preload
déc 15

Questionnaire

Photo du ready made de Duchamp par le photographe stieglitz dans la revue de » Blind man.

 

« 1)      Carte d’identité de l’œuvre (sa présentation)

Nom de l’artiste : Marcel D………………………………………pseudonyme………………………… (Traduction Richard le crétin).

Date : 1917/  1937/ 1950/ 1964           (2 réponses)

Titre :…………………………………..ou………………………………………..ou………………………………ou le bouddha de la salle de bain.

Technique :   peinture ou sculpture ?

Matériau ?   faïence/ ou porcelaine/ ou plastique ?

Dimension : 63cm X…………cm  x35 cm

Lieu d’exposition : le centre Georges Pompidou

Lieu de création : New York/  Tokyo/ Paris

L’œuvre originale est perdue, c’est une réplique ? Qu’est-ce qu’une réplique ?……………………………………………….Il en existe 10 dans le monde, faite par moulage ou trouvé au puces

Mouvement artistique : Dadaïsme.

Domaine : Arts du visuel

Expliquez en quelques lignes en quoi consistait ce mouvement Dada ?………………………………………..

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Valeur de l’œuvre ? cette oeuvre a été achetée en 1986 par l’État Français pour 1,3 million de francs (environ 232 000 euros) et est actuellement exposée au Centre Georges Pompidou(son estimation actuelle est de 2.8 millions d’euros). Un autre urinoir,chez sotheby’s , a été vendu aux enchers ,en 1999, à un collectionneur Grec pour: 1700 $/  170 000 $/ 1 700 000 $

II) Contexte historique

Que se passe historique t’il en France et en Europe en 1917 ?

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Les artistes, intellectuels pacifistes de l’époque, vont réagir  à un évènement qui va les traumatiser. Lequel ?

Comment vont-ils réagir :

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Contexte de création de l’œuvre

Dans quel contexte a été créée cette œuvre à New York ? (Expo Société indépendante de new York)

 comment a t’il procédé pour crée le ready made ?:……………………………………………………..Quelle a été la stratégie de l’artiste pour en faire un objet d’art?…………………………………………………………………………………………………………

« Pour son premier salon, qui se tient à New York à partir du 9 Avril 1917, la Société des artistes indépendants  de New York (Society of Independent Artists) dont Walter Arensberg, un ami de M. Duchamp est directeur administratif, permet que tout artiste expose l’objet de son choix sans que le jury ne fasse aucune sélection moyennant un prix de six dollars pour exposer. Il ne devrait donc pas y avoir de refusé parmi les artistes pour des raisons esthétiques. Duchamp envoie dans ces conditions sous le pseudonyme de R. Mutt un urinoir en porcelaine comme sculpture destinée à l’exposition. L’auteur passe pour artiste parfaitement inconnu de Philadelphie et personne ne reconnaît Duchamp derrière ce nom. Or, « l’appareil sanitaire » envoyé par R. Mutt n’est pas exposé, sous le prétexte que « sa place n’est pas dans une exposition d’art et ce n’est pas une œuvre d’art, selon quelque définition que ce soit ». La décision est prise par William Glackens, le président de la Society, au terme d’un vote à la majorité qui a réuni les membres du comité directeur, la veille du vernissage, contrairement au principe suivant lequel il n’y a pas de jury. Les motifs plus précis invoqués pour refuser l’envoi de Richard Mutt auraient été : L’objet est « immoral et vulgaire »/L’objet est un plagiat ou plutôt une « pièce commerciale ressortissant à l’art du plombier». Le peintre George Bellows pense qu’il s’agit d’une « blague », mais Walter Arensberg défend Richard Mutt du fait que « le droit d’admission a été payé », « une forme séduisante a été révélée, libérée de sa valeur d’usage » et « quelqu’un a accompli un geste esthétique ». La polémique se déclenche un peu plus tard avec la publication d’un article anonyme paru dans The Blind Man (l‘aveugle), une revue satirique fondée à l’occasion du salon par Duchamp, Henri-Pierre Roché et Beatrice Wood : The Richard Mutt Case (l‘affaire Richard Mutt). En défense de R. Mutt, il est écrit : « Les seules œuvres d’art que l’Amérique ait données sont ses tuyauteries et ses ponts ». L’argumentaire consiste à dire que  l’important n’est pas que Mutt ait fait la fontaine avec ses mains ou non, mais qu’il ait choisi un objet de la vie quotidienne en lui retirant sa valeur d’usage avec un nouveau titre et un nouveau point de vue et la création consiste en une nouvelle pensée de l’objet. »……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

