Archive for novembre, 2007

Tour du Monde de Thalassa : le canal de Suez

Vendredi, novembre 30th, 2007

Description :
Entre les villes de Suez au sud et de Port Said au nord, le Canal de Suez s’étire sur moins de 200 kms, formant le passage stratégique entre l’Europe et l’Asie. C’est l’un des points les plus chauds de la planète où transitent près de 10% des navires qui commercent dans le monde. Construit en 1869, le canal est depuis 51 ans propriété intégrale de l’Egypte, générant pour ce pays des dividendes sans équivalent, en constante augmentation. Sur les bords du Canal, on vit, on se promène, on se baigne sans plus prêter attention aux gigantesques bateaux qui glissent, ressemblant à des vaisseaux du désert. Seule la demeure de Ferdinand de Lesseps, sous les palmiers d’Ismaila la belle endormie, rappelle l’histoire de ce lieu au destin extraordinaire.

Ce reportage de Thalassa est parfaitement utile en Histoire, pour illustrer la révolution des transports au 19e siècle et les conflits de la décolonisation au 20e siècle, et en Géographie pour comprendre comment ce canal a modifié l’espace de Suez. La première image est très frappante : des bateaux semblent naviguer dans le désert !

Hommage à Chichin, version 80′s

Mercredi, novembre 28th, 2007

Fred Chichin est mort. C’était le guitariste des Rita Mitsouko. Pour les plus jeunes d’entre-vous, c’est un groupe de pop-rock phare des années 1980, un des rares survivants de la mièvrerie commerciale ambiante (mais pas du kitch !). Beaucoup de leurs morceaux sont alors devenus des « tubes », justement diffusés par les tubes cathodiques des téléviseurs ! Leur influence sur la scène française a été énorme et leurs derniers concerts ont rassemblé des foules, de toutes générations.

Les deux extraits suivants, Marcia Baila et C’est comme ça , datent respectivement de 1984 et 1986.

Rappel pour les plus jeunes sur les années 1980 !

  • On achetait surtout des disques vyniles mais les Compact Disques (CD) les ont détrônés à partir de 1988.
  • On ne téléchargeait pas de musique car Internet n’était pas dans les foyers, mais on avait le minitel !
  • Les chaînes de télévision sont passées de 3 à  6, dont une payante. La télévision par satellite n’était pas en orbite.
  • Les clips vidéos devenaient indispensables pour les auteurs et leurs maisons de disque, et les chaînes de télévision audacieuses, comme M6 (créée en 1987) et Canal + (1984), les diffusaient dans des émissions destinées aux jeunes. On peut citer par exemple le célébrissime Top 50 de Marc Toesca.
  • les ménages remplaçaient progressivement les écrans Noir et Blanc par la télévision couleur !
  • Les premiers ordinateurs individuels étaient des Amstrad CPC6128 ou des Atari !

Un extrait du TOP 50 !

Le Spoutnik est triste ce soir…

Une Histoire au poil…

Mercredi, novembre 28th, 2007

Le poil aurait-il son Histoire ? Dans un ouvrage récent(in Régis Révenin (dir.), Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Autrement, 2007), Gil Milhaey a rédigé un surprenant article intitulé :  « Un poil de différence. Masculinités dans le monde du travail : années 1870-1900 ».

Où l’on apprend que « le 4 mai 1907, les garçons limonadiers et restaurateurs ont gagné leur grève : ils pourront désormais porter la moustache ! Non sans résistance de leurs patrons, qui voient là un franchissement dangereux de la frontière entre dirigeants et subalternes… » La suite des explications est dans le numéro du mois de décembre de sciences humaines (disponible en version papier au CDI du lycée).

