L’enfant et son éducation, 3ème édition des journées scientifiques de l’Université de Nantes

24 08 2011

En guise de pré-rentrée, je souhaitais partager avec vous le contenu d’une table ronde…

Une table ronde, animée  par David Pouilloux, rédacteur en chef de Nantes Métropole, a conclu la 3e édition des Journées Scientifiques de l’Université de Nantes. Les deux conférenciers invités – Roger LÉCUYER et Agnès VAN ZANTEN – Jean-Christophe ROZÉ, chef du service de médecine néonatale au CHU de Nantes, Catherine CHOQUET, adjointe au Maire de Nantes en charge de la petite enfance, de la santé et des personnes handicapées et Agnès FLORIN, professeur en psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes ont ainsi pu répondre aux questions du public sur le thème de l’enfant.

Source web: les journées scientifiques de l’université de Nantes

Après écoute du lien audio (joint ci-dessous), voici déclinés, en guise de sommaire, les différents sujets évoqués lors du débat qui a fait suite à l’exposé des chercheurs, entre le public présent à ses journées scientifiques et les conférenciers en charge de la diffusion de leurs savoirs.

1. sur l’accompagnement scolaire:

  • le développement de collectifs de parents dans le domaine de l’accompagnement scolaire
  • le rôle de l’activité citoyenne et de la mise en réseau des inter-connaissances via le tissus social et environnemental
  • le dialogue entre les familles, l’école et les différentes institutions partenaires
  • la  question de la stabilité des équipes d’établissement

2. sur la fatigabilité du jeune enfant:

  • l’appétence innée du jeune enfant pour le savoir
  • les effets de la compétition scolaire et de la sur-stimulation
  • la nécessité d’identifier et de respecter les signaux d’auto-régulation, par le très jeune enfant lui-même, de sa capacité d’engagement attentionnel
  • les vertus de l’ennui et l’importance de l’imagination dans le développement cognitif de l’enfant

3. sur le lien entre le travail des chercheurs et les mises en pratiques sur le terrain:

  • le regard porté sur l’enfant semble avoir sensiblement évolué dans le domaine médical depuis 2 décennies
  • certaines contingences budgétaires et politiques rendent difficile le transfert sur le terrain des conclusions des chercheurs
  • le rôle et la position des médias dans la diffusion des rapports et des enquêtes des chercheurs
  • la quasi absence de connexion entre le domaine de la recherche et celui de la formation initiale et continue des professionnels de l’enfance

4. sur la méthodologie employée par les chercheurs auprès des très jeunes enfants:

  • l’observation des réactions faciales de l’enfant face aux stimuli extérieurs
  • la durée de fixation du bébé sur l’objet interrogé

5. sur la question du repérage du potentiel des enfants et de leur accompagnement scolaire:

  • la nécessité de prendre en compte l’évolution du contexte de scolarisation
  • la problématique de l’orientation dans un système de massification de l’enseignement
  • le défi de la double prise en compte de la massification de l’enseignement et de la personnalisation des parcours
  • l’importance d’apprendre de l’expérience d’autres systèmes éducatifs
  • l’impact de l’expérimentation de certains enseignants mettant en place des pratiques innovantes

6. sur la mixité sociale:

  • l’enjeu des politiques locales et sociales
  • la nécessité d’une cohérence sur le long terme pour lutter contre le concept de l’entre-soi
  • la question des responsabilités collectives et individuelles
  • la problématique des reproductions sociales

7. sur la responsabilité éthique du chercheur:

  • les effets pervers d’une vulgarisation mal maîtrisée de la recherche et de son interprétation
  • le développement de la mise en place, par les familles, de stratégies d’évitement scolaire et social
  • les dérives de sur-investissement de certains parents et de certaines institutions scolaires
  • la nécessité d’une explicitation directe par les chercheurs eux-mêmes des résultats de leurs travaux
  • la responsabilité des médias dans le choix des sujets et leur présentation au grand public

8. sur la question des fonctions sociales de l’école:

  • la réalité de l’existence de la fonction sélective de certaines disciplines désignées comme royales
  • le renforcement de filières annexes purement instrumentalisées
  • les effets néfastes sur les jeunes d’une conception purement utilitariste des disciplines vues comme seuls éléments de sélection

9. sur l’évolution de la recherche dans le domaine de la psychologie de l’enfant:

  • la  découverte de la psychologie du nourrisson par Piaget en lien avec sa capacité à manipuler des objets qu’il voit
  • les nouvelles théories et les apports plus récents de la recherche en matière d’inné et d’acquis ont fait évoluer le concept de constructivisme
  • la théorie nativitse ainsi que la mise en lumière des apprentissages pré-nataux reposent la question de la place de l’activité perceptive dans l’apprentissage

