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juin 22
 «Celui qui contrôle les images contrôle les esprits. » Bill Gates
Ce qui substitue au contrôle des images, un contrôle* critique et didactique des images éveille les esprits.
*(Examen, surveillance, vérification.)
« L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’Etat, je suis le peuple” »   Ainsi parlait Zarathoustra   .F.Nietzsche.

 

  • Carte d’identité

AuteurJohn Heartfield. (pseudonyme d’ Helmut Herzfelde). En 1916, il transforme son nom en l’anglicisant, pour contester la position de l’Allemagne vis à vis de la Grande Bretagne.

Titre:   »Adolf le surhomme, il avale l’or et crache des insanités, (des balivernes) ou il débite de la camelote (du fer-blanc) « . Traduction de l’allemand: « Adolf der ubermensch; shluckt gold und redet blech. »

Date: 17 juillet 1932.    

Nature de l’image 1: Une couverture de magazine,c‘est une image exposée en couverture de la gazette A.I.Z, XI, 29. (Arbeiter Illustrierte Zeitung), hebdomadaire de 1924 à 33.

  • Qu’est ce que le magazine AIZ?

« Hebdomadaire politique  illustré  fondé en 1924 à Berlin et s’adressant  non seulement aux sympathisants du KPD, mais plus largement aux milieux populaires et aux mouvement ouvriers international (…) a été apprécié aussi des milieux de la gauche intellectuelle, il combine grand reportages politiques et sociaux; textes sur la vie quotidienne des couches défavorisées, rubriques féminine et pages pour les enfants, avec des caricatures et de nombreuses photos, tantôt de photographes professionnels, tantôt de photographes ouvriers  et des photomontages de John Heartfield » Hélène Rousselle, article,   »réflexions sur l’exile politique allemand des années trente et la question de l’accès aux médias. » article dans l’ouvrage: »Les résistants au IIIe Reich en Allemagne et dans l’exile: pensée en action »  textes réunis par Françoise Knopper et Alain Ruiz paru dans interlangues civilisations. Ed   Presse universitaire du Mirai .P162

20-FOTOGRAFIA-OBRERA

AIZ Magazine, no 38, 1931 , 24 heure dans la vie d’une famille de travailleurs à Moscou (la famille Filipov)

Qui peut être le lecteur des photomontages d’Heartfield? « Selon une enquête menée A.I.Z en 1929, « 42 pour cent de ses lecteurs étaient des travailleurs qualifiés, 33 pour cent des travailleurs non qualifiés, 10 pour cent des cols blancs, 5 pour cent des jeunes femmes au foyer, 3,5 pour cent, 3 pour cent des travailleurs indépendants, soit 2 pour cent indépendante, et 1 pour cent des fonctionnaires ». Lavin & Höch, 1993, p. 55. 55 le journal s’adresse à un lecteur cultivé.

http://phomul.canalblog.com/archives/a_i_z___arbeiter_illustriert_zeitung/index.htmlhttp://phomul.canalblog.com/archives/a_i_z___arbeiter_illustriert_zeitung/index.html Le le journal illustré,s’adressant aux travailleurs, est ,en 1924, un mensuel;il devient  hebdomadaire en 1926. C’est un magazine s’inspirant directement du premier magazine communiste   »Sowjet-Russlant im Bild » (La Russie en images), lancé en 1921 . Il utilisait la photographie comme vecteur  privilégié et efficace de sa  propagande, n’hésitant pas à dévoiler les découvertes des photomontages constructivistes dans ses pages. Ce dernier deviendra  , en 1923, « Sichel und Hammer « (La Faucille et le Marteau), puis  l’AIZ en 1924 . Sous la République de Weimar, le journal est tiré à plus de 300 000 , voire 500 000, exemplaires. En 1936, pour échapper à l’interdiction, il sera transféré à Prague, avec un tirage ,désormais, moindre (12000). Les couvertures de L’ Arbeiter Illustrierte Zeintung étaient, donc, des  » Armes visuelles contre le régime Hitlérien »  très efficaces (Evans David, dans son ouvrage « J. Heartfield A.I.Z , V.I 1930-1938, New York ,Kent, 1992)  Gaëlle Morel explique que  « L’A.I.Z se veut l’indispensable contrepoids à une presse bourgeoise mensongère, ennemie du prolétariat, et montre à voir le monde ouvrier tout en insérant dans ses pages des photographies des associations de photographies ouvrières (A.P.O) ». (« Du peuple au populisme »:  les couvertures du magazine communiste Regards (1932-1939) . p. 44-63).L’image photographique,en couverture, doit mobiliser les classes laborieuses.Propagande, c’est un un« élément mobile de l’affichage urbain », plus à même sous cette forme de susciter les réactions du public, ce citoyen moderne et « sans qualité », urbain , le passant pressé ou flâneur du quotidien.

En 1936, s’adaptant à la ligne du  front populaire, le journal,  raconte Hélène Roussel, prendra un nouveau nom  Die Wolks illustrierte, et tentera dans sa lutte contre le fascisme de  toucher un publique plus varié issu des divers luttes en  Espagne, Tchécoslovaquie et France. Il cessera, en 1938, à Prague, puis tentera une renaissance avortée à Strasbourg en 1939.En France, comme L ‘A.I.Z, le journal « Regards », reprendra ce dispositif de couverture construite  à partir de photomontages. ( la couverture de « Regards » du 2 février 1934,  montre un personnage satirique proche de la technique d’ Heartfield avec le collage d’une tête sur un corps).

« Dans les années 1920, le triangle Moscou-Berlin-Paris est chargé d’assurer les rencontres entre les différents artistes engagés dans le combat révolutionnaire (…) les oeuvres et les idées circulent entre les trois pays, toujours supervisés par Moscou, par l’intermédiaire de l’Internationale communiste (IC). « .G. Morel .

Le créateur de L‘A.I.Z, Willi Münzenberg, responsable des éditions du parti communiste allemand, faisait la jonction entre les nations. Ceci explique, certainement, la diffusion des idées théoriques et plastiques du constructivisme, du Bauhaus ,  la technique du photomontage politique Dadaïste d’un pays à l’autre. (Le journal L’ A.I.Z, et  « La Russie au travail  » influencent les pratiques journalistiques en France.)  L’antifascisme,  est le thème des nombreuses couvertures, il s’allie à celle de la défense de la classe ouvrière. Le motif du point levé devient un leitmotiv de cette nouvelle révolution ouvrière qui se diffuse dans de nombreuses créations graphiques. klutsis

ELECTION PARTI COMMUNISTE ALLEMAND DE 1928

La main aux 5 doigts , de J.Heartfield, de  1928, reprend la thématique de l’artiste  Kurtis avec ses mains levées. Ce motif,  de la main, celle qui se fait instrument d’un instrument, devient un nouveau signal visuel et politique, qui  diffuse son message, sa nouvelle énergie,  sur les  ondes de Moscou à Berlin, à travers toute l’ Europe. ses affiches communistes diffusent les idées du KPD. Dans le photomontage d’ Hitler, le dictateur est amputé de ces mains. Qu’est ce qu’un homme sans ses main? cette intelligence de la  main , cette  main de l’intelligence. Heartfield nous suggère- t-’il, que le future autocrate est coupé de sa base ouvrière?

  • Nature (2)de l‘image : Affiche électorale. (c’est une Héliographie ou rotogravure,un procédé d’impression employé pour de longs tirages.) Cette image d’Heartfield, sur A.Hitler, existe, en version agrandie un peu partout à Berlin dès le 28 août 1932. (imprimée avant 1942).
  • Fonction: Il faut voir ,derrière cette  pseudo affiche électorale,  une revendication critique d’un artiste qui s’adresse à l’ Allemagne de la classe ouvrière.L’affiche est un support de contestation , de dénonciation, de diffusion idéal dans le monde urbain et l’espace publique.
  • Technique:Photomontage.
  •  Support:papier  (gélatine d’argent impression)
  • Dimensions: 35.4 x 24.6 cm  (l’image seule:33 x 24.1 cm)
  • Lieu de conservation: Musée des beaux arts du Canada.inventaire(N° 22863)
  • Achat par le musée en 1979.
  • Mouvement artistique: Le Dadaïsme  (dès 1917, il  participe au mouvement du Dadaïsme. Dada-monteur, on le découvre à la foire internationale Dada de 1920).

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(Doc.1) La tête du photomontage semble extraite d’un document  d’actualité comparable à celui de droite.

 

DES IMAGES OFFICIELLES D’HITLER AUX IMAGES NON-OFFICIELLES DES ARTISTES CONTESTATAIRES

 

Gérard Deschamps: Neo Sleep (1960) Accumulation de lingeries. (Doc. 2).

ARMAN, Home sweet home, 1960, Accumulation de masques à gaz, 140 x 160 X 20 cm.(doc. 3).

Photographie d’Hitler devant ses troupes S.A (Doc.4).

 

(                                                                                                                         (Doc.5) Portrait photographique D’Hitler à la Chancellerie.

J.Heartfield, réalise dans ses photomontages de nombreux portraits non officiels du Führer. C’est une figure incontournable de son combat. Son travail est un contrepoint aux nombreux portraits de propagande et officiels.
  • DES TECHNIQUES MODERNES D’UTILISATIONS DE LA PHOTOGRAPHIES s’opposent à la vision de l’art du régime fasciste: Le photomontage et la photographie de la nouvelle objectivité.

La technique du photomontage ne sera pas la seule technique révolutionnaire à l’époque. La façon de concevoir la photographie dans la nouvelle objectivité sera  une opposition nécessaire à la conception traditionnelle de la photographie sous le IIIe Reich. August Sanders tentera, dans les années 30, une cartographie sociale de l’Allemagne entre portraits et paysages. « Composer un document historique grâce à mes images », c’est le souhait d’A. SANDERS.« Les portraits d’August Sanders ne sont pas des portraits psychologiques... » explique Sylvain Maresca, dans »la photographie un miroir des sciences sociales. » Chap. 1 La photographie en quête de démonstrations sociales, Edit. L’Harmattan. P 39.

  • Les portraits d’Hitler sont des images jalousement travaillées qui ne laissent que peu de place à la spontanéité. Dans le (Doc.5),nous avons une représentation photographique du Führer, une photo officielle  probablement de (1933?). L’homme est photographié de face, frontalement, cadré en plan américain. Droit, statique ,le regard fixe , il pose dans une attitude sérieuse et solennelle presque trop rigide et martiale.  le faciès est sévère et fermé.  la veste est  impeccable avec sa  croix de guerre. C’est le chef militaire qui est face à nous. la photo est belle. Le peu de profondeur de champ, laisse  le second plan dans le flou . Il se trouve à la chancellerie. On découvre en contraste, au premier plan, la grande netteté du costume, le velouté de la lumière sur le tissu du pantalon, la matière du canapé. Est-ce une photo de A. SANDERS, avec son style frontal, l’éclairage maîtrisé, la profondeur de champ calculée, choisissant de photographier un homme dans son lieu? Non! nous ne sommes pas dans l’image documentaire et distanciée de la nouvelle objectivité  que A.Sanders pourra faire du régime nazi, à travers la figure du soldat de la Wehrmarcht, du capitaine SS, ou de l’enfant de la jeunesse Hitlérienne. les images du photographe de la nouvelle objectivité ne flattent pas le modèle, c’est« un réalisme sans fard »« la photographie  se veut exacte. « Comme l’explique, sylvain Maresca:  » Sanders pratiquait une photographie abrupte et nette, sans intention de flatter le modèle, avec qui il se refusait à toute complicité.(…) Se refusant à l’instantané, exigeant du modèle une pose complètement calculée…Sanders obtenait des portraits crus qui n’étaient pas sans rebuter les personnes représentées. »
  • L’observation chez le portrait du chef d’état Allemand n’est pas aussi  minutieuse, détaillée comme le permettait le choix du papier brillant . A. Sanders  illustrait de façon clinique le régime. Le régime nazi persécutera l’artiste en 1936 (saisissant ses négatifs, détruisant sa maison, persécutant son fils en 1934. Il confisquant son ouvrage « face du temps », son projet humaniste. ses photographies seront réellement découverte en Allemagne que bien après les événements, après la guerre, à partir de 1951.
  •  Au-delà d’une qualité technique beaucoup plus faible et indéniable, directement perceptible à l’oeil, elle démontre surtout l’inégale richesse du discours entre le réel cliniquement observé, et ce réel mis en scène par la propagande. Ici la pose n’est pas naturelle, mais  codifiée, ritualisée, symbolique. Dans le portrait de l’homme public , le bras droit repose le long du corps, l’autre équilibre la posture en servant de béquille. L’image doit signifier la stabilité, l’homme devient statue (de stater, tenir debout), statuaire.  Image du père,  la pose et l’attitude mime celle  d’ Aloïse Hitler. Chez Sanders la pose aussi est étudiée,mais pour en accentuer d’autant plus la vérité objective.

Artist August Sander(1876‑1964),Titre: Captaine SS, Date 1937, printed 1990,Medium Photographique,papier gélatine et sel d’argent imprimé.Dimensions : 490 x 390 x 30 mm.

A.Sander membre de la jeunesse hitlérienne 1938 à la gélatine argentique, 24 x 17 cm,

Photographie noir et blanc, A. Sanders photographie, ici, un soldat Allemand,cadré en plan rapproché poitrine. Statique, il compose une symétrie parfaite. Il envahit le premier plan, représenté avec une incroyable netteté dans le tissus du vêtement. Observez cette présence dans son regard que le photographe a su capter. Le visage reste neutre, il n’y a pas d’ expression. le personnage, par cette absence de profondeur de champ contraste avec  le fond ,un paysage flou, une ferme Allemande? (on distingue des colombages. C’est l’espace de la terre, l’espace du Reich, des origines de la culture allemande? Flou? N’est t’il pas justement en train de perdre son identité?

Aloïs Hitler.     Photographie du père.
 François Pages  réalisa en 1969 le portrait officiel de Georges Pompidou.
Dans ces photographies publiques, à chaque fois, les mains  ne sont pas dans l’action, ils ne  savent jamais ce qu’elles doivent faire lors des portraits. Ici chacune d’elle est fermée. L’homme sera impénétrable. Le décor a  son importance. Dans l’image militaire (doc.4), Hitler est en uniforme parmi ses soldats S.A, cette milice militaire brutale. Il semble se fondre avec eux. La photo devient  une accumulation de matières, de tissus, un tout compacte. Au pli impeccable s’oppose le froissé des tissus. Hitler est au premier plan, au centre de l’image.  Il fait,ici,  artificiellement  corps avec son armée de jeunes soldats glamours au profil aryen, tout autant qu’il s’en détache. Son visage  est encore imperturbable, ses mains sont croisées. Ce ne sont pas les mains du discours, actives et parlantes.  les veines saillantes  laissent suggérer cette l’énergie contractée, mis en attente.Nulle  insigne ,nul grade il est parmi ses hommes . Encore une fois, c’est la posture que l’on remarque, il pose,  derrière  lui, une vie s’anime qui tente de trouver dans le peu d’espace  sa propre place. Ils n’existent que comme corps fragmentés, des objets motifs dans la masse, objets du régime . Ce sont des hommes choisis pour leur beauté aryenne,qui accompagnent l’image et le discours  comme d’énièmes  gravures de modes. (Cf: aujourd’hui dans les reportage télévisé,  le second plan est un  lieu de tension  ou la rue  tente d’ entrer dans le cadre  lors d’interview spontanées.) Dans d’autres photos, la tête  de l’homme politique se répète indéfiniment semblable, imperturbable, seul, le contexte a changé,devenu interchangeable comme dans les  fêtes foraines .Dans une autre image (Doc.6) prise dans le même lieu, pendant la même séance (?), le cadrage, cette fois- ci,  est plus large,  un plan de situation, comme au cinéma. Nous découvrons une image nouvelle, une autre signification, la  pose, elle se veut plus décontractée, aurions-nous interrompu l’homme dans son activité? Non!  nul désordre, aucun papier ne traîne. Le futur dictateur est en costume de ville, élégant, les bras croisés. C’est le chef d’état politique qui nous est  présenté et non plus militaire. Il est assis sur les coins de son  bureau. Une nouvelle fois, le traitement de la photo, le jeu du flou et du net est intéressant à observer,La figure se détache .Sur le bureau se trouve un sous-main, un encrier,  des crayons et 2 petits objets très nettement photographiés comme des détails signifiants? Le peu de profondeur de champ transforme cette nature morte en sujet secondaire de l’oeuvre  .C’est un tampon, une sonnette. leur présence est-elle dû au hasard? Le tampon buvard signale comme signe, que nous sommes dans l’écriture à la plume, cet objet de propreté permettait  d’éviter les tâches, les maculatures. Suggère-t’- il la propreté de ce qui est écrit? Mais le discours est loin en 1933 d’être aussi immaculé. la sonnette est un petit détail très intéressant. Repensons à l’utilisation de la sonnette dans le dictateur de Chaplin où celui-ci l’utilise de façon impérieuse.Le nombre d’or dans la composition par tiers  attire l’attention sur  ce triangle , ces  trois objets communicationnels du discours politique. Photo d’ Heinrich Hoffman ?1933? 1936?1937? dans le bureau de la Chancellerie?

Le peintre allemand Otto Freundlich, 1925.Le philosophe allemand Max Scheler, 1925.L'une des grandes figures du Dada berlinois : l'artiste et écrivain Raul Hausmann, 1929.

L’une des grandes figures du Dada berlinois : l’artiste et écrivain Raul Hausmann, 1929 Le peintre abstrait allemand Otto

Freundlich, 1925     Le philosophe allemand Max Scheler, 1925.

Un philosophe photographié devant son bureau par A. SANDERS

Le professeur d'art, Karl With, 1932.

« Pourquoi les nazis ont ils jeté au feu l’atlas photographique de A. Sanders?

Parce qu’il avait cadré sans exclure. Parce qu’il avait  voulu ne pas  exclure de l’aspect humain- donc de l’espèce humaine- les exclus de la société: les « laissés- pour- contre », « les idiots », « les malades », « les idiots », » les fous », « les mourants », « les artistes », ceux qui faisaient les choix sexuels hors-normes et même » les persécutés « de la politique ».Christiane Vollaire « écrits sur images: sur  Philippe Bazin ,P 198. Le système hitlérien exclura de la cité et de la communauté des hommes touts ceux qu’il considérera comme ne pouvant faire partie du futur REICH.

 

Un homme politique photographié devant son bureau par Hoffmann.

 

(Doc.6)         Dans la culture française de nos présidents de la Ve  république,se pose aussi le rituel du portrait présidentiel.Le décor sera souvent le fond d’une bibliothèque,le président est un homme cultivé dont la légitimité s’appui sur le savoir,l’histoire.,l’image semble venir du même lieu,comme continuité dans la nature et l’essence du pouvoir républicain: »Le changement dans la continuité ».pour le président Chirac,et Hollande on préfère le palais de l’Elysée vue en fond avec les jardins.   Dans le dictateur de Chaplin le bureau  ,lieu du pouvoir symbolique et décisionnel du dictateur devient son espace de jeu de ce dictateur comparée à un enfant gâté. Plusieurs fois la scène de l’encrier qui ne veut pas se défaire de sa base, permet un jeu comique sur l’impuissance du dictateur à se maîtriser.

 

 

   

François Hollande et Jean-Marc Ayrault à l’Elysée, le 3 janvier 2013 ,Philippe Wojazer / Reuters – Pourquoi ce cadrage? l’absence des mains?

I) QUESTIONS ICONOGRAPHIQUES (dénotation).

1)-Quelle est votre première impression face à cette image? La surprise, l’amusement.

2) Quel est le sujet de ce photomontage? C’est une représentation satirique d’une personnalité politique: le futur chancelier de l’Allemagne: A. HITLER. À travers la représentation de ce personnage, l’artiste évoque la situation politique, en 1932, en Allemagne).

3) Description de l’image: -le personnage est représenté de face, cadré mi- corps, en plan rapproché. Statique, il est seul et se détache en léger contre-jour, sur un fond uni et lumineux . Son visage dans la lumière est représenté de trois quarts, il regarde au loin et fixe l’horizon. La bouche ouverte, il harangue, traditionnellement, la foule avec rage.  Nous ne retrouvons aucunement, ici, cette agitation, la gestuelle nerveuse de son corps, présente dans les archives des discours politiques filmés en 1932.  (Cf documents de l’I.N.A), le corps est statique, figé comme une contradiction, par le jeu du photomontage.

-Qui est-il?  Adolf  Hitler…

Comment le sait-on? On le reconnaît immédiatement à cette caractéristique physique ,la moustache;ce petit détail de visage qui fera de Chaplin un double satirique possible. En 1932, ce visage connu n’est plus celle d’un homme qui magnétise les foules dans les brasseries bavaroise, il est connue et facilement identifiable par le public. (ses effigies  figurant Hitler  sont très présentes dans l’environnement des Allemands, elles font parti de son quotidien : le cinéma d’actualités, les affiches politiques placardées dans les rues en cette année d’élection, les nombreux meeting. Avec les moyens modernes de communication, son portrait pouvait être reconnu de tous. L’homme politique utilisait les moyens de propagande efficace du N.S.D.A.P.  Il ne manquait plus que la radio pour que sa parole rentre dans chacun des foyers. De nombreuses  images de propagande, dans la tradition classique des  peinture du pouvoir codifiés dans la  peinture d’apparats et hagiographiques se propagent pour cultiver la culte de la personnalité . Elles construisent , transfigurent et imposent le mythe. Hitler devient  un héros, un chevalier teuton, un surhomme. On pourra se référer par exemple à cette affiche de propagande de 1930: « Ès lebe Duestchland! » pour observer l’esthétique de cette imagerie héroïque, religieuse, (quasi divine) diffusée dans l’esprit des Allemands . la confrontation avec l’iconographie religieuse est édifiante avec la simplicité de son message propagandiste. L’artiste allemand en pastichera tous les codes, dans son photomontage, avec une ironie très corrosive et instructive . (On pourra observer rôle de la lumière, étudiée un plus bas dans notre analyse.). On se demande si le bas du corps ne reprend pas la pose du portrait officiel, dans la tradition de la représentation du pouvoir, tandis que la tête mouvementée, rageuse, celle des discours (un arrêt sur image, un photogramme d’un documentaire) .La tenue  militaire représente le chef d’une armées en action, les SA. La réception de cette image  prend une force supplémentaire un impacte d’autant plus fort  à partir du moment où chaque citoyen allemand, identifiait dans la rue le personnage celle-ci établissant un rapport dialogique avec les autres affiches. De façon étonnante, je n’ai pas observé de photos témoignant de cette affiche dans les rues, contrairement à celles de 1928, avec cette main avec ses 5 doigts.

(C’est le contexte qui donne sa force au détournement, sa mise en perspective entre la source, un monde iconographique et le nouveau monde critique que permet la déconstruction du montage). Le travail d’ Heartfield vient justement interrompre en contre-point le flot d’images idéologiques. il dynamite, démonte par le montage,  les processus de la  propagande. A la même époque, en 1933,Fritz Lang  décidera dans le film   » docteur Mabuse » de mettre dans la bouche des criminels les doctrines et  les slogans, pour exposer le programme de l’idéologie du national-socialisme , mettre en lumière par les  nombreuses allusions son caractère néfaste. L’objectif est assez similaire.

-Que fait le personnage? : Il parle? Non, il crie son discours politique. «Il crache » des balivernes, nous dit la maxime inscrite par l’auteur. L’artiste porte une vision péjorative sur la parole de l’homme politique. La légende parle de « balivernes », d’insanités ». Il ne parle pas, il crache; ses mots sont comme des mucosités, de la salive qu’il projette .On peut choisir aussi l’interprétation figurée de « cracher des injures «proférer des mots haineux ». Son discours très antisémite sera instrumentalisé par des éminences grises pour accéder au pouvoir.

Dans quel contexte pourrait-il faire cette action? Lors d’un meeting politique? Nous sommes en juillet 1932, dans le début de la période de campagne électorale. (Il les multipliera dans son ascension pour devenir chancelier et convertir les foules à son idéologie.). Heartfield focalise son attention sur ce moment de la politique qui est celui de l’allocution. C’était chez Hitler nullement un travail hasardeux mais une véritable pratique très étudiée, et théorisée, afin de véhiculer le message avec le plus d’efficacité. Hitler, lui-même, théorisera la notion de propagande et son impact sur les foules . (Cf. le texte d’A. Hitler de » Mein Kampf). Sur les photos et les films documentaires d’archives, on retrouve l’emportement, la verve et le charisme propre à son visage. Mais, ici, contrairement, aux photos diffusées sur ces proclamations, le corps semble figé. Nulle représentation de la gestuelle, de ce corps tendu, saccadé, lors des diatribes endiablées. (Cf. Les photos ci-dessous), Que sont devenus ses gestes, ses mains qui sont autant de paroles muettes? On pourra ,ici mettre en confrontation cette photo avec le premier discours D’Adénoïde Hynkel dans le film le dictateur ou la rhétorique du geste est exagérée, caricaturée, devient une véritable pantomime. Prononcés sur un ton tantôt déclamatoire, tantôt incantatoire, ses discours faisaient appel à une rhétorique gestuelle empruntée aux orateurs antiques, associant le geste à la parole. Dans le photomonage le  futur dictateur prend la pose comme figée sous la machine radiographique, il  passe sous le rayon X de l’artiste. On peut apercevoir sa cage thoracique radiographiée, mais nulle représentation des organes (coeur, estomac?) . Est-il malade? L’hitlérisme, le nazisme n’est-ce pas un corps malade . Où est la tumeur? Est-ce la croix? Le nationalisme outrancier?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ces photographies d’A. Hitler prises en 1925,  le futur chancelier étudie la gestuelle, son impact possible sur les foules? ).Le discours politique devient méthode scientifique d’étude de la communication et de la psychologie. A.Hitler travail son image. Pourquoi ne voulait-il pas conserver les négatifs. N’a t’il pas lu la « psychologie des foules « de Gustave Le Bon que sous entend t’il? Qu’il est un orateur naturel? Qu’il ne travaillait pas son « charisme politique »? :mener un groupe en jouant sur les aspects émotionnels.

