Vrais élèves, vrais auteurs

La classe en direct, Parole d'instit' 4 commentaires

Hier après-midi, un de mes proches amis qui dĂ©couvre pour la première fois le BIBLIO-Blog de mes Ă©lèves me pose cette question, d’un air…dubitatif:

“Mais tout de mĂŞme, ce ne sont pas TES Ă©lèves qui Ă©crivent ces articles! Ce n’est pas possible qu’ils aient un tel niveau d’expression! TU les corriges, non?”

Suspicieux donc, ce nouveau lecteur. Et je le comprends car c’est vrai LEURS articles sont tout Ă  fait honorables!

Il me paraĂ®t donc nĂ©cessaire de faire un peu de “pĂ©dagogie” avec les lecteurs qui viennent d’ailleurs.

Comment et par quels chemins les auteurs de notre BIBLIO-blog de classe parviennent-ils à un tel résultat?

Le travail…oui, le travail! La coopĂ©ration et la motivation…essentielles…

1/ Choisir un livre (sur la base du volontariat)

2/ Le lire (Ă  son rythme)

3/ Le présenter à la classe (1ère trace écrite préalable)

4/ RĂ©diger un premier brouillon, parfois deux…(conseils d’Ă©criture vus en classe)

5/ Le co-corriger avec la maĂ®tresse ou avec d’autres (Ă©lèves, parents)

6/ Le réécrire via le clavier (en salle des machines ou chez eux)

7/ L’illustrer (selon le code du respect des droits d’auteurs)

8/ Le soumettre Ă  relecture (pour que la maĂ®tresse valide…)

9/ Parfois le reprendre…

10/ et tout recommencer!

Et voilĂ  l’travail.

LEUR TRAVAIL!

Bien sĂ»r, n’apparaissent pas du premier coup des textes venus du ciel! Non, ce blog est la vitrine de leurs rĂ©alisations. C’est un portfolio numĂ©rique de leurs Ĺ“uvres, du meilleur de leurs Ĺ“uvres!

Évidemment ils ne sont pas seuls. Les parents les soutiennent. Je suis lĂ  Ă©galement! Je suis l’enseignante, non? Leur maĂ®tresse….Je les guide, je les accompagne, je les encourage. Mais au bout du compte, c’est leur travail qui y est exposĂ©. Et si j’y suis un peu pour quelque chose, après tout, tant mieux et cela n’enlève rien Ă  leur mĂ©rite, leur grand mĂ©rite! Rien n’est obligatoire, rien n’est notĂ©, et ils se bousculent tous pour passer Ă  l’oral comme Ă  l’Ă©crit!

BIBLIO-Blog Bleu Primaire c’est un blog, une bibliothèque, un recueil de critiques, un terrain d’expression, un cahier d’Ă©criture, une fenĂŞtre de partage, un petit salon littĂ©raire.

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BIBLIO-Blog et B2i en mode heuristique

Formation continue, La classe autrement, La classe en direct 8 commentaires

Nouvellement initiĂ©e au “Mind mapping”, j’ai tentĂ© l’expĂ©rience heuristique…

ConformĂ©ment au texte du rĂ©fĂ©rentiel de l’enseignant”, l’innovation et la formation continue font partie intĂ©grante des diffĂ©rentes dimensions professionnelles du mĂ©tier.

Partant de lĂ , j’ai dressĂ© un premier bilan. Quels sont aujourd’hui mes points d’appui, ceux sur lesquels je peux “me reposer”? Et quels sont mes besoins, ceux qui demandent Ă  ĂŞtre amĂ©liorer? Graves et dĂ©licates questions…Mais tellement nĂ©cessaires après 19 ans de pratique du mĂ©tier! Ne jamais s’endormir sur ses acquis, mais plutĂ´t s’en servir pour continuer d’avancer plus lĂ©ger…

Une fois ce premier travail introspectif effectuĂ©, j’ai constatĂ©, Ă  cĂ´tĂ© d’un certain nombre de points positifs (ouf!), l’Ă©mergence flagrante de deux dĂ©fis (aĂŻe!)….Le premier consiste Ă  mieux prendre en compte la diversitĂ© de mes Ă©lèves et le second Ă  penser autrement leur Ă©valuation.

A partir cet Ă©tat des lieux personnel et professionnel, j’ai voulu intĂ©grer la lecture de deux autres textes aujourd’hui complĂ©mentaires et incontournables; d’une part celui du “socle commun des connaissances et des compĂ©tences” exigibles en fin de cycle 3, et d’autre part celui des “nouveaux programmes 2008″...L’affaire n’Ă©tait pas simple, vous pouvez l’imaginer…Mais, motivĂ©e par mes deux dĂ©fis et par l’implication et l’adhĂ©sion de mes chers petits Ă©lèves, j’ai fini par synthĂ©tiser l’ensemble de ces 3 textes autour d’un projet concret et vivant, j’ai nommĂ© notre BIBLIO-Blog!

Voici donc sous forme de carte mentale une possible formalisation d’un projet de classe situĂ© au carrefour du lire/dire/Ă©crire/ utilisant comme outil principal les nouvelles technologies internet de communication appelĂ©es communĂ©ment TIC.

Les limites techniques imposĂ©es par mon blog ne permettant malheureusement pas de diffuser cette carte mentale sous sa forme première, progressive et interactive, j’ai jugĂ© utile de vous en donner les deux Ă©tapes essentielles numĂ©risĂ©es sous un format pdf.

Une première Ă©tape d’Ă©laboration du cadre gĂ©nĂ©ral de cette carte sous sa prĂ©sentation “pliĂ©e” en suivant ce premier lien, juste ici

Puis, si vous souhaitez pĂ©nĂ©trer dans chacun des 7 nuages qui correspondent aux 7 piliers du socle commun, il vous suffit de cliquer sur la formule magique ci-dessous en fin d’article.

Vous aurez alors accès Ă  notre projet BIBLIO-blog et B2i en carte heuristique “dĂ©pliĂ©e” et aurez une vision Ă  la fois globale et affinĂ©e des diffĂ©rents contenus dĂ©clinĂ©s selon les nouvelles exigences des programmes 2008.

…Enfin si tout fonctionne…

Dernier point non nĂ©gligeable…pour en faciliter la lecture, et en fonction de vos performances visuelles, vous avez accès Ă  un effet loupe plus ou moins grossissant!

Un essai pour voir?

…Barbatruc!

Je ne terminerai pas ce post sans remercier Marie qui, sans qu’elle le sache, mais par la qualitĂ© informative de son blog m’a permis de me lancer dans l’usage des cartes mentales.

Alors,si vous ne connaissez pas “Lettres et Cartes Heuristiques” c’est le moment de vous y promener!

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Le jardinier pédagogue (Intro Bis)

La chronique de Christian Montelle, débat 22 commentaires

Ce n’est pas en tirant sur la queue d’un tĂŞtard

qu’on le fait devenir grenouille plus vite.

Édouard Claparède (1873-1940)

 

 

L’échec scolaire est un problème qui préoccupe grandement les sociétés dites développées. Alors que toutes les conditions de réussite dont les enseignants rêvaient naguère sont apparemment réalisées, un grand nombre d’enfants fréquentent l’école à reculons “parce qu’il le faut bien” et un nombre considérable d’élèves ne profitent que peu ou pas du tout des cours qui leur sont dispensés. En France, on parle de 150 000 (1) laissés-pour-compte, qui sortent du cursus scolaire en sachant à peine parler, lire et écrire, ou même penser de façon rationnelle, ce qui provoque des difficultés humaines et des coûts sociaux exorbitants. D’autre part, beaucoup d’enfants de milieux dits privilégiés se réfugient dans une bulle de gadgets technologiques ou de “paradis” dangereux, et sabotent leur cursus scolaire.

 

L’État et la société civile ont mis en place des dispositifs innombrables pour tenter d’améliorer cette situation déplorable, mais les succès sont minces selon l’estimation des adultes engagés dans ces actions. La stratégie des structures de “remédiation” consiste le plus souvent à permettre aux enfants de bénéficier de structures allégées - fort onéreuses, au demeurant - et à tenter de leur faire absorber le programme scolaire de leur niveau d’âge. Mais ont-ils réellement les compétences nécessaires pour absorber cette potion ? Des officines à but lucratif se sont ruées sur le fromage de l’aide aux élèves en difficulté, mais leurs préoccupations clairement financières ne concernent pas le problème. On peut imaginer que leur objectif de départ fut louable, mais le fait d’être lucratives pour l’investisseur les a rendues inabordables pour un grand nombre.

 

Ce sont les familles les plus nanties, qui, persuadées que pour réussir il faut savoir avant l’école et plus qu’à l’école, se sont appropriées ces officines. En vacances, combien d’enfants au parcours irréprochable, scolarisés dans des écoles de renommée, se voient inscrits d’office dans des stages non pas de remise à niveau, mais d’anticipation sur le niveau à venir ! Ainsi, l’écart se creuse : ceux qui sont en difficulté le restent et ceux qui réussissent plutôt bien deviennent excellents ! Les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire, qu’ils soient publics, associatifs ou privés, parviennent, à force de contrainte à faire accomplir quelques progrès dans le maniement des savoirs élémentaires, appelé aussi “socle commun”. Mais ces procédures ne me semblent pas adéquates et peu rentables par rapport au capital humain (et financier) engagé. Pour tenter de mieux cerner ce qui explique ce demi, quart ou trois-quarts d’échec du soutien scolaire, je vais utiliser une comparaison avec le monde du jardinage.

 

 Voilà donc un jardinier débutant et peu avisé qui entreprend de cultiver les 2 000 m2 de la maison qu’il vient d’acquérir. En bon rurbain tout neuf, il pense que dame Nature est généreuse et qu’il suffit de lui confier quelques graines arrosées copieusement pour qu’elle donne de beaux fruits et de beaux légumes. Las ! il doit déchanter au mitan de l’été ; il y a belle lurette que ses fraises ont été dévorées par les limaces, ses choux par les piérides, ses pommes de terre ruinées par le mildiou. Les plantes épargnées sont malingres, les petits pois microscopiques, les poireaux étiques et les salades chlorotiques. Notre gaillard se lance alors dans la remédiation. La chimie agroalimentaire lui offre un éventail suffisant de poisons pour qu’il achève les rescapés du désastre.