10. sur l’appétence et le goût d’apprendre, la motivation et l’envie:

  • le décalage entre l’existence innée de l’envie d’apprendre chez le jeune enfant et sa perte progressive à l’école jusqu’à son effondrement au collège
  • la question de la valeur du savoir dans nos sociétés dites développées
  • les capacités extrêmes d’apprentissage chez le prématuré de 32/33 semaines
  • le concept de résignation apprise présente dès les premières années d’école en réponse à la nature normative de l’école
  • le manque de prise en compte des intelligences multiples à l’école française
  • le problème des décrocheurs visibles et des invisibles

En guise de conclusion;

  • la nécessité d’une mixité humaine, d’une mixité des activités et d’une mixité des savoirs
  • l’importance de la reconnaissance réciproque de chacun des professionnels des chercheurs, enseignants, éducateurs, etc.
  • les paradoxes d’une école qui valorise l’effort et qui sélectionne, en fin de parcours, les élèves en fonction de leurs capacités mises en réserve
  • la place de la personne dans le collectif et le rôle du collectif vis à vis de la personne

Il ne s’agit là, évidemment que d’une prise de notes, un compte-rendu personnel et forcément réducteur des différents points exprimés lors de cette table ronde; pour en approfondir le contenu, je ne peux que vous inviter à écouter dans son intégralité, sa retransmission audio. Excessivement intéressant!

Bonne rentrée!

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Parcours de formation ASH

9 07 2010

Une journée de travail comme on les aimerait toutes!

Journée bilan

Journée synthèse

Journée prospective

Journée ré-créative!

Journée consacrée aux Groupes de Travail Réflexif chargés de l‘accompagnement des enseignants en cours d’évolution professionnelle au sein du parcours de formation BEP ASH mis en place l’an passé par l’équipe de formateurs de lISP et destiné à se poursuivre l’an prochain.

Un parcours sur 2, 3 ou 4 ans, proposé à tous les enseignants désireux de travailler sur des postes spécialisés ou des dispositifs accueillants des publics en difficulté.

Une thématique loin d’être facile à aborder, un sujet délicat et un dispositif en cours d’expérimentation.

Le double objectif  de cette journée de mardi:

1/ établir un premier point-étape entre formateurs-associés venus, pour l’occasion, des 4 coins de France afin de témoigner des expériences vécues par chacun.

2/ rédiger une ébauche de charte d’accompagnateur GTR et d’accompagnateur Mémoire, des écrits professionnels étant demandé pour la validation de  chaque palier, 5 en tout.

Un double enjeu ambitieux donc pour cette journée de formation. Et je dois avouer qu’en fin d’année scolaire, les multiples talents et l’ingéniosité d’Isabelle Jacob, consultante et formatrice dans le domaine de la créativité, de l‘innovation et du management créatif depuis plus de plus de 20 ans, n’auront pas été de trop pour animer (voir ré-animer…) et susciter l’adhésion et la motivation de chacun.

Pas évident un 5 juillet…sauf si… les consignes et les modalités de travail laissent toute la place à..

la formation autant qu’à l’innovation

la réflexion autant qu’à l’émotion

au cadre autant qu’à la création

aux contraintes autant qu’à la liberté

Je n’ai pu m’empêcher en toute fin de journée de capter dans mon petit écran mobile les 6 textes co-rédigés par les 6 groupes dans les dernières 15 minutes de travail….

6 textes qui illustrent avec une pointe d’humour et une touche de poésie l’essentiel des propos et réflexions recueillis durant cette belle journée.

Journée de formation re-créative!

Merci Isabelle 😉


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Accompagner, aider, soutenir, servir…

1 07 2010

Dans le cadre de la mise en œuvre prochaine de la réforme des enseignants, nous serons amenés, dans nos établissements et en équipe à accompagner, accueillir, aider, soutenir, informer, conseiller nos jeunes collègues dans une logique de co-formation mutuelle et collective.

C’est une question de responsabilité collective et de solidarité professionnelle.

Pour cela il me semble indispensable de penser cet accompagnement comme un défi tout à la fois professionnel et humain, une occasion de nous fédérer les uns les autres autour d’un enjeu commun, celui de l’avenir de nos établissements scolaires et de leur développement futur.

Ce texte de Kierkegaard, philosophe danois, nous y invite avec prudence, avec pudeur, avec honnêteté, avec courage, de manière éthique et responsable.

 » Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis je dois le chercher là où il est et commencer là, justement là.

Celui qui ne sait pas faire cela se trompe lui-même quand il pense pouvoir aider les autres. Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui, mais d’abord comprendre ce qu’il comprend.

