RAPPEL en PDF: Â nouveaux programmes
1/ EN RESUME sur le site France 5 Education:
 Plus d’heures de français, de mathĂ©matiques, de sport et d’instruction civique mais aussi de la morale, tout cela en vingt-quatre heures de cours sur quatre jours… La rĂ©forme de l’école primaire prĂ©sentĂ©e par le ministre de l’Education nationale se veut recentrĂ©e “sur les fondamentaux”, via les acquis traditionnels : opĂ©rations, orthographe, grammaire et conjugaison. Dernière Ă©tape d’une rĂ©forme engagĂ©e en septembre 2007 avec la suppression des cours le samedi matin, Xavier Darcos a prĂ©cisĂ©, mercredi 20 janvier 2008, devant la presse, le contenu des programmes de l’école primaire. La philosophie du projet, qui fleure bon la tradition, avait Ă©tĂ© dessinĂ© par Nicolas Sarkozy quelques jours auparavant, lors d’un dĂ©placement Ă PĂ©rigueux.
“Plus courts, plus clairs et plus ambitieux”, comme l’affirme leur prĂ©ambule, ces programmes, qui tiendraient dans leur Ă©tat actuel sur environ 36 pages du Bulletin officiel de l’Education nationale, contre 104 actuellement, sont marquĂ©s par le retour au bon vieux appris par cĹ“ur et sont resserrĂ©s sur “les fondamentaux” que sont la lecture, l’écriture et le calcul.
A l’origine de cette rĂ©forme, un rapport du Haut Conseil Ă l’éducation, en septembre 2007, faisait Ă©tat de 15 % d’élèves en fin de CM2 avec de grandes lacunes dans ces disciplines. Au motif que “tout se joue Ă l’école primaire”, il est dĂ©cidĂ© de faire porter l’effort sur cette partie de la scolaritĂ© et de “diviser par 3 en cinq ans le nombre d’élèves sortant du primaire avec de graves difficultĂ©s” et “par 2 le nombre de redoublants”.
Pour se faire, la semaine scolaire passera de vingt-six Ă vingt-quatre heures en moyenne - le samedi Ă©tant “rendu aux familles”. Les deux heures gagnĂ©es seront, elles, rĂ©investies sous forme d’aide personnalisĂ©e aux Ă©lèves en difficultĂ© ou de travail en petits groupes.
En français, les grands classiques de l’apprentissage - récitation et rédaction - sont réhabilités. L’accent est mis sur la grammaire et la connaissance de l’ensemble des temps de l’indicatif, y compris le futur antérieur ou le plus-que-parfait.
De même, en mathématiques, la pratique du calcul mental fait son grand retour et on insiste sur la maîtrise parfaite des quatre opérations ou bien encore sur la connaissance de la règle de trois avant l’entrée au collège.
Enfin en matière d’histoire, l’enseignement devrait ĂŞtre fondĂ© sur la connaissance des grandes dates et des grands personnages qui jalonnent l’histoire de France, grâce Ă “des repères chronologiques”.
Dans les nouveautĂ©s, l’éducation civique est remplacĂ©e par des cours d’instruction civique et de morale fondĂ©s sur des grands principes ou maximes juridiques, comme “La libertĂ© de l’un s’arrĂŞte oĂą commence celle d’autrui”. Un retour des leçons de moral et de politesse qui devra se matĂ©rialiser Ă la fin du CE1 pour l’élève, par la reconnaissance des symboles de la RĂ©publique française, se lever au son de la Marseillaise ou bien encore l’usage du “vouvoiement avec leur enseignant”.
Libres de choisir leurs mĂ©thodes dans l’application de ces nouveaux programmes, les enseignants seront en revanche dĂ©sormais Ă©valuĂ©s tous les deux ans, par un nombre d’inspecteurs augmentĂ© Ă la rentrĂ©e 2009, et la prioritĂ© sera donnĂ©e aux rĂ©sultats. Les performances de chaque Ă©cole seront ensuite communiquĂ©es aux familles, selon des modalitĂ©s qui seront dĂ©finies “au cours des prochaines semaines”, selon le ministre de l’Education nationale.
PrĂ©sentĂ©e comme une “rĂ©volution culturelle de l’essentiel” par Xavier Darcos, la rĂ©forme de l’école primaire est jugĂ©e comme “un retour aux vieilles recettes”, par SĂ©golène Royal, favorable Ă une “Ă©cole qui innove”. Un terme Ă©galement utilisĂ© par les syndicats enseignants qui ironisent sur le retour de l’école “bonnet d’âne” des annĂ©es 50 et demandent, pour certains, Ă l’ancien professeur de français de revoir sa copie.
2/ Ci-après, une rĂ©action recueillie sur le site de  l’ICEM Â
(Institut CoopĂ©ratifde l’Ecole Moderne)
Un point de vue. Celui de Catherine Chabrun.
24 heures chrono !
Dans notre système éducatif à modèle descendant où Polytechnique détermine le lycée qui lui-même détermine le collège le tout en cascade jusqu’en maternelle, il était logique de faire peser sur les épaules du primaire la responsabilité de l’échec scolaire.
Dans sa « révolution culturelle »de 36 pages, Xavier Darcos présente des programmes « recentrés sur l’essentiel », du socle commun on ne garde que les piliers chers à l’Europe, on rejette la complexité, la transversalité qui les articulaient pour privilégier l’empilement de couches simples de fondamentaux.
Que ce soit en français ou en mathĂ©matiques on augmente ainsi le nombre de savoirs opĂ©ratoires, mĂ©caniques et on retire tout ce qui Ă©tait ambitieux dans les programmes de 2002.  Â
Surtout pas de temps à perdre, car tout doit tenir en 24 heures !
Entre les dix heures de français, les cinq heures de mathématiques, les quatre heures de sport et l’heure et demie de langue vivante, que restera-t-il à la « culture humaniste » ? Aux sciences ? A l’éducation artistique ?
Avec des horaires spécifiques et cloisonnés, une programmation annuelle qui dénie les cycles, ce seront 24 heures compartimentées, morcelées en disciplines et sous disciplines, le tout en conformité avec des manuels dont « l’appui » est fortement conseillé. Un manuel de vocabulaire, un autre de grammaire …un manuel de calcul un autre de géométrie. Plein de petites leçons illustrées qu’il faudra bien apprendre à la maison ou avec les associations d’aide aux devoirs  !
Une triste certitude : le fossĂ© culturel se creusera davantage pour tous les enfants qui n’ont que l’école pour y accĂ©der. L’accompagnement Ă©ducatif sera-t-il chargĂ© de compenser le dĂ©ficit ? Quant aux enfants qui resteront deux heures de plus Ă l’école, feront-ils le plein de « fondamentaux » pendant que les autres profiteront de l’offre familiale ou associative d’activitĂ©s culturelles ?  Â
Questionner, rechercher, tâtonner, comprendre, réinvestir, confronter ce n’est plus l’air du temps !
Ce sont des pratiques dangereuses, des restes de l’HĂ©ritage de 68 qu’il faut dĂ©finitivement enterrer  ! Comme nous le confirme notre Ministre « L’Ă©cole primaire doit rester garante de l’idĂ©al rĂ©publicain : permettre Ă chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et Ă©clairĂ© »Â
L’instruction voilĂ le mot qu’il fallait dire !Si l’éducation rimait avec construction, comprĂ©hension, Ă©mancipation, l’instruction elle, rime avec mĂ©morisation, rĂ©citation, rĂ©daction. Ce choix de terminologie Ă l’ancienne est cohĂ©rent avec la teneur rĂ©tro des programmes en relevant particulièrement ceux d’histoire et de gĂ©ographie qui se cantonnent au territoire national.Â
Et naturellement l’éducation civique se métamorphose en instruction civique et morale.
Dès le CP, on vise en premier l’obéissance, les réflexes du bon écolier : se lever quand un adulte entre dans la classe ou quand il entend la Marseillaise, les formules de politesse, le vouvoiement et les « maximes illustrées » de morale. « Coopérer à la vie de la classe », se réduit à effectuer les services de distribution et de rangement, on est loin de la coopération et de la vie de classe !
Au Cycle 3, sur le registre de la transmission, de l’injonction parfois seront étudiés aussi bien la règle de droit, que les différentes règles de politesse, de sécurité, les préventions des risques, les dangers, les refus de discrimination, que l’étude des institutions françaises et européennes. Quelques bons manuels devraient suffire !
On ne construit pas, on ne pratique pas, on ne participe pas, on décrit, on apprend, on récite pour avoir de bonnes notes.
C’est ça la réussite scolaire  ?
Catherine Chabrun
22 février 2008
Retrouvez sur ( le site ) aux cĂ´tĂ©s de celui-ci, d’autres textes d’analyse.
3/ Et maintenant…ma petite touche “bleu primaire” Ă Â dĂ©couvrir sur le site  (d’Infobourg France).
Sans oublier de (re)lire l’article du 15 mars sur le sujet: (“hier un niveau scolaire plus Ă©levĂ©?”).
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