. -Henrich Hoffmann plus fidèle ami d’Hitler après 1920. (…) Heinrich Hoffmann est (1885-1957), photographe du Parti nazi dès ses origines puis iconographe attitré et ami personnel d’Hitler. Ces instantanés ont été pris alors que Hitler, debout devant l’objectif mime un discours imaginaire, adoptant tour à tour une pose combative, impérative, ironique et visionnaire, et que, derrière lui, un gramophone diffuse le discours en question. Ses gesticulations – bras levés, poings serrés, index tendu… – de même que les mimiques exaltées de son visage – moue volontaire, yeux exorbités ou rêveurs, bouche hargneusement ouverte, lèvres esquissant un sourire ironique… – sont autant d’effets destinés à renforcer la teneur de ses propos et à communiquer son état d’esprit aux auditeurs.(….)Face au public, il avait coutume d’adopter une pose méditative avant d’entamer son discours, lequel suivait une sorte de progression : commencé lentement, il s’enflait au fur et à mesure que le ton montait, s’accompagnant alors de gestes virulents, puis se calmait(…)Hitler, ce dernier (…)demanda par la suite à Hoffmann de détruire les négatifs de ces photographies, après avoir diffusé certaines d’entre elles. « Charlotte DENOËL, »Le charisme d’Hitler », site l’histoire par l’image. En 1930, cette approche servira lors du parcours vers la fonction suprême. Aujourd’hui nous sommes désormais dans le neuromarketing…la recherche n’a cessé de scruter le cerveau de l’homme pour mieux le diriger, manipuler les désirs des masses. )

. Dans cette scène, Heartfield se focalise sur une action bien précise de la politique, celle de la parole politique, tout comme, par la parodie C. Chaplin se focalisera, sur le moment du discours.Dans son film le dictateur,il représente ce moment stratégique celui où l’homme harangue la foule, car c’est le moment où le langage se fait idéologie, lieu  psychologique de manipulation des masses.

 

 Charlie Chaplin travaillera sur la gestuelle, et la logorrhée incompréhensible, le discours devenant des mots sans sens, on ne conserve que la  forme violente, haineuse. Le dictateur ne parle pas, il éructe. Ici, comme le rappelle Heartfield dans sa légende, nous sommes dans deux ordres du discours. Le premier évoquant le mot Baliverne, il nous montre bien que tout discours ici n’est que mensonges, fausses promesses. Dans le  dictionnaire Le Petit Robert définit le mot baliverne comme « des propos futiles et creux». On lui associe des mots comme,billevesée, sornette,faribole,…IciJ. Heartfield critique l’absence de vérité ,de teneur des discours  Hitlériens, tout cela manque de profondeur, l’homme politique tente un marché de dupe avec le peuple en lui promettant du pain et du travail, ils n’obtiendront que  du « fer-blanc »(blech en allemand). l’homme est creux , à l’image de cette figure ouverte et vide? Pas entièrement, car il devient comme une tirelire, celle du capitalisme. Hitler est comparé à un superman(?). Hitler ici reprend -il la référence au héros Anglo-saxon pour se moquer de façon cynique de la figure tutélaire, divinisée que l’on diffuse du future führer? (C.F: l’affiche des années 30, »vive l’Allemagne » dans le livre d’histoire  de 3ème aux éditions Hatier p.77.) Hitler serait- il le sauveur de l’Allemagne? Un héros de la nation? ou simplement un héros de bande dessinée, digne de figuré dans les cases d’un comics américain, figure de papier grotesque et plate sans épaisseur, telle celle d’un cartoon à la tex Avery, une image plate. La propagande américaine passera par la figure du dessin animé, dans les années 40 pour en caricaturer les travers.La légende  parle «   d’insanité « .Nous rappellerons aux élèves la définition  dans (le Petit Robert): « Manque de saine raison, de bon sens».Le mot est associé à folie, à la déraison, Hitler selon Heartfield débite des inepties ,des bêtises insensées .l’artiste met en garde contre les sottises et la folie de son message, de cette extrême droite qui mènera à la guerre. Ce n’est pas un homme politique, c’est un fou paranoïaque? Un esprit qui n’utilisera pas la raison des Lumières mais conduira l’Allemagne vers d’autres âges sombres. Le rapprochement  entre le personnage, le discours et la « mania » est assez juste. l’histoire  donnera raison à l’artiste. (Une humanité devenue folle dans la barbarie.) Heartfield à travers cette représentation et sa légende fait une critique virulente de ces laïus politiques  que le représentant de l’extrême droite fera pendant sa campagne. A l’affiche de campagne électorale, il oppose un autre type d’affiche, une contre affiche pour lutter contre une certaine désinformation.

Dans quelle situation pourrions-nous voir ce type d’image? S’il prenait une radiographie.

-Y a-t-il un décor? Non, l’artiste porte toute son attention exclusivement sur le personnage .Le fond est uni, vide,on ne retrouve pas le décor qui environnait ses discours. Nul décorum, ou personnages derrière lui,  comme dans le film « le dictateur »,si souvent présent lors des discours politiques. Il est seul. Le fond, représenté sans le moindre décor naturaliste me fait penser à ces images de tradition Byzantines, celles où le fond des images à caractère religieuses était peint par un seul fond doré, évocation de l’espace sacré, (supraterrestre) avant l’innovation de la première renaissance. Dans cette tradition des images qui divinisent le personnage.

-la scène représentée vous semble t’-elle réaliste ou irréaliste? (pourquoi?):

« une présentation réaliste de l’insensé » pour reprendre les mots de Moholy-Nagy.IL est impossible de voir l’intérieur du corps simultanément avec l’image réelle .C’ est un montage irréaliste. Il nous montre justement ce qu’il est impossible de voir sous la propagande. La vérité. Il dévoile à la fois l’extérieur l’apparence, que renforcent les pastelles sur le visage légèrement fardé. Et simultanément l’intérieur, la réalité des choses, la vérité). Il fait une véritable radiographie du régime et du langage politique. Le jeu de la retouche d’image est un procédé très moderne qui anticipe les pratiques numériques d’aujourd’hui et qu’avait déjà initié le régime stalinien pour effacer de l’histoire tel dignitaire d’une photo, d’un document.

Dans quel genre peut-on classer ce type d’image? Un portrait,un portrait charge,une caricature fait à partir de collages photographiques

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II Questions plastiques.

« Les Nouveaux problèmes politiques nécessitent de nouveaux moyens de propagande, pour cela, la photographie dispose du plus grand pouvoir de persuasion« J. Heartfield

1) Comment l’artiste a t’-il procédé pour faire cette image? Il réalise une image de grandes dimensions qui par le moyen nouveau de l’héliographie, devait être présente dans la rue, et se confronter non officiellement aux autres affiches électorales. Elle venait parasiter un discours ambiant. Avec l’affiche du K.P.D c’est la seule qui utilise la technique nouvelle du photomontage. (L’affiche du parti communiste reprenait le vocabulaire plastique du photomontage constructiviste. -Son travail est-il de l’ordre du collage? Ou du photomontage? Peut-on le rapprocher du travail des dadaïstes? Le photomontage est tributaire de l’invention du cubisme, qui en insérant dans l’espace de la toile les papiers collés, l’ objet faisait de l’espace du tableau comme objet un questionnement de la représentation de l’espace l’illusionniste renaissant.

2) Quand est-ce qu’est née la pratique du photomontage? La pratique a existé des l’invention de la photographie. mais elle est surtout employé dans une pratique ludique proche du divertissement. Mais c’est en 1919 que serait  daté sa naissance avec sa théorisation comme véritable « Rhétorique  transformative« .(groupe µ).

« Lorsqu’en 1916, par un matin de mai, vers 5 heures, dans mon atelier de Südente, John Heartfield et moi avons inventé le photomontage, nous étions tous deux loin de nous douter des immenses possibilités de cette invention» George Grosz, cité par Hans Richter, Dada – Art et anti-art, Bruxelles, Éditions de la connaissance.

John Heartfield, Raoul Hausmann, Couverture de  DADA 3
en  (1920)

En Allemagne, avec  le groupe des artistes Dadaïste berlinois:G. Gros, Heartfield sont-ils les inventeurs de cette nouvelle technique artistique et révolutionnaire ?. Hausmann se voit beaucoup plus comme le père de cette pratique à travers sa fameuse découverte en présence d’Hannah Höch sur la Baltique « dans la tradition populaire des mémentos militaires ».(Cf: article de clément Chéroux)

En URSS  A.Rodtchenko avec ses publicités ou Gustav Klutsis avec son oeuvre « La Ville dynamique », composée en 1919, seraient-ils les premier expérimentateurs du photomontage soviétique avant ceux d’El Lissitzky ?

ALexandre RODTCHENKO , Sans titre,Vladimir Mayakovsky’s “Pro Eto.” , 1923

« Cette rhétorique vient ainsi rencontrer cette caractéristique de l’actualité qui  par essence est transformation » Danielle Leenaerts, petite histoire du magazine Vu (1928-1940).

3) Le photomontage, une pratique révolutionnaire?

 C’est l’appropriation de cette technique, ce qu’on en fait, ce qui est en puissance et que l’on trouve, exploite, qui en fait une technique révolutionnaire  à même d’exprimer son époque, les nouvelles formes de la modernité.

Selon clément Chéroux, c’est une pratique qui a toujours existé depuis les premières expérimentations de la photographie elle « existait à l’état latent », mais sa véritable invention vient du fait d’en avoir découvert le caractère artistique et esthétique. »La latence (…) du photomontage a donc été révélée par le contexte esthétique des avant-gardes. »Filant la métaphore du fixateur, révélateur, M. Chéroux affirme que » le fixateur, et par là même l’inventeur, a été celui qui a extrait ces techniques de leur contexte professionnel, expérimental ou ludique pour les intégrer au registre des propositions esthétiques modernes. » Quelle différence entre les photomontages dadaïstes et Heartfield ? Clément Chéroux montre bien que le photomontage politique doit utiliser les codes plastiques graphiques de l’affiche politique et de propagande: visibilité/lisibilité de la composition et du slogan. L’image rejoint les caractéristiques des arts appliqués. Heartfield d’obédience communiste, après son séjour en URSS a-t-il été influencé par la pratique constructiviste? « Les photomontages, qui permettent de juxtaposer sur la page différents éléments photographiques pour créer une nouvelle image, sont appelés à faciliter la compréhension du message par la simultanéité et le rapprochement de personnages et de scènes. Les rapports de proportion s’inversent : les personnages sont grandis, changés en colosses face à une architecture qu’ils dominent. Souvent représentatif des succès du socialisme, le  » nouvel aspect de l’art des masses  » est destiné à promouvoir et à populariser ses idées. Par la création effective d’une image, il s’agit de passer de la représentation de la vie à sa transformation, afin d’illustrer la philosophie marxiste de la fin de l’histoire qui promet un avenir radieux à l’humanité, en s’appuyant sur une des thèses avant-gardistes de l’union de l’art et de la vie. » Du peuple au populisme » (…)les premiers photomontages dadaïstes se caractérisent (…) par la destructuracion et la saturation de l’espace visuel. Mais lorsque le photomontage devient le vecteur d’un engagement politique, la cacophonie visuelle cède la place à une image nécessairement plus lisible comme le démontrent, à partir de 1930, les productions militantes de John Heartfield pour le Arbeiter Illustrierte Zeitung, puis pour le Volk Illustrierte. En URSS, à l’exception des premières compositions de Rodtchenko, qui restent encore très surchargées, les photomontages de Gustav Klutsis, Sergei Senkin ou El Lissitzky s’inscrivent, dès le début des années 1920, dans la logique de la propagande politique et sont, par conséquent, davantage épurés plus proches des compositions sur fond blanc des constructivistes. C’est cette forme de photomontage épuré, avec de larges pans de blanc ou des aplats de couleurs, qui, dans l’Europe des années 1920 et 1930, est sans doute la plus répandue à travers les productions artistiques ou appliquées de Moholy-Nagy « Clément Cheroux lire l’article intéressant de clément Chéroux: »Les discours de l’origine »À propos du photogramme  et du photomontage.

Les discours de l’origineetudesphotographiques.revues.org › … › 14Questions de méthode

4)Comment se réalise un photomontage chez J.Heartfield?

« La réalisation est artisanale et longue. Il faut trouver les photographies adéquates, les imprimer à la bonne échelle et détourner les personnages. Une fois les morceaux découpés et disposés, il faut les maintenir, lisser les accords, harmoniser les tons et photographier l’ensemble. Les légendes doivent s’intégrer et le lettrage s’adapter à l’image. La réussite dépend en partie des photographies disponibles. Sous la république de Weimar, les agences de photographies sont nombreuses et alimentées par d’excellents photographes. Les tirages de Heartfield sont diffusées à un demi-million d’exemplaire dans les pays de langue allemande par les magazines de gauche.Ex; A.I.Z, la matraque ou le drapeau rouge. »

Comment est  réalisée un photomontage Dadaïste d’Heartfield?

A partir de ciseaux et d’images ou dans la chambre noir en utilisant les jeux des négatifs ? Cette technique consiste à assembler, réunir des images négatives ensemble dans la chambre noir, provenant de sources différentes, à réaliser un Collage photographiques avant le développement.Cette création peut créer un montage irréaliste ou qui donne comme ici l’illusion de réalisme. Mais la technique reprographique permet l’illusion photographique en unifiant le médium. « Tandis que les photocollages originaux indiquent le disparate des matériaux,leur reproduction en gomme l’hétérogénéité.Ils ont été reproduit dans l’A.I.Z par al technique de la photogravure,sur un papier brun mat,créant une homogénéité spatiale. Heartfield ,tout comme Ernst,avait le souci du détail-il donnait des instructions précises à son imprimeur-dans le but de créer un espace photographique cohérent et unifié.« Ceci n’est pas un tableau:Les écrits surréalistes. Par Elza Adamowicz L’image devient le lieu d’une construction. L’artiste véritable ingénieur, n’est plus un peintre, mais comme le cinéaste, un Monteur d’images. Il a fait des collages à partir de photos récupérées. Ces photomontages sont, avec son équipe en amont, un travail de collecte,d’archivage,d’images de sources différentes,de tout un corpus  documentaire,(image document).Nous avons ici: une tête, un corps, une radio thoracique, des images de pièces. Dans un second temps, il s’agit de les mettre en forme,de créer un tout cohérent dans le fond ,le forme. Il agit ensuite, avec des rajouts de peinture d’ unifier les éléments du collages ou ajouter quelques détails, puis la photographie de  l’ensemble viendra surenchérir l’impression illusionniste de vérité;c’est bien une photo. Chez les dadaïste la césure (rupture, déchirure,…ligne de coupe, écarts..) est montrée, le collage s’affirme en tant que tel et exhibe ouvertement son processus de fabrication. la photographie vient ici lisser le tout,tout comme chez Barbara Kruger, l’emploi de  la sérigraphie vient unir l’ensemble.Dans cette pratique on retrouve la pratique de max Ernst dans son roman mais chez ce dernier le décalage sera de l’ordre du fantastique (« Surréalisté »). La pratique du photomontage et de l’acte photographique place le spectateur entre transparence et opacité.(jeu sur la dissonance entre ce qui est vu et regardé). Il remet en question la pseudo transparence que certain attribut avec le référent et pour qui voir c’est savoir. » Il joue sur ce qu’André Bazin nommera cette « appétit d’illusion » que nous avons chacun face à la photographie. « À l’inverse, le processus du photomontage – qui n’a pourtant aucune prétention réaliste – efface ces procédés au profit d’une nouvelle continuité, constituant l’affiche comme un amalgame indécelable d’éléments iconographiques. Là où le collage s’expose lui-même comme une représentation factice et se présente comme un pratique scepticisme, le photomontage forme un nouvel illusionnisme à des fins de propagande : avant le procédé de collage, ce qui doit être reçu de l’image est un propos politique, une dénonciation. «Quand il construit, ce n’est pas pour fuir la réalité comme les constructeurs de chimères classiques — Friedrich Maximilian Klinger, Arnold Böcklin ou les Surréalisme —, mais afin de rendre le monde invisible pour la première fois visible à un œil non armé.»[2] Évidemment, ce «monde invisible» désigne les intentions cachées que Hitler et le mouvement nazi occultent derrière une visibilité en apparence sincère . « Si le fascisme tient à se rendre tout particulièrement visible dans ses manifestations, c’est pour que ses propres intérêts restent invisibles. La méfiance qu’on nourrit à l’égard du monde visible doit donc être d’autant plus grande à l’égard du fascisme qu’il utilise la visibilité comme un paravent. Un défilé de mai allemands, par exemple, est si énormément visible qu’il semble ne rien y avoir derrière. » — Günther Anders, « Sur le photomontage » »  Wikipédia. Voir la conférence de Günther Anders  sur le photomontage en 1938. « L’art est en danger «de Günter Anders, George Grosz, Wieland herzfelde et John Heartfield.vous pouvez écouter l’essai du jour sur France culture sur ce livre. Dans la pensée commune le spectateur pense que la photographie c’est la vérité, que son réalisme en fait un témoignage directe du réel, un double de  la chose photographiée, l’image et le référent,c’est la même chose.

« la photographie,affirmait André Bazin, bénéficie d’un transfert de réalité de la chose sur sa reproduction.(..)Elle,(l’image) procède par sa génèse de l’ontologie du modèle, elle est le modèle. »Dans la photo, l’homme, est absent comme intermédiaire dans sa représentation, elle agit sur nous comme un « phénomène naturel »,  son réalisme renforce son mythe » du naturel » .

C’est justement avec ce phénomène naturel qu ‘Heartfield joue. Car la photo étant mécanique,automatique, par son procédé, »Nous sommes ,selon Basin obligé de croire à la chose représentée ». Elle se définit par sa pure objectivité. Or ,Justement, Heartfield joue sur cet effacement du signe dans la lecture au premier degré et le contredit avec cette radio qui nous ramène à la pratique opaque du photomontage et de la pratique du monteur ce n’est pas une photo,finalement c’est un photomontage? un de ces trucages à la Mélies ? un effet de magie comme sait le faire les illusionnistes? Heartfield est conscient du grand pouvoir de persuasion de l’image photographique. Roland Barthes montre  à partir de son exemple sur la publicité, mais nous somme aussi dans la technique de la propagande ,selon  Marc Tamisier qui  « s’approchant d’avantage du réel, elle permettrait d’autant plus à l’idéologie de le masquer », « elle naturalise le message symbolique ».(cf:Texte, art et photographie: La théorisation de la photographie,Par Marc Tamisier).

5)Heartfield n’ utilise-t’-il pas les nouveaux codes de l’image cinématographique?

Le monteur Heartfield n’a- t’-il pas travaillé dans un studio de cinéma en 1917?

Il reprend le principe du trucage déjà présent dès les pratique primitives du cinéma, et son caractère magique (la lanterne magique). Il démystifie tout le caractère magique inhérent à l’image et à celle de la propagande: le  techniques qui permettent, d’une part, de faire croire quelque chose à quelqu’un et, d’autre part, de manière concomitante, d’écarter toute possibilité que cette croyance soit perturbée, ébranlée, affaiblie.”Il fait lutter contre notre originelle croyance aux images, sortir de la caverne platonicienne, proche de la chambre photographique et de la salle de cinéma.. Il reprend les trucages qui ont nourrit le cinéma de Mélies à Bunuel, en nous montrant son efficacité à nous manipuler. Comme Lénine ou Benjamin, il nous rend compte de la force de cette invention qu’est le cinéma. Méliès utilise  dans son cinéma de nombreuses figures de styles telles que la métamorphose, les apparitions et les disparitions… dans cette fantasmagorie les personnages inanimés prennent vie,  un autre personnage ou une partie de son corps se dédouble,se décuple (comme dans le court-métrage  le « chef d’orchestre ») ,tandis qu’une partie ou l’ensemble de son corps prend des proportions insolites. Là ou E. Blumnenfeld superpose les négatifs, inscrit des caches, le cinéaste pourra superposer ses pellicules. La technique est la même entre image mobile et fixe, et Heartfield la  bien saisi.Dans son photomontage, il joue sur la simultanéité des espaces (intérieur extérieur), des actions (faire un discours avec des insanités, puis des mensonges…avaler de l’argent que rend possible ce montage de morceaux de réalité. Comme sur une chaîne de montage, il travail à rebours en démontant la machine Hitlérienne dans ces nombreux « Photodémontages ».Il nous fait dans une simple image fixe la condensation d’un documentaire  cinéma d’actualité auquel il ajoute son commentaire critique. La légende s’inscrit sur la couverture comme le cartel dans un film muet. En nous dévoilant les trucage de l’image politique,il nous place entre dadaïsme et   surréalisme . Son image devient subversive. Il dévoile les truc d’Hitler apprenti magicien. « Méliès a inventé deux grands types de trucage, à savoir : l’arrêt de caméra et la surimpression.La surimpression multiple existe aussi. Il s’agit d’abord de filmer les décors et les personnages. Ensuite, l’on rembobine la pellicule et l’on filme sur un fond noir le personnage ou l’objet que l’on veut faire apparaître à un endroit précis du décor. » escamotage dune dame Un homme de têtes (1898) un homme de tetes   Photogrammes du film de L. BUNUEL de 1929. »Un chien andalou » .

Pensons à la scène où l’aveugle découvre sous le corsage de la femme cette poitrine ferme. Le spectateur sous le désir de l’homme découvre sa vision fantasmée. Par un jeu de trucage le vêtement disparaît, pour nous montrer la nudité . Le cinéaste espagnol, comme le monteur Allemand utilise le caractère illogique de l’image, nous faisant découvrir cette inquiétante étrangeté dont parlait au début du siècle S. Freud. le spectateur, ici, doit remettre en cause ses conceptions et habitus mentaux pour ouvrir chez Bunuel et les surréaliste tous les possibles de l’imaginaire et de l’imagination auquel nous invite André Breton dans son manifeste et chez le photomonteur allemand les illusions de la vérité rationnelle  et photographique.Là ou la photographie fait parfois du spectateur un objet,le photomontage d’ Heartfied en fait un sujet (actif).Distanciations? La nouvelle objectivité en peinture existe en Allemagne depuis ,7 ans. Le spectateur en ayant la preuve du trucage, est obligée d’être , cette fois -ci, vigilant à tout type de manipulation, sur le jeu des apparences  que sous-tend toute idéologie.Disparitions et rajouts interviennent souvent aux abords des photos d’Hitler…Lénine…(Attention cependant ,les cerveaux de la propagandes tentent, tout le temps de contrecarrer les nouvelles méfiances d’un spectateur de plus en plus informé,en utilisant désormais sa participation,celle de son imaginaire.Actuellement dans la publicité,la disparition du logo de la marque,permet  d’abaisser stratégiquement  le filtre du consommateur, en le rendant plus en interaction, avec le produit. Cf.Allez ce site sur l’histoire du trucage en photographie. PDF] Histoire de la retouche photo Petite histoire accélérée

www.touslesstages.com/medias/…/petite_histoire_retouche_photo.pdf

Cf:Vidéo sur la manipulation

Influences & Manipulations : La Publicité (Partie

youtube.com

Cf: « Ontologie de l’image photographique » Qu’est ce que le cinéma? Qu’est ce que le langage?,Paris les  éditions du cerf,1958.Mais aussi la lecture de »La photographie malgré l’image de Jean   « l’état de la question. Lors des expositions de ses œuvres, l’artiste aime mettre en confrontation,  le photomontage  original et sa reproduction sur la couverture du magazine.

6)Quelle partie de l’image, et quels éléments l’artiste met-il en valeur? Les pièces de monnaies et les croix,  le visage qui vitupère. Par quels moyens plastiques? Par le contraste de valeur entre le noir et le blanc, les contrastes lumineux. (La lumière se focalise au centre du tableau sur les pièces). Par la composition l »artiste joue sur le contraste entre intérieur et extérieur. La lumière du fond donne une sorte d’aura au personnage, comme si elle lui donnait un caractère surnaturel, auréolé de lumière comme un héros.

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III) Interprétation de l’image.

« Conçue à l’origine comme un événement ponctuel, l’affiche politique devient pour l’historien « un lieu de mémoire » incontournable dans la mesure où sa polysémie joue à la fois sur les registres intellectuels, affectifs et politiques du spectateur.Chargée d’instaurée une relation privilégiée entre l’élite d’un pays et son peuple, et elle en révèle par la- même les référents communs qui constituent le substrat de son imaginaire collectif. » (Sophie-Lorraine-Bourgeois, « la propagande en RDA à travers les affiches politiques »

1)-L’artiste fait un portrait satirique de Hitler….une critique virulente du discours de propagande .C’est une véritable représentation grotesque dont il a le secret. (Il donnera de nombreuses représentations du dictateur, sous forme animalière  dans la pure tradition de la caricature.)