Si je n’y parviens pas, il ne sert à rien que je sois plus capable et plus savant que lui. Si je désire avant tout montrer ce que je sais, c’est parce que je suis orgueilleux et cherche à être admiré de l’autre plutôt que l’aider.

Tout soutien commence avec humilité devant celui que je veux accompagner; et c’est pourquoi je dois comprendre qu’aider n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre. »

Soren KIERKEGAARD (1813-1855)

Dans l’actualité éducative lire également:

La lettre à un tuteur ou accompagnateur par André de Peretti et François Muller parue ce matin sur le site du Café pédagogique

Les 12 clefs du tutorat, par Jacques NIMIER sur son excellent site Pédagopsy


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Du nomadisme en formation

17 06 2010

Envie, dans ce billet, de partager avec vous une face cachée de l’enseignant-formateur, celle de l’enseignant-nomade, enseignant explorateur, enseignant découvreur.

C’était hier. Ça se passait quelque part en France à 6h du matin.

Debout dès l’aube, ma lourde valise rouge à la main, je me suis rendue Gare du Nord à Paris, pour rejoindre le train du quai n°16 chargé de m’embarquer et de me déposer une heure plus tard à Gouvieux, près de Chantilly. Je ne connais pas Chantilly; j’ai le vague souvenir pourtant d’y être allée une fois, lorsque j’étais petite. Je monte dans le wagon. Vide. La fermeture des portes est annoncée. La machine se met en marche. Voilà, c’est parti. Insaisissables images brouillées de verdure et de clochers défilent par la fenêtre de ma mémoire. L’esprit humain est ainsi fait qu’il cherche partout un semblant de déjà vu, quelque chose à quoi se raccrocher pour faire face à l’inconnu. Ces fragments  de souvenirs d’enfance me rassurent. Je recrée du connu. Je retrouve un point d’appui émotionnel. Malgré cette appréhension chaque fois présente et prégnante, et peut-être même grâce à elle, j’aime bien ces départs matinaux et embrumés. Le jour se lève et une nouvelle aventure m’attend, totalement déconnectée de mon quotidien. Je pars à la rencontre de nouveaux territoires, de nouvelles histoires. Je ne sais pas grand chose de ce qui m’attend ni de qui m’attend mais je sais que je vais à cette rencontre.

Pénétrer l’univers inconnu d’un établissement scolaire c’est comme débarquer dans un livre, par un chapitre, une page, une ligne, un mot qui n’est pourtant ni le début ni la fin de l’histoire. Oui, on débarque. Certes, on frappe à la porte, on y a même été convié. Pour autant on ne connaît rien de l’histoire collective qui se joue ici. Chaque école porte en elle ses gloires, ses défaites, ses non-dits, ses tabous, ses joies, ses peines, ses espoirs, ses projets, ses rancunes. Oui, on débarque et comble d’orgueil et de naïveté, on fait pourtant ce pari totalement fou que sans connaître ni les personnages, ni le décors, ni l’intrigue, ni les ressorts profonds de cette histoire cachée entre les murs d’une école, il va se passer quelque chose dans cet intervalle de temps dérisoire d’une journée et qu’on va écrire ensemble un petit bout du grand livre dont on ne connaîtra jamais le dénouement…Oui, je vais à cette rencontre.

8h41.

Grande dame brune a rendez-vous sur le parking de la gare avec petite dame au cheveux grisonnants.

C’est le signe de reconnaissance. Grande dame brune avec valise rouge. Voilà, c’est ici. J’y suis. Maintenant tout va aller très vite. Les premiers signes échangés, les premiers regards, les premiers mots sont d’une importance capitale pour le reste de la journée. Il faut écouter. Il faut se concentrer. Il faut être entièrement là, présent à l’autre, aux autres, présent dans un lieu inconnu qu’il va falloir apprivoiser en temps réel.

9h

Il me reste une demi-heure avant l’arrivée du reste de l’équipe. Agir vite, posément et méthodiquement. Penser au matériel, à l’organisation spatiale, photographier la topologie des lieux pour se repérer et se donner l’impression que tout va bien, que tout est sous contrôle. Capter le maximum d’informations lisibles sur les visages, sur les murs des couloirs, sur les portes des classes et des bureaux. Sentir une atmosphère, en absorber l’essence vitale, entendre les cris des enfants dans la cour vide. S’imaginer et se voir enseignante dans cette école afin de créer, le plus vite possible et plus authentiquement possible un contact positif avec l’équipe.