………………………………………………………………………………………………………………………..

III description de l’œuvre

Qu’est-ce qu’un Ready Made ?:……………………………………………………………………………………………………

l’objet a t’-il subit une transformation?O/N

Qu’est-ce qu’un objet manufacturé ?…………………………………………………………………………………..

Faite une description en quelques lignes en employant les mots suivants.  Objet/ readymade/ objet industrialisé/  renversé/  socle/ signer/Faïence blanche recouverte de glaçure céramique/ peinture/

Article ordinaire de la vie/ exposé/ « The Richard Mutt »/

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

IV) interprétation

Qu’est- ce que l’artiste a voulu faire et dire :…………………………………………………………………………………..

Qu’est- ce qu’un détournement ?………………………………………………………………………………………………..

Peut- on parler ici d’un détournement (changement de fonction/ de sens) ? (pourquoi ?)……………………………………………………………..

………………………………………………………………………………….

« Abolir les distinctions entre artiste et profane, vie et art pourrait être la fonction du ready made. »

A partir du moment où un urinoir peut être un objet d’art ? Quelles sont les conséquences pour l’art après ? Pourquoi l’œuvre de Marcel Duchamp est-elle une nouvelle forme d’art?

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Par quel moyen Duchamp transforme-t-il un objet en objet d’art ?

VI réception de l’œuvre ?

Comment a été reçu l’œuvre ? Comment l’œuvre de Marcel Duchamp est-elle perçue par ses opposants lors de sa première exposition?

 

VII votre avis personnel

Que pensez-vous de la démarche artistique de Duchamp ?

 

Pensez- vous que cet urinoir est une œuvre d’art, une sculpture? Argumentez…………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Quelques informations pour vous aider

Qu’est ce que DADA, 1916-1922?
« Vers 1916, Tristan Tzara met un coupe papier au hasard sur un dictionnaire qui serait tombé sur ce mot aux consonances absurdes.Dada traduit une révolte contre la tuerie de la Grand Guerre et ses dix millions de morts. Les artistes dada accusent le prétendu rationalisme scientifique d’avoir conduit la civilisation européenne au bord de l’auto destruction. Leur art est tout sauf rationnel : ludique, nihiliste, intuitif, impertinent, subversif.. Le dadaïsme n’est pas un style, mais un comportement.À New York, Marcel Duchamp remet en cause la définition même de l’art et de l’artiste en inventant le readymade.Tous ces gestes dadaïstes sont autant de coups de boutoir contre les critères traditionnels de l’art.
Les germes semés en Amérique par Marcel Duchamp dès 1913, à l’occasion de l’Armory Show, vont y porter ses fruits après la seconde guerre mondiale, sous les auspices du néo-dada , pop art et de l’art conceptuel.
« 