 

Son erreur ? Ne pas avoir - bien avant de planter ou de semer, - analysé son sol, désherbé, défoncé le sol, bêché, biné, râtelé, fumé, éliminé les vers blancs et autres voraces, introduit des antiparasites naturels, installé un réseau commode d’irrigation.

 

Il me semble que notre Ă©cole commet le mĂŞme type d’erreurs, avec la complicitĂ© involontaire des parents et celle plus dĂ©terminĂ©e de certains mĂ©decins et des gĂ©ants de l’industrie pharmaceutique (2). On veut “forcer le lĂ©gume” sans trop se prĂ©occuper du terrain. On saute les Ă©tapes, on oublie totalement les exigences d’un dĂ©veloppement naturel et harmonieux. On fait appel Ă  la science et Ă  la technologie pour rĂ©parer les dĂ©gâts, en pensant que ce sont des remèdes-miracles : fatale illusion qui masque les vrais problèmes. Moins l’enfant absorbe, plus on tente de le gaver. On ne perçoit pas les erreurs qui le dĂ©traquent. On nĂ©glige le dĂ©sarroi provoquĂ© par une telle pression psychologique, par une telle exigence de rĂ©ussite dans des domaines si spĂ©cifiques.

 

Les parents et les enseignants de terrain invoquent frĂ©quemment une origine unique Ă  l’Ă©chec scolaire : les “conditions socioculturelles” que connaissent les enfants et qui expliqueraient Ă  elles seules les inĂ©galitĂ©s constatĂ©es. Ces paramètres sociaux donnent l’impression de relever d’un domaine qui Ă©chappe Ă  l’Ă©cole et la tentation est forte d’en prendre acte et d’effectuer un tri social en contradiction complète avec les objectifs que devrait se donner l’Ă©cole : offrir des chances Ă©gales de rĂ©ussite Ă  tous les enfants. Cela Ă©vite de procĂ©der Ă  une analyse plus prĂ©cise des causes de l’Ă©chec, analyse qui permettrait de pratiquer la prĂ©vention nĂ©cessaire.

 

Je vais tenter, dans les lignes qui suivent, de pointer quelques insuffisances et proposer, quand cela est en mon pouvoir, quelques pistes susceptibles d’amĂ©liorer la situation. Brièvement, car mon propos n’est pas d’écrire un ouvrage qui se voudrait exhaustif. J’aborderai quelques domaines - et il en existe d’autres - dans lesquels j’ai pu noter des oublis ou des carences causant de grands dommages. Je proposerai de travailler dans ces domaines pour aider les enfants Ă  surmonter leurs difficultĂ©s, et je suggĂ©rerai quelques pratiques issues de mon expĂ©rience.

  

La première partie évoquera la socialisation, la transmission, l’acquisition des habitus sociaux, et aussi les valeurs qui nous permettent de vivre harmonieusement avec nos semblables. Je parlerai ensuite des insuffisances linguistiques, obstacle essentiel auquel j’ai consacré un ouvrage (3) ; ce livre aborde aussi d’autres domaines qui seront évoqués ici. Une troisième partie sera consacrée à la construction des notions liées au temps et à l’espace, ces repères qui sont indispensables à tout projet d’apprendre, de faire ou de vivre. Dans une quatrième partie, je tenterai de pointer ce qui est nécessaire pour entrer dans le domaine des sciences : esprit d’observation, connaissance du milieu, accession à l’abstraction, compétences de classement et de hiérarchisation, et aussi capacité d’émerveillement, curiosité, acquisition des démarches scientifiques. Une cinquième partie parlera du monde de la technique. Viendra alors l’étude des domaines artistiques : la musique avec ses rythmes et ses mélodies, les arts graphiques qui enseignent la composition, l’harmonie des formes et des couleurs, la joie du beau (4). La dernière partie sera consacrée à tous les problèmes liés au développement corporel : alimentation, hygiène de vie, pratique de sports collectifs et d’activités sportives douces permettant de s’épanouir dans le plaisir du corps découvert.

 

Christian Montelle,

Ornans, Août 2008

Diffusion libre

                                     A SUIVRE…

 

 

 


(1)  Chiffre à prendre avec des pincettes car il a été utilisé de façon polémique. Lancé durant la campagne présidentielle de 2007, il demande à être précisé. Mais 10 000 enfants sans avenir représentent déjà un scandale.

(2) Voir par exemple L.H. Diller, Coca-Cola, MacDonald’s et Ritaline : http://www.google.fr/search?hl=fr&q=diller+ritaline&btnG=Recherche+Google&meta=

(3) Christian Montelle, La parole contre l’échec scolaire, La haute langue orale, l’Harmattan, Paris, 2005

(4) A thing of beauty is a joy for ever, John Keats - Endymion. “Rencontrer la beauté nous emplit d’une joie éternelle.” à condition que nous sachions la reconnaître, bien sûr !

 

 

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Le programme est dans sac!

Action, La classe, actualité, vidéo 6 commentaires

DRRRRRRINNNNNG!

Allez les enfants….l’heure, c’est l’heure!

Mardi 2 septembre, rentrée des classes, emploi du temps, fournitures et matériel.

Hier, mercredi…Ah non, j’oubliais, plus d’Ă©cole!

Aujourd’hui…jeudi 4 septembre, on rattrape le temps perdu!

Et hop! Ou plutĂ´t, “oh hisse”, le programme est dans le sac, bonne journĂ©e…

 

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Formation des enseignants

Parole d'instit', actualité, débat 3 commentaires

Ces dernières semaines, l’actualitĂ© Ă©ducative porte sĂ©rieusement atteinte Ă  l’avenir de la profession, mais surtout Ă  celui de nos Ă©lèves, de nos enfants.

Un APPEL de Bernard Collot, hier, pour penser et concevoir “une autre Ă©cole”.

Aujourd’hui, sur le site l’Ă©cume des heures, de Daniel Calin, un APPEL pour la mise en place d’une formation des enseignants de haut niveau au sein d’IUFM rĂ©novĂ©s.

Il m’appartient en tant que citoyenne responsable, en tant que mère, en tant qu’enseignante, de dĂ©fendre et rĂ©clamer haut et fort une formation digne de ce nom pour un mĂ©tier “Ă  nul autre pareil”.

En 18 ans d’exercice, je n’ai jamais Ă©prouvĂ©, comme je l’Ă©prouve aujourd’hui, ce besoin ardent de dĂ©fendre les valeurs d’un Ă©ducation que l’on voudrait solder au rabais sous prĂ©texte de je ne sais quel argument faussement Ă©conomique, tout en faisant croire au plus grand nombre que BAC+5 serait le garant d’une reconnaissance de statut et le gage d’une technicitĂ© mĂ©ritoire.

Grave erreur de diagnostic de la part de nos dirigeants. Si le savoir savant dĂ©livrĂ© Ă  l’universitĂ© reste nĂ©cessaire, il n’est en rien suffisant! Le plus haut degrĂ© universitaire ne permettra jamais Ă  quiconque d’enseigner dans une classe, de la petite section de maternelle au CM2.

C’est d’un manque cruel de FORMATION PEDAGOGIQUE CONTINUE dont nous souffrons depuis plusieurs dĂ©cennies. Oui, je rĂ©clame, je supplie notre hiĂ©rarchie de nous fournir une formation de haut niveau en aval ET en amont de l’obtention de notre diplĂ´me.

Les IUFM prĂ©sentaient de larges insuffisances car les STRUCTURES SCOLAIRES en marche actuellement sont restĂ©es les mĂŞmes qu’il y a 50 ans! La rĂ©novation a voulu se faire au sein des instituts de formation des maĂ®tres, mais cet effort n’a jamais Ă©tĂ© suivi ”intra muros”. On peut comprendre alors les dĂ©ceptions d’un grand nombre de jeunes enseignants qui rĂ©cupĂ©raient, Ă  la sortie de leur formation, des postes Ă  10 000 lieux de ce pour quoi ils avaient Ă©tĂ© formĂ©s.

Mais ne nous trompons pas…C’est Ă  l’Ă©cole de se mettre enfin Ă  la mesure de la modernitĂ© et des enjeux du XXIème siècle. C’est à ses murs, Ă  ses rythmes, Ă  ses structures internes, sans oublier à ses Ă©quipes Ă©ducatives en place d’enfin accepter, non plus l’Ă©volution (nous sommes restĂ©s trop longtemps sur place), mais sa nĂ©cessaire mĂ©tamorphose.

Pour y faire face, nous avons besoin, plus que jamais, d’une solide formation pĂ©dagogique portĂ©e par l’engagement sans faille des instances structurelles.

Que cette formation soit rendue obligatoire. Que cette formation soit multiple. Que cette formation soit gratuite. Que cette formation soit inclue dans nos horaires ou payĂ©e s’il s’agit de stages hors temps scolaire. Que cette formation soit au service d’une autre Ă©cole, une Ă©cole plus humaine et plus exigeante, plus moderne, capable de faire face Ă  la formidable attente de nos Ă©lèves, de nos enfants.

Je vous laisse juge…Ă  chacun de se positionner sans perdre de vue l’essentiel: la formation de l’enfant qui dĂ©pend en grande partie de celle de son enseignant.

Lire l’APPEL

                

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Appel pour “une autre Ă©cole”

Action, actualité, débat, la parole aux parents 42 commentaires

Hier, dans ma boĂ®te mail, un message de Bernard Collot que je m’empresse de communiquer. Il s’agit d’un appel pour “une autre Ă©cole”. Que l’on soit concernĂ© directement ou non, que l’on se retrouve totalement ou partiellement dans cette lettre, il me semble que chacun, père, mère, enseignant, Ă©ducateur en somme, doit prendre le temps de lire cet appel et d’en profiter pour se poser un certain nombre de questions relatives Ă  l’Ă©cole, et surtout aux finalitĂ©s auxquelles est doit ou devrait se vouer.