Que veut dire Heartfield quand il compare la voix d’Hitler à du fer blanc, quand il met de l’argent dans l’œsophage? Sa voix, n’a que peu de valeur. (CF. l’explication plus haute). Contrairement à l’or et l’argent, le fer blanc est peu précieux .L’artiste veut donc nous dire qu’en échange de l’argent du peuple allemand qu’il mange en les spoliant, il donne et promet des discours, (il ne dit que des balivernes) pour gagner les élections et prendre le pouvoir. Comment interpréter son message? Il critique Hitler d’être corrompu. Derrière son discours populiste, du pain et du travail pour les allemand, se cache, nous semble dire l’artiste, que des fausses promesses se retrouve d’autres intérêts plus obscurs. (Le financement d’industriels). Dès 1926, Hitler est invité par les grand patrons. Le grand historien communiste allemand Kurt Gossweiler dans son ouvrage de référence « Aufsätze zum faschismus »(Hitler:l’irrésistible ascension. Essais sur le fascisme’, Ed. EPO et Etude Marxiste. Comment il y a collusion entre la politique et les intérêts financiers du grand capital. Ce grand spécialiste du fascisme allemand explique qu’entre le parti du NSDAP  et les monopoles industriels et financiers, il y a une entente pour lutter contre le risque marxiste du bolchevisme. Selon lui le fascisme allemand était l’instrument de ses grand groupes et qu’il devait son élection à ces éminences économiques. Heartfield l’a admirablement illustré dans son photomontage sur la signification du salut hitlérien, qu’il compare à une allégeance aux puissantes structures économiques. Au lieu d’avoir des millions d’allemands derrière lui, se sont les capitalistes avec leurs millions. Encore une fois, le monteur le double langage, du discours hitlérien, la tromperie, et les mensonges qui se cachent derrière la figure de l’homme corrompu. Il était le pantin manipulé par les financiers. Heartfield reprend par sa charge les clichés du Bourgeois, de nombreuses fois représentées , depuis 1919, dans le lexique imagé communiste. (Observez les  photomontages, un peu plus loin dans l’analyse). Lire le livre de Eberhard Czichon, « Wer verhalf Hitler zur Macht ? « sur les relations entre Hitler et son parti avec l’industrie. Hitler avale l’argent, et le peuple auquel on a promis du pain, que mange -t-’il ? un vélo, une hache, du métal…Heartfield devient commentateur de l’actualité; les images et les propos politiques sont détournés. L’ artiste se fait éditorialiste , ses propos corrosifs. Rien de plus efficace qu’un photomontage pour ridiculiser, démonter de façon efficaces les inepties de la parole. Ici H.Goëring avait affirmé en 1935, lors d’une pénurie alimentaire, que « le fer avait toujours fait une nation forte, alors que le beurre et le saindoux n’ont fait que peuple gras. Heartfield en fait le sujet d’un photomontage, la une du journal AIZ .

 Ici  »Le ventre d’Hitler est rempli d’argent , quand celui du peuple est vide. Que devient les représentations du régime nazi? Des éléments décoratifs: le portrait d’ Hindenburg est un coussin, la svastika un motif de papier peint, le portrait de propagande du Führer sur un chevalet, un art non dégénéré, accompagne le quotidien de la famille allemande. (cf. Le dessin animé  de Walt Disney sur la propagande du système  nazi, avec Donald Duck montre les conséquences de cet embrigadement du peuple entier des images et symboles du régime ).

2) Signification des  symboles sur le corps du personnage.

des divers éléments sur le photomontage « Adolf surhomme……. » Heartfield avec ironie reprend et détourne certains symboles de la propagande nazie pour mieux les contrecarrer.

  •  Les yeux fixes:regardent vers la droite, l’avenir,au loin, comme les affiches de propagandes, (il nous dit qu’il est un homme de l’avenir, du progrès ? Son corps au contraire le contredit , orienté vers la gauche, son action ira-t’elle vers le passé, la barbarie, le conservatisme.
  • L’argent reichsmark présente sur la colonne vertébrale et l’estomac évoque la Corromption. son parti en 32 à les caisses vides et sera  financé par les capitalistes industriel allemands contre la peur communiste. Voleur? Il symbolise le Pouvoir économique
  • La lumière (l’aura du fond).C’est le messie qui sauve l’Allemagne. C’est Hitler charismatique qui est évoqué,au sens théologique, du grec  ; χαρισμα (kharisma) .Comme les empereurs (Charlemagne). Est-il de droit divin ? A t’il un pouvoir divin.(A tout le moins la propagande tente de nous en convaincre.Le Nazisme est comme une religion, dont il est « prophète », le guide.la lumière héroïse, donne une  caractère magnétique sur les foules.C’est cette « domination charismatique » que construit la propagande que l’artiste critique.On le reprendra  au sens de Max Weber, dans économie et société « la croyance en la qualité extraordinaire [...] d’un personnage, qui est, pour ainsi dire, doué de forces ou de caractères surnaturels ou surhumains ou tout au moins en dehors de la vie quotidienne, inaccessible au commun des mortels ; ou encore qui est considéré comme envoyé par Dieu ou comme un exemple, et en conséquence considéré comme un « chef ».
  • Cette lumière c’est peut être , également, cette lumière des « Lumières du XVIIem, cette échec dont parle Adorno et Horkeimer qui mènera selon la dialectique de la raison à une obscurité , une « raison instrumentalisé », déshumanisante. La lumière évoque le Pouvoir religieux
  • La Bouche et le  visage, le visage est dur et déterminé. c’est l’orateur, l’homme des discours politiques des mensonges,et du  discours de haine.
  • L’absence de bras . le corps est est figé, sans pouvoir d’action. Il ne peut plus manipuler.l’artiste lui coupe les mains comme on lui coupe symboliquement son pouvoir d’action.Il devient comme une marionnette ,un (guignole),un pantin qui dans un autre photomontage sera manipulé par des mains capitalistes.
  •  La Radiographie=examen médicale? évocation du culte du corps sain dans la propagande  nazie?l’artiste diagnostique l’homme, sa politique, son discours.(cette homme dont l’histoire hagiographique avait fait un blessé de guerre au gaz moutarde).Il montrer la vérité cachée. En ragardant ce corps on ne voit que ce n’est  n’est qu’un homme et non un corps divinisé par la propagande, un corps sanctuarisé.(la Banalité du mal).
  •  Le décor vide du fond=Où est le peuple contrairement aux images des propagandes ?Il est seul au pouvoir (dictature)-Un homme seul qui possède l’autorité, véritable autocrate.le seul et unique dirigeant du Parti Nazi.Il  possède tous les pouvoirs dans ses mains:politique, économique, militaire.  l’artiste par les moyens de l’art politique tente de lui retirer, le dépossédé en éveillant les consciences.On pourra la mettre en relation avec les affiches communistes du bras et de la main levée.
  • La Croix de guerre.=la Croix de fer, 2ème classe  est la distinction reçue pendant la Première Guerre mondiale, elle symbolise l’ héroïsme guerrier. Hitler serait le  héros de la nation, l’historien depuis nous a bien révélé que l’histoire était bien différente pour ce petit caporale de régiment.( la croix est sur à l’emplacement où le Christ sur la croix a été blessé par la flèche romaine. Symbolisera t’elle la blessure pour la patrie? c’est le Pouvoir militaire.
  •   Flou du bas du corps=effet photographique du tirage? c’est comme s’il était dans le ciel, irréel, éthéré. Ironiquement Heartfield nous dirait-il que c’est un ange.
  •  Le brassard avec croix gammée .la croix gammée (le svastika, que l’on retrouve aussi sur son brassard sur lebras gauche).La couleur rouge est censée signifier que les Nazis se préoccupent des difficultés sociales.
  •    La Svastika=C’est le symboles du parti nazi, un parti politique antisémite et raciste.Pourquoi sa disposition sur le coeur ? Peut être parce qu’on doit aimer et être fidèle au parti. On l’a dans le coeur. C’est peut être aussi l’ amour du pouvoir chevillé au corps?C’est un symbole pacifique,spirituel, positif,détourné issu au départ de la Mésopotamie qui circulera en Inde, en …Inde, Chine… c’est le Pouvoir politique
  •   Le maquillage du visage= c’est le le mensonge/ le paraître, du masque ,figure de l’imposture et de l’hypocrisie .Il cache ses intentions, dissimule

Développement.

l’argent=pouvoir économique, financier.

Quelles pièces a été choisies sur le corps? On découvre des pièces placées non pas du côté de l’effigie du personnages ou du chêne, mais du  revers, de l’aigle, la partie  héraldique et standard. Faut-il voir dans le choix de cette face cette volonté d’imaginer que le financement vient de toute l’Allemagne et pas seulement de chaque région indépendante ( länders), qu’Hitler en l’ingurgitant y impacte sa propre effigie à l’instar de l’empire? Le IIIeme reich créera sa monnaie. A partir du 20 juin 1948  avec la réforme monétaire le Mark sera remplacé en RFA par le Deutsche mark et en RDA par le Ostmark. La production industrielle du  Reichsmark or s’arrête en 1914 avec la guerre et le manque de moyens financiers suffisants. Hitler avale de l’or, peut être vue au sens figuré (de richesse), mais peut être aussi un évocation du financement d’une élite conservatrice plus proche de l’ancien régime opposée au bolchevisme et révolutions du communisme. Pour financer sa politique de guerre des nazis , la chasse à l’or  dans toute l’Europe envahie, se fera dès  les années 1940  pour financer avec le Deutsche Mark Or, la guerre. L’or est un moyen d’échange indispensable de grande sûreté face à l’inflation, ceci explique qu’il avale de l’or et non de simple ReichsMark comme ci-dessous.S’agit-il celle en 20 Mark de Guillaume II en or? ou du Reichsmark berlinois? la première réponse semble plus juste.

 3 Reichsmark de Berlin 1932

 

 

Allemagne - 5 reichsmark 1927 A (Berlin)<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
A/ Aigle de face, les ailes déployées.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
R/ Chêne. » src= »http://www.monnaiesdantan.com/medias/allemagne-reichsmark-1927-berlin-z700509.jpg » /></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>5 Reichsmark 1927 Berlin.</p>
<p>Pièces  Reichsmark en or portant les effigies des différents rois des états indépendants. Chaque état allemand frappait ses pièces.</p>
<p><img alt=

20 marks Or Guillaume II, avec aigle héraldique portant une couronne et le collier de l’aigle noir..(Royaume de Prusse).

20 marks Or Louis II de Bavière surnommé « le roi fou ».( émises entre 1871 et 1915).

 

La Svastika sur le coeur= symbolise le partie, le pouvoir militaire. (Le régime nazi détourne les symboles comme la Svastika.  A l’origine, c’est un symbole très ancien, utilisé dans de nombreuses civilisations. (signe facile à reproduire, évocation du mouvement rotatoire, il peut être représenté droit ou inversé) Ce symbole est utilisé en Asie  chez les  jaïnisme , hindouisme, bouddhisme. (mouvement cosmique, perpétuel, cyclique, d’éternité). Chez les boudhistes (forme pointant vers la gauche.) chez les indiens pointant vers la droite. En sanskrit (Svasti= bonne santé, bonne fortune) , (su=bon et tika=signe), donc ce qui apporte la bonne fortune, qui est un bon signe). la svastika s’applique comme un signe sur le corps, le crâne. (application en Inde, dans l’initiation du véda, symbole spirituel , de vérité) le symbole évoquerait une seule vérité pour plusieurs chemins. signe métaphysique. -En Inde, associé au dieu GaneshFile:Swastik on head.jpg dieu invoqué pour tout commencement d’une action et permettant d’éviter les obstacles. -en chine symbole d’éternité . Le régime  Nazi reprend ce symbole en le détournant de sa symbolique première et en l’inclinant à 45 degrés. On la retrouve sur cette canthar , cette  poterie à motif géométrique , récipient à deux anses , de la période  Athique 730 avt .JC ou sur le sol de cette villa romaine à Olmeda en Espagne. File:HinduSwastika.svg Carte postale américaine de 1907. porte bonheur?   Dans ce photomontage Herafield montre ce que le régime nazi a fait de ce symbole détourné. Un symbole de terreur et sanglant. La croix de guerre=(Eisernes Kreuz) ,décoration militaire,médaille honorifique donnée pour célébrer la valeur et les mérites guerriers.= pouvoir militaire. -Hitler Caporal en 1914, il obtient la croix de guerre 2 eme classe. Cette croix de 1ere  classe acquise par Hitler à la première guerre mondiale.   L’ouvrage de Thomas Weber révèle que loin de cette hagiographie victorieuse qu’a pu construire A. Hitler sur son passé guerrier, comme expérience fondatrice et fondamentale,  l’historien britannique a découvert dans les archives de Munich que le régiment List dans lequel se trouvait le soldat Hitler, n’était nullement cette « université politique » évoquée dans « Mein Kampf », cette école de la Bravoure et guerrière mais apathique et d’insubordination composée pour l’essentielle de paysans arrachés à leur village. contrairement à son passé d’élite guerrière, il était surtout planqué loin du front, non loin du service de commandement. Comme ce qu’il annonce sur cette affiche il construit une histoire militaire riche en mensonges.(Comme son hospitalisation pour hystérie de guerre, remplacé par une blessure oculaire au gaz moutarde . Il aurait été gazé à Ypres dans les Flandres ,en 1918 , et il reçoit la croix de guerre 2eme Classe. Il recevra se croix de guerre première classe d’un officier juif allemand Hugo Gutmann ensuite persécuté à l’aire du nazisme.

SYMBOLIQUE DE LA LUMIERE et du RELIGIEUX . L’aura lumineuse autour du personnage est une symbolique du  pouvoir religieux, qui permet un divinisation de la figure politique devenue messianique pour le peuple. Heartfield reprend cette figure symbolique de la lumière spirituelle détournée par les régimes politiques (démocratiques ou non ) dans leur propagande.

construction du mythe Hitler par la propagande de Goebbels

-un messie, un sauveur de l’ Allemagne, un guerrier, prototype de l’aventurier politique.

Ce que dit Goebbels du national -socialisme.  Hitler serait-il le génie d’une nouvelle religion d’état?

16 octobre 1928
« (…) Qu’est-ce que le christianisme aujourd’hui pour nous ? Le national-socialisme est une religion. Il ne lui manque que le  génie religieux qui fasse exploser les antiques formules ayant fait leur temps. Il nous manque le rite.
Il faut que le national-socialisme devienne un jour la religion d’Etat des Allemands. Mon Parti est mon Eglise, et je crois servir le Seigneur au mieux quand j’accomplis sa volonté et que je libère mon peuple opprimé des chaînes de l’esclavage.Tel est mon Evangile. Et là où je rencontre de la résistance, peu importe quand et où, j’essaie de la briser.(…) »extraits de Joseph Goebbels, Journal 1923-1933, éd. Tallandier, 2006, p. 291

 

 

propagande. -Affiche de propagande nazie -Icône -Jimmu, fondateur légendaire du Japon (par Tsukioka Yoshitoshi)/ -Poster pour la campagne du président Obama en 2008 _Affiche de propagande communiste  du leader maoïste.  

Erwin BLUMENFELD, the dictator, 1397,  Paris. la figure du

 

 

 

 

 dictateur .associée au culte du veau d’or.Idôlatrie.9 Détournement de la figure christique par le nazisme.

 

le visage hitlérien  est maquillé, il cache son vrai visage comme cette caricature du russe.

ALEXANDER ZHITOMIRSKY qui montre le vrai visage du Capitalisme, il montre le vrai visage du Nazisme.

 

3) les autres idées que dénonce Heartfield.

« les mensonges ont toujours été considérés comme des outils nécessaires et légitimes, non seulement du métier de politicien ou de démagogue, mais aussi d’homme d’Etats…Est-il de l’essence même de la vérité d’être impuissance et de l’essence même du pouvoir d’être trompeur? »
Hannah Arendt, « Vérité et politique », in La crise de la culture, (1954), trad.C.Dupont et A.Huraud, Gallimard,1972,pp.289-290.
« Politicien : cette sorte de gens dont l’unique et véritable conviction est l’absence de conviction, associée à une insolence importune et à un art éhonté du mensonge. » 
Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, Ed. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. III, Considérations politiques générales touchant mon séjour à Vienne, p. 132.
« le vrai politique c’est le philosophe roi » selon Platon dans la république.

La gauche allemande dit d’Hitler qu’il est « efféminé, un charlatan vaniteux, un tricheur demi-fou, un faux dur. »

« Nous en avons imposé au peuple et ils nous ont pris pour des orateurs » Cicéron , dans Quintilien.

Quel orateur nous représente Heartfield?  politique ou démagogie ( orateur populiste).

 

  • Heartfield croque la figure d’un imposteur

Comment d’un être imposant , l’homme politique devient un être imposturant.

Heartfield critique Adolf  Hitler l’homme politique. Ce n’est pas le « philosophe roi » dont parlait Platon dans la république que nous découvrons derrière ce tribun; C’est un imposteur, une figure de l’imposture semble nous dire l’artiste qui trompe le peuple sur la marchandise. Il y a un échange de dupes. l’imposture à pour cause les enjeux du pouvoir et de l’argent.

(le  mot  imposture vient du latin impérial  impostūra , posture, mais aussi dérivé de impōnĕre « abuser, tromper », du datif  imponere alicui =en imposer à , abuser) . L’homme politique  serait une imposture au sens de figure qui en impose à, qui se fait passer pour. »"l’imposture dans ce latin là c’est une question de prestance » .Imposer à c’est savoir « donner le change ». »c’est parce qu’on est imposant, qu’on en impose, explique la philosophe  Barbara Cassin que l’on peut être un imposteur, et on impose jamais qu’ au peuple,à propos  et autour du langage ». Dans le dictateur, C.Chaplin joue justement sur cette imposture, le canulare. La ressemblance fait qu’à le fin dans le dernier discours , il y a substitution de l’artiste, de charlot juif à  hynkel pour dévoiler une autre imposture celle du discours du dictateur de Tomania.

Colloque Figures de l’imposture, entre philosophie, littérature et sciences,5 juin 2009, Ecole normale supérieur de Paris. »Philosophe, sophiste, orateur : qui imite qui ? de Barbara Cassin.(CNRS).

  • Heartfield croque la figure d’un homme hypocrite et amoral.
  • « L’hypocrisie est l’attitude morale par laquelle on exprime des sentiments, des opinions que l’on n’a pas ou que l’on n’approuve pas ».(du grec hypokrisis, glisser sous le masque).(hypokritếs, c’est mimique).
  • C’est la figure de l’acteur sous les projecteurs, celui qui se met en scène (Cf. les images de propagande et d’actor studio que prend en photo Hoffmann. »  que nous dépeint le photomonteur. Nous sommes, avec ce vocabulaire note,         à la fois dans le théâtre et le faussaire,…entre le théâtre et l’éthique », entre masque et fausse monnaie.l’argent  métaphore de la parole n’est que du « fer blanc ». De qui prend t’il le masque dans cette mimésis?  Qui est-ce qu’ Hitler imite? le chevalier teuton, l’ imperator germanique, le héros salvateur et messianique? pour reprendre les termes platoniciens ne serait-il pas justement fantôme, une pâle copie?
  • Ici l’artiste vient nous dévoiler la disjonction entre l’apparaître (fanestai) celui qui à l’air (le faux, la lumière, briller comme la « camelote de son discours, l’aura lumineuse), ce lui qui apparaît comme une image, l’apparence trompeuse, l’illusion et l’être véritable sa vérité sombre. Hitler n’est il pas un miroir aux alouettes.
  • (propoyen=feindre, faire semblant)
  • Doxa= ne pas être dans la vérité (subjectif:Opinion,   hallucination  (-),  (+) idée sur laquelle s’établit un consensus
  • Objectif: apparence (-) faux semblant, (+) la gloire de dieu.
  • Heartfield croque la figure d’un homme haineux et dangereux

Heartfield Critique les discours d’ Hitler en parlant d’insanité (Cf. propos antisémites, Mein kampf), une parole primaire, un discours influencé  et construit par une éminence grise comme dans ce photomontage du russe, ci-dessous, on critique la voix  du politicien Hitler  qui se réclame de la voix de l’ Allemagne qui s’affirme moins de sa définition du politicien sans conviction, qui a cet art « éhonté du mensonge ». Dans ces discours , il ne cache pas ses engagement haineux et le « bouc émissaire » clairement visé, le « juif international ».(Cf. rené Girard et son étude sur la notion du Bouc émissaire), il s’affirme antiparlementarisme, il dévoile  volontairement ses cartes, affirmant la vérité en politique. Dans un de ses discours , il reconnaît, ouvertement, son intolérance, il la revendique. Sur le photomontage, il est représenté devant un espace vide, comme si l’artiste exprimait cette volonté de la table rase , du  culte narcissique dans un pays au parti unique. Il fera le vide  politique autour de lui. Corps saint,il est le Reich Heartfield n’est nullement dupe de cette vérité qui s’affiche. Il connaît son pacte avec les oligarchie financières. l’histoire lui donnera raison. Après sa défaite aux élection de 1932, Hitler pactisera avec les milieux d’affaires très peu satisfaits des politiques menées par les divers chancelleries. les barons du capitalisme inciteront Hindenburg à nommer Hitler, chancelier du Reich le 30 janvier 1933.

« Nos adversaires trouvent que nous sommes et moi en particulier des être intolérants et odieux, ils nous reprochent de refuser de coopérer avec d’autres partis. Eh, bien ces messieurs ont raisons, nous sommes intolérants, je me suis fixé cet objectif: supprimer tous les partis!

  • WALDENBOURG, ALLEMAGNE, 22 JUILLET 1932

Discours de campagne: contre la république de Weimar

: Il  promet d’abolir le système parlementaire.

: Il promet la liberté,  et la sécurité.

«  »pendant quatorze longues années, ces partis ont violé la liberté allemande, frappé les hommes allemands avec des matraques. Dans deux ou trois mois, cette terreur prendra fin si vous votez national-socialiste. »  Adolf Hitler.

 

ALEXANDER  ZHITOMIRSKY , »Voice of America »,1950,Photomontage12¾ x 16

 

Heartfield critique les promesses politiques que le gouvernement Nazi ne pourra pas apporter. Que promettait Hitler? DU PAIN ET DU TRAVAIL. Heartfield  dans ce photomontage montre non sans humour, ce  que le peuple doit manger, dans un intérieur domestique entièrement dévoué au culte du parti Nazi.   Élections de novembre 1932 au Reichstag  » Travail et pain  » c’est ce que promet cette affiche de propagande.

  Un Peuple, un Empire, un Chef ! Slogan inscrit dans le cadre  à l’arrière plan :  » Lieb vaterland mach ruhig « Aimer la patrie est « source de quiétude » ou « apporte la paix »

DECEMBRE 1935

« Hourra, il n’y a plus de beurre ! »  ’Hurrah, die Butter ist Alle ! Traduction parodique d’une phrase d’Hermann Goering  lors du discours de Hambourg de 1934. « l’acier a toujours rendu fort un empire, le beurre et le saindoux ont tout au plus rendu un peuple obèse »

Photomontage, John Heartfield, de  1935, couverture de AIZ.

Ici tout l’univers des allemands est marqué par la figure du parti, comme dans le dessin animé « Der Fuehrer’s Face »(Donald Duck in Nutziland ).de jack Kinney.

  • Heartfield croque la figure d’un homme politique corrompu et manipulé par les conservateurs et les capitalistes?

Heartfield questionne le salut Hitlérien. Que veut dire ce signe? « Le salut nazi est un signe de la main droite semblable au salut romain. C’est un Signe de ralliement utilisé par les fascistes italiens. il sera ensuite adopté par le  (NSDAP) d’ Adolf Hitler, parti national des travailleurs allemands,  En Allemagne, l’usage du salut était  accompagné de la formule « Heil Hitler » qui est un salut adressé au führer, un  « Hommage à Hitler » ( « Vive Hitler »). Le salut connaissait également, en Allemagne, une variante exécutée avec le bras replié et non tendu, d’ailleurs habituellement pratiquée par Hitler lui-même. Y a -t’-il une inspiration du geste d’intronisation des rois du Moyen âge age des gestes similaires.

A.I.Z 41   »DER SIN DES HITLER GRUSSES »= « LA SIGNIFICATION DU SALUT HITLERIEN » paru ,en première page de L’A.I.Z ,le 10 Octobre 1932. « Le sens du salut hitlérien. « Des millions sont derrière moi! » Un petit homme demande de grandes offrandes. Heartfield décode la véritable nature du signe .Y a-t’-il corruption du symbole virile et impérial? Derrière la figure du culte du chef n’y a-t’-il pas la figure anonyme d’une éminence grise qui financerait l’idéologie et la politique du parti . Role of Corporate Money In Politics   .

C.Chaplin montrera de façon humoristique ,dans cette confrontation entre Napoleone et Heikel l’enjeu du salut des dictateurs, un  signe hérité des romains. Celui du dictateur italien a plus de panache et se fait plus éloquent qui a crée la jalousie du dictateur de Tomania, concours absurde du culte de la personnalité. Rencontre Hitler Mussolini à Florence le 28  octobre 1940.

Appareil de radiographie vers 1930  fabriqué par Victor X-ray Corporation, Chicago, IL.

