Formation des enseignants

Parole d'instit', actualité, débat 3 commentaires

Ces dernières semaines, l’actualité éducative porte sérieusement atteinte à l’avenir de la profession, mais surtout à celui de nos élèves, de nos enfants.

Un APPEL de Bernard Collot, hier, pour penser et concevoir “une autre école”.

Aujourd’hui, sur le site l’écume des heures, de Daniel Calin, un APPEL pour la mise en place d’une formation des enseignants de haut niveau au sein d’IUFM rénovés.

Il m’appartient en tant que citoyenne responsable, en tant que mère, en tant qu’enseignante, de défendre et réclamer haut et fort une formation digne de ce nom pour un métier “à nul autre pareil”.

En 18 ans d’exercice, je n’ai jamais éprouvé, comme je l’éprouve aujourd’hui, ce besoin ardent de défendre les valeurs d’un éducation que l’on voudrait solder au rabais sous prétexte de je ne sais quel argument faussement économique, tout en faisant croire au plus grand nombre que BAC+5 serait le garant d’une reconnaissance de statut et le gage d’une technicité méritoire.

Grave erreur de diagnostic de la part de nos dirigeants. Si le savoir savant délivré à l’université reste nécessaire, il n’est en rien suffisant! Le plus haut degré universitaire ne permettra jamais à quiconque d’enseigner dans une classe, de la petite section de maternelle au CM2.

C’est d’un manque cruel de FORMATION PEDAGOGIQUE CONTINUE dont nous souffrons depuis plusieurs décennies. Oui, je réclame, je supplie notre hiérarchie de nous fournir une formation de haut niveau en aval ET en amont de l’obtention de notre diplôme.

Les IUFM présentaient de larges insuffisances car les STRUCTURES SCOLAIRES en marche actuellement sont restées les mêmes qu’il y a 50 ans! La rénovation a voulu se faire au sein des instituts de formation des maîtres, mais cet effort n’a jamais été suivi ”intra muros”. On peut comprendre alors les déceptions d’un grand nombre de jeunes enseignants qui récupéraient, à la sortie de leur formation, des postes à 10 000 lieux de ce pour quoi ils avaient été formés.

Mais ne nous trompons pas…C’est à l’école de se mettre enfin à la mesure de la modernité et des enjeux du XXIème siècle. C’est à ses murs, à ses rythmes, à ses structures internes, sans oublier à ses équipes éducatives en place d’enfin accepter, non plus l’évolution (nous sommes restés trop longtemps sur place), mais sa nécessaire métamorphose.

Pour y faire face, nous avons besoin, plus que jamais, d’une solide formation pédagogique portée par l’engagement sans faille des instances structurelles.

Que cette formation soit rendue obligatoire. Que cette formation soit multiple. Que cette formation soit gratuite. Que cette formation soit inclue dans nos horaires ou payée s’il s’agit de stages hors temps scolaire. Que cette formation soit au service d’une autre école, une école plus humaine et plus exigeante, plus moderne, capable de faire face à la formidable attente de nos élèves, de nos enfants.

Je vous laisse juge…à chacun de se positionner sans perdre de vue l’essentiel: la formation de l’enfant qui dépend en grande partie de celle de son enseignant.

Lire l’APPEL

                

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Appel pour “une autre école”

action, actualité, débat, la parole aux parents 35 commentaires

Hier, dans ma boîte mail, un message de Bernard Collot que je m’empresse de communiquer. Il s’agit d’un appel pour “une autre école”. Que l’on soit concerné directement ou non, que l’on se retrouve totalement ou partiellement dans cette lettre, il me semble que chacun, père, mère, enseignant, éducateur en somme, doit prendre le temps de lire cet appel et d’en profiter pour se poser un certain nombre de questions relatives à l’école, et surtout aux finalités auxquelles est doit ou devrait se vouer.

L’école n’est-elle que ce maillon utilitaire au service de la société? Maillon essentiellement économique et financier? Dans ce cas alors, résultats, productivité et compétitivité sont les maîtres mots en matière éducative. Une école pour former des futurs consommateurs et selectionner les purs esprits capables de concevoir les futurs produits marchands?

Ou bien peut-on imaginer l’école comme un espace de vie, de découvertes, de coopération, d’échanges en vue de l’épanouissement intellectuel, social et humain. Une école pour révéler les talents de nos élèves et les aider à prendre part aux formidables et multiples défis qui leur tendent les bras?  Travail et réflexion, travail et humanisme, travail et entraide sont alors des binômes qu’il serait urgent de mettre en place dans nos écoles. Ce sont nos enfants, les vôtres qui la côtoient, quotidiennement.

Que voulons-nous faire de nos enfants?

Il est temps de nous pencher ensemble sur ces questions, et non, chacun de son côté, à la seule lumière de son petit quant à soi.

