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juin 19

Otto Dix ,peinture. « Les joueurs de skat ou invalides de guerre jouant aux cartes »Otto Dix,1920

 la douleur de la guerre  est-elle « innommable,irreprésentable,  chiffrable? ».

Militaires + civils= 10 millions de morts.

Allemagne=2.4 millions (1300 soldats tués par jour.)

France =1,375 millions (900 soldats tués par jour.)

(……)

« Aux mutilés de guerre, l’Allemagne de Weimar offrit des prothèses… » Catherine Wermester.

« Ce serait effroyable si toutes ses destructions et ses souffrances ne donnaient pas naissance à une ère nouvelle, si n’en résultait aucune forme de vie nouvelle.«  Le comte Harry Kessler. (Cité par C.Wermester.)

« Ce tableau, c’est vraiment un choc, c’est horrible, c’est d’ une telle violence, on ne peut pas l’imaginer. On a envie de détourner le regard. Cette peinture,  si on ne le découvre pas Hic et Nunc, on ne peut pas comprendre cette émotion, et son processus de construction entre  peinture et  de collages). Le peintre a collé de vraies cartes à jouer, mais aussi une sorte de toile de jute pour représenter le bras d’un des soldats. Le peintre utilise une peinture de couleur métallique sur certaines  parties du tableau comme les prothèses pour donner un surplus de réalisme. Par contre, la représentation sexuelle, je ne l’ai pas vue » Commentaire d’une amie professeur retraçant sa découverte face au tableau à Berlin.
Cette expérience doit nous rappeler la réelle nécessité pour les élèves, s’ils en ont la possibilité, d’être confronté à une véritable expérience esthétique , une  découverte de l’oeuvre dans l’immédiateté de sa présence. Les multiples reproductions, dans les livres, ne peuvent  que galvauder, aseptiser, cette violence de l’image. On a comme l’expliquait bien Walter Benjamin en 1935 une déperdition de l’aura.  Il faut donc qu’ils puissent y avoir cette « perception quasi tactile », d’autant plus dans une société où la production, la consommation d’images violentes à échelle industrielle et numérisée se virtualise ou tout événement médiatisé se dématérialise à travers une  traduction de plus en plus  sous les filtres des médias .A.Warhol le montrera bien à travers ses travaux sur ces toiles  » Cars craches » de la  sa série des Disasters ou la répétition d’une même image en neutralise la signification et l’expression. C’est intéressant de faire  noter aux élèves que cette « tactilité » de l’oeuvre d’art, est constitutive de  l’expérience cette esthétique du choc dadaïste tout autant que le retour au matériau à la même époque dans le constructivisme ou les collages cubistes. L’artiste veut nous faire toucher du doigt  cette peinture qui vient verts nous , comme une effraction dans l’espace réel .
Cf. »L’oeuvre d’art à l’époque de sa productivité technique »Walter Benjamin, 1935/1939

« la violence de la grande guerre a marqué la population, au point d’imprimer longtemps la vie publique ».

Carte d’identité du tableau:

  • Titre: »les joueurs de Skat » =(Die skatspieler ou kartenspielend kriegskrüpell)
  • peintre: Otto Dix
  • Date:1920
  • Technique:technique mixte
  • Support:huile sur toile.
  • lieu de conservation/d’exposition: Neue nationalgalerie Berlin
  • Mouvement artistique: Expressionniste/Dadaïsme.
  • A quel mouvement artistique peut- on rattacher la peinture « les joueurs de SKAT »?

Les élèves m’annoncent une œuvre expressionniste, d’autres une peinture  proche du courant de la nouvelle objectivité, voire Dadaïste. (???) .Ils ne savent pas à quel mouvement rattacher cette peinture. Le peintre a été influencé au départ par le futurisme. et le cubisme, le rayonnisme. Ses premières peintures sur la guerre montrent une fascination, similaires aux artistes  italiens, pour le spectacle de la machine de guerre en action. Dans cette oeuvre de 1914 on retrouve les traits de l’influence cubo-futuriste  qui gagne tout l’Europe. Le spectateur rentre t’-il dans la peinture? Est-il placé au centre du carnage comme le souhaitait Bocchioni ? le peintre traduit ce déluge de feu avec autant d’admiration que de sidération. Avec ce paysage qui disparaît sous les obus et la mitraille, la description plastique est assez proche de celle d’ H. Barbusse. Certains dessins réalisés pendant la guerre et des gravures de 1924 montreront une expérience commune du front entre l’écrivain pacifiste et le peintre allemand. l’expérience des tranchée et des escouades dans ce no man’s land.

 

 

 

 

 

 

 

Canon ,de Otto dix, huile sur carton,1914. vision très futuriste.

http://www.clham.org/images06/TIII_10_35b.jpg

Natalia Gontcharova , Pastel et fusain sur papier teinté (28 x22 cm) Circa.

Dp-rayonnisme_original_large

Composition rayonniste, Michel Larionov, 1916/17 (Gouaches sur papier) 28.5 x 19 cm.

« Ces formes naissent de l’intersection des rayons lumineux émis par différents objets. »M.Larionov, La Queue d’âne, 1913

Rayonnisme Rouge de Mikhail Fiodorovich Larionov (1881-1964, Russia)

Rayonnisme rouge.

 

  • Comment sont les coloris?  Le peintre choisit des couleurs vives et des coloris acides: le rouge se marie au vert et jaune . le blanc lumineux des explosions se multiplie dans l’espace de la toile.
  • Comment sont les lignes?:  Nous avons une  dominante de lignes droites, angulaires et brisées.
  • Comment est l’espace ? : confus , disloqué, brisé, saturé.
  • La composition s’articule autour de cette pièce d’artillerie en action.( Les 4 soldats dont nous apercevons les visages, semblent minuscules et coincés dans cette énorme machine de guerre, sous la mitraille.

SEVE

SEVERINI, Synthèse plastique de l’idée « guerre » (1915)
Huile sur toile (60 x 50).