Cette Histoire est bien entendu à rapprocher de celle du poilu, appellation d’origine contrôlée du soldat français de la Grande guerre. Pourtant, l’origine de cette appellation est plus ancienne, remontant aux grognards de Napoléon. Selon le CRID 14-18, « l’origine du terme est plus claire qu’on ne le croit souvent, puisqu’il est attesté dès le XIXe siècle, pour désigner un soldat endurant et courageux, dans l’argot militaire, ainsi chez Balzac (Le Médecin de Campagne, 1833) les pontonniers de la Bérézina en 1812. Il arrive souvent que le poil soit signe de virilité, de courage ou d’expérience. »

L’article Poilu de Wikipédia apporte des explications supplémentaires :

« Dans un ouvrage du linguiste Alfred Dauzat (1877-1955) datant de 1918 et réédité en septembre 2007, reposant sur une enquête que l’auteur, mobilisé en 1914, réalisa dans les tranchées, on trouve une histoire du mot Poilu tout à fait intéressante :

Avant d’être le soldat de la Marne, le poilu est le grognard d’Austerlitz, « ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! symbole de virilité ».

Le mot Poilu, terme militaire datant de plus d’un siècle avant la Grande Guerre, « désignait dans les casernes où il prédominait, l’élément parisien et faubourien, soit l’homme d’attaque qui n’a pas froid aux yeux, soit l’homme tout court. A l’armée, les soldats s’appellent officiellement « les hommes ». »

Ainsi sur le front les soldats s’appelaient aussi les biffins, les PCDF ou les bonhommes.

Homo civilisus ?

Mercredi, novembre 28th, 2007


lu sur le site : Trentenaire, marié, deux enfants, un site de BD humoristique que je vous invite à découvrir.

Le web 2, l’information sans journalistes ?

Dimanche, novembre 25th, 2007

La très bonne émission de France5, C dans l’air, propose un excellent reportage, que nous utiliserons en 4e pour la semaine de la presse, sur l’évolution du journalisme à travers les nouvelles technologies. Avec cette question qui interpelle : peut-on faire de l’information sans journalistes ?



C dans l’air – L’info sans journalistes 1 – France5

« L’irruption des nouvelles technologies numériques est en passe de bouleverser non seulement l’économie des médias traditionnels mais aussi leurs modes d’organisation, leurs structures et leurs contenus », explique Marc Tessier, l’ancien président de France Télévisions et directeur général de Netgem.

Etes-vous plus Yahoo ou LeMonde.fr ? Le citoyen-internaute bénéficie aujourd’hui d’une gamme étendue de médias pour se tenir informé. Il doit aussi connaître la fabrique et la diffusion des contenus (comme pour Wikipedia).

Tour du monde de Thalassa : la frontière sino-coréenne à Dandong

Dimanche, novembre 25th, 2007

 

Depuis quelques semaines, l’émission de France3 Thalassa nous embarque pour un tour du Monde en porte-conteneur, le symbole de l’économie mondialisée. Les escales nous livrent de nombreux reportages utilisables en classe.

L’extrait sélectionné ci-dessous donne un aperçu d’une frontière qu’on étudie souvent, la frontière coréenne. Pour rappel, la Corée est séparée en deux (Corée du Nord, Corée du Sud) depuis la fin de la guerre civile(1950-53). Depuis, c’est la frontière la plus surveillée du monde.

Mais ce reportage montre l’autre frontière de la Corée du Nord, en commun avec la Chine. Théoriquement, les deux pays sont communistes. Dans la pratique, ce sont des dictatures. Mais on s’aperçoit très bien ici des écarts énormes entre les deux voisins !

Description :
À la belle saison, des centaines de touristes venus de toute la Chine se pressent sur les rives de Dandong pour suivre un bien curieux circuit touristique, à la limite du voyeurisme… Car, en face, de l’autre côté du fleuve, c’est la Corée du Nord. L’un des derniers bastions communistes de la planète, l’un de ces pays mystérieux qui inquiètent le reste du monde et fascinent les voisins les plus proches… Longues-vues, mini croisières et virée en hors-bord, tout est bon pour satisfaire la curiosité plutôt malsaine des cohortes de visiteurs pressés de Dandong la Chinoise… Des visiteurs fascinés par la misère et le malheur qui continuent de frapper leur triste voisine quand leur pays s’est depuis longtemps éveillé à l’économie de marché…

Lu ailleurs (2)

Dimanche, novembre 25th, 2007

Petit tour d’horizon de la blogosphère des profs d’Hitoire-Géo.

