  • l’importance d’apprendre de l’expérience d’autres systèmes éducatifs
  • l’impact de l’expérimentation de certains enseignants mettant en place des pratiques innovantes

6. sur la mixité sociale:

  • l’enjeu des politiques locales et sociales
  • la nécessité d’une cohérence sur le long terme pour lutter contre le concept de l’entre-soi
  • la question des responsabilités collectives et individuelles
  • la problématique des reproductions sociales

7. sur la responsabilité éthique du chercheur:

  • les effets pervers d’une vulgarisation mal maîtrisée de la recherche et de son interprétation
  • le développement de la mise en place, par les familles, de stratégies d’évitement scolaire et social
  • les dérives de sur-investissement de certains parents et de certaines institutions scolaires
  • la nécessité d’une explicitation directe par les chercheurs eux-mêmes des résultats de leurs travaux
  • la responsabilité des médias dans le choix des sujets et leur présentation au grand public

8. sur la question des fonctions sociales de l’école:

  • la réalité de l’existence de la fonction sélective de certaines disciplines désignées comme royales
  • le renforcement de filières annexes purement instrumentalisées
  • les effets néfastes sur les jeunes d’une conception purement utilitariste des disciplines vues comme seuls éléments de sélection

9. sur l’évolution de la recherche dans le domaine de la psychologie de l’enfant:

  • la  découverte de la psychologie du nourrisson par Piaget en lien avec sa capacité à manipuler des objets qu’il voit
  • les nouvelles théories et les apports plus récents de la recherche en matière d’inné et d’acquis ont fait évoluer le concept de constructivisme
  • la théorie nativitse ainsi que la mise en lumière des apprentissages pré-nataux reposent la question de la place de l’activité perceptive dans l’apprentissage

10. sur l’appétence et le goût d’apprendre, la motivation et l’envie:

  • le décalage entre l’existence innée de l’envie d’apprendre chez le jeune enfant et sa perte progressive à l’école jusqu’à son effondrement au collège
  • la question de la valeur du savoir dans nos sociétés dites développées
  • les capacités extrêmes d’apprentissage chez le prématuré de 32/33 semaines
  • le concept de résignation apprise présente dès les premières années d’école en réponse à la nature normative de l’école
  • le manque de prise en compte des intelligences multiples à l’école française
  • le problème des décrocheurs visibles et des invisibles

En guise de conclusion;

  • la nécessité d’une mixité humaine, d’une mixité des activités et d’une mixité des savoirs
  • l’importance de la reconnaissance réciproque de chacun des professionnels des chercheurs, enseignants, éducateurs, etc.
  • les paradoxes d’une école qui valorise l’effort et qui sélectionne, en fin de parcours, les élèves en fonction de leurs capacités mises en réserve
  • la place de la personne dans le collectif et le rôle du collectif vis à vis de la personne

Il ne s’agit là, évidemment que d’une prise de notes, un compte-rendu personnel et forcément réducteur des différents points exprimés lors de cette table ronde; pour en approfondir le contenu, je ne peux que vous inviter à écouter dans son intégralité, sa retransmission audio. Excessivement intéressant!

Bonne rentrée!

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Questions d’apprentissage

1 11 2010

J’ai 10 ans, j’ai 15 ans, j’ai 35 ans, j’ai 90 ans…

Pourquoi est-ce j’apprends?

Pour qui est-ce que j’apprends?

Comment est-ce que j’apprends?

Avec qui est-ce que j’apprends?

Qu’est-ce que j’apprends?

Pour en faire quoi?

Et au final…est-ce que véritablement j’apprends?


Qui peut me dire quels ont été mes apprentissages?

Un maître? Un ami? Un parent? un collègue? Un inspecteur?

Et sur quelles grilles de lecture se fondent-ils? Sur quels critères?

Un contrôle? Une évaluation? Un certificat d’étude?

N’y a-t-il donc d’apprentissages que visibles?

N’y a-t-il donc d’évaluations que formelles?

La somme de nos apprentissages se résumerait-elle un unique diplôme?

La preuve de ces apprentissages serait-elle incarnée par le seul statut social ?

La réussite personnelle ne serait-elle que la suite logique de la réussite scolaire?

Et cette même réussite scolaire serait-elle le seul fruit de mes apprentissages scolaires?

Et si nous revenions au point de départ?

Et si nous revenions là où tout a commencé pour chacun d’entre nous?

Pour lui, pour toi, pour elles, pour vous, pour moi…

J’ai 90 ans, j’ai 35 ans, j’ai 15 ans, j’ai 10 ans…

Je viens au monde, je respire, je sens, je ressens, je vois, je goûte, je touche, je vis, j’ai peur, j’aime, je ris, je pleure…

J’apprends!

Mais oui bien sûr j’apprends, je le sais, je l’expérimente chaque seconde, je le découvre à chaque instant, je ne peux le prouver par aucun document officiel, je ne sais encore ni lire, ni écrire ni parler mais comment serais-je là aujourd’hui si je n’avais appris par moi -même toutes ces choses qui font la vie et qu’aucun professeur ne m’a jamais ni appris, ni demandé?

Ou si rarement…

La vie n’a-t-elle donc aucun rapport avec l’apprentissage?

Et si l’école peinait tant à enseigner parce que justement elle avait perdu le sens de ce qu’apprendre signifie?

Et si elle peinait tant à transmettre parce que justement elle avait perdu de vue ce que seule  la vie est capable d’enseigner?

  • Un texte en réponse aux multiples injonctions d’évaluations quantitatives chiffrées, orthonormées, désincarnées.

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    Quelle(s) place(s) pour les parents à l’école?

    13 10 2010

    Introduction

    Des parents à la rencontre d’autres parents pour parler de l’école et chercher ensemble comment y trouver un espace reconnu au service d’une écoute réciproque et d’une parole légitime.

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    Partie 1

    « Quand on parle des parents c’est souvent en négatif… »

    Changer de discours pour changer de regard

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    Partie 2

    « Quand on parle des parents on entend souvent dire que ce sont toujours les mêmes que l’on voit à l’école… »

    Reconnaître les compétences des parents pour valoriser les personnes et susciter une dynamique constructive

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    Partie 3

    « Quand on parle des parents on entend souvent dire qu’ils ne s’intéressent qu’à leur enfants. »

    Impliquer les parents dans les décisions et la communication interne pour développer les savoir-faire collectifs

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    Partie 4

    « Quand on parle des parents on entend souvent dire qu’ils sont insouciants. »

    Créer un cadre et un espace privilégié pour réduire l’isolement de certains parents dans l’intérêt de tous les élèves

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    Conclusion

    A chacun de trouver sa place et de donner une place à chacun

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    Vous avez dit: école?