Musée des sciences et de la technologie du Canada,vers 1930,Chicago, Illinois, ÉTATS-UNIS
720386, © RCIP 2001

Appareil de radiographie Titre   »diagnostique »: couverture du journal A.I.Z, , 21 mars, 1935, p. 192. reprographie /photomontage/38.4 X 26,3 « Pourquoi est ce qu’il montre cette courbe de la colonne vertébrale? C’est le résultat organique de l’éternel « Hei Hitler! »". Heartfield à nouveau interroge la question du signe d’allégeance hitlérien en utilisant dans sa boite à image la figure de  la radiographie et de la médecine . Cette invention de la science permet de diagnostiquer le mal nazi qui déforme de façon la  véritable structure interne de l’ allemand. Derrière ce patient représenté de dos, ce  n’est pas Hitler, mais un  simple citoyen allemand , exécutant bien droit son signe de ralliement . les médecins découvrent une scoliose, une déformation de la colonne vertébrale. Sieg heiling duck via Der Fuehrer’s Face (1943, dir. Jack Kinney)<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Der Fuehrer’s Face, an animated Walt Disney cartoon, was released during WWII as an anti-Nazi propaganda film. The short film, which employs numerous sight gags &amp; songs to mock the German, Italian, &amp; Japanese enemy, stars Donald Duck as a factory worker living under the Nazi Regime, where all are forced to salute the Führer at every turn. » src= »http://25.media.tumblr.com/tumblr_l8p8ylQG4v1qzdvhio1_r2_500.jpg » /><img alt= « Der Fuehrer’s Face » , titre original «  Donald Duck in Nutzi Land »en  1943  est  aux Etats unis, un petit film de propagande produit par Walt Disney et réalisé par RKO. Ici, le signe nazi est ridiculisé. Dans un système politique marqué par la propagande et le culte du chef, il s’impose et se multiplie tout au long de la journée, même sur les objets du quotidien, jusqu’à la situation absurde de la chaîne de montage chaplinesque où la répétition de l’effigie du chef conduit Donald à dysfonctionner jusqu’à la folie. La propagande rend le corps malade et hystérique. le signe à la fin est comparé comme symbole oppressif  à celui de la statue de la liberté cette main qui porte la lumière sur le monde.

ALEXANDER ZHITOMIRSKY (Russian, 1907-1993 ), Hysterical War Drummer,1948

Photomontage, 15¾ x 11¾. Une caricature de Truman.

  • CRITIQUE D’HEARTFIELD DU CAPITALISME ET DE SON RAPPORT AU POUVOIR NAZI et A la GUERRE. Heartfield,  comme G. GROZ communiste au KPD, critiquent depuis les années 1920 et  la république de Weimar puis pendant l’ascension du parti nazi, le système bourgeois et capitaliste. « Dans les journaux  extrémistes de gauche,l’image du pouvoir est extrêmement simple:le pouvoir est au main de la grande bourgeoisie,des capitalistes qui s’entendent par de-là les frontières pour exploiter le prolétariat.(…)Le pouvoir c’est donc un gros bourgeois,coiffé d’un chapeau melon,tirant de grosses bouffées d’un énorme cigare.Les dirigeant politiques ne sont pour lui  que des pantins qu’il manie à sa guise. « Jean -claude Gardes,Maître de conférence université de Brest, »Fragilité et force du pouvoir »:L’Allemagne 1919-1939.matériau pour l’histoire de notre temps.1992 John Heartfield, Der bürgerliche Herr (Le Bourgeois), 1919, photo et gouache, 14,6 x 11,4 cm, Berlin. John Heartfield, Der bürgerliche Herr (Le Bourgeois), 1919, photo et gouache, 14,6 x 11,4 cm, Berlin. Représentation du mannequin d’un bourgeois en 1919 , par l’artiste avant celle de l’officier allemand lors de la foire Dada en 1920.
  • AIZ 38/1932 « La création d’emploi capitaliste: « des millions de chômeurs construisent de nouveaux établissements pénitentiaires pour les autres, qui ne peuvent recevoir aucune travail. »
  • Heartfield dans ce photomontage en 1932, ironise sur les créations d’emplois par les  capitalistes

 

 SpielzuginThyssenHands
  • Photomontage :  » Une marionnette dans la main de dieu, Hitler, un jouet au mains de Thyssen » 1933.   A.I.Z   numéro De septembre 1933.
  • Fritz Thyssen ,en 1928, photographie, portrait du baron Allemand de l’acier.
  • John Heartfield, Esquisse pour affiche : “Fritz Thyssen joue avec le pantin Adolf Hitler”, 1933, photomontage. (C) BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / image BPK
  • Dessin de G.GROSZ.

Cet industriel, dans la sidérurgie, s’associe  et soutient le le parti nazi d’Hitler (NSDAP). Il devient membre en 1930. C’est un généreux donateur, dès 1923 . Il ne cautionne pas l’ antisémitisme du parti.Il rompt avec Hitler et  fuit le Reich , en 1939, lors de la nuit de Cristal. Il sera livré par l’Etat Français (le régime de Vichy), puis interné à Oranienburg-Sachsenhausen , un camp de concentration au nord de Berlin.

Ici, Heartfield fait référence à l’invitation de Fritz Thyssen .  Hitler  prononcera une conférence devant le Club des industriels à Düsseldorf en 32. 26 Juin 1932, Hitler parlant devant le club des industriels de Düsseldorf. Allocution de F. Thyssen après Hitler.

«Je suis l’état. Cela n’a aucun sens pour moi de payer des impôts, quand à la fin les impôts finissent dans  ma bank.  » Photo du Morgan trust Bulding à New York,  bank du quartier de Wall street   « 

 

vision du capitalisme qui conduit à la guerre.

ALEXANDER ZHITOMIRSKY, »Candidate of the Democratic Party/Candidate of the Republican Party »

1952,Photomontage, 17¼ x 12. L’artiste  russe reprend dans ce photomontage critique du capitalisme américain et financier et de son  influence  néfaste sur la politique la même idée qu’ Heartfield sur la manipulation et de la marionnette.

Création d’une oeuvre de contre-propagande.  Heartfield se sert du réalisme et cette stratégie de l’impossible pour montrer justement qu ‘à l’origine de l’image, il y l’anagramme magie. Comme avec les premiers film de cinéma de Méliès, la notion de trucage est très présente. Comment nous faire croire à la disparition,ou la multiplication d’une partie du corps, sans montrer les subterfuges d’une superposition, d’une incrustation. L’affiche  de propagande est de l’organe de la séduction, de la séduction immédiate et émotionnelle. Son temps n’est pas celui de la distance et de la réflexion.(La propagande nazie joue sur l’émotion et l’irrationnel.) Commentaire de Theodore ESCHENBURG sur l’un des premiers meeting d’Hitler, en 1929 . »Je n’ai jamais refait cette expérience-voir un homme dominer un rassemblement de masse de manière aussi envoûtante qu’il le fit au palais des sports (à Berlin).Cela m’ impressionna énormément et m’effraya en même temps. j’étais assis là. (…) Comme il (Hitler) entra comme un dieu. Un homme messianique. C’était tout simplement impressionnant et effrayant. » Il explique cette réaction  passionné de l’auditoire par « le désespoir (né de la crise économique) et d’autre part le génie d’Hitler en matière de psychologie des masses ». Il décodait sa brillante technique de manipulation. « Hitler ne faisait aucune promesse ».

1)-L’artiste fait un portrait satirique de Hitler… il n’est pas le seul.La figure grotesque d’Hitler sera développée, un peu plus tard, chez Chaplin tout comme  Chez le dramaturge Brecht dans son théâtre épique. L’homme politique est ridiculisé, rebaptisé Hynkel chez l’un, Arturo UI chez l’autre.Chacun recourt  aux sobriquets, le cinéaste transposant Hitler dans une Allemagne imaginaire « Tomania », tandis que Brecht, préfère, l’univers de Chicago, pour décrire une parabole du régime nazi.Chacun déprécie le personnage, décrit  l’homme et sa clique comme  des bandits/des marionnettes. Chez Heartfield peut-on découvrir les mêmes critiques?

IV)CONTEXTUALISATION DE L’OEUVRE ETUDIEE

1)Contexte historique:

  • Echec de la révolution Spartakiste. (le S.P.D accusée par le K.P.D ): « crime de novembre ».
  • République de Weimar de 1919 à 1933.
  • Refondation du N.S.D.A.P en 1925. (Hitler sort de prison après le putsch de 1923).
  •  » Mein Kampf » 1925. livre d’Hitler, son programme politique.
  • Poussée du N.S.D.A.P en 1930 (18.3% des suffrages). « Révolution conservatrice ».

. Rudolf-Schlichter-Stillgelegte-Fabrik-1932-Privatsammlung.png Rudolf Schlichter: usine fermée 1932.

2) Contexte économique en 1932

Période de crise et de chômage. Fin de l’année 1932 plus de 6 millions de chômeurs

 » En 1934 , il y avait encore en Allemagne six millions de chômeurs. Pas un de moins qu’en 32 (…) En 1935 les salaires n’étaient pas plus élevés qu’en 1929″. Pierre Stephany,   »Hitler et les siens: Dans le cercle des intimes du Führer ».

3)Hitler en 1932 et 33

Hitler vient au pouvoir moins pour des raisons de crises économiques que par le choix cynique d’une droite qui comptait le contrôler et préserver ses privilèges de classe. Mais ils ne contrôleront pas leur  nouvelle création.

  • 1929-1932– Montée en puissance du Parti Nazi .Il obtient 37.2% des voix au Reichstag, le parlement allemand.
  • 26 février 1932 – Hitler obtient la nationalité allemande. Hitler est nommé Regierungsrat, fonctionnaire d’État, ce qui lui confère automatiquement nationalité.
  • Il rencontre Eva Braun
  • 27 janvier 1932 , discours de Düsseldorf au club de l’industrie. Fritz Thyssen invite Hitler à prononcer une conférence devant le Club des industriels à Düsseldorf. Le politicien accuse le système parlementaire d’être à l’origine de la crise économique. Il est ovationné le 28/01/1932.Les projets d’armements vont pouvoir se mettre en place.C’est l’époque du photomontage où Hitler évoque ses rapports avec les grands patrons allemands. Après cette conférence, ils financèrent son parti. La thèse semble cependant,remise en cause. Même si 650 personnes participèrent à la conférence, selon Ackermann, l’arrivée d’ Hitler au pouvoir à partir de ce moment là, serait plus de l’ordre de la légende, les grandes personnalités de l’industrie lourde n’étant pas présentent.
  • 1932, au printemps , il fait sa propre propagande par avion couvrant 20 villes en 7 jours. Cinq campagnes d’élections sont menées en une seule année.Il peut faire jusqu’ à  dix discours par jour.
  • Juillet 1932, il se présente à la présidence de la République.
  • Juillet nommée  période des élections sanglantes. Plus de 100 morts et des milliers de blessés parmi les communistes.
  •  31 juillet 1932, N.S.D.A.P devient premier parti du Reichstag. (230 sièges). Il obtient 38%  des suffrages,  précisément 37.2% voix au Reichstag, le parlement allemand. Il dirige , désormais, le premier parti. Mais Hindengurg, le maréchal, refuse de le nommer chancelier, lui proposant , seulement, un poste ministériel.
  • dissolution de l’assemblée, de nouvelles élections législatives  proposées en novembre 1932 (échec pour Hitler). 40 députés en moins. Le peuple ne comprend il pas qu’ Hitler est refusé le poste de ministre?
  • Fev. 1933 ,Dissolution du Reishstag. Les élections sont prévues au 5 mars 1933. Il remporte les élections législatives de 33 (43.9% des suffrages)
  • 1933 -A l’élection présidentielle, Hitler est battu de peu, par le président sortant Paul Von Hindenburg
  • Hitler n’est pas élu, mais hissé au pouvoir légalement par les conservateurs  de droite et capitalistes pour détruire la démocratie et les marxistes.
  • 30 janvier 1933 à midi, sous La pression , Hindenburg  nomme Hitler chancelier. (Même s’il pensait , qu’ Hitler ne pouvait être digne de devenir chancelier). Seuls trois Nazis sont dans son gouvernement. Soumis au dispositif constitutionnel de la loi de 48. il tentera ,pendant , un an et demi.
  • Dès l’arrivée au pouvoir, Hitler supprime toute opposition. Il supprime les partis politiques KPD, SPD, SAP…, les syndicats
  • Usage de la violence et multiplication des attaques contre les juifs, les sociaux démocrates et les communistes. Hermann Göering ,ministre de l’intérieur pour la Prusse dirige la police. Celle-ci « ne devra pas hésiter  à tirer en cas de besoin » (17 fev.1933) Cf. le discours de Dortmund. « Chaque balle qui sort du revolver d’un policier est ma balle ».
  • Février 1933 incendie du Reichstag (prétexte à  suspendre toutes les libertés  civiles et à éliminer les opposants communistes.
  • 20 mars Hitler annonce la création du IIIe Reich, sur le tombeau de Fréderic II de Prusse, à côté d’Hindenburg à Potsdam.
  • 21 Mars 1933, premier camp de concentration « officiel à Dachau.

4) Contexte politique de l’artiste?

« La KPD exerce une certaine influence sur une partie des intellectuels de gauche radicaux, pour la plus part pacifistes qui rejoignent le parti en naviguant sur ses marges. »

  • Comme G.Grosz, J.Heartfield, adhère au K.P.D en 1919, mettant son talent au service d’une dénonciation féroce de la bourgeoisie et du militarisme lors de la république de Weimar.
  • En théâtre: Piscator et Bertold Brecht.

Affichage ,pendant la campagne d’ élection des affiches pour Hitler et Hindenburg (Avec lui).

« soyons moderne, il invente un campagne électorale ultramoderne, en avion une première en Allemagne ». Goebbels.

 

Discours d’Hitler en Avril 1932 à Berlin. Il fait de nombreux discours contrairement à son adversaire qui en fait peu. user posted image Les communistes organisent les réunions antifascistes en 1932. « Le K.P.D exerce une certaine attraction sur une partie des intellectuels de gauches radicaux, pour la plupart pacifistes, qui rejoignent le parti en navigant sur ses marges. Des artistes comme Georg Grosz et John Heartfield- l’inventeur du photomontage- adhèrent dès 1919 au parti et mettent leur talent au service d’un critique féroce de la bourgeoisie et du militarisme mais dénonce la République en général comme la restauration de l’ancien régime. »« L Allemagne de Weimar: 1919-1933″ par Christian Baechler. Allez voir  la vidéo sur les élections de 1932,le document France 2.Les élections présidentielles de 1932 De 1925 à 1933 Apocalypse

programmes.france2.fr/…hitler/Les-elections-presidenti…
www.youtube.com/watch?v=EsopKovrz1s

6)Dans quel contexte fut créée cette affiche? Cette image a été utilisée comme une affiche d’opposition lors des élections de 1932. La campagne présidentielle débute de 13 janvier 1932. Les riches industrielles, à l’époque, financent Hitler, et son futur gouvernement . Par peur, que le peuple  allemands vote pour l’édification d’un futur gouvernement communiste, Bolchevique en Allemagne, ils préfèrent mettre en avant cette nouvelle figure pugnace et vindicative  antiparlementariste et antidémocrate.

Est-ce une affiche électorale?  Aucun parti n’est indiqué.

Est-ce une affiche pour le K.P.D ?. Elle ne nous incite pas à choisir le vote pour un candidat, ou contre un autre, comme le fait de façon de façon quelque peu primaire l’affiche du N.S.D.A.P, mais à être vigilant . Elle engage à être prudent, à réfléchir sur la parole politique diffusée dans les médias, lors de la campagne de propagande du jeune politicien d’extrême droite.

C’est un faux?: oui ,une « contre-affiche ». Quelle est la fonction de cette image ? Elle a une fonction Politique, elle dénonce la situation politique de l’époque .Elle agit comme une image de contre propagande .l’artiste n’affirmait-il pas qu’il utilise « la photographie comme une arme». Elle est ici source de contestation et doit créer l’agitation politique. L’artiste se sert d’images dans la presse qui servent à la propagande, pour en désamorcer les contredire le discours électoral, en montrant la vérité. L’image est trop souvent connotée immédiatement comme vrai, .Ici, Heartfield ,nous fait comprendre que la vérité peut être construite et source de manipulation.

Pourrait-on voir dans cette radiographie une métaphore de l’art, et plus précisément de l’art engagé? Oui, Car l’artiste à travers son œuvre, montre ce qui est caché, dévoile des vérités que le pouvoir ne veut pas montrer. Cet acte  scientifique  médicale, de recherche  du caché est utilisé pour diagnostiquer la maladie de notre siècle, la barbarie totalitaire. C’est comme si, ici, l’artiste c’était approprié la technique scientifique, lui permettant de pénétrer « les frontières de l’intime » de ce personnage politique. Ce n’est bien sûr pas le corps d’Hitler qui est directement, dévoilé, mais le corps du discours entre transparence et opacité.

7)Petite histoire de l’invention de la radiographie. Son  invention, sa technique influence énormément les artistes au XXe siècle, depuis son apparition  en 1895, avec le docteur Röntgende  qui exécute une radio de la main de sa femme. Celle que l’on nomme , la « photographie de l’invisible», rend, désormais, visible l’invisible caché derrière la surface du corps et  de la matière .Ici, Heartfield utilise une photo de radio thoracique  récupérée,  Juxtaposant  simultanément , sur une même image,  l’intérieur et l’extérieur, deux actions contradictoires,.La photographie  rend présent le visible et  l’invisible. (Moholy Nagy déjà dans les années 1920 et 19 30 voit dans la photo « une extension des possibilités de représentation optique ». »cette extension technique produit presque une transformation physiologique de notre vue » . (cf: peinture, photographie, film, et autres écrits sur la photographie. Nîmes,Edition Jacqueline  Chambon, 1993. Nous n’avons ,dans le travail d’ Heartfield, dans cette simulation d’une radiographique  questionnement  similaire  sur  l’image de science que celle des artistes de l’après-guerre.  Celle-ci devient le lieu d’une exploration de leur propre corps , matériau artistique:( De Meret Oppenheim avec ses portraits X-Rays de 1964, à Wim Delwoy et ses représentations d’actes sexuelles.) Mais l’on ne peut s’empêcher dans  le photomontage « Diagnosis », comme un gant retournés, de penser à cette critique de l’instrumentalisation de la science que la théorie nazie à utilisée pour justifier sa propre idéologie. C’est le régime que l’on passe désormais sous diagnostique.

                    X-Rays (buste de Meret Oppenheim avec boucles d’oreilles et bagues Les artistes  exploiteront   également le caractère  « auratique »qui émane d’une radio.En l’observant on remarque le caractère « spirituel qu’elle donne  au corps humain » Cette caractéristique plastique Heartfield s’en servira  pour signifier tout l’idolâtrie sacrée et la propagande religieuse  qui accompagne l’imagerie du fürher. Déjà en 1918,une certaine littérature allemande (Ernst Bertam) salut dans Hitler la venue du messie,et récupère l’idéologie nietzschéenne héroïque. (Nietzsche,Versuch einer Mythologie, Berlin, 1918)),Ici Heartfield vient contrecarrer cette récupération. ( cette même symbolique lumineuse et iconique , on la retrouve dans le montage de 1937 de E.Blumenfeld   »The dictator ». Ne compare -t’-il  pas la figure totalitaire au veau d’or ou à la figure monstrueuse du  minotaure, sous la lumière à l’atmosphère Surréaliste. .)

Première radiographie de B.Röntgen, femme de W.C  Röntgen en 1895. Cf:L’article sur la radiographie dans l’art. Vacarme / l’art de la radiographie www.vacarme.org/article1010.html

 Y a-t’-il dans ce photomontage un recours  à la citation détournée comme dans de nombreux photomontages?

-la figure religieuse et messianique est réutilisée pour dénoncer les détournement des symboles dans la propagande nazie.

-La figure du surhomme nietzschéenne (détournement erroné des propos du philosophe), pour la création d’un homme supérieur dont il incarne l’obsession idéologique. Pourquoi  dans la légende le compare t’on a superman ? . Fait -il ,ici,  référence à ce super héros de la Bande dessinée américaine? Heartfield s’intéresse à la culture Anglosaxonne (changement de son nom Allemand, pour protester).ce personnage de fiction est née en 1932, de la main de l’écrivain Jerry Siegel et du dessinateur Joe Schuster ,il connait au départ peu de succès  et symbolise un personnage vile et brutal qui pourrait correspondre à Hitler, et pas cette représentation  de l’icône positive, qu’en 1938,le large public pourra découvrir dans le magazine Action Comics. Pouvait-il avoir connaissance de ce personnage? Il est peu probable que non, mais le public des années 40 pouvait il y penser? On  pense beaucoup plus au terme surhomme Nietzschéen, cette individualité conquérante, celle du Loup-homme, dominant avec l’éthique amoral contre » la morale des esclaves ».

On retrouve une référence à la culture américaine, dans d’autres photomontages. (En 1933  le photomontage de Marinus Jacob Kjeldgaard paru dans le n° 51 du journal Marianne datant du 11 octobre ,montre le détournement d’un film du cinéma américain parut la même année,dominant comme un péril  nouveau la société des nations.La figure de king kong est reprise dans un photomontage au trucage volontairement grossier.) contrairement à ceux d’Heartfield)     John Heartfield - Hurray! La rumeur affirme qu’un des films préférés d’Hitler était KING KONG  de 1933 et qu’il regardait souvent des films de guerres et d’actions, de Walt Disney comme » Blanche neige », dans sa salle de projection privée.

John Heartfield – Hurray!

Hurray! The Battle Cruiser has Arrived! Photomontage; cut-and-pasted gelatine-silver prints, retouched, Germany, 1927. From the Merrill C. Berman Collection. Photo: Jim Frank. © The Heartfield Community of Heirs/VG Bild-Kunst, Bonn and DACS, London 2004.

Citation littéraire: « la ferme des animaux » d’ Orwell.

DIE LEHRE DES WOLFES .(L’enseignement du loup) 1935. (A.I.Z.), numéro 47, 21 novembre 1935 Reproduction photomécanique ,Photogravure,38 x 27 cm.

Le mythe de Sisyphe. (camus le reprendra plus tard pour  son héros de l’absurde).

la pierre que semble vouloir monter un Hitler Sisyphien  qui pouvoir avoir osé défié les dieux (?)  est condamné à faire rouler éternellement ,  jusqu’en haut d’une colline l’énorme rocher nommé guerre. ( ce dernier étant condamné à redescendre sans fin.)  Comment expliquer ce châtiment? Heartfield ne reprend t-’il pas la réputation qu’une certaine tradition donnait à Sisyphe, celle d’un brigand et d’un malfaiteur. là ou la figure d’ Icare chez G.Boch s’opposait par son orgueil à la charrue du paysan, symbole de la base terrienne, ici Hitler antihéros mythologique se détache de sa base terrienne symbole de la grande Allemagne du Reich.

Caricature de George Grosz: « Siegfried Hitler »  reprend la référence du héros Wagnérien.

VI) LA PROBLEMATIQUE HISTOIRE DES ARTS : L’ ENGAGEMENT , LE DETOURNEMENT, LA RUPTURE ET LA CONTINUITE.

« « L’engagement agglomère les hommes, à leur insu, en partis. Leur parler se mue en politique… »(Emmanuel LEVINAS, citation en épigraphe de Signature in Difficile Liberté, Essais sur le judaïsme(Coll. « Présences du judaïsme »), Paris,Albin Michel, 1995, p. 371.

L’ENGAGEMENT: CE MONTAGE EST UNE OEUVRE ENGAGEE

1)Peut-on dire de ce mouvement Dadaïste berlinois qu’il est engagé? (pourquoi?)

Il est membre du dadaïsme berlinois ,dès 1919, mouvement très engagé politiquement. Il utilise l’art comme un mouvement de protestation politique. L’art devient un instrument politique de contestation de la société, la république de Weimar, puis la période nazie. La pratique artistique devient « une arme » de lutte contre les injustices sociales, la brutalité et un sytème qui deviendra totalitaire.

2)Conséquences de l’engagement, Que se passe-t-il pour l’artiste dès l’avènement de Hitler au pouvoir en 1933 ?

Aragon souligne que sous la République de Weimar l’artiste s’oppose à la classe dominante et rencontre la censure de la classe bourgeoise.« Je veux parler de John Heartfield pour qui toute la destinée de l’art a été  mise gravement en question par la révolution allemande, au lendemain de la guerre, et dont le fascisme hitlérien à entièrement déduit l’œuvre en 1933. » (P 66. Aragon, »Les collages», John Heartfield et la beauté révolutionnaire »1965.Coll savoir: sur l’art.(Cf. Texte sur Aragon, ci-dessous).

  • Dès son ascension, Hitler interdit son parti rival, le parti communiste et instaure la dictature. Ses publication sont interdites en Allemagne de 1933 à 1945 (censure).
  • -Heartfield se réfugie en Tchécoslovaquie en 1933 , après l’ascension d’Hitler à la chancellerie  de la république de WEIMAR, sa maison est fouillé par les S .A. Son travail dans le journal d’opposition, se fait depuis  la ville de Prague.
  • L’ A.I.Z est rebaptisé V.I ( DieVolks Illustrierte)
  • -Dès 1938 avec l’invasion de la Pologne, puis l’annexion de la Tchécoslovaquie ,en 1938, l’artiste doit rejoindre l’Angleterre où il y résidera  de 1939 à 1950.
  • -Il rentre en RDA dans les années 50 . Sa  réhabilitation ne se fait qu’en 1956-58. Il est nommé, alors, professeur à l’académie des arts de Leipzig.