Une équipe d’une quinzaine d’enseignantes que je découvre par intervalles irréguliers et qui a exprimé, suite à la récente visite d’un inspecteur, le besoin de travailler sur les questions de préparation de la classe, d’animation et de gestion du groupe ainsi que sur la prise en compte de l’hétérogénéité des profils d’élèves dans le domaine de la langue française. C’est mon unique connaissance du passé de cette équipe. C’est mon unique lien avec ces femmes que je ne connais pas. C’est la mission qui m’a été confiée. Une équipe en demande, en attente. Serais-je à la hauteur? L’impertinence de la question me renvoie à mes propres failles, mes propres questions.

9h25

Plus que quelques minutes avant le top départ. Je m’affaire encore à la photocopieuse. Ne rien oublier. Trier et agrafer dans le bon ordre. Se concentrer toujours tout en répondant aux aimables bonjours lancés par la porte. Il fait bon, l’air est doux. C’est un signal engageant Voilà, tout est prêt. Elles m’attendent. Je les entends discuter dans la classe d’à côté.

9h30

6 heures à vivre ensemble.

6 heures, c’est à la fois très précieux mais ce peut n’être également que poussière.

Hier ce fut précieux. Enfin, je parle pour moi.

Il est toujours très délicat pour le formateur de s’engager sur l’efficacité réelle et durable d’une intervention. On débarque avec sa valise, on repart avec sa valise. Et après? Cet après ne nous appartient pas.  C’est à eux, à elles, de le construire entre elles, avec leurs élèves et qui sait, avec les quelques pierres qu’on espère avoir apportées.

C’est quoi enseigner?

C’est quoi apprendre?

C’est quoi une activité d’apprentissage?

C’est quoi la différentiation?

Des questions complexes, d’ordre éthique et professionnel ont été abordées avec implication, sans détours, sans faux semblants et ont ainsi permis la mobilisation d’une compétence collective qui semble s’être mise en marche. La réflexion proposée et le travail entamé ont installé l’équipe dans une dimension de recherche et d’action commune et collective. Le groupe s’est saisi d’une problématique et l’authenticité des échanges et des prises de parole me laisse à penser et à croire que cette journée était une belle journée.

Une belle journée, ensoleillée, conviviale et constructive!

C’est ce que je me suis dit à 17h40 en m’asseyant dans le train qui me ramenait chez moi.

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Ethique et responsable

25 03 2010

La toute première des 10 compétences du référentiel de l’enseignant exprime clairement le devoir de l’enseignant d’ AGIR de façon éthique et responsable

Interrogeons-nous un instant sur la nature et la fonction de cet « Agir » avant de le coordonner à ses deux adjectifs, éthique et responsable. Procédé purement énonciatif et explicatif puisque dans la vie, il paraît essentiel, autant que faire se peut, de ne jamais dissocier nos actes d’une éthique et d’une responsabilité à la fois professionnelle et personnelle…

Agir donc…définition du Petit Larousse illustré version 2006:

1- Entrer ou être en action.

2- Produire un effet, exercer une influence

3- Adopter une attitude, se comporter, se conduire

D’entrée de jeu on sent bien que l’action ne peut se détacher d’une attitude et d’une influence présente donc dans chacun de nos choix d’enseignement et d’éducation.

L’agir suppose des actes visibles, des paroles explicites, des visées finalisées, des positionnements clairs, des choix énoncés…et j’oserai ajouter des renoncements aussi. Renoncements assumés et éclairés à la lumière des choix effectués. Mais cet agir, puisqu’il s’exerce dans le cadre d’un établissement, d’une école, d’une équipe, d’une classe,  ne peut se résumer à un agir solitaire, individuel, personnel. Il se décline au sein d’une institution, d’une histoire, d’une culture, d’une unité qui fait corps et qui donne et construit du sens…Nous touchons ici à une valeur fondamentale qui rejoint une question d’ordre philosophique. Comment faire le lien entre l’individuel et le collectif, comment se montrer garant de l’un et de l’autre, comment agir les uns avec et en fonction des autres… Une tension délicate et néanmoins essentielle avec laquelle il faudra sans cesse composer. Trop de collectif nuit au respect de l’unicité de la personne. Trop d’individuel écarte toute possibilité de projet et donc d’humanité.

Essayons de dresser une typologie des actions directement reliées à cette compétence 1 du référentiel de l’enseignant: Agir de façon éthique et responsable.

Des actions en situation:

accueillir chaque enfant le matin par un mot, un regard, un geste personnalisé

– proposer des activités variées et ciblées en fonction des besoins d’apprentissage de chacun

– encourager le plus possible, féliciter lorsque cela est légitime, nommer clairement les difficultés quand elles se présentent

– mettre en place des conseils d’élèves, des ateliers philo où des quarts d’heure « quoi de neuf sur la terre? » où la parole devient un lieu d’échange, d’ouverture et de co-construction de savoirs et de postures

tenir compte des rythmes  et des besoins biologiques des enfants en fonction de leur âge et de leurs particularités

travailler en lien avec les textes officiels: référentiel, programmes et socle commun

– miser sur la méthodologie et l’apprentissage de l’autonomie

Des actions en équipe:

élaborer un dispositif d’accompagnement et d’évaluation en lien avec les capacités de l’élève et des élèves à un moment T pour le et les mener à un instant T+1

– construire des outils, rédiger des documents explicatifs, lisibles et communicables au sein et hors de l’établissement

– rendre lisible et vivant le projet éducatif de l’établissement

– s’associer à l’accompagnement de chacun des membres de l’équipe éducative

– analyser nos pratiques et co-élaborer des savoirs-faire professionnels

s’interroger sur l’organisation du temps de travail des élèves et des enseignants

– innover, expérimenter, se donner le droit à l’erreur

– continuer d’apprendre à enseigner

Des actions en amont

élaborer ses progressions, ses séquences, ses séances

– anticiper les difficultés

se mettre en veille pédagogique et institutionnelle

– réactiver en permanence ses connaissances dans un souci de clarification des contenus à enseigner *

Des actions sur le long terme

– travailler avec les familles

construire des partenariats

– mettre en place des projets

– s’assurer de l’adéquation entre le « j’enseigne » et le « ils apprennent »

– miser sur la co-formation (entre pair)  et l’auto-formation (par soi-même) *

Ce catalogue à la Prévert, loin d’être exhaustif témoigne néanmoins de choix et de priorités qui me paraissent traduire de cet engagement éthique et responsable au service d’une éducation et d’un enseignement durable…Bien évidemment, chacun des items pourrait être décliné en sous-items et en une multitude de verbes d’action. Il s’agit ici d’une sorte de préambule qui ne demande qu’à être amélioré et enrichi au regard de vos propres pratiques et choix personnels et professionnels. Les commentaires sont ouverts…au débat et à la discussion! Ainsi, dans un souci de participation active, j’ajouterai au fur et à mesure vos propositions que je rendrai visibles par une astérisque *

C’est bien là la finalité de ce blog. Partager, s’interroger, se co-former…

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Etre pédagogue, être libre…

27 01 2010

A l’heure où nos établissements, nos fonctions, nos rôles et nos missions sont bouleversés par de nouvelles dispositions et organisations, la question que soulève Laurent Carle dans ce texte me semble assez centrale non seulement pour les enseignants mais pour tous les cadres d’éducation qui s’interrogent sur la compatibilité entre liberté pédagogique et responsabilité éthique et professionnelle. Je lui laisse donc bien volontiers la parole…une parole qui interpelle nos pratiques, nos postures et nos gestes.

Être pédagogue suppose anticonformisme et insoumission.

Je ne parle pas d’insoumission à la hiérarchie ou aux lois, mais à la règle individualiste du chacun pour soi, aux préjugés, aux idées reçues de la tradition, aux rituels sacrés du groupe, à la vénération pour les objets du culte scolaire, aux croyances sans examen, aux habitudes de pensée et de faire acquises pendant les années de scolarité obligatoire au contact de professeurs conformes. Je parle de libération intellectuelle.

Il n’y a pas de pédagogie sans liberté. Un éducateur professionnel doit être un acteur penseur libre. On l’est rarement au départ. Il faut le devenir. C’est parfois douloureux, c’est toujours difficile.

Être libre, c’est penser différemment et faire autrement.

Pour les professionnels de l’éducation (enseignants et encadrement compris), la liberté pédagogique, ce n’est pas la possibilité de choisir sa méthode sur le plateau présenté par l’offre commerciale. C’est la capacité de discerner les actes didactiques concordants avec l’intérêt de l’enfance, de prendre en compte la diversité et les intérêts des enfants présents dans la classe, de connaître la psychologie des apprentissages et la volonté de placer l’enfant au centre du dispositif éducatif.

Pour réussir cette œuvre d’émancipation de soi, il ne suffit pas de se délivrer de l’emprise des dogmes de la doctrine dominante, il faut parfois aussi mener bataille contre ses propres croyances. Double sacrilège, double conflit cognitif, double révolution, institutionnelle et personnelle !

LAURENT CARLE

Je reprends bien volontiers ces termes: « Un éducateur professionnel doit être un acteur penseur libre. C’est parfois douloureux, c’est toujours difficile »…




Etablissement formateur…késako?

24 11 2009

Qu’est-ce qu’un établissement formateur ou une organisation apprenante? Un petit tour d’horizon en quelques citations.

« …les élèves apprennent mieux si l’enseignant lui-même est en démarche d’apprentissage et de recherche , si l’établissement est un établissement apprenant »
André Blandin, interview pour Projecture

« …tout, dans un établissement, est formateur. Absolument tout : de la manière dont les élèves sont accueillis le matin à la porte jusqu’à la façon dont est organisé le self, en passant, bien sûr, par le règlement intérieur, le rapport avec les personnels de service, l’accueil des parents, les relations avec l’environnement, etc. L’éducation des élèves ne se réduit pas à la juxtaposition d’enseignements : elle se construit dans un établissement où le moindre geste fait sens, où l’ensemble de ce qui se fait est mis en cohérence, ressaisi dans un projet (…) C’est là où se jouent, à la fois, le sort de chaque élève et notre destinée commune. » Philippe Meirieu, postface à Diriger autrement un établissement scolaire

« L’établissement formateur met constamment tout en œuvre pour que tous ses collaborateurs puissent bénéficier d’une facilitation de l’émergence, de la reconnaissance et de la valorisation de leurs compétences et d’une facilitation du développement et de l’accroissement de celles-ci. » Odile Brouet

« l’organisation du travail doit être une ressource pour développer le pouvoir d’agir de ceux qui sont en première ligne »
Yves Clot, CNAM

Les organisations apprenantes … sont des « organisations à l’intérieur desquelles les divers acteurs élargissent continuellement leur compétence à produire les effets qu’ils souhaitent » Monica Gather Thurler

« une organisation apprenante est un système d’action, de conduite de l’action et d’apprentissage collectif, qui apprend en permanence, capitalise ses connaissances, ses savoir-faire et ses compétences pour les transmettre et se transformer volontairement pour atteindre ses objectifs, en fonction des évolutions de son environnement, de ses ressources, de la culture et des représentations des groupes d’acteurs » Alain Bouvier

Merci à Nicole Priou pour ces interventions à la fois riches et porteuses de projets à bâtir…

Et pour terminer 7 verbes qui interrogent nos structures actuelles

accueillir

informer

accompagner

observer

conseiller

former

évaluer


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Blog en vacances?

28 10 2009

Moins d’articles ces derniers temps…Une rentrée sur les chapeaux de roue,  des formations qui se succèdent,  des projets qui se concrétisent ici et se dessinent là-bas expliquent sans doute une certaine mise en veille du blog. Mais la maîtresse, ni ne s’est endormie sur ses copies, ni n’est victime d’un mauvais virus de passage! Elle est à Lyon et poursuit son « itinéraire personnalisé de trans-formation » initié il y a maintenant quelques mois. Objectif: faire le point, regarder d’où l’on vient, comprendre où l’on va et qui sait manœuvrer vers de nouveaux horizons.

Voilà donc qui explique ce faux air de « vacances » qui règne sur le blog depuis quelques temps…mais voilà également qui devrait permettre au visiteur qui le souhaite de prendre le temps de se promener tranquillement de lien en lien et de surfer librement de rubrique en rubrique sans oublier de rebondir sur les sujets qui les interrogent…Les archives restent consultables et les commentaires ouverts!

A très vite!





To blog or not to blog…

16 09 2009

Telle sera la délicate question abordée ce matin en concertation.

Allez, la salle informatique chers collègues…

c’est par ici!

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Nous avons travaillé d’après le dossier  » De l’usage d’un blog » que je suis tpute prête à vous faire parvenir en Power Point sur simple demande…dans la boîte à commentaires!




Un blog de classe…pour quoi faire?

7 09 2009

En cette rentrée scolaire, certains enseignants voudront peut-être tenter l’aventure numérique et créer leur blog de classe. Mais se lancer n’est pas chose aisée…Il se trouve qu’en juin dernier, j’ai eu la joie de témoigner face aux futurs professeurs des écoles  de ce qu’est un blog de classe et de l’usage pédagogique que l’on peut en extraire. J’ai été très agréablement surprise de l’intérêt suscité et de l’accueil réservé à cette intervention qui s’inscrivait pourtant en toute fin de formation initiale. De nombreux professeurs stagiaires se sont spontanément inscrits à ce module professionnel, alors même qu’ils venaient de franchir le cap des oraux; malgré la fatigue, la curiosité et le désir d’apprendre semblaient l’emporter. Jolie démonstration de l’implication de ces jeunes professionnels appelés néo-titulaires que je salue ici au passage!

Depuis la mise en ligne de BLOG BLEU PRIMAIRE je me suis très vite intéressée à l’univers numérique des enseignants, à leurs pratiques et à l’ensemble de ce que l’on nomme la blogosphère éducative. Que de ressources et de preuves d’inventivité! Malgré tout, en échangeant avec de nombreux professeurs de premier et de second degré, je me suis également rendue compte de la réelle attente en formation continue et des besoins évidents de co-formation au sein des établissements.

Il se trouve que cet été, le Web pédagogique qui m’héberge depuis 1 an et demi sur cet espace virtuel m’a demandé de rédiger un petit dossier sur ce même thème et l’a publié la semaine dernière sur leur page d’accueil en guise de dossier de pré-rentrée. Un dossier que je compte également présenter à l’ensemble de mes collègues, la semaine prochaine en salle informatique, lors de la première concertation…je crois même que certains profs de collèges sont intéressés!

Voici donc aujourd’hui, pour celles et ceux qui s’intéressent aux pratiques numériques d’enseignement, le contenu intégral de ce dossier. J’ai souhaité autant que possible intégrer les liens utiles que j’avais préalablement repérés sur la toile. Néanmoins, la liste des ressources citées est loin d’être exhaustive…je m’en excuse et je compte sur vous, via les commentaires, pour l’agrémenter en fonction de vos propres expériences et rencontres numériques!

Bonne lecture…

Évidemment, n’hésitez pas à me poser ici et en direct vos questions; je me ferai un plaisir d’y répondre…ou de tenter quelques éclaircissements dans la limite de mes compétences…

Et maintenant…

Cliquez sur l’image!

blogcm1

Illustration

Delfine




Enseignants d’ailleurs

14 11 2008

                                         

« Je m’engage à mettre toutes mes forces et toute ma compétence au service de l’éducation de chacun des élèves qui me sera confié. « 

Tel est le « Serment de Socrate » que nos jeunes collègues belges proclament solennellement en entrant dans la profession.

C’est François Muller qui me l’a appris. Premier jour de formation…recadrage…

Pour ce qui me concerne, je trouve l’idée et les fondements de cette déclaration tout à fait d’actualité. Plus que jamais, dans l’incertitude du devenir de notre formation initiale, nous portons cette responsabilité de nous interroger et de nous engager devant les autres et devant la « loi ».

                                        

Nous le faisons de manière plus ou moins consciente et individuelle…Mais le proclamer haut et fort devant tous…c’est une autre affaire…

QU’EN PENSEZ-VOUS?




Quelle école pour mes enfants?

16 10 2008

DARCOS et la Maternelle. Zéro de conduite !

1/ Des propos mensongers

2/Des préannonces déguisées

3/ Un mépris scandaleux

1/ Notre Ministre n’est pas un ignorant.

Il connaît le métier.

Il sait parfaitement qu’on accepte les très jeunes enfants, à l’école maternelle, uniquement sous réserve d’être propres.

Point de couche donc, en toute petite section, contrairement à la crèche.

Alors pourquoi cette provocation?

Juste pour provoquer ? Pas seulement…

Nous somme ici face à une forme de discours très stratégique en politique: couvrir un mensonge par une réalité…et hop ! L’opinion, docile et non avertie, finira par se laisser bercer et berner :

C’est vrai, finalement, payer des changeurs de couches à surveiller la sieste, vraiment pas besoin d’être diplômé pour cela !

Car oui, les petits se reposent après le déjeuner. Oui, l’école respecte encore ses rythmes biologiques essentiels.

« Pipi, caca, dodo » ça fait partie de la vie Monsieur le Ministre ! Un peu d’honnêteté, s’il vous plaît…

Entre nous, vous ne vous sentez pas plus disposé au travail après un petit instant de récupération, porte du bureau fermée et paupières abaissées ?

Un petit tour aux « wawas » avant de prononcer un discours, cela ne vous soulage-t-il pas?

Le repos, c’est essentiel, c’est même un droit légitime, tout comme l’envie d’uriner et le passage aux toilettes, avec ou sans « petit train » !

Ces deux droits sont tout aussi fondamentaux que ceux d’apprendre que « b et a font ba »  ou « 1+1=2 » !

Nos enfants se lèvent tôt, sont accueillis dans un cadre différent de celui de la maison. Leurs repères familiers sont brouillés. Ils apprennent d’autres codes.

Là est l’enjeu majeur de l’Ecole maternelle. L’enfant entre à la petite Ecole mais comprend vite qu’il intègre ainsi, peu à peu sa longue aventure sociale, culturelle, intellectuelle.

Dans la cour, il voit les grands. Sur le trottoir le matin et le soir, il voit les « encore » plus grands. Oui, ça y est, il fait partie de la grande ronde des humains. C’est important, non ?

Et c’est en maternelle, durant cette  Ecole Premièresi justement renommée par Philippe Meirieu, que le jeune enfant revêt tranquillement son costume d’écolier. Il a deux ou trois  ans pour habiter ce rôle que la société a choisi pour lui. Et ce n’est pas n’importe quel rôle, le bâcler ferait de lui un « non-conforme »,  tout prêt à errer de stage de remise à niveau en heure de soutien…

2/ Alors pourquoi lancer cette polémique, quelles préannonces déguisées sous ces propos ?