L’Ă©cole n’est-elle que ce maillon utilitaire au service de la sociĂ©tĂ©? Maillon essentiellement Ă©conomique et financier? Dans ce cas alors, rĂ©sultats, productivitĂ© et compĂ©titivitĂ© sont les maĂ®tres mots en matière Ă©ducative. Une Ă©cole pour former des futurs consommateurs et selectionner les purs esprits capables de concevoir les futurs produits marchands?

Ou bien peut-on imaginer l’Ă©cole comme un espace de vie, de dĂ©couvertes, de coopĂ©ration, d’Ă©changes en vue de l’Ă©panouissement intellectuel, social et humain. Une Ă©cole pour rĂ©vĂ©ler les talents de nos Ă©lèves et les aider Ă  prendre part aux formidables et multiples dĂ©fis qui leur tendent les bras?  Travail et rĂ©flexion, travail et humanisme, travail et entraide sont alors des binĂ´mes qu’il serait urgent de mettre en place dans nos Ă©coles. Ce sont nos enfants, les vĂ´tres qui la cĂ´toient, quotidiennement.

Que voulons-nous faire de nos enfants?

Il est temps de nous pencher ensemble sur ces questions, et non, chacun de son côté, à la seule lumière de son petit quant à soi.

Je laisse maintenant la parole à Bernard Collot, et je vous invite une nouvelle fois à découvrir le riche sommaire de son site.

“Faire croiser des parents et des enseignants qui ont des aspirations d’une autre Ă©cole pour leurs enfants. Faire connaĂ®tre aux uns et aux autres la rĂ©alitĂ© Ă  laquelle les uns et les autres se heurtent. De cette confrontation, celle des faits, de cette recherche de comprĂ©hension, peut-ĂŞtre faire naĂ®tre ce qui pourrait ĂŞtre commun… pour une autre Ă©cole. Tel est l’objectif de ce groupe de recherche en constitution.

Pouvez-vous diffuser cette information dans vos réseaux ? Merci. Bernard COLLOT.

Une nouvelle liste de diffusion pour “une autre Ă©cole” vient d’ĂŞtre lancĂ©e par les CREPSC. Elle s’adresse aux parents et aux enseignants. Vous trouverez sa dĂ©finition ci-dessous. Pour vous y abonner, aller Ă  :

http://listes.marelle.org/sympa/info/pourune.autreecole

Dans le bandeau de gauche, cliquez sur “abonnement”

Dans la partie centrale indiquez votre adresse de messagerie et validez.

Sans quitter le site, allez voir dans votre messagerie, le robot vient de vous envoyer un message avec un mot de passe. Copiez-le, retournez dans le site, collez-le et cliquez sur “abonnement”. C’est fait.

Définition de la liste :

- Vous ĂŞtes parents, futurs parents, anciens parents.

Dans l’Ă©cole actuelle*, telle qu’elle est conçue, vous trouvez:

que les enfants ont du mal Ă  s’Ă©panouir,

qu’elle constitue un ghetto dont vous ĂŞtes exclus,

qu’elle provoque des dĂ©gâts, de la violence, des comportements face auxquels vous ĂŞtes impuissants,

qu’elle ne conduit pas les enfants et les ados Ă  devenir des citoyens actifs.

Bref, vous aspirez pour vos enfants, pour les enfants, pour toute la sociĂ©tĂ©, Ă  “une autre Ă©cole”.

* Il s’agit de l’Ă©cole en gĂ©nĂ©ral, peut-ĂŞtre vos enfants ont la chance d’ĂŞtre dans une classe qui dĂ©note. Votre apport est alors tout aussi intĂ©ressant.

- Vous ĂŞtes enseignants.

Sur le terrain, vous vous débattez aussi,:

pour atténuer les conséquences du vieux cadre scolaire,

pour tenter d’y faire autrement malgrĂ© les pressions, les contraintes, la coercition hiĂ©rarchique,

pour permettre aux enfants de quand mĂŞme s’y Ă©panouir, de s’y construire comme futurs citoyens,

pour travailler dans une autre approche,

vous avez aussi des envies, des idĂ©es, d’une “autre Ă©cole”.

- Cette liste est faite pour en parler, Ă©changer, Ă©voquer ce sui se passe pour les enfants, les adolescents, les difficultĂ©s rencontrĂ©es, les obstacles sur lesquels vous buttez les uns et les autres, les pressions voire les mesures de rĂ©torsion subies, les essais, les tâtonnements faits par les uns et les autres, la rĂ©alitĂ© quotidienne des uns et des autres, qu’est-ce qu’on peut faire dans l’immĂ©diat,…. vers quelle autre Ă©cole vous voudriez aller.

- ConnaĂ®tre, faire connaĂ®tre, comprendre, se comprendre, rĂ©sister, construire. “

MERCI BERNARD!

Et maintenant…Ă  vous!

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Droit de réponse à Natacha Polony

Parole d'instit', actualité, débat 30 commentaires

Si Natacha Polony m’avait interviewĂ©e…aux cĂ´tĂ©s de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcĂ©ment rĂ©pondu comme elle eĂ»t souhaitĂ© que je l’eusse fait…

Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, Ă  improviser un dialogue dont les rĂ©pliques de A sont toutes directement issues de “l’enquĂŞte” du Marianne de cette semaine, intitulĂ© “Les instits sont-ils encore les hussards de la RĂ©publique?”

Pour vous l’Ă©cole aujourd’hui c’est quoi?

A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

B: Le reflet de la vie quotidienne.

Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

A: Un monde Ă©trange qui ne ressemble pas Ă  ce que j’avais espĂ©rĂ©.

B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

Selon vous, quelle est la mission de l’Ă©cole primaire?

A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la RĂ©publique. Ils Ă©taient le pilier sur lequel reposait l’Ă©difice social et politique. Aujourd’hui l’Ă©cole primaire est en crise, la sociĂ©tĂ© est bouleversĂ©e, l’Ă©cole dĂ©stabilisĂ©e.

B: “Nos” Ă©coliers sont nĂ©s Ă  l’aube du XXIème siècle. Eux seuls dĂ©tiennent les clĂ©s du futur. Il me semble alors que la mission de l’Ecole est de les aider Ă  vivre pleinement leur prĂ©sent d’Ă©colier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, cĂ´te Ă  cĂ´te et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un dĂ©fi car cela signifie qu’on regarde enfin les Ă©coliers comme des enfants d’aujourd’hui Ă©ducables et respectables.

Pour vous, c’est plutĂ´t “instituteur” ou “professeur des Ă©coles”?

A: Il y avait de la beautĂ© dans ce titre: instituteur. “Professeur des Ă©coles” est un titre prĂ©tentieux, boursoufflĂ©. PĂ©tris de sciences de l’Ă©ducation, ils ne sont plus ces missionnaires vĂ©nĂ©rĂ©s pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les aurĂ©olait.

B: Mon mĂ©tier ne se rĂ©sume ni Ă  un titre ni Ă  un statut, encore moins Ă  l’allĂ©gorie statufiĂ©e d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passĂ© plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pĂ©dagogue mais dans mes dĂ®ners entre amis je dis volontiers maĂ®tresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

Justement, les parents, quels rĂ´les jouent-ils dans l’Ă©ducation?

A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières Ă  leurs enfants. Ils nous menacent quand les rĂ©sultats sont mauvais et exigent, pour des Ă©lèves de maternelle de connaĂ®tre le programme de mathĂ©matiques et de français. C’est Ă  nous de les Ă©duquer. Les gamins passent leur journĂ©e devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

B: Les parents sont les premiers dĂ©stabilisĂ©s par une sociĂ©tĂ© qui les harcèle. Soumis aux intempĂ©ries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’Ă©cole n’est certes pas un centre d’Ă©coute familiale mais elle doit prendre en considĂ©ration certaines donnĂ©es sociĂ©tales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide Ă  la parentalitĂ©, c’est fermer la porte Ă  l’Ă©ducation d’une grande partie de nos Ă©lèves.

Enseignant, une mission ou une profession?

A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un mĂ©tier qu’ils savent un peu Ă  part, certains l’acceptent, s’en font un Ă©tendard, d’autres le refusent au nom de la “professionnalisation.”

B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’Ă©ducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers “attributs”, tant ils sont liĂ©s les uns aux autres et surtout liĂ©s au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux rĂ©gner fut une stratĂ©gie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles mĂ©thodes. A commencer par apprendre Ă  lire. N’est-ce pas une Ă©vidence?

A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de libertĂ©. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sĂ»r, Ă©videmment, Ă©normĂ©ment, passionnĂ©ment. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de lĂ  Ă  croire que dĂ©chiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de RubemprĂ© ou de Lolotte, il y a lĂ  un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre Ă  beaucoup bien des illusions!

L’Ă©chec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frĂ©mir?

A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur mĂ©tier et le refus d’assumer les Ă©checs du système, qu’ils prĂ©fèrent attribuer aux inĂ©galitĂ©s sociales et Ă  des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir Ă©mancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dĂ©valoriser eux-mĂŞmes l’Ă©cole en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rĂ´le majeure de l’Ă©ducation. Le reste doit ĂŞtre dictĂ© par le pragmatisme et l’Ă©valuation des rĂ©sultats.

B: Et si on arrĂŞtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par lĂ , oui il y d’immenses progrès Ă  faire en terme d’Ă©ducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturitĂ© et d’un manque total du sens des rĂ©alitĂ©s et des responsabilitĂ©s. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des Ă©lèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une Ă©cole ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls rĂ©sultats chiffrĂ©s. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se rĂ©duit pas Ă  une somme de notes. La part humaine de l’Ă©colier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

Et la maternelle, fleuron de l’Ă©cole française ou dĂ©bâcle annoncĂ©e du système?