3) Heartfield après la guerre.( la période de la guerre froide).

Heartfield peut-il être un modèle pour la RDA, pour les nouvelles élites de ce pays crée en 1945?

Le contexte culturel de la République démocratique Allemande :En terme d’art, l’affiche , reprend les modèles diffusés sous la république de Weimar et celles de l’union soviétique. L’artiste est très encadré. On favorise les oeuvres de propagande aux sujets  antifascistes ( celles  contre le régime  nazie). Sophie Lorraine-Bourgeois explique que les dirigeants Est- allemand recherchent une propagande par l’image aux antipodes de l’affiche du régime du IIIe Reich ou  Capitaliste. A l’ irrationnelle , elle y oppose une affiche de propagande devant former  » des combattants actifs » en faveurs du communisme  éclairé. Elle cite les propos de Georg Klaus « penser librement sans être sous la forces de manipulation ». L’affiche auront donc un rapport , beaucoup plus en phase avec la  réalité, qu’une simple création cultivant un énième imaginaire. Le principe de l’affiche d’ Heartfield pourrait entrer dans cette définition. Mais dans cette position, il ne s’agit plus de propagande? L’ art aurait pour vocation  pédagogique d’ instruire l’homme nouveau socialiste, et de susciter en lui une action vers le progrès et la création d’une société nouvelle. Nous ne sommes plus dans l’affiche de dénonciation des années 30 et 40.L’art devant être accessible au plus grand nombre devra donc être réaliste dans la suite des l’idéologie esthétique du réalisme socialiste. Encore en 1950, la technique du photomontage est considéré comme déviante par rapport à l’idéologie du parti. « le sujet de l’art (la lutte du peuple travailleur pour la paix et l’unité, la manière, (il doit être efficace), et les conséquences (l’art doit nourrir et éduquer le peuple.) Sophie Lorraine-Bourgeois P.79

Les artistes expressionnistes  et Dadaïstes, voire constructivistes, abstraits, ne pouvaient donc par avoir grâce aux yeux du parti, leur message politique n’étant pas  assez explicite. ( comme Georg Grosz). Heartfield semble  à peine accepté par les instances mais  est cependant érigé comme modèle. Sophie L-B  dévoile que le travail de l’affiche en RDA est de basse qualité. « , technique et esthétique , « des armes trop émoussées » pour reprendre les mots du professeur Balzer . »Le niveau baisse chez nous, les affiches partent trop rarement du vécu  reproche  » Klaus wittkugel.

Comment expliquer cet échec et  le manque de considération et d’intérêt pour se patrimoine si riche?

On doit imputer cet échec au manque de « considération » de la direction politique pour ce médium qui devient un enjeu crucial pour faire passer l’idée du socialisme. Heartfield  intervient au moment d’une crise d’expression dans l’affiche politique. Mais des artistes sous tutelle , l’ absence de liberté dans l’expression, l’ignorance de l’héritage des avant-garde , et l’éclectisme des styles ne permettait pas de produire un art suffisamment vivant et politique.

LA PROBLEMATIQUE DU DETOURNEMENT

LE DETOURNEMENT

Qu’est-ce que le détournement en art? C’est le fait de changer, modifier, transformer la  signification, la fonction, et la forme  première d’une œuvre (image, texte, sons, objets) dans un but critique, idéologique, (politique), ou poétique (l’imaginaire surréalistes), et ou esthétique afin de créer une œuvre nouvelle.

Le montage (cinéma) et le photomontage sont des techniques privilégiées et très adaptées pour permettre le détournement.

Chez Heartfield les images sources sont extraites, issues  d’un premier contexte, une totalité où elles avaient un sens.

  • Le portrait d’Hitler fait référence à des images d’actualités(?), avec un statut documentaire mais aussi de propagande, évoquant ses discours de 1932.
  • L’uniforme (une photographie document d’un militaire S.A). Hitler lui-même?
  • Les pièces (?)  est découpé dans un magazine économique, financier, commercial. Signification(?)
  • La radiographie vient peut -être d’un ouvrage médicale (elle symbolise le caractère scientifique et médicale que le régime donnait à cette pratique, dans son idéologie qui est celle du surhomme aryen). Le führer doit avoir un corps sain dans une idéologie ou l’on glorifie le corps et la santé.

Détournement de la forme. A partir de ces éléments divers, on crée une nouvelle image, forme homogène.

Il y a détournement de la fonction dans cette nouvelle image aux sources hétérogènes combinées pour faire un nouveau portrait. Elle n’a plus un statut documentaire ou de propagande comme les nombreux portraits hagiographiques (glorifiant) circulant du chef du Parti NSDAP, il devient une image satirique de contre propagande, usant avec ironie des divers symboles évoqués.

Il y a un détournement de la signification. l’artiste prend la figure rhétorique de l’ironie (raillerie qui consiste à dire et à montrer le contraire de ce que l’on pense). Le surhomme messianique devient un homme misérable, menteur, corrompu haineux. l’image extérieur et rayonnante est contredite par l’intérieur. Hitler n’est qu’un homme, une marionette. Simple banalité du mal, Il n’est pas divin, un demi-dieu , un hérosn comme tout homme, il a des poumons, il est mortel.)

Le but de ce détournement est de montrer le vrai visage d’Hitler et de sa politique (son programme).Mais montrer aussi les  nombreux détournements idéologiques de la propagande

-la religion: Hitler devient un nouveau sain, le nazisme une religion (il détourne les vraies valeurs chrétiennes), et devient diabolique.

« Nulle part je ne serai plus mal lu que dans ma patrie. » Le Crépuscule des idoles, Flâneries inactuelles, 51 Nietzche

-la philosophie Nietzschéenne du surhomme est détournée. Dans les années 1930 (avec la complicité de la sœur du philosophe), ils ont falsifiés, réinventés ses idées en réécrivant l’un de ses ouvrages  avec des ajouts militaristes, antisémitiques. Ils en font la source de leur idéologie guerrière et de haine. Hitler se fait photographier à côté du buste du philosophe. Le philosophe  dénonçait l’antisémitisme, les risques du nationalisme, prévenait le danger du populisme.

La fonction de l’art, de l’artiste et cette pratique du photomontage par détournement est de « dévoiler la vérité », d’informer les citoyens allemands sur les projets de ce futur dictateur (autocrate).

 

VII) RECEPTION DE L’OEUVRE D’ HEARTFIELD.

Censure en Allemagne (Cf. paragraphe précédent.)

Une exposition pour faire connaître son travail.

-Juillet 1935: exposition de la majore partie des photomontages (150) à la maison de la culture de PARIS,  12 rue Navarin. (Création de la première maison par le parti communiste français le 14  mars 1935). (Bonne réception des photomontages. Aragon  son secrétaire général ,fait un article dans Commune en Mai 1935 (N°21) : « John Heartfield et la beauté révolutionnaire. » Reprise de sa conférence du 2 Mai 1935. (Il en est le secrétaire de rédaction de 1933 à 1936, de cette revue crée en 33). l’objectif est de mobiliser les intellectuels contre le fascisme.Cette même exposition fut fermée en Tchécoslovaquie, à cause d’une affiche, celle avec le point levé, pour le parti communiste allemand. le parti communiste lance le mouvement de front unique antifasciste. ‘défense de la culture ». Création en 1933 de l’ A.E.A.R (Association des artistes et écrivains révolutionnaires), dont fait parti Aragon. Document archive  : » HEARTFIELD’S OFFICIAL INTERNET ARCHIVE. »

VII) Le photomontage n’est pas l’apanage exclusif des artistes avant-gardistes  et engagés, c’est aussi une arme de propagande utilisée par le pouvoir  nazi.
  • La propagande hitlérienne utilise le procédé du photomontage pour  recréer l’histoire. La figure d’Hitler dans l’image, ci-dessus, montre  l’accession au pouvoir du politicien grâce au peuple. Il en fait le digne successeur de Fréderic II et d’Indenburg, tout comme dans la tradition allemande, on réalisait le photomontage de sa propre image parmi d’autres portraits. (ce fut selon Heartfield une expérience comme celle-ci qui lui donna l’idée de l’invention du photomontage.)
  • Ici ,rien ne laisse soupçonner que le  nouveau chancelier  est venu au pouvoir non par une élection mais par la pression des financiers. Sa légitimité est de l’ordre de l’histoire, et de l’église. Le photomontage devient ici le lieu de manipulation de la grande histoire,devenu montage de propagande. On peut tout leur faire dire aux images, par ajout ou retrait, par des rapprochements,même quand leur juxtaposition n’est pas la vérité.

Lors des élections du Reichstag, le 4 novembre 1932, sur la façade de l’immeuble du journal du parti du national- socialiste ,à Berlin, « der Angriff »  (l’attaque), crée par J.Goebbels en 1927, à saveur antisémites et séditieuse. se trouvait  , un énorme photomontage  exposé, avec collé au centre d’une foule de soldats (S.A),  Hitler immense, derrière à l’horizon  un soleil avec une svastika éclaire la scène.

VIII)Quelles types d’affiches aux élections de 1932?
Les affiches communistes du kPD sont les seules à utiliser le photomontage pour les élections, dans la continuité de la pratique constructiviste. tandis que les autres partis utilisent un graphisme plus classique comme celle du NSDAP. L’affiche de contre propagande d’Heartfield pouvait donc se remarquer.
Affiche électorale du KPD pour l’élection présidentielle de 1932
Affiche du N.S.D.A.P pour les élections présidentielles de 1932 , Plakatkunstdruck Eckert Berlin, 1932 Tiefdruck 12 x 84,3 cm DHM, Berlin. « haut écrit en caractères imitant l’écriture hébraïque : « nous votons pour Hindenburg » avec dix portraits de personnalités du monde politique et financiers d’origine étrangère ou juive. Au milieu en caractères gras : « nous votons H. » avec dix portraits de dirigeants du SNDAP ou de personnalités de droite. En bas est écrit  » observe ces visages et tu sauras à qui tu appartiens ». » l’ affiche stigmatise tout de suite le vote Hindenburg,en mettant en avant le lobby juif. Copyrights:Copyright Photo: Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz, Berlin « Unsere letzte Hoffnung ( notre dernier espoir ) ,Affiche électorale de Mjölnir 1932 Polit.Ansch. 80 Pseudo du caricaturiste Hans Schweitzer, nazi dès 1920. Mjölnir est le nom du marteau du dieu Thor dans la mythologie germanique. Motif fréquent avec la hie ( masse – orig. néerl ) des terrassiers, cette dernière utilisée aussi par les Spartakistes. Son nom est en haut à droite. Premier plan : la masse croissante des chômeurs, près de 6 millions en 1932, auxquels Hitler promettait du pain et du travail. Le travail   graphique,comme esquissé au crayon,montre une foule triste et grise,nulle couleur,seule le fond jaune laisse apparaître en contraste le slogan lumineux comme un rehaut…expression de l’espoir.L’affiche recherche à travers son image misérabiliste, le processus d’identification.Le  peuple allemand est présent:le citadin,l’ouvrier,et la mère à l’enfant… Dans une autre affiche l’homme allemand Aryen doit briser ses chaînes. le parti Nazi le libérera.   Affiche campagne de 1932. Finissons en maintenant! Elisez Hitler! affiche de l’artiste : Mjölnir surnom de (Hans Schweitzer)  1932. Ce graphiste réalisera de nombreuses affiches pour le parti nazi.Nommé professeur en 1937, il sera nommé «commissaire du Reich pour la conception artistique »  et président du Comité des Illustrateurs presse du Reich. Il sera « l’illustrateur de Goebbels ». Il est présent ci-dessous à coté du ministre en 1936 à l’ouverture de l’exposition d’art Olympique de 1936. . Election placardsFile:Bundesarchiv Bild 102-13203A, Berlin, Reichspräsidentenwahl, Wahlwerbung.jpg Reproduced courtesy of Ullstein Bilderdienst, Berlin. Affiches dans la rue pour les élections sur la postdamer place à Berlin , le 3 mars 1932. We are taking the fate of the nation in our hands!  Hitler becomes Reich President. We are taking the fate of the nation in our hands! Hitler becomes Reich President. ——————————————————————————————————————————————————-   Hitler's Nose
Caricature d’ Hitler en 32 dans certains journaux comme ce montage dans un journal de Munich en Juillet , du futur chancelier marié avec une femme noire par Fritz Gerlich, qui pose dans cette question du faciès Aryen dans l’idéologie nazie, celle du nez d’Hitler. Chaplin dans le dictateur sous les traits d’ Hynkel ne concevait-il pas d’exterminer tous les bruns de la terre pour obtenir un monde peuplé seulement de blonds aux yeux bleus? « Est-ce que Hitler a du sang mongol? » c’est la question de cette une du journal.
D’autres artistes utilisent le photomontage pour dénoncer le nazisme   comme ALEXANDER ZHITOMIRSKY

(1907-1993). Il utilise dès l’entrée en guerre avec la Russie de l’Allemagne en 1941, la technique du photomontage dans des tracts antiguerre contre la guerre diffusée dans les rangs de l’armée allemande pour démorariser les troupes?

Elles connaîtront tellement de succès que l’artiste sera mis sur la liste du Troisième Reich  du ministre de la propagande, G. Goebbles comme « most wanted ».

 

Titre: « En finir avec lui » (autoportrait  de l’artiste en soldat allemand), photomontage

49.5 cm x 37.1 cm (image), 54.6 cm x 39.4 cm,collection privée de Prague,Date: 1944

Il déchire l’ouvrage théorique du nazisme Mein Kampf.

Titre: « ne pas  mettre  le feu’  , photomontage,1942, 60.6 cm x 45.1 cm, 1942, collection privée Prague.

 

Standard

Alexandre Zhitmirsky,  Deux fils, deux tombes, 1942, photomontage, impression argentique.

 

 

Alexander Zhitomirsky - Ohne TitelAlexander Zhitomirsky - Anti-nazi PhotomontageAlexander Zhitomirsky - Zhitomirsky, Alexander

 

OHNE TITEL  Original 1941

ANTI-NAZI  photomontage  1942

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IX) D’ autres représentations de l’intérieur du corps dans des oeuvres de dénonciation de la dictature et d’ Hitler en particulier.(quelques autres oeuvres où la figure du dictateur est dénoncée.) La figure du dictateur en monstre.
Heartfield utilise le thème du squelette . la représentation de la figure du mal est incarnée  par le crâne .Il apparaît parfois en surexposition sur le  visage du dictateur. A la pratique de la juxtaposition vient se joindre d’autres pratiques photographiques. Chez E. Blumenfeld, on découvre celle d’un montage par superposition de négatifs en cours d’impression, pour sa représentation d’Hitler. Il existe plusieurs versions avec des variantes. l’une d’elle en 1937 provoquera de vives indignations de l’ambassadeur d’Allemagne en 1937. (Année de l’exposition universelle.) Le crâne , la partie du dessous , devient partie du dessus : le masques, celle du fascisme, du nazisme. Hitler incarne ici la figure de la mort. c’est depuis ,la Hollande que part la figure de la dénonciation. Après son internement en France en 1941, c’est par l’exile en Amérique qu’il découvrira de nouveaux sujets: la mode, le glamour. E. Blumenfeld utilisera en 1935,la figure du minotaure (surréaliste), pour représenter le dictateur. Le minotaure devient un assemblage,une mise en scène photographiée qui critique avec humour les régimes totalitaires en 1937. L’ambassadeur d’Allemagne exprimera son vif mécontentement. (On peut penser au personnage de kubrick dans Shining ou la figure de la folie ,de la bestialité,de la cruauté,est incarnée par cette figure du labyrinthe.) « En 1936–1937, Blumenfeld se procure une tête de veau, un grand tissu de soie et une reproduction en plâtre d’un torse de Vénus. Avec ces éléments, il a tous les ingrédients nécessaires à sa photographie Le Minotaure ou le Dictateur. Il n’a plus besoin d’un portrait pour que son image soit comprise : l’autocrate dramatisé par un éclairage de feux de rampe, évoquant clairement la décadence du pouvoir Romain, pose triomphalement. Mais E. Blumenfeld dégrade le Minotaure – mi-taureau, mi-homme – il le transforme en un hermaphrodite d’un autre genre, empestant la putréfaction. Ici, dans le contexte de l’année 1937, la présentation du Guernica de Picasso au pavillon espagnol à l’exposition universelle de Paris ainsi que l’exposition d’ « Art Dégénéré » à Munich doivent être rappelés pour mémoire. En 1941, Francis Picabia s’inspire du Minotaure de  E. Blumenfeld pour un tableau à l’huile qu’il appelle L’adoration du veau. Il y ajoute des mains de fanatiques jurant fidélité à un monstre au nez rose. » (extraits du catalogue Erwin Blumenfeld, Galerie le Minotaure, Paris, 27 octobre-mi-décembre 2009, texte d’Helen Adkins tiré de « le clown lyrique ».   Erwin Blumenfeld, The dictator .1937 Les surréaliste prendront également cette figure du Minotaure pour leur revue , car c’est une figure hybride , dionysiaque et paradoxale qui correspond tout à fait à l’exploration de ce mouvement. Elle incarnait cette volonté de retour au savoir l’archaïque, pulsionnel, entre conscience et animalité, mesure et démesure sous la figure duelle de ses deux mentors Bataille et Breton.

  • Magritte: Minotaure 10, éd. Albert Skira (Paris, Winter 1937), couverture
  • « Minotaure » Picasso, fusain, 1933

Thème iconographique du squelette et du drapé noir. 5 avril 1933 Hitler dans cette caricature est comparé à la grande faucheuse. Ici le visage est comme un masque.                   « Le vrai visage du fascisme » Heartfield, 1928. Adolf Hitler caricatureAdolf Hitlermarianne-10

« L’épouvantail des neutres »Photomontage de Marinus KjeldgaardVisage du fascisme 1928
Face de la mort par George Grosz, collage, 1958.
  .   1933 ,ERWIN BLUMENFELD, Holland, Hitler. « la gueule de l’horreur »1933 Comparaison avec Heartfield   »Adolf surhomme…….. »

  • Fond noir et jeu sur le clair-obscur chez E. Blumenfeld, fond sombre pour une figure obscure//chez Heartfield , le fond est clair et lumineux pour représenter un espace pseudo divin et angélique.
  • Cadrage en gros plan du portrait d’ Hitler en format carte d’identité. L’artiste nous montre sa véritable identité maléfique.// Chez Hearfield cadrage en plan rapproché, une scène d’actualité ou d’affiche électorale.
  • Travail de superposition de deux négatifs  pour former  une images, un palimpseste photographique qui permet de révéler la vérité sous le visage de l’homme. Il porte un masque de mort ou  comme pour Heartfield rend visible  l’intérieur de la figure. (inversion l’intérieur est à l’extérieur.)
  • Le portrait semble divisé en deux parties, a gauche domine le squelette, le portrait du dessous semble apparaître en négatif, l’orbite de l’oeil est vide, à droite c’est la partie plus avec carnation et l’oeil fixe impassible et impérieux .
  • Les deux artistes interviennent sur la photographie avec des outils graphiques. E.Blumenfels ajoute une moustache, tandis que Heartfield maquille légèrement le portrait et exécute des touches de raccord (cosmétique réaliste).
  • Le mode de diffusion pour Heartfield est sous forme d’affiche et de couverture de magazine pour un large publique, celle de E. Blumenfeld selon sa légende serait lancée d’avion comme pour les tracts.
  • Les deux artistes doivent s’exiler suite à la venue d’ Hitler au  pouvoir.
  • La Svastika se trouvait dans le photomontage d’ Heartfield au niveau du coeur, symbole du parti, tandis que dans l’oeuvre de Blumenfeld est est sur son crâne avec l’une de ses branches cassées.(Symbole d’obsession et de folie?)

arno_breker Portrait d’Hitler par Arno Breker en 1936.et 1938 .Construction de portraits pour le culte de la personnalité. (Cf. le portrait sur le bureau d’Hynkel)     Erwin Blumenfeld, Hitler With Bleeding Eyes and Mouth (1953) Erwin Blumenfeld, Hitler With Bleeding Eyes and Mouth (1953)

 

V. Brauner, juif Roumain, peintre surréaliste, lui, aussi , persécuté par le régime nazi, donnera sa vision du dictateur en 1934, un dictateur a qui dans un rite vaudou (?) il fait subir les pires supplices à cette icône. Entre humour et absurde, la figure glorieuse du dictateur devient dans les mains de l’artiste le jouet d’une destruction cathartique en règle sous le pinceau de l’artiste. l’image comme encore aujourd’hui garde son caractère magique, tuer l’image, détruire la sculpture du dictateur déboulonné de son socle c’est tuer la chose.   George Grosz, "Cain, ou Hitler en enfer". Georges Grosz  , « Cain, ou Hitler en enfer » ,1944.   Des artistes plus récents reprennent la figure du dictateur en figure critique. Le thème de la marionnette et du ventriloque:   Barbara KRUGER qui elle aussi utilise la technique du photomontage et de la sérigraphie pour dénoncer les manipulations de la société américaine des années 80. Reprise ici,d’une photographie d’Hitler, symbole reconnaissable du mal, le danger de « Big brother ». « si vous ne contrôlez pas votre esprit,quelqu’un le fera » semble nous dire l’artiste américaine.                         On peut mettre en relation Heartfield et Kruger dans la façon dont ils utilisent la technique du photomontage, accompagné d’un slogan.Chacun se sert des codes, et stratégies de la propagande pour la contrecarrer. Heartfield utilise l’image de presse et d’actualité, Barbara Kruger utilise les images stéréotypées (patriarcales) de la société des années 50/60, qu’un slogan vient court circuiter.   Maurizio Cattelan  2001 Un trophée de chasse.

D’autres photomontages D’ Heartfield

A.I.Z  juin 1933.   John HEARTFIELD, Und sie bewegt sich doch ,Et pourtant, elle se déplace, 1943.

Marinus Jacob Kjeldgaard

rien que la terre

Photomontages satiriques 1932-1940, de Gunner Byskov

l

  • AIZ Août 1933.
  • Que fait Hitler?Il se regarde dans un miroir.
  • Légendes:(Wer Bürgerblätter liest wird blind und Taumel weg mit den verdummungsgandagen)«Miroir, miroir sur le mu
  • LA CRISE »John Heartfield
  • reprise moderne dans le presse à partir de l’idée du photomonteur allemand.

« Celui qui lit les journaux bourgeois devient aveugle  et sourd:il faut en finir avec ces bandages abrutissants ».

  • AIZ/ 1930. (époque la république de Weimar:montée du nazisme.)
  • Photo: noir et blanc
  • Cadrage rapproché poitrine
  • Description:On découvre un personnage, dont le visage a disparu derrière un bandage crée par des feuilles de journaux.le personnage est anonyme ,sans identité. Sur la feuille de presse semble indiqué le mot « NORDWÄRTS », traduction de vers le nord.Pourquoi? Indique t’il que le peuple qui lit se journal a perdu ses repères? le principe du journal n’étant t’il pas d’être une boussole dans une époque instable?
  • Interprétation: Heartfield critique une certaine presse aliénante (bourgeoise)qui plutôt qu’éveiller les consciences,du peuple,le rend aveugle et sourd aux réalités de l’époque.

L’artiste dans ses couverture créer un message rapidement compréhensible. Il travail sur la métaphore visuelle par la juxtaposition.  le Photomontage permet justement ces rapprochements analogiques de deux réalités

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The Tire Travels / Heartfield

1920

The Tire Travels around the World, 1920
© 2006 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn

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Cover design for Upton Sinclair’s Der Sumpf, 1928
© 2006 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn

1928Heartfield_5_Fingers-1928.jpgCover for Der Sumpf / Heartfield

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.Whoever Reads Bourgeois Newspapers / Heartfield

1930

 – Cabbage Head, AIZ n° 6, 1930

 

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1931

John Heartfield, Zum Krisen-Parteitag der SPD [On The Crisis Party Congress of the SPD (German Social DEmocratic Party)]in Arbeiter-Illustrierte-Zeitung (AIZ, Berlin), no. 24, 1931, p. 477. Cat. no. 207  <br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
source » src= »http://24.media.tumblr.com/7527e54d2f2f3f7d10bd42dbeb61b372/tumblr_mq0qj7kSMh1r9j6pro1_500.jpg » /></p>
<p>(<strong><em>AIZ</em>, Berlin), no. 24, 1931</strong></p>
<p>John Heartfield, <em>Zum Krisen-Parteitag der SPD [On The Crisis Party Congress of the SPD (German Social DEmocratic Party)]</em>in <em>Arbeiter-Illustrierte-Zeitung</em> , p. 477. Cat. no. 207</p>
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<p><strong>1932</strong></p>
<p><img alt=

War and Corpses: The Last Hope of the Rich, 1932.

© 2006 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn

Meaning of Hitler Salute / Heartfield

AIZ 38/1932                                                        AIZ 42/1932

 

25 septembre 1932

<b>AIZ 11, n° 39, 25 sept 1932</b> A.I.Z 11, n° 39, 25 sept 1932 Comparaison entre la baillonette et le pinceau qui macule les affiches  lors des élections de 1932. l’affiche qui est collé par la force évoque un pouvoir politique qui sous la forme pseudo démocratique des élections impose le rapport à la force. Est-ce une évocation de la censures?