Bruno Sentier livre le secret de la frite !

Marie Desmares aime la musique d’Amy Mac Donald, une jeune écossaise de 19 ans. J’ai enfin mis un nom sur cette voix très folk entendue sur France Inter !

Julien Blottières fait le point sur les relations entre Jeux Olympiques et Politique au 20e siècle, ainsi qu’une série de trois articles sur l’Histoire de l’UE. vous serez incollables sur le CECA, la CEE et l’Euratom et la CED.

Hugo Billard, qui relate chaque semaine les événements anniversaires, raconte la nouvelle archéologique de la semaine (le buzz des archéologues) : la découverte de la grotte de Rémus et Romulus.

Nous avons parlé en classe de seconde de la puissante multinationale Monsanto, leader du marché des OGM. Lisez l’histoire de David contre Goliath  au Canada (sur le blog d’Isabelle Delanoy).

Enfin pour cette semaine, toujours en rapport avec le cours de Seconde sur l’agriculture brésilienne, retrouvez sur le blog « environnement » un éclairage sur la déforestation amazonienne (basé sur l’émission « le Dessous des Cartes »), et sur la croissance phénoménale de la culture du soja au Brésil.

We feed the World – Le marché de la faim

Mercredi, novembre 21st, 2007

Les élèves de Seconde ont pu voir au cinéma en début de semaine Le marché de la faim.

Synopsis :

Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz… Environ 350.000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens alors que près d’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d’eau locales.

We feed the world est un film sur la pauvreté au cœur de la richesse, qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose. Ce ne sont pas seulement des pêcheurs, des fermiers, des agronomes, des biologistes et Jean Ziegler, fonctionnaire aux Nations Unies qui sont interrogés, mais aussi un des responsables de Pioneer, le leader mondial des ventes de semences, ainsi que Peter Brabeck, le P.D.G. de Nestlé, la plus importante multinationale agro-alimentaire mondiale.

Ce film vient à propos pour illustrer et débattre d’un thème abordé en Géographie : « Nourrir les Hommes ».

Voici la bande-annonce :

Pour aller plus loin, je vous conseille de consulter le site officiel du film.

Voici l’entretien accordé par Jean Ziegler, rapporteur social de l’ONU, sur Canal +, au moment de la sortie du film en avril 2007. Jean Ziegler a également inspiré le film grâce à son livre L’Empire de la honte. C’est un peu long, mais ça vaut le coup, dévoilant les stratégies de domination de garndes firmes multi-nationales agro-alimentaires, qui contribuent aux inégalités de répartition de la nourriture, exploitant les ressources des pays du Sud pour fournir les marchés du Nord. Ainsi au Brésil l’agriculture vivrière est menacée et la forêt amazonienne grignotée pour la culture du soja (décision soutenue par Lula). La décision de l’ouvrier métallurgiste devenu président est polémique. Ziegler explique son choix par la nécessité de réduire la dette.
Autre paradoxe, les produits agricoles des pays industialisés sont tellement subventionnés qu’ils arrivent moins chers sur les étales de Dakar, comparés aux produits locaux.
Le gaspillage montré dans le film est effarant, interrogeant le modèle du développement durable.
Pourtant, les citoyens peuvent agir :

  • Ziegler milite ainsi pour la consommattion de produits de saison,
  • pour l’interdiction des OGM qui font le jeu de puissantes multi-nationales et la logique des profits boursiers,
  • pour l’abolition de la dette du Tiers-Monde,
  • pour le soutien des ONG actives, comme Action contre la faim.