Dans un premier temps, son œuvre est expressionniste jusqu’en 1919, puis à partir du début des années 24, l’artiste recherche une  représentation plus réaliste. Il rejoint le mouvement de la nouvelle objectivité. Je pense que c’est une œuvre de transition  entre l’expressionnisme et la nouvelle objectivité, qui en sera l’antithèse idéologique radicale. Dans cette peinture la frontière entre les styles est poreuse. C ‘est une œuvre encore Expressionniste par l’utilisation de la déformation expressive  pour exprimer la douleur des personnages, Mais elle prend un caractère plus  caricatural, proche  des exagérations grotesques du Dadaïsme. Peint-il la cruauté de la vie en s’inspirant des graffiti des pissotières comme G. Grosz et Erwim Blumenfelf?

George Grosz, Strassenszene, 1919Lithograph,10.5 X 15.25 in.

George Grosz, Strassenszene, 1919 Lithographie,10.5 X 15.25 cm

George Grosz, Knotenstock, 1918,  Encre de chine sur papier, 35 x 27,8 cm, Paris, Centre Pompidou.

Représentation caricaturale de la rue berlinoise à l’heure du « brutalisme ». Cette même rue ou se promène les gueules cassées à Dresde.

Otto Dix, Café Couple (Paar im Café), 1921. Watercolor and pencil on paper, 20 x 16 1/8” (50.8 x 41 cm). Purchase. © 2012 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn

Otto dix ,couple dans un café, aquarelle, 50.8 x 41 cm. Purchase. © 2012 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn. Association de la femme et de l’homme aux multiples cicatrices. la femme un ange consolateur?

Otto Dix, Fleischerladen, drypoint, 29,8 x 25,6 cm, 1920

Otto Dix, Fleischerladen, drypoint, 29,8 x 25,6 cm, 1920

Vision grostesque de la boucherie après cette vaste boucherie de la première guerre.

 

Du mouvement Die Brück , O.Dix, conserve l’attention que ces artistes apportaient à la souffrance humaine , une  vision désormais post apocalyptique du monde  .

L’expressionnisme

Mais nous ne retrouvons pas le pathos dont parlait Worringer. Peut on être dans l’empathie? partager la souffrance. Je pense que nous ne sommes pas devant une Madré Dolorosa, une piéta à la Guernica à la Picasso, devant lequel nous devrions  ressentir l’émotion. La caricature nous met à distance.

De  » Die brück » on retrouve cette influence de l’art primitif? le personnage centrale pourrait nous rappeler les œuvres de Heickel?

C’est une œuvre Dadaïste :

Dans « Rue de Prague », huile sur toile,1920,Stuttgart,galerie der Stadt.

On découvre, déjà, la présence des collages, des prothèses et du soldat mutilé. Exclu de la société , il est condamné à vivre au sol et à  la mendicité comme le vendeur d’allumette. Dans les vitrine de magasins, les prothèses deviennent un outils de luxe au même titre que des vêtements.

Autoportrait en soldat.

  •  trait caricatural
  • absence d’expression
  • air désabusé

KIR

Huile sur toile, 69,5 x 60,5 cm, Allen Memorial Art Museum, Oberlin, Etats-Unis.

Voici l’ interprétation qui est faites de l’oeuvre au Collège Wallon.
« L’artiste s’est peint mutilé à une époque où il est mobilisé. Cette mutilation est symbolique. Elle exprime avec force l’angoisse de la mort ou de la blessure que peut éprouver un homme qui va partir à la guerre. En même temps, elle manifeste le désarroi de l’artiste qui se trouvera dans l’incapacité matérielle et peut-être morale de continuer à exercer son art pendant qu’il est soldat. C’est pourquoi, paradoxalement, il se représente à la fois dans son atelier en train de peindre et dans l’incapacité de le faire, privé de main droite. (…) La blessure provoque un sentiment de répulsion et de dégoût. C’est une image sombre qui dément la propagande en faveur de la guerre exaltante, glorieuse et héroïque »
col58-wallon.ac-dijon.fr/IMG/pdf/HDA-Kirchner.pdf

Le peintre E.L. Kirchner (expressionniste) en 1915 se représente  la main,  qui peint, amputée. La question de l’amputation et de la blessure sera un thème de préoccupation de nombreux artistes . Certains  ne reviendront pas de la guerre:

  • Alain-Fournier (corps identifié en 1991).

Tandis que d’autres reviendront blessés:

  • Apollinaire blessé à la tempe en 1916 et décédé en 1918 (grippe espagnole),
  • Cendras amputé du bras droit
  • L.F. Céline…(70%)

 

chirico apollinaire Victor Brauner : le pictopoète des yeux et la subersion du regard

 

Le peintre Chirico réalise une peinture prémonitoire (sur la blessure du poète)

Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion.

Photo ci-dessus de Blaise Cendras en uniforme du régiment de marche de la Légion étrangère.

Il porte  à sa gauche comme l’un des joueurs de Skat des décorations (médaille militaire et croix de guerre avec palmes). Ce portrait  est réalisé le « Dimanche de Pâques  en 1916, seulement  quelques mois à peine, après son amputation du bras droit , son bras droit d’écrivain et de guerrier » advenu le 28 septembre 1915. »

Il devient correspondant de guerre.(Grand reporter).

Il écrit en 1946 un texte en prose: « la main coupée.

Un magnifique poème   »  Au coeur du monde  » il évoque  son sentiment ,à l’époque de son  amputation.

.

« Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion.

(…)

Pas un bruit. Pas un passant. C’est le lourd silence de guerre.
Mon œil va des pissotières à l’œil violet des réverbères.
C’est le seul espace éclairé où traîner mon inquiétude.

(…)

Je suis l’homme qui n’a plus de passé. —Seul mon moignon me fait mal. —
J’ai loué une chambre d’hôtel pour être bien seul avec moi-même. »

On pourrait peut être retrouver les mots de ces joueurs de skats, s’ils étaient poètes.