Qu’est ce qu’un Ready-made?
Marcel Duchamp invente le ready-made en 1913, en clouant la fourche d’une bicyclette à l’envers sur un tabouret de cuisine, de manière à ce que la roue puisse tourner librement. Ready-made veut dire “tout-fait”. En réalité, le ready-made est un objet qui subit plusieurs sortes de déplacements. D’abord, il y a un déplacement matériel. L’objet manufacturé est montré sous un angle insolite. La roue de bicyclette est à l’envers et juchée sur un tabouret. Le porte bouteilles (1914) est pendu au plafond au lieu d’être posé su le sol de la cuisine. Le trébuchet (1917) est un porte-manteau fixé au sol, et non à un mur.Ensuite, il y a souvent un déplacement logique produit par le titre. Le porte-manteau s’appelle trébuchet, la pelle à neige avant le bras cassé (1915) et l’urinoir fontaine (1917). Enfin et surtout, il y a déplacement de contexte. l’objet manufacturé présenté tel quel dans un musée oblige à le regarder différemment, et à se poser des questions sur ce qui définit une œuvre d’art. Duchamp invente aussi le ready-made assisté ou aidé. Dans ce cas, il intervient sur l’objet, apposant sa marque personnelle. par exemple, il ajoute une moustache à une carte postale de la Joconde, ou bien il signe (d’un faux nom) l’urinoir intitulé fontaine. la dernière catégorie est celle des ready-made réciproques : “Se servir d’un Rembrandt comme planche à repasser”.Le ready-made n’est pas un simple geste iconoclaste. Il marque une étape importante et visiblement irréversible dans l’histoire de l’art.

Qu’est devenue l’urinoir originale ?

« L’œuvre originale par la suite présentée dans une galerie à New York en 1917, a été perdue ou détruite. Des répliques ont été réalisées sous la direction de Duchamp. L’une d’entre elles a été achetée en 1986 par l’État Français pour 1,3 million de francs (environ 232 000 euros) et est actuellement exposée au Centre Georges Pompidou. En 1999, un des urinoirs a été vendu aux enchères par Sotheby’s, pour 1,7 million de dollars (environ 1,2 million d’euros) à un collectionneur d’art grec. »

Le ready made est toujours retardé, il n’arrive jamais au bon jour, il est absent de son lieu, il retarde sur sa propre présentation. On ne l’attend pas à l’exposition et il est là quand personne ne l’attend. il disparaît  même sans avoir jamais paru. »L’art une théologie moderne, Frédéric Guerrin, Pierre Montebello.

Modalité de création de l’urinoir.

1) Envoi de la fontaine à la société des artistes indépendants en 1917 sous le faux -nom

2)Refus d’exposer l’oeuvre par la société (ce n’est pas de l’art)

3) Démission de Duchamp directeur de cette société suite au refus.

4) Prise en photo de cette oeuvre par le photographe (manipulé par Duchamp), autentification de l’oeuvre.

5) perte de l’urinoir.

6)Publication de cette photo dans the Blind Man, N°2 Mai 1917, revue de Marcel Duchamp.Duchamp s’en servit alors et écrira des articles pertinents et révolutionnaires sous le nom « The Richard Mutt case « .

Le ready made le plus célèvre a t’il vraiment été exposé? vu? remarqué à l’expo?

« l’urinoir de Duchamp a disparu, il en este des répliques (8) celle de Janis 1950, de linde 1963, de Shwartz  1964,et la photo qui prouve qu’il a existé

« Vers une nouvelle forme d’art ?

Avec quelques artistes, Duchamp fonde en 1916 à New York, la Société des Artistes Indépendants. L’association permet en théorie, à tout artiste de devenir membre et de présenter une œuvre : pas de jury, pas de prix, tout le monde peut exposer. Pour tester son ouverture d’esprit, Duchamp soumet un urinoir titré « Fontaine », sous le pseudonyme de M. Mutt (une déformation du nom le fabricant de l’objet). L’objet déclenche alors un scandale. Duchamp ne révèle pas qu’il est l’auteur de cette œuvre. En final, elle n’est pas présentée lors de l’exposition et Duchamp démissionne de la Société des Artistes Indépendants.Duchamp, défendant l’urinoir signé d’un pseudonyme, déclarera : « Le fait que M. Mutt ait modelé ou non la Fontaine de ses mains n’a aucune importance. Il l’a choisie. Il a pris un article courant de la vie et fait disparaître sa signification utilitaire sous un nouveau titre. De ce point de vue, il lui a donné un sens nouveau ».