A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intĂ©grer aux enfants des repères temporels, de les prĂ©parer Ă  devenir des Ă©lèves, c’est Ă  dire Ă  contrĂ´ler leurs pulsions et Ă  se tenir silencieux et concentrĂ©s. Il m’arrive d’inspecter des Ă©coles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilĂ©e dans la classe. ActivitĂ©s de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’Ă©couter. L’enjeu est clair, pour dĂ©fendre cet outil formidable qu’est la maternelle, Ă  la française, il faut le repenser, le rĂ©former dans le sens de l’exigence.

B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’Ă©cole ait inventĂ© mais qui reste Ă  rĂ©inventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de dĂ©couverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur Ă©lève, elle doit rĂ©vĂ©ler l’enfant. C’est bien diffĂ©rent.

Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des Ă©coles jouent un rĂ´le fondamental dans le processus d’Ă©mancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral nouĂ© il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

B: Je propose 5 entrĂ©es en matière pour une rĂ©flexion en profondeur sur ce pacte d’Ă©ducation: l’Ecole pour tous, l’Ecole de tous, l’Ecole comme rempart contre l’exclusion, l’Ecole comme vecteur d’accès au monde, l’Ecole comme moyen de partage. Les programmes et les rĂ©formes doivent ĂŞtre pensĂ©s en fonction des Ă©lèves et non pour coller Ă  une sociĂ©tĂ© qui ne sera de toute façon pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rĂŞves, pas les nĂ´tres.

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Concertation, organisation, planification.

La classe, humour 6 commentaires

Mercredis libĂ©rĂ©s ou concertĂ©s…

Quand une Ă©quipe d’enseignants se rĂ©unit, savez-vous de quoi il est question?

Les tables de la classe disposées en U ou en T , ça commence toujours par un bon petit café.

Mercredi de concertation, hum, le bonheur, aujourd’hui je peux arriver en retard, pourvu que je fasse un crochet chez DuprĂ© le boulanger, histoire de remplir ma sacoche de chouquettes. Vous savez ces petits choux tout creux et saupoudrĂ©s de gros sucre…

A chacun selon son humeur, on s’installe. Brouhaha gĂ©nĂ©ral. Pas plus indisciplinĂ©s que des instits en pleine rĂ©union!

Bon, allez, que la fĂŞte commence…

“- Koi d’9 en Petite Section?

- Qui a vu le dernier film de Clint Eastwood?

- Hier, j’ai terminĂ© mon roman policier, je vous le conseille, l’assassin finit par…

- Chut! Tu vas nous gâcher le plaisir.

- Bon, et en Moyenne Section, rien Ă  signaler?

- Non, comme d’hab 7 Ă©lèves surdouĂ©s, et le double d’hyperactifs.

- Tu oublies les jumeaux LĂ©o et LĂ©a, ils savent dĂ©jĂ  lire et Mr et Mme BĂ©ats souhaitent qu’ils passent directement en CE1 mais alors, pas en CE1B, plutĂ´t en CE1A. Un A, ça fait mieux sur un dossier scolaire.

- OK, on passe Ă  la Grande Section. Ah, non, notre collègue est absente. Elle rencontre ce matin les responsables du CMPP pour discuter du cas de Basile, et de VĂ©ra et de Juline, et de MohĂ©ia, et de StĂ©phanel, et de Bernadote. je crois que c’est tout.

- Bon, en CP, vous ĂŞtes-vous mis d’accord sur le prochain livre de lecture? Faudrait pas tarder, les Ă©diteurs s’impatientent et les caisses sont bientĂ´t vides. D’ailleurs, elles sont vides!

- Pour les deux classes de CE1, pour vos prochains emplois du temps, il serait souhaitable de ne pas utiliser “la salle des boums” le mĂŞme jour. Nos voisins collĂ©giens se plaignent des rĂ©percussions sur leurs Ă©lèves: syndromes de gesticulation et manque de concentration Ă  l’Ă©crit. 

- Une proposition intĂ©ressante de votre collègue de CE2: nous pourrions nommer, l’annĂ©e prochaine, un prĂ©posĂ© au papier toilette pour Ă©viter chaque matin l’Ă©ternel problème…Un tableau des responsabilitĂ©s circule, Ă  vous de remplir la “case semaine” qui vous convient. Je demanderai Ă  la secrĂ©taire d’en faire un tableau Excel et de le photocopier de manière Ă  ce que chaque classe de l’Ă©tablissement sache qui fait quoi, oĂą et quand.

- Les CM1, c’est Ă  vous…

- Alors moi, j’ai une question: si l’on considère les Ă©valuations nationales depuis 5 ans, on peut facilement mettre en Ă©vidence que l’organisation des rythmes scolaires demande l’adaptation aux nouveaux programmes des modalitĂ©s de remĂ©diation pĂ©dagogiques.

- ??

- Ce que veut dire ma collègue,  c’est qu’elle reste fondamentalement persuadĂ©e que la conjoncture actuelle a pour consĂ©quence obligatoire l’urgente nĂ©cessitĂ© d’un plan correspondant vĂ©ritablement aux exigences lĂ©gitimes de chacun.

- Dites, lĂ , la sonnerie alarme, c’est un “essai pompier” ou c’est encore la photocopieuse qui a pris feu?!

- L’escalier de secours d’urgence est bloquĂ© et j’ai laissé les clĂ©s de l’accès Ă  la porte de l’escalier D dans le bureau du CPE.

- On fait quoi, lĂ ?”

Le mĂ©tier d’instit…un mĂ©tier multiple.

La pédagogie? A chacun selon ses mots.

Les concertations, de grands moments de vie!

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Les nouveaux programmes. Réactions à chaud.

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RAPPEL en PDF:  nouveaux programmes

1/ EN RESUME sur le site France 5 Education:

 Plus d’heures de français, de mathĂ©matiques, de sport et d’instruction civique mais aussi de la morale, tout cela en vingt-quatre heures de cours sur quatre jours… La rĂ©forme de l’école primaire prĂ©sentĂ©e par le ministre de l’Education nationale se veut recentrĂ©e “sur les fondamentaux”, via les acquis traditionnels : opĂ©rations, orthographe, grammaire et conjugaison. Dernière Ă©tape d’une rĂ©forme engagĂ©e en septembre 2007 avec la suppression des cours le samedi matin, Xavier Darcos a prĂ©cisĂ©, mercredi 20 janvier 2008, devant la presse, le contenu des programmes de l’école primaire. La philosophie du projet, qui fleure bon la tradition, avait Ă©tĂ© dessinĂ© par Nicolas Sarkozy quelques jours auparavant, lors d’un dĂ©placement Ă  PĂ©rigueux.

“Plus courts, plus clairs et plus ambitieux”, comme l’affirme leur prĂ©ambule, ces programmes, qui tiendraient dans leur Ă©tat actuel sur environ 36 pages du Bulletin officiel de l’Education nationale, contre 104 actuellement, sont marquĂ©s par le retour au bon vieux appris par cĹ“ur et sont resserrĂ©s sur “les fondamentaux” que sont la lecture, l’écriture et le calcul.

A l’origine de cette rĂ©forme, un rapport du Haut Conseil Ă  l’éducation, en septembre 2007, faisait Ă©tat de 15 % d’élèves en fin de CM2 avec de grandes lacunes dans ces disciplines. Au motif que “tout se joue Ă  l’école primaire”, il est dĂ©cidĂ© de faire porter l’effort sur cette partie de la scolaritĂ© et de “diviser par 3 en cinq ans le nombre d’élèves sortant du primaire avec de graves difficultĂ©s” et “par 2 le nombre de redoublants”.

Pour se faire, la semaine scolaire passera de vingt-six Ă  vingt-quatre heures en moyenne - le samedi Ă©tant “rendu aux familles”. Les deux heures gagnĂ©es seront, elles, rĂ©investies sous forme d’aide personnalisĂ©e aux Ă©lèves en difficultĂ© ou de travail en petits groupes.

En français, les grands classiques de l’apprentissage - récitation et rédaction - sont réhabilités. L’accent est mis sur la grammaire et la connaissance de l’ensemble des temps de l’indicatif, y compris le futur antérieur ou le plus-que-parfait.

De même, en mathématiques, la pratique du calcul mental fait son grand retour et on insiste sur la maîtrise parfaite des quatre opérations ou bien encore sur la connaissance de la règle de trois avant l’entrée au collège.

Enfin en matière d’histoire, l’enseignement devrait ĂŞtre fondĂ© sur la connaissance des grandes dates et des grands personnages qui jalonnent l’histoire de France, grâce Ă  “des repères chronologiques”.

Dans les nouveautĂ©s, l’éducation civique est remplacĂ©e par des cours d’instruction civique et de morale fondĂ©s sur des grands principes ou maximes juridiques, comme “La libertĂ© de l’un s’arrĂŞte oĂą commence celle d’autrui”. Un retour des leçons de moral et de politesse qui devra se matĂ©rialiser Ă  la fin du CE1 pour l’élève, par la reconnaissance des symboles de la RĂ©publique française, se lever au son de la Marseillaise ou bien encore l’usage du “vouvoiement avec leur enseignant”.

Libres de choisir leurs mĂ©thodes dans l’application de ces nouveaux programmes, les enseignants seront en revanche dĂ©sormais Ă©valuĂ©s tous les deux ans, par un nombre d’inspecteurs augmentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2009, et la prioritĂ© sera donnĂ©e aux rĂ©sultats. Les performances de chaque Ă©cole seront ensuite communiquĂ©es aux familles, selon des modalitĂ©s qui seront dĂ©finies “au cours des prochaines semaines”, selon le ministre de l’Education nationale.