E.L Kirchner, Autoportrait en soldat (1915) Huile sur toile, (69 x 61).

File:Paris mutilé de guerre 14 juillet 1919.jpg

Côté français ,en 1919, certains mutilés de guerre vendant des bleuets le 14 juillet. ( cette fleur symbolise des soldats français.)Pour Clemenceau, le président ,:« ils ont tous les droits », pour la nation reconnaissante.

Une peinture Dadaïste?

Le peintre utilise, comme bons nombres d’artistes Dadaïstes berlinois, la technique du collage et du photomontage. Par exemple, il colle pour le vêtement bleu du soldat un ersatz. Au fond, derrière les personnages, plutôt qu’une représentation peinte de journaux, il colle  à l’instar d’un Picasso, ou d’un futuriste comme U.  Boccioni, trois morceaux de journaux,  des cartes à jouer. Une photo  de l’artiste est même collée sur la mâchoire métallique du soldat de droite. Otto devient créateur de prothèse. Dans un autre tableau des années 20, « la rue de Prague », le papier journal intervient comme un vecteur informatif mais aussi formel.

Le peintre dans les années 20, à l’instar d’un George Grosz, ou Rudolf  Schlichter, utilise un dessin caricatural, proche du portrait charge, pour évoquer le monde des anciens combattants, des militaires…en somme, on retrouve dans les multiples œuvres des années d’après guerre, cette satire de la société, cette vision critique, antimilitariste que certains Dadaïstes (comme Hulsenbeck développaient déjà quelques années au part  avant). On retrouve le langage nouveau, cette esthétique révolutionnaire et nihiliste.
Cette peinture est une œuvre antimilitariste comparable à   ce  mannequin d’un officier allemand à tête de porc, suspendue au plafond lors de l’exposition Dada . Cette dernière, après son exposition, fut à l’objet d’un procès. (Cf. reconstitution, ci-dessous).

 

John Heartfield and Rudolf Schlichter, Preussischer Erzengel (Prussian Archangel), 2004 (reconstruction of lost 1920 original)<br />
papier-mâché (pig’s head); wire mesh (body); palm grass, hemp,  and horse hair (filling); uniform cut from field gray material,  following original pattern; World War I field cap, boots, and shoulder lapels; woodcut (signs) height c. 180 cm (70 7/8 in.) Neue Galerie New York » src= »http://25.media.tumblr.com/tumblr_me0qkoeY4D1r9j6pro1_500.jpg » /></p>
<p>(John Heartfield and Rudolf Schlichter<em>, Preussischer Erzengel </em>( Archange prussien),  de 2004 (reconstitition de l’oeuvre originale perdue en 1920 .</p>
<p>Matéraiux: papier-mâché pour la tête de cochon ; wire mesh (body); palm grass, hemp,<br />
and horse hair (filling); uniform cut from field gray material,<br />
following original pattern; World War I field cap, boots, and shoulder lapels; woodcut (signs)<br />
Dimension: 180 cm<br />
Neue Galerie  de New York</p>
<p>Les autorités y voyaient une évocation déshonorante du ministre de la défense de la République de Weimar (CF. Le cliché photographique de l’expo salle 1). Comment ne pas confronter cet archange obscène et les combattants, les sans grades. À la même période, Otto Dix critiquera d’une façon mordante le caractère concupiscent et corrompu d’une certaine armée, en rapprochant dans l’espace d’un café bordel bruxellois, l’officier gradé (un général de la Reichswehret) et la prostituée. Ce tableau  » souvenirs de la galerie des glaces à Bruxelles  » est visible au centre Georges Pompidou à Paris. Otto Dix profite du jeu des miroirs pour dans une parodie quelque peu cubiste, nous montrer les ébats du couple.</p>
<p> </p>
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Composition avec des jeux de miroirs.

À cette époque (le 5 juin 1920) invité par G. Grosz, et  J.Heartfield, il participe à la première foire internationale Dada à Berlin (- Erste International dada-messe) dans la galerie du Dr. Otto Burchard. O.DIX y expose une œuvre picturale « mutilés de guerre », un défilé de soldats allemands dans une rue, dont le physique, le caractère grotesque est assez proche des joueurs de skat. On peut faire des rapprochements entre les personnages des deux tableaux.

 

 

 

Peut-on voir dans l’acceptation de Dix à cette invitation à confronter son œuvre à ceux des Dadaïste:  slogans, photomontages. une reconnaissance et  une filiation avec la démarche de ces confrères Berlinois?
O. DIX s’engage. Que peut représenter ce petit sexe d’ange, dont est affublée cette gueule- cassée à droite dans le tableau? Une grivoiserie à la Duchamp ? (L.O.O.Q) ,une provocation? Dans la représentation de ce couple militaire/prostituée. Dix se servait du stratagème visuel- (un jeu de miroirs)- pour exhiber, d’une façon un peu crue, le sexe féminin. L’artiste ne fait-il pas dialoguer, en contraste, ce détail au départ peu visible, obscène, avec la décoration ostentatoire d’une croix de guerre que l’on montre fièrement? Quand est-il de cette virilité glorieuse du soldat allemand, dans une Allemagne de la défaite? .Ici, une certaine vision du guerrier, l’icône  héroïque, d’un corps glorieux, qu’il désamorce, qu’il raille( ne mènera-t-elle pas au désastre?). Ce détail impudique, évoque-t-il la façon dont la nouvelle propagande de l’État allemand, certaines associations d’anciens combattants, exhibent sans pudeur, les blessures, les stigmates de cette guerre passée, comme autant de manques héroïques, comme autant de médailles .Comme disait Berthold Brecht dans sa pièce « la vie de Galilée »: « Malheur aux peuples qui ont besoin de héros « . Chez Otto dix, cette exposition de la plaie guerrière devient le lieu d’un théâtre grotesque.

Ce soldat mis à nu a-t-il encore sa dignité? Qu’elle peut être leur place dans cette société, Que nous laisse apparaître la tête scalpée du soldat de la partie centrale? ses propres désirs? ses fantasmes…ses obsessions, un espace d’intimité désormais à la vue de tous?

l’estropié ou la gueule- cassée est associée  à la prostituée dans certaines oeuvres d’ Otto Dix.

[ Otto Dix - Prostituée et mutilé de guerre ]

Le soldat de retour du front à Bruxelles, retrouve cette ange déchu pour satisfaire sa misère sexuelle.

 

Prostituée et mutilé de guerre.

En 1924, à  travers ses gravures , il évoque les atrocités de la guerre.

 

 

  • III)Contexte historique: Nous sommes  en Allemagne, en 1920. C’est la période du Bilan de la Première Guerre mondiale. Après l’échec de la révolution spartakiste commence le début de la république de Weimar (Ier république) . Les artistes communistes du Kpd constatent l’échec des révolutions et la croyance en une Allemagne nouvelle s’éloigne. En 1918, l’Allemagne défaite est obligée de payer de lourdes  réparations avec le traité de Versailles en 1919-  (elle n’a  Plus d’armée et cède une  partie de ses territoires). La scène peinte se situe à Dresde (cf. les journaux). le peintre y vit. A-il observé cette scène de bar ou l’a-t’-il imaginé?

IV description iconographique

Les joueurs de carte, 1920, Otto dix, gravure N°4 sur 11.

On peut remarquer l’inversion de gauche à droite dans la disposition des figures.

IV )DESCRIPTION ICONOGRAPHIQUE

« Ce qui est représenté au premier niveau, ce sont « des gueules cassées » et des corps amputés complètement appareillés. Il n’y a presque plus que des prothèses: auditives, jambes de bois, minerve à vis, nez remplacé, machoires mécaniques, bras articulés avec des poulies, oeil de verre, peau du crâne recousue. Corps raccourcis, corps réarticulés, corps fait de pièces réagencées. ce sont des corps artificiels aussi fabriqués que la table et les chaises puisque leur jambe de bois se confondent et sont identiques aux pied de la table et des chaises. » Henri jacques Stiker,  Alain Blanc,Le handicap en images

  • Au centre du tableau,  trois soldats sont en train de jouer aux cartes pour se divertir. Deux personnages sont de profil et se font face, tandis qu’un autre est  face au spectateur. Ils sont autour d’une table guéridon, assis sur des chaises cannées.
  • -Le personnage de gauche a une jambe de bois, il joue avec son pied droit, celui-ci faisant vacance du bras absent. Il a une prothèse à la place de la main gauche pour tenir les trois cartes. Un tuyau relie l’organe auditif à la table pour qu’il puisse entendre la scène. Une partie du visage est très abîmée.
  • -Le personnage de droite porte un uniforme avec une croix de guerre de 2e Classe . (la croix de fer= »Eisernes Kreuz »). (décoration allemande crée en 1913 par Frédéric -Guillaume III de Prusse pour récompenser la bravoure  guerrière sous Napoléon). Rétablit en 1914 par Guillaume II elle était donnée après des actes méritoires aux militaires ou civils. (+ de 5 millions l’on obtenus  pour la 2e  classe et 218 000 pour la 1er  classe ,ce qui atténue son prestige. (Informat. Wikipédia).File:EK II 1914.jpg
  • 1ère  Classe= épinglée                      2ème classe avec ruban.
  • Personnage de droite. Pour remplacer la partie basse du visage qui a disparu, il porte une mâchoire en fer.
  • Une prothèse métallique crée par l’artiste lui même. (elle porte sa marque et sa photo). Un cache-nez en cuir permet de cacher sa vacuité. Il porte un uniforme militaire  bleu, c’est un héros de guerre (mais nulle information sur son unité est apparente. L’artiste laisse apparaître un petit sexe grivois qui remet en cause sa virilité héroïque. son vêtement est fait en collage. Il joue aux cartes comme une machine .Il lui manque un bras , l’une des deux est remplacé par une prothèse en bois  articulée par une poulie.
  • -le personnage central :  a été scalpé, blessé sur la partie gauche il laisse apparaître une grande cicatrice. Le cerveau à vif laisse entrevoir dans sa partie une scène dansante ou érotique?. Sans jambe  il a des moignons à la place des jambes .Sans bras , il  n’est plus qu’un homme tronc. Seule  sa bouche lui permet de jouer aux cartes. Comme un écorché, il n’a presque plus de peau sur certaines parties su visage, son cou laissé entrevoir les os, des veines… Il a perdu son oreille gauche et semble fixer le monde avec son œil de verre. Il est devenu être hybride mi-mécanique, mi humain.
Toutes ces prothèse semblent bien sommaires? Où sont ces morceaux de prothèses réalistes que l’on découvrait en vitrine?
La prothèse permet t’elle ici de faire disparaître la blessure? N’ont-ils pas accès à la véritable réparation du corps?
  • Description du lieu: l’espace est clos, sombre. Il y a un porte manteau, un rideau, et une lampe . Des articles de journaux  de DRESDE sont suspendus.

V. Analyse plastique

  • LA LUMIERE : O. Dix crée  un contraste lumineux entre le fond sombre et la  lumière frontale au premier plan, qui se focalise sur les personnages. Il y a deux sources  lumineuses . Qu’est-ce qui est mis en lumière ? La chair, les blessures? Pourquoi ce jeu de lumière? L’artiste veut mettre en pleine lumière ce qu’on ne veut pas voir . Comme muni d’un projecteur il éclaire l’horreur, depuis l’extérieur du tableau. l’espace devient  une scène de théâtre avec son rideau. Les gueules cassés sont-ils des acteurs de leur propre rôle,  celui d’une théâtrologie dramatique? Cette lumière crue exhibe  avec outrance les plaies béantes des soldats, comme si l’on devait faire l’étude clinique de blessures. Nous somme entre Exhibitions cliniques et spectacle  d’un petit théâtre des horreurs ? (Le film de Frankenstein apparaît dans les années 30, des barnum des cirques n’exposaient t’il pas les monstruosités) .Et la lumière de ce lampadaire du fond? Elle n’éclaire pas réellement la scène. Avec sa tête de mort en fausse image subliminale, elle prend des airs fantomatiques. Lumière symbolique, elle rayonne sur la scène comme une incandescence macabre… Les soldats sont enfermés dans un espace. Nulle terrasse ou lumière naturelle. Leur vie est prend une forme funeste.
  • LA COULEURS: la palette est relativement restreinte: Le Marron pour le décor, le vert et le bleu des vêtements de l’uniformes…le rose vif des chairs. La dominante terreuse du décor rappelle celle des tranchées .Ne sont- il pas encore sur le terrain? Une analogie qui nous laisse à penser que l’espace  mental , mémoriel, et la temporalité sont confus. le présent c’est encore le passé. Les soldats sont  dans cette mémoire traumatique qui vous fait revivre les choses avec la même acuité. Comme Dix a pu le vivre, pendant des années, les anciens soldats doivent apprendre à vivre avec. l’artiste possède la peinture pour exorciser, mais qu’en est-il pour ces anciens combattants? (flash-back, illusions sensorielles, cauchemars, tout n’est que réminiscence intrusive pour ces combattants. c’est, peut être, ce que tente de traduire le peintre. Ce trouble de la mémoire psycho émotionnelle est comparable à un nouveau champ de bataille.
  • LA REPRESENTATION DE L’ESPACE . Nous sommes face à un espace clos, fermé. Les personnages occupent tout l’espace .Sombre ,étroit, il nous rappelle les boyaux dont parle Henri Barbusse , celui des tranchées. (Sommes – nous en 1920 ou encore pendant la guerre?).La mémoire, des moments terribles, hante les anciens soldats. Ils sont marqués dans leur corps par les tourments de l’histoire dont ils ont été les acteurs, les victimes. la guerre est-elle finie pour eux, où sont- il en attente d’une prochaine attaque du front?. Les personnages sont coincés dans cet espace peu  profond, proche des images de carte à jouer, des cartes d’état major. -Planéité de la peinture- que découvriront avant 1914 dans  les peintures cubistes, planéité d’un E. Manet qui faisait dire à certains critiques  que  « l’ Olympia », qu’ elle n’était qu’un vulgaire panneau publicitaire.  Avec cet espace rabattu, nous sommes dans ce type d’image. L’absence de perspective, l’espace non illusionniste est renforcée par l’utilisation des collages, qui ramènent tout au plan. L’espace  est à l’image de ses locataires . Enfermée dans leur douleur,ils ne dévoilent qu’un jeu de surfaces brisées. Nulle émotion intérieure semble visible, la souffrance s’étale en surface. Les formes s’organisent dans une composition centripète, fermée: signe redondant  de la solitude, de l’incommunicabilité avec l’extérieur. Communiquent-ils réellement entre eux? Communiquent-ils réellement avec le spectateur? Le personnage de gauche n’a plus d’œil pour nous regarder, celui du centre tente de nous fixer avec son œil de verre.  Il y a déficience des sens ,tout autant physique que psychologique.Quelle est la place instituée pour nous spectateur? l’empathie est elle possible?. Nous sommes face à un espace à l’image des gueules cassées, construit à partir de ces prothèses plastiques que sont les collages  .la composition des trois  personnages, comme une mise en abyme, reprend celle des trois cartes du jeu de skat, les trois morceaux de journaux…(Cf:Schémas au dessus). Ces trois soldats sont  comme trois figures d’un jeu de cartes que l’on tient dans une main….Sommes-nous spectateur, figurant  ou acteur?  joueur?  Future gueule cassée  et chaire à canon?…

George Grosz, John Heartfield, Corrected Picasso, The Happy Life (dedicated to Dr Karl Einstein), 1920, reproduction of lost photomontage appearing in the Dada Fair exhibition catalogue, New York, Elaine Lustig Cohen collection.

 

George Grosz, John Heartfield, Corrected Picasso, The Happy Life (dedicated to Dr Karl Einstein), 1920, reproduction of lost photomontage appearing in the Dada Fair exhibition catalogue, New York, Elaine Lustig Cohen collection.

D’autres dadaïstes berlinois en 1920 questionnent de façon humoristique l’héritage cubiste de Picasso des papiers collés , à travers cette oeuvre photomontage , un Picasso recorrigé par les nouvelles découvertes constructivistes (diagonale) et Dada.Un nouveau portrait dada se surajoute au portrait cubiste, avec la nouvelle esthétique de la photographie collée.

 

VI ANALYSE et INTERPRETATION DE L’OEUVRE:

  • Qu’est ce que le skat? C’est un jeu de 32 cartes d’origine allemande, inventé au XIXe siècle, se jouant à trois. c’est un jeu d’enchères. Le mot Skat signifie « écarter ». C’est un jeu dit de « l’écarté ».

 

  • Le mutilé est -il un héros? une figure à réadapter ou un exclu?

 » … Alors  même que les mythes et légendes germaniques encore très vivaces accordent une place particulièrement importante aux dieux et champions mutilés, les soldats ainsi rendus à la vie civile y sont traités moins comme des héros que comme un problème qu’il va falloir régler à grand renfort de prothèses fonctionnelles. »  explique Catherine Wermester. Elle démontre que le terme a une connotation négative dans la société. »KRIEGSKRÜPPELS est « estropié, avorton,infirme, invalide, impotent et parfois être rabougri » l’utilisation de la terminologie  est discutée, car péjorative. « dans tous les textes « consacrée au problèmes des mutilés de guerre…le kriegsküppel est décrit comme un être sans volonté, vivant de la mendicité ou de ces rentes à la charge de la société, incapable de tenir son rôle de père et d’époux, voir sombrer dans la folie, tout à la fois infirme,improductif, impotent etc. Il concentre implicitement toutes les formes négatives comme autant de sources possibles de relégation ». s’y oppose l’homme actif. « c’est au mutilé de sortir de la position d’exclu dans laquelle, il s’est, dit-on, installé lui même. »

  • Le peintre dénonce, l’absurdité de la guerre, la brutalité des combats, de ce nouveau type de guerre moderne (utilisation massive de l’artillerie/obus, bombardements,), symbolisés, incarnés dans leur chair par ces soldats. Il ne montre pas les combats, mais les conséquences sur les corps .Il remet en cause, démythifie, démystifie le mythe guerrier nationaliste
  • DIX critiques la récupération du drame et des souffrances militaires par l’État et les associations d’anciens combattants, qui décident à l’après-guerre de montrer les blessures des gueules cassées dans un but de propagande (politique).
  • Qui sont-ils dans cette peinture? Des victimes, des témoins, des pantins, les pions d’une manipulation, d’un jeu dont ils n’auront jamais les cartes. Ce sont les figures dupées d’un jeu de guerre. Qui est le tricheur?
  • Mais ils sont, aussi, les figures consentantes des nouvelles manipulations, des récupérations de l’État. On retrouve en eux les figures des 3 singes. « Je n’ai rien vu, rien entendu, rien dit ».
  • DIX donne une représentation caricaturale. Il passe par la forme du grotesque, pour montrer le caractère ridicule et dangereux de ce nationalisme de cet héroïsme d’après-guerre. Il ridiculise les ports de la croix de fer en, les récompenses en la jouxtant avec un zizi grivois. Ces trois soldats sont posés sur cette scène, ces chaises comme des trophées. Ces soldats cultivent la rancœur, mais retiennent il encore les leçons de la guerre?
  • Il interroge la place des anciens combattants dans la société (triptyque « la ville »), mais aussi des mutilés présent dans ces toiles comme des exclu monstrueux, sur le même lieu que les prostituées.
  • Qui sont-ils? Les compagnons d’infortune des prostituées? Des monstres incompris par leurs contemporains? Des exclus condamnés à se côtoyer qu’entre eux. Des inadaptés sociaux? Dix dénonce leur difficulté d’insertion dans cette société qui doit travailler avec le mémoire (en France on publie des cartes postales).
  • Face a une politique de disparition de la mutilation, du morcellement, une société avide de réconcilier l’homme et l’industrie (Bauhaus). le corps mutilé apparaît ou disparaît. Pour certains artistes Dadaïste , il est une source de réflexion la machine sera « tournée en dérision ». Une figure que l’artiste met en avant. (Catherine Wermester souligne qu’ « ainsi en 1919, l’expressionnisme toujours en quête de renouveau et d’une réconciliation n’ y aura plus recours. Au Bauhaus la même et, à partir de 1923, l’affirmation du principe d’une collaboration avec l’industrie excluront de fait l’iconographie du corps mutilé. »
  • Elle montre comment on peut assimiler la guerre moderne (industrialisée) au travail à la chaîne.« De la guerre industrielle à l’armée des ouvriers d’usines le sentiment qui domine est celui d’un corps humain investi par la discipline et ravalé au rôle d’instrument. » entre le soldat instrumentalisé et l’ouvrier il y a un même combat.
  • La guerre a posé sur la technique et la machine une certaine suspicion tout autant que la fascination. certains artistes n’utilisent ‘ils pas la technique machiniste du montage? Pour C.Wersmester , pour certains artistes communistes, « le modèle machiniste cristallise … l’aspiration à une expression collective, » antibourgeoise.
« …Une fois la paix revenue, les figures de mutilés surgissent dans les arts comme les images intuitives du désarroi et du sentiment d’impuissance qui submergent  des générations perdues ».Initialement liées à l’expérience traumatisante de la grande guerre, elles ne vont plus cesser d’assumer une fonction critique dans l’art de l’Allemagne pacifiée de la république de Weimar.(…) Figures de crise qui parlent d’un monde disloqué, figure de deuil qui racontent l’histoire d’une perte irrémédiable, les images de victimes de la guerre industrielles crée durant près de Quinze années seront le fait d’artistes qui ne voudrons ou ne pourrons de « recoller les morceaux »explique Catherine Wermester
« Ainsi nous réussirons à réparer autant qu’il est humainement possible les lourds dommages causés par la guerre; tous les cercles de la population devront contribuer activement à ce que les innombrables mutilés de guerre (KriegsKrüppel) se fondent dans la masse de la population comme si rien ne s’était passé, et entourés de leurs frères, redeviennent des membres à part entière de notre peuple, et de son destin. » Konrad Biesalski, cité
 
par Catherine Wermester. « Des mutilés et des machines. images de corps mutilés et rationalisation industrielle sous la république de Weimar. (allez lire l’article.)
George Grosz, John Heartfield, Der wildgewordene Spiesser Heartfield. Elektro-mecanische Tatlin-Plastik (Le Petit Bourgeois Heartfield devenu fou. Sculpture Tatline électro-mécanique), 1920/1988, reconstitution par Michael Sellmann, Berlin, 1988. Original exposé à la Dada-Messe, Berlin, 1920.<br />
Assemblage. Mannequin : 130 cm en hauteur. Socle : 90 x 45 x 45 cm. Berlinische Galerie, Landesmuseum für Moderne kunst, Fotografie und Architektur, Berlin. » src= »http://24.media.tumblr.com/tumblr_ly3xirN3kQ1r9j6pro1_500.jpg » /></div>
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<div>Comme Raoul Hausmann avec sa tête mécanique, les dadaïste dans une société de combattant à prothèses, et de mécanisation, pensons au mythe du robot chez « Métropolis », de Fritz Lang, recrée l’être hybride humanoïde.(dans la peinture le mannequin est très présent.) l’artiste devient, ici, un personnages aux multiples prothèses sarcastiques, et satiriques.</div>
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<p>George Grosz et John Heartfield<em>, « Der wildgewordene Spiesser Heartfield</em>. »<em> Elektro-mecanische Tatlin-Plastik (Le Petit Bourgeois Heartfield devenu fou. Sculpture Tatline électro-mécanique</em>), 1920/1988, reconstitution par Michael Sellmann, Berlin, 1988. Original exposé à la Dada-Messe, Berlin, 1920.</p>
<p>Assemblage. Mannequin : 130 cm en hauteur. Socle : 90 x 45 x 45 cm.</p>
<p>Berlinische Galerie, Landesmuseum für Moderne kunst, Fotografie und Architektur, Berlin</p>
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<div><strong>VII Conséquence de L’engagement?</strong></div>
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<li>En 33 avec L’avènement d’Hitler ses œuvres sont qualifiés de « crime contre le régime », d’art dégénéré.</li>
<li>Des œuvres détruites (Autodafé)</li>
<li>L’artiste est arrêté par la Gestapo.</li>
<li>Il perd son travail d’enseignant à l’académie des beaux-arts de Dresde.</li>
<li>Il doit s’exiler sur le lac de constance pour peindre une peinture « apolitique », officielle des chalets, sapins et vaches.</li>
</ul>
<div><strong><br />
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<ul>
<li><strong>VIII Contexte historique,</strong><strong>Contexte de l’oeuvre.</strong>.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Une époque traumatique. l’après guerre:des traumatisme à long terme.</strong></li>
</ul>
<div><em>« <strong>Les traumatismes à long terme sont les blessures à soigner, l’incapacité à reprendre un travail, les bruits et visions d’horreur toujours présent dans la mémoire des combattants.Ce n’est pas un hasard si les années 20 constituent un moment privilégié de la psychiatrie aussi bien que de la chirurgie réparatrice en Europe.</strong></em> » François cochet, Première guerre mondiale, principes de culture générale.</div>
<div>Freud parlera à l’époque du concept de « Psycho maniaco-dépression.</div>
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<div>        <strong> Y a t’-il un développement des associations d’anciens combattants?</strong></div>
<ul>
<li>les ligues d’anciens soldats se développent dès le milieu du XIXe siècles, en Allemagne, mais c’est en 1870 , avec la guerre franco-prussienne,que se multiplient ces associations qui se poursuivra après 14.</li>
</ul>
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<ul>
<li>Otto Dix doit lutter contre une pédagogie de la guerre comme civilisatrice. (propagande de la guerre en 1914.)</li>
<li><strong>Comment est la société d’après guerre? Est-elle relativement pacifiste?</strong></li>
</ul>
<div>Le peintre veut conjurer la violence en montrant le résultat de celle-ci dans une société  de plus en plus brutale. Otto Dix veut éveiller les consciences. Après 1918:  on assiste à la « brutalisation » de la société allemande  (la théorie de l’historien George Mosse  parle de l’impossible reconversion des anciens combattants à cause de comportements façonnés par « les conditions de guerre et l’éducation à des pratiques criminelles ». Quel peut être l’exutoire pour cette agressivité?<em><strong>« La poursuite, dans la paix,des attitudes agressives de la guerre entraîna une « brutalisation » de la vie politique et accentua l’indifférence à l’égard de la vie humaine »(…)</strong></em><em><strong>le régime de Weimar n’arrive pas à encadrer la violence et débouche sur un système de guerre civile larvée. » (…)</strong></em><em><strong>« La paix de 1918 ne signe pas la fin, du culte de la guerre, tant s’en faut. Les arts et les décisions des autorités placent la mémoire du conflit au centre d’un dispositif  intellectuel et symbolique qui fait de la mort guerrière le modèle d’accomplissement de l’être humain (…) la société allemande se pense comme guerrière. »</strong></em><strong> dans ; Livre noir du communisme, compte rendu de lecture du livre de Mosse George, de la guerre au totalitarisme. la « brutalisation » des sociétés européennes, par Sylvain Boulouque.</strong></div>
</div>
<ul>
<li><em><strong>« La majorité des Anciens combattants, selon Robert Franck dans l’introduction de l’ouvrage « le XXe siècle des guerres » chapitre IV, »Après guerre et culture de paix », adhère à l’association liée au parti-démocrate dont le discours est fondamentalement pacifiste ».</strong></em></li>
<li><em><strong><br />
</strong></em></li>
<li>Otto Dix agit pendant ce temps de paix qui est un danger, car souvent s’y cultive à nouveau « une culture de guerre.</li>
<li></li>
<li><strong>L’article 148 de la constitution de la république de Weimar imposera une politique de réconciliation, qui subira la contestation de nombreux politique conservateur. Le traité de Versailles et le caractère irréaliste pour les allemand du paiement des réparations de guerre suscite l’animosité.</strong> (En 1923, le gouvernement  restreint son remboursement exclusivement dans son paiement en nature.</li>
</ul>
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<ul>
<li>1919 traité de Versailles</li>
<li>1920 Echec de la Révolution spartakiste</li>
<li>1923 difficulté de conserver un discours pacifiste dans la société allemande.</li>
<li>1923-24: Invasion de la Rhür ( cultive le sentiment antifrançais dans l’opinion.). elle donne une mauvaise image de la France qui au vue de l’opinion internationale semble belliciste.</li>
</ul>
<div><strong>Pourquoi représente-on des mutilés?</strong></div>
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<ul>
<li><em><strong>« …Une fois la paix revenue, les figures de mutilés surgissent dans les arts comme les images intuitives du désarroi et du sentiment </strong><strong>d’impuissance qui submergent  des générations perdues ».Initialement liées à l’expérience traumatisante de la grande guerre, elles ne vont plus cesser d’assumer une fonction critique dans l’art de l’Allemagne pacifiée de la république de Weimar.(…) Figures de crise qui parlent d’un monde disloquées.</strong></em>explique Catherine Wermester.</li>
</ul>
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<p><strong>IX ouvertures</strong></p>
<ul>
<li>Le film L’aube de 1933, qui cultive l’esprit de sacrifice héroïque à partir de deux soldats qui sauvent un camarade pendant une attaque aérienne durant la première guerre.</li>
<li>La chambre des officiers (le livre de Marc Dugain ou le film inspiré du roman réalisé en 2001 par François Dupeyron.</li>
</ul>
<p>Notions de huis clos (protecteur?) où les gueules cassées sont confrontées au regret de ne pas être mort. (Volonté de suicide). Comment vivre? Et l’amour doit-on y renoncer.</p>
<ul>
<li>Délégation des gueules cassés à Versailles en 1919. (Reçus par Clemenceau): « les gueules cassées ont tous les droits », affirme le président.</li>
<li>L’ouvrage « Krieg dem Krieg », la guerre contre la guerre du pacifiste Ernest  Fiedrich. A l’intar d’un Henri Barbusse, il veut combattre et guérir l’humanité de « la peste de la guerre ». Il conçoit à Berlin en 1926 un musée de l’histoire de la guerre, pour enseignée à un peuple aveugle et sourd les méfaits de la guerre. Il agit  face aux manque d’investissement des municipalité et du gouvernement pour cette cause. cette tâche lui vaudra la censure, des amendes. en 1933 avec l’avènement du national socialisme son musée sera saccagé par les SS et transformé en caserne pour les S.A.</li>
<li>« j’ai toujours partagé l’opinion de mon camarade et frère idéal français Barbusse: « les hommes sont des machines à oublier! », étant la triste réalité selon laquelle les autorités municipales et nationales ont complètement renoncées à ce terrain. je mes suis permis de réaliser à Berlin un musée international de la guerre. je veux mettre ainsi sous les yeux de ces « machines à oublier la folie la plus complète et le plus grand des crimes: l’homicide de masses organisée (la guerre), dans sa pleine objectivité et froideur, afin qu’ils en conservent le souvenir et que cela réveille leur vision.En vérité la plupart des hommes ont beau avoir des yeux, ils sont incapables de voir, ils ont des conduits auditifs pour la radio, mais ils n’ont pas d’oreilles, ils ont un corps mais pas d’âme. » Fiedrich 1926.</li>
<li>Finalement le peuple allemand est comme ces gueules cassé, mutilé par les sens de toute conscience.Cf: l’article en entier</li>
</ul>
<p>« Ernest Fiedrich, un antimilitariste dans l’Allemagne des années 1920, de Enzo Collotti, tiré de l’ouvrage de « Le XXe siècle en guerre » sous la direction de Pietro Causanaro,… les éditions de l’atelier.(2004)</p>
<p>Carte postale publiée par le gouvernement français pour obtenir des dons« . Autant les invalides, manchots, culs-de-jattes et autres mutilés sont omniprésents dès la fin de la guerre, représentés en mendiants ou en héros, autant on ne se résout pas à représenter les visages détruits, on les cache dans des pièces sans miroir .Il y a là un tabou, une limite dans la représentation de l’horreur, qui s’impose à tous. Ni photos, ni dessins jusqu’en 1924. (Avec la diffusion de l’ouvrage, « La guerre contre la guerre ».</p>
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En France c’est l’union sacré autour des combattants. Cf De Laporte  pour la présentation des  anciens combattants, des gueules cassées des deux nations, lors du traité de Versailles, par Clemenceau. Il sont respectés. Loi pour les pensions des armées de terre et de mer. mais les employeurs ne les intègre pas dans le monde du travail.

 

Couverture

A lire: « les gueules cassées: les blessés de la face de la grande guerre » de Sophie Delaporte, chez Agnès Vienot Editions.

 

 

Kader Attia à la Documenta 13 à Kassel

« 

Kader Attia’s « The Repair From Occident to Extra-Occidental Cultures, » a mixed-media work, was presented last summer at the international art festival Documenta in Kassel, Germany.By NAZANIN LANKARANI Published: June 11, 2013″

 

 » Le film confronte des portraits  de gueules cassées et des statues africaines brisées puis réparées tant bien que mal avec des agrafes. Les photos d’archives, très difficiles à regarder, sont doublées par leurs jumelles de bois. Le parallèle est saisissant, impressionnant.Le parallèle est saisissant, impressionnant. Il raconte une histoire sans parole où l’on devine les liens complexes existant entre l’Occident et ses colonies et les traumatismes vécus en commun.(…)Kader Attia fait œuvre de syncrétisme. Il réunit deux cultures, deux histoires qui s’interpénètrent pour en faire une seule.  Au final, ce qu’on croyait être une œuvre de dénonciation (de la domination occidentale, du mépris des troupes « noires » au sein de l’armée française) est un acte de réconciliation. En psychologie, on parlerait de résilience. » Celine piettre « les gueules cassées de kader Attia », 03/07/2012, Fluctua, Première

Technique du montage après celle du photomontage. Question de la scénographie de l’histoire.L’artiste reprend le dispositif muséal de la scénographie mémorielle.

 

°Sophie Ristelhueber Every One # 14, 1994

°Sophie Ristelhueber Every One # 8

SOPHIE   RISTELHUEBER

 

 

2 commentaires pour “« Les joueurs de SKAT »ou invalides de guerre jouant aux cartes.”

  1. ardeois dit :

    bonjour je voudrais savoire quelle est le style de cette oeuvre??? cordialement

  2. penhouet dit :

    Il est une mixité de plusieurs styles.Dans sa façon d’exploiter l’espace plan et le recours au papier journal,Dix reprend le travail des cubistes Picasso et braque avec l’introduction du papier collé et du journal .Pour ce qui est du tableau ,il se trouve à une période charnière entre le DADAISME dont il reprend ici manifestement l’idéologie antimilitariste et goût de la provocation, et la redéfinition des critères esthétiques et la nouvelle objectivité qui interviendra dès 1925 avec ce souci de réalisme froid et distant (distantiation).Nous sommes ici entre réalisme et carricature.

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