    31 08 2010

    Quiz de Culture Générale

    7 auteurs, 7 citations…

    1/ « L »école fait des réformes, la médecine fait des progrès. »

    2/ « De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure. »

    3/ « Si les écoles cessaient d’être obligatoires, quels élèves resteraient-ils au professeur pour exercer son autorité? »

    4/ « L’expérience est une école où les leçons coûtent cher, mais les sots ne s’instruisent que là. »

    5/ « Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoin dans la vie. »

    6/ « Écoles: établissements où l’on apprend à des enfants ce qui leur est indispensable de savoir pour devenir des professeurs. »

    7/ « Autrefois les illettrés étaient ceux qui n’allaient pas à l’école. Aujourd’hui ce sont qui y vont. »

    a- Yvan ILLICH

    b– Sacha GUITRY

    c- Paul GUTH

    d- Monica GATHER THURLER

    e- Anatole FRANCE

    f- Benjamin FRANKLIN

    g- Herbert SPENCER


    Alors…qui à dit quoi?

    😉


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    Les vacances, l’école de la vie

    10 07 2010

     » L’adolescent aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’adolescent aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eut aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui sert toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. Alors les adolescents apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir « .

    Adolphe Ferrière (1879-1960)

    Je souhaite à tous les enfants qui partent mais également à ceux qui restent, un temps de vacances au plus proche de la nature et de ses rythmes,  riche en activités nouvelles et en rencontres inattendues. Un temps pour se réjouir, découvrir, bouger, explorer, méditer, échanger, apprendre…autrement.

    😉

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    L’école selon François Dubet

    10 06 2010

    L’avis de François Dubet, sociologue, sur le temps scolaire et sur la question de la place de l‘école dans notre société.

    « L’école appartient à la société, à la communauté.

    Ce n’est pas un temple… »

    Elle doit être ouverte aux jeunes, aux familles, aux collectivités…

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    Sur ces questions et sur de très nombreux sujets d’actualité et de société, retrouvez les études et les propositions élaborées par

    l’Institut Montaigne.


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    Ecrire, lire écrire…un journal d’école

    30 04 2010

    « Ecrilire »

    Lire pour écrire…écrire pour lire

    Faut-il choisir?

    Écrire pour raconter

    Lire pour découvrir

    Écrire pour organiser

    Lire pour se repérer

    Écrire pour s’exprimer

    Lire pour écouter

    Écrire pour être lu

    Lire pour se relire

    Écrire pour interagir

    Lire pour jouer

    Écrire pour informer

    Lire pour s’informer

    Écrire pour partager

    Lire pour s’enrichir

    Écrire pour fixer

    Lire pour se souvenir

    Écrire pour apprendre

    Lire pour comprendre

    Écrire pour grandir

    Lire pour se voir grandir


    http://video.google.com/videoplay?docid=-4744064430849936694

    Lire pour écrire

    Écrire pour lire

    Faut-il vraiment choisir?


    Petit rappel extrait du

    Pilier 1 du socle commun

    « Savoir lire, écrire et parler le français conditionne l’accès à tous les domaines du savoir et l’acquisition de toutes les compétences. »

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    L’accueil

    8 04 2010

    Pour les lecteurs du blog qui ne sont pas pour autant des adeptes de Facebook, je livre ici un des sujets de réflexion et de discussion qui s’est ouvert hier au sein du groupe lancé avec l’ouverture des Etats généraux du bonheur à l’école. (cf l’article du 7 avril)

    Se dire « bonjour » le matin, c’est se dire mutuellement qu’on existe.
    Un rituel apprécié et attendu…

    Chaque matin donc, nous nous disons « Bonjour » en nous regardant, en nous nommant. Ce bonjour s’accompagne toujours d’un contact physique: un regard prononcé, une poignée de main, un baiser, une accolade, une main sur l’épaule. C’est le signal que nous sommes là, que nous allons entamer une journée ensemble.

    Ce bonjour est suivi d’un espace de silence. Transition nécessaire pour entrer dans cet espace-classe (ici) et ce temps (l’instant). Transition nécessaire pour prendre conscience de notre présence et de nos présences respectives. C’est aussi le moment où nous allons nous rendre compte de l’absence d’un élève ou d’un camarade. Nous allons prendre en charge cette absence. Nous allons la faire exister…

    Cet accueil est une des portes d’entrée qui scelle ce que j’appelle le contrat d’autorité légitime. L’autorité n’est pas un mot qui doit faire peur. Il faut s’autoriser l’autorité. Elle est, une fois de plus, appréciée et attendue des jeunes en quête de repères et de reconnaissance. Reconnaissance que cette autorité permet d’exprimer. L’autorité mène à l’altérité. Elle permet à chacun d’exister dans un cadre clair, défini, sécurisant. Ce Bonjour, cet accueil en est la clé de voûte.


    De nombreuses équipes déclinent cet accueil selon les particularités et les besoins de chaque établissement. Je connais par exemple une école de centre ville située dans un quartier réputé sensible appelé également Zone d’Éducation Prioritaire, et qui a fait le choix,
    dès le début de chaque année, d’ouvrir pendant plusieurs jours l’école aux parents avec à l’appui d’ interprètes chargés de décoder les usages, les fonctions, les enjeux, les rôles, les attendus de chacun au sein de l’école.

    Ce dispositif d’accueil qui peut sembler contraignant en temps et en organisation mais que l’équipe a elle-même décidé de mettre en œuvre, fait d’elle aujourd’hui, et ce sans qu’elle l’ait anticipé, une école recherchée par les familles mais aussi par les enseignants eux-mêmes, tant le climat scolaire y est porteur et facteur de réussite.


    Voilà un accueil responsable et responsabilisant. Nul n’est sensé ignoré la loi, celle qui prévaut à l’école…nul n’est sensé rester à l’écart. L’intégration se fait dans les deux sens grâce à la mise en œuvre de vraies structures de communication. et d’échanges.


    L’accueil, c’est un peu le premier visage que l’établissement offre à celui qui arrive, qui entre ou qui passe…

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    L’école et les familles

    29 03 2010

    A vos agendas!

    Conférence-débat autour du thème de la relation entre l’école et les familles

    Où?

    A l’Espace Brémontier

    http://idata.over-blog.com/2/73/62/31/super-genial-dim.jpg

    Un espace d‘accueil social, professionnel, culturel, ouvert à tous

    à Paris

    dans le 17è arrondissement (plan interactif joint)

    http://www.google.fr/mapdata?CxXw6ekCHSkqIwAgIQwt8OnpAjUpKiMAQI4CSLkBUgJGUpABAsoBAmZy

    Quand?

    Mercredi prochain, 31 mars

    A quelle heure?

    De 20h30 à 22h…

    Pour quel projet?