Je laisse maintenant la parole à Bernard Collot, et je vous invite une nouvelle fois à découvrir le riche sommaire de son site.

“Faire croiser des parents et des enseignants qui ont des aspirations d’une autre école pour leurs enfants. Faire connaître aux uns et aux autres la réalité à laquelle les uns et les autres se heurtent. De cette confrontation, celle des faits, de cette recherche de compréhension, peut-être faire naître ce qui pourrait être commun… pour une autre école. Tel est l’objectif de ce groupe de recherche en constitution.

Pouvez-vous diffuser cette information dans vos réseaux ? Merci. Bernard COLLOT.

Une nouvelle liste de diffusion pour “une autre école” vient d’être lancée par les CREPSC. Elle s’adresse aux parents et aux enseignants. Vous trouverez sa définition ci-dessous. Pour vous y abonner, aller à :

http://listes.marelle.org/sympa/info/pourune.autreecole

Dans le bandeau de gauche, cliquez sur “abonnement”

Dans la partie centrale indiquez votre adresse de messagerie et validez.

Sans quitter le site, allez voir dans votre messagerie, le robot vient de vous envoyer un message avec un mot de passe. Copiez-le, retournez dans le site, collez-le et cliquez sur “abonnement”. C’est fait.

Définition de la liste :

- Vous êtes parents, futurs parents, anciens parents.

Dans l’école actuelle*, telle qu’elle est conçue, vous trouvez:

que les enfants ont du mal à s’épanouir,

qu’elle constitue un ghetto dont vous êtes exclus,

qu’elle provoque des dégâts, de la violence, des comportements face auxquels vous êtes impuissants,

qu’elle ne conduit pas les enfants et les ados à devenir des citoyens actifs.

Bref, vous aspirez pour vos enfants, pour les enfants, pour toute la société, à “une autre école”.

* Il s’agit de l’école en général, peut-être vos enfants ont la chance d’être dans une classe qui dénote. Votre apport est alors tout aussi intéressant.

- Vous êtes enseignants.

Sur le terrain, vous vous débattez aussi,:

pour atténuer les conséquences du vieux cadre scolaire,

pour tenter d’y faire autrement malgré les pressions, les contraintes, la coercition hiérarchique,

pour permettre aux enfants de quand même s’y épanouir, de s’y construire comme futurs citoyens,

pour travailler dans une autre approche,

vous avez aussi des envies, des idées, d’une “autre école”.

- Cette liste est faite pour en parler, échanger, évoquer ce sui se passe pour les enfants, les adolescents, les difficultés rencontrées, les obstacles sur lesquels vous buttez les uns et les autres, les pressions voire les mesures de rétorsion subies, les essais, les tâtonnements faits par les uns et les autres, la réalité quotidienne des uns et des autres, qu’est-ce qu’on peut faire dans l’immédiat,…. vers quelle autre école vous voudriez aller.

- Connaître, faire connaître, comprendre, se comprendre, résister, construire. “

MERCI BERNARD!

Et maintenant…à vous!

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Droit de réponse à Natacha Polony

Parole d'instit', actualité, débat 30 commentaires

Si Natacha Polony m’avait interviewée…aux côtés de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcément répondu comme elle eût souhaité que je l’eusse fait…

Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, à improviser un dialogue dont les répliques de A sont toutes directement issues de “l’enquête” du Marianne de cette semaine, intitulé “Les instits sont-ils encore les hussards de la République?”

Pour vous l’école aujourd’hui c’est quoi?

A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

B: Le reflet de la vie quotidienne.

Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

A: Un monde étrange qui ne ressemble pas à ce que j’avais espéré.

B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

Selon vous, quelle est la mission de l’école primaire?

A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la République. Ils étaient le pilier sur lequel reposait l’édifice social et politique. Aujourd’hui l’école primaire est en crise, la société est bouleversée, l’école déstabilisée.

B: “Nos” écoliers sont nés à l’aube du XXIème siècle. Eux seuls détiennent les clés du futur. Il me semble alors que la mission de l’Ecole est de les aider à vivre pleinement leur présent d’écolier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, côte à côte et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un défi car cela signifie qu’on regarde enfin les écoliers comme des enfants d’aujourd’hui éducables et respectables.

Pour vous, c’est plutôt “instituteur” ou “professeur des écoles”?

A: Il y avait de la beauté dans ce titre: instituteur. “Professeur des écoles” est un titre prétentieux, boursoufflé. Pétris de sciences de l’éducation, ils ne sont plus ces missionnaires vénérés pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les auréolait.

B: Mon métier ne se résume ni à un titre ni à un statut, encore moins à l’allégorie statufiée d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passé plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pédagogue mais dans mes dîners entre amis je dis volontiers maîtresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

Justement, les parents, quels rôles jouent-ils dans l’éducation?

A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières à leurs enfants. Ils nous menacent quand les résultats sont mauvais et exigent, pour des élèves de maternelle de connaître le programme de mathématiques et de français. C’est à nous de les éduquer. Les gamins passent leur journée devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

B: Les parents sont les premiers déstabilisés par une société qui les harcèle. Soumis aux intempéries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’école n’est certes pas un centre d’écoute familiale mais elle doit prendre en considération certaines données sociétales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide à la parentalité, c’est fermer la porte à l’éducation d’une grande partie de nos élèves.

Enseignant, une mission ou une profession?

A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un métier qu’ils savent un peu à part, certains l’acceptent, s’en font un étendard, d’autres le refusent au nom de la “professionnalisation.”

B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’éducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers “attributs”, tant ils sont liés les uns aux autres et surtout liés au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux régner fut une stratégie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles méthodes. A commencer par apprendre à lire. N’est-ce pas une évidence?

A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de liberté. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sûr, évidemment, énormément, passionnément. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de là à croire que déchiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de Rubempré ou de Lolotte, il y a là un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre à beaucoup bien des illusions!

L’échec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frémir?

A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur métier et le refus d’assumer les échecs du système, qu’ils préfèrent attribuer aux inégalités sociales et à des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir émancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dévaloriser eux-mêmes l’école en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rôle majeure de l’éducation. Le reste doit être dicté par le pragmatisme et l’évaluation des résultats.

B: Et si on arrêtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par là, oui il y d’immenses progrès à faire en terme d’éducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturité et d’un manque total du sens des réalités et des responsabilités. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des élèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une école ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls résultats chiffrés. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se réduit pas à une somme de notes. La part humaine de l’écolier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

Et la maternelle, fleuron de l’école française ou débâcle annoncée du système?

A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intégrer aux enfants des repères temporels, de les préparer à devenir des élèves, c’est à dire à contrôler leurs pulsions et à se tenir silencieux et concentrés. Il m’arrive d’inspecter des écoles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilée dans la classe. Activités de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’écouter. L’enjeu est clair, pour défendre cet outil formidable qu’est la maternelle, à la française, il faut le repenser, le réformer dans le sens de l’exigence.

B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent.

Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des écoles jouent un rôle fondamental dans le processus d’émancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral noué il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

B: Je propose 5 entrées en matière pour une réflexion en profondeur sur ce pacte d’éducation: l’Ecole pour tous, l’Ecole de tous, l’Ecole comme rempart contre l’exclusion, l’Ecole comme vecteur d’accès au monde, l’Ecole comme moyen de partage. Les programmes et les réformes doivent être pensés en fonction des élèves et non pour coller à une société qui ne sera de toute façon pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rêves, pas les nôtres.

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Une bonne leçon!

La classe autrement, débat, humour, vidéo 7 commentaires

“L’école de la République est celle de tous les enfants sans aucune discrimination, quelle que soit leur déficience ou la maladie qui les atteint” : tel est le premier article de la charte Handiscol…

  

L’humour au service des vraies questions.

Le rire pour désamorcer les peurs…

Les peurs de l’enseignant:

Serai-je soutenu ?

Faut-il que je change ma pédagogie ?

Quel regard porter sur cet élève ?

Existe-t-il des formations ?

Autant de questions pour l’enseignant chargé d’accueillir dans sa classe un ou plusieurs enfants handicapés et auxquelles ce guide tente de répondre.

Et vous parents…si votre enfant est enfin scolarisé…vos peurs ne sont jamais très loin…

Quelles étapes aurai-je encore à franchir?

Quels seront mes nouveaux interlocuteurs?

Comment accompagner mon enfant?

Comment construire une relation de confiance avec son enseignant?

Pour tous, quand handicap et quotidien partagent les bancs d’école, quelques pistes à suivre sur ce magazine.

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La fête des voisins

action, actualité, la parole aux parents 7 commentaires

Et si l’école s’y mettait…

Dans les quartiers,

Dans les couloirs,

Dans la classe,

Si nous fêtions les voisins…

Voisins de table, voisins d’étage, voisins de rue…

On est tous le voisin de quelqu’un, non?

Et si justement, histoire de voisiner un peu,

vous envoyiez cet article à un voisin ou deux…

Un parent d’élève, un collègue, un professeur?

A vos clics, partez!

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Grève ou pas grève?

actualité, débat, la parole aux parents 10 commentaires

L’actualité me donne mon sujet du jour.

Un sujet qui concerne bien des enseignants et de nombreux parents.

Un sujet qui relance de nombreuses polémiques.

Et bien justement, je vous laisse la parole…

Vous êtes profs et vous faites ou non la grève, expliquez-nous pourquoi?

Voue êtes parents et vous soutenez ou non le mouvement des enseignants, dites nous comment vous vivez cette journée?

Vous n’êtes ni “de la maison” ni parent, mais vous avez un point de vue sur la question?

Vous n’habitez pas en France, donnez-nous un regard extérieur!

AUJOURD’HUI des commentaires en forme de Forum.

Faites comme Cécile hier, “lâchez vos comment’s”

Juste un petit détour par la Charte initiale, histoire d’éviter la censure…Un vrai beau débat, voilà ce que j’attends de vous aujourd’hui! Je suis certaine de trouver parmi vos réactions de nouveaux sujets à traiter sous forme d’articles à venir. Alors soyez sincères et inventifs!

A Vous!

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Lectures de vacances

débat, morceaux choisis 5 commentaires

Trois livres. Trois auteurs. Trois rencontres.

Trois lectures complémentaires car l’école est un espace pluriel qui se trouve à la croisée de bien des chemins!

Trois angles de vues différents. Un maître de conférence. Une psychologue clinicienne et psychothérapeute. Un sociologue et docteur en économie.

1/ Gérard  De vecchi: École: sens commun…ou bon sens? Éditions Delagrave. Lire le sommaire.

J’ai aimé:

p60: ” Qu’est-ce qui a baissé et qu’est-ce qui n’a pas baissé? Est-ce le niveau des élèves qui a changé…ou plutôt le rapport qu’entretient l’École avec la société?

Aujourd’hui l’augmentation des peurs et des frustrations débouche sur une forte demande d’exigences. Cela se comprend aisément mais n’autorise personne à affirmer n’importe quoi. N’oublions pas que ce ne sont pas les individus ou les associations criant le plus fort qui possèdent la vérité!”

p 281: “L’École est-elle faite pour l’administration et les enseignants…ou pour les élèves? Et comment se fait-il qu’elle ait pu ignorer à ce point les bases élémentaires de la psychologie?”

2/ Anne Charley-DebrayLa Psychologie de l’enfant Éditions Le Cavalier Bleu

J’ai aimé:

p10: Les journaux nous disent qu’il faut respecter nos chers bambins afin de préserver leur bonté naturelle, mais dans le même temps, certains affirment que si l’on ne sévit pas, nous allons en faire des pervers.

On apprend soudainement que tous les enfants seraient devenus hyperactifs-ce qui est statistiquement impossible! de même, les classes déborderaient de surdoués…”

p123:Les mutations de la société nous laissent à penser que l’enfant aussi a changé. Si on l’observe dans une perspective neuropsychologique, il n’en est rien. Certes il doit s’adapter aux mutations nouvelles de la famille et à un rythme de vie qui ne cesse de s’accélérer. Mais n’en a-t-il pas toujours été ainsi?”

3/ Éric Maurin: Le ghetto français, Enquête sur le séparatisme social Éditions Le Seuil

J’ai aimé:

p 25: “Plus encore que la ségrégation, c’est extraordinaire sélectivité de la mobilité résidentielle qui révèle le mieux l’anxiété des familles et l’importance quasi existentielle du lieu d’habitation.(…)La lenteur des évolutions du paysage urbain s’explique paradoxalement par l’implacable propension avec laquelle chacun, à chacune de ses mobilités, fuit ceux qui se situent immédiatement au-dessous de lui dans l’échelle supposée des réalisations, et cherchent la proximité rassurante de ceux immédiatement au-dessus.”

p 87: “Il n’y a là aucune fatalité.(…) Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société où les trajectoires se définissent de façon moins irréversible à chaque étape de la scolarité et de la vie, une société où les échecs de chacun ne soient pas autant d’atteintes destructrices à l’estime de soi. Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société plus fluide. Cela suppose des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers et retours plus fréquents et naturels (…) Alors seulement, les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l’avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l’étendue des blocages.”

Bon, c’est vrai, la Normandie sous la pluie…ça incite à la lecture!

Voilà demain, après 2 semaines, je retrouve ma classe et mes élèves pour la dernière ligne droite. Dernière ligne toujours émouvante. Le dernier chapitre d’une histoire vécue à plusieurs, dans le rire et les larmes…

A vous!

Bloguez-nous vos dernières aventures livresques!

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En Mai, dis ce qu’il te plaît…

Parole d'instit', action, débat 1 commentaire

Aujourd’hui, 1er mai, je dis ce qu’il me plaît.

Le mois s’y prête. Mois de révolution.

L’année m’y invite. Année 2008, année anniversaire.

Pas de pavés qui volent ni de barricades, mais l’envie de dire NON.

Ou plutôt de rendre hommage à 4 NON.

Des NON qui ont pesé dans notre histoire.

Des NON qui ont libéré, inspiré et fait grandir l’humanité.

1/ Le NON à la peine de mort de Victor Hugo lorsqu’il écrit, en 1828 Le Dernier Jour d’un condamné.

2/ Le NON de Lucie Aubrac qui s’engagea dans la résistance pour combattre le nazisme.

3/ Le NON de Rosa Parks qui refusa, le 1er décembre 1955 de céder sa place à un passager blanc dans un autobus.

4/ Le NON de Victor Java, auteur compositeur qui, le 11 septembre 1973 chanta Non à la dictature du général Pinochet.

Des NON qui engagent, qui maintiennent en éveil. Des NON qui s’exposent, au péril de leur vie.

Et NOUS, aujourd’hui, et VOUS, ce matin, quel est le NON que vous aimeriez crier, chanter, danser ou simplement prononcer et écrire?

Aujourd’hui,1er Mai 2008, Bloguons le NON. A chacun son NON.

Action…

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La culture en “questions”

cuture, débat 3 commentaires

Il est beaucoup question de CULTURE dans les orientations scolaires depuis une vingtaine d’années. Enjeux éducatifs et sociaux, postures idéologiques ou discours démagogiques? Les réponses sont complexes. Je ne me risquerais ce matin qu’à un petit exercice de style. Comme ça, entre nous, sur le mode petite conversation de salon BLEU PRIMAIRE.

A/ L’élève n’est plus seulementconsidéré comme un parfait répétiteur que l’on récompense d’un bon-point lorsqu’il déclame sur commande la conjugaison du verbe naître au futur antérieur.

B/ L’école n’est plus cette “institution catalogue” dont la fonction première est d’imprimer chapitre après chapitre dans le cerveau de nos enfants des leçons prêtes à poser, prêtes à réciter.

C/ Les enseignants ne se retrouvent plus dans une image de gardiens du temple, seuls détenteurs d’un unique et noble savoir.

- L’élève est devenu un apprenant.

- L’école, un lieu d’apprentissages.

- Le maître, un générateur de progrès.

Oui, bon, tout cela est bien joli…mais et La Culture dans tout ça? Où est passée Notre Culture? Où Nos Savoirs sont-ils rangés et répertoriés? Qui donc se chargera de les transmettre aux générations futures?

Voilà donc mon sujet bleu primaire et votre problématique du jour.

Qu’appelle-t-on CULTURE A L’ECOLE à l’aube du troisième millénaire?

1/ L’ensemble des connaissances scolaires générales d’un élève façon “Questions pour un champion”?

2/La somme, dans un domaine précis, d’un grand nombre de savoirs permettant de répondre à n’importe quel quiz façon “Grand Oral d’Histoire” de Tautavel à Robespierre?

3/ La capacité à mobiliser, au sein de ses propres connaissances, le savoir en question, afin de le mettre au service de la réflexion et/ou de l’action? Ma lampe de poche est H.S, tous les magasins sont fermés, mes parents sont absents et demain je pars camper…

4/La seule chose qui reste quand on a tout perdu et tout oublié. Je m’appelle Sofia, j’ai dix ans, et si ma vie commence aujourd’hui, elle ne s’arrête pas là…

Hé, hé…Amusez-vous bien…De mon côté j’ai soumis mon petit article à mes ados en perdition…la discussion fut vive, fructueuse et pas toujours convenue!

De votre côté, si aucune de mes 4 propositions ne vous satisfait, n’hésitez pas à me faire part de votre définition, ou, préféré-je dire “conception” de la CULTURE. 

A vous!

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A la recherche du temps retrouvé…

La classe, Parole d'instit', morceaux choisis 48 commentaires

“On vous parle beaucoup de votre éducation; or un souvenir conservé depuis l’enfance est peut-être la meilleure des éducations; si on fait provision de tels souvenirs pour la vie, on est sauvé définitivement.” Dostoïevski, Les frères Karamazov, 1880

En ces heures politiquement et “médiatiquement” agitées, prenons ensemble sur BLOG BLEU PRIMAIRE un peu de recul, un peu de hauteur…

Revenez avec moi vous asseoir quelques instants sur vos bons vieux bancs d’école. Fermez les yeux…respirez…souvenez-vous…

Le tableau noir et l’odeur âcre de la craie, les boulettes de papier  volant et rasant les oreilles de Mr Guillaume, le goût pistache amande de la colle en petits pots, les parties d’osselets et les parcours de billes dans la cour de récré, les nattes de Mademoiselle Riquet, la cloche qui sonne et la joyeuse débandade dans les couloirs malicieusement éteints, les rampes d’escalier transformées en toboggans interdits, le sifflet persifleur de Monsieur le Directeur, les cartables écrasés aux portes du réfectoire, les salsifis…

Oui, n’était-ce pas, n’est-ce pas encore aussi et surtout tout cela l’école?

Ne sont-ils pas les meilleurs, pour ne pas dire les uniques souvenirs que nous en gardons?

Sommes-nous pour autant des vauriens et des incapables?

Allez, je vous propose une trêve, loin du brouhaha médiatique et de l’actualité scolaire, embarquons ici, maintenant, ensemble, le temps d’un voyage nostalgique, non pas sur la Galère de l’Age d’Or révolu, mais sur les traces de nos souvenirs, à la recherche du temps retrouvé…

Soufflez-nous, dans la bulle “commentaire” vos pépites, vos best-off, vos trésors scolaires. Nous ne les avons jamais appris par coeur, mais ils sont bien là, au fond de chacun d’entre nous…parce que vécus, parce que éprouvés.

Offrons-nous ce luxe de secouer l’arbre aux fruits défendus. Osons avouer qu’à l’école il y avait, il y a et il y aura toujours ces perles de vie dont Dostoïevski nous invite à faire provision…

A vous!

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Aimé Césaire (26 juin 1913- 17 avril 2008)

actualité, cuture 2 commentaires

Aimé Césaire nous  quitte ” mais l’oeuvre de l’homme vient seulement de commencer.”

Saurons-nous nous en montrer dignes?

Adieu Césaire, à bientôt.

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L’école, pour vivre ensemble

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Pour les lecteurs qui ne lisent pas la presse quotidienne, et pour ceux qui n’ont pas encore exploré le site d’Eveline Charmeux….

Voici, dans son intégralité, mon “coup de colère” publié hier par le quotidien La Croix.

LA VIOLENCE A L’ECOLE

L’école pour apprendre à vivre ensemble…

Belle ambition !

A son service ? L’éducation civique et ses leçons de vie.
A son service encore ? Les groupes de paroles entre enfants.
A son service toujours ? Les enseignants-éducateurs. (Voir aussi l’article du 4 février « complément d’enquête sur le métier d’enseignants”)
Bref, vivre ensemble, à l’école, c’est vital, c’est inévitable.
Mais alors, et les autres, que font-ils ?

Et vous ?

Vous les parents ? Les grands parents ?
Vous les marchands de vidéo ?
Vous les promoteurs  de gadgets belliqueux ?
Vous dans le métro ? Dans la rue ?
Vous le voisin du dessous ? L’automobiliste pressé ?

Que croyez-vous donc ? Qu’il suffit de prononcer le mot respect deux fois dans la journée pour participer à sa diffusion ?

 Le respect,un mot tant à la mode qu’il s’est vidé de son propre sens. Trop utilisé, trop galvanisé, trop médiatisé sans doute. Un mot qu’on proclame aux autres, rarement à soi-même. Il erre sur les bancs de la cour de récré, il traîne sur les chaînes de télé. Le Respect s’il vous plaît, je réclame le respect ! Combien de fois par jour entends-je ce même refrain ?

Mais le respect, ça ne se décrète pas ! Ça se vit, ça se transmet. Le respect, c’est un remaniement permanent, une exigence de chaque instant ; si l’on n’y prend garde, les mots, les gestes, les regards, les silences, les rires, les attitudes prennent si naturellement le pas sur la réflexion et le jugement. Apprendre à gérer les paroles et les actes, comprendre pourquoi et comment y parvenir, c’est tout cela que nos enfants apprennent à l’école, dans la cour, dans les couloirs, dans la classe.

Qui peut proclamer que la chose est simple ? Qui peut imaginer que l’école seule relèvera le défi ? Quel parent honnête peut se soustraire à ce devoir d’éducation ? Quel individu majeur peut se dire dégagé de toute responsabilité ? Car enfin, posons-nous (vous étant inclus dans le nous), posons-nous donc aujourd’hui, sans biais ni faux-semblant, la question du rôle de l’exemplarité des adultes pour la construction des jeunes enfants ; ce qu’on leur donne à voir ou à entendre, dans la rue, dans le bus ou le métro, chez le voisin ou à la maison. Les images, les mots, les attitudes dont nous sommes seuls responsables puisque soit nous les véhiculons nous-mêmes, soit nous les laissons à leur portée, soit nous les ignorons.

 Nous vivons dans une société formidablement agressive pour les jeunes esprits. Il faut le rappeler, votre enfant ne perçoit pas les images comme vous. Son cerveau ne reçoit pas la même information de la même manière. L’adulte traite toutes les données visibles et sonores via des filtres que la maturité et l’expérience lui ont fournis. L’enfant n’est pas encore capable de cette distanciation, de ce tri entre le réel et le factice. Face à un film d’horreur, il est dans le film, dans l’image, dans la peau du tueur ou de la proie. Quand vous êtes spectateurs, il est lui, auteur ou acteur. Quand vous êtes témoins, il est, lui victime. Et quand enfin vous regardez Catch-Attack le week-end avec lui, il apprend lui que la violence est un jeu, un spectacle qu’on regarde en famille.

Pour le jeune enfant, fiction et réalité sont deux espaces superposables. C’est pour cela qu’il aime tant qu’on lui raconte des histoires, voire toujours la même histoire. Pour lui, au moment où vous lui lisez les mots, où vous lui livrez l’intrigue, il quitte quelques instants le monde, retarde à l’infini l’heure de se coucher et plonge avec délice dans un univers construit rien que pour lui. Mais dès le lendemain matin, lorsqu’il se réveille, lorsqu’il est planté devant son poste de télévision, ou quand la radio lui déverse un flot ininterrompu de paroles en tous genre, lorsqu’il se glisse dans une rame bondée d’adultes gesticulant où maugréant, lorsqu’il traverse les avenues et autres artères survoltées, voilà notre chérubin livré en pâture aux affres du monde moderne. Le parcours du combattant reprend sa course effrénée.

Petit arrêt sur image. Zoom sur la réalité. Extraits choisis. Morceaux vécus.
Attention, esprits sensibles, s’abstenir.

Dressons un échantillon des clichés hauts en couleur qu’un enfant reçoit, sans pouvoir s’en prémunir, en une seule journée: les photos sans équivoque dans les kiosques, juste à hauteur d’yeux, les formules choc en bandeau des journaux, les publicités libidineuses entre deux soit disant programmes télévisuels pour enfants, les clips musicaux qui prônent souvent la violence et le sexe, les téléfilms scandaleux enrobés façon comédies, les faits-divers sordides livrés aux heures de grande écoute, les images sanglantes du « JT » juste avant d’aller dormir. Allez, fais de beaux rêves mon chéri…

Quelle vision de l’homme offrons-nous à ce petit enfant de deux ans, six ans, huit ans, ou à cette toute jeune fille de douze ou quinze ans ? Lui livre-t-on les clés pour décrypter telle affiche, lui donne-t-on les mots pour interpréter tel slogan, lui octroie-t-on du temps pour parler de tout cela ? A défaut de refaire le monde, ayons l’exigence d’exprimer ce que nous ressentons. « Je suis une adulte, mais vois-tu cette image d’adulte me dérange. Je suis un homme mais vois-tu les mots de cet homme me blessent, je suis une grande personne et vois-tu l’attitude de cette grande personne me révolte. Et toi, qu’en penses-tu ? »

Prenez-vous, prenons-nous ce temps là ?

Oui, la violence existe, existait et existera toujours. C’est un fait universel, une donnée intemporelle. La question est ailleurs, inéluctable pour l’éducateur, vitale pour l’enfant, essentielle pour la société. Une question qui engendre mille questions. Mille questions générant la réflexion et non le délit d’opinion, non plus la soumission.

« Que fais-je de cette violence ? Comment travailles-tu avec cette violence ? Que pense-t-elle de cette violence ? Qui jugeons-nous au travers de cette violence ?  De quelle manière transformez-vous cette violence? Comment vivent-ils dans cette violence ? »

A défaut de refaire le monde, ayons l’honnêteté d’affronter ses faiblesses, de s’en insurger, de se positionner. Si nous, responsables majeurs et soi-disant éducateurs, si nous parents ou tout autre tuteur, nous autorisons le silence ou l’indifférence s’installer, alors nous ouvrons délibérément la porte à la banalisation de la violence ou de la médiocrité.  Bien évidemment, face à cette leçon de morale un peu provocatrice, j’en conviens, un tantinet réactionnaire, je l’avoue, et très culpabilisante, il est vrai, la rhétorique du laisser-faire impuissant reprend le dessus. Ainsi va le monde diront certains, nous n’y pouvons rien, se dédouaneront les autres, les enfants s’adaptent à tout rétorqueront les uns, l’école leur apprendra bien les bonnes manières espéreront les derniers. 

L’école, encore l’école, toujours l’école …L’école fera ce que les adultes souvent ne savent plus faire.

Et bien oui, le matin, quand vous quittez votre enfant et que j’accueille mon élève, je sais qu’il me faudra souvent remonter le cours du temps, effacer certains cauchemars, adoucir des paroles trop brutales, gommer des images affolantes. Dès les premières minutes, dans la cour de récré, il est aisé de capter  l’atmosphère qui déterminera les apprentissages du jour. Agités, bagarreurs, électriques, certains matins ressemblent trop au tapage urbain, certains matins, il ne fait pas bon rester trop longtemps dehors. Vite, il nous faut rentrer la troupe avant la débandade. Ouf, la cloche sonne et tout ce petit monde se met en rang, par deux et dans le calme, s’il vous plait. Pardon ? Dans le quoi ? Lui donner la main, à elle ? Et pourquoi je dois tenir la porte ? T’as vu le dernier combat de Catch-Attack hier, c’était top ! Trop cool quand on lui arrache les yeux ! Pousse-toi gros tas ! M’dam ! y m’a traité ! Même pas vrai, c’est elle qu’a commencé ! Dans tes rêves …

 Il est 8 h… l’école s’éveille …
« Bonjour Léa, bonjour Sam ! Tiens, tu t’es coupé les cheveux Sofia ? Attention, tes lacets sont défaits Nicolas. Bonne fête Maxime ! »

La porte de la classe s’ouvre et la leçon de vie reprend son cours.

A commencer par quoi ?

Par se dire bonjour, tout simplement.

Oui, chaque matin, j’apprends à mes élèves à se saluer en se serrant la main, à se sourire en se regardant dans les yeux. Le matin, j’adresse à chaque élève, un mot, un regard. Le matin, je leur lis une histoire, pour leur plaisir et pour le mien. Le matin, on chante une chanson qui nous rassemble. Le matin, j’accroche aux murs les dessins de la veille. Le matin on prend le temps de raconter un petit bonheur vécu. J’appelle ce temps « Les cinq minutes d’intro. » Sans ce temps là, rien n’est possible, sans ce temps là, rien ne se fera. S’installer, s’arrimer, s’ancrer, prendre place, toute sa place. Une place pour chacun. Voilà qui est fait. Je suis là. Ils sont là. Nous sommes là. Tous là ?

« Y manque Sara M’dam, ch’peux prendre ses d’voirs ?
- Oui, merci Victor.
 »

Oui, chaque matin, à l’école, on essaie de replanter un décor humain. Chaque matin on essaie de recréer du lien. Pour que la journée soit belle, pour que les heures d’école soient plus douces que la veille, pour que la vie ait un goût d’enfance, pour que l’enfant ait le goût de la vie. Les enseignants s’y attellent à chaque instant car « apprendre à vivre ensemble », c’est le cœur de notre projet éducatif. Alors, c’est vrai, lorsque je quitte cette école le soir, et que j’entends le monde et ses cris, lorsque je vois les hommes et leur violence, je pense à mes élèves, à ma journée et à celle du lendemain. Et j’imagine aisément le malaise qu’ils ressentent ; d’un côté, soumis à des règlements scolaires écrits par l’institution et contresignés par les parents et de l’autre spectateur d’un monde schizophrène qui manie aussi bien la décadence que la repentance, qui instille aussi bien l’éducation civique, que l’incivilité publique.

Et je l’admets, il m’arrive d’être en colère, contre moi et contre vous, car il me semble qu’aucun adulte ne devrait ignorer ce qui est susceptible de corrompre l’innocence d’un enfant.

Ostiane Mathon, ni experte, ni journaliste, ni politique, ni de gauche, ni de droite, juste instit’

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Le camion des mots

La classe autrement, Parole d'instit' 0 commentaire

Autoroute, est-ce masculin ou féminin?

Un voyage insolite dans un engin atypique

Un itinéraire tout en détours pédagogiques

Une autre manière de vivre le mot APPRENDRE

Merci à l’équipe du camion des mots

Oui, ou plutôt non, il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend. Et c’est tant mieux!

Des collectivités locales, des citoyens de tous bords, des familles d’ici ou d’ailleurs, des enseignants volontaires en quête d’innovations, des enfants curieux du monde, des lecteurs de BLOG BLEU PRIMAIRE…tant de bonnes volontés ici et là, tant de talents à découvrir et à faire partager!

Il n’y a pas qu’à l’école qu’on apprend, mais l’école reste une des passerelles prioritaires par laquelle la culture est diffusée.

Pour nos élèves, pour leurs parents, pour leurs enseignants, ouvrons l’école à ces projets, laissons entrer dans nos écoles les initiatives qui fonctionnent, n’ayons pas peur des détours pédagogiques qui nous le voyons bien ici, sont de formidables vecteurs d’énergies positives!

Et vous, chers lecteurs, de quelles expériences pédagogiques voulez-vous nous faire part?

Un souvenir, une histoire, une rencontre, un projet, une vidéo?

RACONTEZ-NOUS!

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Classe unique, un modèle en voie d’extinction

action, actualité, débat 1 commentaire

Une réaction personnelle aux deux articles du 7 avril et du 31 mars derniers de Bernard Collot, ancien enseignant, essayiste, père d’élève. ( 3 dénominations qui invitent au respect!)

ABSORPTION CONTRE DISSOLUTION
Oui Bernard