En 2004 « Fontaine » a été désignée comme l’œuvre la plus influente du XXe siècle par des artistes, galeristes, critiques et par des conservateurs de musée anglais en 2004. »

———————————————————————————————————————————————-

Correction

 

1)        Carte d’identité de l’œuvre (sa présentation)

Nom de l’artiste : Marcel DUCHAMP pseudonyme RICHARD MUTT (traduction Richard le crétin).

Date : 1917/  1937/ 1950/ 1964     Titre : URINOIR ou « FONTAIN »ou MADONE DE LA SALLE DE BAIN ou  le bouddha de la salle de bain.  Technique :   peinture ou sculpture ?     Matériau ?:   FAÏENCE pour les œuvres de 1964/ ou porcelaine pour l’urinoir de 1917          Dimension : 63cm X 48cmX 35cm

Lieu d’exposition : le centre Georges Pompidou      /Lieu de création : New York /  Tokyo/ Paris

L’œuvre originale est perdue, c’est une réplique. Qu’est-ce qu’une réplique ? C’est une reproduction identique d’une œuvre, d’un objet original .Il en existe 10 dans le monde, faite par moulage ou trouvé au puces

Mouvement artistique : Dadaïsme.                                                         Domaine : Arts du visuel

Expliquez en quelques lignes en quoi consistait ce mouvement Dada ? Le dadaïsme est un mouvement intellectuel et artistique, et littéraire, antiartistique, subversif, ludique, radical en politique (antiparlementaire) qui consiste à faire table rase de la culture en place. Le Dadaïsme cherche la rupture avec les formes traditionnelles artistique pour remettre en question la définition et le sens de l’art.

Valeur de l’œuvre ? achetée en 1986 par l’État Français pour 1,3 million de francs (environ 232 000 euros) et est actuellement exposée au Centre Georges Pompidou. Un autre chez sotheby’s a été vendu aux enchers en 1999 à un collectionneur Grec.

1700 dollars/  170 000 dollars/ 1 700 000 Dollars  (soit 1,2 million d’euros).

II) Contexte historique : Que se passe historique t’il en France et en Europe en 1917 ? LA PREMIERE GUERRE MONDIALE 14-18/ ENTREE DES USA DANS LA GUERRE/REVOLUTION RUSSE.

Les artistes, intellectuels pacifistes de l’époque, vont réagir  à un évènement qui va les traumatiser. Lequel ? Les conséquences de la guerre, véritable carnage : Militaires + civils= 10 millions de morts. Allemagne=2.4 millions (1300 soldats tués par jour.)France =1,375 millions (900 soldats tués par jour.) 250 000 gueules cassées.

Comment vont-ils réagir : Les artistes se révoltent, remettent en cause la politique militariste, les valeurs bourgeoises de la société, la logique, la raison qui ont conduit à la guerre. (Dada Berlin)

Contexte de création de l’œuvre : Stratégie d’exposer dans une expo sans jury (tout peut être exposé pour 6$) + stratégie de l’anonymat+ Stratégie de la réaction du public, scandale, buzz+ stratégie du refus+ stratégie de la polémique et du commentaire dans les médias.

III description de l’œuvre : Qu’est- ce qu’un Ready Made ? c’est « un objet manufacturé promus à la dignité d’objet d’art par le choix de l’artiste »André Breton, « un objet déjà fait, déjà œuvre d’art en soi, ne nécessitant pas d’être construit fabriqué .

Qu’est -ce qu’un objet manufacturé ? Objet fabriqué et usiné par l’homme.

Faite une description en quelques lignes en employant les mots suivants.  Objet/ readymade/ objet industrialisé/  renversé/  socle/ signer/Faïence blanche recouverte de glaçure céramique/ peinture/article ordinaire de la vie/ exposé/ « The Richard Mutt »/

« Pour pouvoir créer son œuvre, Marcel Duchamp a utilisé un objet industrialisé, choisi dans l’indifférence, sans critère esthétique, un urinoir en  faïence blanche recouvert de glaçure en céramique. Cet article ordinaire de la vie courante est renversé, puis posé sur un socle, titré et signé Richard Mutt. Le ready made nommé œuvre d’art est validé par la signature de l’artiste. »

IV) interprétation  Qu’est- ce que l’artiste a voulu faire et dire : Nous interroger sur ce qu’est l’art aujourd’hui au XXème siècle.