    Pour envisager cette drôle d’alliance forcée comme

    un partenariat pour dire et faire ensemble…

    pour aborder des sujets qui vous touchent

    pour questionner sans peur ni reproche

    pour s’interroger à plusieurs

    pour confronter des points de vue

    pour partager des expériences

    pour proposer des actions concrètes

    pour se rencontrer en dehors du cadre obligatoire de l’école

    pour sortir d’une relation de « parentdélève-enseignant »

    et entrer dans une relation d’adulte à adulte


    http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/5/9/9782206014951.jpg

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    N’hésitez pas à découvrir les autres articles parus sur le même thème

    Alors…

    à mercredi?

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    😉




    Albert Camus, une certaine idée de l’école

    19 01 2010

    Le 4 janvier dernier marquait le cinquantième anniversaire de la disparition d’Albert Camus, homme de lettres, homme d’idées, homme engagé, homme révolté, homme avant tout et par dessus tout. Ce billet est un hommage à son humanité et son humilité et à une certaine idée qu’il se faisait de l’école, de l’éducation, du savoir. Voici la lettre qu’il adressa à son instituteur au lendemain de son prix Nobel: (discours en lien)

    19 novembre 1957

    Cher Monsieur Germain,

    J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé.
    Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces.

    ALBERT CAMUS

    Dans son roman posthume « Le Premier homme » auquel travaillait Albert Camus au moment de mourir, l’auteur évoque avec tendresse et émotion ses souvenirs d’enfance, comme s’il n’avait encore que 6 ans ou 11 ans…Ce n’est qu’en 1994 que le texte sera publié sous sa forme initiale de brouillon inachevé rendant ainsi encore plus palpables les accents autobiographiques.

    Morceaux choisis:

    (…) Ensuite c’était la classe. Avec M. Bernard, cette classe était constamment intéressante pour la simple raison qu’il aimait passionnément son métier. Au-dehors, le soleil pouvait hurler sur les murs fauves pendant que la chaleur crépitait dans la salle elle-même pourtant plongée dans l’ombre des stores à grosses rayures jaunes et blanches. La pluie pouvait aussi bien tomber comme elle le fait en Algérie, en cataractes interminables, faisant de la rue un puits sombre et humide, la classe était à peine distraite. Seules les mouches par temps d’orage détournaient parfois l’attention des enfants. Elles étaient capturées et atterrissaient dans les encriers, où elles commençaient une mort hideuse, noyées dans les boues violettes qui emplissaient les petits encriers de porcelaine à tronc conique qu’on fichait dans les trous de la table. Mais la méthode de M. Bernard, qui consistait à ne rien céder sur la conduite et à rendre au contraire vivant et amusant son enseignement, triomphait même des mouches. Il savait toujours tirer au bon moment de son armoire aux trésors la collection de minéraux, l’herbier, les papillons et les insectes naturalisés, les cartes, qui réveillaient l’intérêt fléchissant de ses élèves. Il était le seul dans l’école à avoir obtenu une lanterne magique et, deux fois par mois, il faisait des projections sur des sujets d’histoire naturelle ou de géographie. En arithmétique, il avait institué un concours de calcul mental qui forçait l’élève à la rapidité d’esprit. Il lançait à la classe, où tous devaient avoir les bras croisés, les termes d’une division, d’une multiplication ou parfois d’une addition un peu compliquée. Combien font 1267 + 691. Le premier qui donnait le résultat juste était crédité d’un bon point à valoir sur le classement mensuel. Pour le reste, il utilisait les manuels avec compétence et précision… Les manuels étaient toujours ceux qui étaient en usage dans la métropole. Et ces enfants qui ne connaissaient que le sirocco, la poussière, les averses prodigieuses et brèves, le sable des plages et la mer en flammes sous le soleil, lisaient avec application, faisant sonner les virgules et les points, des récits pour eux mythiques où des enfants à bonnet et cache-nez de laine, les pieds chaussés de sabots, rentraient chez eux dans le froid glacé en traînant des fagots sur des chemins couverts de neige, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent le toit enneigé de la maison où la cheminée qui fumait leur faisait savoir que la soupe aux pois cuisait dans l’âtre. Pour Jacques, ces récits étaient l’exotisme même. Il en rêvait, peuplait ses rédactions de descriptions d’un monde qu’il n’avait jamais vu, et ne cessait de questionner sa grand-mère sur une chute de neige qui avait eu lieu pendant une heure vingt ans auparavant sur la région d’Alger.


    (…) Seule l’école donnait à Jacques et à Pierre ces joies. Et sans doute ce qu’ils aimaient si passionnément en elle, c’est ce qu’ils ne trouvaient pas chez eux, où la pauvreté et l’ignorance rendaient la vie plus dure, plus morne, comme refermée sur elle-même; la misère est une forteresse sans pont-levis.


    (…) Non, l’école ne leur fournissait pas seulement une évasion à la vie de famille. Dans la classe de M. Bernard du moins, elle nourrissait en eux une faim plus essentielle encore à l’enfant qu’à l’homme et qui est la faim de la découverte. Dans les autres classes, on leur apprenait sans doute beaucoup de choses, mais un peu comme on gave les oies. On leur présentait une nourriture toute faite en les priant de vouloir bien l’avaler. Dans la classe de M. Germain , pour la première fois ils sentaient qu’ils existaient et qu’ils étaient l’objet de la plus haute considération: on les jugeait dignes de découvrir le monde. Et même leur maître ne se vouait pas seulement à leur apprendre ce qu’il était payé pour leur enseigner, il les accueillait avec simplicité dans sa vie personnelle, il la vivait avec eux, leur racontant son enfance et l’histoire d’enfants qu’il avait connus, leur exposait ses points de vue, non point ses idées, car il était par exemple anticlérical comme beaucoup de ses confrères et n’avait jamais en classe un seul mot contre la religion, ni contre rien de ce qui pouvait être l’objet d’un choix ou d’une conviction, mais il n’en condamnait qu’avec plus de force ce qui ne souffrait pas de discussion, le vol, la délation, l’indélicatesse, la malpropreté (…)

    D’autres extraits:




    L’école en poésies

    4 09 2009

    L ‘ÉCOLE

    Dans notre ville, il y a
    Des tours, des maisons par milliers,
    Du béton, des blocs, des quartiers,
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
    Tout bas.

    Dans mon quartier, il y a
    Des boulevards, des avenues,
    Des places, des ronds-points, des rues,
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
    Tout bas.

    Dans notre rue, il y a
    Des autos, des gens qui s’affolent,
    Un grand magasin, une école,
    Et puis mon cœur, mon cœur qui bat,
    Tout bas.

    Dans cette école, il y a
    Des oiseaux chantant tout le jour
    Dans les marronniers de la cour.
    Mon cœur, mon cœur, mon cœur qui bat
    Est là.