PrĂ©sentĂ©e comme une “rĂ©volution culturelle de l’essentiel” par Xavier Darcos, la rĂ©forme de l’école primaire est jugĂ©e comme “un retour aux vieilles recettes”, par SĂ©golène Royal, favorable Ă  une “Ă©cole qui innove”. Un terme Ă©galement utilisĂ© par les syndicats enseignants qui ironisent sur le retour de l’école “bonnet d’âne” des annĂ©es 50 et demandent, pour certains, Ă  l’ancien professeur de français de revoir sa copie.

2/ Ci-après, une rĂ©action recueillie sur le site de  l’ICEM  

(Institut CoopĂ©ratifde l’Ecole Moderne)

Un point de vue. Celui de Catherine Chabrun.

24 heures chrono !

Dans notre système éducatif à modèle descendant où Polytechnique détermine le lycée qui lui-même détermine le collège le tout en cascade jusqu’en maternelle, il était logique de faire peser sur les épaules du primaire la responsabilité de l’échec scolaire.

Dans sa « révolution culturelle »de 36 pages, Xavier Darcos présente des programmes « recentrés sur l’essentiel », du socle commun on ne garde que les piliers chers à l’Europe, on rejette la complexité, la transversalité qui les articulaient pour privilégier l’empilement de couches simples de fondamentaux.

Que ce soit en français ou en mathématiques on augmente ainsi le nombre de savoirs opératoires, mécaniques et on retire tout ce qui était ambitieux dans les programmes de 2002.   

Surtout pas de temps à perdre, car tout doit tenir en 24 heures !

Entre les dix heures de français, les cinq heures de mathématiques, les quatre heures de sport et l’heure et demie de langue vivante, que restera-t-il  à la « culture humaniste » ?  Aux sciences ? A l’éducation artistique ?

Avec des horaires spécifiques et cloisonnés, une programmation annuelle qui dénie les cycles, ce seront 24 heures compartimentées, morcelées en disciplines et sous disciplines, le tout en conformité avec des manuels dont « l’appui »  est fortement conseillé. Un manuel de vocabulaire, un autre de grammaire …un manuel de calcul un autre de géométrie. Plein de petites leçons illustrées qu’il faudra bien apprendre à la maison ou avec les associations d’aide aux devoirs  !

Une triste certitude : le fossé culturel se creusera davantage pour tous les enfants qui n’ont que l’école pour y accéder. L’accompagnement éducatif sera-t-il chargé de compenser le déficit ? Quant aux enfants qui resteront deux heures de plus à l’école, feront-ils le plein de « fondamentaux » pendant que les autres profiteront de l’offre familiale ou associative d’activités culturelles ?   

Questionner, rechercher, tâtonner, comprendre, réinvestir, confronter ce n’est plus l’air du temps !

Ce sont des pratiques dangereuses, des restes de l’HĂ©ritage de 68 qu’il faut dĂ©finitivement enterrer  ! Comme nous le confirme notre Ministre « L’Ă©cole primaire doit rester garante de l’idĂ©al rĂ©publicain : permettre Ă  chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et Ă©clairĂ© » 

L’instruction voilà le mot qu’il fallait dire !Si l’éducation rimait avec construction, compréhension, émancipation,  l’instruction elle, rime avec mémorisation, récitation, rédaction. Ce choix de  terminologie à l’ancienne est cohérent avec la teneur rétro des programmes  en relevant particulièrement ceux d’histoire et de géographie qui se cantonnent au territoire national. 

Et naturellement  l’éducation civique se métamorphose en instruction civique et morale.

Dès le CP, on vise en premier l’obéissance, les réflexes du bon écolier : se lever quand un adulte entre dans la classe ou quand il entend la Marseillaise, les formules de politesse, le vouvoiement et les « maximes illustrées » de morale. « Coopérer à la vie de la classe », se réduit à effectuer les services de distribution et de rangement, on est loin de la coopération et de la vie de classe !

Au Cycle 3, sur le registre de la transmission, de l’injonction parfois seront étudiés aussi bien la règle de droit, que les différentes règles de politesse, de sécurité, les préventions des risques, les dangers,  les refus de discrimination, que l’étude des institutions françaises et européennes. Quelques bons manuels devraient suffire !

On ne construit pas, on ne pratique pas, on ne participe pas, on décrit, on apprend, on récite pour avoir de bonnes notes.

C’est ça la réussite scolaire  ?

Catherine Chabrun

22 février 2008

Retrouvez sur ( le site ) aux cĂ´tĂ©s de celui-ci, d’autres textes d’analyse.

 

3/ Et maintenant…ma petite touche “bleu primaire” à dĂ©couvrir sur le site  (d’Infobourg France).

Sans oublier de (re)lire l’article du 15 mars sur le sujet: (“hier un niveau scolaire plus Ă©levĂ©?”).

 

ET VOUS?

VOS COMMENTAIRES?

VOS POINTS DE VUE?

VOS REACTIONS?

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Hier, un niveau scolaire plus élevé?

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            Certes. Certains seraient tentĂ©s, en toute honnĂŞtetĂ©, de l’affirmer. Mais de quel HIER parlons-nous?

Dressons donc ensemble le portrait de cet Ă©lève modèle “d’hier”, celui qui nous fait tant rĂŞver, qui traverse les âges, dont on ne cesse de vanter les mĂ©rites, gĂ©nĂ©ration après gĂ©nĂ©ration…L’Ă©lève d’HIER…

Ah….de mon temps…Je crois entendre parler l’ancĂŞtre Charlemagne, et tous les autres derrière lui, dans un long cortège de litanies psalmodiantes.

En ce temps, lĂ , donc, vivait un jeune enfant…. “Ă©lève obĂ©issant, incollable en histoire et gĂ©ographie (les leçons se limitant Ă  l’étude de la Gaule, au mieux, de la France mĂ©tropolitaine et d’outre mer) ; irrĂ©prochable en calligraphie (de nombreuses heures Ă©tant rĂ©servĂ©es Ă  la seule copie) ; excellent en calculs mathĂ©matiques (les quatre opĂ©rations Ă©tant l’unique champ d’investigation) ; Ă©loquent Ă  l’oral comme Ă  l’écrit (une seule langue, une seule littĂ©rature, comme rĂ©fĂ©rents linguistiques et humanistes) quant Ă  la culture gĂ©nĂ©rale, elle se bornait Ă  la culture commune, c’est-Ă -dire Ă  une culture franco-française. Il ne s’agit pas de faire un inventaire simplificateur et rĂ©ducteur des connaissances dĂ©livrĂ©es par le passĂ©. Il s’agit juste de procĂ©der Ă  un constat objectif. Car si nous voulons comparer le niveau scolaire “d’hier” Ă  celui d’aujourd’hui, n’omettons pas, dans notre analyse, d’y insĂ©rer la vision particulière du monde, Ă  un moment particulier de notre histoire, et de dĂ©finir le fameux “HIER” dont on parle. (UnitĂ© de lieu, de temps, de personnage, cela vous rappelle quelque chose?)

Depuis Ferry, en passant parla quatrième et cinquième République, le temps s’est écoulé, l’eau est passée sous les ponts, et les repères ont évolué. Le niveau n’est plus le même car le lit de la rivière non seulement s’est élargi, mais il s’est déplacé. Métaphore, j’en conviens, mais qui traduit bien l’essentiel de ce propos.  Il faut le rappeler, l’exigence d’HIER ne connaissait ni la mondialisation, ni la massification, ni la pluri culturalité. Elle pouvait donc se prévaloir d’une orthographe irréprochable et d’une grammaire compréhensible. Chaque élève parlait français puisque tous les élèves étaient français. Il n’est pas ici question de reporter la faute sur quiconque, mais juste de prendre conscience d’une réalité que certains semblent oublier ou ignorer.  Le niveau pouvait être plus élevé puisqu’il ne prenait en compte ni les élèves étrangers (il y en avait très peu), ni les enfants « différents » qu’on laissait naturellement en marge, silencieux, résignés, inexistants au regard de la société ; tous ces élèves peuvent au XXIème, dans notre, votre et leur école, exprimer leur existence et leur droit à l’éducation, quelles que soient leurs handicaps.  

J’ose le proclamer, nos Ă©lèves d’aujourd’hui sont plus ouverts au monde que ceux d’hier. Les connaissances* globales offertes par des moyens de communications puissants, divers et variĂ©s, ainsi que la dĂ©mocratisation de l’école l’ont emportĂ© sur le savoir unique et bilatĂ©ral du livre et du cahier d’école, auparavant, seuls rĂ©fĂ©rents. L’instituteur d’alors, dans une relation verticale et unilatĂ©rale avec l’élève, lui apprenait Ă  lire, Ă  compter et livrait sa bonne parole au travers de la «leçon de choses». Les compĂ©tences* du jeune enfant n’intervenaient que très peu, et ne lui permettaient en rien de s’autonomiser, c’est Ă  dire de prendre son intelligence en main ; bon exĂ©cuteur et parfait rĂ©pĂ©titeur, voilĂ  le contrat que le maĂ®tre passait avec son Ă©lève. D’une part, le champ d’investigation ne concernait qu’un ensemble de connaissances nettement plus limitĂ©es, d’autre part, les aptitudes n’intervenaient en rien dans les Ă©valuations finales ; par voie de consĂ©quences, ces dernières obtenaient fatalement de meilleurs rĂ©sultats. Et si nous faisions passer le brevet des collèges ou baccalaurĂ©at aux gĂ©nĂ©rations passĂ©es, certes l’orthographe obtiendrait de bien meilleurs rĂ©sultats, mais et le reste ? ? La culture d’une nation se borne-t-elle Ă  l’orthographe, si incontournable soit-elle ?

L’école de ma rue, de mon quartier, de ma ville, ressemble désormais à un vaste champ culturel, à une peinture du monde, colorée et vivante, à une fenêtre ouverte sur un horizon aux multiples couchers de soleil. Envolée lyrique s’écrieront certains, nouvel enjeu philosophique penseront d’autres. Pour ma part, pour celle de nombreux enseignants, il est question ici de notre réalité quotidienne. Une  multiplicité de visages qui fait notre bonheur et notre malheur tout à la fois. Joies partagées autour de la diversité, difficultés véhiculées par cette même diversité. En ce qui me concerne, je ne vois pas ici un problème majeur insoluble, mais bien l’émergence d’une problématique nouvelle à laquelle il faudra nécessairement réfléchir, sans tabou, sans idéologie, sans nostalgie mais avec prudence, exigence et bienveillance. L’école ne doit ni se résigner à un insupportable nivellement par le bas, ni succomber au réflexes réactionnaires qui conduisent à l’exclusion et au communautarisme.

 C’est pourquoi il faut inévitablement analyseret réévaluer conjointement multiplicité et qualité des enseignements dispensés pour que l’école reste, non seulement un lieu d’ouverture sociale et humaine, mais également un lieu d’apprentissages des connaissances et des savoirs disciplinaires. Un lieu qui dispense, avec une vision pluri dimensionnelle, les éléments précis et définis préalablement. Un lieu qui évalue pour chacun selon une grille commune, les différents acquis. Un lieu de vie, de partage et de progrès. Un lieu où familles et enseignants avancent conjointement. 

Un niveau scolaire plus Ă©levĂ© hier qu’aujourd’hui ? Une meilleure rĂ©ussite, ici que lĂ -bas ? Un avenir plus ceci ? Des professeurs moins cela ? Le  voilĂ , notre mal, le mal de la hantise de l’assiette du voisin. La seule rĂ©ussite, si tentĂ© qu’on puisse la dĂ©finir, ne suffit dĂ©jĂ  plus Ă  dissiper nos peurs phobiques du « moins bien qu’hier », et du « mieux que demain ». Savoir que peut-ĂŞtre le prĂ© d’à est plus vert que le nĂ´tre, que peut-ĂŞtre la fille de telle amie a obtenu un dixième de plus que la nĂ´tre a sa moyenne gĂ©nĂ©rale du mois de mars, que peut-ĂŞtre la maĂ®tresse de CP1 donne 15 minutes de plus de travail Ă  la maison que celle du CP2, que peut-ĂŞtre l’avenir  de notre nation se joue dans une cour de rĂ©crĂ©ation, que peut-ĂŞtre, oui, peut ĂŞtre…

Alors, pour affronter l’insupportable incertitude, on dramatise.Pour exorciser l’insurmontable lendemain, on s’agite en tous sens, on dresse, chaque printemps le palmarès des vraies meilleures Ă©coles et des fausses vraies bonnes mĂ©thodes. Pourcentages, rubrique par rubrique, tableaux Ă  multiples entrĂ©es, courbes de gausse factorisĂ©es par annĂ©es, par siècles, par quartiers, par pays, par continents. Oui le voilĂ  notre mal. L’orgueil, l’envie, l’insatisfaction, le doute permanent. En un mot, l’ego. Un ego sur-dimensionnĂ© sans cesse Ă  revaloriser, sans cesse Ă  réévaluer. Alors, on se perd en calculs appliquĂ©s, en taux, en algorithmes. Et bien Ă©videmment, Ă  ce petit jeu, on s’aperçoit avec jalousie qu’il y a toujours mieux et on s’indigne avec frĂ©nĂ©sie, qu’il y a encore pire.

Et si nous apprenions Ă  vivre, ici, lĂ , maintenant. Ici, dans ma classe, lĂ  avec mon enfant, maintenant avec mes Ă©lèves. Et si nous apprenions Ă  vivre au prĂ©sent de l’indicatif. Car à ce petit jeu du “mieux hier qu’aujourd’hui”, le passĂ© antĂ©rieur et le conditionnel prĂ©sent finiront par engloutir le prĂ©sent d’incarnation, temps de notre prĂ©sence, temps de notre respiration, temps de leur existence, temps Ă  vivre avec eux, nos Ă©lèves, avec eux, nos enfants. Temps de la connivence et du partage. Le premier temps simple, le prĂ©sent de l’indicatif .

Ostiane, ni journaliste, ni experte, ni politique, ni de droite, ni de gauche, juste instit’

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La semaine de la presse Ă  l’Ă©cole

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Un sujet lancé sur le forum du webpédagogique:

En 2007, la 18e édition de la semaine de la presse a réuni 4 334 488 élèves de la maternelle à l’université et 392 579 enseignants issus de 13 040 établissements.Le thème proposé cette année aux enseignants et aux élèves est « Une info, des médias ». C’est l’occasion pour aider les élèves à comprendre le système des médias, à former leur jugement critique, à développer leur goût pour l’actualité et à forger leur identité de citoyen.


Vous pouvez voir le site ( 
http://www.clemi.org ) pour avoir plus d’informations.

Certains de nos quelques blogueurs ont déjà traité cet événement dans leurs blogs !
DĂ©couvrez ce qu’est une bonne couverture de magazine avec Florence Travers ici :
(
http://lewebpedagogique.com/cdiardilliers/2008/03/05/quest-ce-quune-bonne-couverture-de-magazine/)


ou bien ce qu’a prĂ©vu de faire le CDI de Saint Michel des Batignolles Ă  cette adresse :
(
http://lewebpedagogique.com/cdismdb/2008/01/14/semaine-de-la-presse/)

Et vous, qu’allez-vous faire dans votre Ă©tablissement ?

avatar Ma petite bafouille

Bon, je vais ĂŞtre un peu directe et très provocatrice…la semaine de la presse, la semaine de la poste, la semaine du goĂ»t, la semaine du recyclage, la semaine des mĂ©tiers, la semaine du poil Ă  gratter et des coccinelles. Tout cela est bien joli, mais dans la vie, je veux dire la vraie vie…les choses fonctionnent-elles ainsi? Imagine-t-on la semaine de la douche, la semaine du bonjour/merci, la semaine du sport et bientĂ´t la semaine de l’Ă©cole! Y’en a qui vont ĂŞtre contents!


Non, plus sĂ©rieusement, l’Ă©cole a Ă©videmment besoin de ces ouvertures sur le monde et sur toutes ces rĂ©alitĂ©s externes Ă  l’institution scolaire. Mais pour que ces ouvertures aboutissent Ă  un semblant de rĂ©els apprentissages, elles nĂ©cessitent bien davantage qu’un simple slogan hebdomadaire. Seul un vĂ©ritable travail de cycle et de projet peut accompagner l’enfant-Ă©lève Ă  la prise en compte de toutes ces donnĂ©es sociĂ©tales. Et le temps… N’oublions pas l’incontournable inscription dans la durĂ©e, l’expĂ©rimentation, la latence, la maturation que rĂ©clame tout apprentissage.

Empiler des semaines thĂ©matiques comme on enfile des perles Ă  un collier, le visuel peut s’avĂ©rer agrĂ©able certes, mais l’essentiel ne rĂ©side-t-il pas Ă  savoir assortir la parure au reste du vĂŞtement et plus encore, le vĂŞtement Ă  la situation concrète?

NĂ©anmoins, pour ĂŞtre juste, il faut savoir accueillir sans le fustiger, ce qu’il y a de positif dans ces dĂ©marches: l’information diffusĂ©e auprès des professionnels de l’Ă©cole, le partage des connaissances et les pistes pĂ©dagogiques qui s’y rattachent sont autant d’outils fort apprĂ©ciables pour des enseignants qui ne peuvent tout savoir sur tout mais Ă  qui on demande de tout enseigner….

Il faut donc le reconnaĂ®tre, ces semaines thĂ©matiques offrent, Ă  l’adulte avant tout, une visibilitĂ© sur certains domaines ou secteurs particuliers dont il ignore tout ou presque. A lui, à nous, adultes-enseignants, par la suite, en fonction de notre classe, de nos projets et de nos prioritĂ©s, de les mettre Ă  portĂ©e de nos Ă©lèves; ce qui passe nĂ©cessairement par un vĂ©ritable travail d’exploitation de ces donnĂ©es avec l’objectif in fine, non pas d’Ă©valuer en la matière, le niveau de connaissances des Ă©lèves, mais bien de permettre Ă  ces Ă©lèves-citoyens de mieux discerner, mieux se distancer, mieux apprĂ©hender un monde dans lequel ils doivent apprendre Ă  Ă©voluer en toute autonomie, en toute libertĂ©…et cela demande bien plus qu’une semaine, c’est Ă  dire 4 jours!

Si l’enseignant se contente, si je me contente d’un affichage-bricolage sur le sujet Ă  traiter en imaginant une seule seconde que le sujet est traitĂ©…c’est ici que j’Ă©mets des rĂ©serves quant au bien-fondĂ© de ces apprentissages “clĂ©s en main.”

Apprendre Ă  l’Ă©lève à comprendre, assimiler, rĂ©utiliser, transfĂ©rer ces enseignements en dehors de la classe de manière Ă  ce qu’il s’en empare Ă  juste titre et dans un cadre adĂ©quate, tel est l’enjeu…telle est la mission Ă©ducative de l’Ă©cole hors de l’enceinte sanctuarisĂ©e de ses murs. Le savoir se partage. Sans ce partage il est vouĂ© Ă  l’idĂ©ologie. Mais je sors du sujet…dĂ©formation passionnelle et professionnelle!

Pour synthétiser, je dirai:

Oui Ă  la complĂ©mentaritĂ© des acteurs entre l’Ă©cole et la sociĂ©tĂ© dans son ensemble.

Oui pour un partage des savoirs et savoirs-faire au niveau des adultes.

Oui Ă  l’introduction Ă  l’Ă©cole de ces donnĂ©es sociĂ©tales.

Oui pour un travail de projet par cycle* dans l’enceinte des Ă©tablissements.

Non à la compilation névrotique de ces semaines thématiques.

Non au QCM systĂ©matique “vu, pas vu” ou bien “acquis, non acquis” pour ce qui relève de ces apprentissages.

Enfin, pour terminer cette analyse, une suggestion toute personnelle:

Pourquoi ne pas introduire, au sein mĂŞme de la formation initiale des maĂ®tres, un cursus particulier relatif Ă  ces thĂ©matiques et qui, de fait, introduirait inĂ©vitablement le concept de PEDAGOGIE DE PROJET et la mise en route effective de la rĂ©forme des cycles, laquelle, il faut l’avouer ne reste encore, à ce jour, qu’une belle idĂ©e sur une nième circulaire.

Un peu de pratique, alliĂ©e à beaucoup de thĂ©orie, elle-mĂŞme fondĂ©e sur l’acte pĂ©dagogique, soulagerait et Ă©clairerait bien des enseignants au sortir de l’IUFM.

Et vous, qu’en pensez-vous?

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Nouveaux programmes…

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PETITE REVUE DE PRESSE PERSO LUE DANS INFOBOURG FRANCE6 mars 2008
Consultation du grand public sur les nouveaux programmes de l’Ă©cole primaire
CommuniquĂ© de presse du ministère de l’Éducation nationale
Ă€ compter du mercredi 5 mars 2008, sur le site www.education.gouv.fr, le ministère de l’Éducation nationale invite le grand public Ă  s’exprimer jusqu’Ă  la fin du mois de mars sur le projet de nouveaux programmes de l’Ă©cole primaire.
Plus courts et rĂ©digĂ©s de façon Ă  ĂŞtre compris par tous, ces nouveaux programmes, qui respectent la libertĂ© pĂ©dagogique de l’enseignant, indiquent les connaissances et compĂ©tences que doit acquĂ©rir chaque Ă©lève Ă  chacune des Ă©tapes de sa scolaritĂ©. La rĂ©organisation du temps scolaire et la réécriture des programmes sont les grands axes de la rĂ©forme de l’Ă©cole primaire prĂ©sentĂ©e par Xavier Darcos le 20 fĂ©vrier dernier.Source : communiquĂ© de presse du ministère de l’Éducation nationale
 
PETITE REPONSE PERSO
9 mars 2008
ostiane mathon, PARIS

De nouveaux programmes…
S’il s’agit de resserrer les mots pour Ă©largir l’esprit. OUI.
S’il s’agit de recentrer les connaissances pour libĂ©rer les apprentissages. OUI.
S’il s’agit de concentrer les efforts pour partager le savoir. OUI.
S’il s’agit de flatter l’opinion. NON.

L’Ă©cole est certes l’affaire de tous, mais tout le monde n’est pas professionnel de l’enseignement.
Qu’on demande l’avis au grand public, soit. Une meilleure coopĂ©ration des familles et des enseignants semble aujourd’hui nĂ©cessaire et incontournable. Mais, après la commission des grands experts et le dĂ©bat grand public, pourrait-on aussi, un jour, demander l’opinion du maĂ®tre de terrain? Je ne parle pas des reprĂ©sentants syndicaux, non, des enseignants tout court!
Ostiane Mathon
ET VOUS? Qu’en pensez-vous? La question posĂ©e de manière si ouverte ne vous paraĂ®t-elle pas suspecte? Les fondamentaux…tout le monde est d’accord…Mais comment les acquĂ©rir et avec quels objectifs?Tous les parents souhaitent la rĂ©ussite de leurs enfants. Tous les enseignants souhaitent la rĂ©ussite de leurs élèves. Mais soyons honnĂŞtes, que recherchons-nous avant tout? L’accomplissement de nos propres rĂ©ussites Ă©ducatives et pĂ©dagogiques, ou bien la pleine rĂ©alisation de nos Ă©lèves-enfants? A cette dernière question, la rĂ©ponse n’est pas Ă©vidente. Je suis mère, je suis enseignante, et entre mes convictions profondes et mes attitudes sociales, je l’avoue, il m’arrive souvent d’affronter mes propres contradictions. La chose n’est pas aussi simple qu’on voudrait nous ou vous le faire croire…(Rien n’est simple en Éducation)L’avenir de l’Ă©cole ne tient pas dans la seule question des fondamentaux. (Sujet Ă  aborder, il est vrai)  Le devenir de nos enfants ne se jouent pas dans l’arène d’un forum. Ils mĂ©ritent mieux qu’un vrai faux dĂ©bat (Car prĂ©-entĂ©rinĂ©.) Les parents mĂ©ritent plus qu’un miroir aux alouettes.(Demain, tout ira bien!)

Les enseignants mĂ©ritent davantage que le mĂ©pris, ou peur ĂŞtre plus modĂ©rĂ©e, disons, la toute puissance des gouvernants (gauche/droite confondues…)

ALORS, QU’EN PENSEZ-VOUS?

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L’Ă©cole et la Shoah (Ter)

Action, actualité 3 commentaires

La Shoah, oui, les enseignants ont Ă  coeur, et depuis bien longtemps, d’en transmettre la mĂ©moire. Certains n’ont pas dĂ» s’en apercevoir, alors hip hup barbatruc, ils nous pondent une nouvelle circulaire. Eh oui, c’est ainsi, les enseignants s’Ă©vertuent dans le silence de leur classe, et les classes politiques, elles, reprennent et transforment Ă  leur manière l’action Ă©ducative en textes officiels. C’est sĂ»r, cela fait joli dans un press-book ministĂ©riel ! “Vous voyez, lĂ , la circulaire n° 3 554 799 876 930 087 665, c’est MĂ´a”

L’exemple en est ici flagrant: (mes petites incursions)

Extrait d’un article du Monde du 27 fĂ©vrier:

Le ministre de l’Ă©ducation, Xavier Darcos (Mr MĂ´a ci-dessus citĂ©), a soulignĂ© pour sa part que les membres de la mission (y a-t-on invitĂ© des instits’?) s’Ă©taient efforcĂ©s d’harmoniser leurs analyses et d’apprĂ©hender l’ensemble des difficultĂ©s pour prĂ©venir tout “refus de ce travail nĂ©cessaire” (pardon?) par les professeurs. Il a insistĂ© sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’appliquer “un formatage unique” (oh la bonne idĂ©e) Ă  toutes les classes mais de proposer “des dĂ©marches diverses adaptĂ©es aux circonstances” (quel pĂ©dagogue inspirĂ©!) et de “respecter la libertĂ© pĂ©dagogique” (dĂ©magogie bonjour!) des enseignants. Pour le ministre, ces travaux permettront de faire en sorte que “la bonne idĂ©e du prĂ©sident de la RĂ©publique soit transformĂ©e en dĂ©marche pĂ©dagogique”. (Non mais je rĂŞve!)

Mais laissons la polĂ©mique aux polĂ©miqueux et revenons Ă  notre propos. Et surtout, revenons en classe…Vous savez, lĂ  oĂą il y a tout plein de petits Ă©lèves teigneux et d’enseignants grincheux…(Mais non, je blogue, enfin je blague quoi…)

Voici donc, plus sĂ©rieusement, quelques pistes et quelques liens (oĂą cliquer) qui peuvent donner des idĂ©es aux enseignants nouvellement nommĂ©s en CM2. (La fiche de voeux…c’est en ce moment!)

1/La littérature offre de merveilleux témoignages :

a/ (Primo Lévy) bien sûr.

b/ (Le journal d’Anne Franck) Ă©videmment.

2/La culture cinématographique, avec deux coups de coeur, pour ce qui me concerne:

a/ Le film majestueux de Roberto BĂ©nigni (La vie est belle”)

b/ Et encore “la colline aux 1000 enfants” de Jean-Louis Lorenzi.

Automne 1941, quelques mois avant la rafle du Veldhiv, les juifs sont en danger en France. Au mĂŞme moment, dans un petit village, Clara vient demander asile au Pasteur. Le dimanche, il lance un appel Ă  la charitĂ©, entendu par tous. Des dizaines d’enfants dĂ©barquent alors au village…

3/Également, au service le l’accompagnement des enseignants, il existe des centres de ressources très instructifs.

Un lieu aujourd’hui incontournable, le MĂ©morial de la Shoah.

Je vous propose de (visionner )cette vidĂ©o, enregistrĂ©e par le Web pĂ©dagogique, auprès d’un de leurs formateurs, au salon de l’Ă©ducation en novembre 2006. (Et oui, avant la dite circulaire!)

Un autre site  (France 5 )aujourd’hui rebaptisĂ© Curiospère TV, contribue lui aussi, Ă  l’information par la connaissance et à la formation pĂ©dagogique par l’accompagement.

Le MĂ©morial de la Shoah offre de nombreuses et prĂ©cieuses documentations, et notamment pour ce qui concerne le primaire, une initiation Ă  l’enseignement de la Shoah, grâce au ( grenier de Sarah.)

Autre centre de ressources, ( la fondation) on trouve Ă©galement une mine d’informations, de tĂ©moignages, de textes de rĂ©fĂ©rences.

Et puis n’oublions pas les mairies et les registres. Une manière de travailler avec sa classe en chercheur, en abordant ce travail comme un historien guidĂ© par la dĂ©marche scientifique.

Alors voilĂ , ces enfants de la Shoah, on ne les a pas oubliĂ©s. On ne les oubliera pas. Ils sont inscrits dans notre mĂ©moire collective. La transmission de cette mĂ©moire me semble effectivement un devoir d’homme, un devoir de citoyen, un devoir d’humaniste. Il est certain que le lien gĂ©nĂ©rationnel qui nous reliait Ă  cette pĂ©riode sombre de notre Histoire s’estompe du simple fait du temps qui passe. Les tĂ©moins disparaissent. Les victimes et enfants de victimes vont disparaĂ®tre. Nous avons donc Ă  rester vigilants afin que les gĂ©nĂ©rations futures ne se retrouvent jamais dans la position de dire “Mais nous ne savions pas!”.

Pour autant, prenons garde aux mots, aux images, aux traces. Il ne peut ĂŞtre non plus question de  sortir ces enfants de leur tombeau, de leur voler leur histoire au nom de l’Histoire. Ils ont droit au repos. Certains dĂ©sirent mĂŞme peut-ĂŞtre restĂ©s anonymes? Qui sait?

VoilĂ , une petite contribution personnelle.

Et vous?

Quelles sont vos sources et vos ressources?

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L’orthographe Ă  la Une…

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L’orthographe, une patate chaude…titre ( le Monde ) dans un rĂ©cent article.

Danièle Manesse, professeure de sciences du langage, y analyse avec luciditĂ© et concision le problème de l’orthographe, notamment Ă  l’école primaire. La mise en pratique de L’O.R.L* (Observation RĂ©flĂ©chie de la Langue) a d’une certaine manière pĂ©nalisĂ© les enseignants (et leurs Ă©lèves). Ils ont dĂ» mettre en oeuvre de nouveaux modes d’apprentissages, fort intĂ©ressants car Ă©manant du principe que la littĂ©rature participe Ă  ce travail sur la langue. Traiter la grammaire et l’orthographe en liaison avec les textes et la rĂ©alitĂ© de l’Ă©criture. L’idĂ©e est plus que noble, mais elle n’a pas eu l’effet escomptĂ©. Manque de formation? ComplexitĂ© de notre langue? Mauvaise interprĂ©tation d’une thĂ©orie mal intĂ©grĂ©e? Ou bien thĂ©orie difficilement adaptable Ă  la pratique de classe? Un peu de tout cela, sans doute. Et de nombreux autres facteurs, qu’il est mal aisĂ© de traiter en quelques lignes.

En revanche, il semble Ă©vident que l’application de l’O.R.L, conjointement Ă  un programme surchargĂ© par ailleurs, ne permettent pas de prendre suffisamment de temps pour la systĂ©matisation, la mĂ©morisation et l’entraĂ®nement, autant d’étapes incontournables pour la bonne mise en place des structures grammaticales. Cela a immanquablement abouti à une dĂ©liquescence de l’orthographe ces dernières dĂ©cennies.

 L’art de la pédagogie*, s’il en est, consiste justement à intégrer les récentes études réalisées dans le domaine de la langue et de la didactique* tout en les réajustant sans cesse dans la pratique de la classe.

Je rejoins Ă©galement Danièle Manesse sur un autre point. Celui de la formation des enseignants en ce qui concerne l’Ă©tude de la langue. MĂŞme si le maĂ®tre d’Ă©cole ne se rĂ©sume pas, loin de lĂ , à un correcteur orthographique ou Ă  un Bescherelles, il me paraĂ®t absolument nĂ©cessaire qu’il ait une maĂ®trise, sinon parfaite, du moins prĂ©cise et ciblĂ©e du fonctionnement interne de la langue française. Davantage de linguistique*, dans les IUFM* est Ă  mon sens, une donnĂ©e incontournable.

L’orthographe, la grammaire, le vocabulaire et la conjugaison, sont les premiers outils du “bien parler” au sens, du “bien s’exprimer”, au sens de” je dis, et j’Ă©cris prĂ©cisĂ©ment ce que je pense, et mon camarade, ma maĂ®tresse, mes parents comprennent exactement ce que je dis, ou ce que j’Ă©cris”. C’est important non? Ne jamais laisser une idĂ©e avorter faute de mots, de syntaxe, de temporalitĂ©. Car si les mots viennent Ă  manquer, le doute, la mĂ©fiance, et pour finir, la violence prennent le pas. Un autre mode d’expression en quelque sorte. 
Pour ma part, je reste impitoyable quant à l’orthographe de mes élèves, quant à la manière dont ils formulent leurs prises de parole. Et ils me le rendent bien. Ils savent bien pourquoi je le leur demande. Je le leur explique chaque jour.  

“Si je laisse ta pensĂ©e s’exprimer avec approximation, je t’abandonne à une espèce de verbiage qui n’est pas digne de ce que tu es capable de dire. Et tu as beaucoup Ă  dire et Ă  Ă©crire. Alors, prends le temps. Choisis le mot exact. Cherche la bonne tournure.”

En matière d’expression Ă©crite ou orale, il n’y a pas de fautes, il n’y a que des erreurs, des omissions, des maladresses. C’est important qu’ils le sachent. C’est important que les parents sachent Ă©galement que mĂŞme s’ils l’ont oubliĂ©, l’apprentissage de la lecture et la maĂ®trise de la langue requièrent beaucoup de temps, de patience, de douceur, de vigilance.

Pour ce qui me concerne, je crois fermement en la valeur de la correction. L’hĂ´pital des mots, comme je dis Ă  mes Ă©lèves. Oui, tout est corrigĂ©, (y compris mes propres oublis d’ailleurs…cela les amuse beaucoup et je les engage Ă  me faire part des erreurs commises).Tout est donc systĂ©matiquement annotĂ© et consignĂ© dans leur rĂ©pertoire personnel et individuel. Ce rĂ©pertoire, qui grossit de septembre Ă  fĂ©vrier, est censĂ© diminuer jusqu’à dĂ©pĂ©rir totalement en fin d’annĂ©e. Un carnet magique avec lequel les Ă©lèves ne cessent de me demander de “jouer”.

 M’dam’, M’dam’ ch’peu faire mon carnet zĂ©ro faute avec ma voisine, j’ai fini mon travail!

L’orthographe, une patate chaude, mais qui peut se transformer en sujet d’exploration ludique et pédagogique. Si, si!

Pour faciliter la lecture et la juste comprĂ©hension de certains termes employĂ©s, vous retrouverez, classĂ©s par ordre alphabĂ©tique, dans mon dico d’Ă©duc ( barre transversale, Ă  droite) les mots repĂ©rables par les astĂ©risques.

De l’orthographe, au vocabulaire… il n’y a qu’un clic!

Un autre clic qui vaut le dĂ©tour, pour la saveur des ( motordus )! L’orthographe…fait salle comble!

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L’Ă©cole et la Shoah (bis)

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Cette semaine, dans ma “boĂ®te Ă  textes”, la contribution d’un visiteur avisĂ©, clair et Ă©clairant.

Je laisse donc la parole Ă  Greg, qui fait suite Ă  mon article (L’Ă©cole et la Shoah I ) et Ă  l’intervention d’Emmanuelle Mignon, chef de Cabinet du PrĂ©sident, dimanche 17 dans ( le JDD )

“Ce que je pense, c’est qu’EM fait un amalgame dĂ©sastreux entre racisme au sens large et antisĂ©mitisme. Utiliser la Shoah comme rempart psychologique contre le racisme (c’est l’objectif qu’elle affiche) entraĂ®ne deux consĂ©quences paradoxales : elle dĂ©valorise la cause de la Shoah et elle affranchit les actes de racisme qui ne relèvent pas de l’antisĂ©mitisme.

La Shoah est trop inconcevable pour ĂŞtre rĂ©solue par une mise en scène à l’Ă©cole (c’est ce que tu dĂ©nonces dans ton article l’Ă©cole et la Shoa, comme la procuration donnĂ©e au primaire). Elle est trop dure à porter par les enfants, non pas parce que ceux-ci seraient trop faibles ou mal équipĂ©s, mais simplement parce que la cause est insupportable. Je soupçonne que c’est ce qui provoque l’indignation de S. Veil. Elle s’attendrit sur les enfants, mais en fait elle revendique que l’on ne banalise pas l’affaire en la “traitant” ou en la “rĂ©solvant” en classe.

Madame Veil sait bien que les élèves de ta classe, le vendredi matin, mĂŞme si tu fonds en larmes, ne seront pas immĂ©diatement foudroyĂ©s sur leur chaise. Ils mettront en place les mĂ©canismes leur permettant de survivre. Or c’est prĂ©cisĂ©ment cela qui a Ă©tĂ© impossible pour 6 millions de gens il y a 65 ans : ils ont Ă©tĂ© anĂ©antis sans aucune raison thĂ©oriquement concevable et sans Ă©chappatoire possible !

Donc, on le sait bien, on ne peut partager, mesurer, mĂ©moriser une telle horreur sans la vivre soi-mĂŞme. Il n’y a pas d’explication, pas plus que d’expiation possible, et c’est bien cet Ă©tat instable qu’il faut maintenir. Surtout vu des juifs.

Et puis, bien sĂ»r, il y a le petit Rwandais. A cela E. Mignon rĂ©pond qu’il faut distinguer entre conflits politiques et conflits racistes. Comme s’il n’y avait de conflits racistes que la Shoah. Or c’est totalement faux Ă  deux Ă©gards : primo, la Shoah n’Ă©tait pas un conflit guerrier, mais une rĂ©pression civile ; et secundo les conflits comportent presque tous une composante raciste, mĂŞme si elle n’est pas tout Ă  fait explicite (Rwanda, Soudan, Serbie, etc. - et mĂŞme, dans une certaine mesure le terrorisme islamiste anti-occidental).

Donc tout cela est assez confus et très dĂ©routant, je suis bien d’accord avec toi, mĂŞme si je ne le prends pas par le mĂŞme bout de la lorgnette.”

Merci Greg. C’est justement ces diffĂ©rences de point de vue qui importent, car elles obligent Ă  la distanciation, et permettent de se dĂ©centrer, de quitter l’Ă©motionnel pour apprĂ©hender la rĂ©flexion par le jugement, c’est Ă  dire la capacitĂ© de raisonner à partir du savoir et de la connaissance. Je n’ai rien Ă  rajouter, aujourd’hui, j’Ă©coute, je lis, j’essaye de mieux comprendre. Il y aura certainement un article “ter” sur le sujet. Un sujet qu’il ne faut évidemment pas taire, loin de lĂ , mais qui mĂ©rite tellement mieux que la polĂ©mique politicienne.

Avis aux amateurs, dans ma “boĂ®te Ă  textes”, vous pouvez, vous aussi contribuer aux dĂ©bats en m’envoyant vos propres textes! Voir la barre transversale situĂ©e dans la partie haute du blog.

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