Qu’est- ce qu’un détournement ? Pratique artistique qui consiste à transformer l’usage d’un objet (œuvre), sa nature, sa fonction, son statut, sa signification, en modifiant d’une manière visible son apparence, sa forme. Peut- on parler ici d’un détournement (changement de fonction/ de sens) ? (pourquoi ?).Oui, car, il change de forme (par inversion), de sens (madone, fontaine), de statut : ce n’est plus un objet usuel mais artistique, de fonction (on ne l’utilise plus, il nous fait réfléchir sur l’art)

A partir du moment où un urinoir peut être un objet d’art ? Quelles sont les conséquences pour l’art après ? Pourquoi l’œuvre de Marcel Duchamp est-elle une nouvelle forme d’art?

-Redéfinition de la définition de l’art (définition plus élargie= tout peut devenir de l’art.) frontières ? L’art plus obligatoirement LAID ou BEAU, MORAL. Fin de l’art rétinien (que l’on regarde, art= idée= concept= s’interroge sur ce qu’est l’art. Nouvelle pensée sur l’objet. Redéfinition de l’artiste= fin de la notion de génie/ de l’artisan. tout le monde peut être artiste

Par quel moyen Duchamp transforme  t’-il  un objet en objet d’art ?Par un protocole précis 1) choix dans l’indifférence  (rencontre datée) 2)Retourner+ poser sur un socle   dans un contexte artistique 3) jugée, nommée œuvre d’art  4) titrée puis signée 5) jugée par le public et institution+ commentaire polémique dans la presse

VI réception de l’œuvre ? Comment a été reçu l’œuvre ? Comment l’œuvre de Marcel Duchamp est-elle perçue par ses opposants lors de sa première exposition? Vulgaire, immorale par son sujet, parodie d’un objet ordinaire, pas de savoir- faire technique, laide. Refusée car elle n’est pas considérée comme œuvre d’art.  « Pièce commerciale ressortant de l’art du plombier ».

Texte critique  sur l’urinoir/ Thierry de Duve.

THIERRY DE DUVE, « Cinq reflexions sur le jugement esthétique »

 

dans REVISTA PORTO ARTE: PORTO ALEGRE, V. 16, Nº 27, NOVEMBRO/2009.

 

« 1. Comment on passe du jugement esthétique classique, du type « ceci est beau », au jugement esthétique moderne, du type « ceci est de l’art

 