    Jacques CHARPENTREAU (1928-…)

    LE CARTABLE RÊVEUR

    Pendant que tu étais
    Sur la plage, cet été,
    Ou bien dans la forêt,
    As tu imaginé
    Que ton cartable rêvait ?
    Il rêvait d’avaler
    Des crayons, des cahiers,
    Puis d’aller comme on vole,
    Sur le chemin de l’école.

    Carl NORAC (1960 – … )

    LITANIE DES ÉCOLIERS

    Saint-Anatole,
    Que légers soient les jours d’école !
    Saint Amalfait,
    Ah ! Que nos devoirs soient bien faits !

    Sainte Cordule,
    N’oubliez ni point ni virgule.
    Saint Nicodème,
    Donnez-nous la clef des problèmes

    Sainte Tirelire,
    Que Grammaire nous fasse rire !
    Saint-Siméon,
    Allongez les récréations !

    Saint Espongien,
    Effacez tous les mauvais points.
    Sainte Clémence,
    Que viennent vite les vacances !
    Sainte Marie,
    Faites qu’elles soient infinies !

    Maurice CARÊME (1899 – 1978)

    MON ÉCOLE

    Mon école est pleine d’images,
    Pleine de fleurs et d’animaux,
    Mon école est pleine de mots
    Que l’on voit s’échapper des pages,
    Pleine d’avions, de paysages,
    De trains qui glissent tout là-bas
    Où nous attendent les visages
    Des amis qu’on ne connaît pas.

    Mon école est pleine de lettres,
    Pleine de chiffres qui s’en vont
    Grimper du plancher au plafond
    Puis s’envolent par les fenêtres,
    Pleine de jacinthes, d’œillets,
    Pleine de haricots qu’on sème ;
    Ils fleurissent chaque semaine
    Dans un pot et dans nos cahiers.

    Ma classe est pleine de problèmes
    Gentils ou coquins quelquefois,
    De chansons, de poèmes,
    Dont on aime la jolie voix
    Pleine de contes et de rêves,
    Blancs ou rouges, jaunes ou verts,
    De bateaux voguant sur la mer
    Quand une brise les soulève.

    Pierre GAMARRA (1919 – 2009)




    Des enfants « stressés »…

    2 05 2009

    C’est l’enquête du mois dernier proposée par le magazine Famille et éducation avec un petit encart spécial p 26 …on y parle d’un petit exercice que mes élèves ont très vite reconnu! « Maîtresse, on parle de nous dans le journal! »

    Pour illustrer ces propos, je vous propose une petite vidéo (une autre…fin d’année oblige, je vide mon stock!) tournée la veille de la rentrée 2008 avec l’équipe du Web pédagogique.

    http://www.dailymotion.com/video/x6kp63

    Quelques ouvrages sur ce sujet:

    1/ J’suis pas motivé, je fais exprès! Brigitte Prot, psychopédagogue, enseignante, formatrice  éd. Albin Michel, 2003.

    Ces enfants malades du stress. Gisèle George, Anne Carrière éd. 2002.

    2/ L’enfant et l’adolescent: un enjeu de société, une priorité du système de santé. Danièle Sommelet, rapport de mission Octobre 2006.

    3/ Phobie scolaire, comment aider les enfants et adolescents en mal d’école. Josette Lyon, 2008

    4/ Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur? Olivier Galland, sociologue. Armand Colin éd. 2009.

    Le site « Oser changer » nous donne quelques pistes

    Si vous avez d’autres conseils, d’autres lectures et des expériences à partager, n’hésitez pas à nous en faire part …juste là, dans la boîte à commentaires!




    Repenser la relation parents-enseignants

    10 03 2009

    A Paraître le 15 avril prochain!

    Mon tout premier livre!

    Oui, je sais… cela veut dire qu’il vous faudra attendre 1 mois…

    Mais quand on aime…l’attente fait partie du plaisir!

    Disponible dès à présent sur Amazon.fr

    Cette collection, dirigée par Gérard De Vecchi aborde les questions d’éducation de façon transversale ou bien par thème. Outre les nécessaires réflexions théoriques sur le sujet, vous trouverez également dans cet ouvrage des pistes pratiques et des outils concrets. En marge du texte, des remarques guident l’utilisateur pour se repérer facilement. De plus, le niveau d’adaptation au cycle de l’école ou du collège est toujours précisé.


    Par d’autres auteurs et déjà parus dans la même collection « Un projet pour… »

    Philosopher à l’école

    Favoriser la relation maître-élèves

    Enseigner le travail de groupe

    Éduquer à la citoyenneté

    Faire vivre des démarches expérimentales

    Articuler production d’écrit et grammaire

    Enseigner par situations-problèmes

    Traiter les programmes avec plus de sérénité

    Rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages

    Mettre les TICE eu service des apprentissages

    Travailler l’image et les médias

    Éduquer au développement durable

    Aborder « le socle commun de connaissances et de compétences »

    Enseigner intelligemment l’orthographe

    Enseigner le calcul mental

    Une collection colorée, vivante, et pratique dont chaque ouvrage fait une petite centaine de pages. Lisible en une soirée!

    Plus qu’une collection, un état d’esprit…

    J’ai pour ma part eu beaucoup de plaisir à travailler avec Gérard De Vecchi.

    Merci Gérard!




    Paroles, paroles…

    12 02 2009

    En salle de cours, niveau Lycée: (1)

     » On va étudier Candide de Voltaire M’sieur? Et il va falloir le lire??

    – Oui, à moins que tu ne le trouves en album à colorier chez ton libraire. »

     » Je vous rends vos commentaires de texte. Un conseil pour la prochaine fois: évitez les citations de Mylène Farmer, Platon n’a pas pu la connaître. »

     » Je vous souhaite d’être plus habiles dans vos relations amoureuses, parce que dans vos dissertations, vous avez du mal à conclure! »

    En salle de classe, niveau Collège:

     » Lundi prochain, photo de classe. Surtout ne vous entraînez pas à sourire pendant le week-end, faut qu’on vous reconnaisse! »

     » On va faire une expérience physique inédite: mettez-vous bien droit au fond de votre chaise, les bras détendus le long du corps. Serrez fortement votre mâchoire inférieure contre votre mâchoire supérieure…Vous entendez? C’est formidable, vous avez tous réussi à vous taire pendant trente secondes! »

    Dans les cahiers de liaisons, niveau maternelle:

     » N’a jamais ses crayons, n’a jamais son goûter, n’a jamais son tablier, mais a des circonstances atténuantes: n’a jamais son cartable! »

     » Vient en cours un jour sur deux. N’a rien compris aux nouveaux rythmes scolaires. »

    Entre les lignes, niveau CM (2)

    Sujet 1: Vous passez l’après-midi avec votre grand-mère. Racontez.