Pour les élèves de 2nde, présentez en une quinzaine de lignes la théorie du film, que vous illustrerez par quelques exemples. Enfin, vous livrerez un commentaire personnel sur ce film (ce qu'il vous a appris, ce qui vous a marqué, ce qui vous a plu ou pas, et pourquoi !). Ce travail est à faire sur Wikiprof, à la suite de votre travail sur l'agriculture au Mali. Si vous ne pouvez imprimer votre travail, laissez avant mardi soir un commentaire à cet article. Bon WE.

Deux cartes surprenantes de la France !

Mardi, novembre 20th, 2007

Observez bien la carte suivante !

Vous n’aurez pas de mal à trouver ce qui cloche, et qui fait référence à des événements actuels.

Pour avoir la réponse, cliquez ici et pour des explications, cliquez sur le lien suivant dirigeant vers le blog d’un collègue.

La deuxième carte est originale et pratique en même temps, quoiqu’elle ne prenne pas en compte les origines sociales. Par exemple, certaines personnes le font sans se toucher. La plupart du temps, on ne sait pas trop combien de fois il faut le faire. Dans d’autres pays, cette pratique française surprend. Vous avez trouvé ? Toutes les réponses, et les liens à explorer, sont sur le Thiboniste.

Wikipédia est-elle fiable ?

Lundi, novembre 19th, 2007

L’encyclopédie collaborative en ligne est un des sites les plus consultés au monde. Ces articles sont très bien référencés par le moteur de recherche Google. Aujourd’hui, Wikipédia est un formidable outil de diffusion et de contruction de la connaissance. Pourtant, des voix s’élèvent pour critiquer la fiabilité de Wikipédia. Le magazine L’Histoire y consacre un article, qui s’appuie sur la parution d’un livre de deux journalistes (Béatrice Roman-Amat et Delphine Soulat) : La Révolution Wikipédia. les encyclopédies vont-elles mourir ?

La question de la fiabilité est d’autant plus forte en Histoire que de nombreux sujets sont polémiques, instrumentalisés par différents groupes qui comptent donner une vision de l’Histoire. Pour bien comprendre cette question, il faut savoir que la base du wiki est l’écriture collaborative, et que tout le monde peut écrire dans Wikipédia (7,5 millions d’articles, 253 langues !). Ainsi, les notices sur Napoléon Ier et Philippe Pétain ont été rédigées par respectivement 260 et 400 personnes ! Les concepteurs du site comptent sur les corrections multiples pour présenter une vision juste des faits. 150 administrateurs veillent sur les modifications et interviennent en cas de conflit, qui ont tendance à augmenter. Il est demandé aux auteurs de citer leurs sources. Quand un article est jugé satisfaisant, il reçoit depuis 2003 le label « article de qualité« , comme pour ceux sur la guerre de Cent Ans ou sur le Havre. Quand il pose problème, la mention « controverse de neutralité » apparaît en haut de l’article. Ainsi l’encyclopédie en ligne prend-elle les mesures pour gagner en fiabilité.

Depuis quelques temps, les attaques se multiplient contre Wikipédia, accusée de promouvoir l’amateurisme, de comporter de nombreuses erreurs (comme d’autres encyclopédies). Pourtant il est indéniable que cette encyclopédie traite des informations inédites, est extrêmement réactive, propose, on ne le dit pas assez, du contenu (texte, photo, documents) libre de droit !

Le problème au final vient plutôt de l’usage quasi-unique qu’on pourrait faire de Wikipédia, facilité en cela par le référencement complice de Google . Deux méthodes fondamentales sont à developper en guise de rigueur :

  • croiser les sources
  • Apprendre à utiliser différents moteurs de recherche et savoir utiliser les mots-clés.

Enfin, pour comprendre l’esprit du Wiki, on peut travailler dessus avec les élèves : Wikiprof.

Ce sera l’objet d’un futur article.

Pour aller plus loin, outre la lecture du Magazine l’Histoire, je vous invite à lire Daniel Letouzey, clionaute expert de Wikipédia.