En réalité je ne vais pas vous expliquer comment on passe de “ceci est beau” à “ceci est de l’art”, je vais simplement positionner ces deux extrêmes pour bien vous les faire voir. J’exclus tout d’abord les jugements esthétiques sur la nature, dont il ne sera pas question aujourd’hui,puisqu’on parle d’art, donc de productions humaines, d’artefacts.L’esthétique classique connaît des formules du genre : “ce tableau estbeau”, “ce morceau de musique est sublime”, “ce poème est émouvant”,“cette architecure de jardin est pittoresque”, et d’autres formules semblables, que vous pouvez d’ailleurs étendre jusqu’à des formules du  langage contemporain courant, comme de dire “cette chanson est super”.Tout cela relève du jugement esthétique classique.Or, devant un readymade de Duchamp, ça ne marche pas. Le readymade c’est un objet tout fait qu’un certain Marcel Duchamp, jusque-là peintre, a produit. Le premier date de 1913 (si on prend la Roue de bicyclette), ou de 1914 (si on prend le sèche-bouteilles). Prenons le sèche-bouteilles, parce que c’est le premier objet absolument non modifié, sur lequel Duchamp a inscrit une phrase — qui est d’ailleurs perdue —, qu’il a signé, et puis qu’il a laissé traîner dans son atelier,mais dont la postérité plus ou moins immédiate a fait un objet d’art.Après ça, il y a eu plusieurs autres readymades, dont un peigne en métal pour chien, une couverture de machine à écrire Underwood, une pelleà neige, très célèbre, intitulée In Advance of the Broken Arm, enfin leplus célèbre de tous, le fameux urinoir intitulé Fountain, signé d’unpseudonyme, R. Mutt, et soumis — mais non exposé, c’est toute une histoire — au premier salon de la Society of Independent Artists à New-York en 1917. Un readymade est donc une oeuvre d’art que l’artiste n’a pas faite de ses mains, mais qu’il s’est contenté de choisir, de signer et de nommer.Devant un tel objet, on peut évidemment dire “ceci est beau”. Mais dire d’une pelle à neige ou d’un urinoir que c’est un bel objet n’en fait pas de l’art pour autant. Cela resterait un jugement esthétique de type classique portant sur le design de cette pelle à neige ou de cet urinoir. Or ce n’est pas ainsi que ces objets ont fait leur entrée dans l’histoire de l’artcontemporain. C’est plutôt par une phrase qui apparaît comme un baptême ou un rebaptême, la phrase “ceci est de l’art”.Sur le modèle de la phrase, “tu étais Simon, je te rebaptise Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église”, on dirait : “tu étais pelle à neige, je te rebaptise art,et sur ce nouveau nom, j’anticipe que l’histoire subséquente construiraun consensus”. Effectivement, aujourd’hui, on peut dire que cette église duchampienne a été bâtie, que ce consensus — même s’il ne s’étend pas à tout le monde, bien sûr — est suffisant pour que l’objet en question se retrouve au musée. Donc, entre l’époque de Delacroix (pour assigner un début arbitraire à la modernité) et la nôtre, il y a quelque chose qui a dû changer dans l’histoire de l’art, puisque c’est un fait historique qu’appliquée à l’urinoir de Duchamp, la phrase “ceci est de l’art” a servi à exprimer un jugement sur une chose que rien ne préparait à être de l’art par ailleurs. La question concerne maintenant la nature de ce jugement.

Faire une oeuvre qui ne soit pas de l’art.

une oeuvre du latin opus= ce qui a été fait à la main. Or ici rien est fait de sa main. Fin du savoir-faire, fin du discours?

On gomme tout ce qui est personnel, le caractère romantique (exprimer des sentiments).

Oeuvre capitaliste/ vidée de son origine ce n ‘est plus de l’art, c’est une oeuvre, une idée. c’est un choix.

« certe on peut faire de l’art avec tout, mais n’importe quoi n’est pas de l’art. »D Sibony

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ready made= Un choix

C’est lui qui m’a choisi » Duchamp

«Quand vous faites un tableau ordinaire,  il y a toujours un choix: vous choisissez vos couleurs, vous choisissez votre toile, vous choisissez le sujet, vous choisissez tout. Il n’y a pas d’art; c’est un choix, essentiellement. Là , c’est la même chose. C’est un choix d’objet.» Duchamp

« Le ready-made est une démarche conceptuelle d’emprunt, d’appropriation,
de recontextualisation. Cette pratique représente sans doute le mieux l’art de l’époque,de reproductibilité technique dont parle Benjamin: le ready-made peut être remplacé, reproduit (Fontaine ne survit d’ailleurs qu’à travers ses répliques), multiplié… »C’est naturellement en essayant de tirer une conclusion ou une conséquence de cette déshumanisation de l’oeuvre d’art que j’en suis venu à concevoir les ready- mades » Marcel Duchamp, 1955, entretien avec  J.J Sweeney.