    « Devoir correctement rédigé malgré quelques oublis de ponctuation, quelques répétitions et l’emploi de termes trop vagues. Il faut agrandir ton champ lexical sans lequel les confusions sont multiples. Mais surtout, et c’est le plus grave, tu es hors sujet puisque tu n’as pas passé l’après-midi avec ta grand-mère! Je suis obligée de baisser ta note de 4 points. Tu lui diras que c’est de sa faute, elle n’avait qu’à arriver à l’heure! »

    Sujet 2: Vous partez faire le tour du monde. Imaginez.

     » Hector! je n’aurai qu’une question: quand redescendras-tu sur Terre!? »

    D’après deux ouvrages reçus cette année en guise de cadeaux de Noël…Faut-il y voir un message déguisé?

    (1) Extraits de Vache de profs! Jean Noël LEBLANC, Ed. Horay

    (2) Extraits de Qui a piqué les contrôles de français? Nicolas de HIRSCHING et Fanny JOLY, Ed. Casterman




    Rythmes scolaires

    5 02 2009

    1 pas en avant, deux pas en arrière

    Trois pas sur l’côté

    Trois pas d’l’aut’ côté…

    C’est la nouvelle rengaine à la mode, à la mode!

    Et oui, in fine, la semaine de 4 jours…c’est pô top..

    Les enfants sont fatigués?…ben oui, fallait s’y attendre…

    Tous en parlent:

    Les parents

    Le ministre

    Alors on fait marche arrière…et on réintègre ici et là le mercredi matin?

    Ben non! justement, c’est le moment de présenter une vraie réforme du temps scolaire!

    Réduire la journée scolaire, mieux répartir le temps de classe sur la semaine, rééquilibrer sur l’année les périodes de congés…

    Suggestions:

    – sur 5 jours mais avec une journée moins lourde?

    9H-15H les L/M/J/V

    mercredi 9H 12H

    – un temps de déjeuner moins long?

    1 heure avec possibilité de panier repas pour les non demi-pensionnaires?

    – des ateliers périscolaires au sein ou hors des établissements à partir de 8h et après 15H ainsi que le mercredi après midi et le samedi matin?

    sport, arts, théâtre, parcours personnalisés

    – des temps de vacances réorganisés?

    6 semaines l’été et un découpage annuel réaménagé…

    – et bien d’autres possibilités à envisager, à décliner…

    Bon, pour ceux qui fréquentent ce blog depuis une petite année, vous aurez remarqué que je ne suis pas très copine avec les chiffres… La comptabilité des heures ou des annuités, ce n’est pas vraiment mon fort et je laisse volontiers ce décompte subtil, légitime, rigoureux et indispensable à d’autres experts budgétaires incontournables. Ce petit panorama n’est qu’un cadre général. De nombreux spécialistes se sont penchés sur cette question car elle demeure centrale à toute proposition de réforme, à partir du moment où l’on parle de vraie réforme. Une réforme qui servirait avant toute chose les intérêts de l’enfant. (Et oui, c’est mon job que voulez-vous, je suis indécrottable…) Une réforme qui aurait pour principale finalité de replacer l’enfant dans un espace temps conçu avant tout pour lui.

    Alors inévitablement, ça déplaira à d’autres! Bien sûr et je le comprends, mais notre petit confort d’adulte ne passe-t-il pas juste après les besoins fondamentaux pour ne pas dire vitaux des enfants? C’est en terme de besoins essentiels qu’il faut réfléchir et agir non en terme de privilèges, de confort, d’habitudes, de réalités économiques qui ne sont en fin de compte réelles que parce qu’on les a crée parfois -souvent- artificiellement.

    Le besoin, lui, est inné, qu’il soit d’ordre psychologique, physiologique, biologique.

    Ne pas respecter ces besoins spécifiques, c’est nier la personne de l’enfant et maltraiter l’adulte qu’il deviendra…

    Maintenant il est vrai, pour que tout cela soit possible, une répartition des tâches entre tous les acteurs de la petite enfance est nécessaire: institution scolaire évidemment mais également, services municipaux, collectivités locales, associations de quartiers, les parents, etc

    Bon, maintenant je vais vite me cacher…avant de me faire luncher!

    Non d’ailleurs, je ne vais pas me cacher, j’attends plutôt vos réactions, vos contributions, vos propositions, vos réflexions, vos expériences dans ce domaine. Peut-être avez-vous déjà expérimenté ici ou à l’étranger différentes situations qui peuvent favoriser l’élaboration d’un projet concerté?

    Pour en savoir, voici quelques lectures sur un sujet de société:

    Un collectif de scientifiques: Etudes Inserm

    Un rappel des cas possibles et le témoigage d’une directrice de Maternelle

    Un regard de l’OCDE sur ce qui ce fait ailleurs

    Ce qu’en Hubert Montagner, spécialiste en la matière

    L’avis du Professeur François Testu

    Une désynchronisation risquée annonce le Pr Yvan Touitou

     




    Salle des profs, un jour de « rave » générale!

    2 02 2009

    Etre heureux à l’école, c’est possible!

    La preuve en est dans cette vidéo tournée façon caméra cachée…

    Ben quoi, on a bien le droit de « raver », nous les profs…Le rêve minimum dont on puisse user sans modération, c’est le droit au bonheur. C’est bête à dire, mais pas si facile à obtenir. Il faut de l’entraînement, de la coopération et beaucoup de solidarité!

    Allez, aujourd’hui, « ravons » ensemble! Nous ne savons pas de quoi demain sera fait? Et bien profitons d’aujourd’hui!

    http://www.dailymotion.com/video/x5h2op

    Une vidéo dénichée via le blog de Bruno Sentier, sur celui d’Anthony Lozac’h Le Spoutnik illustré

    A découvrir d’urgence!




    Micro trottoir…

    29 01 2009

    – Bon, et ta fille alors, elle a classe ou pas?

    – Non, enfin je sais pas, j’verrai bien.

    – Mon fils lui ira au collège en trottinette, il a une heure de cours ce matin, et puis une autre l’après-midi. Pas de service de cantine mais je lui prépare un sandwich.

    – L’école de ma fille? Pas de problème, elle est dans le privé.

    – Et alors? C’est pas une histoire de privé pas privé! ça concerne tout le monde!

    – C’est vrai à l’école Saint Martin, certains font grève d’autres pas, mais tous ont signé une lettre de solidarité et de soutien à ce grand mouvement.

    – C’est bizarre ça, soit on soutient, soit on soutient pas. La demi-mesure c’est du 100% bidon.

    – Oui t’as raison, enfin non, bon, c’est pas si simple, à leur place, honnêtement, je ne sais pas ce que je ferai.

    – Pour nous, c’est différent, l’école est ouverte mais y’a pas de ramassage scolaire. Donc, pas de moyen pour les y envoyer!

    – Moi, j’ai pris ma journée comme ça, je gère au coup par coup.

    – Prendre ma journée, tiens, je vais expliquer ça à mon boss, y va en faire une tronche!