Petit exercice d’anticipation, mais si réaliste qu’il en devient quasi réel…

– 1ère étape: rendre l’école obligatoire à partir de 5 ans.

Voyez, nous effectuons un grand pas pour pallier les inégalités, nous donnons un an de formation de plus aux enfants de notre pays! Mais un an de qualité !

– 2ème palier: supprimer peu à peu les petites et moyennes sections.

L’Education nationale ne peut garantir de budgets pour ce qui ne relève pas de sa mission…et la petite enfance ne nous regarde plus!

– Suite logique et prévisible: renvoyer aux parents, aux collectivités locales, aux financements privés, la prise en charge des enfants jusqu’à l’entrée en Grande section.

Cela se fait dans d’autres pays, alors pourquoi pas chez nous ?

– Dernière marche: entériner l’inadaptation de la formation des enseignants.

L’école n’est plus ce qu’elle était, il faut supprimer la formation telle qu’elle existe pour la rendre plus performante et réaliste. Nos élèves méritent mieux!

3/ Voilà l’habile manipulation, à laquelle il faut malheureusement ajouter une dernière dimension, la plus inacceptable de la part d’un Ministre de l’Education nationale : le mépris.

Mépris pour le travail incommensurable et méconnu des enseignants de Maternelle.

D’un point de vue pédagogique et humain, il n’y a pas de plus grande responsabilité que celle d’enseigner en Maternelle. Et c’est bien ce qui la différencie des autres structures collectives. C’est une Ecole.

Les enfants y apprennent car les maîtres sont formés pour cela. L’enseignant construit tout au long de l’année des projets spécifiques qui permettent à l’enfant de grandir physiquement, psychiquement, intellectuellement, personnellement, collectivement. Il met en place des ateliers, des progressions, des évaluations qu’il régule en fonction des apprentissages attendus et des enfants qui lui sont confiés.

Alors, lorsque ces compétences professionnelles sont réduites à l’image mentale d’une couche qui déborde, on comprend mieux pourquoi ces mêmes enseignants, poussés jusqu‘aux limites de l’inacceptable, sortent dans la rue, crient et réclament le minimum vital, la reconnaissance de leur METIER et de leur professionnalisme.

Mépris vis-à-vis des efforts consentis et des acquisitions effectuées par les élèves les deux premières années de scolarisation.

Regarde papa le beau tableau que j’ai peindu, t’as vu mon cravail comme il est dur, écoute maman la poésie que ze te chante, venez tous les deux au  pestacle de Noël.

Bien sûr, le langage se construit, évidemment les apprentissages n’en sont qu’à leurs débuts.

Mais à ces âges, TOUT est apprentissage, du tout petit geste quotidien à la moindre situation nouvelle. Imaginons, adultes que nous sommes devenus, repartir de là…Nous aurions TOUT à réapprendre…Alors, décréter que ces années d’Ecole ne comptent pas…C’est un peu dire à nos enfants « Pauvres de vous, depuis trois ans, vous n’avez rien fait, rien appris, vous êtes restés des bébés, reprenez vos tétines et vos doudous et rentrez chez vous ! »

Mépris enfin vis-à-vis des familles qui pour certaines d’entre elles n’ont aujourd’hui pas d’autres moyens d’insertion que cette Ecole. Que vont-ils devenir tous ces enfants, coupés du lien social et culturel que représente l’Ecole maternelle ? Des oubliés, des retranchés, des marginaux, des laisser pour compte, des parasites. Mais bon sang, ce sont des enfants. Ce sont nos enfants ! Quel parent, quel éducateur honnête peut se détourner de ce devoir d’accompagnement éducatif et humain que notre Ecole Maternelle française doit préserver à tout prix !

Pour ma part, je ne veux éduquer mes enfants ni faire classe à mes élèves dans une société ou une école qui relèguerait à l’arrière plan cette dimension primaire, existentielle et fondamentale qu’est l’humanité.

Parents que nous sommes, ne nous endormons pas !

L’Ecole, leurs maîtres et leurs professeurs ont besoin de notre soutien ferme et proactif !

Une maman d’élèves inquiète.

Une maîtresse d’école concernée.

Article paru dans la magazine parental Côté Mômes

C’est pourquoi dimanche 19 octobre j’irai Place d’Italie. J’irai parce que je suis une maman concernée. Oui, j’irai défendre une école digne. J’irai exprimer ma solidarité à ces enseignants qui jour après jour, année après année partagent le quotidien de mes enfants. J’irai marcher à leurs côtés. Dimanche, c’est un beau jour pour manifester.

L’itinéraire et les infos ici