«D’essence immatérielle, le ready-made n’a par ailleurs aucune importance physique: détruit, il peut être remplacé, ou pas. Nul n’en est propriétaire.». COLLIN, Philippe, «Marcel Duchamp parle des ready-made
à Philippe Collin», cité dans BOURRIAUD, Nicolas, «Sous la pluie culturelle», in Sonic Process, une nouvelle géographie des sons, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2002 .

la joconde LHOOQDuchamp's parody of the Mona Lisa adds a goatee and moustache.

Marcel Duchamp – La Joconde L.H.O.O.Q.

Parodie: »Ainsi Duchamp va-t-il secouer la Mona Lisa de Léonard de Vinci.Elle est agrémentée par des moustaches, un bouc et un titre prometteur :L.H.O.O.Q. »

Détournement Iconoclaste d’une oeuvre emblématique de l’art (rétinien) , du savoir faire et de la beauté.


44875 [web520]

« En 1913 j’eus l’heureuse idée de fixer une roue de bicyclette sur un tabouret de cuisine et de la regarder tourner.
Quelques mois plus tard j’ai acheté une reproduction bon marché d’un paysage de soir d’hiver, que j’appelai « Pharmacie » après y avoir ajouté deux petites touches, l’une rouge et l’autre jaune, sur l’horizon.
A New York en 1915 j’achetai dans une quincaillerie une pelle à neige sur laquelle j’écrivis « En prévision du bras cassé » (In advance of the broken arm).
C’est vers cette époque que le mot « ready-made » me vint à l’esprit pour désigner cette forme de manifestation.
Il est un point que je veux établir très clairement, c’est que le choix de ces ready-mades ne me fut jamais dicté par quelque délectation esthétique. Ce choix était fondé sur une réaction d’indifférence visuelle, assortie au même moment à une absence totale de bon ou de mauvais goût… en fait une anesthésie complète.
Une caractéristique importante : la courte phrase qu’à l’occasion j’inscrivais sur le ready-made.
Cette phrase, au lieu de décrire l’objet comme l’aurait fait un titre, était destinée à emporter l’esprit du spectateur vers d’autres régions plus verbales. Quelques fois j’ajoutais un détail graphique de présentation : j’appelais cela pour satisfaire mon penchant pour les allitérations, « un ready-made aidé » (ready-made aided).
Une autre fois, voulant souligner l’antinomie fondamentale qui existe entre l’art et les ready-mades, j’imaginais un « ready-made réciproque » (reciprocal ready-made) : se servir d’un Rembrandt comme table à repasser !
Très tôt je me rendis compte du danger qu’il pouvait y avoir à resservir sans discrimination cette forme d’expression et je décidai de limiter la production des ready-mades à un petit nombre chaque année. Je m’avisaià cette époque que, pour le spectateur plus encore que pour l’artiste, l’art est une drogue à accoutumance et je voulais protéger mes ready-mades contre une contamination de ce genre.
Un autre aspect du ready-made est qu’il n’a rien d’unique… La réplique d’un ready-made transmet le même message ; en fait presque tous les ready-madese xistant aujourd’hui ne sont pas des originaux au sens reçu du terme.Une dernière remarque pour conclure ce discours d’égomaniaque 
:
Comme les tubes de peintures utilisés par l’artiste sont des produits manufacturés et tout faits, nous devons conclure que toutes les toiles du monde sont des ready-mades aidés et des travaux d’assemblage.»

readymade

Marcel Duchamp – Ready made: porte-bouteille, 1914.        Roue de bicyclette ,


 

 

————————————————————————————-ET APRES DUCHAMP?

PIERRE PINNOCELLI

  • Que s’est-il passé?Contexte de l’intervention: l’artiste execute sa performance dans le cadre de l’exposition « Dada » au centre Pompidou

« Le 4 janvier, Pierre Pinoncelli, après avoir acheté son billet d’entrée, avait donné plusieurs coups de marteau avant de signer « Dada » sur cette sculpture. « Nouvel observateur,culture.24.01.2006

.Déjà un précédent: »Pierre Pinoncelli avanouvel observit déjà uriné  sur ce « ready-made », en 1993, lors de son exposition à Nîmes avant de lui porter quelques coups de marteau.