    – Je pensais aller au bureau en « vélib » mais finalement tous les bus et les métros circulent, c’est bizarre !

    – Au fait, tu connais les raisons de cette grève? On entend tellement de trucs et tout le monde s’en mêle!

    – Les enseignants nous ont expliqué vaguement. Mais tu sais, y a qu’à lire les infos, c’est vraiment pas folichon ce qui se prépare dans l’éducation.

    – Oui, enfin, les profs, ils défendent l’éducation ou l’Education Nationale?

    – C’est quoi cette question?

    – Tu sais les syndicats, le pouvoir, les réformes, le contre-pouvoir, finalement rien ne bouge quoi!

    – En tous cas, aujourd’hui, il fait un froid de canard! Allez à plus, je rejoins le cortège, après tout, papa, prof ou pas, je me sens concerné!

    – C’est vrai ça, on se gèle! Bon, ben bonne manif’, moi, j’vais bosser, tu me raconteras?!

    -….




    Petit dîner en ville

    22 01 2009

    Entre carnet intime, témoignage et droit de réponse, voilà il y a une semaine, ce que j’écrivais à l’un de mes cousins, suite à un tranquille petit dîner entre amis. Pourquoi aujourd’hui rendre publique une discussion d’ordre privé? Parce qu’elle est révélatrice d’une tension générale, parce qu’elle reflète l’ambiance délétère qui règne, parce qu’elle traduit les méfaits d’une campagne de maltraitance envers le monde enseignant mais plus grave encore, parce qu’elle diffuse une image méprisante de l’école et porte atteinte à la sérénité dont nos élèves, petits et grands, ont plus que jamais besoin pour apprendre, pour prendre confiance et faire leurs premiers pas.

    Salut cousin !

    La nuit étant passée…et les problèmes de connexion enfin résolus, je vais essayer de répondre calmement. La violence de tes propos d’hier m’a laissée muette, et même si la provocation et les effets de manche font partie du piquant d’une bonne discussion entre amis j’avoue m’être sentie un peu agressée. En disant, « vous » à chacune de tes nombreuses condamnations, tu jettes le bébé avec l’eau du bain et tu participes ainsi à la diffusion malsaine d’un amalgame un peu trop facile entre les réels problèmes d’un système (que personne ne nie) et les compétences particulières de chacun de ses éléments, à savoir un grand nombre de profs (la majorité sans doute) dévoués et acharnés dans leur tache. Surprise par l’envolée subite et sans appel de ton réquisitoire, je n’ai pas su trouver les mots justes et j’ai préféré me taire. Lâcheté de ma part car par mon silence je me suis rendue coupable à la fois de complicité en diffamation et de trahison. Il était tard, la journée de classe était passée et il est vrai, je n’ai ni les talents oratoires d’un avocat, ni l’habileté rhétorique d’un procureur général. A chacun selon ses compétences…Alors ce matin, je souhaite, si tu me le permets, réagir à certaines de tes accusations et les mettre en ligne, tant elles sont le miroir du climat dans lequel nous vivons quotidiennement.

    En vrac…

    Lorsque tu dis « vous vous engraissez sur le dos des élèves et des contribuables » j’ai bien envie de te répondre que ce n’est vraisemblablement pas le surpoids qui guette les enseignants mais plutôt la famine et la mendicité. C’est d’ailleurs certainement cette dernière qui pousse autant d’enseignants dans la rue. Ils mendient un peu de reconnaissance, de respect et de beurre dans les pâtes, les haricots étant denrées de luxe. Travailleurs pauvres, oui, voilà ce que nous sommes devenus.

    Lorsque tu dis « vous êtes responsables de la faillite des jeunes générations », je t’expliquerais bien volontiers que dès la maternelle, notre grand malheur est de découvrir AVANT tout le monde et donc de révéler au grand jour les vices cachés d’une société de surconsommation, de caprice et de gavage télévisuel, qui, en amont, fabrique et dérègle les comportements des tout petits qui nous arrivent et que nous tentons tant bien que mal d’insérer dans un projet d’éducation et d’enseignement. Si cela fonctionne, la famille s’enorgueillit des résultats de sa progéniture ; si cela échoue, la faute en revient évidemment à l’école, à la fois responsable et coupable de n’avoir pas redressé la barre !

    Lorsque tu dis plus loin « vous êtes fossilisés, accrochés à vos acquis et à vos privilèges », là c’est moi qui te demande…de quels acquis parles-tu ? De quels privilèges ? Celui, par exemple, de s’en prendre plein la tronche à longueur de temps par les parents, les médias, les politiques et les ignorants, en passant par les copains et les tendres cousins? Celui de regarder les autres partir en vacances en s’offrant, une fois tous les deux ans, une semaine de paradis au camping des flots bleus (un enseignant étant très souvent en couple avec un autre enseignant) ? Celui de manger des salsifis à la cantine chaque jour de l’année dans le bruit incessant d’un réfectoire surchargé ? Celui de se retrouver coincé entre deux portes de classe, à choisir entre les coups de fouet à donner ou les coups de couteaux à recevoir ?

    Lorsque tu dis encore « vous n’êtes que des fonctionnaires, des petits soldats et vous n’avez qu’à obéir docilement aux ordres en baissant les yeux », tu me rappelles avec effroi les pires atrocités que l’excès de zèle a produit et continue malheureusement de produire ! Cher cousin, si la maîtresse de ton fils appliquait à la lettre le programme ou les injonctions médiatiques venues « d’en haut », je peux te garantir qu’il serait loin d’être l’élève et l’enfant qu’il est aujourd’hui. Petit détail, pour éclairer le grand juriste que tu es, les programmes n’ont pas valeur de loi. Ils n’ont aucun caractère obligatoire. Le dernier texte de loi relatif à l’école que l’enseignant DOIT respecter et appliquer date de 2005. C’est celui du socle commun de connaissances et de compétences que je t’invite à découvrir, à lire, à décrypter, à comprendre…tu le trouveras facilement sur internet.

    Lorsque toujours tu dis « vous êtes à l’origine des résultats déplorables de l’école et du lamentable classement mondial des universités »…tu omets plusieurs choses. D’une part, mentionner un fait non négligeable : le chômage (et aujourd’hui la crise), accompagné du démantèlement croissant des familles, a traversé et bouleversé la société. L’école étant le réceptacle de l’humanité, elle porte en elle un dérèglement dont on ne peut honnêtement la rendre responsable! D’autre part, tu oublies de prendre en compte les particularités de la composition socioculturelle et donc scolaire des enfants de nos écoles, qui n’ont rien à voir, par exemple, avec ceux de la population scolaire scandinave, pour reprendre un exemple maintes fois cité dans les médias ces derniers temps. Là-bas, moins d’effectif, pas ou peu d’immigration, une société égalitaire, un niveau de vie plus élevé, un enseignement basé avant tout sur la langue orale et non sur l’écrit…Tu vois bien que si les raccourcis sont parfois tentants, il est difficile de comparer l’incomparable, même s’il est utile d’observer ce qui se passe ailleurs ! Je t’apprendrai par exemple qu’un enfant finlandais n’entendra pas avant l’âge de ses douze ans cette petite phrase que nos enfants entendent chaque jour dès leur retour à la maison: » Tu as eu de bonnes notes aujourd’hui à l’école? »

    Lorsqu’enfin tu dis « vous êtes l’état dans l’état, vous bloquez tout un pays en réclamant toujours plus alors que le budget de l’éducation nationale est le premier budget de l’état », je pourrais te rétorquer, avec une pointe de provocation et de malice, qu’il est légitime qu’une nation démocratique digne de ce qualificatif se préoccupe en tout premier lieu de ses enfants et de son futur plutôt que de collectionner sous-marins, montres bling-bling ou autres portefeuilles d’actions. Mais je ne tomberai pas dans la caricature du propos ; je te confierai avec sincérité que les premiers à faire les frais avec douleur de la lourdeur du système archaïque dont tu parles, de cet état dans l’état, ce sont ces mêmes enseignants que tu qualifies de fossilisés et qui chaque jour se rendent sur le terrain, œuvrent avec acharnement, seuls dans leur classe, seuls face à toutes ces demandes suppliantes, seuls face à la société qui part en vrille , seuls face au temps qui file alors que les apprentissages, eux, nécessitent du temps, seuls…oui, très seuls…Alors c’est vrai, on a appris à se défendre pour défendre nos valeurs éducatives ; on s’est mobilisé non pas « contre », mais « pour ». Pour nos élèves, pour leurs familles, pour la connaissance, pour la démocratie, pour le partage, pour…

    ….Nous ne sommes pas contre l’excellence, contre la réussite, contre l’économie de marché, contre la société moderne, contre le mouvement. Nous ne sommes pas contre tout cela, mais nous sommes pour un juste équilibre et pour la prise en compte de celui de l’enfant, de l’élève, de tous les élèves…Malheureusement, chahuté par les excès et les ruptures de la vie, cet équilibre est si rarement tangible, si rarement respecté qu’il est nécessaire, vital de trouver un bouc émissaire pour se dédouaner et décharger sa colère…L’école et donc les profs ! Alors oui, nous avons développé une certaine forme de solidarité professionnelle que tu appelleras sans doute corporatisme mais qui en réalité reflète le désarroi dans lequel nous nous trouvons. Désarroi d’autant plus implacable quand on aime profondément son métier et qu’il nous est impossible d’en changer.

    Cher cousin, je ne puis, malgré toutes tes condamnations arbitraires, t’en vouloir de parler ainsi car je t’accorde bien volontiers les circonstances atténuantes dues à la forte désinformation et à la manipulation généralisée des idées qui gravitent autour de l’école, des élèves, des profs. Aussi, dans la grande clémence qui est la mienne, je t’accorde un sursis : viens de temps en temps, mais le plus régulièrement possible, lire mes chroniques « bleu primaire » et faire un petit stage de réadaptation scolaire. Même si nous ne partageons pas les mêmes idées, tu y apprendras beaucoup sur la réalité du métier! Car enfin il est une chose remarquable : contrairement à TOUS les autres métiers du monde, n’importe quel individu, sous prétexte qu’il a des enfants scolarisés ou qu’il est allé lui-même à l’école se permet de donner des leçons de professionnalisme aux professionnels concernés! Dis-moi un peu, les victimes, les témoins, les condamnés, les jurés, les journalistes, sous prétexte qu’ils ont assisté à un ou plusieurs procès, sont-ils en mesure de te donner des cours de droit civil ou pénal ? Tolèrerais-tu un tel abus d’autorité ? Et bien vois-tu, enseigner est un métier, un véritable métier. Un métier particulier, je te l’accorde, mais un métier. Et les enseignants sont des professionnels de l’enseignement, pas des répétiteurs, ni des programmateurs, ni des transmetteurs…DES PROFESSIONNELS.

    Pour conclure, et avec toute ma tendresse, je t’affirme que ne suis pas fâchée contre toi ; je suis en colère qu’un homme comme toi puisse colporter des propos aussi vifs et droit sortis de coupures de journaux d’une seule et même presse. Un peu de recul cousin et de pondération et je serais alors, dans la mesure de mes capacités et fort modestement, tout à fait disposée à discuter avec toi des nombreux problèmes présents, réels et récurrents du système éducatif à la française, en prenant cependant garde de ne pas céder aux idées simplistes et aux raccourcis médiatiques. Encore une fois ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

    Affection,

    Tianette

    Voilà. Confidence pour confidence, oui, c’est fatigant d’avoir sans cesse à se justifier et d’être toujours dans la position du coupable. Mais une chose est certaine, une fois dans la classe, une fois ce petit monde rassemblé, oui, une fois que chacun est là et que le cours des apprentissages reprend son fil, je peux vous garantir que maîtresse d’école reste le plus beau métier du monde! Et moi, j’ai ce privilège là! Na na na nère!




    Sur le chemin de l’école…

    29 11 2008

    Hier après-midi, grand moment de doute. Voilà trois semaines que j’ai quitté la classe. Trois semaines seulement? Trois semaines déjà…Et pourtant à l’heure du retour, sur le chemin de l’école, je sens comme un doute m’envahir. Difficile à expliquer. Trois semaines de réflexion, de réactualisation de mes connaissances, de mise en projet, d’échanges d’adulte à adulte…et voilà, dans quelques minutes, la porte va s’ouvrir et la réalité du terrain va me saisir, m’engloutir. Je ne veux pas retourner à la case départ. Trois semaines de grand large, c’est comme un long voyage. Mais, et eux? Vers quels horizons ont-ils navigué?

    Il est 14h30. Personne sur le trottoir. Ouf. Je respire une grande bouffée d’air vif, il fait un froid d’hiver aujourd’hui…Je sonne…

    Patchwork de cris dans la cour, blessés de guerre dans le couloir, escaliers qui débordent, c’est l’heure de la récré…Voilà, tout est là, tous sont là, et moi aussi!

                                                     




    Quelle école pour mes enfants?

    16 10 2008

    DARCOS et la Maternelle. Zéro de conduite !

    1/ Des propos mensongers

    2/Des préannonces déguisées

    3/ Un mépris scandaleux

    1/ Notre Ministre n’est pas un ignorant.

    Il connaît le métier.

    Il sait parfaitement qu’on accepte les très jeunes enfants, à l’école maternelle, uniquement sous réserve d’être propres.

    Point de couche donc, en toute petite section, contrairement à la crèche.

    Alors pourquoi cette provocation?

    Juste pour provoquer ? Pas seulement…

    Nous somme ici face à une forme de discours très stratégique en politique: couvrir un mensonge par une réalité…et hop ! L’opinion, docile et non avertie, finira par se laisser bercer et berner :

    C’est vrai, finalement, payer des changeurs de couches à surveiller la sieste, vraiment pas besoin d’être diplômé pour cela !

    Car oui, les petits se reposent après le déjeuner. Oui, l’école respecte encore ses rythmes biologiques essentiels.

    « Pipi, caca, dodo » ça fait partie de la vie Monsieur le Ministre ! Un peu d’honnêteté, s’il vous plaît…

    Entre nous, vous ne vous sentez pas plus disposé au travail après un petit instant de récupération, porte du bureau fermée et paupières abaissées ?

    Un petit tour aux « wawas » avant de prononcer un discours, cela ne vous soulage-t-il pas?

    Le repos, c’est essentiel, c’est même un droit légitime, tout comme l’envie d’uriner et le passage aux toilettes, avec ou sans « petit train » !

    Ces deux droits sont tout aussi fondamentaux que ceux d’apprendre que « b et a font ba »  ou « 1+1=2 » !

    Nos enfants se lèvent tôt, sont accueillis dans un cadre différent de celui de la maison. Leurs repères familiers sont brouillés. Ils apprennent d’autres codes.

    Là est l’enjeu majeur de l’Ecole maternelle. L’enfant entre à la petite Ecole mais comprend vite qu’il intègre ainsi, peu à peu sa longue aventure sociale, culturelle, intellectuelle.

    Dans la cour, il voit les grands. Sur le trottoir le matin et le soir, il voit les « encore » plus grands. Oui, ça y est, il fait partie de la grande ronde des humains. C’est important, non ?

    Et c’est en maternelle, durant cette  Ecole Premièresi justement renommée par Philippe Meirieu, que le jeune enfant revêt tranquillement son costume d’écolier. Il a deux ou trois  ans pour habiter ce rôle que la société a choisi pour lui. Et ce n’est pas n’importe quel rôle, le bâcler ferait de lui un « non-conforme »,  tout prêt à errer de stage de remise à niveau en heure de soutien…

    2/ Alors pourquoi lancer cette polémique, quelles préannonces déguisées sous ces propos ?

    Petit exercice d’anticipation, mais si réaliste qu’il en devient quasi réel…

    – 1ère étape: rendre l’école obligatoire à partir de 5 ans.

    Voyez, nous effectuons un grand pas pour pallier les inégalités, nous donnons un an de formation de plus aux enfants de notre pays! Mais un an de qualité !

    – 2ème palier: supprimer peu à peu les petites et moyennes sections.

    L’Education nationale ne peut garantir de budgets pour ce qui ne relève pas de sa mission…et la petite enfance ne nous regarde plus!

    – Suite logique et prévisible: renvoyer aux parents, aux collectivités locales, aux financements privés, la prise en charge des enfants jusqu’à l’entrée en Grande section.

    Cela se fait dans d’autres pays, alors pourquoi pas chez nous ?

    – Dernière marche: entériner l’inadaptation de la formation des enseignants.

    L’école n’est plus ce qu’elle était, il faut supprimer la formation telle qu’elle existe pour la rendre plus performante et réaliste. Nos élèves méritent mieux!

    3/ Voilà l’habile manipulation, à laquelle il faut malheureusement ajouter une dernière dimension, la plus inacceptable de la part d’un Ministre de l’Education nationale : le mépris.

    Mépris pour le travail incommensurable et méconnu des enseignants de Maternelle.

    D’un point de vue pédagogique et humain, il n’y a pas de plus grande responsabilité que celle d’enseigner en Maternelle. Et c’est bien ce qui la différencie des autres structures collectives. C’est une Ecole.

    Les enfants y apprennent car les maîtres sont formés pour cela. L’enseignant construit tout au long de l’année des projets spécifiques qui permettent à l’enfant de grandir physiquement, psychiquement, intellectuellement, personnellement, collectivement. Il met en place des ateliers, des progressions, des évaluations qu’il régule en fonction des apprentissages attendus et des enfants qui lui sont confiés.

    Alors, lorsque ces compétences professionnelles sont réduites à l’image mentale d’une couche qui déborde, on comprend mieux pourquoi ces mêmes enseignants, poussés jusqu‘aux limites de l’inacceptable, sortent dans la rue, crient et réclament le minimum vital, la reconnaissance de leur METIER et de leur professionnalisme.

    Mépris vis-à-vis des efforts consentis et des acquisitions effectuées par les élèves les deux premières années de scolarisation.

    Regarde papa le beau tableau que j’ai peindu, t’as vu mon cravail comme il est dur, écoute maman la poésie que ze te chante, venez tous les deux au  pestacle de Noël.

    Bien sûr, le langage se construit, évidemment les apprentissages n’en sont qu’à leurs débuts.

    Mais à ces âges, TOUT est apprentissage, du tout petit geste quotidien à la moindre situation nouvelle. Imaginons, adultes que nous sommes devenus, repartir de là…Nous aurions TOUT à réapprendre…Alors, décréter que ces années d’Ecole ne comptent pas…C’est un peu dire à nos enfants « Pauvres de vous, depuis trois ans, vous n’avez rien fait, rien appris, vous êtes restés des bébés, reprenez vos tétines et vos doudous et rentrez chez vous ! »

    Mépris enfin vis-à-vis des familles qui pour certaines d’entre elles n’ont aujourd’hui pas d’autres moyens d’insertion que cette Ecole. Que vont-ils devenir tous ces enfants, coupés du lien social et culturel que représente l’Ecole maternelle ? Des oubliés, des retranchés, des marginaux, des laisser pour compte, des parasites. Mais bon sang, ce sont des enfants. Ce sont nos enfants ! Quel parent, quel éducateur honnête peut se détourner de ce devoir d’accompagnement éducatif et humain que notre Ecole Maternelle française doit préserver à tout prix !

    Pour ma part, je ne veux éduquer mes enfants ni faire classe à mes élèves dans une société ou une école qui relèguerait à l’arrière plan cette dimension primaire, existentielle et fondamentale qu’est l’humanité.

    Parents que nous sommes, ne nous endormons pas !

    L’Ecole, leurs maîtres et leurs professeurs ont besoin de notre soutien ferme et proactif !

    Une maman d’élèves inquiète.

    Une maîtresse d’école concernée.

    Article paru dans la magazine parental Côté Mômes

    C’est pourquoi dimanche 19 octobre j’irai Place d’Italie. J’irai parce que je suis une maman concernée. Oui, j’irai défendre une école digne. J’irai exprimer ma solidarité à ces enseignants qui jour après jour, année après année partagent le quotidien de mes enfants. J’irai marcher à leurs côtés. Dimanche, c’est un beau jour pour manifester.

    L’itinéraire et les infos ici