John Heartfield - Photomontages politiques 1930-1938

AIZ,  N°48, 1932 « la signification de Geneve »

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1933

22 janvier 1933

<b>AIZ 12, n° 4, 22 janvier 1933</b>

AIZ 12, n° 4, 22 janvier 1933 Comparaison entre les cheminées de l’industrie et les canons. l’Allemagne  se réarme. Industrie de guerre , mise en garde face à une économie guerrière comme solution à la crise. Hitler reconstruit l’armée Allemande limitée à 100000 homme après le traité de versailles.

 

  • Que fait Hitler?Il se regarde dans un miroir.
  • Légendes:(Wer Bürgerblätter liest wird blind und Taumel weg mit den verdummungsgandagen)«Miroir, miroir sur le mu r qui est le plus fort de tous? « 
  • reprise du conte pour enfant , le Dessin animé de Walt Disney, « blanche neige et les 7 nains », film préféré du Führer. Il prend, ici,  le rôle de la mère adoptive du Blanche neige qui interroge son miroir pour savoir si elle est la  plus belle. Ici, dans ce photomontage c’est la force qu’il interroge, son invincibilité. La mort lui rappelle qu’il est mortel. Il doit descendre de son piedestal.

 

 

 

 

Au premier plan on découvre un bidon d’essence de la compagnie Goering

« A travers la lumière  la nuit – il parla Ainsi le dr Goebbels. Nous allumons de nouveaux bûchers pour que les aveugles continuent à dormir. »

 

AIZ 36/1933

Heartfield évoque dans son photomontage les autodafés à Berlin à la Franz-Josef Platz, face à l’université de Berlin ou devant l’opéra   . le 10 Mai 1933 , le ministre de la propagande Joseph Goebbels       , au premier plan conduit  comme un chef d’orchestre ,dans un protocole ritualisé , très étudié la destruction de tous les livres des penseurs juifs et communistes, tous ces écrivains qui pervertissent l’âme allemande:(.Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.)

«l’esprit allemand triomphe définitivement dans une Allemagne à jamais réveillée» explique t’il dans un discours radiodiffusé.

22 août 1935

1935
PUBLISHER: Arbeiter Illustrierte Zeitung
rotogravure print, rephotographed montage with typography
37.8 x 26.8 cm.
Museum Purchase; ex-collection Barbara Morgan
GEH NEG: 24378
76:0076:0004

TRANSLATED TITLE: New success of Nazi medical science: Mustard instead of Cheese
JOURNAL TITLE: « AIZ, Illustrierte Volksblatt », March 8, 1935, p. 160

1935
PUBLISHER: Arbeiter Illustrierte Zeitung
rotogravure print, rephotographed montage with typography
38.0 x 26.6 cm.
Museum Purchase; ex-collection Barbara Morgan
GEH NEG: 24488
76:0076:0028

 

 

m197600760002 dans Photographie: Grands Photographes

He must fall, before the war fells you! Create the Popular Front … – 1936 – Crédit photo: © John Heartfield – George Eastman House Foundation

m197600760007

The Nazis Playing With Fire – 1935 – Crédit photo: © John Heartfield – George Eastman House Foundation

 

John Heartfield, Der Henker und die Gerechtigkeit [Le bourreau et la justice], dans Arbeiter Illustrierte Zeitung (AIZ), 30 novembre 1933, photomontage, (C) The Heartfield Community of Heirs / ADAGP.

AIZ 32/1933,  30 novembre 1933  Der Henker und die Gerechtigkeit [Le bourreau et la justice],Goering during the Reichstag-fire-process: The right for bloody deeds is on my side, photomontage, (C) The Heartfield Community of Heirs / ADAGP.

John Heartfield, War, A painting by Franz v. Stuck. Brought up to date by John Heartfield, 1933,

AIZ XII, N°18 10 Mai 1933.

AIZ              Août 1933

AIZ, 30 novembre 1933  Der Henker und die Gerechtigkeit [Le bourreau et la justice], dans Arbeiter Illustrierte Zeitung (AIZ), photomontage, (C) The Heartfield Community of Heirs / ADAGP.

WarA painting by Franz v. Stuck. Brought up to date by John Heartfield, 1933,

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1934

AIZ 38/1934
Hitler’s Millennial Empire: « The german life-form is finally determined for the next millennium. – « In the next thousand years no more revolution will take place in Germany. » (Adolf Hitler’s words on the Convention of Nürnberg)

AIZ 40/1934
Special-number: Antifascist Action-Unit. Clenched all fists to one, show your power against fascism! Like in France and in the Saarland: Anti-Fascists stay in solidarity everywher

1JPEG - 138.7 ko

« Le chœur des industriels de l’armement : une solide forteresse est notre Genève »

John Heartfield, photomontage pour la revue AIZ, 1934.

 

11-aiz

AIZ, n° 44, 1934

Avril 1934.

« Mimikry », photomontage de John Heartfield pour le Arbeiter-Illustrierte-Zeitung, 1934. « Quand toutes les tentatives de faire adhérer la classe ouvrière aux idées national-socialistes eurent échoué, Goebbels eut une ultime idée : il persuada le ‘Führer’ de s’adresser désormais aux ouvriers affublé de la barbe de Karl Marx »

Hjalmar oder das wachsende Defizit, AIZ, 14, John Heartfield

John Heartfield,
Hjalmar oder das wachsende Defizit, AIZ, 14, 
1934

 

Neudeutscher Kraftakt, AIZ, 49, John Heartfield

John Heartfield, Neudeutscher Kraftakt, AIZ, 49, 
1934 © John Heartfield

 

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1935

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1936

 

John Heartfield - Partie 2  dans Photographie: Grands Photographes m197600760008

Hitler tells fairy tales II – 1936 – Crédit photo: © John Heartfield – George Eastman House Foundation

 

 

 

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Voice of Freedom / HeartfieldHEARTFIELDJohnilestvegetarien.jpg

1937

The Voice of Freedom in the German Night on Radio Wave 29.8,

© 2006 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn.

Hitler en boucher se prépare à manger le coq français.  Heatfield prévient que le dictateur n’est pas végétarien.

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photomontage:<br /><br />Ob Schwarz, Ob Weiss (Whether Black or White) — John Heartfield, 1931<br />John Heartfield     Nach drei Jahren in der Zange!<br />After Three Years in the Grip!<br />“AIZ, Illustrierte Volksblatt”,      January 30, 1936

The Teaching of the Wolves — John Heartfield, 1935photomontage:<br /><br />Die drei Weisen aus dem Sorgenland — John Heartfield, 1935<br />John Heartfield     Berlin ruft zur Olympiade [Berlin summons to the Olympic Games]<br />AIZ. Vol. 15, No. 26. 24 June 1936.

John Heartfield      One Must Have a Special Disposition Toward Suicide       1931, in Arbeiter-Illustrierte Zeitung (AIZ) 10

 

LA BOUCHE D’ HITLER dans l’iconographie

caricaturale.     Caricature de Bado. La bouche du dictateur rapproché des fours crématoires. Caricature de David Low paru dans le Evening Standard le 7 juin 1940 : « Le moloch mécanisé » sur Hitler: raccourcis vers la gloire sur les camoins : jeunesse hitlérienne   Le photomontage peut être utilisé pour traiter le thème  :

 
Rupture et continuité.  1)Il y a  continuité :

  •   Dans la reprise de l’iconographie religieuse
  • Dans la représentation critique du pouvoir.On peut comparer le photomontage d’Heartfield avec l’oeuvre de DAUMIER. La caricature de GARGANTUA:Représentation de Louis Philippe.On peut se poser la question de la censure et de la liberté de la presse qui se pose déjà au XIXe siècle.Les média de masse sont des enjeux de pouvoir et le média privilégié de la diffusion des idées. W.Benjamin,mais aussi Lénine, verra dans le cinéma  comme  le médium moderne, nouveau, efficace permettant la diffusion de la propagande. Chaplin avec le dictateur ,créer une oeuvre à la portée d’un large auditoire. 

Rupture:Utilisation d’un médium nouveau:la photographie et le photomontage rompt avec la peinture traditionnelle. Cf:Cet article de Walter Benjamin sur le cinéma.

www.post-scriptum.org/alpha/articles/2006_6_fernandez.htm
skildy.blog.lemonde.fr/…/w-benjamin-cinéma-espace-page-de-pense…————————-
 Sur le thème de l’art engagé .On peut allez voir la publication « L’ART EN DANGER « de Günter Anders…
Dans les années 20 un certains nombres d’artistes « ce petit peuple étrange » ne s’engagent pas politiquement préférant les réflexions d’ordres esthétiques,et plastiques qui depuis les guitares cubistes en passant par le futurisme,et le Bauhaus ,l’abstraction préfèrent réaliser un art pur,l’art pour l’art,une révolution par la forme.

« l’art est en danger »de Günter Anders,George Grosz,wieland herzfelde et john Heartfield.Chez allia.2012

L’ art est en danger
Autre titre : Précédé de Oeil armé & monstres photogéniques
Auteurs : ANDERS Günther, Auteur ; George Grosz, Auteur ; Heartfield, John, Auteur ; Herzfelde, Wieland, Auteur ; Catherine Wermester, Traducteur
Editeur : Paris : Allia
Année de publication : 2012
Importance : 1 vol. (75 p.)
Note générale : Contient : « L’art est en danger : trois essais » / Georges Grosz et Wieland Herzfelde. « La canaille de l’art » / George Grosz et John Heartfield. « Sur le photomontage », allocution prononcée par Günther Anders à l’occasion de l’inauguration de l’exposition Heartfield à New York en 1938
vous pouvez écouter l’essai du jour sur France culture sur ce livre.
L’Essai du jour sur France Culture.m4v

www.youtube.com/watch?v=Z5zRzQqsSVo

Réédition de pamphlets de 1925 de George Grosz contre les avant

toutelaculture.com/2012/07/reedition-pamphlets-grosz-avant-gardes

——————————————————————————————————————————————————— X

X)Propos,réflexions,citations,sur cette oeuvre,qui permettront à l’élève de travailler sur cette oeuvre.
Propos d’Hitler
sur la psychologie des masses.

- « L’âme de la masse n’est accessible qu’à tout ce qui est entier et fort.
De même que la femme est peu touchée par des raisonnements abstraits, qu’elle éprouve une indéfinissable aspiration sentimentale pour une attitude entière et qu’elle se soumet au fort tandis qu’elle domine le faible, la masse préfère le maître au suppliant, et se sent plus rassurée par une doctrine qui n’en admet aucune auprès d’elle, que par une libérale tolérance. »

- « La tolérance lui donne un sentiment d’abandon ; elle n’en a que faire. Qu’on exerce sur elle un impudent terrorisme intellectuel, qu’on dispose de sa liberté humaine : cela lui échappe complètement, et elle ne pressent rien de toute l’erreur de la doctrine. Elle ne voit que les manifestations extérieures voulues d’une force déterminée et d’une brutalité auxquelles elle se soumet toujours. »

Hitler, Mein Kampf, p. 50

 Sur la propagande

 » A qui la propagande doit-elle s’adresser ? A l’intelligentsia scientifique ou à la masse la moins cultivée ? Elle ne doit s’adresser qu’à la masse ! (…) Car toute propagande doit être populaire, elle doit ajuster son niveau intellectuel en fonction de la capacité d’absorption des plus bornée de ceux qu’elle veut toucher. Aussi, plus grande sera la masse des gens à atteindre, plus bas devra être son niveau intellectuel. Mais lorsque l’on veut, comme, par exemple, pour soutenir le moral en temps de guerre, que la propagande agisse sur tout le peuple, on ne veillera jamais assez à ne pas présumer de capacités intellectuelles trop élevées. (…) Une fois bien comprise la nécessité d’orienter vers les masses l’art de la propagande, on en arrive à la doctrine suivante : il est erroné de vouloir donner à la propagande la portée d’un enseignement scientifique par exemple. Les masses ont une capacité d’absorption très limitée, elles comprennent peu et oublient beaucoup. Il résulte de tout cela qu’une propagande efficace devra se limiter à un très petit nombre de points et les exploiter sous forme de slogans jusqu’à ce que tout le monde, jusqu’au dernier, réussisse à voir derrière le mot ce que l’on veut lui faire comprendre. Si l’on sacrifie ce principe et que l’on veut couvrir un champ large, l’effet sera dispersé, car la masse ne pourra ni digérer ni conserver la substance qu’on lui propose. Et le résultat s’en trouvera affaiblie d’autant, et finira par disparaître complètement. »

Hitler, Mein Kampf
extrait de D’Almeida F.,  »Images et propagande », Florence, Casterman, 1995

« La grande masse d’un peuple ne se compose ni de professeurs, ni de diplomates. Elle est peu accessible aux idées abstraites. Par contre, on l’empoignera plus facilement dans le domaine des sentiments et c’est là que se trouvent les ressorts secrets de ses réactions, soit positives, soit négatives. Elle ne réagit d’ailleurs bien qu’en faveur d’une manifestation de force orientée nettement dans une direction ou dans la direction opposée, mais jamais au profit d’une demi-mesure hésitante entre les deux. Fonder quelque chose sur les sentiments de la foule exige aussi qu’ils soient extraordinairement stables. La foi est plus difficile à ébranler que la science, l’amour est moins changeant que l’estime, la haine est plus durable que l’antipathie. Dans tous les temps, la force qui a mis en mouvement sur cette terre les révolutions les plus violentes, a résidé bien moins dans la proclamation d’une idée scientifique qui s’emparait des foules que dans un fanatisme animateur et dans une véritable hystérie qui les emballait follement. (…)Quiconque veut gagner la masse, doit connaître la clef qui ouvre la porte de son coeur. Ici l’objectivité est de la faiblesse, la volonté est la force.(…)Voici l’essentiel : action sur la grande masse, limitation à quelques points peu nombreux constamment repris ; emploi d’un texte concis, concentré, su par coeur et procédant par formules affirmatives ; maximum d’opiniâtreté pour répandre l’idée, patience dans l’attente des résultats. » extraits de Mein Kampf, traduction française, éd Latines, 1934, pages 337 et 364

« On peut considérer  Heartfield comme l’inventeur du photomontage  (…)Heartfield commenta l’activité politique en Allemagne sur la couverture du journal ouvrier berlinois;les photos découpées interprétaient la situation politique,l’analysaient et la critiquaient. » « Collage et montage au théatre dans les autres arts dans les années 20;Collage et montage dans les arts plastiques ».Erika Billeter.Centre national de la recherche scientifique.L’age d’homme,Lausanne,1978.————————
  • Séjour en URSS de 1932 à 1933  d’Heartfield.

__________________Regard  critique de l’oeuvre de Heartfield: BENJAMIN et ARAGON

 
1)Juillet 1935 exposition de la majeur partie des photomontages, à la maison de la culture de PARIS. En soutient à l’exile dès 1933 de l’artiste vers Prague. BENJAMIN et Heartfield discutent sur la photographie « La charge parodique résulte de l’assemblage pervers et souvent crûment articulé des signes » 2)Le point de vue de  Louis ARAGON sur l’artiste et son oeuvre.   « EN 1935( …)TOUT L’ART ETAIT REMIS EN JEU PAR LA VIOLENCE ».(p 16) Ce texte d’ Aragon sur Heartfield s’écrit au moment ou Aragon quitte les idéaux surréalistes,la rupture est désormais consommée, il se rend en  l’URSS.(1930-1935).L’artiste peut il être Dadaïste? (pour les communiste),Est-il réaliste? le dadaïste ne peut être qu’un art bourgeois. Heartfield serait donc plus proche du réalisme. Dans sa conférence prononcée à la maison de la culture à Paris le 2 mai 1935: « John Heartfield et la beauté révolutionnaire » ,lors de l’exposition de 50 photomontages de J.Hearfield,organisé par Aragon ,(« une exposition de photomontages,ayant lieu,de mon initiative ,à la maison de la culture que je dirigeais,…rappelle le poète) (p 16),et  par des artistes et écrivains révolutionnaires (A.E.A.R.) ,un événement  »où il y a de quoi rêver et de quoi serrez les poings »(P 68).L’écrivain rappelle l’exile forcé,la censure que connaissait l’oeuvre de cet artiste allemand. »Dans l’exil à Prague,parlant des nazis,ils l’ont traqué encore.A la demande de l’ambassade d’Allemagne,la police tchécoslovaque à fait fermer l’exposition même qui est actuellement aux murs de la maison de la culture.. »(P 70).Pour Aragon ,Heartfield est l’artiste qui dû se battre en temps de terreur contre le fascisme,(« …dont l’oeuvre avait été détruite par les iconoclastes en chemise brune… » (p 16));mais c’est aussi à l’époque démocratique de Weimar,l’artiste antibourgeois qui à du se battre contre la censure et les procès de la classe bourgeoise.On retrouve dans cet écrit  l’homme de lettre qui a choisi la nouvelle voix du Réalisme (socialiste) dans les années 30, qui « comme une bouteille à la mer »lance dans cet essai ce « plaidoyer pour le réalisme »(p 17). Contre le surréalisme de Ernst ,il oppose de façon primaire le travail de Heartfield,qu’il situe dans une autre  approche,celle  du réalisme révolutionnaire.Il compare l’artiste allemand d’obédience communiste ,  à la figure mythique de Maïakovski qui était capable de toucher par la seule voie de sa poésie les masses populaires..J.Hearfield est un artiste engagé,il est dans le « combat » avec « rage »,il signifie. « J.Heartfield ne jouait plus,les bouts de photographies qu’il agençait naguère pour le plaisir de la stupeur sous ses doigts s’étaient pris à signifier« .(P68-69) Le Photomontage selon Aragon est une activité sérieuse,ce n’est plus un simple jeu surréaliste,mais une activité satirique et politique qui fait sens et se réfère   à la société de son époque,avec ses problèmes sociaux -politiques.Il s’ancre dans le réel,le monde entier se retrouve sur sa palette.(« Avec pour palette tous les aspects du monde moderne »(P 71).)C’est dans le miroir non pas déformant mais réaliste de la société qu’il a su « saluer la beauté « ,il répète plusieurs fois cette phrase que lui inspira Rimbaud. »Il sait créer,affirme Aragon,ces images qui sont la beauté même de notre temps,parce qu’elles sont le cri même des masses ,la traduction des luttes des masses contre le boureau brun à la trachée de pièces de cents sous ».Aragon  fait ici référence au photomontage que nous avons étudié.Pour Aragon ,l’artiste photomonteur est un porte parole du peuple, »parce qu’il parle pour l’énorme foule des opprimés du monde entier » (P 71).Aragon défend la grande liberté,et qualité plastique ,esthétique de son travail  dont « l’expression » n’a jamais été « bridée »,et qui a toujours su conserver une grande qualité technique en s’adressant aux masses.(Nous ne sommes pas dans la simple propagande,cet art politique qui divulgue un message au détriment de sa forme technique.Il a su inventer une nouvelle technique ,dont il a la paternité avec G. Grosz,une praxis plus à même de parler de sont temps:Le photomontage. A propos de ces photomontages,Aragon  parle « d’une arme de la lutte révolutionnaire du prolétariat, » d’art pour les masses »"L’écrivain tente de raccrocher   dans son texte le travail d’Heartfield à l’idéologie esthétique communiste (Jdanov):le réalisme socialiste comme lutte des éléments contradictoires. Le photomontage se caractérise par son caractère révolutionnaire ,le plaçant dans la droite  ligne  instituée par  son guide Lénine et sa vision de  l’art.(« son art est un art suivant Lénine,…) (P 71),il suit  la dialectique matérialiste.(« il n’a d’autres guide que la dialectique matérialiste ».)Son oeuvre est une véritable « critique dialectique de la réalité ».Qu ‘entend on par critique dialectique, »dialectique matérialiste »?Comment l’expliquer de façon très simple aux enfants?On pourrait dire que le photomontage critique la réalité de façon négative,une certaine « négation de la réalité officielle ». C’est le « prototype et le modèle de l’artiste antifasciste ».(p 71) -—————————————————————————-
Critique du texte d’ARAGON  Réalisme-surréalisme par Henri Béhar.(Cahier de centre de recherche sur le Surréalisme,Mélusine N°XXI)Ed.L’AGE D’HOMME. Le texte d’Aragon  selon Henri Behar,oppose de façon primaire le surréalisme de Ernst et la pratique d’ Heartfield,reprochant l’intérêt ,du surréaliste ,sur le désir subjectif individuel (psychanalyse) alors , qu’ Heartfield privilégie les questions du collectif,du politique,de l’étique.On découvre que Aragon fait volte face de ses idées esthétiques,à partir de son adhésion à la doctrine communiste à la pratique du photomontage trop bourgeoise dans sa forme, il privilégie la peinture lisse et réaliste, »cette image finie »Elsa Adamowicz montre qu’Aragon est injuste   et partiale quand il limite Ernst au seul imaginaire détaché de toute réalité ,au « seul poésie  des espaces aquatique ».A l’insu d’Aragon,affirme t’elle,les monstres du lac ont envahit les salon de la réalité,destabilisant ainsi les assises du monde bourgeois. »C’est méconnaître le surréalisme que de ne pas voir tout le caractère subversif et politique que sous tend cette révolution de l’imaginaire. « Entre 1935 et 1960, collage et photomontage ,critiqués pour leur formalisme,disparaissent des textes d’Aragon qui, fidèle à la ligne du parti communiste ,fait la promotion de la peinture de chevalet dans la célébration de l’art ,notamment chez Courbet,…ou les artistes soviétiques.(…)Si ,parfois, le collage  refait surface c’est comme pratique à rejeter.(…)Aragon cherche,auprès des  paysagistes français ,des portraitistes soviétiques, »la leçon de métier de respect du réel » dans » l’image finie ». P 32 On peut conseiller à l’élève la lecture du petit ouvrage « Les collages » de Aragon collection savoir:sur les arts.Hermann, Editeur des sciences et des arts, 1993. Leur faire travailler leur réflexion sur la lecture de la page 71. CF:texte de K.Marx sur le matérialisme historique,la dialectique matérialiste. www.communisme-bolchevisme.net/materialisme_philosophique.htm————————————————————————–
Dans  « ceci n’est pas un tableau:les écrits surréalistes sur l’art »par Elsa Adamowicz.P.188.   « …Les documents découpés sont détournés dans le but de démasquer les contradictions et les  conflits,les mensonges et les hypocrisies de la réalité »politique de l’Allemagne d’Hitler.Par exemple ,dans le photomontage auquel fait allusion la citation ci-dessus(« Le bourreau à la trachée de pièces de cents sous »),Heartfield a collé une tête d’Hitler,bouche grande ouverte,au dessus d’un buste radiographique dont la trachée est remplie de pièces de monnaies.Ce photomontage représente la maxime  inscrite sur le photomontage: Adolf der ubermensch,(…)dévoilant la collision entre pouvoir politique et pouvoir financier…Le photomontage devient tout d’abord un moyen privilégié de dévoilement et de perversion du discours de la doxa:par le détournement  satiriques de clichés photographiques et linguistique,Heartfield déstabilise les significations reçues…La charge parodique résulte du découpage et de l’assemblage pervers et souvent crûment articulé d’images et de maximes«  d’où selon E. Adamowicz le choix volontairement provocateur,et dont »la fonction  est de mobiliser les masses ».L’artiste devait se servir d’images et de textes facilement reconnaissables,pour que le détournement soit aisé pour n’importe quel quidam.
On peut regarder le catalogue de l’exposition de Strasbourg. « John Heartfield : photomontages politiques 1930-1938″
     
On peut consulter le travail de recherche de John willett« Hearfield contre Hitler » Ed.Hazan,Paris,1997,199 pages.

 Article sur cet ouvrage
cielvariablearchives.org/…/1475-john-willett-heartfield-contre-hitler….

Sites que les élèves peuvent consulter sur le travail de J.Heartfield Les Vidéo:  sur Youtub.comJohn Heartfield (1891 – 1968)2 min – 2 sept. 2010 – Importé par RoteFahneTV Rote-Fahne.tv Weitere Infos zu John Heartfield unter Die-Rote-Fahne.eu John Heartfield – * 19. Juni 1891 in Berlin … (en allemand)

  •  sur youtub ZYGOSIS 1,2,et 3.Sur youtub.com (en allemand).

Les textes: Un site  très intéressant avec des réflexions et des citations à exploiter. www.har-avantgardes.blogspot.com/…/dada-berlin-john-heartfiel

  • « John Heartfield,maître du photomontage politique » dans  Le patriote résistant N°854-juin 2011.

  Le site en référence avec l’exposition sur les oeuvres de Heartfield au musée de Strasbourg. http://www.musees-strasbourg.org/F/exposi/plus_dinfo_expos/HEARTFIELD/HEARTFIELD_INDEX.HTML

  • 7 clefs pour comprendre John Heartfield-L’oeil-n°580-mai 2006

           www.http://artclair.comL’OeilArchives « La facilité d’assimilation de la grande masse n’est que restreinte, son entendement petit, par contre son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points forts peu nombreux, et les faires valoir à coup… de formules stéréotypées…Par contre, on l’empoignera plus facilement dans le domaine des sentiments… » Définition de la propagande MEIN KAMPF HITLER

XI)OUVERTURE
Comparaison et rapprochement  avec Le DICTATEUR de Chaplin ou le théâtre de BRECHT: »La Résistible Ascension d’Arturo Ui » La figure d’Hitler  grotesque est développée aussi chez Chaplin tout comme Brecht,ou l’homme politique est ridiculisé,Hinckel chez l’un,Arturo UI en 1941 chez l’autre.(recourt aux sobriquets) ex:le vieux Hindenburg devient » Hindsborough », Goebbels devient « Gobbola », Göring, « Gori » .le Chancelier Dollfuss sera appelé « Dollfoot », Röhm, le chef des SA, devient Roma. - »farce historique »,pièce burlesque ». -ascension d’Hitler au pouvoir. -déprécier le personnage. -dénoncer sa clic nazi  comme bandit/ voleurs,gangster/marionnette.(pouvoir les identifier) (hitler devient Al CAPON)/Passage par la transposition. (trust de choux-fleur à Chicago) -Démasquer -démonter les rouages du nazisme Texte du dernier discours:

Charlie Chaplin : discours final du film « Le Dictateur » (1938)

Schulz :- Parle, c’est notre seul espoir. Le barbier :- Espoir… Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire.  Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne.  Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juif, chrétien, païen, blanc et noir.  Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits.  Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur.  Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne.  Chacun de nous à sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié. L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité. Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdue. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes. En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents. Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité.  Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr.  Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail. Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur. Vous n’êtes pas des machines ! Vous n’êtes pas des esclaves ! Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour. Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté. Il est écrit dans l’Évangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir : le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir : le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure. Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir.  Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité. Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient.  Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple. Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous ! »   =============================================================================   Comparaison entre les deux scènes du film. Le discours d’Hynkel/le discours final de Chaplin.  QUELQUES COMPARAISONS ENTRE LES DEUX DISCOURS  LE DISCOURS FINAL (8′)

  1. C’est Charles Chaplin, le cinéaste qui parle  
  2. Chaplin est posé, il ne fait pas de gestes.
  3. Langage mesuré, raisonnable,pacifiste.
  4. -le langage est, compréhensible, didactique,Clair.
  5. Il  adresse un message engagé.-Discours très sérieux.
  6. Le discours doit éveiller les consciences.
  7. s’adresse aux soldats et à l’humanité toute entier
  8. Apologie /plaidoyer pour la Liberté, La démocratie, La  paix,La tolérance 
  9.  Transmissions du message par l’émotion pour sensibiliser   l’homme, lui  faire prendre conscience de sa part d’humanité.
  10. Peu de mouvement, d’action.
  11.   Filmé en plan fixe/Cadrage plan rapproché sur le personnage gros plan  pour se focaliser sur le personnage, ses émotions.
  12.  En position frontal avec le spectateur/intimité, il est proche du spectateur  pour donner de la force.
  13. Angle de vue horizontal (égalité avec l’auditoire) qui est le spectateur.

—————————————————————————————————————————————–                             LE DISCOURS DHYNKEL                                            

  1. C’est le dictateur qui parle.Parodie du discours de propagande
  2. -Hynkel est rageur/folie/brutalité
  3. -Violence des mots/langage de haine
  4. -Langage incompréhensible avec traducteur
  5. -Intonation de voix forte (proche du cri)
  6. -Dénoncer un discours de propagande
  7. -Le discours est sensé manipuler les masses
  8. Humours/gags
  9. -s’adresse aux peuples de Tomania, aux enfants de la croix qu’il doit embrigader.
  10. -la nature discours est différente:Critique du discours fasciste (parodie)
  11. Absence de liberté d’expression/  absence de démocratie/Expansionnisme guerrier/Antisémitisme
  12. Inhumanité/manipuler les foules par l’émotion,pour inciter à la haine .
  13. La propagande passe par le sentiment plus que par la réflexion.
  14. Beaucoup de mouvements d’agitation
  15. Les Plans sont propres aux discours politique/séparation de la masse par la barrière/sur une estrade en hauteur
  16. Léger angle en contre plongé. (Supériorité face à l’auditoire).

    « Charlot s’adresse d’abord d’égal à égal à son public - “Je regrette, mais je ne veux pas être empereur. Ce n’est pas mon métier. Je ne veux pas gouverner ni conquérir qui que ce soit”. Il parle ensuite de la radio qui lui permet de s’adresser à des millions de gens à travers le monde, invention dont “la nature même est un appel à la bonté de l’homme, un appel à la fraternité universelle, à l’unité de tous”. Voilà des mots qui pourraient aussi définir la nature du cinéma tel que Chaplin le conçoit. C’est donc un message de paix et d’espoir que Charlot va transmettre au moment où on lui donne la parole, à l’instant où la force des événements l’oblige à parler. »Emmanuel Dreux “Dans ce plan interminable et trop court à mon gré, je n’ai retenu que le timbre envoûtant d’une voix et la plus troublante des métamorphoses. Le masque lunaire de Charlot peu à peu disparaissait, corrodé par les nuances de la panchromatique et trahi par la proximité de la caméra que multipliait encore le télescope du “grand écran”. En dessous, comme en surimpression, apparaissait le visage d’un homme déjà vieilli, creusé de quelques rides amères, les cheveux traversés de mèches blanches : le visage de Charles Spencer Chaplin. Cette espèce de psychanalyse photographique de Charlot reste certainement l’un des hauts moments du cinéma universel ANDRE BAZIN théoricien du cinéma  

 

ALEXANDER ZHITOMIRSKY, Russian, 1907-1993,The New Napoleons — Truman and Churchill

1950,Photomontage (original photo),19 x 13½

 

 

 

e aux Cheveux Rouges      Max Beckmann Self-portrait in the Hotel 1932 Marlborough Fine Art, London      Hannes Beckmann, Udavai (Hitler and Butterfly)

TITRE: Udavai (Hitler and Butterfly)
ARTISTE: Hannes Beckmann (German, b.1909)
ANNéE DE RéALISATION: 1945

                 

 

 

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juin 19

Otto Dix ,peinture. « Les joueurs de skat ou invalides de guerre jouant aux cartes »Otto Dix,1920

 la douleur de la guerre  est-elle « innommable,irreprésentable,  chiffrable? ».

Militaires + civils= 10 millions de morts.

Allemagne=2.4 millions (1300 soldats tués par jour.)

France =1,375 millions (900 soldats tués par jour.)

(……)

« Aux mutilés de guerre, l’Allemagne de Weimar offrit des prothèses… » Catherine Wermester.

« Ce serait effroyable si toutes ses destructions et ses souffrances ne donnaient pas naissance à une ère nouvelle, si n’en résultait aucune forme de vie nouvelle.«  Le comte Harry Kessler. (Cité par C.Wermester.)

« Ce tableau, c’est vraiment un choc, c’est horrible, c’est d’ une telle violence, on ne peut pas l’imaginer. On a envie de détourner le regard. Cette peinture,  si on ne le découvre pas Hic et Nunc, on ne peut pas comprendre cette émotion, et son processus de construction entre  peinture et  de collages). Le peintre a collé de vraies cartes à jouer, mais aussi une sorte de toile de jute pour représenter le bras d’un des soldats. Le peintre utilise une peinture de couleur métallique sur certaines  parties du tableau comme les prothèses pour donner un surplus de réalisme. Par contre, la représentation sexuelle, je ne l’ai pas vue » Commentaire d’une amie professeur retraçant sa découverte face au tableau à Berlin.
Cette expérience doit nous rappeler la réelle nécessité pour les élèves, s’ils en ont la possibilité, d’être confronté à une véritable expérience esthétique , une  découverte de l’oeuvre dans l’immédiateté de sa présence. Les multiples reproductions, dans les livres, ne peuvent  que galvauder, aseptiser, cette violence de l’image. On a comme l’expliquait bien Walter Benjamin en 1935 une déperdition de l’aura.  Il faut donc qu’ils puissent y avoir cette « perception quasi tactile », d’autant plus dans une société où la production, la consommation d’images violentes à échelle industrielle et numérisée se virtualise ou tout événement médiatisé se dématérialise à travers une  traduction de plus en plus  sous les filtres des médias .A.Warhol le montrera bien à travers ses travaux sur ces toiles  » Cars craches » de la  sa série des Disasters ou la répétition d’une même image en neutralise la signification et l’expression. C’est intéressant de faire  noter aux élèves que cette « tactilité » de l’oeuvre d’art, est constitutive de  l’expérience cette esthétique du choc dadaïste tout autant que le retour au matériau à la même époque dans le constructivisme ou les collages cubistes. L’artiste veut nous faire toucher du doigt  cette peinture qui vient verts nous , comme une effraction dans l’espace réel .
Cf. »L’oeuvre d’art à l’époque de sa productivité technique »Walter Benjamin, 1935/1939

« la violence de la grande guerre a marqué la population, au point d’imprimer longtemps la vie publique ».

Carte d’identité du tableau:

  • Titre: »les joueurs de Skat » =(Die skatspieler ou kartenspielend kriegskrüpell)
  • peintre: Otto Dix
  • Date:1920
  • Technique:technique mixte
  • Support:huile sur toile.
  • lieu de conservation/d’exposition: Neue nationalgalerie Berlin
  • Mouvement artistique: Expressionniste/Dadaïsme.
  • A quel mouvement artistique peut- on rattacher la peinture « les joueurs de SKAT »?

Les élèves m’annoncent une œuvre expressionniste, d’autres une peinture  proche du courant de la nouvelle objectivité, voire Dadaïste. (???) .Ils ne savent pas à quel mouvement rattacher cette peinture. Le peintre a été influencé au départ par le futurisme. et le cubisme, le rayonnisme. Ses premières peintures sur la guerre montrent une fascination, similaires aux artistes  italiens, pour le spectacle de la machine de guerre en action. Dans cette oeuvre de 1914 on retrouve les traits de l’influence cubo-futuriste  qui gagne tout l’Europe. Le spectateur rentre t’-il dans la peinture? Est-il placé au centre du carnage comme le souhaitait Bocchioni ? le peintre traduit ce déluge de feu avec autant d’admiration que de sidération. Avec ce paysage qui disparaît sous les obus et la mitraille, la description plastique est assez proche de celle d’ H. Barbusse. Certains dessins réalisés pendant la guerre et des gravures de 1924 montreront une expérience commune du front entre l’écrivain pacifiste et le peintre allemand. l’expérience des tranchée et des escouades dans ce no man’s land.

 

 

 

 

 

 

 

Canon ,de Otto dix, huile sur carton,1914. vision très futuriste.

http://www.clham.org/images06/TIII_10_35b.jpg

Natalia Gontcharova , Pastel et fusain sur papier teinté (28 x22 cm) Circa.

Dp-rayonnisme_original_large

Composition rayonniste, Michel Larionov, 1916/17 (Gouaches sur papier) 28.5 x 19 cm.

« Ces formes naissent de l’intersection des rayons lumineux émis par différents objets. »M.Larionov, La Queue d’âne, 1913

Rayonnisme Rouge de Mikhail Fiodorovich Larionov (1881-1964, Russia)

Rayonnisme rouge.

 

  • Comment sont les coloris?  Le peintre choisit des couleurs vives et des coloris acides: le rouge se marie au vert et jaune . le blanc lumineux des explosions se multiplie dans l’espace de la toile.
  • Comment sont les lignes?:  Nous avons une  dominante de lignes droites, angulaires et brisées.
  • Comment est l’espace ? : confus , disloqué, brisé, saturé.
  • La composition s’articule autour de cette pièce d’artillerie en action.( Les 4 soldats dont nous apercevons les visages, semblent minuscules et coincés dans cette énorme machine de guerre, sous la mitraille.

SEVE

SEVERINI, Synthèse plastique de l’idée « guerre » (1915)
Huile sur toile (60 x 50).

Dans un premier temps, son œuvre est expressionniste jusqu’en 1919, puis à partir du début des années 24, l’artiste recherche une  représentation plus réaliste. Il rejoint le mouvement de la nouvelle objectivité. Je pense que c’est une œuvre de transition  entre l’expressionnisme et la nouvelle objectivité, qui en sera l’antithèse idéologique radicale. Dans cette peinture la frontière entre les styles est poreuse. C ‘est une œuvre encore Expressionniste par l’utilisation de la déformation expressive  pour exprimer la douleur des personnages, Mais elle prend un caractère plus  caricatural, proche  des exagérations grotesques du Dadaïsme. Peint-il la cruauté de la vie en s’inspirant des graffiti des pissotières comme G. Grosz et Erwim Blumenfelf?

George Grosz, Strassenszene, 1919Lithograph,10.5 X 15.25 in.

George Grosz, Strassenszene, 1919 Lithographie,10.5 X 15.25 cm

George Grosz, Knotenstock, 1918,  Encre de chine sur papier, 35 x 27,8 cm, Paris, Centre Pompidou.

Représentation caricaturale de la rue berlinoise à l’heure du « brutalisme ». Cette même rue ou se promène les gueules cassées à Dresde.

Otto Dix, Café Couple (Paar im Café), 1921. Watercolor and pencil on paper, 20 x 16 1/8” (50.8 x 41 cm). Purchase. © 2012 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn

Otto dix ,couple dans un café, aquarelle, 50.8 x 41 cm. Purchase. © 2012 Artists Rights Society (ARS), New York / VG Bild-Kunst, Bonn. Association de la femme et de l’homme aux multiples cicatrices. la femme un ange consolateur?

Otto Dix, Fleischerladen, drypoint, 29,8 x 25,6 cm, 1920

Otto Dix, Fleischerladen, drypoint, 29,8 x 25,6 cm, 1920

Vision grostesque de la boucherie après cette vaste boucherie de la première guerre.

 

Du mouvement Die Brück , O.Dix, conserve l’attention que ces artistes apportaient à la souffrance humaine , une  vision désormais post apocalyptique du monde  .

L’expressionnisme

Mais nous ne retrouvons pas le pathos dont parlait Worringer. Peut on être dans l’empathie? partager la souffrance. Je pense que nous ne sommes pas devant une Madré Dolorosa, une piéta à la Guernica à la Picasso, devant lequel nous devrions  ressentir l’émotion. La caricature nous met à distance.

De  » Die brück » on retrouve cette influence de l’art primitif? le personnage centrale pourrait nous rappeler les œuvres de Heickel?

C’est une œuvre Dadaïste :

Dans « Rue de Prague », huile sur toile,1920,Stuttgart,galerie der Stadt.

On découvre, déjà, la présence des collages, des prothèses et du soldat mutilé. Exclu de la société , il est condamné à vivre au sol et à  la mendicité comme le vendeur d’allumette. Dans les vitrine de magasins, les prothèses deviennent un outils de luxe au même titre que des vêtements.

Autoportrait en soldat.

  •  trait caricatural
  • absence d’expression
  • air désabusé

KIR

Huile sur toile, 69,5 x 60,5 cm, Allen Memorial Art Museum, Oberlin, Etats-Unis.

Voici l’ interprétation qui est faites de l’oeuvre au Collège Wallon.
« L’artiste s’est peint mutilé à une époque où il est mobilisé. Cette mutilation est symbolique. Elle exprime avec force l’angoisse de la mort ou de la blessure que peut éprouver un homme qui va partir à la guerre. En même temps, elle manifeste le désarroi de l’artiste qui se trouvera dans l’incapacité matérielle et peut-être morale de continuer à exercer son art pendant qu’il est soldat. C’est pourquoi, paradoxalement, il se représente à la fois dans son atelier en train de peindre et dans l’incapacité de le faire, privé de main droite. (…) La blessure provoque un sentiment de répulsion et de dégoût. C’est une image sombre qui dément la propagande en faveur de la guerre exaltante, glorieuse et héroïque »
col58-wallon.ac-dijon.fr/IMG/pdf/HDA-Kirchner.pdf

Le peintre E.L. Kirchner (expressionniste) en 1915 se représente  la main,  qui peint, amputée. La question de l’amputation et de la blessure sera un thème de préoccupation de nombreux artistes . Certains  ne reviendront pas de la guerre:

  • Alain-Fournier (corps identifié en 1991).

Tandis que d’autres reviendront blessés:

  • Apollinaire blessé à la tempe en 1916 et décédé en 1918 (grippe espagnole),
  • Cendras amputé du bras droit
  • L.F. Céline…(70%)

 

chirico apollinaire Victor Brauner : le pictopoète des yeux et la subersion du regard

 

Le peintre Chirico réalise une peinture prémonitoire (sur la blessure du poète)

Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion.

Photo ci-dessus de Blaise Cendras en uniforme du régiment de marche de la Légion étrangère.

Il porte  à sa gauche comme l’un des joueurs de Skat des décorations (médaille militaire et croix de guerre avec palmes). Ce portrait  est réalisé le « Dimanche de Pâques  en 1916, seulement  quelques mois à peine, après son amputation du bras droit , son bras droit d’écrivain et de guerrier » advenu le 28 septembre 1915. »

Il devient correspondant de guerre.(Grand reporter).

Il écrit en 1946 un texte en prose: « la main coupée.

Un magnifique poème   »  Au coeur du monde  » il évoque  son sentiment ,à l’époque de son  amputation.

.

« Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion.

(…)

Pas un bruit. Pas un passant. C’est le lourd silence de guerre.
Mon œil va des pissotières à l’œil violet des réverbères.
C’est le seul espace éclairé où traîner mon inquiétude.

(…)

Je suis l’homme qui n’a plus de passé. —Seul mon moignon me fait mal. —
J’ai loué une chambre d’hôtel pour être bien seul avec moi-même. »

On pourrait peut être retrouver les mots de ces joueurs de skats, s’ils étaient poètes.

E.L Kirchner, Autoportrait en soldat (1915) Huile sur toile, (69 x 61).

File:Paris mutilé de guerre 14 juillet 1919.jpg

Côté français ,en 1919, certains mutilés de guerre vendant des bleuets le 14 juillet. ( cette fleur symbolise des soldats français.)Pour Clemenceau, le président ,:« ils ont tous les droits », pour la nation reconnaissante.

Une peinture Dadaïste?

Le peintre utilise, comme bons nombres d’artistes Dadaïstes berlinois, la technique du collage et du photomontage. Par exemple, il colle pour le vêtement bleu du soldat un ersatz. Au fond, derrière les personnages, plutôt qu’une représentation peinte de journaux, il colle  à l’instar d’un Picasso, ou d’un futuriste comme U.  Boccioni, trois morceaux de journaux,  des cartes à jouer. Une photo  de l’artiste est même collée sur la mâchoire métallique du soldat de droite. Otto devient créateur de prothèse. Dans un autre tableau des années 20, « la rue de Prague », le papier journal intervient comme un vecteur informatif mais aussi formel.

Le peintre dans les années 20, à l’instar d’un George Grosz, ou Rudolf  Schlichter, utilise un dessin caricatural, proche du portrait charge, pour évoquer le monde des anciens combattants, des militaires…en somme, on retrouve dans les multiples œuvres des années d’après guerre, cette satire de la société, cette vision critique, antimilitariste que certains Dadaïstes (comme Hulsenbeck développaient déjà quelques années au part  avant). On retrouve le langage nouveau, cette esthétique révolutionnaire et nihiliste.
Cette peinture est une œuvre antimilitariste comparable à   ce  mannequin d’un officier allemand à tête de porc, suspendue au plafond lors de l’exposition Dada . Cette dernière, après son exposition, fut à l’objet d’un procès. (Cf. reconstitution, ci-dessous).

 

John Heartfield and Rudolf Schlichter, Preussischer Erzengel (Prussian Archangel), 2004 (reconstruction of lost 1920 original)<br />
papier-mâché (pig’s head); wire mesh (body); palm grass, hemp,  and horse hair (filling); uniform cut from field gray material,  following original pattern; World War I field cap, boots, and shoulder lapels; woodcut (signs) height c. 180 cm (70 7/8 in.) Neue Galerie New York » src= »http://25.media.tumblr.com/tumblr_me0qkoeY4D1r9j6pro1_500.jpg » /></p>
<p>(John Heartfield and Rudolf Schlichter<em>, Preussischer Erzengel </em>( Archange prussien),  de 2004 (reconstitition de l’oeuvre originale perdue en 1920 .</p>
<p>Matéraiux: papier-mâché pour la tête de cochon ; wire mesh (body); palm grass, hemp,<br />
and horse hair (filling); uniform cut from field gray material,<br />
following original pattern; World War I field cap, boots, and shoulder lapels; woodcut (signs)<br />
Dimension: 180 cm<br />
Neue Galerie  de New York</p>
<p>Les autorités y voyaient une évocation déshonorante du ministre de la défense de la République de Weimar (CF. Le cliché photographique de l’expo salle 1). Comment ne pas confronter cet archange obscène et les combattants, les sans grades. À la même période, Otto Dix critiquera d’une façon mordante le caractère concupiscent et corrompu d’une certaine armée, en rapprochant dans l’espace d’un café bordel bruxellois, l’officier gradé (un général de la Reichswehret) et la prostituée. Ce tableau  » souvenirs de la galerie des glaces à Bruxelles  » est visible au centre Georges Pompidou à Paris. Otto Dix profite du jeu des miroirs pour dans une parodie quelque peu cubiste, nous montrer les ébats du couple.</p>
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Composition avec des jeux de miroirs.

À cette époque (le 5 juin 1920) invité par G. Grosz, et  J.Heartfield, il participe à la première foire internationale Dada à Berlin (- Erste International dada-messe) dans la galerie du Dr. Otto Burchard. O.DIX y expose une œuvre picturale « mutilés de guerre », un défilé de soldats allemands dans une rue, dont le physique, le caractère grotesque est assez proche des joueurs de skat. On peut faire des rapprochements entre les personnages des deux tableaux.

 

 

 

Peut-on voir dans l’acceptation de Dix à cette invitation à confronter son œuvre à ceux des Dadaïste:  slogans, photomontages. une reconnaissance et  une filiation avec la démarche de ces confrères Berlinois?
O. DIX s’engage. Que peut représenter ce petit sexe d’ange, dont est affublée cette gueule- cassée à droite dans le tableau? Une grivoiserie à la Duchamp ? (L.O.O.Q) ,une provocation? Dans la représentation de ce couple militaire/prostituée. Dix se servait du stratagème visuel- (un jeu de miroirs)- pour exhiber, d’une façon un peu crue, le sexe féminin. L’artiste ne fait-il pas dialoguer, en contraste, ce détail au départ peu visible, obscène, avec la décoration ostentatoire d’une croix de guerre que l’on montre fièrement? Quand est-il de cette virilité glorieuse du soldat allemand, dans une Allemagne de la défaite? .Ici, une certaine vision du guerrier, l’icône  héroïque, d’un corps glorieux, qu’il désamorce, qu’il raille( ne mènera-t-elle pas au désastre?). Ce détail impudique, évoque-t-il la façon dont la nouvelle propagande de l’État allemand, certaines associations d’anciens combattants, exhibent sans pudeur, les blessures, les stigmates de cette guerre passée, comme autant de manques héroïques, comme autant de médailles .Comme disait Berthold Brecht dans sa pièce « la vie de Galilée »: « Malheur aux peuples qui ont besoin de héros « . Chez Otto dix, cette exposition de la plaie guerrière devient le lieu d’un théâtre grotesque.

Ce soldat mis à nu a-t-il encore sa dignité? Qu’elle peut être leur place dans cette société, Que nous laisse apparaître la tête scalpée du soldat de la partie centrale? ses propres désirs? ses fantasmes…ses obsessions, un espace d’intimité désormais à la vue de tous?

l’estropié ou la gueule- cassée est associée  à la prostituée dans certaines oeuvres d’ Otto Dix.

[ Otto Dix - Prostituée et mutilé de guerre ]

Le soldat de retour du front à Bruxelles, retrouve cette ange déchu pour satisfaire sa misère sexuelle.

 

Prostituée et mutilé de guerre.

En 1924, à  travers ses gravures , il évoque les atrocités de la guerre.

 

 

  • III)Contexte historique: Nous sommes  en Allemagne, en 1920. C’est la période du Bilan de la Première Guerre mondiale. Après l’échec de la révolution spartakiste commence le début de la république de Weimar (Ier république) . Les artistes communistes du Kpd constatent l’échec des révolutions et la croyance en une Allemagne nouvelle s’éloigne. En 1918, l’Allemagne défaite est obligée de payer de lourdes  réparations avec le traité de Versailles en 1919-  (elle n’a  Plus d’armée et cède une  partie de ses territoires). La scène peinte se situe à Dresde (cf. les journaux). le peintre y vit. A-il observé cette scène de bar ou l’a-t’-il imaginé?

IV description iconographique

Les joueurs de carte, 1920, Otto dix, gravure N°4 sur 11.

On peut remarquer l’inversion de gauche à droite dans la disposition des figures.

IV )DESCRIPTION ICONOGRAPHIQUE

« Ce qui est représenté au premier niveau, ce sont « des gueules cassées » et des corps amputés complètement appareillés. Il n’y a presque plus que des prothèses: auditives, jambes de bois, minerve à vis, nez remplacé, machoires mécaniques, bras articulés avec des poulies, oeil de verre, peau du crâne recousue. Corps raccourcis, corps réarticulés, corps fait de pièces réagencées. ce sont des corps artificiels aussi fabriqués que la table et les chaises puisque leur jambe de bois se confondent et sont identiques aux pied de la table et des chaises. » Henri jacques Stiker,  Alain Blanc,Le handicap en images

  • Au centre du tableau,  trois soldats sont en train de jouer aux cartes pour se divertir. Deux personnages sont de profil et se font face, tandis qu’un autre est  face au spectateur. Ils sont autour d’une table guéridon, assis sur des chaises cannées.
  • -Le personnage de gauche a une jambe de bois, il joue avec son pied droit, celui-ci faisant vacance du bras absent. Il a une prothèse à la place de la main gauche pour tenir les trois cartes. Un tuyau relie l’organe auditif à la table pour qu’il puisse entendre la scène. Une partie du visage est très abîmée.
  • -Le personnage de droite porte un uniforme avec une croix de guerre de 2e Classe . (la croix de fer= »Eisernes Kreuz »). (décoration allemande crée en 1913 par Frédéric -Guillaume III de Prusse pour récompenser la bravoure  guerrière sous Napoléon). Rétablit en 1914 par Guillaume II elle était donnée après des actes méritoires aux militaires ou civils. (+ de 5 millions l’on obtenus  pour la 2e  classe et 218 000 pour la 1er  classe ,ce qui atténue son prestige. (Informat. Wikipédia).File:EK II 1914.jpg
  • 1ère  Classe= épinglée                      2ème classe avec ruban.
  • Personnage de droite. Pour remplacer la partie basse du visage qui a disparu, il porte une mâchoire en fer.
  • Une prothèse métallique crée par l’artiste lui même. (elle porte sa marque et sa photo). Un cache-nez en cuir permet de cacher sa vacuité. Il porte un uniforme militaire  bleu, c’est un héros de guerre (mais nulle information sur son unité est apparente. L’artiste laisse apparaître un petit sexe grivois qui remet en cause sa virilité héroïque. son vêtement est fait en collage. Il joue aux cartes comme une machine .Il lui manque un bras , l’une des deux est remplacé par une prothèse en bois  articulée par une poulie.
  • -le personnage central :  a été scalpé, blessé sur la partie gauche il laisse apparaître une grande cicatrice. Le cerveau à vif laisse entrevoir dans sa partie une scène dansante ou érotique?. Sans jambe  il a des moignons à la place des jambes .Sans bras , il  n’est plus qu’un homme tronc. Seule  sa bouche lui permet de jouer aux cartes. Comme un écorché, il n’a presque plus de peau sur certaines parties su visage, son cou laissé entrevoir les os, des veines… Il a perdu son oreille gauche et semble fixer le monde avec son œil de verre. Il est devenu être hybride mi-mécanique, mi humain.
Toutes ces prothèse semblent bien sommaires? Où sont ces morceaux de prothèses réalistes que l’on découvrait en vitrine?
La prothèse permet t’elle ici de faire disparaître la blessure? N’ont-ils pas accès à la véritable réparation du corps?
  • Description du lieu: l’espace est clos, sombre. Il y a un porte manteau, un rideau, et une lampe . Des articles de journaux  de DRESDE sont suspendus.

V. Analyse plastique

  • LA LUMIERE : O. Dix crée  un contraste lumineux entre le fond sombre et la  lumière frontale au premier plan, qui se focalise sur les personnages. Il y a deux sources  lumineuses . Qu’est-ce qui est mis en lumière ? La chair, les blessures? Pourquoi ce jeu de lumière? L’artiste veut mettre en pleine lumière ce qu’on ne veut pas voir . Comme muni d’un projecteur il éclaire l’horreur, depuis l’extérieur du tableau. l’espace devient  une scène de théâtre avec son rideau. Les gueules cassés sont-ils des acteurs de leur propre rôle,  celui d’une théâtrologie dramatique? Cette lumière crue exhibe  avec outrance les plaies béantes des soldats, comme si l’on devait faire l’étude clinique de blessures. Nous somme entre Exhibitions cliniques et spectacle  d’un petit théâtre des horreurs ? (Le film de Frankenstein apparaît dans les années 30, des barnum des cirques n’exposaient t’il pas les monstruosités) .Et la lumière de ce lampadaire du fond? Elle n’éclaire pas réellement la scène. Avec sa tête de mort en fausse image subliminale, elle prend des airs fantomatiques. Lumière symbolique, elle rayonne sur la scène comme une incandescence macabre… Les soldats sont enfermés dans un espace. Nulle terrasse ou lumière naturelle. Leur vie est prend une forme funeste.
  • LA COULEURS: la palette est relativement restreinte: Le Marron pour le décor, le vert et le bleu des vêtements de l’uniformes…le rose vif des chairs. La dominante terreuse du décor rappelle celle des tranchées .Ne sont- il pas encore sur le terrain? Une analogie qui nous laisse à penser que l’espace  mental , mémoriel, et la temporalité sont confus. le présent c’est encore le passé. Les soldats sont  dans cette mémoire traumatique qui vous fait revivre les choses avec la même acuité. Comme Dix a pu le vivre, pendant des années, les anciens soldats doivent apprendre à vivre avec. l’artiste possède la peinture pour exorciser, mais qu’en est-il pour ces anciens combattants? (flash-back, illusions sensorielles, cauchemars, tout n’est que réminiscence intrusive pour ces combattants. c’est, peut être, ce que tente de traduire le peintre. Ce trouble de la mémoire psycho émotionnelle est comparable à un nouveau champ de bataille.
  • LA REPRESENTATION DE L’ESPACE . Nous sommes face à un espace clos, fermé. Les personnages occupent tout l’espace .Sombre ,étroit, il nous rappelle les boyaux dont parle Henri Barbusse , celui des tranchées. (Sommes – nous en 1920 ou encore pendant la guerre?).La mémoire, des moments terribles, hante les anciens soldats. Ils sont marqués dans leur corps par les tourments de l’histoire dont ils ont été les acteurs, les victimes. la guerre est-elle finie pour eux, où sont- il en attente d’une prochaine attaque du front?. Les personnages sont coincés dans cet espace peu  profond, proche des images de carte à jouer, des cartes d’état major. -Planéité de la peinture- que découvriront avant 1914 dans  les peintures cubistes, planéité d’un E. Manet qui faisait dire à certains critiques  que   »l’ Olympia », qu’ elle n’était qu’un vulgaire panneau publicitaire.  Avec cet espace rabattu, nous sommes dans ce type d’image. L’absence de perspective, l’espace non illusionniste est renforcée par l’utilisation des collages, qui ramènent tout au plan. L’espace  est à l’image de ses locataires . Enfermée dans leur douleur,ils ne dévoilent qu’un jeu de surfaces brisées. Nulle émotion intérieure semble visible, la souffrance s’étale en surface. Les formes s’organisent dans une composition centripète, fermée: signe redondant  de la solitude, de l’incommunicabilité avec l’extérieur. Communiquent-ils réellement entre eux? Communiquent-ils réellement avec le spectateur? Le personnage de gauche n’a plus d’œil pour nous regarder, celui du centre tente de nous fixer avec son œil de verre.  Il y a déficience des sens ,tout autant physique que psychologique.Quelle est la place instituée pour nous spectateur? l’empathie est elle possible?. Nous sommes face à un espace à l’image des gueules cassées, construit à partir de ces prothèses plastiques que sont les collages  .la composition des trois  personnages, comme une mise en abyme, reprend celle des trois cartes du jeu de skat, les trois morceaux de journaux…(Cf:Schémas au dessus). Ces trois soldats sont  comme trois figures d’un jeu de cartes que l’on tient dans une main….Sommes-nous spectateur, figurant  ou acteur?  joueur?  Future gueule cassée  et chaire à canon?…

George Grosz, John Heartfield, Corrected Picasso, The Happy Life (dedicated to Dr Karl Einstein), 1920, reproduction of lost photomontage appearing in the Dada Fair exhibition catalogue, New York, Elaine Lustig Cohen collection.

 

George Grosz, John Heartfield, Corrected Picasso, The Happy Life (dedicated to Dr Karl Einstein), 1920, reproduction of lost photomontage appearing in the Dada Fair exhibition catalogue, New York, Elaine Lustig Cohen collection.

D’autres dadaïstes berlinois en 1920 questionnent de façon humoristique l’héritage cubiste de Picasso des papiers collés , à travers cette oeuvre photomontage , un Picasso recorrigé par les nouvelles découvertes constructivistes (diagonale) et Dada.Un nouveau portrait dada se surajoute au portrait cubiste, avec la nouvelle esthétique de la photographie collée.

 

VI ANALYSE et INTERPRETATION DE L’OEUVRE:

  • Qu’est ce que le skat? C’est un jeu de 32 cartes d’origine allemande, inventé au XIXe siècle, se jouant à trois. c’est un jeu d’enchères. Le mot Skat signifie « écarter ». C’est un jeu dit de « l’écarté ».

 

  • Le mutilé est -il un héros? une figure à réadapter ou un exclu?

 » … Alors  même que les mythes et légendes germaniques encore très vivaces accordent une place particulièrement importante aux dieux et champions mutilés, les soldats ainsi rendus à la vie civile y sont traités moins comme des héros que comme un problème qu’il va falloir régler à grand renfort de prothèses fonctionnelles. »  explique Catherine Wermester. Elle démontre que le terme a une connotation négative dans la société. »KRIEGSKRÜPPELS est « estropié, avorton,infirme, invalide, impotent et parfois être rabougri » l’utilisation de la terminologie  est discutée, car péjorative. « dans tous les textes « consacrée au problèmes des mutilés de guerre…le kriegsküppel est décrit comme un être sans volonté, vivant de la mendicité ou de ces rentes à la charge de la société, incapable de tenir son rôle de père et d’époux, voir sombrer dans la folie, tout à la fois infirme,improductif, impotent etc. Il concentre implicitement toutes les formes négatives comme autant de sources possibles de relégation ». s’y oppose l’homme actif. « c’est au mutilé de sortir de la position d’exclu dans laquelle, il s’est, dit-on, installé lui même. »

  • Le peintre dénonce, l’absurdité de la guerre, la brutalité des combats, de ce nouveau type de guerre moderne (utilisation massive de l’artillerie/obus, bombardements,), symbolisés, incarnés dans leur chair par ces soldats. Il ne montre pas les combats, mais les conséquences sur les corps .Il remet en cause, démythifie, démystifie le mythe guerrier nationaliste
  • DIX critiques la récupération du drame et des souffrances militaires par l’État et les associations d’anciens combattants, qui décident à l’après-guerre de montrer les blessures des gueules cassées dans un but de propagande (politique).
  • Qui sont-ils dans cette peinture? Des victimes, des témoins, des pantins, les pions d’une manipulation, d’un jeu dont ils n’auront jamais les cartes. Ce sont les figures dupées d’un jeu de guerre. Qui est le tricheur?
  • Mais ils sont, aussi, les figures consentantes des nouvelles manipulations, des récupérations de l’État. On retrouve en eux les figures des 3 singes. « Je n’ai rien vu, rien entendu, rien dit ».
  • DIX donne une représentation caricaturale. Il passe par la forme du grotesque, pour montrer le caractère ridicule et dangereux de ce nationalisme de cet héroïsme d’après-guerre. Il ridiculise les ports de la croix de fer en, les récompenses en la jouxtant avec un zizi grivois. Ces trois soldats sont posés sur cette scène, ces chaises comme des trophées. Ces soldats cultivent la rancœur, mais retiennent il encore les leçons de la guerre?
  • Il interroge la place des anciens combattants dans la société (triptyque « la ville »), mais aussi des mutilés présent dans ces toiles comme des exclu monstrueux, sur le même lieu que les prostituées.
  • Qui sont-ils? Les compagnons d’infortune des prostituées? Des monstres incompris par leurs contemporains? Des exclus condamnés à se côtoyer qu’entre eux. Des inadaptés sociaux? Dix dénonce leur difficulté d’insertion dans cette société qui doit travailler avec le mémoire (en France on publie des cartes postales).
  • Face a une politique de disparition de la mutilation, du morcellement, une société avide de réconcilier l’homme et l’industrie (Bauhaus). le corps mutilé apparaît ou disparaît. Pour certains artistes Dadaïste , il est une source de réflexion la machine sera « tournée en dérision ». Une figure que l’artiste met en avant. (Catherine Wermester souligne qu’ « ainsi en 1919, l’expressionnisme toujours en quête de renouveau et d’une réconciliation n’ y aura plus recours. Au Bauhaus la même et, à partir de 1923, l’affirmation du principe d’une collaboration avec l’industrie excluront de fait l’iconographie du corps mutilé. »
  • Elle montre comment on peut assimiler la guerre moderne (industrialisée) au travail à la chaîne.« De la guerre industrielle à l’armée des ouvriers d’usines le sentiment qui domine est celui d’un corps humain investi par la discipline et ravalé au rôle d’instrument. » entre le soldat instrumentalisé et l’ouvrier il y a un même combat.
  • La guerre a posé sur la technique et la machine une certaine suspicion tout autant que la fascination. certains artistes n’utilisent ‘ils pas la technique machiniste du montage? Pour C.Wersmester , pour certains artistes communistes, « le modèle machiniste cristallise … l’aspiration à une expression collective, » antibourgeoise.
« …Une fois la paix revenue, les figures de mutilés surgissent dans les arts comme les images intuitives du désarroi et du sentiment d’impuissance qui submergent  des générations perdues ».Initialement liées à l’expérience traumatisante de la grande guerre, elles ne vont plus cesser d’assumer une fonction critique dans l’art de l’Allemagne pacifiée de la république de Weimar.(…) Figures de crise qui parlent d’un monde disloqué, figure de deuil qui racontent l’histoire d’une perte irrémédiable, les images de victimes de la guerre industrielles crée durant près de Quinze années seront le fait d’artistes qui ne voudrons ou ne pourrons de « recoller les morceaux »explique Catherine Wermester
« Ainsi nous réussirons à réparer autant qu’il est humainement possible les lourds dommages causés par la guerre; tous les cercles de la population devront contribuer activement à ce que les innombrables mutilés de guerre (KriegsKrüppel) se fondent dans la masse de la population comme si rien ne s’était passé, et entourés de leurs frères, redeviennent des membres à part entière de notre peuple, et de son destin. » Konrad Biesalski, cité
 
par Catherine Wermester. « Des mutilés et des machines. images de corps mutilés et rationalisation industrielle sous la république de Weimar. (allez lire l’article.)
George Grosz, John Heartfield, Der wildgewordene Spiesser Heartfield. Elektro-mecanische Tatlin-Plastik (Le Petit Bourgeois Heartfield devenu fou. Sculpture Tatline électro-mécanique), 1920/1988, reconstitution par Michael Sellmann, Berlin, 1988. Original exposé à la Dada-Messe, Berlin, 1920.<br />
Assemblage. Mannequin : 130 cm en hauteur. Socle : 90 x 45 x 45 cm. Berlinische Galerie, Landesmuseum für Moderne kunst, Fotografie und Architektur, Berlin. » src= »http://24.media.tumblr.com/tumblr_ly3xirN3kQ1r9j6pro1_500.jpg » /></div>
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<div>Comme Raoul Hausmann avec sa tête mécanique, les dadaïste dans une société de combattant à prothèses, et de mécanisation, pensons au mythe du robot chez « Métropolis », de Fritz Lang, recrée l’être hybride humanoïde.(dans la peinture le mannequin est très présent.) l’artiste devient, ici, un personnages aux multiples prothèses sarcastiques, et satiriques.</div>
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<p>George Grosz et John Heartfield<em>, « Der wildgewordene Spiesser Heartfield</em>. »<em> Elektro-mecanische Tatlin-Plastik (Le Petit Bourgeois Heartfield devenu fou. Sculpture Tatline électro-mécanique</em>), 1920/1988, reconstitution par Michael Sellmann, Berlin, 1988. Original exposé à la Dada-Messe, Berlin, 1920.</p>
<p>Assemblage. Mannequin : 130 cm en hauteur. Socle : 90 x 45 x 45 cm.</p>
<p>Berlinische Galerie, Landesmuseum für Moderne kunst, Fotografie und Architektur, Berlin</p>
</div>
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<div><strong>VII Conséquence de L’engagement?</strong></div>
<ul>
<li>En 33 avec L’avènement d’Hitler ses œuvres sont qualifiés de « crime contre le régime », d’art dégénéré.</li>
<li>Des œuvres détruites (Autodafé)</li>
<li>L’artiste est arrêté par la Gestapo.</li>
<li>Il perd son travail d’enseignant à l’académie des beaux-arts de Dresde.</li>
<li>Il doit s’exiler sur le lac de constance pour peindre une peinture « apolitique », officielle des chalets, sapins et vaches.</li>
</ul>
<div><strong><br />
</strong></div>
<ul>
<li><strong>VIII Contexte historique,</strong><strong>Contexte de l’oeuvre.</strong>.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Une époque traumatique. l’après guerre:des traumatisme à long terme.</strong></li>
</ul>
<div><em>« <strong>Les traumatismes à long terme sont les blessures à soigner, l’incapacité à reprendre un travail, les bruits et visions d’horreur toujours présent dans la mémoire des combattants.Ce n’est pas un hasard si les années 20 constituent un moment privilégié de la psychiatrie aussi bien que de la chirurgie réparatrice en Europe.</strong></em> » François cochet, Première guerre mondiale, principes de culture générale.</div>
<div>Freud parlera à l’époque du concept de « Psycho maniaco-dépression.</div>
<div></div>
<div>        <strong> Y a t’-il un développement des associations d’anciens combattants?</strong></div>
<ul>
<li>les ligues d’anciens soldats se développent dès le milieu du XIXe siècles, en Allemagne, mais c’est en 1870 , avec la guerre franco-prussienne,que se multiplient ces associations qui se poursuivra après 14.</li>
</ul>
<div>
<ul>
<li>Otto Dix doit lutter contre une pédagogie de la guerre comme civilisatrice. (propagande de la guerre en 1914.)</li>
<li><strong>Comment est la société d’après guerre? Est-elle relativement pacifiste?</strong></li>
</ul>
<div>Le peintre veut conjurer la violence en montrant le résultat de celle-ci dans une société  de plus en plus brutale. Otto Dix veut éveiller les consciences. Après 1918:  on assiste à la « brutalisation » de la société allemande  (la théorie de l’historien George Mosse  parle de l’impossible reconversion des anciens combattants à cause de comportements façonnés par « les conditions de guerre et l’éducation à des pratiques criminelles ». Quel peut être l’exutoire pour cette agressivité?<em><strong>« La poursuite, dans la paix,des attitudes agressives de la guerre entraîna une « brutalisation » de la vie politique et accentua l’indifférence à l’égard de la vie humaine »(…)</strong></em><em><strong>le régime de Weimar n’arrive pas à encadrer la violence et débouche sur un système de guerre civile larvée. » (…)</strong></em><em><strong>« La paix de 1918 ne signe pas la fin, du culte de la guerre, tant s’en faut. Les arts et les décisions des autorités placent la mémoire du conflit au centre d’un dispositif  intellectuel et symbolique qui fait de la mort guerrière le modèle d’accomplissement de l’être humain (…) la société allemande se pense comme guerrière. »</strong></em><strong> dans ; Livre noir du communisme, compte rendu de lecture du livre de Mosse George, de la guerre au totalitarisme. la « brutalisation » des sociétés européennes, par Sylvain Boulouque.</strong></div>
</div>
<ul>
<li><em><strong>« La majorité des Anciens combattants, selon Robert Franck dans l’introduction de l’ouvrage « le XXe siècle des guerres » chapitre IV, »Après guerre et culture de paix », adhère à l’association liée au parti-démocrate dont le discours est fondamentalement pacifiste ».</strong></em></li>
<li><em><strong><br />
</strong></em></li>
<li>Otto Dix agit pendant ce temps de paix qui est un danger, car souvent s’y cultive à nouveau « une culture de guerre.</li>
<li></li>
<li><strong>L’article 148 de la constitution de la république de Weimar imposera une politique de réconciliation, qui subira la contestation de nombreux politique conservateur. Le traité de Versailles et le caractère irréaliste pour les allemand du paiement des réparations de guerre suscite l’animosité.</strong> (En 1923, le gouvernement  restreint son remboursement exclusivement dans son paiement en nature.</li>
</ul>
<div></div>
<ul>
<li>1919 traité de Versailles</li>
<li>1920 Echec de la Révolution spartakiste</li>
<li>1923 difficulté de conserver un discours pacifiste dans la société allemande.</li>
<li>1923-24: Invasion de la Rhür ( cultive le sentiment antifrançais dans l’opinion.). elle donne une mauvaise image de la France qui au vue de l’opinion internationale semble belliciste.</li>
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<div><strong>Pourquoi représente-on des mutilés?</strong></div>
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<li><em><strong>« …Une fois la paix revenue, les figures de mutilés surgissent dans les arts comme les images intuitives du désarroi et du sentiment </strong><strong>d’impuissance qui submergent  des générations perdues ».Initialement liées à l’expérience traumatisante de la grande guerre, elles ne vont plus cesser d’assumer une fonction critique dans l’art de l’Allemagne pacifiée de la république de Weimar.(…) Figures de crise qui parlent d’un monde disloquées.</strong></em>explique Catherine Wermester.</li>
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<p><strong>IX ouvertures</strong></p>
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<li>Le film L’aube de 1933, qui cultive l’esprit de sacrifice héroïque à partir de deux soldats qui sauvent un camarade pendant une attaque aérienne durant la première guerre.</li>
<li>La chambre des officiers (le livre de Marc Dugain ou le film inspiré du roman réalisé en 2001 par François Dupeyron.</li>
</ul>
<p>Notions de huis clos (protecteur?) où les gueules cassées sont confrontées au regret de ne pas être mort. (Volonté de suicide). Comment vivre? Et l’amour doit-on y renoncer.</p>
<ul>
<li>Délégation des gueules cassés à Versailles en 1919. (Reçus par Clemenceau): « les gueules cassées ont tous les droits », affirme le président.</li>
<li>L’ouvrage « Krieg dem Krieg », la guerre contre la guerre du pacifiste Ernest  Fiedrich. A l’intar d’un Henri Barbusse, il veut combattre et guérir l’humanité de « la peste de la guerre ». Il conçoit à Berlin en 1926 un musée de l’histoire de la guerre, pour enseignée à un peuple aveugle et sourd les méfaits de la guerre. Il agit  face aux manque d’investissement des municipalité et du gouvernement pour cette cause. cette tâche lui vaudra la censure, des amendes. en 1933 avec l’avènement du national socialisme son musée sera saccagé par les SS et transformé en caserne pour les S.A.</li>
<li>« j’ai toujours partagé l’opinion de mon camarade et frère idéal français Barbusse: « les hommes sont des machines à oublier! », étant la triste réalité selon laquelle les autorités municipales et nationales ont complètement renoncées à ce terrain. je mes suis permis de réaliser à Berlin un musée international de la guerre. je veux mettre ainsi sous les yeux de ces « machines à oublier la folie la plus complète et le plus grand des crimes: l’homicide de masses organisée (la guerre), dans sa pleine objectivité et froideur, afin qu’ils en conservent le souvenir et que cela réveille leur vision.En vérité la plupart des hommes ont beau avoir des yeux, ils sont incapables de voir, ils ont des conduits auditifs pour la radio, mais ils n’ont pas d’oreilles, ils ont un corps mais pas d’âme. » Fiedrich 1926.</li>
<li>Finalement le peuple allemand est comme ces gueules cassé, mutilé par les sens de toute conscience.Cf: l’article en entier</li>
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<p>« Ernest Fiedrich, un antimilitariste dans l’Allemagne des années 1920, de Enzo Collotti, tiré de l’ouvrage de « Le XXe siècle en guerre » sous la direction de Pietro Causanaro,… les éditions de l’atelier.(2004)</p>
<p>Carte postale publiée par le gouvernement français pour obtenir des dons« . Autant les invalides, manchots, culs-de-jattes et autres mutilés sont omniprésents dès la fin de la guerre, représentés en mendiants ou en héros, autant on ne se résout pas à représenter les visages détruits, on les cache dans des pièces sans miroir .Il y a là un tabou, une limite dans la représentation de l’horreur, qui s’impose à tous. Ni photos, ni dessins jusqu’en 1924. (Avec la diffusion de l’ouvrage, « La guerre contre la guerre ».</p>
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En France c’est l’union sacré autour des combattants. Cf De Laporte  pour la présentation des  anciens combattants, des gueules cassées des deux nations, lors du traité de Versailles, par Clemenceau. Il sont respectés. Loi pour les pensions des armées de terre et de mer. mais les employeurs ne les intègre pas dans le monde du travail.

 

Couverture

A lire: « les gueules cassées: les blessés de la face de la grande guerre » de Sophie Delaporte, chez Agnès Vienot Editions.

 

 

Kader Attia à la Documenta 13 à Kassel

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Kader Attia’s « The Repair From Occident to Extra-Occidental Cultures, » a mixed-media work, was presented last summer at the international art festival Documenta in Kassel, Germany.By NAZANIN LANKARANI Published: June 11, 2013″

 

«  Le film confronte des portraits  de gueules cassées et des statues africaines brisées puis réparées tant bien que mal avec des agrafes. Les photos d’archives, très difficiles à regarder, sont doublées par leurs jumelles de bois. Le parallèle est saisissant, impressionnant.Le parallèle est saisissant, impressionnant. Il raconte une histoire sans parole où l’on devine les liens complexes existant entre l’Occident et ses colonies et les traumatismes vécus en commun.(…)Kader Attia fait œuvre de syncrétisme. Il réunit deux cultures, deux histoires qui s’interpénètrent pour en faire une seule.  Au final, ce qu’on croyait être une œuvre de dénonciation (de la domination occidentale, du mépris des troupes « noires » au sein de l’armée française) est un acte de réconciliation. En psychologie, on parlerait de résilience. » Celine piettre « les gueules cassées de kader Attia », 03/07/2012, Fluctua, Première

Technique du montage après celle du photomontage. Question de la scénographie de l’histoire.L’artiste reprend le dispositif muséal de la scénographie mémorielle.

 

°Sophie Ristelhueber Every One # 14, 1994

°Sophie Ristelhueber Every One # 8

SOPHIE   RISTELHUEBER

 

 

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