  • Prix de l’oeuvre? L’oeuvre est estimée à 2,8 millions d’euros
  • Conséquence de cette intervention? vandalisme?

« Pierre Pinoncelli a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir dégrader « La Fontaine », une oeuvre de Marcel Duchamp…et devra verser 200.000 euros au titre du préjudice matériel pour avoir ébréché à coups de marteau une oeuvre de Marcel Duchamp…devra verser 14.352 euros au titre des frais de réparation et 200.000 euros au titre du préjudice matériel au centre Pompidou, propriétaire de l’œuvre.

  • Que dit l’artiste pour sa défense au tribulal?

C’est un acte artistique.

Provocation? hommage?

« la provocation de Duchamp se retrouve dans la provocation de Pinoncelli » (Libération du 22/11/1999)

 

l’artiste affirme qu’il n’avait pas dégradé l’urinoir mais lui avait donné au contraire une plus- value en en faisant un « original ».

« Je n’ai pas voulu casser l’urinoir, mais ce qu’en fait l’institution. Il ne faut pas oublier que par cette œuvre, Duchamp voulait secouer l’art contemporain. J’ai voulu lui rendre hommage. Mon coup de marteau, c’était celui d’un commissaire-priseur qui entendait redonner à l’urinoir ses vertus provocatrices. » Pinoncelli

 

 —————————————————————————–

 SHERRIE LEVINE

  • Artiste:Sherrie Levine 
  • Titre:Fontain, after Marcel Duchamp.
  • Date:1991
  • Dimension:14.5 x14,5 x25
  • Matière: Bronze
  • Nationalité:C’est une artiste américaine née à Hazleton en Pennsylvanie, en 1947.
  • Mouvement:mouvement  américain de « l’Appropriation Art »=réutilisation d’oeuvres artistiques célèbres.

Citation de l’artiste.

«Semblables à Bouvard et Pécuchet, ces éternels copistes, nous montrons le profond ridicule qui est, précisément,

la vérité de la peinture. Nous pouvons seulement imiter un geste qui est toujours antérieur, jamais

original. Successeur du peintre, le plagiaire ne porte plus en lui de passion, d’humeurs, d’émotions,

d’impressions ; il transporte plutôt cette immense encyclopédie dont il s’inspire. » (Sherrie Lévine,

Art en théorie, Harrison et Wood, p. 1157).2.

BOURRIAUD, Nicolas, «Sous la pluie culturelle», in Sonic Process, une nouvelle géographie des sons,
Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2002 .

En quoi consiste son travail:répétition et la reproduction d’œuvres originales

  • Pourquoi refaire un urinoir  en bronze (doré)?

l’artiste se réapproprie les icônes de l’histoire de l’art pour interroger la notion d’originalité, de création et de parternité artistique.

  • Peut- on voir ces oeuvres comme de simples copies?

Non. Elle revisite la démarche (l’acte artistique de  cet artiste.) En faisant un objet en bronze poli, matériaux traditionnel de la sculpture. Cette oeuvre multiple à nouveau devient unique.

  • Détournement?  décontextualisation? une icône placée dans un nouveau contexte.

 Urinal Dress

 la robe urinoir (Urinal Dress) créée par The Rodnick Band  

——————————————————————————————————

CLAES OLDENBURG

 Soft Toilet Die "Soft toilet" (Weiche Toilette) ist Teil der Ausstellung. Foto: kbClaes Oldenburg, Soft Toilet, 1966  79.83a-b

 

Artiste:Claes Oldenburg
Titre: Soft Toilet
Date:1966.
matérieux:Wood, vinyl, kapok fibers, wire, plexiglass on metal stand and painted wood base
Dimension: 55 1/2 × 28 1/4 × 30 in. (141 × 71.8 × 76.2 cm).
Lieu d’exposition: Whitney Museum of American Art, New York; 50th Anniversary Gift of Mr. and Mrs. Victor W. Ganz  79.83a-b

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags :